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«Rufii ßoftotaako

31072007

«Rufii ßoftotaako : 

Premier film de Abdoulaye Ndiaye :

 

« Je ne lâcherai jamais mon combat, quelles que soient les conditions  dans lesquelles je mène ce travail.» Ce propos émane de Abdulaay Njaay, animateur de l’émission « Contes et légendes », présentée tous les dimanches matin à 7 h45 en langue pulaar sur les ondes de Radio Mauritanie. Très instruit en pulaar, sa langue maternelle, Abdulaay Njaay a l’ambition de mener une carrière cinématographique. Conscient des rouages, mais aussi du plaisir de  ce métier, Abdulaay se montre déterminé à aller jusqu’au sommet. Son premier film «Rufii ßoftotaako» a suscité beaucoup de commentaires. Le titre signifie en pulaar : ce qui est versé est irrécupérable. Autrement dit, médecin après la mort, pour exprimer les actes qu’aucun remords ne peut réparer… 

 

Il était 16 heures quand l’auteur de Rufii Boftotaako revoyait  encore le film chez lui. Malgré la réussite de son premier film,  Abdulaay Njaay apportait encore quelques corrections pour mieux faire le prochain. Son film traite de deux histoires imaginaires de deux familles. La première met en exergue la grande responsabilité d’une mère pour la réussite de sa fille à l’école. La fille unique  de sa mère, était en terminale C. Elle  voulait préparer efficacement son baccalauréat. C’est dans ces conditions que la jeune fille a refusé toute idée de se marier avant la fin de ses études. A l’époque ce sont les parents qui donnaient leur fille à quelqu’un sans l’avoir consultée. Une époque révolue pour la jeune fille. Mais cette  vision est catégoriquement  récusée par sa maman. Pourtant le père a accepté de se ranger du côté de sa fille. Il  a dit à sa fille que son mariage dépend d’elle. Influencée par des personnes riches qui  demandent chacune la main de sa fille à l’insu du père parti en voyage, la mère ,poussée par sa belle sœur  décide alors de faire le poisson d’avril à sa fille. Elle dit à cette dernière que son père l’a appelé par téléphone mobile à propos de ses fiançailles avec un  jeune homme adopté dans la maison. La mère voulait tester si sa fille campait toujours sur ses positions. Un test qui a mal fini car sa fille va tomber enceinte des œuvres du jeune monsieur. C’est après le forfait du fils adoptif que la mère a dévoilé à sa fille que c’était une farce et que c’était pour savoir si elle avait changé d’idée.

La deuxième famille nous a montré comment un mari peut trahir son épouse même soumise et docile pour s’envoler en noces avec la meilleure amie de celle-ci. Une triste histoire qui reflète la réalité.

Depuis sa sortie, le film fait l’objet de commentaires passionnants  dans toutes les grandes places. Commentaires sur l’histoire traitée par le film.

Pour le financement de la cassette, l’auteur a indiqué avoir été aidé par le maire de Bababé Ba Abdulaay Mamadu. « Il m’a fait beaucoup de faveurs, vraiment je le remercie », dit-il. « Le député de Bababé Ba Aliou Ibra a fait aussi un geste très important.   Le reste, c’est avec mes propres moyens », a souligné en substance Abdulaay Njaay.

« Beaucoup de personnes m’ont aidé moralement et physiquement. Le metteur en scène Daouda Rakiyel, le conseiller technique Ndongo Ibrahima Djibril dit Amoros et beaucoup d’autres » a ajouté l’auteur du film Rufii Boftotako. 

Selon l’auteur la Mauritanie doit participer au développement de la culture mondiale car le pays possède des cultures très riches. Pour se faire les autorités mauritaniennes doivent aider les jeunes désireux de participer au développement du pays sans aucune distinction

Après la sortie du film, Abdulaay Njaay a eu des contacts partout dans le monde pour l’aider à mener avec brio sa carrière cinématographique. Rappelons que ce film a été tourné dans sa ville natale de Bababé Loty. L’auteur très satisfait de la réussite de sa première cassette, prépare déjà une autre.

Notons que ce film fait l’objet  aussi de discussions et de commentaires haineux. Certaines personnes tenteraient de couvrir le lever du soleil par la paume de leur main. Pourront-elles le faire ? « Je ne lâcherai jamais mon combat, quelles que soient les conditions dans lesquelles je mène ce travail » a conclu Abdulaay Njaay.

Mamadou sy 

symadou78@yahoo.fr 

Source: La Tribune       

 

 




Contre le blanchiment

31072007

Contre le blanchiment : 

Parce que l’argent a une odeur 

 

Du 24 au 27 juillet un séminaire sur la lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme a été organisé à Nouakchott  par la Banque Centrale de la Mauritanie en collaboration avec la France. Le thème a été débattu par des opérateurs économiques et financiers, de hauts responsables de banques et d’entreprises financières publiques et privées. Des experts économiques et financiers sont venus de France, de Belgique, d’Algérie, de la Tunisie, du Sénégal ainsi que de la Mauritanie. Ils ont présenté des exposés sur ce thème qui n’inquiète pas seulement la Mauritanie mais également le monde entier. 

L’ouverture officielle était assurée par le Gouverneur de la Banque centrale Ousmane Kane. Pour Kane, le phénomène est devenu « un enjeu mondial et une priorité universelle, du fait de ses conséquences néfastes sur les économies ».

Il rappelle l’adoption, en juillet 2005, d’une loi contre le terrorisme et le blanchiment de l’argent en Mauritanie, la création de la Commission d’Analyse des Informations financières (CANIF). 

