Noureddine , brigadier du GGSR applique-t-il la réglementation ?

31122013

20130908_170434Par Mohamed Fouad Barrada

 

Le dimanche 29 décembre 2013, environ 17 heures, au moment où j’étais au ralenti, un agent de la sécurité routière m’arrêta brusquement, juste à côte du carrefour BMD. Il me demanda de lui transmettre mon permis de conduire. Motifs : une verbalisation me sanctionnant. Je me suis rendu à l’évidence que je viens de commettre la bêtise et l’inattention de conduire en communiquant par téléphone en négligeant même l’autorité de notre fameux agent qui était furieux de cette action intolérable. « Le droit, c’est le droit et personne n’est au dessus de la loi », réagit-il avec une arrogance inouïe. Aussitôt, j’ai remis mon permis et je me suis plié en conséquence à l’exigence de payer l’amende auprès du trésor public. Pourtant, j’étais la seule personne parmi les passants motorisés qui portait une ceinture de sécurité et il est clair qu’il est également et légalement strictement interdit de conduire sans porter cette fameuse ceinture. Il s’agit là d’une partialité incontestable de l’applicabilité de textes qui semblent, dans cette circonstance, démesurés. Le pénalisant, face à cette réalité causante et causée, et par son acte de traitement disproportionné, a tout simplement outrepassé des prérogatives. Serait-il sanctionné ? Je m’en doute fort ! Autres partialités beaucoup plus graves : des membres du corps militaire ou paramilitaire ne sont point soumis à la « réglementation routière ». Leurs pièces (cartes crises, permis de conduire, etc.), ne sont aucunement indispensables, pourvu qu’ils brandissent leurs cartes professionnelles, avec celles-ci le droit de faire le taxi, brûler les feux de signalisation et autres interdits sont souvent amnistiés. Je rebondis, par ailleurs, volontairement, une fois de plus, sur une ancienne chronique d’un journal local. Pas si ancienne que cela. Elle date du 4/12/2007. Et elle est toujours d’actualité. Il y est question d’un accident endeuillant des familles d’Arafat. Je rends hommage aux enfants de ces familles. C’était à l’heure de la sortie de l’école, précisément au moment où la circulation routière devient insupportable, au moment où tous les chauffeurs s’empressent pour avoir des clients, au moment où … ; « Quatre enfants tentaient de traverser la voie ; une voiture s’arrête, le chauffeur leur fit signe de passer. Se tenant par les mains, ils traversent en courant ; mais un autre véhicule qui suivait le premier, au lieu de s’arrêter, contourna et doubla l’autre par la droite. A l’ instant où les enfants passaient. Choc terrible. Quatre victimes ; toutes mortes. Il y a deux jours, j’ai aperçu ce même individu au volant d’une autre voiture. Apparemment sans soucis. Et toujours aussi pressé et moins respectueux du code de la route. Comment se fait-il…!? ». Chez nous, certains compatriotes en écoutant le saint coran, dans leurs véhicules, empruntent les sens interdits, comme si le coran n’incite pas à l’organisation. D’autres doublent à droite sans être inquiétés. Quant au code de la route, c’est le cadet de leurs soucis. Certes, l’intransigeance demeure une nécessité organisationnelle en matière de respect des lois en vigueur, néanmoins, les agents du Groupement Général pour la sécurité des Routes (GGSR) sont dans l’obligation de comprendre la loi et son esprit, et cela en respectant sans favoritisme, bien sûr, et le droit, et le citoyen. Telle obligation leur permet-elle alors le qualificatif mérité d’hommes d’ordre ?

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Une réflexion sur la cohésion sociale à travers l’approche communautaire de l’AMM

19042013

 

Par Mohamed Fouad Barrada

Conseiller du Président de l’AMM chargé de la Coopération et de la Communication et enseignant- chercheur

 

La Mauritanie est considérée comme étant un lieu de convergence de divers courants de civilisations résultant historiquement, notamment, des empires du Mali, du Ghana, des Almoravides, etc. Cet héritage historique a  contribué à l’interaction des modes de vie et à « un vouloir vivre ensemble » des communautés aux identités culturelles plurielles.

Plus récemment, l’exode rural a favorisé l’émergence de grands ensembles culturels dans les zones urbaines (comme la ville de Nouakchott qui regroupe selon les estimations le tiers de la population) dans lesquelles l’interdépendance centre-périphérie représente une nouvelle clé de lecture du brassage culturel qui caractérise aujourd’hui la société mauritanienne.

Cependant, les rapports entre les ensembles sociaux du centre et de la périphérie, malgré une part de communauté d’intérêts, demeurent, dans une certaine mesure,  caractérisés par  des tensions intercommunautaires accentuées bien sûr par l’instrumentalisation par la culture sous toutes ses formes (langues nationales, langue d’Etat ; etc.). C’est ainsi que sous la pression de la pauvreté, la conditionnalité économique relègue la culture au second plan. Faut-il alors développer une approche communautaire de la diversité culturelle pour préserver l’apport distinct de chaque groupe social et encourager les démarches novatrices  et culturellement appropriées  aux aspirations et aux perspectives propres à chaque ensemble ?

