Mauritanie : motion de censure contre le gouvernement

 

Une quarantaine de députés mauritaniens ont déposé une motion de censure contre le gouvernement, nommé il y a un peu plus d’un mois.

L’écrasante majorité de ces députés appartiennent au Pacte national pour la démocratie et le développement, au pouvoir, le PNDD-ADIL, dirigé par le Premier ministre Yahya Ould El Waghev.

Des députés de l’opposition ont appuyé la motion. Leur chef de file, Ahmed Ould Daddah du Rassemblement des forces démocratiques, avait récemment exigé la démission du gouvernement. Les signataires de la motion de censure dénoncent notamment l’affairisme et le manque de leadership de l’équipe dirigeante, explique notre correspondant à Nouakchott, Ahmed Salem Boukhari.

Au plan économique, les prix du carburant à la pompe ont enregistré, lundi, une hausse de plus de 20% en Mauritanie. Selon le président de la Commission nationale des hydrocarbures, Mohamed El Moctar Ould Amar, les nouveaux prix ne couvrent que partiellement les cours à l’importation des produits pétroliers ».

Le gouvernement cherche, à travers cette politique de prix, à maintenir l’équilibre du secteur dans le but de sécuriser les approvisionnements du pays en hydrocarbures, a-t-il expliqué.

Voanews  via cridem
La scène Politique nationale connaît une crise politique majeure, marquée par des divergences aigues à l’intérieur du camp de la majorité, qui ont conduit la plupart de ses députés à déposer une motion de censure contre le gouvernement.

La situation actuelle est née de l’échec patent des gouvernements successifs, à trouver des solutions adéquates aux problèmes socio-économiques, insolubles que connaît le pays.

Le Parti Mauritanien de l’Union et du Changement « HATEM«  a été le premier à avoir exprimé sa déception dès la constitution du gouvernement actuel qui a concrétisé le retour au pré carré des responsables qui ont été déjà mis à l’épreuve et ont dilapidé les ressources de notre peuple durant les décennies passées.

Partant de sa position de principe comme parti de l’opposition à tous les gouvernement dont les orientations ne matérialisent pas , de son avis, les intérêts supérieurs de la nation, la primauté aux préoccupations du citoyen et l’enracinement du rôle des institutions démocratiques; et dans la perspective de trouver une alternative réelle qui mettra fin à l’état de fiasco permanent dans l’apport de solutions aux aspirations de notre peuple à plus de justice, de construction et de développement, le Parti HATEM décide:

1- Le vote des députés du Parti à l’assemblée nationale en faveur de la motion de censure contre le gouvernement.

2- Invite l’ensemble des forces politiques à assumer leurs responsabilités dans la formation du nouveau gouvernement en se basant sur les critères d’honnêteté, de compétence et d’efficacité.

3- Son refus catégorique de remplacer des corrompus par des prévaricateurs, en cela que cette option plonge le pays dans plus de désordre, de frustrations, déstabilise la crédibilité des institutions et ouvre la voie sur l’inconnu.

Nouakchott,le 1 juillet 2008
Le Bureau Exécutif de HATEM

J’ai eu le privilège et l’honneur de conduire, de 2006 à 2007, la mission d’observation européenne du processus des élections en Mauritanie ; après la fin de deux décennies d’autoritarisme sanglant, le pays s’est doté, en toute transparence, d’institutions démocratiques dont la vitalité fait modèle sur le continent africain.

Le déroulement pacifique et incontesté des scrutins a permis d’asseoir les fondements de la stabilité par le consensus.

Aujourd’hui, la Mauritanie traverse une crise au sommet de l’Etat, entre le Président de la République et son Premier Ministre d’une part et, de l’autre, une majorité de députés. Je tiens à témoigner que la loi fondamentale en vigueur permet la régulation de tels litiges sans atteinte à la séparation des pouvoirs ni convocation du collège électoral, démarche forcément onéreuse.

La communauté internationale ne comprendrait pas qu’une expérience de pluralisme, aussi neuve, exemplaire et prometteuse, sombre – déjà – dans l’instabilité. De facto, le dépôt d’une motion de censure contre le Gouvernement participe de la vitalité démocratique et de la force du droit. Elle offre, souvent, l’opportunité de renégocier un compromis qui sauvegarde la primauté de la paix civile sous l’empire de la loi.

J’appelle l’ensemble des acteurs de la politique en Mauritanie à savoir protéger et élever, plus haut encore, l’étendard emblématique de cette jeune démocratie.

Bruxelles, le 1er juillet 2008

Marie Anne Isler Béguin
Députée au Parlement européen
Groupe Verts/ALE

 

Fraîchement arrivé de Charm Cheikh où il participait au sommet de l’Union Africaine, le Président de la République compte s’adresser dans les toutes prochaines heures qui viennent à la nation.

Le Chef de l’Etat aura pris suffisamment du temps pour permettre aux différents acteurs politiques impliqués dans l’insurrection contre le Gouvernement de Ould Waghef ou favorables à son maintien d’arriver à un consensus de nature à mettre fin à la crise politique avec le moindre mal possible et lui éviter en conséquence de prendre une décision inéluctable sur deux options dont la plus agréable est amère « ahlahouma mourou« .

Jusqu’à preuve du contraire, le Président de la République n’a à priori devant lui que deux solutions : limoger l’actuel gouvernement ou dissoudre l’Assemblée Nationale. La première hypothèse est peu plausible, étant donné qu’il s’est opposé vigoureusement au départ d’un gouvernement sur lequel il compte pour réaliser son programme politique.

La seconde hypothèse portant dissolution de l’Assemblée nationale serait préjudiciable à tous les acteurs politiques sans distinction aucune aussi bien au sein des partis de la majorité dont Adil, l’App, l’Ufp, Tawassoul et autres groupuscules que l’opposition fidéliste à son rôle.

La dissolution de l’Assemblée nationale pourra consacrer un raz-de-marée du Rfd et de l’Ajd/Mr au sein de cette hémicycle et consacrer en revanche un désaveu pour d’autres partis plutôt formés par des ensembles aristocrates sans base populaire, à part la puissance dans le commerce des voix.

Dans son discours le Président de la République expliquera certainement son point de vue par rapport à la crise qui prévaut. Des sources estiment que le discours sera d’une importance capitale et mettra la lumière vraisemblablement sur des points objets de rumeurs et de commérages depuis ces derniers jours.

Le voyage du Président de la République était une opportunité pour les initiateurs de la motion de censure de revenir sur le projet de destitution du gouvernement, mais étant donné que les tractations sont allées de plus belle pendant l’absence du locataire du palais ocre dans le sens qu’il désapprouve, il tient alors à jouir de ses prérogatives de dissoudre l’Assemblée nationale.

Les députés frondeurs pensent plutôt plier le Président de la République à leur désir, ce que les observateurs les plus avertis pensent comme utopique.

Prions pour la Mauritanie, pour que le Président ne démissionne pas, pour que l’Assemblée nationale ne soit pas dissoute, pour que Ould Waghef ne soit pas limogé pour le respect de son chef, mais qu’il démissionne de son propre gré. C’est aussi facile, n’est-ce pas ? Il n’est pas aisé que tout un pays va mal à cause d’un homme.

Mohamed Ould Mohamed Lemine

 

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Info source : Mohamed Ould Mohamed Lemine

 

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