 

Des communications et des conférences 

Durant ce séminaire, plusieurs communications et conférences ont été présentées par des experts financiers internationaux. C’est ainsi que M. Brahim Chadli et M. Yves Godiveau ont présenté une communication sous le thème « La problématique globale du blanchiment d’argent et du financement du terrorisme ». M. Benoît De Mullénaére a traité l’aspect de « Les instruments internationaux ». Jean-claude Callede s’est occupé de « les relais régionaux ». Quant à M. Eric Legrand, il s’est occupé de « les conventions internationales ». MM Jean-claude Callede et Benoît De Mullénaére ont co-présenté « le principe de la déclaration de soupçons ». MM. Eric Legrand et Serge Dazin ont co-préparé « le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme ». « Les cellules de renseignements financiers » c’est le thème qu’ont présenté MM. Brhaim Chadli, Mountagha Tall Dioume et Abdoulmejid Amghar. Mme Térésita Dussart a donné une communication sous le thème « Les obligations de vigilance dans l’entreprise ». M. Benoît De Mullénaére a fait une conférence sous le thème « La problématique particulière du financement du terrorisme » et Mme Dussart termine avec « Les nouvelles sources de financement du terrorisme ». 

Compte-rendu : Mechri Ould rabbany 

 

Encadré 

Pluie d’argents ! 

(saharamedia.net) La police belge vient d’annoncer l’arrestation de quelques individus de nationalités belge et hollandaise. Les détenus auraient tenté de transférer une somme de 1,35 million de dollars américains à la Mauritanie. Selon la télévision RTLN, qui a annoncé la nouvelle, cette somme était destinée à des trafiquants de drogues qui vendaient  682 kg de cocaïne à partir de la Mauritanie. Les détenus auraient été arrêtés alors qu’ils cherchaient un moyen de transférer la somme en cash à la Mauritanie. D’autre part, la police belge a annoncé qu’une enquête est ouverte, après avoir détecté la somme de 1 million euros cachée dans un conteneur qui se préparait pour aller de la ville d’Anvers au Belgique à Nouakchott. La somme était cachée dans la cargaison déclarée de friperies que devait amener le conteneur à Nouakchott. Deux belges ont été arrêtés dans le cadre de cette affaire dont  ils seraient les présumés cerveaux. Selon la police, ils travaillaient avec des mafias internationales de trafic de drogues. 

 

Encadré 

La Commission d’Analyse des Informations financières (CANIF) est une institution créée en 2006 à la Banque centrale de la Mauritanie. Elle est dotée de l’autonomie administrative et financière fonctionnelle et est considérée primordiale dans la lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme. Elle est dotée d’un Conseil d’orientation présidé par le Gouverneur de la BCM. Ce conseil  comprend douze membres dont un Inspecteur Général d’Etat adjoint et des représentants des différents ministères concernés. 

Bien que l’organigramme de la CANIF attende encore l’approbation de la Banque Mondiale, le lieutenant-colonel Mohamed Mokhtar Ould Aloui est présenté dans les milieux de la presse comme étant son directeur adjoint. Il est choisi pour faire les interventions avec les médias au nom de la CANIF. Nous l’avons rencontré et fait avec lui l’interview suivante :     

  

La Tribune  Un séminaire tenu à Nouakchott, en 2007, sur le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme, une CANIF créée en 2006, une Loi relative au blanchiment d’argent et au financement du terrorisme adoptée en 2005, des affaires liées à la drogue et au blanchiment d’argent et dans lesquelles des hommes d’affaires et de hauts responsables seraient mêlés… Peut-on dire que l’argent sale coule à l’excès en Mauritanie ? 

 

Mohamed Mokhtar Ould Alaoui : Vous savez, il n’y a pas un pays dans le monde qui est à l’abri du blanchiment d’argent. Comme il n’y a pas de pays qui est à l’abri du trafic de drogues ou de la criminalité. La Mauritanie fait partie de cette Afrique de l’ouest qui connaît depuis un certain temps des pratiques de blanchiment d’argent. Mais elle est, maintenant, dotée d’un instrument capable de lutter contre ce phénomène. C’est-à-dire la CANIF avec un cadre juridique très important qui sera appliqué après la fin de cette campagne de sensibilisation. Cet outil existe maintenant. Il va commencer sa lutte très bientôt. Et je pense que la Mauritanie va gagner con combat contre le blanchiment d’argent. 

 

LT : Ne croyez-vous pas que si la CANIF avait bien fait son travail, on n’aurait pas vu un avion atterrir à Nouadhibou dans le cadre du trafic de drogue ? 

MMOA: La Mauritanie est un pays très vaste. Sa superficie est deux fois la France. C’est difficile à contrôler comme territoire. Mais je pense que nous allons mettre en place des garde-fous partout sur le territoire national et nous allons essayer d’être plus vigilants. Il s’agit d’une vigilance accrue qu’il faut créer dans l’esprit des populations bien sûr. Mais également dans l’esprit des gardes frontières. Que ce soit les frontières aériennes, terrestres ou maritimes. 

 

LT : Une affaire de blanchiment d’argent est actuellement devant la Justice, sans aucune trace de la CANIF. Quelle est donc l’utilité de cette institution ? Une autre Cour des Comptes ? 

MMOA: La CANIF ne peut pas y avoir de traces. Parce qu’elle vient d’être créée. Sa première apparition depuis qu’elle a été créée est ce séminaire auquel nous venons d’assister et qui s’est déroulé entre le 24 et le 27 juillet. La CANIF est en train de se mettre en place. Elle ne peut pas avoir de traces dans une affaire qui date de quelques mois……. 