Il apparait clairement, et c’est la thèse que nous soutenons ici, que la cohésion sociale « ne peut s’incarner » dans l’originalité comme « source d’innovation et de créativité » qu’à travers la reconnaissance de  l’identité culturelle de chaque communauté mauritanienne et dans le cadre d’une approche démocratique. En effet, la démocratie communautaire est une notion constituant un socle nécessaire au dépassement du blocage politique de chez nous. Celui-ci n’était qu’une manifestation d’une réalité amère alimentée par une pauvreté pouvant remettre en cause le fondement de la stabilité sociale de notre République. Il avait comme source un fonctionnement communautaire négativement exploitée et intégrant difficilement les principes d’une liberté responsable permettant de reconnaitre la dignité, la fraternité. Cette démocratie doit être un héritage basé sur l’expérience de notre passé et le mode organisationnel des instances et institutions démocratiques. D’où la question  de l’intérêt communautaire.

I-             La notion de l’intérêt commun

Qu’adviendra-t-il  si chaque communauté se replie  sur elle–même ?  Qu’est  ce qu’alors  une communauté ?

«  L’habitude et le langage scientifique courant, mais encore imprécis, veulent que l’on désigne cette forme de vie – au sens le plus large du terme – à partir du vocable famille : communauté de familles, communauté familiale. Ou, toujours en référence à la famille : famille étendue, joint family.  Ou, en référence à l’une des formes de la communauté seulement à l’une des formes -, Hauskommunion (« communion »domestique). Comme si la seule famille type était la famille conjugale, qui, unie à l’autre de même diamètre et de même nature, formerait, par extension verticale et horizontale, une communauté familiale ».(Encyclopaedia Universalis 2004).

Si par nature,  c’est la préservation de la domination d’une majorité ou d’une minorité qui compte pour certains,  pour la diversité culturelle, en revanche, c’est l’acceptation de l’autre qui prime, avec la spécificité propre de sa communauté. Mais cette unicité ne peut exister que si les individus s’inscrivent dans une histoire communautaire, dans une  suite ordonnée  de filiales et nomination qui les décrivent : qui sommes- nous  par rapport aux autres, d’où venons– nous, qui  avant nous[1].

On présentera contrairement donc à la tradition, dans cette réflexion, la communauté au sens large du terme d’une part et de l’intercommunalité au sens spécifique à travers une transposition sur le cas mauritanien. Il s’agit ici d’orienter la réflexion sur un groupe social ou une communauté de quartier ou des collectivités territoriales partageant un intérêt commun.

C’est ainsi que la question de la valorisation de l’intérêt commun se pose  avec acuité, d’où la recherche des formes organisationnelles les plus adaptées pour une meilleure cohésion sociale dans des espaces parfois regroupant plusieurs cultures différentes ayant souvent chez nous un unique dénominateur commun, c’est celui de l’islam.

I-                   La problématique du but organisationnel  des structures faitières

La question du but organisationnel des   instances  faitières  du pays ou ailleurs   et son interaction avec l’organisation sociétale en communauté s’impose-t-il alors ? Et si l’on suppose qu’ « il y a bien un but », peut-on admettre « qu’il n’existe aucun chemin qui y mène ».Franz Kafka nous fait savoir qu’aucune route ne devait être la bonne. Néanmoins, on est tenté de penser que Kafka avait tort. En effet, la problématique du but organisationnel reste encore non tranchée.

En principe la difficulté consiste à déterminer  si les organisations ont des buts ou si cela concerne seulement leurs membres. Certes, les individus peuvent se ressembler au sein de la même organisation, parce qu’ils partagent le même but, mais il se peut que chacun des membres incarne une vision différente, ce qui rend le processus d’élaboration d’un but commun plus complexe. Donc «  le but des organisations (politiques ou associatives) serait-il d’assurer  le bien-être de la population ou, les intérêts de certains groupes d’influences communautaires ? ». Et comment peut-on évaluer un tel but ?

Ceci nous renvoie à une détermination  pure et nette de la vraie définition du but. Dans un cadre « logique », définir un but amène à se demander le pourquoi de l’existence de l’ensemble organisé et déterminé, ensuite les facteurs clé de sa réussite afin d’élaborer un plan d’action basé sur des critères d’évaluation bien précis. Ne s’agit-il pas d’essayer de formuler des objectifs qui collent, avec cette prétendue notion de bien-être des adhérents, lesquels ont une vision culturelle différente?

Le concept des adhérents hétérogènes culturellement demeure, en ce sens, essentiel pour la détermination de la mission des organisations opérant dans le domaine politique ou associatif.

Pour que ces organisations soient efficaces, il faut impérativement cibler une approche à la fois participative et communautaire de la prise de décision. Celle-ci consiste à impliquer, de plus en plus, les adhérents dans les activités de l’organisation et pour qu’ils soient impliqués, ils doivent eux-mêmes sentir le besoin d’appartenir à l’ensemble organisé. D’où  l’intégration d’une dimension anarchique de l’organisation de la base partisane ou associative.

L’anarchie consiste, à cet égard, à faire participer à la prise de décision un ensemble des parties prenantes issues des cultures différentes et ayant un dénominateur commun telle qu’une communauté .Dans cette perspective « le quartier est une bonne illustration de l’anarchie décisionnelle. Il faut, dans cette lancée, subdiviser les quartiers en sous-systèmes de 50 maisons pour mieux maîtriser le besoin quotidien de la population ».En suivant cet ordre, la base sera en mesure de tenir compte des problèmes de l’organisation  la plus minuscule, qui permet de bien cibler les objectifs des petits groupes et d’entreprendre les actions nécessaires pour les atteindre. Pour ce faire les sous–groupes devraient avoir l’aptitude d’élire les policiers, les pompiers etc.  Les pouvoirs publics  et les  bailleurs de fonds doivent être considérés, ici comme étant des parties prenantes .Ils peuvent financer les projets du sous-groupe, assister à la réunion, participer à la prise de décision et laisser les personnes les plus proches de la base prendre en charge la gestion de la petite cité.

