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Contre tout souverainisme crache-misère

10072007

 

  

Le débat sur la réconciliation nationale est enfin ouvert. Comme de bien entendu, les termes en sont clairs : le pouvoir a encore fait ce qu’il fallait faire. Le discours du président est plébiscité comme jadis les « exactions » qu’il dénonce sous le régime arbitraire. A l’instar de la mafieuse transition militaire dont on n’a pas encore déminé les bases arrières. Les mêmes applaudissements qui étouffent les complaintes et les prières. Là où l’urgence est aux analyses approfondies et complémentaires, la propagande et la haine oeuvrent de concert.  Là où le renouveau est nécessaire, c’est la même symbolique qui persévère. La volonté officielle étant de ne pas s’embarrasser de l’avis expert ou modérément contraire. 

 

Pays termitière 

C’est un danger pour la survie de
la Mauritanie que la vocation de son opinion publique à suivre le premier venu des commanditaires. La colonisation s’en était déjà servie comme donnée première. Et la récente transition putschiste aura eu le tort de témoigner universellement de cet endémique travers. Les sbires d’un dictateur déchu furent plébiscités comme de providentiels missionnaires. Et les foules serviles et les partis crédules s’empressèrent d’en bénir l’électoralisme primaire.   

Telle inconscience collective est fatale par temps de guerres affranchies de contraintes frontalières. Désormais, la globalisation des appétits condamne tout réduit local qui se laisse facilement faire. Par l’invasion d’un conquérant planétaire en mal de ports pour ses navires de guerre. Face à l’Europe pacifiée et côtière. A proximité de l’Asie plus ou moins guerrière. 

C’est dire que le suivisme intérieur compromet l’indépendance vis-à-vis des puissances étrangères. Quand il n’encourage pas l’expansionnisme et ses chasses aux trésors de matières premières. Dans les sous-sols sans autorité légitime et régulière. A la surface d’un désert miné « d’arabité négro-berbère » qui vit comme un péril son africanité héréditaire. Dans un état qui refoule sa négritude dans les bidonvilles populaires. Au gré des déterminismes suicidaires qui en nourrissent les fractures intercommunautaires. En dépit de l’islamité collective et multiséculaire, les crises et tensions identitaires finiront par entamer le minimum de souveraineté nécessaire. Fêter ses déportés extérieurs et intérieurs, c’est aussi consolider l’unité sociologique d’un pays termitière.  Loin de tout consensualisme pervers : pour ne pas devenir une poudrière naturelle en zone pétrolifère… !
  

Idéologues pour militaires 

C’est dans cette perspective souverainiste que l’autocensure présidentielle faillit à sa vocation première : assumer la responsabilité de l’état et la complicité des hommes qui étaient aux affaires. Y compris l’opinion publique qui a laissé faire. Sans que le plaider coupable officiel ne se transforme en chasse aux sorcières. 

Mais la fragilité de ce discours historique a d’autres raisons tout aussi particulières. Dont la moindre n’est pas la mainmise du système militaire sur les volontés légitimes de ses successeurs. Son putschisme sournois séquestre toujours le quotidien des ministères. Les hommes d’affaires et les parlementaires se recrutent encore dans le vivier de ses années meurtrières. Puis, il y a tous ces idéologues pour militaires que le temps et les disgrâces ne font pas taire. Ils courent et discourent dans leur habituel souverainisme « crache-misères». Ils crient à la massive invasion de fourmilières. Dans leur guéguerre de mémoires victimaires, ils singent ( Leylihatt) les avocats endiablés de la victime arabe sacrifiée de l’autre côté de la frontière. Au lieu d’inviter un pays voisin à s’inspirer d’une réconciliation exemplaire. Quitte à l’y obliger dans le cas contraire. A condition, toutefois, de réussir leur modèle de retrouvailles entre frères. 

Pour l’heure, il reste urgent de « rassurer » les revenants sur le mea culpa de l’état sanguinaire. Pour enraciner un « plus jamais ça » dans la conscience populaire. Loin du règne de la demi-mesure et du laisser (sans) faire, il faut que chaque mauritanien puisse à son tour  « compatir » avec ses frères. Afin que les uns se lavent définitivement de leur folie « passagère ». Que d’autres pardonnent sans rancune ni marche arrière. Que le peuple tout entier se sente fier d’accueillir ses déportés sur leur terre. Pour qu’enfin
la Mauritanie redevienne hospitalière. Qu’elle puisse se partager et se refaire. Entre cette voie et son contraire, le choix d’avenir est on ne peut plus clair… 

 

                                                                                                                                                                                            Cheikh Touré 

 

Source la Tribune N° 357 




Repères

10072007

Nouveau démenti mauritanien de présence militaire américaine sur son sol.


Le ministre mauritanien des affaires Etrangères et de la coopération, M. Mohamed Saleck Ould Mohamed Lemine a catégoriquement démenti samedi, les informations circulant à Nouakchott sur l’existence dans le pays, de prisons ou bases militaires secrètes américaines 


Interpellé sur la question par le parlement, le chef de la diplomatie mauritanienne, a réaffirmé, « de façon définitive, claire et catégorique qu’aucun centre détention, aucune base militaire américains n’existent ici ». Si les Américains en expriment le vœu, a-t-il ajouté, le gouvernement ne l’autorisera pas, a encore indiqué Mohamed Saleck Ould Mohamed Lemine

 

Pour le ministre des Affaires Etrangères, les informations diffusées dans la presse étrangère, « ne dépassent pas le stade des rumeurs mensongères ». 

Les députés avaient interpellé le chef de la diplomatie, pour une « réponse claire et juste », parce qu’ils considèrent que les informations faisant état de présence américaine sur le sol mauritanien, sous la forme de prison secrète, ou de centre d’entraînement, « nuit gravement à l’image du pays et à sa réputation à l’extérieur ». 


Les parlementaires sont allés jusqu’à demander au gouvernement d’organiser des voyages pour les journalises, sur les lieux supposés abriter les établissements, afin de « contrecarrer cette campagne venimeuse visant à ternir l’image de la Mauritanie ». 


L’information portant ouverture en Mauritanie, des établissements en question a été publiée pour la première fois, le 20 juin dernier, par le journal américain « The New Yorker », sur son site Internet. La presse française a ensuite relayé en écho, suivi d’une chaîne de télévision iranienne, qui a diffusé des images sur un « prétendu » centre de détention américain, en mauritanie. 


A Nouakchott, c’est « Houria (liberté en arabe), qui évoque deux centres américains de détention dont le premier serait à Néma, à l’extrême est du pays (1250 km de Nouakchott) et le second à Tevragh-Zeina, quartier chic de la capitale. 


C’est la deuxième fois, que les autorités gouvernementales montent au créneau pour démentir ces informations relatives à une « présence américaine ». Le ministre de la Défense d’abord, celui de la Justice avaient déjà démenti « la rumeur qui perturbe » l’opinion publique mauritanienne. 

 



Note: Info source : Agence de Presse Africaine 

 

Une ONG pour des mesures contre l’esclavage en Mauritanie

Une organisation anti-esclavagiste et de défense des droits humains mauritanienne, SOS Esclaves, a réclamé, dimanche, une série de mesures pour l’éradication définitive des pratiques esclavagistes en Mauritanie.

Dans une allocution prononcée lors d’une journée de réflexion consacrée à la question, le président de l’ONG, Boubacar Ould Messaoud, a notamment plaidé pour une unification du droit pour arriver à la caractérisation et à la sanction pénale et civile des pratiques esclavagistes par un amendement du code pénal introduisant une disposition criminalisant le phénomène.

SOS Esclaves réclame aussi la création d’une instance nationale chargée de coordonner la lutte contre le phénomène qui soit dotée de moyens conséquents pour éradiquer la pauvreté au sein de la catégorie sociale des esclaves ou anciens esclaves.

L’ONG demande également une réforme foncière ouvrant le droit d’accès à la propriété sur les terres de culture et une adaptation du code du travail prenant en compte le problème spécifique de la situation des ex-esclaves vis-à-vis de leurs anciens maîtres.

Elle se prononce enfin en faveur de la destruction « de la légitimation religieuse » des pratiques esclavagistes par un appel aux uléma et du droit des ONG de se constituer partie civile pour défendre l’intérêt des victimes à l’occasion des procès pour pratiques esclavagistes.

