Mondialisation /Le parlement mauritanien face à la nouvelle technologie

28082007

Mondialisation 

Le parlement mauritanien  face à  la nouvelle technologie   

 

 

Privatiser,   ne pas privatiser, globaliser  non,  il faut atténuer l’impact de la mondialisation,  telles  sont les conclusions qui se dégagent  de la séance plénière du parlement. 

Le phénomène des nouvelles technologies s’impose devant les élus du peuple. Les calculatrices sont sorties des poches. Calcul mental était aussi à l’ordre du jour. « Combien nous coûte la consommation en terme de communication téléphonique ? Nous avons un nombre d’abonnés dépassant un million. Avec un simple calcul je peux dire que la consommation moyenne  par individu  en Mauritanie est estimée à 1000 ouguiyas. Qu’est ce que nous    gagnons ? Le marché est-il rentable pour les mauritaniens ? », martelait  le député Bedredine lors de cette séance. 

Toutefois,  « ces calculs doivent être révisés car les indicateurs fournis par le gouvernement  sont clairs ; le chiffre d’affaires des opérateurs mobiles est  de 45 milliards  ouguiyas, soit une consommation journalière de 100 ouguiya  par personne  », explique en guise de réaction, le député de Kaédi. 

Tout le monde est d’accord sur le fait  que  les bénéfices de ces sociétés téléphoniques  sont en nette augmentation ; même les études de faisabilité n’envisageaient  pas une telle augmentation. Les premières  estimations tournaient  autour de 80000 mille abonnés alors que nous sommes actuellement avec 1. 080.000 de  consommateurs. C’est imaginaire. Un français disait que « le marché mauritanien n’est pas rentable en terme de téléphonie mobile » alors qu’un troisième opérateur vient de commencer ces activités. Les mauritaniens seront-ils piégés par ce dernier opérateur? 

Le marketing est au rendez-vous. Des prix incitatifs des GSM de   troisième génération de marque à condition d’avoir un portable qui ne marche qu’avec la puce Chinguitel est la monnaie courante du nouvel opérateur soudanais. Pour le moment la communication interchinguitel  est gratuite. « Jusqu’à quand ?» s’interrogent des consommateurs du nouvel opérateur. « Une semaine,  un mois, deux mois,  ou tout justement il faut attendre trois mois ?». La question reste ouverte.    

La logique de qualité était encore exposée par les élus du peuple. Cette logique  qui n’épargne pas  la haute autorité de régulation. « Depuis votre création nous avons assisté à une seule sanction  qui n’est pas  significative   par rapport au chiffre d’affaires  réalisé  par ladite société ». Questionnaient  plusieurs députés. 

Une députée évoquait, par ailleurs,   le phénomène internet qui est quasi-inexistant dans les régions du pays, notamment dans les grandes villes mauritaniennes. Elle  insistait   sur le fait d’implanter dans ces dernières une  connexion au réseau des réseaux. 

Il semble que l’infrastructure nécessaire pour la mise en place de la dimension   commerciale de l’internet n’est pas une éventuelle  optique du moins dans le court terme. Une telle dimension peut activer le petit commerce (l’artisanat  et la vente des produits locaux).  La globalisation de l’internet sur l’ensemble du pays est  loin d’être aussi  rentable. Les interprétations sont claires : le nombre d’analphabètes, le pouvoir d’achat des citoyens qui ne leur permettent pas de s’acquitter de la charge liée au service rendu (9990 ouguiyas TTC   pour un débit lent de 128 kbit, ne parlons pas  des autres tarifs 17100um -256 kbt; 29070 um-512 kbit- ; 49020 Um- 1Mega ;). 

En effet,  la possibilité des petits commerçants de profiter du marché internet qui est estimé de  par le monde à plus de 700 millions d’individus et qui est en nette progression, reste une utopie.  Nos parlementaires n’ont pas brillé  en négligeant  la possibilité d’inciter des petites et moyennes entreprises avec l’intégration des diplômés chômeurs dans cette initiative. La procédure est simple, il suffit d’avoir un ordinateur connecté   sur le marché on-line et  bien photographier  les produits à commercialiser. Mais il faut que le système postal soit efficace, il faut encore créer des sociétés d’export par intermédiation efficiente par le biais du port autonome de Nouakchott ou celui de Nouadhibou. 

Soulignons que hormis l’Afrique du Sud  et d’une façon moins significative le Sénégal et le Maghreb, le marché africain n’est pas encore rentré d’une manière perforante  dans l’optique d’interconnectabilité.  Notons aussi que le web est plus cher chez nous que dans les pays limitrophes, et excessivement cher par rapport à l’Occident et l’Asie.                      

 Mohamed Fouad Barrada 

Source La Tribune n°364 

 




Téléphonie :Chinguitel dans l’arène !

28082007
Téléphonie : 

 

Chinguitel dans l’arène ! 

  

Le Président de la République Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi, a présidé jeudi dernier, la cérémonie d’inauguration du réseau Chinguitel de téléphonie mobile dit de 3ème Génération (CDMA).  De son côté au Palais des Congrès,  le premier ministre Zeïne Ould Zeïdane a visité dans le cadre de ce lancement des services de cet opérateur, le pavillon de la société. 

 

Chinguitel est entré dans la danse. La concurrence de téléphonie mobile dans notre pays va certainement devenir très serrée. L’offre d’une 3ème Génération de téléphonie mobile est l’une des plus  sophistiquée à travers le monde. Plus avancée que le GSM, cette technologie est utilisée aux Etats Unies, en Corée et au Japon. Elle dispose également d’une célérité  dans le transfert des données avec un haut débit  pour Internet. Chinguitel assure la couverture de plusieurs villes du pays et s’apprête d’ailleurs  à faire de même pour tous les villages mêmes les plus reculés  de notre pays. Avec une promesse d’un réseau plein sans interruption, Chinguitel veut s’installer en Mauritanie comme un champion de lutte dans l’arène. La société a bénéficié de deux licences d’exploitation de réseau de télécommunications dans le pays. Ces deux licences ont coûté à la société plus de 27 milliards d’Ouguiya. Lors de la cérémonie, Oumar Ould Yali, ministre des Technologies nouvelles a souligné que la concurrence dans le secteur de télécommunication contribuera à la réussite des politiques gouvernementales relatives à l’accès universel aux services de base. Il  a indiqué que cette nouvelle technologie de l’information et de télécommunications permettra la modernisation de l’administration, le désenclavement des zones éloignées, la lutte contre la pauvreté et le chômage. Quand à l’ambassadeur du Soudan en Mauritanie, SEM Abdel Hafedh Ibrahim, il a adressé au nom du ministre soudanais  des Finances, président du Conseil d’administration de Chinguitel ses remerciements au Président de la République pour avoir voulu présider la cérémonie du lancement de la 3ème Génération de téléphonie mobile. Il a souligné que Chinguitel constitue un partenariat économique et stratégique et un premier investissement de grande taille de la société soudanaise de téléphonie mobile : Sudatel  à l’extérieur. Il a ajouté que  Chinguitel couvre 4 000 Km de route dans le pays et l’ensemble des villes inscrites sur le cahier de charges. Le Président de la République a coupé le ruban symbolique après cet échange d’allocution ; Chinguitel rentre ainsi dans l’arène de lutte en Mauritanie.  Après cette cérémonie d’inauguration, le Premier ministre s’est rendu au Palais des Congrès où il s’est informé du fonctionnement de Chinguitel, sa capacité de couverture et le coût des services proposés. A cette occasion le directeur de Chinguitel Khaled Hassan Ibrahim, a dit dans un son discours que la technologie utilisée par sa société, est comme  celle dans  les pays développés : les Etats Unis, la Corée et le Japon. Il a indiqué aussi que les investissements de Chinguitel de plus de 200 millions de dollars, sont le fruit de la bonne coopération entre la Mauritanie et le Soudan. Il a ajouté que cette technologie est plus avancée que le GSM. Le directeur général de Chinguitel, a aussi dit que sa Société fera de la Mauritanie une plateforme de lancement pour la conquête des marchés de l’Afrique au  Sud  du Sahara. Cette cérémonie s’est achevée par une exposition historique  de la société dans tous les domaines. Rappelons que plusieurs membres du gouvernement, des ambassadeurs accrédités auprès de notre pays et de hautes personnalités, ont été présents à cette cérémonie d’inauguration de la 3ème Génération de téléphonie mobile dans le pays des milles et un poètes.