Par ailleurs, si l’on se borne à penser que le but d’une telle organisation se limite à répondre à des préoccupations décisionnelles au niveau hiérarchique, l’évaluation de l’action de l’ensemble organisé va être difficile. Par conséquent, nous pouvons confirmer que les organisations à but non lucratif, appartiennent au système qu’imposent certaines règles en fonction d’un but qui n’est pas forcément  partagé par l’ensemble des intervenants politiques  ou associatifs. Mais, il doit y avoir quelque chose  au fond de la base organisée ; et cela d’une manière spontanée, qui la pousse à être émancipée : s’agit-il d’une diversité culturelle se basant sur une approche communautaire valorisant les comités des quartiers ?

 

I-Diversité culturelle, Communauté et Cohésion Sociale

La Mauritanie, dont les habitants sont des musulmans sunnites, est considérée comme étant un lieu de convergence de divers courants de civilisations, notamment les empires (de Ghana,  du Mali, des Almoravides, etc.)[2].

Les conditions naturelles notamment l’exode rural ont favorisé l’émergence de grands ensembles culturels dans ses zones urbaines, cas de Nouakchott qui regroupe selon les estimations le tiers de la population. Là encore, la dichotomie centre-périphérie représente une nouvelle clé de lecture.

On peut opposer, dans cette perspective, deux dimensions de la ville la plus peuplée du pays : d’une part, Nouakchott des périphéries, et d’autres part Nouakchott du  centre, plus moderne à travers ses édifices administratifs et ses villas qui regroupent l’ensemble des composantes culturelles qui ont un niveau de vie élevé.

Cependant, les ensembles communautaires du centre et de la périphérie ne partagent que rarement l’intérêt commun, d’où la domination des tensions intercommunautaires accentuées bien sûr par l’instrumentalisation par la culture sous toutes ses formes (langues nationales, langue d’Etat ; etc.).En effet, sous la pression de la pauvreté, la conditionnalité économique relègue la culture au second plan.

Cette conditionnalité économique est appréhendée comme  la résultante d’une défaillance du système de production et de prestation de service et le renforcement de la solidarité ethnique et tribale. Sur l’ensemble  du pays cette tendance se confirme de plus en plus. Il semble dans cette perspective qu’en Mauritanie, existe une corrélation inversée entre la position et la puissance de  l’Etat et la position de la tribu et son rôle. En effet, plus la solidarité est forte entre les membres de la tribu plus le rôle de l’Etat est faible. Cet excès s’exprime  dans une attitude d’intolérance à l’égard  de l’autre qui   prend  place  dans une thèse portant  spécifiquement  sur la culture.  Face à ce  châtiment qui diffame   l’identité  de l’autre  en la rejetant ou en l’instrumentalisant, nous trouvons pourtant l’attitude symétrique inverse qui accorde  à la diversité culturelle  le rôle inventeur de la cohésion sociale à travers  notamment des Comités de Concertation Communale (ou CCC)  par commune qui  s’inscrit  à titre d’illustration dans le cadre d’un partenariat entre la Communauté Urbaine de Nouakchott et ses 9 Communes de la ville  visant ainsi  à renforcer les liens de proximité entre les élus, leurs services et leurs citoyens. « Composés de plusieurs collèges (élus, services déconcentrés, société civile), les CCC sont toujours présidés par le Maire qui nomme un secrétaire général parmi les membres de la société civile. Aussi, le Comité de Concertation Communale  se définit-il comme un espace de dialogue pérenne (car fruit d’une délibération communale) entre les élus d’une part, et la population de la commune d’autre part. Instance consultative, le CCC aide et conseille le conseil municipal dans sa gestion des affaires de la commune par ses recommandations et propositions »[3]. Dans ce cadre, il appuie le Conseil Communal dans son processus de réflexion et de décision prioritaire concernant notamment des actions socioculturelles. Cette  expérience mise en exergue par  la Communauté Urbaine de Nouakchott,  qui attribue par ailleurs   un appui substantiel à l’AMM,  serait après  la recherche de financement transposé à travers l’AMM  au niveau  d’autres collectivités territoriales membres.

Ceci étant sur le plan politique faut-il une démocratie communautaire   ?

 

 

 

 


[1]En paraphrasant Lidia TARNTINI, répondre à ces questions permet  à chacun  d’entre nous de se donner  un sens, c’est  le récit  d’un « roman communautaire », qui nous rend humain, voir  Le réel et l’imaginaire  dans la politique , l’art et la  science  notes  de la huitième Rencontre internationale de Quartage ( 8-13 mars 2004), rencontre organisée par l’académie tunisienne  des sciences , des lettres et des arts  Edition Beït al Hikma, 2005, P 468.

[2]  Voir les cahiers de l ‘histoire, l’Afrique des origines à la fin du 18ème siècle, 1966, pages 61, 62, 63

[3] Contribution de la Communauté Urbaine de Nouakchott, AIMF 31ième  assemblée générale, Erevan, Octobre 2011




A propos de l’empêchement du Président de la République

5112012
A propos de l’empêchement du Président de la République dans Chronique

Le Président de la République victime, ce 13/10/2012, au soir, d’un tir par inadvertance d’un officier sur une déviation juxtaposant la route bitumée Nktt – Akjoujtà environ 40 km de Nktt fut hospitalisé à l’hôpital militaire de Nktt dans lequel il a subi une intervention chirurgicale ; puis transféré le lendemain en urgence vers Paris – (version officielle).