La Mauritanie prépare actuellement une loi criminalisant les pratiques esclavagistes. Dans le passé, plusieurs mesures de droit n’ont pu venir à bout de ces pratiques faute de volonté politique, estiment les associations de défense des droits humains.

Pana

Note: Info source : Pana via Mauritanie-Web 

 

Le ministre de la culture : le programme du ministère est fondé sur la décentralisation et la valorisation de la culture 

M. Mohamed Vall Ould Cheikh, ministre de la Culture et de la Communication a souligné que le programme de son département au cours des 6 derniers mois de l’année en cours se fonde sur deux axes à savoir la décentralisation de la culture et sa valorisation d’une part, et l’information de l’opinion publique à travers la préservation de la liberté d’expression, de l’autre. 

Le ministre a indiqué, lors d’une conférence de presse tenue ce samedi dans son bureau à Nouakchott que le développement du secteur de la culture se base sur plusieurs axes dont le plus important est le recensement et la valorisation du patrimoine culturel mauritanien dans ses aspects matériel et immatériels en plus des traditions orales.

Il a ajouté que le ministère oeuvre, dans ce cadre, à promouvoir et à propager la culture à travers le recensement et la redynamisation des institutions qui y interviennent qu’il s’agisse des associations de poètes, de gens du théâtre, du cinéma ou autres faisant remarquer la nécessité de rapprocher la culture des citoyens au moyen de sa décentralisation. 
 

M. Mohamed Vall Ould Cheikh a mis l’accent sur le fait que les mécanismes de cette décentralisation se baseront sur les maisons du livre qui existent dans toutes les mougataa du pays ce qui est de nature à fonctionnaliser les délégations régionales du ministère et de doter chaque moughataa d’une maison de la culture qui s’occupera de tous les aspects intéressant le secteur. 

En plus de cela il convient, dit-il, de créer des musées dans chaque wilaya, pour mettre en exergue leur spécificité car dit-il, le but de la création de directions régionales de la culture est de permettre la connaissance des talents locaux afin de les dynamiser, de les organiser mais également d’encourager le tourisme culturel dans les villes historiques et de montrer leur singularité culturelle comme « amersal » à Tichitt ou « la cuisine de Oualata« .

Au sujet de la promotion du secteur de la communication, le ministre a noté que le gouvernement s’est soucié, dans son programme, de la liberté d’expression en général et de celle de la presse en particulier relevant que « depuis la prise de fonction du gouvernement aucun cas de censure n’a été recensé » en dépit de ce qu’il a appelé « des dépassements de certains journaux« . 

Il a précisé, dans ce cadre, le souci du gouvernement de faire des media publics un outil de développement et non une caisse de résonance du pouvoir. C’est précisément ce qui s’est produit à travers la grande ouverture aux acteurs politiques et aux intellectuels ces derniers temps.

M. Mohamed Vall Ould Cheikh a dit que les pouvoirs publics oeuvrent pour organiser la presse indépendante en entreprises qui disposent de sièges et d’employés de manière à en faire une presse sérieuse et responsable. 

Il a mentionné, dans la perspective des efforts de réforme, la publication d’un texte sur l’attribution de la carte de presse et une mouture de projet de loi sur la libéralisation de l’audiovisuel ainsi que l’élaboration de mécanismes d’appui à la presse. 


AMI  

 

 

 

5/07/2007
Affaire Ely Ould Dah 

Qu’en est-il de la demande d’extradition d’Ely Ould Dah, tortionnaire mauritanien libre bien que condamné en France à 10 ans de prison ? 

 

 

Lettre ouverte à Madame Rachida DATI 

ministre française de la Justice 

Paris, Nouakchott, le 5 juillet 2007 

Madame la Ministre, 

Il y a deux ans, le 1er Juillet 2005, la Cour d’assises du Gard rendait un arrêt de condamnation contre Monsieur Ely Ould Dah, ressortissant mauritanien pour crimes de tortures ou actes de barbarie commis sur cinq victimes mauritaniennes. 

Statuant in abstentia – suite à la fuite de Ely Ould Dah – la Cour d’assises a condamné le tortionnaire à 10 ans de réclusion criminelle tout en constatant qu’un mandat d’arrêt international avait été émis le 6 avril 2005. Statuant sur l’action civile le même jour, la Cour d’assises a condamné l’accusé à payer aux requérants la somme de 15.000 euros chacun à titre de dommages et intérêts. 

Cette condamnation faisait suite à la plainte déposée le 4 juin 1999 par la Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme (FIDH) et la Ligue française des droits de l’Homme (LDH) à l’encontre de M. Ould Dah auprès du Procureur de la République du Tribunal de grande instance de Montpellier sur la base du principe de compétence universelle énoncé par la Convention des Nations unies contre la torture et autres peines et traitements cruels, inhumains ou dégradants (New York, 10 décembre 1984), ratifiée et intégrée dans le Code de procédure pénale français aux articles 689 et suivants. 

La FIDH, la LDH et l’AMDH n’ont, à ce jour, reçu aucune information sur les démarches entreprises par les autorités françaises pour l’exécution de l’arrêt de la cour criminelle de Nîmes. 

La FIDH, la LDH et l’AMDH demandent aujourd’hui que les autorités françaises clarifient les conditions de mise en œuvre de l’exécution de cet arrêt. Les organisations signataires souhaitent en particulier savoir si une demande officielle d’extradition a été notifiée à l’adresse des autorités mauritaniennes et dans l’affirmative quelle a été la réponse du gouvernement mauritanien. 

Le substitut du procureur général près la Cour d’appel de Nîmes informait nos conseils, par une lettre en date du 12 décembre 2006, avoir interrogé la Chancellerie en ce sens. Monsieur Ely Ould Dah se trouve, de sources sûres, sur le territoire mauritanien. Incorporé à l’armée mauritanienne, il a été nommé commandant adjoint administratif à l’EMIA – Ecole Militaire Inter Armes d’ATAR. 

Nous sommes convaincus, Madame le Ministre, que vous comprendrez le désir légitime des victimes parties civiles de connaître les démarches diligentées par les services compétents de votre ministère et vous prions par conséquent de bien vouloir nous tenir informés, le cas échéant, des avancées ou des obstacles rencontrés dans ce dossier. 

Nous vous prions de croire, Madame la Ministre, à l’assurance de nos sentiments distingués et dévoués. 

Souhayr BELHASSEN, présidente de la FIDH 

Jean-Pierre DUBOIS, président de la LDH 

Fatimata M’BAYE, présidente de l’AMDH et vice-présidente de la FIDH 

 

 

 

Maurice s’en est allé, en douceur, avec cette délicatesse qui le caractérise : il nous manquera à tous. Cécile, Paul-Marie, Marie-Claude, Marie-Alice, Jean-Jacques et le reste de la famille, votre peine est aussi la nôtre. La perfide action du temps, qui s’exerce sans relâche sur la mémoire, finira bien par atténuer notre chagrin à tous mais jamais elle ne nous fera oublier ce garçon affable, cultivé, sensible et si attentionné. Adieu Maurice, notre fils, notre frère, notre ami. Inna Lillahi Wa Inna Ileyhi Raji’oun. Khady, Abdallahi et les autres.  

 

 

La ministre de l’éducation nationale fixe les grandes lignes du programme de son département  

Nouakchott 4 Juillet (AMI)- Le taux de réussite au bac, toutes options confondues cette année, est seulement de 7,88% après délibération, celui de la déperdition scolaire est de 1 élève sur 2 et les informations sur la position d’une bonne partie du personnel font encore défaut, a déclaré la ministre de l’éducation nationale.  

Madame Nebghouha Mnt Mohamed Vall s’exprimait mercredi, à l’occasion d’une conférence de presse sur la situation et les principales contraintes actuelles de son département, les orientations et priorités du secteur et la structure du plan d’actions 2007.  

La ministre a précisé à cet égard que cette situation est consécutive à la conjonction de plusieurs facteurs, notamment des insuffisances au niveau de la gestion et de l’organisation, la qualité de la formation initiale dispensée au corps enseignant et le manque de formation continue à leur profit. 

A cela s’ajoutent l’insuffisance du matériel didactique et la mauvaise répartition des établissements scolaires entre autres en plus de facteurs endogènes comme l’organisation des élections en pleine année scolaire et l’impact négatif de la sédentarisation anarchique sur la répartition des établissements scolaires en milieu rural.  