Par Mamadou Sy 

Symadou78@yahoo.fr   

source : La Tribune




CICR, Journées portes ouvertes sur l’humanité

28082007

CICR, Journées portes ouvertes sur l’humanité  

Même la guerre a des règles 

 

Le bureau du comité international de la croix rouge à Nouakchott organise depuis lundi des journées portes ouvertes. Celles-ci s’étendront sur toute la semaine et s’adressent à la presse, aux organisations de la société civile, aux ulémas, entre autres acteurs de la scène publique. L’objectif de ces journées est de faire connaître la CICR au public. Créé, il y a un siècle et demi, le CICR s’est attelé à faire respecter les règles de la guerre aux parties en conflits à travers le monde. A l’origine, un homme d’affaires suisse, Hery Dunant qui, le 24 juin 1859, fut le témoin à Solferino, au nord de l’Italie, de violents combats entre armées française et autrichiennes. 16 heures de combats et 40 000 morts et blessés sur le champ de bataille ont provoqué chez l’homme un élan de solidarité qui s’est traduit spontanément par la convocation des habitants des villages voisins afin qu’ils l’aident à secourir les blessés sans aucune discrimination. C’est à partir de là que va germer l’idée d’une organisation suite à la publication par Henry Dunant d’Un souvenir de Solferino. Dunant appelait dans ce livre à la création en temps de paix de sociétés de secours dont le personnel infirmier serait prêt à soigner les blessés en temps de guerre. Il y recommandait également l’adoption d’un accord international permettant de reconnaître les volontaires chargés d’assister les services de santé des armées. En 1863 est créée une commission de cinq membres chargée d’examiner la concrétisation des idées de l’auteur d’Un Souvenir de Solferino. C’est ainsi qu’avec G. Moynier, G-H Dufour, L. Appia et Th. Maunoir, Henry Dunant va fonder le comité international de secours aux blessés ; lequel sera l’ancêtre immédiat du comité international de la croix rouge. D’efforts en efforts, les fondateurs parviennent à faire adhérer 16 Etats et quatre associations philanthropiques à leurs idéaux. Des représentants sont envoyés à la conférence internationale qui  se teint à Genève le 26 octobre 1863. Dès lors une croix rouge sur fond blanc représentée sous la forme du drapeau suisse inversé en hommage à l’inspirateur de l’organisation humanitaire, est adoptée comme emblème de l’institution de la croix rouge. Cette emblème permet de formaliser la protection des services de santé sur les champs de bataille. Aussi une conférence diplomatique est-elle organisée à Genève en 1864. Douze gouvernements y participent. Leurs représentants y adoptent « la convention de Genève pour l’amélioration du sort des militaires blessés dans les armées en campagne ». Il s’agit pour ainsi dire du premier outil du droit humanitaire qui sera étendu à d’autres catégories de victimes à la faveur de plusieurs autres conférences. 

En 1949, au lendemain de la seconde guerre mondiale, une conférence diplomatique délibère pendant quatre mois et finit par adopter les quatre conventions de Genève. Celles-ci renforcent la protection des populations civiles en temps de guerre. Deux protocoles additionnels viennent en 1977 compléter les conventions. Ainsi l’organisation est dotée de ses principaux instruments et contribue du coup à l’établissement d’un ensemble de règles qui en temps de guerre protègent les personnes ne participant pas ou plus aux hostilités. Tout ceci est consigné dans ce qui est appelé droit international humanitaire ou droit des conflits armés. Les règles  doivent être respectées par les gouvernements, leurs forces armées et par les groupes d’opposition armées ainsi que par toute autre partie engagée dans les conflits. 

Organisation non partisane et neutre, le CICR a pu se faire une crédibilité qui lui permet par delà son champ d’action d’accéder aux prisonniers et de favoriser le rétablissement des liens familiaux (RLF) entre personnes séparées  des leurs. De même, il entreprend des diffusions et démarches ponctuelles à partir d’informations précieuses. Il aide entre autres à prévenir les disparitions dans les prisons. Ses moyens : les accords avec les autorités, les visites, etc. 

En Mauritanie par exemple, le CICR a pu entre 1984 et 1991 effectuer des visites des détenus.  En 1989, i l a procédé à des RLF. De 2003 à 2005, des échanges avec le gouvernement se concrétisent par un accord signé. Ce qui a permis, de l’avis de Sabine Manetta, déléguée responsable du bureau du CICR à Nouakchott,  d’effectuer depuis juin 2006 soixante sept visites dans quinze prisons civiles en Mauritanie.  Sans compter une dizaine de démarches ponctuelles écrites et 38 visites dans 32 commissariats de police.  Un rapport de synthèse a également été remis aux autorités en juillet 2007, a affirmé la responsable du bureau. Mais par respect pour le principe de confidentialité, aucun rapport du CICR n’est diffusé. 

Synthèse KD 

Source : La Tribune n°364 

 




Nouadhibou : la police dans la galère

28082007
  NOUADHIBOU  / LA POLICE DANS LA GALERE 

Nouadhibou, la capitale économique est bien équipée en commissariats : 06, 1 direction régionale de la sureté et une compagnie de police.  De quoi décourager les bandits et autres délinquants. Cependant la ville n’en demeure pas plus sûre. 

