France-Afrique : les immigrés étranglés financièrement

7122009

 

 (Syfia France) Ces derniers mois, les immigrés de France peinent à trouver du travail et à envoyer autant d’argent qu’avant à leurs proches en Afrique. Un manque à gagner qui a aussi des conséquences pour les pays du continent les plus dépendants de cette manne. 

De premier abord, Boubacar a le sourire et la parole faciles. Quand il évoque ses problèmes financiers, ce sympathique Sénégalais est cependant gêné, presque honteux : « Avant 2007 (renforcement des contrôles des titres de séjour par les Préfectures avant qu’une entreprise puisse faire travailler un étranger, Ndlr) et la crise économique, j’avais en permanence du travail. J’envoyais au pays entre 150 et 500 € chaque mois. Aujourd’hui, je ne trouve plus de missions en intérim. Je ne peux plus rien envoyer, car je n’arrive même plus à subvenir à mes besoins ici en France. » Sa famille en Afrique a heureusement compris la situation. Fofana*, qui a à sa charge 30 à 40 personnes en Côte d’Ivoire, à qui il envoyait la moitié de son salaire, a, lui, plus de mal à faire passer le message : « Certains pensent que tu es méchant quand tu dis que tu n’as pas de travail et que tu n’as pas d’argent alors que tu es en Europe… »
En France, la crise économique frappe de plein fouet les immigrés, nombreux à occuper des emplois précaires dans l’industrie, le BTP (bâtiment et travaux publics) et les services, trois secteurs qui, à eux seuls, représentent et représenteront d’après l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE) plus de 97 % des destructions d’emplois en 2009-2010. L’OFCE, à partir de données de la Banque de France, estime ainsi à près de 20 % la baisse du montant total des envois d’argent des travailleurs immigrés vers leurs pays d’origine depuis le début de 2009.

Envoyer moins, moins souvent, à moins de gens 


« Nous observons un tassement de nos volumes conforme aux prévisions de la Banque mondiale », explique, sans donner de chiffres précis, Khalid Fellahi, vice-président pour l’Afrique de Western Union, en référence à une estimation de la BM qui tablait en juillet dernier sur un recul de 8 % environ des transferts de fonds du reste du monde vers l’Afrique subsaharienne cette année. « En France, où les immigrés sont plus anciennement établis et bénéficient parfois d’allocations quand ils perdent leur emploi, nous observons une baisse des montants moyens envoyés, mais une régularité maintenue », précise M. Fellahi.
Moussa*, Malien, a opté pour la stratégie inverse. Quand il avait du travail, il envoyait 200 € par mois à sa famille. Aujourd’hui, il fait parvenir cette même somme, mais tous les deux ou trois mois. Ancien chef d’équipe dans le BTP, licencié parce qu’il n’était pas en règle, il fait en vain le tour des agences d’intérim. Avec la crise et même s’il a depuis obtenu ses papiers, ces dernières ont moins de demandes de la part des employeurs, quand elles n’ont pas carrément mis la clef sous la porte… Moussa a donc dû faire des choix : « Je vis en foyer avec des amis qui m’aident. Je limite mes achats et quand je suis bloqué, j’envoie uniquement à ma famille proche. » Malien lui aussi, Dramane* chôme depuis près d’un an. Il a d’abord progressivement diminué le montant de ses envois, puis fait parvenir à sa famille tout ce qu’il avait économisé et placé en banque. Fidèle à une expression qui revient souvent dans ses propos, « On ne sait jamais », il avait heureusement anticipé et acheté à sa famille un petit commerce et un champ au pays. « C’est ce qui nous sauve aujourd’hui », se félicite-t-il.
Les conséquences de la baisse des envois d’argent se ressentent aussi au niveau des pays africains qui en sont plus ou moins dépendants. En 2008, une étude de la Banque africaine de développement (BAD) portant sur l’impact des fonds transférés par les migrants vers leurs pays d’origine (Maroc, Sénégal, Mali et Comores), estimait le volume de flux financiers entre 9 et 24 % du PIB des pays étudiés, ce qui représentait selon les pays entre 80 et 750 % de l’aide publique au développement. Interrogé en juin 2009 par Co-Developpement.org, une association française, Soulé Mana Lawani, alors ministre de l’Économie et des Finances du Bénin, estimait que les envois de fonds des migrants vers son pays avaient baissé de moitié et notait « une réduction des commandes pour les entreprises du secteur de la construction » et « une baisse de l’activité économique ». Et le ministre d’envisager alors la possibilité d’élaborer des projets « à rentabilité longue », en encourageant les migrants à orienter leurs transferts vers des secteurs plus productifs pour l’économie comme l’agriculture.

Crise temporaire et dépendance durable 


La Banque mondiale observe que depuis dix ans et avant la crise, les envois de fonds des 200 millions d’immigrés dans le monde vers leurs pays d’origine ont augmenté de 17 % par an et atteint 328 milliards de dollars en 2008. Parlant plus spécifiquement des Africains installés en Europe, Khalid Fellahi reste confiant : « Entre celui qui est parti et ceux qui restent, le lien est très fort. Ces trente dernières années, malgré les crises, les transferts ont été relativement stables. D’ici deux ans et la fin espérée de la crise, les transferts devraient donc augmenter. »
Moussa, en France depuis plus de 20 ans et qui a déjà connu plusieurs ralentissements de l’activité économique, est en tout cas persuadé que « le boulot va revenir ! » Pour lui, hors de question de rentrer au Mali « les mains vides » ou d’oublier les siens : « 90 % des Africains qui sont en France travaillent pour leurs familles. Même ceux qui sont venus avec elles bossent pour les autres restés au pays. Je ne peux pas les abandonner. Ils n’ont pas de travail et quand les récoltes sont mauvaises, pas assez à manger. Leur nourriture dépend de moi. » Une dépendance très risquée quand les difficultés économiques gagnent l’autre rive de la Méditerranée… 

Emmanuel De Solère Stintzy 




Carnets d’un voyage pas comme les autres (suite et fin)

12052009


 

III. Les témoins de l’’amour impossible des enfants de Cordoue

 

Cette stèle résume à elle seule toute l’histoire de cet amour impossible. Entre la fille du dernier des souverains Omeyyades de Cordoue et le dernier des grands poètes de l’époque Andalouse. Entre Wallada bint Al Mustakfi et Ibn Zaydoun.

Wallada (994-1091) est la fille de Mohammad Al Mustakfi BiLlah, troisième du nom, dernier Omeyyade dans le Royaume de Cordoue (976-1025). Le poète est Abu al-Waleed Ahmad Ibn Zeydoun al-Makhzumi (Cordoue 1003 – Séville 14 avril 1071) que l’Histoire retiendra sous le nom d’Ibn Zaydoun. Elle fut son égérie, il fut sa muse. Vies parallèles, passion convergente.

Quand elle naît, le Royaume de ses pères est en pleine décadence. Du moins sur le plan de l’autorité de son souverain. Mais la décadence politique s’accompagne d’un foisonnement culturel sans précédent. Fille d’une esclave grecque très aimée du souverain, Wallada apprend vite à user de sa liberté. Elle apprend les belles manières de l’époque et s’investit dans le champ de la connaissance. Un peu rebelle, un peu espiègle, elle s’impose vite dans son environnement fait de virilité masculine. Quand son père est assassiné en 1025, il ne laisse aucun héritier mâle. Elle doit faire face à la vie. Se construire ou se laisser consumer. Et avec elle la dernière survivance d’une époque bientôt oubliée par l’effet des guerres des factions (Tawa’if).

Tout en acceptant de vivre sans combattre de front les usurpateurs, Wallada garde son statut de princesse, sa noblesse de caractère et sa dignité de femme. Comme du temps de son père, elle continue à animer chez elle des salons littéraires qu’on appelait à l’époque « Majaliss Al Adab ». C’est dans ces assemblées de culture qu’on retrouvait poètes, philosophes et artistes du pays. Elle ouvre même une sorte d’école dédiée à la gente féminine de la noblesse de l’époque. On ne retiendra d’elle que son caractère «masculin» que certains qualifieront de «perversion». On n’a pas voulu retenir grand-chose de son œuvre. Tout comme toutes les poétesses arabes dont on ne retient que le plus frappant. Même un nom comme Al Khansaa, peu de choses passèrent à la postérité. En tout cas pas assez pour meubler la vie de prodigieux esprits. Pour cela, la mémoire collective refusera à Wallada d’être autre chose qu’un phénomène marginal fait de… marginalités. Et de prendre comme exemple sa liaison amoureuse avec Ibn Zeydoun.