A la lumière de ce diagnostic, a dit la ministre, le plan d’actions du département pour les six derniers mois de l’année 2007 a reconduit les activités du plan d’actions du programme national de développement du secteur éducatif non encore réalisées et jugées pertinentes et a intégré les nouvelles priorités envisagées par le ministère d’ici la fin de l’année 2007. Ces priorités, a-t-elle dit, portent sur des améliorations au niveau de la gestion et de l’organisation, la maîtrise de la situation du personnel et l’organisation des examens.  

Au sujet de ce dernier point, l’organisation des examens, la ministre a indiqué que le département a pris des mesures de nature à garantir la transparence au niveau des différentes étapes de l’opération. Elle a révélé que le dispositif de surveillance mis en place a permis de répertorier 500 cas de trichage lors des examens du bac et saisit cette opportunité pour inviter les parents d’élèves à combattre ce phénomène qui n’est pas dans l’intérêt des élèves.  

Madame Nebghouha Mint Mohamed Vall a ajouté que son département entend relever ces défis à travers les résultats des états généraux de l’éducation prévus avant la fin de l’année et qui pourront s’étaler sur plusieurs mois.  

Ces états généraux seront consacrés à la réflexion approfondie sur les obstacles qui entravent l’épanouissement du secteur et l’identification des solutions adéquates pour les surmonter.  

Mme Mint Mohamed vall s’est ensuite appesantie sur les objectifs du plan d’action 2006-2007, financé à hauteur de 6. 590.443.732 UM notamment en ce qui concerne l’amélioration et le renforcement de la gestion et du pilotage du système éducatif par l’instauration de la logique de la gestion basée sur les résultats, l’amélioration de l’offre éducative et le renforcement de l’effort national en matière de lutte contre l’analphabétisme.  

Répondant à des questions relatives aux mesures concrètes que son département envisage de prendre au sujet de la motivation du personnel, de la révision des programmes et de l’usage de mesures répressives à l’encontre du personnel en position irrégulière, la ministre a indiqué que son département oeuvrera pour l’amélioration des conditions du travail de l’enseignant à travers l’augmentation des indemnités, la réduction des effectifs des élèves en classe, la disponibilisation du matériel pédagogique nécessaire… Le département, a-t-elle dit, procèdera également à la révision des programmes et à l’application du principe de la sanction et de la récompense. 

Une attention particulière dira-t-elle sera accordée à la planification et au suivi. Déjà le ministère a décidé d’associer le syndicat aux procédures de promotion et d’affectation du personnel dans le souci de l’application de la transparence à tous les niveaux a-t-elle conclu. 

AMI 

  

Séance de travail entre le ministre de la Fonction publique et les partenaires au développement  

Nouakchott, 5 juil (AMI)- Le ministre de la fonction publique et de la modernisation de l’administration, M. Abdel Aziz Ould Dahi a tenu hier, mercredi, à Nouakchott une séance de travail avec les partenaires au développement impliqués dans les volets de renforcement des capacités et de modernisation de l’Etat.  

Au cours de cette réunion, les responsables du département ont présenté le plan d’actions du ministère pour la période couvrant le deuxième semestre de l’année 2007. Cet exposé a suscité de riches et fructueux débats qui ont permis de définir les voies et moyens permettant d’assurer une coordination efficace des actions de modernisation et de renforcement des capacités.  

A noter qu’en plus du ministre de la fonction publique et de la modernisation de l’administration et ses proches collaborateurs, cette rencontre a regroupé la représentante résidente du PNUD en Mauritanie, Madame Cécile Molinier et certains membres de son staff, le représentant résident de la Banque Mondiale en Mauritanie M. François Rantrua et l’ambassadeur de la république Fédérale d’Allemagne, SEM. Eberhard Schanze.  

Il y avait également autour de la table, le directeur du bureau de la GTZ en Mauritanie, M. Rainer Geppert, le responsable du PRECAPS (projet de renforcement des capacités du secteur public) au niveau de la banque mondiale, M. Bekhechi, son homologue en Mauritanie, M. Mouhyidine Ould Sidi Baba ainsi que le chef de service de coopération et d’action culturelle de l’ambassade de France dans notre pays, Mme. Françoise Gianviti. Deux consultants, en l’occurrence Mme. Turkia Daddah et M. Zekerya Ould Amar ont pris part également à cette séance de travail.  

Les participants à cette réunion ont convenu d’un meilleur partage de l’information en vue d’une coordination efficace des actions à réaliser dans le cadre du plan d’actions du ministère et ont promis de se rencontrer tous les trois mois pour faire le point sur la situation.  

AMI 

 

L’AFD a investi plus 365 millions d’Euros en Mauritanie  

Nouakchott, 05 juil (AMI)- Le directeur du Département Afrique Subsaharienne de l’Agence Française de Développement (AFD), M. Jacques Moineville, en visite actuellement dans notre pays, a donné jeudi après-midi à Nouakchott une conférence de presse dans laquelle, il a précisé que l’AFD a investi plus 365 millions d’Euros dans l’aide au développement au cours des 29 années de son existence en Mauritanie.  

Il a également ajouté que l’AFD qui constitue l’opérateur pivot du gouvernement français en matière d’aide au développement est intervenu dans les domaines des Objectifs du Millénaire pour le Développement à savoir (la santé, l’éducation, la lutte contre la pauvreté, l’approvisionnement en eau, les infrastructures, l’urbanisme, mais aussi les mines, les pêches etc.)  

Il également indiqué que l’AFD, qui s’intéresse aussi au secteur privé, est en mesure d’accorder des prêts à faibles taux d’intérêt dans les secteur des mines, de l’eau, de l’hôtellerie et des pêches, ajoutant qu’en concertation avec le gouvernement mauritanien, l’Agence compte investir dans le secteur de l’environnement.  

Répondant à une question de l’Agence Mauritanienne d’Information sur la disponibilité de l’Agence Française de Développement d’apporter son appui à la solution du problème de l’eau à Nouakchott, M. Moineville a souligné les moyens alloués au secteur de l’eau sont affectés à l’hydraulique rurale, précisant que l’Agence de Nouakchott, qui est habilité à signer avec des partenaires mauritaniens comme la SNDE peut toutefois apporter son concours en octroyant des prêts à faible taux d’intérêt à la SNDE pour améliorer ses capacités de production et de distribution d’eau et élargir son partenariat avec le ministère de l’hydraulique.  

Le responsable français a aussi précisé que l’Agence n’a pas rencontré de problèmes dans le suivi des programmes exécutés en Mauritanie que son institution finance, comme le Programme National de Développement du Secteur Educatif. 

M. Jacques Moineville a enfin noté que, malgré l’extension du partenariat entre son institution et des pays comme la Chine, le Brésil ou l’Inde, l’Afrique reste un partenaire privilégié de l’Agence Française de Développement qui bénéficie de la priorité avec un chiffre total d’engagement de l’ordre de 1,2 milliards d’Euro par an.  

AMI 

 

Message du Roi du Maroc au Président de la République  

Accra, 3 juil (AMI) - Monsieur Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdellahi, Président de la République a reçu en audience, lundi soir dans sa résidence à Accra, le ministre marocain des Affaires étrangères, M. Mohamed Ben Issa.

A sa sortie d’audience le chef de diplomatie marocaine a déclaré à l’AMI qu’il a transmis un message de sa Majesté Mohamed VI, Roi du Maroc au Président de la République relatif aux développements de la question du Sahara et qu’il a trouvé auprès du chef de l’Etat « une très grande compréhension grâce à la présence mauritanienne à toutes les étapes de cette question « .

M. Mohamed Ben Issa a ajouté qu’il apprécie les efforts que déploie la Mauritanie pour permettre aux parties de parvenir à une solution satisfaisante et garantissant la stabilité et la sécurité dans la région, réaffirmant « la volonté du Maroc de poursuivre le dialogue avec les parties pour parvenir à une solution garantissant au Maroc sa souveraineté nationale et son intégrité territoriale « .

L’audience s’est déroulée en présence du ministre des Affaires étrangères et de la Coopération, du directeur de cabinet du Président de la République et du chargé de mission à la présidence de la République.  