Ce corps est laissé à lui même. Si la situation des officiers est acceptable, celle des agents est triste. Leurs tenues ne sont plus renouvelées depuis 1997  et tombent en lambeaux, ils portent des godasses trouées et cousues de tous types de fils. Le policier de Nouadhibou est une sorte d’épouvantail à l’accoutrement carnavalesque. Comparez-le aux agents des sociétés de gardiennage. C’est une misère. Il ne dispose pas de l’équipement réglementaire : menottes, matraque, pistolet… 

Son ceinturon ne tient plus que par un fil , usé qu’il est .Certains préfèrent mettre leurs ceintures de ville ou des chaussures civiles plus commodes. Les policiers sont mal payés et mal nourris. Leur maigre pitance est indigne de mendiants : Du riz au poisson à déjeuner et des pâtes commandées à une gargote de quartier qui fait office de restaurant. Le tout en quantité insuffisante. Les malheureux qui effectuent leurs 24 heures de garde se trouvent obligés de se faire apporter à manger à domicile ou à consommer des biscuits ou à se jeter comme des affamés sur la nourriture des gardés à vue ou délinquants… 

Il n’est pas rare de voir des policiers faire le pique -assiette dans des boutiques ou épiceries mitoyennes des commissariats pour un verre de thé .La nuit, les policiers de gardes couchent sur un matelas délabré de 08 cm avec comme accessoire une couverture qui ne combat pas le froid et un coussin flasque. Les conditions d’hygiène sont épouvantables et les locaux vétustes dégageant une odeur pestilentielle. Imaginez ce que doit être la vie des détenus… 

La police dispose d’une cité de 12 logements affectés aux plus gradés. Ces logements de deux pièces, construits dans les années 60, tombent en ruines, faute d’entretien. Le reste de la troupe doit se contenter d’un loyer inabordable. Pourtant la police effectue un travail louable dans une ville confrontée au trafic de drogue, au crime organisé, à la prostitution à grande échelle et à une petite délinquance nuisible. Mais elle manque de tout .Peu équipée en moyens mobiles, la police a du mal à intervenir à temps ; s’attirant les foudres d’une population exigeante en matière de sécurité. 

Nos policiers sont mal vêtus, mal nourris et mal équipés. Ceci nuit à leur mission de protection  et les emmène à faire des pratiques peu orthodoxes: la corruption et le chantage. Il n’est pas rare de voir des policiers roder aux environs des maisons des jeunes pour guetter les fêtards et leur soutirer quelques sous sans mission officielle. D’autres s’en prennent aux taxis sans leur délivrer un reçu quelconque. D’où le fait rare de voir quelques policiers disposant de Mercedes 190 obtenus on sait comment. 

Au moment où les députés font tout pour majorer leurs revenus, l’’état devrait se pencher sur la situation de notre police qui travaille dans des conditions inacceptables.   

CHINGUITEL : DEBUTS EN DENTS DE SCIE La troisième société de téléphonie mobile, CHINGUITEL, a démarré ce jeudi 23 août à Nouadhibou de façon très timide. La tendance s’est confirmée cinq jours plus tard. 

Les clients ne se précipitaient guère à l’agence centrale et dans les cinq points de vente qu’elle avait mis en place. Les rares personnes qui ont accédé aux services de l’opérateur sont déçues. D’abord les trois types d’appareils mobiles (Samsung, Nokia et LG) semblent désuets comparés aux appareils vendus sur le marché. Le prix n’en valait pas visiblement la chandelle. Le fait que la puce n’est compatible qu’avec l’appareil en a découragé plus d’un 

Les revendeurs qui avaient acquis plusieurs appareils dans le but de les revendre au prix cher en sont pour leurs frais. « J’avais payé 30 appareils entre dix et 12.000 Um .Le premier jour j’ai voulu les revendre à 15.000 et 17.000 Um pièce. Aucun appareil n’a été écoulé » se lamente Mohamed, commerçant de portables. Les revendeurs n’arrivent pas à écouler leurs stocks. Même cas de figure chez les vendeurs de cartes. 

Un autre fait condamnable a été remarqué. Il s’agit d’une tendance constituant à vendre des portables et des cartes à des parents ou amis sans tenir compte de la position des clients disposés en rang. Les rangs étaient clairsemés du reste. Des usagers font en outre part de la mauvaise qualité du réseau. 

CHINGUITEL doit se ressaisir pour ne pas être un opérateur de plus. ATHIE YOUSSOUF 

CP /NOUADHIBOU 

Source : La Tribune n°364 DU 28/08/2007 

 




Drogue en Mauritanie :J.P. VIVENOT : « Je suis un otage de l’état mauritanien »

28082007

J.P. VIVENOT : « Je suis un otage de l’état mauritanien » 

 

« Je suis innocent, je suis innocent ». C’est dans la répétition de cette complainte    que s’épuisent les rares minutes de communication que notre justice nationale accorde à Jean-Pierre Vivenot, ce pilote français abusivement incarcéré en Mauritanie depuis le 1er mai dernier avec son ami et copilote de circonstance, Edy Pagés. Dans le cadre de l’enquête ouverte sur l’immense trafic de drogue qui secoue le pays, « il ne me dit pas bonjour ou bonsoir quand je l’ai furtivement au téléphone. Il ne fait que crier son innocence dont je ne doute pas un seul instant comme tous ceux qui le connaissent d’ailleurs », confie Catherine Soupeaux, compagne du pilote français et mère de Lou, leur petite fille de huit mois… 

 

Mauvais moment, mauvais endroit 


Même version des faits chez l’employeur de son compagnon, Claude Alezra, qui déplore un malheureux malentendu ayant transformé en cauchemar le rêve africain de son pilote et ami : «  je suis chargé de mission au ministère de la santé du Sénégal, et je possède cet hélicoptère que j’ai confié à Jean-Pierre Vivenot, un pilote chevronné, sans doute le meilleur de la place, et dont je pratique les services depuis plus de dix ans. C’est un copain de longue date qui se trouvait ce jour-là, à  Nouadhibou, dans le cadre quasi-routinier de son travail, mais malheureusement pour lui : au mauvais moment et au mauvais endroit…. Nous ne faisons que de l’assistance sanitaire et  de la prévention civile par le transport urgent des malades aussi bien au Sénégal qu’en Mauritanie.  Et le propriétaire de l’hélicoptère de rappeler que c’est lui qui devait se trouver à la place de son collègue : « normalement, c’est moi qui devais convoyer l’appareil pour révision en France. Mais comme je venais de participer au rallye de « Heroes Legend » à  Nador au Maroc, je voulais profiter des vacances d’Avril pour voir mon fils en France. Cela tombait bien pour Jean-Pierre aussi qui, de son côté, était pressé de retrouver sa femme et sa petite fille après avoir accompli une mission sanitaire à Dakar. Donc, je lui ai proposé de me remplacer et comme d’habitude, il a généreusement accepté. Mais, bon, tout cela va finir par se tasser, la justice mauritanienne dispose de tous les plans de vol et autorisations administratives de notre activité, elle va finir par comprendre qu’elle se trompe de cibles : les Vivenot sont très modestes pour être des trafiquants de drogue… » Conclut-il avec une humeur enjouée qui en dit long sur son expérience de l’inénarrable Afrique. 