La propagande actuellement autour de l’empêchement, bat son plein à Nktt depuis quelques jours : (salons, leaders politiques, etc.…). Le plus frustrant dans tout cela, c’est qu’on a osé dire qu’il ya vide « vide juridique », vacance du pouvoir, quelques uns ont même dit que le régime militaire est de retour etc.… etc.… etc.…

Cela étant, il s’avère donc une nécessité impérieuse de feuilleter au moins, les dispositions de notre constitution, dont les nouveaux amendements ont été approuvés par voie référendaire en 2006.

L’Article (40) : de cette constitution précise bien, qu’en cas de vacance ou d’empêchement définitif déclaré par le conseil constitutionnel le Président du Sénat assure l’intérim. Donc tout est subordonné par l’avis du conseil constitutionnel. D’ailleurs pour plus d’amples précisions :

L’Article (41) : le conseil constitutionnel ne peut être saisi dans ce cas que par :

- Le Président de la République
- Le président de l’Assemblée Nationale
- Le Premier Ministre

L’Article (34) : le Président de la République est le chef suprême des forces armées.

Donc, n’étant pas encore empêché, le Président de la République peut bien donner des instructions aux conseils et comités supérieurs de la défense nationale, en ce qui concerne la sécurité de la Nation.

Compte tenu de ce qui précède, je pense qu’il n’ya pas du tout de vide juridique, car la constitution n’est pas encore violée. Il est à rappeler que plusieurs chefs d’Etat Africains furent soignés dans des hôpitaux situés à l’étranger dans lesquels ils ont passé quelques jours de convalescence, et ont ensuite regagné leur pays respectifs sans problème.

Fouad Barrada Aziz
Fonctionnaire à la retraite Nktt
Tél : 4 678 63 55




Les Echos de Mohamed Fouad Barrada

17062012


 Une approche communautaire  de la diversité culturelle mauritanienne (I)  

La Mauritanie est considérée comme étant un lieu de  convergence de divers courants de civilisations, notamment les empires (du Mali, de  Ghana, des Almoravides, etc.).  

Le  brassage culturel sur la religion a offert à la culture mauritanienne des millions de poètes et une source d’unité entre Maures et « Noirs africains ».  Ainsi, les  habitants de la  Mauritanie sont des musulmans sunnites. Cela peut être une source  de multiculturalisme et  de métissage.

Plusieurs approches de diversité culturelle  peuvent être certes abordées, mais ce qui  retient l’attention demeure, semble-t-il,  l’approche locale  voire communautaire ou  intercommunale.

 

 Qu’est ce qu’une communauté ?

 Selon le dictionnaire  le Robert, il s’agit  d’un  Groupe social dont les membres vivent ensemble, ou ont des biens, des intérêts communs. On dit  une  collectivité et une  Communauté de travail.  On dit également appartenir à la même Communauté.

Cependant, « l’habitude et le langage scientifique courant, mais encore imprécis, veulent que l’on désigne cette forme de vie - au sens le plus large du terme - à partir du vocable famille : communauté de familles, communauté familiale. Ou, toujours en référence à la famille : famille étendue, joint family. Ou, en référence à l’une des formes de la communauté - seulement à l’une des formes -, Hauskommunion (« communion » domestique). Comme si la seule famille type était la famille conjugale, qui, unie à d’autres de même diamètre et de même nature, formerait, par extension verticale et horizontale, une communauté familiale ». ((Encyclopædia Universalis 2004).  

 

 On présentera contrairement  donc à la tradition, dans cette étude,  la  communauté  au sens large  du terme d’une part et de l’intercommunalité au sens spécifique  à travers une transposition  sur le cas mauritanien. Il s’agit ici  d’orienter la réflexion sur  un groupe social ou une communauté de quartier  ou des collectivités territoriales  partageant un intérêt commun. C’est ainsi que la question  de la valorisation de l’intérêt commun s’impose avec acuité, d’où  la recherche des   formes  organisationnelles  les plus adoptées  pour une meilleure cohésion sociale dans des espaces parfois regroupant plusieurs cultures différentes  ayant souvent chez nous un  unique dominateur commun, c’est celui de l’Islam.  Cela peut-il se concrétiser  sans  une société civile  forte  valorisant l’espace collectif ?

 

Diversité culturelle  et Communauté     

En Mauritanie les conditions naturelles notamment   l’exode rural   ont favorisé l’émergence de grands ensembles  culturels dans  les zones urbaines, cas de Nouakchott qui regroupe selon les estimations le tiers de la population. Là encore, la  dichotomie centre-périphérie  représente une nouvelle  clé de lecture. On peut opposer, dans cette perspective,  deux dimensions de la ville la plus peuplée du pays : d’une part, Nouakchott  des périphéries,  et, d’autre part,  Nouakchott du centre, plus  moderne à travers ses édifices  administratifs et ses villas qui regroupent l’ensemble des composantes culturelles qui ont un niveau de vie élevé. Cependant, les ensembles communautaires du centre et de la périphérie  ne partagent que   rarement l’intérêt commun, d’où la domination des  tensions  intercommunautaires accentuées bien sûr  par l’instrumentalisation par la  culture sous toutes ses formes (langues nationales, langue d’Etat, etc.).  En effet, sous la pression de la pauvreté, la conditionnalité économique relègue la culture au second plan.

A suivre 




Les Echos de Mohamed Fouad Barrada

10062012


Carence mariage IV

Au cours d’une soirée culturelle  évoquant  le mariage chez les soninkés quelqu’un ironisait : lorsque les familles choisissaient les époux pour leurs filles, il n’y avait point  de manquement au niveau du   mariage, toutefois en laissant le champ libre aux filles de choisir leurs conjoints, la conséquence :   une carence mariage.