 

La Tribune : On parle de la récente affaire dans laquelle Ould Soudani et Sid’Ahmed Ould Taya auraient été impliqués… 

MMOA: C’est Presque avant la mise en place de la CANIF. Là aussi il faut être prudent. Suivre des affaires de trafic de drogues et de blanchiment d’argent, cela demande de temps. Il faut des mois, voire des années, pour pouvoir démanteler des réseaux de trafic de drogue, de blanchiment d’argent ou de financement du terrorisme. La CANIF ne peut pas se mettre en place aujourd’hui et détecter des affaires demain. Il faut lui donner de temps. 

 

La Tribune : Pourquoi la CANIF n’a jamais posé de questions sur ces richesses rapides et ostentatoires ? 

MMOA: C’est une question centrale qu’on a posée et qu’on a débattue ensemble. On a constaté depuis quelques années la prolifération des bureaux d’échange en Mauritanie. Mais plusieurs de ces bureaux échappaient au contrôle de la Banque centrale. Avant 2004 en tout cas. Il y avaient des fonds qui viennent de je ne sais où et qui sont recyclés dans l’économie nationale. A partir de 2004, il y a une loi qui exige aux banques de rendre compte de tout mouvement de fonds, soit qui passent entre les bureaux soit qui viennent dans les bureaux d’échange. En tous cas, les bureaux d’échanges sont devenus assujettis de la Banque centrale de Mauritanie. 

 

 

La Tribune : Pouvez-vous nous parler un peu des déclarations de soupçons que la CANIF aurait reçues depuis sa mise en place ? 

MMA : Là c’est très tôt. La déclaration de soupçon est très importante. Elle est, d’ailleurs, le vif du dispositif de la CANIF. Mais on ne peut pas créer aujourd’hui la CANIF et recevoir demain des déclarations de soupçon. Il faut attendre la fin de cette campagne de sensibilisation, dont le début était d’ailleurs de sensibiliser les directeurs des sociétés et des banques et toutes les parties concernées. Il faut attendre la fin de cette campagne pour savoir quel est son impact. Pour voir si les gens ont été bien sensibilisés. Ceci nous le saurons à partir des déclarations de soupçon que nous pourrons recevoir à la CANIF. 

 

La Tribune : Le terrorisme a frappé la Mauritanie en 2005, à partir de Lemghayti. Vite, on a accusé le GSPC qui se ravitaillerait à partir de la Mauritanie. Avez-vous, à la CANIF, des informations sur le financement de ce fléau à partir de notre territoire ? 

 

MMOA : En 2005 c’est loin encore de la création de la CANIF. C’était un évènement antérieur à la création de la CANIF…. 

La Tribune : … Mais vous n’avez pas des chiffres ? 

 

MMOA: On n’a pas encore des chiffres. Parce que nous venons d’être créés. Il nous faut, comme je le disais, de temps pour démanteler des réseaux. De temps pour que les gens soient convaincus de la nécessité des déclarations de soupçon. Pour atteindre cela, il nous faut de temps. 

 

Propos recueillis par : Mechri Ould Rabbany 

 

 




Haute Cour de Justice

31072007

 

Haute Cour de Justice 

Qui est au dessus des lois ? 

L’assemblée nationale a adopté le projet de loi organique relatif à la Haute Cour de Justice. C’était samedi 28 juillet 2007. Cette institution judiciaire était prévue depuis 1991. L’article 92 de la constitution l’instituait il y a seize ans et prévoyait qu’une loi organique en fixerait la composition, les règles de fonctionnement ainsi que la procédure applicable devant elle. 

Cette Haute Cour de Justice sera composée de huit juges parlementaires titulaires et de quatre suppléants élus distinctement à moitié par chacune des deux chambres parlementaires, Assemblée et Sénat. Le procureur généra près

la Cour Suprême ou l’un de ses substituts représente le ministère public tandis que le greffier en chef de la cour Suprême assure la greffe de
la Haute Cour de Justice.    

En principe la Haute Cour de Justice a la compétence de recevoir la mise en accusation du président et des membres du gouvernement. Ceci est bien précisé dans l’exposé des motifs du projet de loi. En effet, il y est rappelé les dispositions des articles 92 et 93 de la constitution selon lesquelles « le Président de
la République, le Premier ministre et les membres du gouvernement sont justiciables de

la Haute Cour de Justice ». 

Si le président n’est justiciable que pour des faits de haute trahison et les autres membres de l’exécutif pour des infractions commises dans l’exercice de leur fonction, la notion même de cette haute trahison reste floue. C’est sur ce point que certains députés ont insisté durant la séance plénière du 28 juillet. 

 

Qu’est-ce qu’une haute trahison ? 

 

Est-ce l’intelligence avec une puissance étrangère ou ennemie, ou un manquement grave de la part du Président de
la République aux devoirs de sa charge ? Nulle part dans les textes en Mauritanie pareille infraction n’est définie. Ni dans la constitution, ni dans le code de procédure pénale. 

Quant aux ministres, il est clair que des articles du code pénal prévoient leur inculpation. On se rappelle d’ailleurs que le cas de l’ex ministre du pétrole Zeidane Ould Hmeida était retenu sur la base de certains articles du code pénal. C’est dire que pour n’importe quelle infraction, un ministre peut être traîné devant

la Haute Cour de Justice. D’ailleurs même si un ministre n’est plus en fonction, il suffit que des faits remontant à la période de sa fonction lui soient reprochés pour qu’il soit susceptible d’en répondre devant la haute cour de justice. On aurait pu penser que dans le cas de avenants pour lesquels Zeidane Ould Hmeida avait  été mis en examen, cet ancien ministre n’est pas encore à l’abri d’une mise en accusation. Seulement, les faits ayant été amnistiés par les autorités de la transition, il serait aberrant que pareille initiative soit prise. De plus, les avocats avaient à l’époque dégainé le principe de non compétence des tribunaux arguant que la haute cour de justice prévue par la loi fondamentale n’était pas effective et qu’il appartenait aux autorités de la mettre en place en lieu et place des parlementaires auxquels il revenait d’en adopter les textes. 