 

Pilotes belges 


Mais le moral Familial des Vivenot ne semble pas aussi vacciné contre les aventures sahariennes de leurs proches. Ensemble, individuellement, nuit et jour, ils s’accrochent aux informations glanées sur la toile mauritanienne. Quand ils ne raclent pas leur économie pour se payer les services de leurs avocats. Tout en prenant en charge l’incarcération de leur proche : « tout cela coûte beaucoup de temps et d’argent pour épargner des gens simples comme nous. Les avocats ne sont pas plus rassurants que la presse locale qui semble confondre avion et hélicoptère en présentant Jean-Pierre et Edy comme les pilotes de l’avion dit vénézuelien.» précise Catherine Soupeaux. Pour le grand frère de la petite Lou, ces confusions de genre n’ont que trop duré : «Que je sache, les pilotes de cet avion chargé de poudre, qui se sont d’ailleurs volatilisés comme par miracle, sont plutôt belges. Alors que mon père et son ami sont jusqu’à preuve du contraire français et pilotent un hélicoptère humanitaire. Ils sont donc complètement étrangers à ce trafic qui concerne plutôt les grandes fortunes de ce pays, si j’ai bien lu les échos de cette affaire sur le net » dit Jean-Baptiste. Pour Valérie Guéry, compagne d’Eddy Pagés, il s’agit d’une histoire « d’incompréhension totale ».    

 

Pilotes belges  

A entendre les familles des pilotes français, leurs proches sont les victimes idéales d’une machination impitoyable. Ils serviraient de cibles idéales pour un pouvoir fragile qui veut protéger des puissants narcotrafiquants échappant à son contrôle. En faisant croire que des quantités astronomiques de drogue sont subitement tombées du ciel sur une paisible Mauritanie sagement gouverné. Et quoi de plus céleste qu’un vrai pilote pour jouer les faux vrais trafiquants ? Quant aux proches de l’enquête, ils font face à des procès verbaux inintelligibles qui peuvent accabler les pilotes français. Leur avocat mauritanien déplore « une accusation dépourvue de tout fondement, l’accusé principal ayant réussi à faire sortir du pays tous ses éventuels complices ». Il avoue rougir de l’étonnement de l’attaché de sécurité de l’ambassade de France à Nouakchott : « puis, il y a aussi le fait concret d’une impossibilité physique pour un hélicoptère de servir dans cette affaire parce qu’un tel appareil décolle verticalement et ne peut transporter que ses occupants .En l’occurrence, les pilotes d’une association humanitaire dont le parcours et la carrière sont connus. Monsieur Godivaud n’en revient pas de l’absurdité du dossier de ces concitoyens ». Pour autant, Catherine Soupaux s’habitue de plus en plus au pire. A force d’entendre son compagnon lui répéter: « c’est politique, cette affaire. C’est chaud, c’est très haut, je suis un bouc émissaire, un otage de l’état mauritanien ».   

 

Cheikh Touré Source : La Tribune n°364 du 28 août 2007       

  




Dans l’œil du cyclone, la polygamie

27082007

Dans l’œil du cyclone, la polygamie 

Enquête de Bâ Talibé, dit Aboubécrine 

 

Phénomène de société, tradition séculaire ou recommandation religieuse ? La polygamie est toujours là. Elle continue de marquer la vie des foyers mauritaniens, toutes couches et communautés confondues. Que penser de cette pratique sociale, néfaste pour certains et vitale pour d’autres? Comment est-elle vécue ? Quelles en sont les  conséquences ?

 

 

Beaucoup d’hommes pensent que la polygamie est normale. Surtout pour un musulman.  Se basant sur des versets du Coran, ils soutiennent qu’elle permet à la communauté musulmane de s’élargir. Les fervents partisans de cette position citent des hadiths du Prophète Mohamed (PSL) encourageant les jeunes à épouser les femmes procréatrices…

Il y en a même qui estiment que c’est la sunna… Pourtant les versets de Coran faisant mention de la possibilité pour un homme d’avoir plusieurs épouses (polygynie), attirent l’attention sur la délicatesse de cette pratique. “Si vous craignez de ne pas être justes, limitez vous à une seule”, dit le Coran ; ou encore : “vous ne parviendrez jamais à être équitables entre vos femmes.”

Selon le nouveau code du statut personnel (CSP), la fille peut choisir la monogamie. Et ce en vertu de l’article 28 du même code qui lui permet de stipuler dans le contrat que son mari n’épouse pas une seconde femme.

Le non respect de cet engagement pris au départ donne à la femme la possibilité d’une dissolution judiciaire du mariage en plus d’un don de consolation laissé à l’appréciation d’un juge.

Sur le terrain, la réalité est tout autre. Les hommes épousent et répudient les “âmes sœurs” selon leur bon vouloir. Cette pratique est d’autant plus facile que la conception du mariage polygame diffère selon les communautés du pays.

Chez les Peuls, la polygamie ne choque personne, elle est admise. Dans la conscience pulaar le “Naouligou” a beaucoup d’avantages. Il permet de tisser les liens entre les différentes familles, consolide le groupe et confère au polygame un prestige. C’est pourquoi dans la société peule les filles ne peuvent pas s’opposer à la polygamie. Dans ce milieu, selon un article du journal Le Calame paru en 1994 et disponible sur Internet sous le titre “Femmes et Traditions ancestrales en Mauritanie”, 36% des femmes sont mariées à un polygame. Un chiffre important au regard de l’importance que revêt la position de première épouse dans les communautés négro-africaines en général…De plus la répudiation est mal vue…

Comme les Peuls, les Soninkés approuvent, dans leur majorité,  la polygamie. Fortement pratiquée dans cette communauté, elle est censée “agrandir” la famille, consolider le groupe, éviter la débauche des filles. Autant de raisons motivent 50% des femmes Soninké à vivre avec des maris polygames.

L’équilibre social dont la responsabilité incombe dans cette société à la femme dépend du mariage. Son échec expose la femme à toutes sortes de vindictes.

Les Wolofs battraient le record de la pratique polygame : 53% des femmes vivent dans des foyers polygames. Elles donnent l’impression de jouer le jeu : opérations concurrentielles de charme, prévenances particulières. Tout est bon pour accrocher le mari commun…

Chez les Maures, la polygamie est rare parce que refusée par la culture du milieu. Seuls les riches et les grands Cheikhs la pratiquent. Encore faut-il que ce soit dans la plus grande discrétion. D’où le terme de “sirriyya”. Une pratique dont la question de la  légalité religieuse est l’objet de controverse. Il est rare, sinon impossible, de voir deux co-épouses habiter dans la même concession conjugale. C’est que dans cette communauté, la femme bénéficie d’un privilège. Elle donne l’impression de tenir les rennes du pouvoir.

A côté de cette observation, nous avons procédé à un sondage trottoir auprès de certaines personnes réparties entre les tranches d’âges situées entre 20 et 60 ans. Il se trouve que les points de vue divergent en fonction des générations.

Ainsi les jeunes (20-40 ans), dans différents quartiers de Nouakchott, se disent contre la polygamie. Sur un échantillon de 100, 85 des personnes, mariées ou célibataires sont contre la polygamie. Pour les jeunes couples mariés la tendance est à la monogamie  bien que certains envisagent la polygamie à l’avenir si les moyens le leur permettent.