AMI 

  

Des renseignements concordants font état de menaces terroristes contre le Maroc (responsable) 

Rabat, 06/07/07- M. Mohieddine Amzazi, Wali, Directeur général des Affaires intérieures au ministère de l’Intérieur, a affirmé, vendredi, que « des renseignements concordants parvenus au ministère de l’Intérieur au cours des derniers jours font état d’une menace assez grave d’attaques terroristes dont le Maroc serait la cible ». 

Dans une déclaration à la presse, M. Amzazi a inscrit « dans ce cadre » la réunion tenue le même jour au siège du ministère de l’Intérieur, sous la présidence de MM. Chakib Benmoussa, ministre de l’Intérieur, et Fouad Ali El Himma, ministre délégué à l’Intérieur, en présence des walis et des responsables des services de sécurité. 

« Cette réunion avait principalement pour objet d’évaluer la nature de cette menace, son degré de gravité, et d’adapter le plan d’alerte à ce degré de gravité », a souligné M. Amzazi, à l’issue de cette réunion. 

Il a ajouté que la réunion avait également pour but de « prospecter les moyens d’améliorer davantage la coordination entre les services de sécurité et l’administration territoriale et de lancer un appel à la population pour plus de mobilisation ». 

M. Amzazi a mis l’accent, à cet égard, sur « le rôle fondamental et essentiel joué par la population dans la lutte contre le phénomène terroriste ». 

Réunion au Ministère de l’Intérieur consacrée à l’examen de la situation sécuritaire 

Rabat, 06/07/07- Une réunion de sécurité s’est tenue, le vendredi 6 juillet 2007 au siège du Ministère de l’Intérieur, sous la présidence de Messieurs le Ministre de l’Intérieur et le Ministre Délégué à l’Intérieur, en présence du Général de Corps d’Armée, Commandant de la Gendarmerie Royale, le Directeur Général de la Sûreté Nationale, le Directeur Général de la Surveillance du Territoire, le Directeur Général des Etudes et de la Documentation et le Général de Division, Inspecteur Général des Forces Auxiliaires. 

Y ont également pris part l’ensemble des walis du Royaume, des préfets de police, des chefs des sûretés régionales et des commandants régionaux de la Gendarmerie Royale. 

Cette réunion a été consacrée à l’examen de la situation sécuritaire, du niveau actuel de la menace terroriste pour notre pays et des mesures à mettre en oeuvre pour renforcer la sécurité des citoyens et de leurs biens, indique un communiqué du Ministère de l’Intérieur. 

Dans ce cadre, le Ministre de l’Intérieur a souligné que les évènements survenus à Casablanca en mars et avril dernier ont confirmé les appréhensions des autorités marocaines, en indiquant que l’issue qu’ont connue ces évènements, a démontré l’efficience du plan d’action mis en oeuvre, ajoute le communiqué. 

Evoquant l’actuelle menace terroriste avérée contre notre pays, sur la base de renseignements fiables, Monsieur le Ministre a exhorté MM. les Walis ainsi que les services de sécurité à redoubler de vigilance. 

Le Ministre de l’Intérieur a annoncé, dans ce cadre, la décision de relever au maximum le seuil d’alerte en matière de menace terroriste. Ce niveau indique une menace grave d’acte terroriste et exige des organes concernés une mobilisation extrême, précise-t-on de même source. 

Il a, par ailleurs, souligné qu’en informant constamment les citoyens des risques potentiels et des mesures entreprises, le Ministère de l’Intérieur entend sensibiliser davantage la population afin de maintenir l’élan de soutien de l’effort de lutte engagé, ayant permis l’avortement de plusieurs projets terroristes. 

Il a précisé ensuite que le renforcement du dispositif de sécurité qu’exigera l’accroissement du niveau de mobilisation, s’effectuera à travers des contrôles supplémentaires et un déploiement optimal des forces de sécurité. 

Il a, parallèlement, annoncé qu’eu égard au caractère durable de la menace et des fortes exigences de la lutte anti-terroriste, un travail a été initié pour le renforcement des capacités opérationnelles de l’administration territoriale et des services de sécurité dans le cadre d’un plan pluriannuel de mise à niveau des moyens humains et matériels, conclut le communiqué. 

 

Nouvel échange de visites familiales de et vers la province de Laâyoune 

Laâyoune, 06/07/07-L’opération d’échange de visites familiales, pilotée par le Haut Commissariat aux Réfugiés (HCR), entre les camps de Tindouf, au sud de l’Algérie, et les provinces du sud du Royaume, s’est poursuivie vendredi par l’organisation du vingt-sixième voyage, de et vers la province de Laâyoune. 

Le présent échange a connu la participation de 58 bénéficiaires appartenant à 17 familles, indique un communiqué du Bureau de la Coordination marocaine avec la Minurso. 

Ainsi, huit familles totalisant 29 personnes, originaires de Laâyoune, ont embarqué, vendredi à 6h30mn, à bord d’un aéronef de la MINURSO, à l’aéroport de cette ville, à destination de Tindouf, avant que neuf familles totalisant 29 personnes, en provenance des camps de Lahmada (camp dit Laâyoune), n’aient débarqué du même avion, à 11 h10 mn, précise la même source. 

Cet échange s’est déroulé du côté marocain dans de bonnes conditions et toutes les dispositions ont été prises pour assurer un bon accueil aux participants et leur faciliter les formalités d’usage, au niveau de l’aéroport d’embarquement et de débarquement, souligne le communiqué. 

Tout en exprimant sa satisfaction quant à la poursuite de l’opération d’échange de visites familiales, le bureau de la coordination marocaine appelle le HCR à mener cette mesure de confiance, conformément à son mandat et en application des termes des arrangements conclus, notamment en ce qui concerne la préservation de l’unité des familles en provenance des camps de Tindouf. 

Par cet échange, le nombre total des personnes ayant bénéficié des visites familiales depuis le 05 mars 2004, s’élève à 4033 dont 2090 personnes en provenance des camps de Tindouf et 1943 personnes en partance des provinces du sud. 

 

Agence française de développement en Mauritanie : 16,75 millions d’euros d’engagement.
Les engagements de l’Agence française de développement (AFD) ont atteint une moyenne annuelle de 16,75 millions d’euros au cours des cinq dernières années, a-t-on appris jeudi à Nouakchott de source officielle. 

Selon le directeur du département Afrique subsaharienne de l’AFD, Jacques Moineville, qui en a fait l’annonce au cours d’un point de presse, ces engagements concernent plusieurs domaines liés notamment aux Objectifs du millénaire pour le développement (OMD) et à la croissance. 

Il s’agit, a-t-il précisé, de la lutte contre la pauvreté, de l’amélioration de l’accès des populations aux services sociaux de base tels que la Santé, l’Education, l’eau potable, l’électrification rurale, la préservation et la valorisation du capital naturel et le développement économique durable. 

Les engagements de l’Agence française de développement concernent également l’octroi de prêts au secteur privé par l’intermédiaire de la filiale spécialisée PROPARCO. 

Concernant le continent africain, considéré comme une « zone prioritaire », les engagements globaux de l’AFD au titre de l’année 2006 ont atteint un montant global de 1,2 milliard d’euros, a ajouté M. Moineville. 

Ils ont concerné la lutte contre la pauvreté, la Santé, l’Education, l’accès aux services sociaux de base, les infrastructures, l’appui à la croissance… PANA via Mauritanie-web du 05/07/2007 

 

 Source la Tribune 357 du 10/07/2007




Coup de Plume de Kissima Diagana

10072007

 

 Man’ne jaahriin, Nekhteerou na arvou 

Nous ne creusons pas, nous voulons juste savoir… 

 

Imaginons qu’un candidat malheureux au baccalauréat conteste ses notes et réclame que l’on procède à la vérification et à une nouvelle correction de ses copies. Imaginons ensuite qu’il parvienne à se faire entendre puis à obtenir gain de cause, que l’Etat tout entier reconnaisse avoir fait tort à ce candidat et certainement à des milliers d’autres avant lui, comme lui et en même temps que lui…Imaginons également que la décision de le rétablir dans ses droits soit prise. Gageons alors qu’il y aura des réticences de la part de certains enseignants dont la plupart se seront rendu coupables non pas forcément de négligence ou de manque d’attention mais plutôt d’une obsession à retrouver les signes distinctifs dans les copies de quelques candidats qu’ils auraient voulu faire admettre contre vents et marées, au point de porter préjudice aux autres….Non seulement ces enseignants n’ont pas intérêt qu’une enquête se fasse pour que les magouilles soient mises à nue, mais c’est tout un système qui risque de s’effondrer et dont les ténors auront du mal à regarder le peuple en face. Un peu comme aimait à répondre Eli Ould Mohamed Vall qui réfutait l’idée d’une « chasse aux sorcières » ; laquelle pouvait mettre tous en cause du fait d’un « système politique » ayant corrompu toutes les consciences.   