 

Comment mettre en accusation 

 

Il appartiendra aux deux chambres parlementaires de présenter un énoncé sommaire des faits reprochés au Président de
la République. C’est du moins ce que prévoit l’article 19 à la section sur la saisine et mise en accusation au titre 2 se rapportant à la procédure. Le problème encore à ce niveau reste de savoir quels types de faits on peut reprocher au président de
la République. 

L’article 93 de la constitution stipule que le Président de
la République « ne peut être mis en accusation que par les deux Assemblées statuant par vote identique au scrutin public et à la majorité absolue des membres les composant ». Et à l’article 22, non amendé d’ailleurs, du projet de loi qui vient d’être adopté, il est dit que le président de l’assemblée dont le vote a entraîné l’adoption de la mise en accusation la communique, sans délai, au Procureur Général et donne avis de transmission au président de l’autre assemblée. 

Vient ensuite l’instruction pour la quelle une commission procède à tous les actes de procédure qu’elle juge utiles à la manifestation de la vérité selon les règles du code de procédure pénale et spécialement celles qui assurent les garanties de la défense. Ainsi que prévus dans l’article 25 de la loi relative à

la Haute Cour de Justice,  les actes de cette commission de cette commission d’enquête ne sont pas susceptibles de recours. 

Il y avait en tout trente sept articles dans le projet de loi présenté par le gouvernement. Onze articles ont été amendés par les députés membres de la commission de la justice, de l’intérieur et de la défense à l’assemblée. La discussion en plénière a duré deux heures de temps environ. Les députés ont adopté la loi sur

la Haute Cour de Justice. En présence du ministre de
la Justice, représentant le gouvernement. 

Cette haute cour de justice est forcement un outil de dissuasion pour le Premier ministre et les membres du gouvernement.  Quant au  Président de
la République, il «n’est responsables des actes accomplis dans l’exercice de ses fonctions qu’en cas de haute trahison», encore une fois. 

On ne sait pas en plus si un président qui n’est plus en fonction est justiciable devant

la Haute Cour de Justice après la découverte de faits (éventuels) de haute trahison remontant à son mandat. On ne sait pas non plus ce qui est prévu dans l’arsenal juridictionnel de
la Mauritanie dans les situations de plainte contre un ancien président pour crime contre une partie de la population. 

K-Tocka 

  

Source :
La Tribune 




Les réfugiés reviennent en octobre

31072007

Le Haut Commissariat de l’Onu pour les réfugiés (HCR) a annoncé la semaine dernière le début de l’identification de quelque 20.000 déportés du Sénégal, en vue de leur rapatriement dès le mois d’octobre. Selon une dépêche de l’AFP citant Francis Kpatindé, porte parole du HCR pour l’Afrique de l’ouest, « le HCR entame la semaine prochaine un exercice d’identification et de profilage des réfugiés mauritaniens installés depuis 18 ans au Sénégal ». « L’exercice permettra de recueillir des informations plus précises sur les réfugiés, leurs régions d’origine et sur leurs réelles intentions avant le démarrage effectif, en octobre 2007, de l’opération de rapatriement volontaire », a expliqué M. Kpatindé, précisant que la coordination de cette enquête avait été confiée à l’ONG sénégalaise Office africain pour le développement et la coopération (OFADEC). Dans la perspective du rapatriement, le HCR travaille à l’élaboration du texte d’un accord tripartite (Sénégal/Mauritanie/HCR) « qui servira de base juridique » à l’opération, selon la même source. Cet accord, qui « devrait être signé en août », doit notamment faire état des garanties qui seront accordées aux candidats au retour comme la « reconnaissance pleine et entière de leur citoyenneté mauritanienne, le recouvrement par les intéressés de leurs biens spoliés, ou, à défaut, la nécessité d’une juste indemnisation, etc… », a précisé M. Kpatindé. Par ailleurs et toujours selon M. Kpatindé, la plupart des quelque 6.000 autres installés au Mali ont obtenu la nationalité malienne ou se sont intégrés localement, selon le HCR, qui ne prévoit pas de rapatriements en provenance du Mali. Le HCR estime que 14.000 réfugiés au Sénégal opteront pour la solution de rapatriement, dont le coût devrait avoisiner 1,5 million de dollars entre 2007 et décembre 2008, date prévue pour la fin des opérations.
Pendant ce temps, se poursuivent en Mauritanie, les sensibilisations et la mobilisation en vue de ce retour. C’est ainsi que le groupe « droits humains et bonne gouvernance » au sein du cyber forum de la société civile mauritanien a organisé jeudi dernier un colloque sur le rôle de la société civile dans le retour des réfugiés mauritaniens au Sénégal et au Mali. Au cours de cette rencontre le cyber-forum a rendu public un communiqué dont l’AMI a reçu une copie qui propose des modalités pratiques pour l’organisation de ce retour. Parmi celles-ci, la mise sur pied d’une commission mixte entre le gouvernement mauritanien, les partenaire au développement et les différentes composantes de la société civile opérant dans le domaine et leaders d’opinion. La mission, selon le communiqué, s’attellera en premier lieu à identifier les ayants droits au retour dans les camps des réfugiés au Sénégal et au Mali pour ne pas empêcher un mauritanien de retourner dans son pays, mais pour ne pas donner un droit au retour à celui qui n’en a pas. Au sujet des préjudices subits par les déportés, le communiqué estime que l’Etat doit prendre toutes les dispositions nécessaires pour dédommager les ayants droit et que ces réparations doivent être morale et matérielles, ainsi il doit intégrer les fonctionnaires qui auraient perdu leur emploi lors des événements de 1989, ceux qui ont atteint l’âge de la retraite doivent en bénéficier également. Au plan économique, le cyber forum propose que des financements doivent être versés aux déportés sous forme de petits projets générateurs de revenus (AGR) afin de leur permettre de s’adonner aux activités initiales (agricole, pastorale et autres). L’Etat doit, selon le communiqué, compenser tous les rapatriés au Sénégal dont les intérêts seraient compromis par d’éventuelles opérations de fixation des revenants dans leurs terroirs.
AMI