Il faut dire que les jeunes ont plusieurs raisons de réfuter l’éventualité de devenir polygames. Certains arguent qu’elle peut causer la discorde au sein de la famille, d’autres estiment qu’elle peut être source de propagation des maladies sexuellement transmissibles…

Selon  Mohamed Wone, élève au lycée technique : “La polygamie est une très mauvaise chose. Il y a toujours un malentendu entre les  femmes. Cela crée des tensions entre les enfants. Le mari est accusé d’avoir un penchant. C’est normal car l’homme ne peut aimer deux femmes à la fois.” De son côté, Moustapha Diallo, élève également au lycée technique, interrogé alors qu’il venait de se présenter au concours de l’ASECNA, affirme : “Moi, la polygamie ? Jamais! Une seule femme c’est déjà trop de problèmes. Avec deux ou trois, bonjour la catastrophe. En plus, il faut être prudent dans la vie actuelle. Avant de  se marier, il faut faire un dépistage, car il y a les MST… et Dieu sait que la jeunesse n’est pas à l’abri.”

Certains pensent que même si elle devait être adoptée, la polygamie serait une solution remède à d’éventuels problèmes sociaux : désir d’avoir un enfant, par exemple. C’est en tout cas l’avis de MKD, cet autre élève qui a préféré rester anonyme. Il affirme : “je ne serai polygame que si ma femme est stérile.”

Quant aux filles ou jeunes femmes la réaction monte d’un cran. Aissata Sarr, 25 ans, étudiante, affirme, catégorique : “La polygamie ? Pas question! Il n’y a que des problèmes. Le mari aura toujours un parti pris et ce sera la haine entre les épouses. Je ne serai jamais l’épouse d’un polygame. Aussi riche, soit-il.” Madame Guissé Aicha, 40 ans prestataire de services et juriste de formation est encore plus corrosive: “la polygamie est contraire aux valeurs modernes à savoir la gestion familiale le coût de la vie. En plus aujourd’hui les femmes ont appris à être indépendantes des hommes. Certaines, dont je suis, travaillent. Au vu de ces raisons la polygamie n’a plus droit d’exister.”

Décidément! La polygamie est devenue l’ennemi public numéro un des femmes. Presque 75% d’entre elles n’en veulent plus. Une seule voix discordante cependant : “L’essentiel, confie une étudiante divorcée, c’est de se marier et que l’homme ne varie pas au fil du temps. S’il change, poursuit-elle, on demande le divorce. C’est tout.”

De leur côté la majorité des gens mariés qui ont entre 40 et 60 ans ne veulent pas de la polygamie. Pour des raisons personnelles, financières, et morales. La polygamie n’est pas bien perçue. L’on pense que l’homme ne peut être juste car le cœur flanche toujours d’un coté. Les difficultés du foyer, la responsabilité à assumer, font que cette pratique est à bannir. On peut dire qu’ils représentent 60% du lot. Quant à la deuxième partie (40%) des adultes, mariés ou non, ils ne rechignent pas à l’envisager à l’avenir. Ces hommes avancent que notre religion l’autorise, “il y a trop de filles qu’il faut secourir” et qu’on a besoin de changer car “l’homme a droit à la joie”. Beaucoup disent que ce qui les retient d’être polygames c’est l’insuffisance pécuniaire. Enfin d’autres restent indécis et que chacun est libre de choisir la vie qu’il veut mener!

Beaucoup d’autres questions restent liées à cette pratique. Existe-t-elle au sein de la classe politique ? Comment y est-elle vécue ? Qu’en est-il des mariages tenus secrets ? Autant d’interrogations auxquelles nous essayons de répondre.

 

 

Paroles de polygames 

“Beaucoup d’hommes sont polygames  sans le vouloir. Moi par exemple ma première femme m’a été choisie par mon père, ma deuxième  par mon oncle maternel et la troisième, c’est moi-même qui l’ai choisie.” Ce témoignage d’A.T, retraité de la fonction publique, qui est aujourd’hui gardien de magasin, montre le caractère purement traditionnel du mariage. Une pratique sociale soumise à des contraintes relationnelles presque sacrées. Le fait est que dans les communautés traditionnelles du Fouta et du Guidimakha en général les conjoints sont choisis par les parents aussi bien du côté paternel que du côté maternel. La “denrée féminine est presque imposée. L’homme accepte par obligation les différentes offres. Convenances sociales et désir de procréation ? Tout est là pour justifier la polygamie.  A 67 ans ce vieux retraité affirme : “Mes trois femmes m’ont donné 25 enfants. Elles vivent toutes dans la même concession sans problèmes parce que j’essaye d’être le plus juste possible entre elles.” Mais si le but des mariages polygames peut être la procréation, ses conséquences sont ailleurs incontrôlables. M. C commerçant à Elmina avoue :“J’ai été polygame par nécessité. Après cinq ans de mariage je n’avais pas d’enfant avec ma première épouse .J’ai alors décidé d’épouser une seconde femme avec d’ailleurs l’avis de la première. Mais dès que la seconde a commencé à avoir un, deux, trois c’était la terreur dans ma famille. La première, par jalousie ou par méchanceté, était devenue méconnaissable. Chaque jour, elle nous fait des histoires. Je ne  peux pas la répudier. Les parents diront que je suis injuste mais franchement elle est insupportable actuellement dans la maison.” M.C est-il seulement conscient de la frustration qu’il a causé à sa première épouse ?  La réaction de celle-ci est très révélatrice : “laissez-moi en paix! Je n’ai rien à vous dire.”  Comment alors  tenir le coup d’une polygamie sans accrocs ? “Les malentendus sont inévitables mais on arrive toujours à les surmonter”, confie l’une des épouses de A.T.  Pas facile de s’entendre quelle que soit la bonne volonté. La situation demeure difficile à supporter. Psychologiquement. “Au départ on s’entendait bien, confie la seconde épouse de M.C. Mais depuis que j’ai eu mon premier enfant, poursuit-elle, c’est la guerre. Ma  co-épouse ne veut plus me voir. Elle me déteste et déteste aussi mes enfants. Elle oublie le destin et me fait porter tous ses malheurs. C’est très difficile avec elle en ce moment.” D’autant plus difficile que certains hommes sont confrontés à des dilemmes

 

M S  est fonctionnaire. A 58, il a été contraint de séparer ses deux familles et de supporter la cassure. “Mes enfants ne se connaissent même pas”. Peut-être qu’à l’avenir ils sauront qu’ils ont le même père.” Un échec ? En tout cas, La situation de M.S n’est pas loin de celle de cet ouvrier de 36 ans, débrouillard, rencontré au marché Thieb Thieb. :“Si je savais que la polygamie me mènerait à cette vie jamais je ne l’aurais pas faite. J’aimais ma première femme mais mes parents m’imposèrent ma cousine comme seconde épouse. Malheureusement  elles ne font pas bon ménage.  Aujourd’hui ma première femme m’a quitté avec mon enfant dans le ventre. Elle demande le divorce. Ce que je refuse car je veux voir mon enfant naître et pouvoir m’occuper de lui. Toutes les médiations auprès de ma femme ont échoué je ne sais plus comment  faire. Je pense même faire intervenir la loi pour régler le problème. Je crois que c’est l’ultime recours pour que mon épouse regagne notre domicile.”