Le mariage est-il alors  une institution qui devrait être solide ?  Je vous livre, en effet,  les aveux  et les réactions des amis.

-       Le mariage est la routine. J’ai une femme sympa, honnête. Cependant, depuis mon mariage, je suis un rythme infernal, c’est la monotonie.  L’heure de la coucher, l’heure du repos tout est connu à l’avance. Il me semble que la cause de tout dysfonctionnement familial revient à nous les hommes. Nous sommes toujours à la recherche du changement surtout lorsque l’on se marie tardivement. C’est une question d’habitude.

-       J’ai divorcé réplique un autre. Et pourtant  son mariage n’a duré qu’à peine une année.

-       Un troisième a subi le même sort.

Aucune explication cohérente de leur part, aucune justification.      

Au fait le mariage est  de plus en plus devenu faute de « l’union conventionnelle tardive » entre les deux conjoints une institution instable !?     

m_barrada@yahoo.fr




« Non Aziz ! »

28052012


Le Président de la République par la nomination d’un nouveau chef de la cour suprême confirme selon toute vraisemblance la dépendance de l’appareil juridique.  C’est clair, l’exécutif, plus précisément, la présidence détient le vrai pouvoir chez nous. C’est une  culture !

Certes, l’ex président a été nommé  par Aziz, certes le chef destitué était un élément  de  l’actuel système, certes  il existait  un bras de fer entre  le ministre de la justice et le chef de la cour suprême, cependant il   y a  bel et bien  eu un vice de procédure quelque part. Cette situation est embarrassante.  Autant  je suis contre le  principe dégage Aziz,  autant je le suis pour va-t’en  Seyid Ould Ghaïlani .   

Je ne saurais, en effet,  répondre avec précision  au soubassement de la destitution illégale de l’ex président de la Cour suprême.  Toutefois, serait-il question d’une décision irréfléchie qui fausse l’image de la présidence et l’usurpation d’un  pouvoir juridique qui n’a de justice que le nom!  J’avais  une conviction. Je l’ai toujours: c’est celle de la séparation des pouvoirs afin de jouer le jeu du contre-pouvoir. Le but étant l’équilibre alors sans la multiplication des centres d’équilibre, la suprématie dominera. Au fait, qu’est ce que le vrai pouvoir ?  En un  mot : la justice  qui n’existe pourtant nulle   part  dans le pays du  «  Chef à  Toujours Raison ».   

Je me suis rappelé à cet égard   d’une anecdote connue de tous ou presque tous. Ce sont les commandements de la chefferie.    

« 1. Quand tu mets longtemps pour accomplir une tâche, tu es lent.
Quand ton chef met longtemps, il est méticuleux.
2. Quand tu ne fais pas ton boulot, tu es paresseux.
Quand ton chef ne fait pas le sien, il est trop occupé.
3. Quand tu commets une erreur, tu es un idiot.
Quand ton chef commet une erreur, il est seulement humain.
4. Quand tu fais quelque chose sans qu’on te l’ait demandé, tu outrepasses ton autorité.
Quand ton chef le fait, il fait preuve d’initiative.
5. Quand tu maintiens ta position, tu es entêté.
Quand ton chef le fait, il est ferme.
6. Quand tu ne respectes pas le protocole, tu es grossier.
Quand ton chef le fait, il est original.
7. Quand tu contentes ton chef, tu es lèche-cul.
Quand ton chef contente son chef, il est coopératif.
8. Quand tu n’es pas dans ton bureau, tu glandes.
Quand ton chef n’est pas dans son bureau, il est en affaires.
9. Quand tu es en congé maladie, tu es toujours malade.
Quand ton chef est en congé maladie, il doit être gravement malade.
10. Quand tu envoies des blagues, c’est du courrier inutile.
Quand ton chef le fait, c’est de l’humour. »

Il  s’agit pour ainsi dire  des  10 commandements de l’injustice qui  concentre le pouvoir dans la  main d’une seule personne. De quelle  légitimé le président puise ses pouvoirs ? Et si un militaire s’accapare de son  pouvoir, serait-il  un acte d’injustice ?

 