Le Président sort de sa réserve

31072007

Politique : 

Le Président sort de sa réserve 

 

Sans précédent ! Un Président qui s’adresse au peuple par les moyens d’une interview à la télévision nationale, du jamais vu dans notre pays. 

Sidi Ould Cheikh Abdallahi continue à imposer son rythme et sa conception du pouvoir. Rien à voir avec l’homme annoncé : sans envergure, sans volonté, sans force, sans vision… 

Au contraire. 

 

C’est sans doute la forme qui offre l’occasion de critiques. Pourquoi avoir choisi TVM ? D’un point de vue de l’envergure, la radio aurait été plus indiquée. Pourquoi le choix de TVM s’est porté sur Taqiyu Llah Led’hem pour faire cette première interview ? Pourquoi était-il habillé tout en blanc ? Il est vrai que cela faisait encore mieux ressortir l’austérité du Président en boubou ‘simple’ (sans couture extravagante) et longues manches avec manchettes. Un mot du décor : quand on veut parler de pénurie d’eau et de pâturages, il n’est pas indiqué de prendre les jardins de la présidence comme cadre. Cela suscite ‘le mauvais œil’. Au moins. 

Par contre l’idée est excellente. Le Président de la République avait besoin de parler dans un média national. Pour s’expliquer sur certaines questions. N’est-ce pas lui qui subit ces jours-ci de multiples critiques venant même de son camp. L’occasion des 100 jours étant un prétexte pour les uns et les autres pour dresser les pires bilans de cet exercice. Alors cette sortie est d’abord un plaidoyer pro domo, une sorte d’exercice de franchise visant d’abord à rétablir une vérité sur un bilan, ensuite à introduire une touche nouvelle dans la relation entre le pouvoir et les populations dont il est l’émanation. 

Depuis son arrivée au pouvoir, Ould Cheikh Abdallahi a voulu imposer un style et surtout un rythme. Le retard pris dans la composition du gouvernement et l’incapacité des ‘chasseurs’ d’informations à percer le mystère, a été le premier acte de l’avènement du ‘style Cheikh Abdallahi’. Puis vint la prière du vendredi au milieu des foules de la Mosquée centrale. Puis les sorties ‘inopinées’ vers les hôpitaux, ici pour la visite d’un parent, là pour voir. Cela continue aujourd’hui avec l’invitation à dîner d’un ‘groupe d’habitants de Nouakchott’, c’est la seule indication que nous avons. Probablement des anonymes qui n’ont jamais eu accès à la présidence. L’appel à la ‘salaatu il istisqa’, prière collective faites d’incantations pour demander la pluie, est une autre étape de ce style de gouvernement. Cela correspond à peu près au retour de la piété comme valeur commune de ce peuple. 

Le Président Ould Cheikh Abdallahi passe à la vitesse supérieure en s’exprimant en toute franchise sur l’ensemble des problèmes du pays. Suivons-le. 

Il rappelle immédiatement, en terme de bilan, que son programme «s’articulait principalement autour de deux axes : la consolidation de l’unité nationale et l’édification de l’Etat de droit». Pour le premier axe, deux points méritaient une attention particulière et une action urgente. 

D’abord la question des réfugiés. «L’engagement contenu dans le programme était que, dès mon accession au pouvoir, j’allais initier des mesures pratiques pour leur permettre un retour digne dans leur pays et leur assurer des conditions de vie décentes.» Il rappellera que le sujet occupera une place centrale «lors du débat avec mon frère, le Président Ahmed Ould Daddah». Le discours du 29 juin «n’était rien d’autre que le démarrage effectif de ce projet que nous attendions tous et dont on savait qu’il devait voir le jour dans les meilleurs délais». Il n’y avait certes pas «beaucoup de détails parce qu’il fallait laisser à tous les citoyens la possibilité de se prononcer et de discuter et au comité interministériel l’opportunité de recueillir les avis et contributions de tous les acteurs : partis politiques, parlementaires, société civile, personnalités et les réfugiés eux-mêmes». Tout cela pour aboutir «à une solution qui soit la plus opportune». Pour avoir le plus large consensus possible sur la question. 

Le deuxième point de la question concerne l’esclavage dont la pratique sera incriminée au terme d’une loi qui doit passer devant le gouvernement. 

«Pour ce qui est de l’édification d’un Etat de droit tirant sa force de la primauté de la loi, je voudrais évoquer les actions qui ont été menées». Séparation du pouvoir, respect des lois, responsabilisation du gouvernement désormais comptable de ses actes, rénovtion de l’administration par une meilleure gestion des carrières. «Nous avons voulu lui imprimer un style nouveau qui prend en compte la compétence et le dévouement des fonctionnaires pour l’accomplissement des tâches qui leur sont dévolues». Faire en sorte que «notre administration ne soit plus régie par des dosages, calculs ou équilibres tribalistes et régionalistes qui nous font oublier l’essentiel». 