Ibn Zeydoun… originaire d’une famille arabe prestigieuse de la tribu des Bani Makhzum. Pour combler le tout, Ibn Zeydoun est né dans le célèbre quartier de «Al Ruçafa» réplique à Cordoue de celui de Baghdad. Beau parce que vert, peuplé de nobles et riches commerçants. Sa parentèle a joué différents rôles auprès des souverains de Cordoue. Al Ruçafa est aussi un haut lieu de prédilection pour les poètes et les grands esprits de l’époque. Très jeune, Ibn Zeydoun se familiarise avec le savoir et la création poétique. Il se passionne pour l’écrit (discours et poésie). Rebel, il fut naturellement porté sur la contestation du pouvoir en place comme tout intellectuel qui se respecte. Il est en prison pour son activisme et ses discours enflammés. Il participe à la révolution contre la dynastie Omeyyade de Cordoue et voit leur dernier Calife renvoyé par son vizir. Il devient vizir du vizir. Toujours le refus de la soumission. Rupture. Direction Séville (shbiliya). Il réussit à comploter contre Cordoue. Il y revient…

C’est au cours de l’une de ces soirées rassemblant gens de l’Esprit dans le salon de Wallada, que Ibn Zeydoun rencontre enfin celle qui devait être pour lui l’inspiration première. En fait, il avait déjà entendu parler d’elle mais avait toujours pensé que «toute femme qui s’occupe du savoir doit être laide». Au contraire.

Dans un livre écrit sur «l’énigme, Wallada» et dont le titre est «Wellada, princesse andalouse» (éditions l’Harmattan), l’auteur algérienne Rabia Abdessamad, décrit l’héroïne avec ses « cheveux d’un blond cendré » qui « auréolaient un visage à l’ovale parfait et donnaient à ses yeux bleus des reflets changeants. » Cela lui donne, selon les mots du poète, « ce regard où sont nés les regards et les astres » et dont le sourire « diffusait son éclat en douceur comme une radiation lumineuse? » « Qui mesure le temps, ô ma dame, toi, les astres ou Dieu ? » dira-t-il quelque part. Avant de s’enorgueillir qu’ »aucun poète arabe n’a eu l’insigne honneur d’être aimé d’une princesse ».

« Ô belle Cordoue me sera-t-il donné
De retourner à toi ?
Que vienne le moment où je te reverrai
Tes nuits sont des aurores
Ta terre est un jardin
Ton sol imprégné d’ambre
Safrané, un tapis d’or » (traduction Rabia Abdessamad)
Ibn Zeydoun avait dit aussi que « l’amour ne peut mourir, même de ma blessure ». Pourtant, il abandonna la belle Wallada. Dans sa vie. Puis mourut vingt-cinq ans avant elle. La laissant vivre cent ans. Ce ne furent pas les «cent ans de solitude». Au contraire. Une vie pleine. De poésie, de grandeur, de belles rencontres mais sans doute de pleurs et de gémissements…

…Sur la stèle où les deux mains se touchaient à peine, symbolisant quand même la convergence d’un amour éternel, il était inscrit deux vers de chacun des poètes, deux vers composés par l’un pour l’autre.

Il a dit :

Yaa men ghadawtu bihii vi nnaasi mushtahiran

Qalbii yuqaasi ‘alayka el-hamma wassaharaa

In ghibta lam alqa inssanan yu’annisunii

Wa in hadharta ve kullu nnaasi qad hadharaa

(ô toi par qui je suis célèbre parmi les gens

Mon cœur endure pour toi inquiétudes et tourmentes

Si tu es absent, personne ne m’occupe

Et si tu es présent tous les gens sont là)

 

Elle a dit :

Agharu ‘alayka min ‘aynii wa minni

Wa minka wa min zamaanika wal makaani

Wa law anni khabba’tuka vii ‘uyunii

Ilaa yawmi il qiyaamati maa kavaani

(je suis jalouse (sur) toi, de mes yeux et de moi-même

Et de toi et de ton temps et du lieu

Et si je te cachais dans mes yeux

Jusqu’au Jour Dernier cela ne suffirait)

 

Tout ça c’est sur la stèle… il en va de Wallada et d’Ibn Zeydoun comme il en va des grands amours : la beauté de l’histoire réside dans l’impossibilité d’assouvir la soif de l’autre, la faim de l’autre… la souffrance est aussi une forme de grandeur… à condition d’en faire quelque chose digne d’être partagé, d’être retenu par la postérité…

Après des heures passées à tourner en rond, je quittai Cordoue pour Madrid. Je quittais l’Andalousie avec la ferme intention d’y revenir un jour. Cette fois-ci pour y rester des jours entiers. In chaa Allah…

 

Mohamed Fall Ould Oumeïr

 




Actu/Internationale

27012009

RDC : 5 000 soldats rwandais au Nord-Kivu 

 

La traque des rebelles hutus, réfugiés en République Démocratique du Congo, s’intensifie. Les troupes rwandaises progressent au Nord-Kivu. 

« Nous sommes aux aguets, la guerre menace d’éclater », explique par téléphone, un chef des rebelles hutus des FDLR (Forces démocratique de libération du Rwanda). Réfugiés depuis 1994 dans les épaisses forêts du Nord-Kivu, à l’est du pays, les rebelles seraient « en position de combat partout dans la forêt », prêts à en découdre. 

En effet, depuis le feu vert donné par la RDC, plus de 5 000 soldats rwandais sont déployés dans le Nord-Kivu, selon la Mission de l’ONU (Monuc).Une opération menée conjointement avec l’armée congolaise et qui vise à désarmer les rebelles. Hier, une colonne de 600 hommes se dirigeait de Kibumba vers le nord. Une autre de 500 hommes vers l’ouest en direction de Rutshuru. 

De son côté, le Président rwandais, Paul Kagamé, salue déjà les « bons résultats » de l’opération lancée le 20 janvier contre les FDLR, juste après l’arrestation, jeudi, au Rwanda, du général rebelle congolais Laurent Nkunda. 

De nombreux membres des FDLR semblent avoir pris la fuite devant l’avancée des troupes. Ainsi les rebelles hutus ont subitement disparu d’une importante route du Nord-Kivu, l’axe Kiwanja-Ishasha, qu’ils contrôlaient depuis des années. Ils auraient fui vers l’ouest, dans le parc des Virungas. Certains rebelles semblent vouloir éviter le combat pour l’instant et se retrancher dans leurs fiefs les plus inaccessibles ou s’enfoncer dans les profondeurs du territoire congolais, au cœur de la forêt. 

Source : AFP 

 

 Le Hamas reprend en main la bande de Gaza

Le retrait des forces israéliennes n’aura pas créé de vide à Gaza. Le Hamas, qui a fait le dos rond pendant trois semaines, contrôle de nouveau le territoire. 

Le Hamas palestinien a tout du Hezbollah libanais : même haine d’Israël, même rhétorique islamiste, mêmes roquettes que les deux mouvements tirent avec une conviction navrante sur le territoire hébreu, même capacité, enfin, à contrôler les masses populaires à coups de propagande et de liasses de billets. 

Depuis mardi et le retrait de l’armée israélienne, le Hamas est omniprésent dans la bande de Gaza. Des civils avec des badges aux couleurs du mouvement islamiste guident les humanitaires et les journalistes étrangers. Des hommes en armes ¯ policiers, paramilitaires et combattants des Brigades d’Al-Qassam ¯ ont repris le contrôle de tous les quartiers. 

Règlements de comptes 

D’où sortent-ils ? Il est difficile de savoir où ils ont passé les trois dernières semaines et il est prudent de ne pas se montrer trop inquisiteur. Depuis que le Hamas est de retour, les journalistes sont désormais victimes de tracasseries. Les « barbus » ont beau crier victoire, ils ne rigolent pas ! 

Depuis deux jours, les « barbus » traquent « les forces de sédition », les profiteurs de guerre et les « collabos » qui « ont donné des informations à l’occupant ». Le ministère de l’Intérieur du Hamas, dont le chef a perdu la vie lors d’un raid israélien, confirme que « des dizaines de collaborateurs [...] ont été arrêtés » mais ne donne aucun détail sur leur identité ou l’endroit où ils sont détenus. Des Gazaouis parlent d’agressions, de règlements de comptes, d’exécutions sommaires. D’autres disent que l’épuration frappe d’abord les militants du Fatah. À Ramallah, des responsables de l’Autorité palestinienne affirment que « plus de cent membres » du Fatah ont été éliminés par le Hamas qui cherche, accusent-ils, à créer une « entité séparatiste ». 

Après le bâton, la carotte ! Hier, le porte-parole du Hamas, Taher Al-Nounou, a annoncé que le mouvement « va commencer à verser 4 000 € aux propriétaires des maisons entièrement détruites, 2 000 € pour celles partiellement détruites, 1 000 € à la famille de chaque martyr et 500 € à chaque blessé ». Soit « quelque 35 à 40 millions de dollars », a-t-il ajouté sans expliquer pourquoi il parlait en euros auparavant… 

D’où vient l’argent ? « Certainement pas de Ramallah, assure Bassem Naïm, le ministre de l’Information et de la Santé du Hamas. On n’acceptera jamais que le Fatah vienne livrer des fonds en Limousine, alors qu’ils n’ont pas pu rentrer dans les chars d’Israël ! ». Les fonds viennent, en fait, de ce « trésor de guerre » que le Hamas a constitué pour payer ses fidèles, pour acheter la loyauté et la docilité ou encore pour financer sa guerre contre Israël. Une guerre, d’ailleurs, mise entre parenthèses jusqu’à dimanche prochain. 

Philippe CHAPLEAU, avec Radjaa Abou DAGGA à Gaza. 

Source : Reuters

Chine : au revoir le rat, place au buffle ! 