m_barrada@yahoo.fr




Le climat d’affaires en Mauritanie

25052012
Par Mohamed Fouad Barrada
Je  reviens  d’abord sur une étude  bien qu’effectuée en 2006-2007  par la Banque Mondiale  sur 237 entreprises industrielles formelles et 124 petites entreprises informelles, elle reste, à mon avis,  d’actualité et représentative de la situation économique du pays.
 Chez nous, « la productivité  du travail est au-dessous de la moyenne comparée  aux pays à revenu intermédiaire hors de la région Afrique.   Les firmes manufacturières en  sont peu productives: la productivité du travail et du capital est faible. Tout ceci implique que les performances à l’exportation et la rentabilité des firmes manufacturières sont limitées. Ce constat d’une faible productivité n’est malheureusement pas restreint à l’industrie manufacturière, la productivité dans les autres secteurs de l’économie reste assez faible. Ceci pose le problème des éléments limitant la croissance de la productivité en Mauritanie. »
Selon toute vraisemblance, les principales contraintes du monde d’affaires mauritanien  sont  respectivement : la corruption et ses coûts sur le chiffre d’affaires ; l’inefficacité  de la réglementation,  l’insécurité juridique ; l’instabilité politique, les attaques de AQMI ,    la  défaillance des facteurs de production( capital et travail) , la quasi inexistence de l’épargne,   manque d’ infrastructures efficientes  (électricité, port, transport) et cela  malgré les efforts entrepris pour  y remédier.
Des experts préconisent, cependant, une série de mesures allant dans le sens d’une incitation au développement régional, l’encouragement de jeunes prometteurs et des petits métiers, la défiscalisation et la prise en charge des contributions patronales. Les entreprises qui ont une activité axée sur l’exportation seront favorisées par un régime fiscal assoupli. Ces entreprises doivent bénéficier d’une exonération sur le bénéfice industriel et commercial et l’impôt minimum forfaitaire pendant les 10 premières années de leurs activités et le payement de 50% de leurs droits à partir de la 11ième année.
S’agissant  de l’encouragement des jeunes promoteurs et des petits métiers, des critères ont été  dévoilés pour renforcer les qualifications de ces jeunes. Ceux qui ont l’expérience ou les qualifications requises, devront réaliser et assumer la gestion de leurs  projets. Parmi les jeunes à encourager  il faut adopter  des critères tels que :   enfants d’agriculteurs, de pêcheurs ou d’artisans, ayant un âge ne dépassant pas 40 ans et/ou exerçant leur activité principale dans les domaines de l’agriculture, de la pêche ou de l’artisanat ainsi  que les techniciens diplômés des établissements d’enseignement ou de formation agricole, de pêche ou d’artisanat.
Pour ce qui est  de la contribution du  secteur bancaire  aux financements des investissements, la barre de celui-ci   dépasse  difficilement  les  6 % de  financement des actifs à long terme alors que suivant les secteurs, 62 à 83% des ressources de financement  des entreprises pour l’investissement sont couverts par des capitaux propres (d’après  l’étude susmentionnée).
En outre,  je crois fort  que le taux d’intérêt excessif appliqué par les banques commerciales  freine  la relance économique en Mauritanie. Des réformes devront être entreprises dans le sens de la création des activités à travers des crédits productifs et prometteurs selon les mécanismes du « capital risque ».
Ainsi,  la Mauritanie compte  13  banques  avec un taux de bancarisation  de 5 % seulement. À quelques  exceptions près,  ces  banques ont une particularité spécifique, c’est celle du monopole du secteur bancaire pour consolider d’autres activités exercées  par les actionnaires principaux de ces mêmes structures bancaires.
Une  réforme bancaire a été, certes, entamée par la Banque centrale,   mais l’organisation du secteur souffre toujours d’un dysfonctionnement qui ne dit pas son nom. Si  l’on en croit un banquier de la place,  un tel dysfonctionnement est imputé, en partie,  à la rigidité des procédures privant à titre d’illustration les banques privées   de se procurer de la devise  nécessaire pour leur développement.
Personne  ne  peut réfuter, par ailleurs,   que la mise à niveau  de l’économie, l’indépendance de l’appareil  judiciaire,  l’instabilité politique  et la lutte contre la corruption demeurent  indispensables pour le drainage de l’investissement.
Toutefois, les sanctions à l’encontre des  corrompus et corrupteurs  ne sont  guère de mise dans le pays, et si elles existent, elles servent, semble-t-il,  à  régler les comptes  à  certains ou à  maintenir le statuquo à travers  un ostracisme renforcé par un populisme ambiant.
SOURCE :  Magazine mauritanies1 du 5 avril 2012



Les Echos de Mohamed Fouad Barrada :Carence /Mariage II

29042012

 

 

A la recherche du bonheur perdu, elle choisit un numéro d’un GSM au hasard, soudain elle tomba aléatoirement sur un inconnu. N’empêche, elle déclencha pourtant une conversation et elle s’apercevait que son interlocuteur habite dans une autre ville. Après 6 mois, l’inconnu la rappela en disant qu’il vient de rentrer dans la même ville dans laquelle elle habite. Elle se pressa comme une gamine pour un rendez vous que lui-même fixa, par coïncidence j’étais dans une situation me permettant de connaitre ce petit détail de l’aventure de cette demoiselle. Le descriptif du contexte est qu’en toute spontanéité, elle ne savait pas quoi faire face à une situation particulière, elle était à la fois contente et perplexe, elle appela sa copine pour un conseil afin de surprendre l’inconnu, l’attirer. Le verdict tomba aussitôt : sois belle, sois vigilante, porte le meilleur vêtement, c’est le premier rendez vous etc. Ensuite, elle s’adressa à moi en demandant suis-je belle, surpris par sa réaction, je suis resté bouche bée, et je lui avais expliqué, implicitement que je ne suis guère adepte de la liberté excessive à travers le dévoilement de ses aventures. Elle répliqua : écris cette histoire, je retoquais que ça ne m’intéresse point, toutefois je me suis trouvé en train de décrire l’attitude de la demoiselle en question en souhaitant de tout mon cœur qu’elle trouve le conjoint qui lui sied.

Quelqu’ un a, par ailleurs, expliqué qu’après 10 ans de vie conjugale, il a divorcé. Son épouse, lui avait laissé ses ‘filles et fils ’ après cette rupture. Pourquoi un tel divorce ? Parce que ma femme demande trop et je n’ai pas les moyens pour subvenir à ses besoins qui deviennent exponentiels. Et pourtant, m’explique-t-il, je suis à la recherche d’une nouvelle épouse après mon deuxième divorce. Et le problème financier ? Je m’en fous, précise-t-il, je ne suis pas du genre à  rester sans épouse et je veux qu’on énonce cela. Je suis même prêt à donner ma photo et mon adresse pour qu’une fille me marie. Quelle attitude ? C’est dire quel comportement poussant les uns et les autres à agir vis-à-vis d’événements tel que le Mariage ou la rupture. Je ne sais point comment dire au sujet du processus qui mène vers la vie en famille. Toutefois, je sais qu’il y a des conjoints qui restent plus de trente ans ensemble et du coup ils divorcent. D’autres qui demeurent pour la vie, pourquoi se marient-ils et pourquoi divorcent-ils après tant d’années partagées ?