«A ma connaissance, aucun citoyen ne peut aujourd’hui faire l’objet d’injustice de la part d’une autorité qui l’empêcherait d’entreprendre une action dans les limites de la loi ou d’exprimer une opinion de la manière qu’il veut». Quelques ‘déceptions’ cependant. Notamment sur l’exercice de la liberté d’expression. Pour le Président, le rôle de la presse est d’éclairer «sur la réalité qui est parfois têtue, sur ce qui est possible et ce qui ne l’est pas, sur les droits mais aussi les devoirs» du citoyen. «Je pense que sur ce dernier point, les organes d’information n’ont pas suffisamment joué leur rôle». Et de dénoncer «certains propos lorsqu’ils sont dénigrants, diffamatoires ou totalement mensongers». Circonstance aggravante : «on ne peut, en aucune manière, trouver en quoi ces propos servent l’intérêt général». Et le Président de reconnaître que des pressions ont été exercées sur lui et qu’il a finalement «préféré faire la sourde oreille», parce qu’il préfère «malgré tout une liberté même exagérée à une restriction de la liberté». Au-delà du fait de reconnaître que le Président, autorité suprême, subit des pressions, la raison de l’exaspération du Président est claire. C’est avec un grand amateurisme que la presse écrite, dans ce qu’elle a de moins représentatif, se déchaîne ces derniers temps contre le nouveau pouvoir. Les mêmes metteurs en scène de ce déchaînement avaient réussi à faire peur aux autorités de transition, les amenant à les prendre en compte. La présence de médiocrités aux côtés du Président et l’inconsistance de l’administration de tutelle, avaient fini par permettre à la mauvaise graine de l’emporter. Les insuffisances actuelles sont le fruit de la mauvaise gestion du secteur par un ministre qui ne sait pas encore par quel bout tirer le diable et de l’absence d’une vision claire de la part des hautes autorités. 

Autre sujet d’amertume, le dialogue avec l’opposition et la perception que celle-ci en a : «J’ai été surpris de constater par la suite que les seules informations qui ont filtré de ces entretiens (avec l’opposition) laissaient entendre que j’étais enfermé dans une tour d’ivoire, totalement déconnecté de la réalité et que mes visiteurs m’avaient informé et révélé qu’il y a des populations, dans ce pays, qui se trouvent confrontées à des difficultés de tous ordres». Il va quand même louer la dernière rencontre avec le chef de l’opposition : «une rencontre tout à fait positive et conforme à l’esprit qui doit prévaloir dans l’intérêt de notre pays». 

L’eau, l’électricité, la drogue… puis un retour sur les réfugiés pour dire que la ligne d’arrivée permettra de «tourner définitivement cette page douloureuse». Des problèmes qui sont là. Qui n’ont pas de solutions immédiates mais auxquels le gouvernement pense. 

«En ce qui concerne l’aliment de bétail, nos moyens ne nous ont pas permis d’apporter l’aide que nous voulions fournir mais il faut dire que l’Etat ne peut intervenir que dans les limites des moyens disponibles». Et de reconnaître toutes les difficultés du nouveau pouvoir : «Je veux enfin exprimer ma compassion sincère avec toutes les souffrances et mes profonds regrets pour l’incapacité de l’Etat à subvenir à certaine attentes». Aveu d’impuissance ou franchise désinvolte ? Les avis divergent. Ould Cheikh Abdallahi a préféré dire la vérité quoi qu’elle coûte. Cela nous rappelle qu’en 1964, Moktar Ould Daddah avait créé un ‘bouleversement’ en renonçant, unilatéralement, à la subvention budgétaire française. Le parallèle peut-il être fait ? Le résultat est en tout cas le même : appel à compter sur nos propres forces, nos ressources propres. Surtout que toute intervention intempestive de l’Etat ne peut être que sous forme de recours à la planche à billets. Un recours qui créerait des problèmes avec nos partenaires et hypothéquerait, encore une fois, notre économie. Un recours qui signifierait un retour en arrière par rapport aux engagements dans la rigueur de gestion. Nous venons de loin. Il faut se le rappeler. 

Par contre ce qu’il ne faut plus accepter, c’est que les sorties du Président ne soient pas suivies d’effets. Quand le Président est allé à l’hôpital national, il devait annoncer un nouvel investissement pour tel ou tel secteur de cette institution catastrophée. Quand il est allé au Sénégal, cela aurait dû être l’occasion de lancer la construction du pont entre les deux pays. Quand il a fait son adresse du 29 juin, un débat public devait suivre à TVM et Radio Mauritanie. Quand il est parti au Koweït, cela devait finir sur un retour en force de la coopération avec ce pays. Aujourd’hui, nous attendons que ce discours soit suivi d’un assainissement complet de la presse et de l’administration. Il faut enfin savoir que les ‘entrées’ de l’année passée (Woodside et Chinguitel) sont le fruit d’actes politiques et non du hasard. Initier et entreprendre. Ce devrait être la tâche du gouvernement. 

 

Ould Oumeïr 

 

Source :

La Tribune N° 360




Les ravages de la bonne foi

31072007

Les ravages de la bonne foi

 

Par Ahmedou Ould Ghallawi

Cadre dans le privé

DG de
la SOMESPA, Nouadhibou

 

Note de La Tribune : Nous avons demandé à plusieurs opérateurs économiques privés de nous faire le bilan des 100 jours du nouveau régime. L’idée était de faire parler une catégorie qui n’a pas souvent le temps de le faire. Le courage a manqué.