 

L’Empire du Milieu fête son Nouvel an demain. L’année du rat se termine, et 2009 est placé sous le signe du buffle. Un animal sympathique qui, selon certains spécialistes, nous apporte quelques bonnes surprises… 

S’il est, parmi les signes du zodiaque chinois, un animal de bonne compagnie, c’est bien le buffle. Depuis des semaines, il envahit les étals et foyers de Chine, sous toutes les formes : de l’affiche à la statuette en passant par les motifs de petites culottes, le buffle est partout.

Le bovin n’est pas seulement la star de l’année, il est aussi un animal révéré. Nation agricole, la Chine s’est développée sur un système de cultures où le buffle (ou son « cousin » le boeuf), formidable force de traction, était essentiel. À tel point que Zhang Fang, auteur des Douze animaux et leur place dans la culture chinoise, dit que sans lui, « la civilisation chinoise n’aurait pu atteindre son niveau actuel. »

Si vénéré qu’il a été interdit à la consommation à certaines périodes de l’histoire, le buffle est célébré par plusieurs minorités ethniques. Les Buyi, notamment, lui consacrent un festival au cours duquel l’animal reçoit des offrandes de riz glutineux.

« La force tranquille »

Le buffle est donc un bon signe. S’il n’a pas la vitalité du rat, il est apprécié pour sa constance, sa fiabilité. Est-ce à dire que 2009 sera une année calme ? Peut-être pas sur tous les plans. Mais voici un élément qui, en ces temps de crise, devrait en rassurer quelques-uns : « Sur le plan financier, 2009 sera une bonne année ! » assure Edgar Sung, auteur de Feng Shui et astrologie chinoise, qui se fie à la répétition des cycles dans l’histoire. Avec l’année du buffle, finis les imbroglios banquiers ? Si oui, le départ du rat n’y sera peut-être pas pour rien. Car le rat, écrit Zhang Fang en 2001, est… cupide ! C’est un animal qui « aime faire de petits calculs » et dont l’« ambition excessive est une pierre d’achoppement » ; un animal qui « possède une capacité innée à prévoir le danger, » mais dont « le marchandage excessif peut lui ôter toute faculté de discernement. » Bernard Madoff serait-il de l’année du rat ? À vos calendriers et vos calculettes ! Et le buffle ? Selon Zhang, c’est un être moral qui « ne cherche pas à spéculer sur les circonstances », « n’aime pas s’endetter » et « aime l’investissement stable et à long terme ». En un mot : « Il n’est pas joueur, le risque peut le troubler. » Un conseil, messieurs les banquiers, en cette année 2009, soyez bovins ! 

Christina LIONNET. 

Source : Reuters via Google.fr 

 

Barack Obama mène sa politique à bride abattue 

 

Parlementaires et banques sous pression, ruptures avec l’ère Bush, confiance dans l’expérience des négociateurs… Tout va très vite. 

L’inconvénient de la longue transition institutionnelle aux États-Unis, c’est qu’elle fragilise le pouvoir durant dix semaines. Son avantage, c’est qu’elle permet au nouveau président d’être opérationnel immédiatement. Depuis 48 heures, Barack Obama en donne une illustration éclatante. Il multiplie mesures et annonces sur tous les sujets sensibles, en totale rupture avec George Bush. 

La gauche démocrate est inquiète du positionnement « centriste » de son président ? Obama s’engage à défendre le droit à l’avortement. Il entend rétablir les aides (supprimées par Bush) aux associations qui fournissent services et conseils en matière d’avortement. 

L’homme de la paix en Irlande au Proche-Orient 

Sur le front économique, même accélération. La Chambre des représentants se prononcera mercredi sur son plan de relance de 825 milliards de dollars. Le porte-parole de la Maison-Blanche a fait savoir que les établissements financiers qui bénéficieront de ces mesures seront tenus, sous trente jours, de rendre des comptes sur leur utilisation. L’objectif est d’obtenir l’aval du Congrès, où Obama dispose d’une large majorité, d’ici le 16 février. Il lui a demandé hier de « faire vite »

Économie toujours, mais sur le front financier et monétaire. Timothy Geithner, le secrétaire au Trésor, a lancé une mise en garde à Pékin, « soupçonnant » les dirigeants chinois de manipuler les cours du yuan. Une spéculation monétaire qui, selon Washington, creuse le déficit commercial américain, et pèse ainsi sur l’emploi. 

Mais c’est sur la politique étrangère que la rupture est la plus éclatante. D’un trait de plume, comme le notait hier le Washington Post, Obama vient de mettre fin à la méthode Bush dans la guerre au terrorisme. Fermeture de Guantanamo. Interdiction de la torture dans les manuels destinés aux agents de renseignements (sur le modèle de l’armée). Fermeture des prisons « secrètes » de la CIA à l’étranger. Nomination d’un émissaire chevronné, Richard Holbrooke, sur le dossier Afghanistan/Pakistan. Coup de fil d’Hillary Clinton au président Karzai. Obama n’ignore pas que la situation à Kaboul est « périlleuse », mais il souhaite réactiver tous les canaux diplomatiques. 

Enfin, dossier central, Hillary Clinton a confié à George Mitchell, l’homme de la paix en Irlande du Nord, le dossier israélo-palestinien. Il y travaille depuis l’an 2000. La nouvelle a été saluée hier par l’Autorité palestinienne et les Israéliens. Seul le Hamas parle d’une politique « erronée », Obama ayant sommé les islamistes de reconnaître Israël et cesser les violences. La tutelle du Hamas sur Gaza constitue pour l’heure un obstacle incontournable au dialogue israélo-palestinien. D’où l’approche plus régionale insufflée par Obama depuis deux jours. 

Obama va vite. Tellement vite qu’il n’a pas vraiment eu le temps de faire le tour de la Maison-Blanche, où son entourage le dit « très à l’aise »

Laurent MARCHAND. 

Source : Reuters via Google.fr 

 

 

 

 

Abdou, l’ado de Dakar, malade de la lèpre 

C’est aujourd’hui la journée mondiale des lépreux. On glisse trois pièces dans une tirelire. Au bout, comme là-bas au Sénégal, la vie des enfants sans mains et sans pieds en dépend. 

Les alizés se mouchent dans la ramure des frangipaniers. Les coquillages qui tapissent les allées du jardin crissent sous les pas. Et sous les béquilles des rongés de l’infortune. Ce matin, Charles Badiane emmène toute son équipe pour la visite des malades de l’Institut de léprologie appliquée (Ilad) de l’Ordre de Malte (1).

Malades, pas maudits

À 59 ans, le professeur agrégé de médecine n’a pas baissé la garde. Oui, il est toujours ce praticien doux et intraitable, qui a l’oeil pour repérer un pansement mal fagoté, une suture qui suinte. Il ne tolère pas l’à-peu-près.

Non, on ne plaisante pas avec la lèpre, cette « maladie de la misère, de la promiscuité et de la faim ». Tous les jours, il l’a sous les mains ou au bout de son scalpel. Tous les ans, il accueille ici « entre cinquante et quatre-vingts nouveaux cas. Surtout des enfants. Le plus jeune de nos patients avait cinq ans ».

Cinq ans, c’est bien jeune pour devenir la proie du bacille de Hansen, cette Mycobacterium leprae dont l’origine se perd dans la nuit des temps. Et dont le décodage génétique reste un chantier. Voilà des millénaires que l’infecte bactérie mutile les pauvres gens du monde pauvre. Elle s’insinue dans les corps et s’attaque au système nerveux qu’elle endort. Elle cause lésions et plaies, cancérise les pieds, les mains, puis les yeux. Redoutable fléau : « Il n’y a pas de douleurs et le sujet ne s’en inquiète pas, précise Charles Badiane, ici le premier travail est de convaincre le malade de sa maladie. Qu’il ne s’en sortira pas s’il n’est pas hospitalisé. »

Et puis, le pire dans la lèpre, c’est l’idée que l’on s’en fait : elle traîne dans son sillage l’idée assassine de malédiction. Elle se gave d’ignorance et de stigmatisation. Le lépreux, depuis que le monde est monde, est un pestiféré frappé de solitude. Un misérable.

Pas ici. Pas à l’ILAD où l’on dépiste, où l’on soigne, où l’on guérit. Parce que l’on guérit de la lèpre quand elle est prise à temps. C’est même assez simple : une polychimiothérapie de trois antibiotiques qui donne des résultats en six ou douze mois. Et garrotte la contagion. On administre aussi des corticoïdes pour décongestionner les nerfs car il faut éviter la paralysie de la main, la sciatique de la jambe, l’amputation qui montre du doigt.

« Ça va tout le monde ? » Dans les deux dortoirs de filles et de garçons, le docteur Badiane inspecte les corps et visite l’intérieur de la tête de ses pensionnaires. Il y a là des malades au visage gonflé par les corticoïdes, à la main rendue gourde par la « griffure du lépreux », à la jambe traînante. Ils parlent avec le docteur en wolof, le dialecte sénégalais. Ils savent qu’ils vont vers des jours meilleurs. Qu’ils font partie des 5 % de la population sensibles à la maladie. Qu’ils ne sont pas maudits, simplement malades. Et qu’ils s’en sortiront s’ils écoutent ce médecin habillé de sciences et d’humanité.