Ce scénario du terminaliste victime de l’inconscience des correcteurs est semblable à celui des déportés. Ils se sont retrouvés de l’autre côté du pays parce que des dirigeants de ce pays, obsédés par un désir hystérique de mettre en pratique une idéologie malsaine étaient malheureusement là…A présent que le cheval trottant qu’est l’histoire passe devant notre porte, beaucoup hésitent à monter dessus. 

Il a suffi que Sidi Ould Cheikh Abdallahi consacre sa première allocution à la Nation aux problèmes fondamentaux d’unité nationale pour qu’il se trouve des élus du peuple pour insinuer qu’un règlement des questions du passif humanitaire serait préjudiciable à

la Mauritanie. Et les mises en garde savantes pleuvent : « Elli yirdim maa yajharr », a dit un député invité à une émission télévisée un jour ou deux après le discours sur l’unité nationale prononcé par le président de

la République.  La phrase équivaut à peu près à ceci : « Celui qui recouvre de terre ne creuse pas. » Creuser quoi alors ? Des fosses communes ? Il vaut mieux ne pas. Certains tremblent déjà rien qu’en y pensant. Mais alors, comment ressouder un bras tordu sans le casser à nouveau ? 

Il faut être un mauvais infirmier pour se permettre de panser une plaie sans la désinfecter, sans en crever l’abcès… 

Il y en a qui prétendent que le passif des années 80 doit comprendre ce qui a été fait également aux baathistes, aux nasséristes, etc. A raison. Mais à condition qu’il n’y ait pas une intention tacite de noyer les urgences dans un tissu de confusions. Quand ce n’est pas seulement par la tournure en dérision du malheur de ces milliers de déportés à qui nos comédiens disent niaisement d’apporter avec eux de l’eau à boire, c’est par de la diversion : « des noirs sont en train de traverser pour se constituer déportés puis profiter des opportunités d’un retour organisé… » Tout ceci dénote de la même mauvaise foi qui a prévalu aux jours de déportations. C’est justement contre cette mauvaise foi que toute la classe politique et toute la société civile doivent lutter… 

Du côté du chef de l’Etat, l’ambition de résoudre les problèmes existe. Elle est réelle. Sans nul doute. Mais ce à quoi le scepticisme persiste encore c’est l’audace. Jusqu’où est-il possible de pousser cette audace ? Quand Ould Taya encourageait le gaspillage des millions dans des programmes vides comme lutte contre l’analphabétisme, tous les barons d’aujourd’hui le suivaient. A coup d’initiatives. Ces mêmes barons qui ne sont pas si éloignés des sphères du pouvoir, vont-ils suivre la noble ambition de bien faire ? 

Et l’ambition dont on n’a pas les moyens est un crime comme avait dit quelqu’un il y a au moins deux siècles…Alors, même s’il n’est pas question de creuser, il doit être permis de savoir qui a creusé quel trou et qu’est-ce qu’il y a mis ! 

kissimousman@yahoo.fr 

 

 

 




Edito de La Tribune Par Mohamed Fall O Oumère

10072007

 

 

Ne pas avoir peur des mots. Ne pas avoir peur des actes. Assumer, est un pas. Un pas important. Mais il implique, le changement dans la démarche. Dans le choix des hommes aux postes de responsabilité. 

On ne peut régler les problèmes de la Mauritanie en utilisant les hommes qui ont créé ces problèmes, qui les ont entretenus, qui les ont alimentés. On ne peut cicatriser les plaies en utilisant les bouchers d’hier. La justice, l’égalité, l’équité sont des valeurs qui ne peuvent être portées ou promues par leurs fossoyeurs. 

Le Président Sidi Ould Cheikh Abdallahi, le Premier ministre Zeine Ould Zeidane, et même les colonels Ould Abdel Aziz et Ould Ghazwani auxquels on prêterait un rôle dans le nouveau pouvoir, ces gens peuvent se targuer de ne pas avoir participé aux événements qui ont endeuillé le pays tout ce temps. Ils sont donc bien placés pour régler toutes ces questions. Mais en garantissant un maximum de consensus. Pour donner toutes les chances de réussite à l’entreprise de réconciliation. 

Il serait dommage pour le pays, pour le peuple mauritanien, que le rétablissement de la justice, de la vérité et du droit se perde entre l’activisme des chauvins et l’amateurisme des responsables chargés de gérer le dossier. Les prétextes sont nombreux. Et fallacieux. 

On parle ici de la responsabilité historique des nationalismes. Polémiques byzantines pour savoir lequel a enfanté l’autre. Pour occulter que le premier parti revendiquant la cause est bien l’Alliance populaire progressiste (APP) qui rassemble tous les nationalismes. La question des nationalismes est largement dépassée : le vert et le noir ne s’épousent-ils pas ? 

On parle de ‘péril noir’, alors qu’on sait qu’il est facile de distinguer qui est mauritanien de qui ne l’est pas parmi les candidats au retour. On parle de moyens insuffisants. On fait oublier le rôle de la communauté internationale. On remet, au nom de ce manque de moyens, à plus tard le redressement des torts. 

On invoque ici le drame des Mauritaniens du Sénégal alors qu’on sait que les deux problèmes ne sont pas similaires. Là le Sénégal a expulsé des milliers de Mauritaniens qui sont venus s’établir chez eux. Ici, la Mauritanie a mis dehors ses propres enfants qui sont allés se réfugier loin de chez eux. 

L’entêtement des autorités ayant commis ce crime, avait empêché le rétablissement de la justice. La pression intérieure et l’intérêt national ont dicté aux nouvelles autorités d’en faire un cheval de bataille. Le courage politique et le sens de la responsabilité ont permis à Ould Cheikh Abdallahi de faire un premier pas : reconnaissance du tort et promesse de le redresser. 

Pour ce qui est des Mauritaniens ou Maures victimes des événements au Sénégal, on peut se demander pourquoi ceux qui crient au scandale aujourd’hui n’en n’ont jamais fait cas. Pourquoi ils ne les ont pas aidés au moment des faits à s’organiser. Pourquoi ils n’ont rien exigé du gouvernement en 1992 pour garantir leur rétablissement dans leurs droits, au moment où le Sénégal et la Mauritanie scellaient leur réconciliation sur le dos des peuples. La réponse est simple : ces gens ne sont pas intéressés par le devenir de leurs concitoyens, ne sont pas des militants de la liberté, ne sont pas des démocrates… On ne peut être anti-démocrates et prétendre combattre l’injustice, et prétendre une noblesse du cœur. 

C’est dommage que le premier débat sur la question a été animé sur une chaîne étrangère, dans un pays étranger : diamonotv.com en France, samedi dernier. Qu’est-ce qui empêche TVM d’animer un vrai débat sur la question ? et la radio ? 

C’est par le débat que nous saurons jeter la lumière sur des événements qui n’ont pas fini de nous marquer. Que nous pourrons trouver des solutions à nos problèmes. Que nous retrouverons la voie d’un avenir commun. Et que nous pourrons nous dire : Plus jamais ça ! 

 

Source La Tribune N° 357 




10072007

Revenez, revenez, vous y verrez du pays…

 

Jeudi 5 juillet 2007, depuis presque dix ans le HCR n’a pas mis pied dans les camps des réfugiés mauritaniens au Sénégal. Cette première réunion fait suite au discours du Président Sidi Ould Cheikh Abdallahi. C’est dire son importance. A noter l’absence des autorités mauritaniennes… compte-rendu.