Ahmedou Ould Ghallawi a cru que le champ ouvert par la liberté d’expression doit être investi. Le produit est là.

 

Avec l’élection du Président Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdellahi, les Mauritaniens ont ouvert une nouvelle page de l’histoire de notre pays. En effet, la réussite du processus électorale a témoigné du haut degré de civisme et de conscience politique de nos citoyens. Enfin, le rêve de l’alternance démocratique au pouvoir devient une réalité dans ces contrées désertiques où les mirages ont depuis longtemps cessé de tromper les Hommes.

Sur le fond, la campagne électorale traita sans complexe de tous les thèmes majeurs de la vie

Nationale, allant de la question de l’esclavage à celle de déportés et du passif humanitaire. Une virginité nouvelle enveloppa l’image du pays lui offrant ainsi une opportunité historique qui ne se répète que très rarement dans la vie d’une nation.

Des nouveaux dirigeants élus, on s’attendait alors à la meilleure exploitation de cette «image-ressource» en vue de relever les défis qui se posaient et d’affirmer avec une nette visibilité un style de gestion qui tranche avec le passé. Mais à la surprise de bons nombres d’observateurs, la dynamique de restauration de l’image subira, dès le lendemain de l’investiture, une avalanche de coups.

La première, et la plus dure, viendra «du Chef de l’opposition démocratique» qui déclara sur toutes les antennes mondiales que l’élection en Mauritanie n’était qu’une mascarade. Ou presque.

Il fut talonné de près par les insistantes affirmations du Premier Ministre sur les déficits budgétaires, qui, même si elles étaient fondées, n’en sont pas moins intempestives.

Quelques jours après, le Directeur Général de
la SMH ne trouva pas mieux que de dire qu’à l’origine les prévisions sur les potentialités pétrolières étaient exagérées.

Il ne manquait plus à ce sombre tableau que l’appel à l’aide international d’urgence, le scandale de la drogue et les pénuries d’eau et… d’électricité pour s’assombrir d’avantage.

Même si d’évidence ces déclarations ne participaient pas d’une action de sape concertée, elles révèlent une mentalité chez nos responsables, mentalité qui n’a que peu compris à l’époque actuelle toute axée sur l’attractivité de l’image des nations ; l’acquis démocratique, la promesse pétrolière, le satisfecit des institutions internationales appartiennent à tous les Mauritaniens et peuvent être considérés comme des actifs qu’aucun dirigeant, même de bonne foi, n’a le droit de remettre en cause. Car dans ces domaines, la bonne foi s’avère parfois ravageuse.

Mais par delà ce constat, quelles sont les pistes de réflexions qu’on peut envisager pour renforcer le nouveau socle Mauritanien ?

Je m’empresserais ici de m’excuser auprès des spécialistes qui comprendront que tous les sujets abordés ci-dessous le seront sous un regard empirique c’est-à-dire celui du bon sens et de l’expérience les plus communs. Toutes choses qui, à mon sens, font cruellement défaut à notre classe dirigeante.

Commençons par ce qui consolide l’image extérieure :

Une réflexion doit être menée à la lumière des transformations du système internationale et de ses nouvelles thématiques. Il faut développer une vision et une analyse qui, tout en intégrant les priorités bilatérales classiques, leur ajoute un rôle dans ce que l’on appelle les «grands enjeux transversaux».

Dans cette optique, l’environnement, thème majeur par excellence, servira à trouver des financements pour lutter contre la désertification et à soutenir le négociateurs Mauritaniens soucieux de limiter l’effort de pêche dans le cadre des accords UE-Mauritanie. L’établissement de contact avec les groupes parlementaires et ONG travaillant dans les domaines de l’écologie sera profitable.

Au plan régional il faut renforcer la spécificité Mauritanienne de double appartenance au Maghreb et à l’Afrique Sud Saharienne.

Les centaines de camions qui traversent
la Mauritanie chaque semaine reliant le Maghreb à l’Afrique Sub-Saharienne créent, à chaque instant de leur passage, des réalités irréversibles qui doivent être étudiées par le département des affaires étrangères.

A une époque donnée, la diplomatie Mauritanienne pouvait se prévaloir d’une certaine expertise dans les affaires régionales, aujourd’hui le développement d’une capacité de propositions serait bénéfique au lieu du statu quo.

Enfin, il est à noter ici qu’il est regrettable pour un pays déclaré minier et presque pétrolier, spécialités éminemment anglo-saxonnes, de surcroît à la recherche de financements internationaux, de fermer simultanément les ambassades de Londres et d’Ottawa.

Aussi, la meilleure façon de restaurer l’image réside-t-elle dans le rétablissement de la santé économique du pays. Mais nous constaterons aussitôt, que les schémas traditionnels recourant aux budgets publics, aux emprunts auprès des institutions internationales ou à l’aide bilatérale pour financer le développement ont montré leurs limites. Et qu’il est impératif désormais d’associer sans hésitation et de manière massive le secteur privé national et international afin de satisfaire le besoin de financements.

Même si, à un moment, l’absence dans le discours d’investiture du Président de
la République les mots ‘investissements’ ou ‘investisseurs’ a alerté certains, la création de la délégation pour la promotion des investissements a dissipé cette crainte. Du moins temporairement.