Frappé à 14 ans

Pour la plupart des trente malades, la lèpre n’a pas eu le temps de faire son oeuvre. Sauf pour Abbdoulaye Diagne. Lui, « il est gravement mutilé : c’est un échec dont nous ne sommes pas fiers », soupire Charles Badiane. Abdou a été frappé à quatorze ans. Elle a récidivé. S’est à nouveau propagée comme un feu de brousse. A eu raison de sa jambe gauche, de son pied droit, de ses mains et s’attaque à ses yeux. Abdou a été amputé. Le cordonnier de l’Ilad lui confectionne des prothèses. Il pourra se déplacer, manger. Et travailler car une association allemande lui a confié la gestion d’un poulailler.

Lui, contrairement à ses jeunes voisins qui baissent encore la tête, vous regarde dans les yeux. La maladie ne l’a pas éteint. C’est un estropié debout, Abdou. Avec un peu plus de chance, il s’en serait sorti. Ça aurait pu dépendre de nous : aujourd’hui si vous glissez six euros dans la tirelire de la journée des lépreux, vous guérissez un enfant. Le prix de quatre cafés pour tenir sur ses deux jambes. Et revenir parmi nous.

François SIMON
Source : Ouest-France via Google.fr 


(1) L’Ordre de Malte espère recueillir un million d’euros aujourd’hui dans les rues de France. On peut aussi verser par internet sur le site www.ordredemaltefrance.org La fondation Raoul Follereau récolte aussi les dons. Il y a encore 1,5 million de lépreux dans le monde. Mais quatorze millions de malades ont été guéris ces vingt-cinq dernières années. Encore un effort…
 


Algérie : la délinquance au féminin 

Par Malika Belgacem 

 

(Syfia Algérie) Les femmes acquièrent une place croissante dans la société algérienne. Pour le meilleur et parfois aussi pour le pire : de plus en plus d’entre elles sont impliquées dans la délinquance, jusqu’à la grande criminalité. 

Selon des statistiques judiciaires, de janvier à octobre 2008, 644 femmes ont été impliquées dans des affaires pénales pour la région centrale d’Algérie (Alger, Boumerdès et Tizi Ouzou). « Comparativement à l’année 2007, la délinquance féminine est en nette progression », affirme un responsable de la cellule de communication de la Gendarmerie nationale, qui ne souhaite pas être cité. Au cours de l’année précédente, en effet, 531 femmes avaient été arrêtées dans la même zone pour différentes infractions, allant jusqu’au crime.
« Le nombre de délinquantes arrêtées durant les sept dernières années est de 33 551 à l’échelle nationale », ajoute le même responsable, soit 17 % des personnes interpellées. Au-delà du changement quantitatif, cette hausse reflète une autre évolution : des femmes occupent une place croissante au sein de certains réseaux. « La femme n’est plus un outil de crime utilisé par l’homme. Dans plusieurs affaires, elle est la tête pensante », affirme un magistrat du tribunal criminel d’Alger.
Dans les tribunaux, l’évolution est visible. Début décembre 2008, celui de Boumerdès a jugé l’affaire de la voleuse cagoulée. Pendant deux ans, cette femme au corps frêle a dirigé d’une main de fer un réseau de malfaiteurs composé de dix membres, dont deux femmes. Elle a organisé le hold-up de plusieurs commerces, notamment des bijouteries. A son palmarès figurent des vols à main armée, vols par effraction, agressions d’automobilistes… Arrêtée en 2007, elle a été condamnée à 7 ans de réclusion criminelle.

Moins contrôlées
Selon la Gendarmerie, c’est à partir de 2006 que ce phénomène a commencé à prendre des proportions vraiment inquiétantes. « Les femmes ne sont plus dans les modes classiques de la criminalité tels que la prostitution (considérée comme un crime en Algérie, Ndlr) et le vol de bijoux de ses proches. Elles ont investi le domaine du crime organisé », constate un policier. Au cours des dix premiers mois de l’année 2008, les services de sécurité ont arrêté 49 femmes qui faisaient partie d’un réseau de harraga (immigration clandestine). Quarante-six autres ont aussi été arrêtées pour contrebande. Certaines opéraient pour leur propre compte. Souvent, elles s’étaient « spécialisées » dans le créneau des articles vestimentaires et des bijoux. « En général, les femmes sont soumises à des contrôles moins rigoureux et échappent aux fouilles corporelles, affirme la Gendarmerie. Elles en ‘profitent’ pour faire passer notamment de la drogue aux frontières ouest, dissimulée dans leurs sous-vêtements ».
Contrairement à une idée reçue, les délinquantes ou criminelles ne sont pas seulement des illettrées. D’après les résultats d’une enquête publiée en 2007 par la Gendarmerie, 20 % des femmes arrêtées pour un crime ou un délit ont suivi des études universitaires. Nadia, 28 ans, en fait partie. Elle est ingénieur en informatique, diplômée de la prestigieuse Université Houari Boumediene (Bab Ezzouar, Alger). « Par la force des choses, je me suis retrouvée délinquante, confie-t-elle par l’intermédiaire de son avocat. On ne naît pas criminelle, on le devient. Après l’obtention de mon diplôme, j’ai déposé des demandes d’emploi, mais aucune n’a abouti. Je suis issue d’une famille pauvre. Je devais aider aux dépenses de la maison. ». Nadia n’a agressé personne, mais elle a tout de même amassé une petite fortune sur le dos des crédules. Elle se présentait comme infirmière, agent de recensement ou de la Sonelgaz (l’entreprise nationale d’électricité et de gaz), et profitait d’un moment de relâchement chez ses victimes pour leur voler des bijoux ou d’autres objets de valeur.

Société en pleine évolution
Les causes de la criminalité, des hommes comme des femmes, sont multiples, explique sous anonymat un officier de Gendarmerie : « Des parents démissionnaires, l’échec scolaire, la pauvreté… » À propos de la criminalité féminine, Ahmed Remita, sociologue et enseignant à l’Université de Bouzaréah (Alger), ajoute : « L’implication de la femme dans les crimes et délits est le résultat de la transformation d’une société conservatrice à une société moderne, où tout semble permis. Les repères traditionnels, les valeurs, les traditions, les comportements étaient liés à une situation économique donnée, qui a changé. Nous n’avons pas veillé à la mise en place de nouvelles balises sociales. »
En commentant l’étude de 2007, au moment de sa parution, le lieutenant Samir Zouaoui, responsable de la criminalité féminine à la Direction générale de la police algérienne, liait la hausse de la délinquance féminine à « la pauvreté, le vieillissement et la dislocation des liens familiaux ». Zakia Gaouaou, présidente de l’association sociale humanitaire Mounia, insistait de son côté, dans le portail maghrébin d’informations Magharebia.com, sur la « dégradation familiale », c’est-à-dire la façon violente dont les pères, les frères et les maris traitent les femmes.
Quant à l’avocat Khaled Berguel, il affirme que « L’activité criminelle des femmes existe depuis des siècles. Elle était jusqu’alors restée cachée, comme les femmes dans la société. » Mais de toute façon, ancien ou récent, ce phénomène suscite des interrogations dans la société. Et « des politiques de prévention devront y répondre », souhaite un officier de la Gendarmerie nationale. 

 

 

 

Burundi : des villages de paix, au delà des ethnies 

Par Jacques Bukuru 

 

(Syfia Burundi) Ils sont rapatriés ou déplacés, hutus, tutsis ou twas, et vivent tous ensemble dans des villages de paix construits pour eux. Tous démunis, faute de terres à cultiver, ils se serrent les coudes pour survivre. Reportage dans le site de Nkurye, au sud-est du Burundi. 

En ce dimanche de janvier, le ciel est clair, le soleil de plomb. Les habitants de Nkurye, un village au sud-est du Burundi, lézardent devant leurs maisons. Les plus jeunes parlent en petits groupes. Il est 10 h du matin. En y regardant de plus près, peu de ménages sont en train de cuisiner. « Quoi cuire ? », demande un vieillard. Des mamans cueillent quelques feuilles dans de petits jardins jaunis, uniques cultures visibles dans les parages. Un à un, les habitants qui se protégeaient du soleil sortent des maisons et s’attroupent. Chacun tient à raconter son passé douloureux et témoigner de l’adversité présente.
Ces gens ont pour la plupart souffert de l’exil, au Burundi ou à l’extérieur de ce pays. Venus de toutes les régions et appartenant à toutes les ethnies, ils s’entraident face à la dureté du quotidien, comme une revanche sur un passé fait de dissensions entre les communautés. Ils sont installés dans ce village de 200 maisons de 3 pièces, bien alignées, construites pour eux par l’Association pour la paix et le développement avec l’appui du Programme des Nations unies pour le développement. Certes, les maisons sont belles, mais leurs habitants n’ont pas de champs à cultiver. Et la solidarité ne suffit pas à rendre leur existence moins précaire.

