Les Echos Par Mohamed Fouad Barrada

18 07 2007

L’expérience  d’une « blogueuse » 

Des mauritaniens et des  mauritaniennes évoquent des sujets tabous jusqu’alors. Ils ont de belles plumes et à travers leurs blogs, ils  s’expriment en toute liberté.  Il y a parmi eux des filles qui abordent  des sujets sensibles. Ne pouvant pas avoir l’espace libre dans leur société qui demeure contre la vulgarisation de certaines  réalités,  elles trouvent  refuge dans cet espace virtuel. De la prostitution passant par la bi sexualité,
la Mauritanie rentre dans l’ère de blog net. « 
« Blog », cet anglicisme, ce quasi-inconnu au début du XXIe siècle, désigne aujourd’hui un phénomène de société à l’écho planétaire : la publication sur le réseau des réseaux de « carnets extimes », l’inverse des carnets intimes. » (elizile.blogspot.com)
Voici des passages d’une expérience publiée dans le blog d’une  jeune fille  révoltée  contre  certaines pratiques :   « Je ne sais pas si c’est le sable, l’eau d’Idini ou le lait de nos mères, mais vous devez sûrement avoir remarqué à quel point des (mauritaniennes)    savent…avoir plusieurs visages…pour ceux d’entre vous qui sont à l’étranger depuis des années lumières, vous êtes loin de vous douter de certaines évolutions des mœurs…. :
Loin d’être homophobe, j’ai découvert que beaucoup de filles ici avaient certaines tendances lesbiennes ou plutôt bi sexuelles. La mode même des jeunes générations devient encore plus étonnante : les filles s’initient entre elles aux plaisirs sexuels et beaucoup plus tard, cherchent ce même plaisir avec le sexe opposé…vous avez du mal à le croire….vous n’êtes pas obligés de le croire, mais je ne dirai ici, que des choses que j’ai vu de mes propres yeux… ça vaut ce que ça vaut… »

Certes, ces pratiques existent dans toutes les sociétés, mais d’être relatées  par une fille qui a fait  l’objet de l’expérience en question  (toute en la  rejetant), est une innovation nouvelle dans le monde virtuel du pays.  Cette « blogueuse » aborde plus loin que : « le 31 décembre dernier, d’humeur exécrable comme je suis souvent en fin d’année, j’étais obligée de passer la soirée chez des amies et parentes à moi, des filles plutôt réservées, sympathiques,…on monte au balcon afin de respirer l’air pur et éventuellement afin de fumer une cigarette…les filles dansaient, se collaient les unes aux autres, et au bout de quelques minutes ( je suis longue à la détente) je compris que l’ambiance était devenue partouzienne lesbienne…une fille (très belle d’ailleurs, il faut être honnête) s’agrippe à moi, en me susurrant à l’oreille des obscénités…pas insensible à son charme mais totalement persuadée et convaincue ( je le suis toujours) de mon hétérosexualité, j’ai dû faire semblant de recevoir un coup de téléphone pour m’échapper et observer d’un œil critique et curieux ( lol…enfin presque…c’est plutôt d’un œil amusé et intrigué) cette scène. Je revis ces filles et j’ai forcément, vous vous en doutez bien ouvert le sujet : sont elles lesbiennes ?
C’est pour dire, que le nombre de lesbiennes a augmenté à Nouakchott non pas parce que ces filles ont décidé de préférer les relations avec les femmes, mais par pure frustration….»

Elle conclut dans un autre passage : « les filles, qui prennent de l’argent chez un gent damoiseau, sont elles des prostituées ? Je ne pense pas…messieurs, combien de fois à Nouakchott entendrez-vous « egratili carte (gratte moi une carte de recharge téléphonique), echrili echrab (achète moi des boissons), echrili segarit (achète moi des cigarettes), etc. » toutes ces filles-là ne sont pas des « sluts » comme vous aimez les appeler. Ce sont tout simplement des filles ordinaires, qui ont grandi dans l’idée que le bonheur était matériel et que sa clé était dans les mains d’un homme. »

m_barrada@yahoo.fr 

 

Source :
La Tribune n° 358 


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