D’après ces témoignages, la polygamie se solde toujours par un échec : divorce, dislocation familiale, conflits, haine…Il ressort toutefois que les jeunes couples résistent moins aux pressions de la pratique du mariage polygame. Manque d’expérience ou de patience ? Contexte inadapté ou incapacité à contrôler le foyer ? Toujours est-il que le premier témoin, du haut de ses soixante sept ans, avec ses trois femmes et ses vingt-cinq enfants, fait figure de capitaine aux trois navires qui n’ont pas chaviré malgré les grandes tempêtes de la polygamie… 

 

Polygamie et divorce 

Source La Tribune 

Le taux de divorce est différent selon les composantes du pays mais certains mariages polygames finissent par des divorces. Généralement c’est la première épouse qui est répudiée au profit de la deuxième ou de la troisième dans presque toutes les couches sociales du pays. Ainsi chez nous le taux de divorce dans les foyers polygames diffère selon la communauté. Chez les Peuls par exemple il est de 4,7% ,chez les Soninkés de 3,6%,chez les Wolofs de 2,5% alors que chez les Maures il et de 37,6%. Le faible taux de divorce chez les negro  mauritaniens s’explique par la culture. En effet dans ces différents milieux la femme divorcée est mal vue; ce qui explique le “sacrifice” des femmes à conserver les liens conjugaux surtout s’il y a des enfants. Chez les Maures, la conception du divorce est tout autre. Dans la mentalité collective des femmes de cette communauté, la femme se glorifie par le nombre de maris qu’elle peut compter dans sa vie. Le divorce est donc loin de constituer une humiliation pour la femme. Bien au contraire. 




La maffia de l’aspirine et des antibiotiques

27082007

Sexe, maladies, mort… 

 

Ailleurs, c’est sous les yeux de chaque mauritanien. De jour en jour, pilulent dans nos rues des « pharmacies-boutiques ». Sur 100 autorisations d’ouverture octroyées, 80 d’entre elles, le sont frauduleusement. « Maintenant à Nouakchott, entre deux pharmacies se trouvent une pharmacie », s’ammuse-t-on à dire. A la polyclinique, ou Waghfet El Mechakil sur un kilomètre, elles sont alignées de part et d’autre du rond-point. La concurrence est rude et déloyale: les prix ne suivent aucune logique.

 Mais au fond, sur quelle base est attribuée l’autorisation ? Certains grands commerçants, pour contourner la loi, vont au Sénégal ou au Mali débusquer un diplomé en pharmacie pour l’aider administrativement et financièrement à ouvrir et tenir une « boutique de médicaments ». Au bout d’un temps, ils renvoient le type et recupèrent leur bien qu’il donne à un parent qui n’y connait que dalle.

D’autres ne s’embarrassent même pas de tout ce tralala. « Avec l’argent tout est possible chez nous ». Suffit-il de graisser la patte ?

Sans la bénédiction de l’Inspection Générale de la Santé, l’aval pour ne pas dire la complicité des services de douanes, et autre caution de départements ministèriels, comment comprendre la réussite insolente de ces milieux ?

Aujourd’hui cette maffia du médicament est tentaculaire. Elle touche à tout. Des produits de la CAMEC se retrouvent régulièrement dans le circuit commercial clandestin.  Qui profite du malheur des malades et des accrocs de drogues (sida, paludisme, tuberculose, IST, drogue, alcool…)

Sur le plan international, le commerce de contrefaçons de médicaments couvre 10% de la consommation mondiale. Combattue dans les pays du Nord par les grandes firmes pharmaceutiques comme l’américain Pfeizer ou le suisse Novartis – création récente d’une puce électronique d’identification de produit authentique – en Afrique et en Asie, la falsification serait encouragée par quelques gouvernements. Motif ? C’est une autre façon de lutter contre le brevet exclusif de fabrication de médicaments essentiels (les génériques) des multinationales occidentales.

Si la démarche peut sembler de « bonne guerre », elle ne constitue pas moins, une entorse à la loi sur la propriété intellectuelle et le brevet.

Et dans cette brèche de « cause juste », se sont engouffrés des « nique-le-bénéfice »qui défendent que « le vrai c’est ce qui sert »

Sur le plan national, des histoires d’ordonnances établies au pif ou de médicaments prescrits ne servant à rien peuplent le quotidien du Mauritanien.

Des docteurs sont payés à la commission par des fournisseurs ou fabricants de médicaments suivant le nombre de fois qu’ils prescrivent leur marque aux patients. Les pharmaciens ne sont en marge de cette marchandage.

« Pour une simple migraine quand on achète un produit fait de molécules vides donc inoffensifs, il faut s’estimer heureux. Car sur le marché, circulent dès fois des molécules dangereuses pour la santé. Au mieux une autre maladie et au pire la mort », confie un médecin.  A la question comment lutter contre ces pratiques, l’ensemble de la profession de pharmaciens consciencieux, s’avouent avec amertume impuissants face à cette « puissante industrie parallèle ». « C’est un réseau international où parait-il des fabricants connus n’hésitent plus à collaborer avec des contrefacteurs dans la fabrication de substances destinées aux marchés africains, asiatiques ou de l’Amérique du Sud », révélations contenues dans le rapport d’un enquêteur sur le conflit de l’Industrie pharmaceutique et contrefacteurs. « A moins que l’Etat ne durcisse les lois sur l’importation de médicaments et la vente de ceux-ci »,  disent sans illusions des compatriotes diplomés et propriétaires d’officines.

En attendant, à travers le marché des médicaments circule beaucoup de poison à portée de main.

 Enquête de Cissé El Hadj

Source/ La Tribune

 

 




Boghé :un coup de maître pour les jeunes de l’Association des jeunes de Dioullom (Dental),

27082007

  

Pour un coup d’essai ça a été un coup de maître pour  les jeunes  de l’Association des jeunes  de Dioullom (Dental), village situé à 18 KM au nord-ouest de  la moughata’a de Boghé, d’organiser pour la première fois leurs 72 heures culturelles et sportive après 13 ans d’activité. Au cours de ces 72 heures, les jeunes ont pu faire revivre des pans entiers de la culture et la tradition qui avaient tendance à disparaître. C’est aussi un moment très fort où l’imam de la mosquée a présenté une conférence à l’intention de tous les participants sur « l’Islam et
la Jeunesse  ». Au cours de cette conférence, le conférencier dira que « l’Islam est en phase avec le développement et qu’il n’est pas contre la modernité et que la jeunesse actuelle doit se ressourcer pour toute activité ». Au cours du 2e jour, M. Djigo Moussa présentera une conférence relative à l’environnement. Le conférencier dira que « l’écosystème est vital pour toute vie (animale et végétale) et par conséquent, les jeunes doivent être à l’avant-garde de le protéger et de l’entretenir. Il faut noter que le village de Dioullom situé sur une dune de sable est complètement ombragé. Cela est dû à la vigilance des jeunes qui se sont constitués en comités de surveillance et de vigilance pour la nature. Plus de 20 ans, aucun arbre n’a été abattu, ni dans le village, ni dans les environs. Et le 3e jour a été consacré à un reboisement de certains sites du village. 