Tous ensemble et tous pauvres
Dans ce village, vivent d’anciens rapatriés, surtout de la Tanzanie voisine, soit parce qu’ils n’ont pas retrouvé les terres de leurs parents, vendues par des proches ou redistribuées, soit parce qu’ils ne savent plus d’où était partie leur famille. « J’ai fui le pays en 1993. Au retour, témoigne Jérôme Kagoma, mes parents avaient vendu la propriété familiale avant de mourir. » Leurs voisins sont d’anciens déplacés, des Tutsis, qui ayant perdu leurs terres, refusent d’aller vivre seuls sur leurs collines d’origine. Vivent aussi ici des Twas (Pygmées, la troisième ethnie du Burundi), chassés de chez eux pendant la guerre. Ces groupes, aussi divers soient-ils, redécouvrent ensemble de nouveaux rapports dénués de ressentiment. « Nous sommes tous pauvres ; nous n’avons rien qui puisse nourrir un quelconque conflit », explique le chef adjoint du village.
C’est ainsi que des couples mixtes, hier objets de stigmatisation, font figure d’exemples pour les jeunes. Léonard Masumbuko, 77 ans, un Hutu marié à une Tutsi, en est fier : « En 1993, j’ai fui en Tanzanie avec ma femme. Nous avions 3 enfants. De retour d’exil, nous en avions neuf. Notre harmonie est aussi un modèle pour les Hutus et les Twas qui se confinaient dans leurs ghettos ethniques. » L’esprit d’entraide est si développé que même des vieillards veufs, aux traits marqués par la misère et l’âge, trouvent assistance auprès de certaines femmes.
Grâce à ces villages de paix, dont une vingtaine a été construite l’an dernier à travers tout le pays par le Projet d’appui au rapatriement et à la réintégration des sinistrés (PARESI), le rejet et la méfiance envers l’autre finissent par reculer.

Manque de terres
S’ils expriment leur enthousiasme face à une solidarité qui ne choisit pas d’ethnie, les habitants de Nkurye continuent à vivre dans l’attente de bienfaiteurs : depuis presque un an qu’ils sont installés, ils n’ont reçu que quelques vivres, donnés notamment par le gouvernement par deux fois, une aide insuffisante pour des paysans sans terres à cultiver.
En désespoir de cause, certaines familles ont vendu les tôles de leurs maisons avant de disparaître dans la nature, de peur de se mettre à dos une administration qui réprime durement de tels actes. D’autres cultivent pour les familles des environs et gagnent 600 Fbu (0,5 $) par jour. Les plus hardis vont à plus de 20 km labourer de grandes propriétés en Tanzanie pour gagner plus d’un dollar par jour. « Au retour, explique l’un des rapatriés, nous louons des terrains au Burundi et nous parvenons à faire vivre non seulement nos familles, mais aussi les plus vulnérables du site. »
Selon le directeur du PARESI, Fabien Yamuremye, la moitié seulement des habitants de la vingtaine des villages de paix dispose de terres qui les font vivre. Pour des cultivateurs, c’est pourtant la seule solution durable. 




Une refonte du système multilatéral s’impose selon Zoellick

14102008

 

Une refonte du système multilatéral s’impose selon Zoellick 

 

La crise financière mondiale pourrait complètement changer la donne pour de nombreux pays en développement 

 

D’après le Président du Groupe de la Banque mondiale, Robert B. Zoellick, face à la crise planétaire actuelle, il faut repenser la manière dont le monde s’efforce de résoudre ses problèmes économiques, notamment en transformant la structure du Groupe des Sept pour former un Groupe de coordination donnant des moyens d’agir aux économies qui montent en puissance. 

Se référant aux prochaines élections aux États-Unis, M. Zoellick a déclaré que le nouveau président ne devra pas se limiter «à mener le combat de la stabilisation financière», mais qu’il lui faudra faire face «aux conséquences économiques de la crise». Le prochain occupant de la Maison Blanche, quel qu’il soit, devra collaborer avec d’autres à la modernisation du système multilatéral car il importe que la responsabilité du maintien en bonne santé et du fonctionnement efficace de la nouvelle économie mondiale soit plus largement partagée. 

 «Le G-7 ne fonctionne pas. Nous avons besoin d’un groupe mieux adapté à une ère nouvelle», a expliqué   M. Zoellick dans le discours qu’il a prononcé devant le Peterson Institute for International Economics, à Washington. «Dans le domaine de la coopération financière et économique, nous devrions envisager la création d’un Groupe de coordination qui réunirait l’Afrique du Sud, l’Arabie saoudite, le Brésil, la Chine, l’Inde, le Mexique, la Russie, et les pays actuellement membres du G-7». 

Dans une allocution prononcée préalablement aux Assemblées annuelles du Groupe de la Banque mondiale, M. Zoellick a indiqué que ce Groupe de coordination ne serait pas simplement un nouveau groupe dont le nombre de membres serait définitivement fixé à 14 et qui viendrait remplacer le G-7, car cela reviendrait à créer un nouveau monde en reconstruisant l’ancien. Ce Groupe de coordination évoluerait en fonctions des circonstances et accueillerait les nouvelles puissances tout en offrant une structure qui se prête à des interactions fréquentes en réseau. «Il nous faut un Facebook pour la diplomatie multilatérale dans le domaine économique», a expliqué M. Zoellick. 

M. Zoellick a mis en garde contre les effets de la crise financière en indiquant que : «Les événements du mois de septembre pourraient complètement changer la donne pour de nombreux pays en développement. Une chute des exportations ainsi que des entrées de capitaux provoquera un fléchissement des investissements. Le ralentissement de la croissance et la dégradation des conditions financières, conjuguée à un resserrement monétaire, entraîneront la faillite d’entreprises et créeront peut-être des situations d’urgence dans le secteur bancaire. Pour certains pays, ces dérapages seront les précurseurs de crises de la balance des paiements. Comme c’est toujours le cas, ce sont les plus pauvres qui sont les moins à même de se défendre.» 

Cet ancien diplomate, haut responsable des négociations commerciales et éminent financier, a indiqué qu’il importait de redéfinir le multilatéralisme économique au-delà du cadre traditionnel de la finance et du commerce. L‘énergie, les changements climatiques et la stabilisation d’États fragiles et sortant d’un conflit sont aussi des problèmes économiques qui ne doivent être traités uniquement dans le cadre du dialogue sur la sécurité internationale et sur l’environnement. 

Selon M. Zoellick, le nouveau multilatéralisme doit attacher autant de valeur au développement mondial qu’à la finance internationale, sans quoi l’instabilité continuera de régner dans le monde. Les mécanismes d’aide ne sont pas suffisamment efficaces et doivent permettre de venir en aide beaucoup plus rapidement et efficacement aux plus vulnérables en temps de crise. Une réforme du Groupe de la Banque mondiale est également nécessaire. M. Zoellick a annoncé la création d’un Comité de haut niveau qui sera chargé d’étudier la modernisation des structures de gouvernance du Groupe de la Banque mondiale sous  la direction de l’ex-président du Mexique, Ernesto Zedillo. 

En abordant la question des négociations commerciales multilatérales, M. Zoellick a dit que les négociations de Doha «a échoué» et que les pays doivent donc considérer l’aide à la facilitation du commerce comme un moyen de réduire le coût des échanges. «Les possibilités de réduction du coût  des échanges vont bien au-delà de ce qui peut être fait au niveau des droits ou des barrières commerciales», a-t-il fait valoir. 

À propos des marchés énergétiques mondiaux, M. Zoellick a dit qu’ils sont «en piteux état», et il a appelé les pays producteurs et consommateurs d’énergie à conclure un «marché mondial». Les deux parties devraient se communiquer les plans qu’elles ont établis en vue d’accroître les approvisionnements ; de dégager des gains d’efficacité et de réduire la demande ; de faciliter l’approvisionnement énergétique des pauvres ; et d’analyser leurs implications en ce qui concerne la production de carbone et le changement climatique. 

«Les pays pourraient avoir collectivement intérêt à gérer une fourchette de prix qui concilie les intérêts de tous, pendant la période de transition vers des stratégies de croissance à plus faible intensité de carbone, un portefeuille d’approvisionnements plus diversifié et une sécurité internationale renforcée», a déclaré M. Zoellick. 

M. Zoellick a annoncé que le Groupe de la Banque mondiale a entrepris, en collaboration avec plusieurs bailleurs de fonds, d’élaborer une initiative destinée à mettre l’énergie au service des pauvres pour aider les pays les plus défavorisés à satisfaire leurs besoins énergétiques de manière efficace et durable. 

(source : BM) 




Ingrid Bétancourt libérée

7072008

 

 Après six ans et cinq mois de captivité, Ingrid Bétancourt a été libérée il y a quelques jours. La franco colombienne a donné des explications sur sa libération en compagnie de trois otages étasuniens et onze otages colombiens (des militaires et des policiers). L’armée colombienne aurait infiltré les FARC avant de mener une parfaite opération d’exfiltration. Certains média parlent cependant d’un coup monté : une forte rançon aurait été versée aux FARC contre la libération d’Ingrid Bétancourt. 