 

 

La réunion sera ouverte par le chef du site de Ndioum Sow Saykou Alfa : ‘Je salue toute l’assistance, hommes et femmes, jeunes et plus âgés ;  et je salue toute la délégation. Je vous souhaite la bienvenue. Depuis que nous avons appris que les délégués du HCR allaient venir, nous les attendons avec impatience. Nous leur souhaitons encore une fois la bienvenue et nous leur disons qu’ils sont venus là où ils sont attendus ; nous remercions Dieu et son prophète (PSL) et nous les remercions. Ceci dit, je demande à tous ceux qui prendront la parole de parler avec calme, avec discipline. Je vous remercie’.

Après le mot de bienvenue du chef de site de Ndioum, Abdoulaye Dione membre de la délégation et président de séance a pris la parole : ‘Je salue toute l’assistance et je vous remercie d’avoir répondu à notre invitation. Ces derniers temps il y a eu des développements dans votre pays d’origine par rapport à votre situation ; c’est pour cela que nous sommes venus vous consulter par rapport à ces développements pour voir ce qu’il y a lieu d’entreprendre pour faire avancer les choses ; c’est surtout une rencontre d’échanges et nous sommes là pour vous écouter parce que vous êtes les principaux concernés ; c’est parce que vous êtes là que nous sommes ici ; s’il n’y avait pas de réfugiés ici nous ne serions pas là ; vous êtes les principaux concernés et rien ne peut être fait sans vous ; vous serez au premier plan et nous nous serons la pour vous appuyer ; c’est l’objet de notre mission.’

Par la suite Mme Paroums, chef des opérations, prendra la parole : ‘Je suis particulièrement contente d’être ici parmi vous et je pense que les membres de la délégation ont le même sentiment. J’ai connu beaucoup de nom de sites sans les voir, j’ai connu beaucoup de noms de réfugiés sans les voir, aujourd’hui je les vois et c’est un grand plaisir pour moi.  C’est d’autant plus un plaisir pour moi qu’en venant ici nous avons eu le pluie comme si Dieu voulait bénir cette rencontre. Nous sommes venus parler de quelque chose de très important et comme l’a dit M. Dione c’est quelque chose qui vous concerne. . Il s’agit des conditions de retour dans votre pays ; il s’agit de votre avenir et de celui de vos enfants. Nous avons tous entendu que du côté de la Mauritanie il y a la main tendue et c’est la raison pour laquelle nous sommes venus vous consulter, vous parler et vous écouter. L’approche du HCR est une approche participative c’est-à-dire que les personnes impliquées en l’occurrence les réfugiés sont au premier plan et le HCR est à leur côté ; vous savez que pour le HCR il y a trois solutions : le rapatriement, la réinstallation ou l’installation dans le pays d’asile. Aujourd’hui il est question de parler d’intégration ou de rapatriement. On reste réfugié quand les conditions du retour ne sont pas réunies. Mais s’il y a une porte ouverte, il est temps de penser au retour. On peut comprendre qu’après 18 ans des gens préfèrent rester dans le pays d’asile. Pour ceux là aussi le HCR sera là pour apporter son aide ; si certains veulent rester au Sénégal ou au Mali pour ceux qui sont là-bas,  le HCR sera à côté d’eux pour les accompagner. Nous venons vous rassurer : le rapatriement est volontaire ; on ne peut pas obliger quelqu’un de rentrer. Nous sommes là pour être sûrs que toutes les garanties sont données pour que le rapatriement se passe dans de bonnes conditions. Le gouvernement mauritanien a demandé au HCR de coopérer pour ce rapatriement et nous sommes prêts à le faire. Nous souhaitons qu’il y ait la confiance entre nous parce que nous devons travailler ensemble. Nous avons apporté un questionnaire que nous laisserons avec les chefs de site. Il sert à mettre les noms des chefs de famille avec la composition de leur famille ; cela va nous permettre de savoir combien de réfugiés il y a ; parce que pour pouvoir faire quoi que ce soit pour les réfugiés de façon durable, il faut savoir combien ils sont. Ces questionnaires il faut les remplir avec beaucoup de responsabilité, de la façon la plus claire possible ; les questions que nous posons sont des questions précises et nous attendons aussi des réponses précises ; nous espérons que dans deux ou trois semaines nous pourrons récupérer ces questionnaires ; les réfugiés seront bien entendus impliqués dans cette opération car ils sont les mieux placés’.

Mme Roseline Idowu représentante du HCR pour l’Afrique de l’Ouest a pris la parole pour dire notamment : ‘Je salue toute l’assistance ; je ne me sentais pas très bien et j’allais ne pas venir mais comme je sais l’importance de cette rencontre pour vous et compte tenu de la nouvelle donne, j’ai décidé de faire le déplacement. Et je suis très contente d’avoir pu faire le déplacement surtout en constatant que vous avez tous laissé toutes vos occupations de chef de famille pour venir répondre à notre appel. Nous sommes venus pour vous donner la position du HCR par rapport à ce qui se passe, à tout ce que vous entendez. Nous avons tenu à vous rencontrer pour vous parler directement et éviter que vos informations ne soient fondées que sur la rumeur. Comme vous le savez depuis la mise en place d’un nouveau gouvernement en Mauritanie, le ministre de l’intérieur, le premier ministre et le chef de l’Etat ont fait des déclarations par rapport à votre situation ;  toutes ces déclarations sont identiques : l’Etat mauritanien tend la main à tous les mauritaniens qui veulent rentrer. Il y a quelques jours le chef de l’Etat mauritanien a même reconnu les exactions de 1989 ; l’Etat mauritanien a demandé au HCR de s’impliquer pour résoudre ce problème.  Comme vous le savez, le HCR est l’organe des Nations Unies qui a la responsabilité de trouver des solutions aux problèmes de réfugiés et de leur fournir la protection internationale. Nous avons notre méthode de travail quand nous voulons aider un Etat il faut que les garanties que nous exigeons soient données. C’est ce que nous avons toujours fait quand nous nous impliquons dans le rapatriement volontaire de réfugiés. Ma collègue vient de vous expliquer que le rapatriement est volontaire. S’il y a des gens qui veulent rentrer nous sommes prêts à les aider à rentrer. S’il y a des gens qui veulent rester dans le pays d’accueil comme ici au Sénégal, nous allons voir comment les accompagner pour les aider à devenir autonomes et à pouvoir subvenir à leurs propres besoins. Nous savons que 18 ans c’est une période très longue. Un enfant né il y a 18 ans est majeur aujourd’hui. Ceux qui étaient adultes en quittant leur pays sont aujourd’hui des hommes très sages avec beaucoup d’expérience ; parmi les femmes, il  y en a qui n’étaient pas mariées à leur arrivée et qui sont des mères de familles aujourd’hui ; les enfants sont à l’école et certains ont même terminé leurs études ; ce sont des choses qui seront discutées en famille et chacun décidera en fonction de ses intérêts. Il y aura un comité où il y aura des représentants de votre pays d’origine, des représentants du pays d’accueil, les représentants que vous choisirez vous-mêmes et le HCR. Rien ne sera fait sans vous et vous serez bien impliqués. On se penchera sur le cas des agriculteurs, des éleveurs, de ceux qui étaient dans la fonction publique. C’est plutôt pour vous écouter que nous sommes venus. Parce qu’on veut savoir ce que vous vous voulez. Quel est votre souhait ? Si vous voulez partir comment vous voulez qu’on organise cela. Qu’est-ce que vous voulez qu’on éclaircisse ? Mais de grâce ne demandez pas l’impossible. Je ne veux plus parler, je veux vous écouter.’

Wane Mamadou, représentant des FLAM au Sénégal : ‘Je salue et je remercie toute l’assistance. Je salue la délégation du HCR venue nous voir aujourd’hui. Nous avons écouté les membres de la délégation ; ils nous ont apporté des éclaircissements par rapport à l’évolution de la situation suite au discours du président Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi. Nous aussi nous sommes satisfaits de cette déclaration parce que c’est la première fois depuis 18 ans qu’un tel discours est tenu. Nous sommes également prêts à coopérer pour aider à une solution juste de ce problème. Dans d’autres pays, les réfugiés sont des personnes ayant fui pour se mettre à l’abri lors d’une situation conflictuelle. Nous, c’est l’Etat mauritanien qui nous a trouvé dans nos demeures pour nous expulser. Ceci dit,  je m’en vais vous donner avec l’autorisation de tous les camarades réfugiés réunis ici, les différents points qui constituent notre plateforme depuis 18 ans d’exil forcé. Notre première condition était la reconnaissance de notre citoyenneté. Le président dans son discours a reconnu cette citoyenneté. La deuxième condition c’est que notre retour ne peut se faire que sous l’égide du HCR et avec l’implication des autorités sénégalaises qui nous ont donné l’asile depuis 18 ans.