A l’ouverture des 72 heures culturelles, M. Aliou Djibril Sow, a prononcé un mot à l’intention des participants et les villages invités. Au cours de ce mot, M. Sow va axer son mot sur un idéal commun à tous qui doit être un développement socio-économique de son village d’une part, et d’autre part au développement de
la Mauritanie. Et cela ne peut se faire sans l’apport de la jeunesse. Dans son discours, il lancera un appel aux jeunes de « redynamiser certaines valeurs qui tendent à disparaître. Tout ce qui nous vient de l’étranger n’est pas bon ». Il faut rappeler que l’ONG APEM, par le biais de secrétaire général, Sow Mokhtar, leur seul partenaire, leur a apporté le soutien moral, du matériel sportif et une pépinière d’arbres à reboiser. Au cours de ces trois soirées qu’ont duré les activités, des artistes locaux ont animé des soirées culturels. Cependant, une touche particulière a été apportée par le grand communicateur traditionnel, Sy Cheikh qui usé de ses talents d’orateur pour animer les 72 heures. Enfin, des matches de football ont opposé les villages invités et les équipes locales. 

Il faut noter que tout au long des 72 heures, un esprit de fair-play a prévalu. Ce qui a permis aux jeunes de se donner rendez-vous pour la prochaine année pour faire encore mieux. 

                                       Abou Boubou Fall, 

                                        Cp. Brakna 

 




POUR QUI SONNE LE GLAS : Epître au pharisien en exil pour lui dire qu’il y’a deux ans …

27082007

POUR QUI SONNE LE GLAS : Epître au pharisien  en exil pour lui dire qu’il y’a deux ans …  

                        

Voici venu le mois d’Août. D’habitude il annonce l’ensoleillement des ténèbres dans la zone tropicale  Nord.  

Voici revenu, devrais-je dire,  ce mois béni d’Août, où se sont révélées, pour le commun des mauritaniens, des vérités jusque là enfouies dans les profondeurs des ombres chinoises, qui du bout des doigts de  l’illusionniste que vous étiez, excellence OULD SIDI AHMED TAYA, nous avaient fait prendre des vessies pour des lanternes.  

Voici revenu donc le mois d’Août. Et voilà  deux ans, ou si vous préférez, 2 fois 360 jours depuis cette nuit du 03 Août 2005, où, vous vous résignâtes à sauver, subrepticement, votre  personne des griffes de vos anciens dévoués du Comité Militaire de Salut National. (CMSN) comme on le nommait. 

Alors, l’exil, le dernier argument des rois déchus, t’accueillait à bras ouvert !   

Pour mémoire, il est à noter que vous trôniez à cet instant sur
la Mauritanie depuis ce jour du 12 /12 / 1984, où avec quelques aventuriers, vous  mîtes fin, sans tambour ni trompette, au règne de MOUHAHED KHOUNA OULD KHAIDALAH. 

A l’époque,  toute
La Mauritanie , comme un seul homme voulut croire que vous étiez le Messie, annonciateur de
la Rédemption ! Malheureusement, en 21 ans de règne absolu,
la Mauritanie aura subi stoïquement son châtiment ; Vous lui avez en effet montré les fastes de vos turpitudes dictatoriales :  

Comme beaucoup de vos pairs, vous n’aviez guère lésiné sur les  crimes politique et économique, sur le bannissement ou l’emprisonnement de vos opposants pour sauvegarder votre tabouret. Je ne vous apprends rien sur votre passage à la tête de
la Mauritanie  !    

D’autres gens, plus au parfum de la « chose mauritanienne », feront un jour le réel bilan de vos années de pouvoir. Jà croyez à ma sincérité ; le résultat vous vaudra la damnation éternelle.  

Vais-je me passer des procès d’intension ? Certainement.  Le temps chez vous, sans nul doute, est à l’amertume tous les mois d’Août que Dieu fasse. Et moi, j’aurai juste voulu, entre ces lignes, dessiner les contours de votre absence.  

Vous êtes partis il y’a deux ans, deux ans le temps pour le pays d’être sevré de vos mamelles rabougries, le temps pour le pays  de se chercher une autre nourriture plus calorifique à même de lui apporter la valeur énergétique indispensable à sa survie et à son développement. Deux ans d’absence et déjà fait on semblant de vous oublier. L’amnésie ! Ah cette amnésie qui donne le paroli à l’usure du temps !!!  Soyez rassuré, vous avez une histoire, même si pour l’instant elle est reléguée à l’âge de fers, de la préhistoire mauritanienne. Elle n’intéresse plus personne par moment, excepté tes anciennes victimes qui houspillent ton nom pour le plaisir de leurs cœurs !  

Qui se souvient encore de vous. El présidente  MOUAWIYA OULD SIDI AHMED OULD TAYA, si ce n’est moi qui vous vouvoie encore.  

Vous m’arrêtez si je dis faux ; Je vous imagine quelque part, dans le golf persique sans aucun doute,  au Qatar, si je ne m’abuse, dans une résidence pour nababs désœuvrés, plus précisément. Vous êtes seul dans l’un de vos  salons gargantuesques et feutrés à la décoration orientale. Seul, au milieu de tout le flot d’informations qu’ALJAZEERA déverse dans vos oreilles. Vous y entendez par moment des expressions terribles vous donnant des sueurs froides : Mauritanie, Cmjd, Election, Pétrole, Déportés, Retour, Abolition, Esclavagisme Islamisme…- quand le chat est absent…-  

Pourtant, en dépit du décor ruisselant de gaietés, dans votre tanière, votre cœur de lion, paradoxalement,  bat la chamade. Vous êtes là, triste et mélancolique comme un bonnet de nuit. 

Je vous vois faire les cents pas, des allers retours entre quatre murs tel un lion en cage encaissant les coups de pied de l’âne que vous destinent vos compatriotes : « le jour pour vous et comme la nuit » aurait dit V. GUGO. 

  

Sans doute vous arrive-t-il de rêver dans votre purgatoire. De quoi ?  Peut être de voie lactée, peut être vous tracez des plans sur les comètes sur vos bras ! 

Les herbes folles de la mélancolie peuplent votre jardin et vous arrivez à peine  à défrichez votre mémoire, une mémoire en jachère fruit d’un règne plaçait sous le sceau de l’incapacité. Quels souvenirs gardez –vous de
la Mauritanie  : un palais des milles et une nuits et son jardin ‘’Suspendu’’, entretenu d’une main verte…Il semble  aujourd’hui, à titre d’information, que SIDI OULD CHEIKH ABDALAHI( c’est le Président) est allergique à tous les mauvais pollens de ton ancienne belle demeure.  Ainsi passe la gloire du monde, serait –on tenter de dire !  