Quoi qu’il en soit, la libération d’Ingrid intervient à un moment où les FARC sont affaiblies par la mort de deux de leurs chefs, le premier abattu il y a quelques semaines dans un pays voisin de la Colombie, le second mort de mort naturelle dans la jungle. La libération d’Ingrid met fin à un calvaire qui a duré trop longtemps. Certains des otages libérés avec elle étaient privés de liberté depuis dix ans. La question qui reste posée maintenant c’est de savoir quelles seront les conditions des otages qui restent entre les mains des FARC. Car s’il s’agit réellement d’une opération militaire, il est à craindre que l’étau ne se resserre davantage sur les derniers otages. 

 

Récit de la libération 

A sa descente de l’avion, accompagnée de sa maman, Ingrid Betancourt, les larmes aux yeux, insatiable, a expliqué sa libération dans un langage clair, précis, d’éternelle militante. Avant de s’agenouiller sur le tarmac pour prier.

« Je veux remercier Dieu, d’abord, mais aussi tous ceux qui ont pensé à moi, qui nous ont eu dans leur coeur, qui ont fait que nous étions vivants, à vous tous dans le monde qui nous avez soutenus, à ma patrie, à l’armée colombienne qui a fait de cette opération une opération parfaite. »

L’otage franco-colombienne, la sénatrice Ingrid Betancourt, candidate du parti Vert à l’élection présidentielle en Colombie, qui avait été capturée le 23 février 2002, mais aussi les trois otages Américains et onze militaires colombiens ont été libérés par l’armée colombienne, avait annoncé dès mercredi soir, à Bogota, le ministre colombien de la Défense, Juan Manuel Santos. Ces ex-otages qui se sont posés en avion, jeudi matin vers minuit, heure française, à Bogota.
 » On m’a demandé de préparer nos paquetages. Et puis une heure après, des hélicoptères sont arrivés et on nous a dit qu’on allait tous monter dedans et qu’on allait voir un chef des Farc et qu’ils allaient nous emmener dans un autre endroit pour améliorer nos conditions de captivité. »

« J’avais mon coeur qui battait très fort. C’était des hélicoptères blancs et je me suis dit : Ils vont encore nous faire un cirque, j’en ai marre! On a traversé une rivière, on était encadré par un gardien. On nous a demandé de nous dévêtir, c’était humiliant, et nous étions frustrés car menottés. Les hélicoptères sont arrivés, quelques personnes en sont sorties. Ils disaient que c’étaient des délégués de je ne sais pas quoi, ils avaient des vêtements avec des logos. Je me suis dit « C’est qui, ces gens là? ».

On est monté et il fallait mettre des vestes blanches parce qu’on allait dans un climat froid. Ils ont fermé les portes et quand on a décollé, soudain, quelque chose d’important s’est passé. J’ai vu le commandant des Farc, qui a été tant de fois cruel avec nous. Je l’ai vu au sol, les yeux bandés. Ne croyez pas que j’étais joyeuse. J’ai ressenti de la pitié pour lui.

Le chef de l’opération a alors dit ”Nous sommes l’armée nationale, vous êtes libres!”. L’hélico a failli tomber parce qu’on a tous sauté, on s’est embrassé, on a crié. Si les miracles existent, c’en est un. »

« Aujourd’hui, je pense à tous ceux qui ne reviendront jamais. Je pense à tous ceux qui sont morts dans les mains de la guérilla, des étrangers, des enfants, des femmes enceintes. A tous les kidnappés colombiens : on va les faire sortir de là. Il faut trouver une union nationale pour tous les colombiens pour nous aider à sortir de là. »

« Merci à vous tous, à ma douce France, de m’avoir pris la main, de ne m’avoir jamais laissée tomber, d’avoir toujours cru qu’en luttant pour moi, nous réussirions tous ensemble à faire la différence. Mon coeur est partagé entre la Colombie et la France. Je vous remercie du temps consacré, des prières, des luttes, de la protection et de l’amour donnés à mes enfants. Je rêve d’être en France, je veux remercier le Président Sarkozy, mais aussi Jacques Chirac et mon ami Dominique de Villepin que je porte dans mon coeur, avec sa femme, ils ont été là tout au long de ces années, avec moi, avec ma famille. Je suis à vous, merci la France. »

Selon Olivier Roubi, porte-parole du comité de soutien à Ingrid Betancourt, sur LCI, « les otages n’ont pas été libérés par l’armée colombienne, mais par la réédition de deux commandants des Farc. »

Les Forces armées révolutionnaires de Colombie retenaient 44 otages de premier plan comme monnaie d’échange contre des centaines de militants emprisonnés. Le gouvernement français qui travaille sur cette libération d’Ingrid Betancourt depuis des mois aurait obtenu l’assurance de cette issue heureuse, il y a déjà deux mois.
« On n’attend qu’une seule chose, c’est de serrer notre maman dans nos bras », a confié, depuis l’Elysée mercredi soir, la fille d’Ingrid Betancourt, Mélanie.

« C’est juste le meilleur moment de ma vie, je n’arrive pas y croire », a indiqué pour sa part, Lorenzo Delloye, le fils d’Ingrid Betancourt. Tandis que sa soeur, Astrid, confiait au bord des larmes, « Je veux embrasser tout le monde de tout mon coeur. »
Quelques minutes plus tard, toute la famille d’Ingrid Betancourt prenait un avion privé afin de rejoindre la mère d’Ingrid Betancourt déjà sur place, à Bogota, et Ingrid Betancourt elle-même. Pour des retrouvailles, sept ans après…

DA

 




INGRID BETANCOURT LIBEREE

7072008

Après six ans et cinq mois de captivité, Ingrid Bétancourt a été libérée il y a quelques jours. La franco colombienne a donné des explications sur sa libération en compagnie de trois otages étasuniens et onze otages colombiens (des militaires et des policiers). L’armée colombienne aurait infiltré les FARC avant de mener une parfaite opération d’exfiltration. Certains média parlent cependant d’un coup monté : une forte rançon aurait été versée aux FARC contre la libération d’Ingrid Bétancourt.
Quoi qu’il en soit, la libération d’Ingrid intervient à un moment où les FARC sont affaiblies par la mort de deux de leurs chefs, le premier abattu il y a quelques semaines dans un pays voisin de la Colombie, le second mort de mort naturelle dans la jungle. La libération d’Ingrid met fin à un calvaire qui a duré trop longtemps. Certains des otages libérés avec elle étaient privés de liberté depuis dix ans. La question qui reste posée maintenant c’est de savoir quelles seront les conditions des otages qui restent entre les mains des FARC. Car s’il s’agit réellement d’une opération militaire, il est à craindre que l’étau ne se resserre davantage sur les derniers otages.

Récit de la libération
A sa descente de l’avion, accompagnée de sa maman, Ingrid Betancourt, les larmes aux yeux, insatiable, a expliqué sa libération dans un langage clair, précis, d’éternelle militante. Avant de s’agenouiller sur le tarmac pour prier.
« Je veux remercier Dieu, d’abord, mais aussi tous ceux qui ont pensé à moi, qui nous ont eu dans leur coeur, qui ont fait que nous étions vivants, à vous tous dans le monde qui nous avez soutenus, à ma patrie, à l’armée colombienne qui a fait de cette opération une opération parfaite. »
L’otage franco-colombienne, la sénatrice Ingrid Betancourt, candidate du parti Vert à l’élection présidentielle en Colombie, qui avait été capturée le 23 février 2002, mais aussi les trois otages Américains et onze militaires colombiens ont été libérés par l’armée colombienne, avait annoncé dès mercredi soir, à Bogota, le ministre colombien de la Défense, Juan Manuel Santos. Ces ex-otages qui se sont posés en avion, jeudi matin vers minuit, heure française, à Bogota.
 » On m’a demandé de préparer nos paquetages. Et puis une heure après, des hélicoptères sont arrivés et on nous a dit qu’on allait tous monter dedans et qu’on allait voir un chef des Farc et qu’ils allaient nous emmener dans un autre endroit pour améliorer nos conditions de captivité. »
« J’avais mon coeur qui battait très fort. C’était des hélicoptères blancs et je me suis dit : Ils vont encore nous faire un cirque, j’en ai marre! On a traversé une rivière, on était encadré par un gardien. On nous a demandé de nous dévêtir, c’était humiliant, et nous étions frustrés car menottés. Les hélicoptères sont arrivés, quelques personnes en sont sorties. Ils disaient que c’étaient des délégués de je ne sais pas quoi, ils avaient des vêtements avec des logos. Je me suis dit « C’est qui, ces gens là? ».
On est monté et il fallait mettre des vestes blanches parce qu’on allait dans un climat froid. Ils ont fermé les portes et quand on a décollé, soudain, quelque chose d’important s’est passé. J’ai vu le commandant des Farc, qui a été tant de fois cruel avec nous. Je l’ai vu au sol, les yeux bandés. Ne croyez pas que j’étais joyeuse. J’ai ressenti de la pitié pour lui.
Le chef de l’opération a alors dit ”Nous sommes l’armée nationale, vous êtes libres!”. L’hélico a failli tomber parce qu’on a tous sauté, on s’est embrassé, on a crié. Si les miracles existent, c’en est un. »
« Aujourd’hui, je pense à tous ceux qui ne reviendront jamais. Je pense à tous ceux qui sont morts dans les mains de la guérilla, des étrangers, des enfants, des femmes enceintes. A tous les kidnappés colombiens : on va les faire sortir de là. Il faut trouver une union nationale pour tous les colombiens pour nous aider à sortir de là. »
« Merci à vous tous, à ma douce France, de m’avoir pris la main, de ne m’avoir jamais laissée tomber, d’avoir toujours cru qu’en luttant pour moi, nous réussirions tous ensemble à faire la différence. Mon coeur est partagé entre la Colombie et la France. Je vous remercie du temps consacré, des prières, des luttes, de la protection et de l’amour donnés à mes enfants. Je rêve d’être en France, je veux remercier le Président Sarkozy, mais aussi Jacques Chirac et mon ami Dominique de Villepin que je porte dans mon coeur, avec sa femme, ils ont été là tout au long de ces années, avec moi, avec ma famille. Je suis à vous, merci la France. »
Selon Olivier Roubi, porte-parole du comité de soutien à Ingrid Betancourt, sur LCI, « les otages n’ont pas été libérés par l’armée colombienne, mais par la réédition de deux commandants des Farc. »
Les Forces armées révolutionnaires de Colombie retenaient 44 otages de premier plan comme monnaie d’échange contre des centaines de militants emprisonnés. Le gouvernement français qui travaille sur cette libération d’Ingrid Betancourt depuis des mois aurait obtenu l’assurance de cette issue heureuse, il y a déjà deux mois.
« On n’attend qu’une seule chose, c’est de serrer notre maman dans nos bras », a confié, depuis l’Elysée mercredi soir, la fille d’Ingrid Betancourt, Mélanie.
« C’est juste le meilleur moment de ma vie, je n’arrive pas y croire », a indiqué pour sa part, Lorenzo Delloye, le fils d’Ingrid Betancourt. Tandis que sa soeur, Astrid, confiait au bord des larmes, « Je veux embrasser tout le monde de tout mon coeur. »
Quelques minutes plus tard, toute la famille d’Ingrid Betancourt prenait un avion privé afin de rejoindre la mère d’Ingrid Betancourt déjà sur place, à Bogota, et Ingrid Betancourt elle-même. Pour des retrouvailles, sept ans après…