Je ne saurais répondre à de telles questions.

Autres anomalies, deux personnes m’avaient avoué qu’elles ne peuvent pas dormir sans que la Télévision soit allumée alors que leurs conjointes détestent la lumière lorsqu’elles dormaient. Comment arrivent-ils à cohabiter ? Les maris travaillent loin du lieu de la résidence de leurs épouses et les conjoints se rencontrent rarement, surtout les weekends. Divorceront –ils ou trouveront-ils une solution pour régler ce petit différent qui risque de séparer leur couple, une fois restés longtemps ensemble sous le même toit. Enfin loin d’ici en occident des femmes divorcent pour la simple raison que leurs conjoints ronflent en dormant. Et d’autres chez nous divorcent après un mois de mariage.

m_barrada@yahoo.fr




Les Echos de Mohamed Fouad Barrada

8042012

 

 Sensibilité féminine / « Fille, sois vierge et tais toi »

 

En  quoi les femmes sont-elles  sensibles ? Voilà    une question qui  m’a été soulevée implicitement au cours d’une discussion. 

Ceci  est loin d’être, en conséquence,   exhaustif.

En effet et selon toute vraisemblance, les femmes cherchent à être choyées, considérées, réconfortées et aimées.

Il arrive  à des femmes de faire souffrir des hommes, de les faire  courir derrières elles pour la simple raison qu’elles savent que ces hommes les vénèrent, les adorent, les aiment à la folie. Prenez garde de ces types de femmes. Elles sont des tigresses dangereuses et paradoxalement sensibles.  

Les grands penseurs n’étaient pas à l’abri.  Des philosophes comme Nietzsche et « beaucoup d’ autres «  faisaient la cour à des femmes  tigresses dangereuses, sans espérance.

Et sur l’autre revers  de la médaille, la société exploite  à fond la femme, sa sensibilité, sa faiblesse. Elle est le maillon  faible de la chaine sociétale.   

Toutefois, qu’est  ce que  la vraie sensibilité féminine à l’ère contemporaine ?

En plus de l’aspect  biologique de la chose,  de la nature  elle -même de la  femme en tant qu’être sensible, je vous livre un cas évoqué par la journaliste marocaine  Sana El Aji. Je reprends volontairement sa réflexion parue sur le site Mauritanie1, récemment. Quelle belle chronique !

      « Un ami m’a fait parvenir le poème d’une jeune Egyptienne qui ironise sur un homme qui l’avait emmenée, un jour, chez le gynéco pour s’assurer de sa virginité. La vidéo est disponible sur Youtube sous le titre de « test de virginité ». Dans son texte, la jeune femme procède à une comparaison entre la virginité que cherche l’homme entre ses cuisses et la liberté qu’elle cherche, elle, dans et pour son pays. Le lexique employé est aussi éloigné que possible du corpus érotique (les cadavres des martyres, la justice, la liberté,…), mais la vidéo de Youtube ressort de nouveau la problématique de la virginité et de l’hymen dans nos sociétés. 

Et de la même manière, l’affaire Amina Filali, cette jeune fille de Larache qui a récemment mis fin à ses jours après avoir longtemps enduré les affres de son mariage avec son violeur, devenu son époux par la force de la loi… cette affaire, donc, nous interpelle et nous rappelle notre arriération chronique dans la relation de notre société aux femmes et à leurs corps. Pourquoi donc Amina a-t-elle été mariée à son violeur ? Parce qu’il est le seul à pouvoir accepter son « infamie » après qu’il l’ait lui-même violée et déflorée. Ainsi donc, et comme par enchantement – un enchantement douteux –, Amina, la fille violée devient une femme souillée, « dépravée », perverse, inapte à devenir l’épouse de tout autre homme que celui qui l’a violée. Son viol devient son calvaire, à elle. Brusquement, cette jeune victime se retrouve responsable du déshonneur de sa famille, et de tous les autres membres de la tribu.

Bien, maintenant tentons de dépasser nos hypocrisies, et regardons la réalité en face. Amina n’est pas un cas isolé, loin de là… et nous le savons tous. Chacun de nous a entendu, au moins une fois, le cas d’une fille qui a été mariée à son violeur, ces épousailles étant la seule façon d’éviter le scandale du viol et l’opprobre publique qui lui est fatalement associée. Et dans la plupart des cas, la mère du « jeune marié » considère que « celle-là s’est foutue de son fils et qu’elle l’a pris dans ses filets, lui collant aux fesses… ». Ainsi donc, selon cette logique, le violeur devient la victime de sa victime, qui « s’est foutue de lui ». Et qui dit ça ? Une autre femme, qui s’instaure accusatrice de la fille violée pour la seule raison que le violeur est son fils.

 

Il me revient à l’esprit l’histoire de cette fille, que je n’oublierai jamais, qui a eu tant et tant à endurer de la part de sa propre mère. Cette fille avait été violée plus d’une fois, encore et encore, par un homme qui se trouvait être son père. Et lorsque la mère avait eu vent de la chose, elle avait dans un premier temps décidé d’attaquer son mari en justice, avant de se rétracter parce que… la fille était encore vierge. Le père sodomisait sa propre fille. L’hymen était donc intact et c’était le principal. Qu’un père sodomise ainsi sa fille de six ans, et plus d’une fois, devient une question de second ordre. Personne ne prête attention aux dégâts psychologiques de cette fille, à sa relation avec son père et avec son corps. Le plus important est cette petite membrane qui revêt alors, dans ces moments, plus d’importance que la femme elle-même. Une membrane qui vaut davantage que sa dignité, que son humanité, et que tous les sentiments bons ou mauvais qu’elle peut ressentir.