Quelqu’un le disait tantôt : Là où vous avez fait un désert, vous souteniez que vous y avez apporté le « livre » et le « net ».  

Certes il y’avait en Mauritanie  le Sahara et ses oasis, puis vous êtes venu, vous et vos multitudes de satrapes, le diable au corps, dans votre travaille de termite, ce désert jadis accueillant est devenu  aride, inhospitalier, et les quelques arbrisseaux de cette contrée se sont transformés en épines sanglantes. 

 Et encore et toujours vous autres les césars au pied d’argile, imperator fieffés, continuez à prétendre qu’après vous ce sera le déluge ! 

Rassurez-vous il n’en est rien pour votre pays.
La Mauritanie  même si elle ne se porte pas comme un charme, depuis ce mois d’Août 2005, déploie une mine démocratique juvénile sur son environnement (petit à petit l’oiseau fera son nid). 

Il est tout à fait difficile voire impossible de réinventer dare-dare une Mauritanie Nouvelle, les gens, habitués à votre Baraka qu’ils sont, ont eu du mal à  danser sur les notes du Cmjd, votre « ATILA ». Le Cmjd justement sous l’égide de OULD AHMED VALL a fait voter une nouvelle Constitution pour surtout décourager les présidents  à vie, mis sur pied une assemblée et accompagner la transition jusqu’à l’élection de SIDI OULD CHEIKH ABDALAHI, un nom qui vous dit quelque chose d’autant plus que ce dernier s’atèle à réinventer le style présidentiel genre « pas de tabou pour qui veut se mettre au boulot » :Tenez récemment il mijote le   retour des mauritaniens que vous avez exilé au moment où vous brilliez « dans les ténèbres de la puissance » à l’époque « La puissance des ténèbres »  dans ses pantalonnades vous appelez  LION ! (Lion c’est d’ailleurs le signe zodiaque des natifs d’Août quelle coïncidence) 

Mieux, cette même personne  s’est attaquée à la pratique de l’esclavage. En la criminalisant. Il parait que pour vous ce crime de « lèse humanité» était le cadet de vos soucis, tant que  vous arriviez à nommer un premier ministre « harratine ». Bon vous le savez plus que moi, vous qui avez lu Machiavel, et pour peu que vous ne le déchiffrassiez  à l’envers, que la religion du prince est souvent  celle du peuple. 

Ce peuple aujourd’hui par la grâce des réverbérations du soleil d’Août éclairant sa lanterne  pense que tous les maux qui clouent
la Mauritanie au pilori du sous développement vous sont imputables à juste titre. 

Ne vous déplaise, si je me plais à ne point vouloir vous voir en peinture,  Monsieur, mon Colonel, l’Ancien, le Déchu. Vous voyez ! A peine arrive ton à vous trouver un titre qu’on se perd en conjecture. 

Pff…en fin, pour l’anniversaire de votre exil, il aurait étant décent de vous convoyer des fleurs dignes de votre rang d’ancien Président de
la République Islamique de Mauritanie. Seulement, le désert de Gobi que vous avez contribué à implanter ici ne recèle que des épines vénéneuses.     

Je vous image Mouawiya depuis votre « Sainte Hellène» assister à votre corps défendant à l’effilochage du cache sexe que votre régime, d’une pudeur pharisienne avait fait adopter à l’ensemble des mauritaniens. 

Oui,  c’est ainsi que passe la gloire du monde, et l’ « exécrable soif de pouvoir » conduit à la déchéance humaine ! 

Voilà qui s’en va le mois d’Août. Il a ensoleillé les ténèbres. Maintenant, Triste est votre étoile, brillant sera notre soleil à jamais au zénith. B. Brecht conviendrait volontiers avec moi que : ceux qui sont dans la lumière, on les voit, et celui qui est dans l’obscurité et l’esseulement de l’exil on le voit pas… !  

  

  

  

                                    Mounirou Fall 

Source la Tribune   n° 363 




Les Echos Par Mohamed Fouad Barrada

22082007

Les Echos Par Mohamed Fouad Barrada 

 

                                        Une  affaire qui cache une autre 

barrada1.jpg Les diplômés de troisième cycle sortant du Maroc  ont un sérieux problème, depuis le changement du système des études supérieures au Maroc de DEA  BAC plus 5 au DESA BAC plus 6 (deux ans  d’études) conditionné par une recherche  soutenue devant un jury, notre commission d’équivalence de diplôme les considèrent  comme des ayants du DEA.

Alors que suivant les textes régissant les études supérieures, leurs diplômes  sont assimilés à un titre de doctorat  de troisième cycle voire un magister (bac +6). La commission de l’équivalence des diplômes ne s’est pas réunie  depuis 2001. Quelles sont les causes et les conséquences de tels actes?

Si l’on en croit les diplômés du  Maroc, il est question de leur barrer le chemin  en faveur d’autres diplômes car l’université n’accepte que les magisters (de l’Egypte, de l’Irak et des autres pays du proche et moyen orient  et le doctorat de troisième cycles de l’Algérie, ou du Sénégal).

Les diplômes sénégalais ont une particularité; avec un DEA  (appuyé par un   mémoire) et une  deuxième année de recherche sans soutenance l’étudiant obtient un doctorat de troisième cycle (Bac +6), alors qu’au Maroc, il faut deux ans d’étude et une soutenance le plus souvent en troisième année (cas de la faculté des sciences juridiques économiques et sociales).

Parmi les conséquences, les responsables du récent concours de l’institut supérieur d’études  islamiques ont posé comme condition de participation  d’avoir un magister ou un  doctorat de  troisième cycle. Plusieurs individus  n’ont pas compris la démarche car les organisateurs du concours ne connaissent pas la valeur académique de leurs  diplômes. Le chemin était barré  devant ces diplômés.  

Tout récemment, le groupement de diplômés du Maroc s’est réuni pour lutter contre cette injustice, ils ont nommé comme secrétaire Cheikh O Sidi Abdallah  le rédacteur en chef du journal El AKBAR. La procédure de la légalisation de l’association est en cours.

Toutefois, les membres de cette association craignent que les hommes forts de la  commission d’équivalence qui devrait siéger  prochainement pour traiter le problème et qui sont en majorité des doyens de facultés de Nouakchott leur barrent aussi la route. Les lobbies  des sortants de l’institut arabe de l’Egypte peuvent influencer les décisions, car dans un avenir proche  le recteur et les doyens seront choisis selon le vote des professeurs. Et comme l’université est fortement dominée par ces lobbies  dont les diplômes ne sont pas d’ailleurs reconnus dans plusieurs pays sauf bien sûr l’Egypte et notre pays, veulent   continuer leurs mainmises sur l’université.

Notons que l’université voudrait   organiser des concours de recrutement d’une soixantaine de diplômés durant les deux années prochaines et que l’affaire de l’équivalence devient de plus en plus urgente.

 

Source :
La Tribune

 

 

 

 







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