DA




Veltroni ou Berlusconi?

14042008

Veltroni ou Berlusconi?

L’Italie est en campagne électorale pour renouveler son parlement et son premier ministre. Deux candidats se disputent le poste tant convoité, Walter Vetroni, 52 ans, ancien maire de Rome, étiquetté à gauche puis, Sir Silvio Berlusconi, 71 ans, que nous connaissons bien pour avoir été déjà deux fois premier ministre. Il est l’homme de la droite libéral, populiste et compte parmi les dix plus grandes fortunes de la péninsule. Pour une fois, la gauche n’a pas fait alliance avec l’extrême gauche car Veltroni pense pouvoir gagner au centre et que de toute façon les anti libéraux ne voteront au grand jamais pour Berlusconi. Les derniers sondages (il y a dix jours) donnaient six points d’avance à Berlusconi. Pourquoi les Italiens aiment tellement l’ancien cavaliere, si gaffeur et si peu efficace durant les longues années passées au pouvoir? Premièrement car il a changé de style, il devient moins démagogique. Il ne cache pas que la crise économique italienne est profonde, les prévisions font état d’une quasi stagnation en 2008: 0,3% d’après le FMI! Puis Prodi a eu, entre 2006 et 2008, une gestion des affaires absolument pas efficace (l’obstruction parlementaire n’a pas aidé) , cela contribue à gonfler le score de l’opposition quelque soit le candidat.
Le chômage est en hausse, les déficits importants et la corruption est endémique surtout au sud. Quant l’Allemagne a tout fait pour développer l’est après 1989 en investissant de façon massive (cela a coûté des points de croissance et des dixaine de milliards d’euros par an depuis), l’Italie ne faisait pas ce rééquilibrage économique géographique nécessaire. Tous les gouvernements de droite comme de gauche se sont révélés impuissants face à cette gangrène de la mafia, qui pollue ce sud si pauvre. De plus, la Ligue du Nord du leader d’extrême droite Umberto Bossi, ne veut pas de ce rééquilibrage nord-sud. Il est crédité d’un un score d’au moins 7% à ces élections législatives. Quand on a, on ne partage pas avec ceux qui n’ont pas. Non mais, faut pas pousser!
La campagne actuelle est morne, la dernière élection de 2006 où Romano Prodi l’avait emporté face à Berlusconi de quelques dixaines de milliers de voix seulement, a contribué à saigné les compagnies qui payaient pour les candidats. Il y a donc cette fois ci, moins d’affiches, moins de spots, moins de manifestations.
Les deux ans de gouvernement Prodi n’ont pas apporté les réponses auxquelles pouvaient s’attendre les Italiens. Ils sont las de l’instabilité politique du pays et de l’inertie des differents chefs de parti. La nouvelle présidente de la Confindustria (Medef Italien) Emma Marcegaglia déclarait dans une interview au Fiagaro daté du 9 avril qu’elle n’avait pas de modèle particulier hormi l’Allemagne. On la comprend mais cela semble être un voeux pieux, tellement les entreprises italiennes sont dans beaucoup de domaines en retard technologique et mal positionnées sur les marchés.
Cette nouvelle election ne marquant pas un renouveau profond des discours politiques, les Italiens, sauf surprise ne se rendront pas en masse aux urnues. La politique y est complètement discréditée. Triste Italie. 

Source :http://www.uneformedegeopolitiqueouverte.blogspot.com/




Les milliardaires au sommet des pouvoirs africains

23032008

21 mars 2008 : Les milliardaires au sommet des pouvoirs africains

La brigade financière française relayée par France Télévision a révélé une liste des biens immobiliers et mobiliers appartenant à certaines chefs d’Etats africains ; une liste sûrement non exhaustive des investissements qui profitent d’abords aux proches des chefs d’Etats, aux pays de destination ou d’accueil au détriment des populations africaines dont les pays affichent des taux de croissance économique positif et dont les retombés bénéficient toujours aux puissances protectrices et aux multinationales étrangères.

Certains chefs d’Etats africains continuent d’avoir le culot d’étaler leurs richesses au grand jour sans le moindre remords ni pitié pour leurs peuples qui ne cessent de compter les jours difficiles sans emplois ni perspectives de s’en sortir du jour au lendemain.

France Télévision a eu la chance de tomber sur une enquête de la brigade financière française sur les biens des chefs d’Etats africains en France. Deux présidents africains respectés y sont épinglés : Omar Bongo du Gabon et Dénis Sassou Nguesso de la République du Congo.

Le premier est au pouvoir pendant plus de trois décennies et se targue depuis, de figurer parmi les chefs d’Etats qui ont plus ou moins modernisé leurs pays, aidé par la manne pétrolière que dispose son pays. Avec un salaire mensuel de 15 000 euros par mois, il possède de 33 propriétés en France, évaluées à au moins 19 millions d’euros l’unité.

Les milliardaires au sommet des pouvoirs africains dans Actualités Omar_Bongo301107200Des maisons reparties de Paris jusque dans le Midi de la France. Une voisine interrogée par la presse française a eu de la peine à témoigner et révéler que son voisin est M. Bongo, Omar Bongo. Elle n’a confirmé qu’au bout des lèvres que le locataire ne vient maintenant que rarement et que cela fait plus d’une année qu’elle n’a pas vu son voisin président. Des affaires sensibles que même les voisins n’osent pas dévoiler au public, étrangers fussent-ils.

Une de ses résidences du 16e arrondissement de Paris fut visitée par la télévision ; à la grande surprise, un homme noir, sûrement un de ses proches, fut très agacé de se retrouver en face de la caméra et peut-être a-t-il peur que les Gabonais, dont 70 % vivent sous le seuil de la pauvreté, le voient et s’indignent de leur « vieux président ». Mais le président Omar Bongo n’a rien à craindre : il reste et restera pendant longtemps le protégé de la France via les multinationales pétrolière qui bénéficient des richesses que ce président leur a offertes.

Ce chef d’Etat dirige son pays comme un chef coutumier sans opposition crédible et a sous son autorité toute la classe politique et la majorité de la société civile parmi lesquels plusieurs intellectuels qui relativisent toujours la mauvaise gestion du pouvoir en place surtout que les pays voisins n’ont aucune leçon à donner aux Gabonais. Sauf imprévu, ce président, restera toujours à la tête de l’Etat tant que la santé lui permettra de gérer tous ceux qui l’entourent et aussi longtemps que la France lui assure son soutien.

Denis_Sassou_NGuesso2806072 dans MondeVient ensuite, Dénis Sassou Nguesso. France Télévision parle de 18 biens immobiliers que dispose cet ancien militaire qui a retrouvé son fauteuil présidentiel grâce toujours aux multinationales pétrolière après avoir été chassé du pouvoir par la voie des urnes.

Cet éternel jeune homme que l’âge n’affecte jamais, est passé, selon France Télévision, maître dans la collection des voitures de luxe dignes des stars hollywoodiennes : des Mercedes, des Ferrari, une Bugatti appartenant à son épouse, peut-être, vraisemblablement, belle-mère du président gabonais ; cette Bugatti vaut un million d’euros ; des voitures de luxes dont les prix moyens varient entre 250 et 400 000 euros, de quoi nourrir et soigner des milliers de Congolais qui attendent depuis plus de vingt ans, désespérément, l’amélioration de leurs conditions de vie.