 

J’estime que de telles décisions, plus que maladroites, odieuses, prises par les proches des filles voilées sont encore plus abjectes que le viol en lui-même.

Nous demandons tous l’abrogation de cette loi qui permet au violeur d’épouser sa victime pour éviter la prison. Cette demande est aussi légitime qu’urgente ; mais nous avons besoin, aussi, d’une révolution des mentalités qui, au lieu de compatir à la situation des violées, les considèrent avec pitié car elles ont perdu « ce qu’elles ont de plus cher », qu’elles ont perdu ce qui fait d’elles des êtres à part entière… C’est cela la vraie catastrophe, c’est cela le vrai drame… Arrivé à ce stade, j’ai comme une envie forcenée de demander l’ablation chirurgicale de cet hymen, au moment de la naissance, car ainsi, le viol sera enfin considéré pour ce qu’il est, hymen ou pas hymen, virginité ou non. Car ainsi on cessera de considérer que la violée a perdu du fait de son viol ce qu’elle détient de plus cher en elle. Car ainsi, enfin, on oubliera de penser à ce que nous estimons être le plus important (la défloration) et nous regarderons en face ce qu’aujourd’hui, nous considérons être secondaire, le viol en lui-même. 

Et puis, au-delà, quand donc pourrons-nous dépasser cette hypocrisie de l’hymen. Lors d’une étude de terrain sur les relations sexuelles avant le mariage, j’ai interrogé nombre de jeunes. Et à ceux qui ont dit qu’ils avaient déjà eu ces relations, j’ai demandé si c’était avec des prostituées ou avec leurs amies. Dans la plupart des cas où ces relations unissaient des couples de jeunes, la fille gardait sa « virginité ». Et dans plusieurs autres cas, les jeunes hommes questionnés ont reconnu ne pas pouvoir épouser une fille non vierge. Bien entendu, aucun de ces jeunes ne s’est jamais demandé si sa future épouse, vierge, était la même que celles qu’ils avaient connues et qui était, aussi, vierges ; un de ces jeunes m’a dit : « Qu’elle fasse ce qu’elle veut, pour peu que je n’en sache rien ». Un autre jeune m’a révélé que le plus important à ses yeux, c’est que sa future épouse prenne bien garde à ne pas toucher « à cet endroit ». Qu’elle puisse, un jour, penser à un autre homme qu’elle a connu dans la passé importe peu ; comme il importe peu qu’un autre homme, avant le mari, l’ait « embrassée » et « visitée » ailleurs qu’à « cet endroit  ». Le plus important, donc, ce qui compte, ce qui prime, c’est cette membrane magique, merveilleuse, dont la présence cache ces pratiques éventuelles passées que le mari ne saurait ni voir ni admettre. 

Posons-nous un instant avec nous-mêmes et méditons : qu’une fille garde sa virginité ne veut absolument rien dire. Qu’une autre fille l’ait perdu et cela ne signifie pas davantage. L’honneur et la vertu ont infiniment plus de valeur qu’un hymen auquel la science a pu trouver une parade en mettant au point un produit dont la valeur varie entre 120 et 8.000 DH, en fonction de sa durée de vie. L’amour, la loyauté, les valeurs et la vertu, et toutes les autres nobles valeurs, ont plus d’importance que cet hymen pour lequel Amina est morte et à cause duquel mourront d’autres Amina. »




Les Echos de Mohamed Fouad Barrada

1042012

 Suis-je fou ?

 

Ceux-ci sont des commentaires qui m’ont été adressés fraîchement: « Vous êtes fous, toutes mes proches le disent et tous ceux qui s’approchent de vous le confirme. »

« Barrada, je pense que tu ne peux tomber amoureux que des femmes qui ont une spécificité. Des femmes hyper difficiles ou égoïstes ou des femmes qui ne vous aiment pas. En effet, seuls les fous comme toi peuvent s’attacher avec de telles femmes. » Ce qui sous-entend, en partie, que je ne suis point adepte de la réciprocité affective. En fait qu’est ce que la folie ? Suis-je fou ? Un fou se considère vraiment fou ou c’est les autres qui sont fous ?

D’après tout, sommes-nous tous des fous, chacun selon sa position, sa philosophie, sa culture et son entourage ? En psychiatrie est fou celui qui a perdu la raison et présente un trouble mental, qui dénote d’un dérangement d’esprit, qui apparaît étrange et bizarre. Un regard fou. Un rire fou. Et on dit un tireur fou. On dit également « cette tragédie l’a rendue folle et une folle furieuse ». S’agissant du comportement ou les signes précurseurs de la folie, un fou est souvent hors de soi, énervé. Son comportement est envisagé comme déraisonnable, insensé. Et si quelqu’un ou quelqu’une refuse, bizarrement une offre particulière, il peut facilement être qualifié de fou. Un fou est aussi souvent calme, serein avec un regard ‘tranchant’ ou ‘égaille’. Présenté- je de tels signes ? Ou ces signes sont passagers et spécifiques à tout un chacun.

La folie est elle alors une partie de l’homme ou il s’agit de l’état intermittent de tel ou tel comportement qui touche chaque individu à des moments différents de son quotidien ou de sa vie ?

m_barrada@yahoo.fr







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