La troisième condition est de recouvrer nos droits et tous nos droits. Nous ne demandons pas plus que ce que nous avons perdu. Il faut que tous nos biens soient estimés de manière juste et que nous soyons indemnisés. La quatrième condition que nous posons c’est qu’un recensement soit effectué avant notre retour, en associant les réfugiés pour qu’on sache exactement combien nous sommes. La cinquième condition est qu’une commission vérité et réconciliation soit mise en place pour que les gens puissent vivre ensemble en paix.

La sixième condition  consiste à l’identification des coupables pour qu’ils soient traduits devant la justice. Voici en gros les différentes conditions que nous avions posées pour notre retour au pays. Je vous remercie’.

Samba Koliyadio Diallo, réfugié : ‘Je salue toute l’assistance et plus particulièrement la délégation du HCR. Je salue aussi notre président Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi qui vient de reconnaître notre citoyenneté. Cela nous a fait beaucoup plaisir qu’il reconnaisse les exactions et la responsabilité de l’Etat. Reconnaître un tord c’est toujours un pas en avant. Nous ne demandons pas plus que nos droits. Je voudrais ajouter que parmi les réfugiés il y a ceux qui sont partis pour se mettre à l’abri et ceux qui ont été déportés de force. Tous ces gens se sont retrouvés au Mali et au Sénégal. Moi je viens du Mali ; je suis venu pour rencontrer les membres du HCR et les écouter pour savoir quelles sont les mesures prises. Je ne saurai terminer sans remercier tous les pays et organismes qui se préoccupent de notre sort comme le Sénégal, le Mali et le HCR. Et je dis aux réfugiés :’adaa adaa cuudi men’ : ‘Faisons la course pour rentrer chez nous’.

Mme Traoré, réfugiée : ‘Je salue la délégation du HCR et toute l’assistance. Je ne veux pas répéter ce qui a déjà été dit. Tous les problèmes de la Mauritanie ont déjà été évoqués par ceux qui m’ont précédée. Je veux seulement rappeler que notre retour doit être organisé par le HCR et l’Etat sénégalais. Nous voulons rentrer dans la dignité et nous espérons recouvrer nos biens spoliés. Nous espérons que nous serons indemnisés’.

Mariam Sy, réfugiée : ‘Je m’appelle Mariam Sy et je viens de Dakar. Je salue le HCR et toute l’assistance. Il ne m’est pas facile de prendre la parole mais dois parler au nom de mes sœurs ici présentes. Nous ne refusons pas le retour dans notre pays. Mais ce retour n’est pas facile. Beaucoup de femmes ici présentes ont perdu leur époux là-bas ; beaucoup d’enfants ont perdu leurs parents là-bas ; on nous demande de revenir volontairement et de recouvrer nos biens ; le mari perdu là-bas, on ne le retrouvera pas, le père perdu on ne le retrouvera pas. Comment réagirons-nous si nous rencontrons les coupables des exactions que nous avons subies ? Quand on évoque la question du retour, il faut aller jusqu’au bout. Les blessures ne sont pas encore cicatrisées ; il faut évoquer toutes ces questions’.

Une réfugiée : ‘Si nous rentrons en Mauritanie, nous pensons que nous allons subir pire que ce que nous avons déjà subi. Nous n’avons pas confiance. Nous avons été déportés de nuit. On nous a sortis de nos demeures et on nous a dépouillé de tous nos biens pour nous expulser. Si nous retournons aujourd’hui, il n’est pas exclu qu’un jour ou l’autre les mêmes exactions recommencent’.

Amadou Samba Bidié Bâ, réfugié : ‘Je vous salue tous chacun en son nom. J’éprouve une immense joie. J’éprouve aussi une peine immense. Deux sentiments qui ne devaient pas être contenus dans le même cœur. Ma joie c’est d’apprendre que le président veut le retour de tous les mauritaniens déportés. C’est une grande victoire pour nous parce qu’on nous avait dénié notre citoyenneté jusqu’à présent. Si vous écoutez es conseils, nous allons tous rentrer au pays parce que nous n’avons plus rien à faire ici. Le séjour d’un tronc d’arbre dans l’eau ne le transformera jamais en caïman. Mais j’ai aussi beaucoup de peine car nos frères sont restés ici en laissant des orphelins. Ces frères là ne verront plus jamais la mère patrie. Et cela doit rester gravé dans la mémoire de chaque mauritanien. Si les conditions du retour sont réunies nous ne passerons pas une nuit de plus dans notre terre d’asile, le Sénégal. Nous sommes prêts à rentrer parce que nous préférons la Mauritanie aux Etats-Unis ; parce que pour nous la Mauritanie c’est les Etats-Unis.  Ce sont des hommes qui ont fait les Etats-Unis. Et la Mauritanie sera faite avec la participation de ces hommes et femmes assis sous cet arbre.

Je demande à tous mes compatriotes de rentrer en Mauritanie ; c’est là-bas que nous allons nous épanouir avec nos familles ; c’est là-bas que nous avons des droits ; c’est là-bas que nous aurons de la considération ; il y a beaucoup de troubles partout dans le monde ; prenez l’exemple de la Côte d’Ivoire. Si nous restons ici des siècles et des siècles, nous serons toujours des étrangers. Certains cependant préfèrent rester ici ou aller ailleurs. Ceux qui veulent rester ici, fasse Dieu qu’ils restent sui c’est dans leur intérêt. Ceux qui veulent partir ailleurs, fasse Dieu qu’ils partent si c’est leur intérêt. Mais je sais qu’au moins 97 % des réfugiés veulent retourner dans leur pays. C’est ce qu’ils attendent depuis 18 ans. C’était cela leur combat. Quand vient l’heure de la moisson, il faut moissonner. Aujourd’hui,  c’est pour nous l’heure de la moisson. Il reste que la moisson peut être bonne ou mauvaise. Que Dieu nous donne une bonne moisson’.

Kane Ibrahima, du CAREMS : ‘Je salue toute la délégation du HCR et toute l’assistance et particulièrement tous les réfugiés ici présents. Je remercie les délégués du HCR d’être venus nous rendre visite. Je veux rappeler que si cela ne tenait qu’à nous nous ne serions pas ici ; le président Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi a fait une déclaration importante mais nous voulons que cette déclaration soit suivie d’actes concrets. Si nous recouvrons tous nos droits, il n’y a aucune raison pour nous de rester ici plus longtemps. Nous ne voulons pas de cette vie que nous menons depuis 18 ans’.

Abdoulaye Diallo, réfugié : ‘Je salue toute l’assistance ; je suis content de cette rencontre car c’est la première du genre depuis 1989. Je salue le Sénégal qui nous a offert l’asile depuis 18 ans et qui nous a assisté sur le plan sanitaire et alimentaire et qui a aidé nos enfants dans leur scolarité. Je remercie le HCR qui nous a accompagné durant toute cette période.

Nous avons entendu le discours du président. La déclaration a été traduite dans toutes les langues du pays et nous en avons tous pris connaissance. Mais nous voudrions que le président pousse le pion plus loin pour identifier et punir les coupables’.

Amadou Moussa Sow, réfugié : ‘Je demande que le questionnaire soit distribué en nombre suffisant façon à recenser tous les réfugiés ; nous voulons également dire au HCR qui est l’intermédiaire entre nous et les autorités mauritaniennes que nous voulons rentrer  et recouvrer nos droits, dans la sécurité ; mais le HCR doit être vigilant et s’assurer avant tout rapatriement que toutes les questions ont été réglées’. 

Adama Diallo, réfugié : ‘On parle de retour de personnes qui avaient été déportées. Il serait bon si on parle de ce dossier que les autorités mauritaniennes soient présentes devant les réfugiés ; ce sont les gens qui étaient en conflit qui doivent se parler. Le HCR, l’Etat sénégalais, l’Etat malien, la communauté internationale, les bonnes volontés vont jouer un rôle d’arbitres et de témoins ; c’est ce qui est juste ; si aujourd’hui on parle de retour en l’absence des autorités mauritaniennes alors qu’au moment de la déportation ce sont elles qui étaient en face de nous, je trouve que c’est absurde. Maintenant je voudrais rappeler au HCR qui le sait peut-être mieux que moi que le problème de la Mauritanie n’a jamais  été un problème de discours ni de texte ; tout ce qui est dit en Mauritanie est bien conçu tout ce qui est rédigé en Mauritanie  est bien rédigé, mais le problème c’est au niveau de la pratique.