D’ailleurs, l’augmentation des cours de pétrole sur le marché mondial, ne fera qu’enrichir la collection de parc automobile de luxe de leur président.

Toute chose restant égale par ailleurs, les autres pays africains ne sont pas en reste. Bien que les médias ne soient pas tombés sur leurs biens, il est évident qu’ils ne font pas exception à leurs deux homologues gabonais et congolais dévoilés au grand jour. Le système extraverti des pouvoirs en place et la faiblesse des institutions des pays africains offrent les tentations à beaucoup de chefs d’Etats de garder de côté quelques fonds, pour assurer leur avenir. Ces maigres fonds, selon eux, constituent, dans la plupart des cas, des sommes colossales comparées aux trains de vie de leur population.
 
Des président au pouvoir depuis des décennies notamment Biya du Cameroun, Idriss Deby du Tchad, Lansana Konté de Guinée, à Mugabe du Zimbabwe, pour lesquels il est difficile de compter les richesses amassées depuis qu’ils sont aux commandes de leur pay, pensent pouvoir assurer leur avenir avec les fonds tirés des ressources publiques. Disposant du bois, de l’or et détournant les fonds publics avec la complicité des multinationales, ils disposent des richesses, domiciliées sûrement, dans les pays, considérés comme paradis fiscaux. Ensuite, les jeunes présidents aussi n’en restent pas moins à l’écart.

Malgré les élections qui les ont mis au pouvoir, ils ne sont pas sûrs de tenir longtemps. Fragilisés souvent par leurs entourages mus par le pouvoir plutôt que par l’esprit de construire le pays, ces dirigeants se retrouvent confrontés aux défis de satisfaire les attentes de leur population diamétralement opposées aux intérêts de leurs proches. Le président Joseph Kabila de la RD Congo, en est la parfaite illustration.

Nouvellement élu et confronté au grand défi de surmonter plus de quarante ans de mauvaise gestion de ses prédécesseurs, la population n’attend que les réalisations de cinq grands chantiers qui vont transformer, dit-on, le quotidien des Congolais. Mais rien n’arrive. Les fameux chantiers sont devenus comme de la propagande, un véritable somnifère qui endort les Congolais. Des rumeurs, arme politique utilisée par ses détracteurs, ne peuvent que le pousser à se prémunir au cas où.

A la tête d’un « pays-argent » où le diamant, l’or, le cuivre et le bois tournent à plein régime et où la population ne voit que de la fumée, se servir constitue une ultime priorité pour l’ensemble du pouvoir en place. Et quoi de plus rationnel que de placer les fonds détournés dans les endroits les plus sûrs, notamment en Afrique du Sud, Chine, Inde, Amérique latine, paradis fiscaux où la presse est de moins en moins curieuse…

Et malgré une forte croissance de l’économie africaine de plus de 4 % depuis cinq ans, les retombées de cette manne ne font que profiter aux puissances protectrices de ces chefs d’Etats, aux multinationales, aux politiciens-parasites et aux débrouillards. Les autres, s’ils sont toujours en vie, ne feront qu’attendre les réalisations des chantiers, grands comme leurs dirigeants ne cessent de le leur annoncer.

Note: Info souce : Camer.be (Belgique) via cridem




8022008

08 février 2008 : Portrait de Bernard Kouchner, Ministre des affaires étrangères français en visite officielle en Mauritanie

Né à Avignon le 01 novembre 1939, Médecin comme son père, Bernard Kouchner part au Nigeria en mai 1967, peu après la fin de ses études. Il y assure la permanence de la Croix-Rouge et du Secours médical français lors de la guerre du Biafra. Témoins malgré eux des massacres des populations, les médecins sont priés de ne transmettre aucune information. Devant de telles atrocités, le silence est insoutenable. Bernard Kouchner entre alors dans la vie médiatique et les affaires publiques.

En 1971, il participe à la création de Médecins Sans Frontières, mais quitte l’association en 1979 pour cause de désaccords ; Médecins du Monde voit le jour l’année suivante. Fort d’une image très positive sur le plan médiatique, Bernard Kouchner est attiré par la politique, d’abord humanitaire puis nationale.

De 1988 à 1992, il est secrétaire d’Etat à la santé, puis il devient ministre de la Santé l’année suivante. Elu sur la liste européenne de Michel Rocard en 1995, le ‘french doctor’ reste en politique. A partir de 1998, entre politique et missions humanitaires, Bernard Kouchner est nommé haut commissaire chargé de l’administration civile par l’ONU, et part au Kosovo de 1999 à 2001.

A son retour, en tête des sondages d’opinion, il se relance en politique au sein du Parti socialiste. En décembre 2006, il fait partie de l’équipe socialiste de Ségolène Royal, candidate à l’élection présidentielle de 2007. Le 18 mai 2007, suite à l’investiture présidentielle de Nicolas Sarkozy, Bernard Kouchner accède aux fonctions de ministre des Affaires étrangères au sein du gouvernement de François Fillon. Il est le ministre socialiste du nouveau président de la République UMP.

Ses ouvrages :

Il a publié divers ouvrages dont Dieu et les hommes, en collaboration avec l’abbé Pierre,

fondateur des communautés « Emmaüs ainsi que Les guerriers de la paix » et « Deux ou trois

choses que je sais de nous« 

Fonctions politiques [Fonctions parlementaires]

• 1994 – 1997 : député européen

Fonctions gouvernementales

• Ministre :

• du 4 avril 1992 au 30 mars 1993 : ministre de la Santé et de l’Action humanitaire du gouvernement Pierre Bérégovoy

• depuis le 18 mai 2007 : ministre des Affaires étrangères et européennes du gouvernement François Fillon

• Ministre délégué :

• du 6 février 2001 au 7 mai 2002 : ministre délégué auprès du ministre de l’Emploi et

de la Solidarité, chargé de la Santé du gouvernement Lionel Jospin

• Secrétaire d’État :

• du 13 mai au 28 juin 1988 : Secrétaire d’État auprès du ministre des Affaires sociales

et de l’Emploi, chargé de l’Insertion sociale du gouvernement Michel Rocard

• du 28 juin 1988 au 17 mai 1991 : secrétaire d’État auprès du Premier ministre chargé

de l’Action humanitaire du gouvernement Michel Rocard

• du 17 mai 1991 au 4 avril 1992 : Secrétaire d’État auprès du ministre d’État, ministre

des Affaires étrangères, chargé de l’Action humanitaire du gouvernement Édith

Cresson

• du 4 juin 1997 au 28 juillet 1999 : Secrétaire d’État auprès du ministre de l’Emploi et

de la Solidarité, chargé de la Santé du gouvernement Lionel Jospin

Autres fonctions exécutives

• Représentant spécial du secrétaire général des Nations unies au Kosovo et chef de la

Mission d’administration intérimaire des Nations unies au Kosovo (MINUK) de juillet 1999 à janvier 2001.

• Représentant de l’Union européenne au sein du Groupe international indépendant d’éminents experts (GIIEE) chargé de surveiller au Sri Lanka la commission d’enquête présidentielle sur les violations des Droits de l’homme commis depuis août 2005.

Informations complémentaires

Popularité et critiques

• Bernard Kouchner est régulièrement cité depuis les années 2000 dans les sondages d’opinion comme une des personnalités publiques (a fortiori politiques) les plus populaires des Français], ce qui est souvent expliqué par sa présence médiatique, ses engagements humanitaires suscitant une large adhésion, ainsi que par son éloignement des combats « politiciens » (luttes d’appareil, désaccord systématique avec le camp adverse).

Divers

• Pour l’anecdote, Bernard Kouchner, sous le pseudonyme de Bernard Gridaine, est aussi le créateur de la série française Médecins de nuit. Il y fait même une apparition dans le rôle d’un garçon de café.

Note: Info source : Irabiha Mint Abdel Wedoud via cridem.org




Beauté venue des airs

3082007

Un oiseau sorcier s’est transformé en être humain le 30 juillet dernier à Vogan, ville situeé à environ 45 km au nord-est de Lomé, a rapporté mercredi l’hebdomadaire « Tingo Tingo ». « Lundi 30 juillet aux environ de 20 heures dans le quartier Amoindji à Vogan. Pendant qu’une vendeuse de pâte fermentée (communément appelée Kom) apprêtait ses accessoires, un oiseau tombe devant elle, cet oiseau se transforme en une jolie femme », raconte Tingo Tingo, un journal réputé pour ses faits divers aussi originaux qu’inattendus.
Tingo Tingo n’a pas manqué de rapporter les propos de la joile créarture :  « Ne regardez pas mon visage avec la lumière. Je suis une triplée et je suis à la recherche de mes deux autres soeurs qui sont à Lomé et je me suis trompée de chemin », a déclaré cette « jolie femme », selon Tingo Tingo.
Ce n’est pas la première fois que de tels faits de sorcellerie sont rapportés par des journaux au Togo

Source : http://www.republicoftogo.com/central.php?o=1&s=340&d=3&i=851

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Source :







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