Au retour de la délégation Présidentielle du Koweit, certains ont remarqué qu’elle était revenue les mains vides, l’on est tenté de dire que c’est au départ qu’elle avait les mains vides. Autrement dit, il faut que les pouvoirs publics établissent une liste de besoins en infrastructures tant pour rattraper les retards du pays et les besoins des populations que pour offrir une plate-forme capable d’attirer l’investissement.

Les choix se portent en général sur des projets qui ont pour vocation de structurer l’espace autant que l’économie d’où leur nom de ‘projets structurants’. Outre le fait qu’ils équipent le pays, ils exercent un effet de levier sur l’économie grâce aux emplois créés, aux revenus fiscaux générés, en plus de leur rentabilité propre. Si bien qu’un lien d’interdépendance est établi entre l’accélération de la croissance, le renforcement de l’investissement et la réalisation des infrastructures.

Un cadre informel de réflexion et de proposition stratégique doit être mis en place le plus tôt possible pour présenter aux investisseurs les grands chantiers prioritaires susceptibles de transformer le pays et de lui assurer un bond en avant. L’aspect informel lui confèrera une plus grande participation car l’efficacité passe aussi par l’ouverture des processus décisionnels à une expertise extérieure à l’administration. Il fournira ainsi à la délégation de la promotion des investissements la matière nécessaire à son  travail de mobilisation des ressources.

L’ancien Ministre de l’Economie et du Plan du gouvernement de transition a de mon point de vue les compétences et surtout l’humilité nécessaires pour diriger ces travaux.

Bien que l’intervention du secteur privé dans les projets est un phénomène général, je citerai ici les exemples de deux pays que je trouve intéressant à plus d’un titre. D’abord parce qu’ils sont nos voisins immédiats, ensuite leurs gouvernants sont dans des logiques de successions politiques, enfin parce que dans certains domaines leurs économies peuvent entrer en concurrence avec la nôtre ; il s’agit du Maroc et du Sénégal.

La recette trouvée par les nouveaux dirigeants de ces pays est le lancement de grands projets d’infrastructures autour desquels on ne rate jamais l’occasion de faire des tapages médiatiques et de fêter des points d’étapes. Car ce sont là aussi les meilleurs moyens pour les nouveaux dirigeants de renforcer leur légitimité et accroître leur popularité. Au Maroc, l’arrivée des capitaux privés internationaux, notamment Arabe, à désinhibé le capital national, un moment grincheux vis-à-vis du nouveau Pouvoir.

Au bonheur de ces pays la liste des investissements est très longue.

Cependant, je retiendrais les deux grands projets construits sur les façades maritimes des ces pays parce qu’ils ont un impact direct sur la nôtre.

Je ne peux ici m’empêcher d’évoquer l’émotion et l’admiration qui m’ont saisi en écoutant l’érudit Mohamed Ould MAOULOUD raconter dans l’émission ‘Regard sur le passé’ comment, à travers un fait à priori banal (retard de livraisons à Kiffa pour raison de grève des cheminots des chemins de fer du Sénégal), il établit un rapport sur la nécessité de s’ouvrir sur la façade maritime. Ce soir-là, l’émission ne mérita pas son nom parce qu’on était en pleine actualité.

Cette nécessité est d’autant plus impérieuse que le port de Dakar vient d’être pris en concession BOT par Dubaï World Port et que le Maroc inaugure ces jours-ci le mega-projet de Tanger-med.

Sachant que les deux grands ports occupent chacun une situation géographique centrale sur les principales routes maritimes on ne peut que constater l’obsolescence des infrastructures portières Mauritaniennes.

L’évolution des transports transocéaniques va encore aggraver la situation : la mise en service de porte-conteneurs géants (méga carriers) concentrera les livraisons et les enlèvements vers un nombre de plus en plus réduits de port d’éclatement ou de transbordement (hubs) dont il ne subsistera sans doute à terme qu’un nombre limité. D’où l’urgence de la construction d’un port selon les standards internationaux afin de pérenniser le branchement du pays sur les flux  transocéaniques.

Par ailleurs, le fonctionnement en vase clos de certains secteurs clés de l’économie nationale ont eu pour conséquence la perte d’opportunités extraordinaires pour le pays.

Le secteur minier est à cet égard emblématique : le manque d’anticipation de ces dirigeants est entrain de lui faire perdre l’occasion de profiter pleinement de la demande actuelle.

Ce sont les besoins en fer de la reconstruction de l’Europe qui ont fait naître
la MIFERMA. Il fallait donc, par la recherche très tôt de partenariat stratégique, profiter au maximum de la bulle sur les marchés du fer de susciter par la croissance Chinoise qui n’est pas éternelle.

Dans moins de trois ans, les Gisements riches (67 %) de Simandou en Guinée Conakry et ceux de
la Falémé au Sénégal commenceront par des quantités d’exportations au moins deux fois supérieures aux nôtres.

Un grand retard a été pris sur le plan technique et on soupçonne aujourd’hui que plusieurs années d’exportations de minerais riches ont été abandonnés sur le site de Tazadite par incapacité d’optimisation de méthodes d’extractions. Il faut compter en plus que sur le plan écologique et de la santé publique, les coûts sont très élevés pour
la Mauritanie.

J’ai concentré ces remarques sur ce qui est considéré comme étant la vitrine du bon management dans notre pays, pour vous épargner le gâchis permanent dans les autres secteurs, notamment des pêches et de l’agriculture.

Il y a quelques années, ce cri du cœur aurait été une vaine tentative de raisonner un régime à bout de souffle, l’espoir est permis aujourd’hui qu’il sera entendu. Le souci étant de participer à cette phase de refondation de l’Etat Mauritanien.

 

AOG

 

Source :

La Tribune N° 360

                       







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