D’autre part avant de parler de retour ne faut-il pas parler des causes de la déportation ? Si on rapatrie les gens sans régler les causes de la déportation, d’ici quelques années  on verra encore des réfugiés mauritaniens au Sénégal ou au Mali ou ailleurs dans la sous région. Le problème de la Mauritanie c’est la cohabitation. C’est ce qu’il faut évoquer. Si on demande aux population de rentrer il ne faut pas oublier que le retour n’est plus une urgence ; nous ne sommes plus en 89 ; si à notre arrivée en 89 l’Etat sénégalais et le HCR ne nous avaient pas accueillis, nombre de ceux qui sont là ne seraient pas ici aujourd’hui : aujourd’hui chaque réfugié a trouvé un moyen de gagner son pain quotidien ; le retour n’est plus une urgence ; le retour est nécessaire mais pas dans la précipitation ; il faut que les choses soient claires 

Ensuite, il y en Mauritanie même des questions qui n’ont pas encore trouvé de solutions : la questions des veuves par exemple. Je comprends qu’il y a des choses qu’on peut régler tout de suite mais il faut que tous les dossiers soient traités ; cela fait partie des garanties que la Mauritanie doit donner pour que les gens sachent que ce que la Mauritanie dit est vrai ; et il faut que la Mauritanie accepte de discuter avec les réfugiés en présence du HCR , de l’Etat sénégalais et de l’Etat malien, de la communauté internationale et des bonnes volontés; si la Mauritanie refuse et préfère discuter sans témoins c’est qu’elle ne veut pas donner de garanties. Par rapport au  questionnaire il y des questions qui nous dérangent un peu comme celle-là : ‘comment avez-vous fui ?’ Parce que nous avons été déportés. Par ailleurs on demande parfois aux réfugiés de dire ce qu’ils ont laissé comme biens ;  à leur arrivée les gens ont fait des déclarations à chaud ; ces déclarations sont dans les archives du HCR ; si on demande à un analphabète de déclarer dix-huit ans après, les biens qu’on lui a pris il ne s’en souvient pas ;  à la limite ceux qui n’avaient pas de carte – parce qu’il y en a, et le HCR doit en tenir compte – peuvent faire des déclarations. Par rapport au recensement le HCR doit comprendre que les réfugiés ne vivent plus comme en 89 ;  les gens se sont dispersés de telle sorte que c’est difficile de faire le recensement ; il faut donner des moyens aux chefs de sites pour qu’ils puissent faire le recensement correctement dans les meilleurs délais ; enfin je voudrais dire à la délégation du HCR que les réfugiés de Matam et de Bakel veulent voir et écouter les représentants du HCR ; si vous faites d’autre missions dans la vallée, on vous demande d’arriver là-bas pour les rencontrer et qu’ils prennent les informations nécessaires de la source ; il faut arriver à Matam et à Bakel pour rencontrer les réfugiés’.

Un autre réfugié (qui ne se présente pas) : ‘C’est là que je t’avais ligoté, c’est là que je t’avais humilié, j’ai pris tous tes biens, je t’ai expulsé du pays, tu as laissé ton père assassiné ; ou ta mère assassinée ou ton aîné,  et aujourd’hui je te demande de revenir et je te remets tes biens ; moi personnellement je n’ai pas ce courage ; s’il y a des gens qui ont le courage de repartir, qu’ils partent ; mais moi je n’ose pas ; il faut me remettre mes biens là où je sais que je suis en sécurité, la où après 18 ans je me sens bien, c’est là qu’il faut me restituer mes biens ensuite seulement je pourrai rentrer si ma sécurité est assurée. Après cela a propos du recensement, il y a un problème ; nous sommes là depuis 18 ans, nous avons un papier valable pour trois mois, ce n’est pas du bois, ce n’est pas du fer, ce n’est pas de la pierre, c’est un bout de papier  qui peut être mouillé et se gâter, se déchirer, tomber et se perdre, donc après 18 ans beaucoup ont perdu leur carte. Il faut tenir compte de cela’.

Précisions de Roseline Idowu : ‘J’ai écouté avec attention les commentaires et les questions des uns et des autres. Nous avons parlé de réfugiés et je vais vous donner la définition internationale du mot réfugié. Un réfugié est une personne qui a été obligée, qu’elle soit déplacée, chassée par le fusil, qu’elle ait fui pour chercher un refuge,  mais qui a été forcée de partir ; la déportation entre dans ce cadre ; vous avez été forcés et vous êtes partis sous la contrainte. Si quelqu’un n’a pas été sous la contrainte il ne serait pas hors de son pays. J’ai employé le mot à bon escient. Il englobe les cas de réfugiés. Et si les gens ne sont pas rentrés à l’ouverture de la frontière c’est parce qu’ils craignaient pour leur sécurité et leur vie. Nous savons de quoi nous parlons en parlant de réfugiés. 

Je voudrais ajouter que ce contact est le premier d’une série de contacts. On fera en sorte  que les autorités de votre pays viennent vous rencontrer car nous ne sommes que des intermédiaires ; et ceux d’entre vous  qui ont écouté la radio  savent que le président a parlé de ceux qui étaient déportés mais pas de ceux qui sont partis d’eux-mêmes après, pour une raison ou une autre. Il parle des victimes des événements ; au moment de leur arrivée, le Sénégal les a enregistrés et ils ont le récépissé de dépôt ; on parle de ces gens. Il y aura une feuille de route. Par ailleurs nous savons tous que 18 ans c’est long : les enfants nés il y a 18 ans sont aujourd’hui majeurs ; beaucoup sont à l’école et certains ont terminé leurs études ; ceux qui étaient adultes au moment de la déportation sont aujourd’hui des hommes sages avec beaucoup d’expérience ; la plupart des jeunes filles qui sont arrivées en 89 sont aujourd’hui des mères de famille ; le retour sera discuté au sein de chaque famille et chacun décidera en fonction de ses intérêts. Nous avons une méthode de travail et nous allons nous assurer que tout est en règle. Vous allez participer parce que vous allez choisir des gens qui seront membres des comités ; nous sommes là pour vous aider, si vous  jugez nécessaire que nous allions à Bakel nous irons. 

Pour ce qui est des réfugiés mauritaniens au Mali, moi-même j’y ai été en mai ; j’ai parlé aux autorités centrales, je suis allé à Kayes, je suis allée à Awrou,  j’ai parlé au chef des réfugiés aux autorité locales, d’après ce qu’ils m’ont expliqué les autorités maliennes nous ont assuré que les mauritaniens venus sont leurs frères ; depuis il se sont bien intégrés, allez vous-mêmes constater et les écouter. Effectivement les autorités locales et les réfugiés ont répété la même chose. Je suis allée chez le préfet où on m’a informé que beaucoup de mauritaniens ont pris la nationalité malienne ; ce qui n’est  pas une mauvaise chose ; Si vous êtes bien accueilli si vous avez épousé  une personne du pays hôte vous pouvez rester et vous naturaliser. Beaucoup de mauritaniens ont fait cela ; nous avons demande la liste pour voir ce qu’on peut faire pour eux ; je pense que je vais trouver la liste à Dakar ; nous sommes à votre disposition à tout moment ; on prendra des personnes que vous désignerez pour nous accompagner en Mauritanie ; il y aura des réunion ici et là-bas jusqu’à ce que vous soyez assurés que tout est clair avant de commencer le rapatriement. Le HCR a un bureau en Mauritanie, mon collègue va contacter les autorités et au moment des négociations vous serez en première ligne. Soyez assurés que rien ne sera fait sans vous.

Source La Tribune n°357




10072007

A la fin de la réunion tenue à l’école primaire de Ndioum située non loin du camp des réfugiés, madame Roseline Idowu, représentante du HCR à Dakar a bien voulu répondre aux questions des journalistes. 

 

 

La Tribune : A combien le HCR estime-t-il les réfugiés mauritaniens au Sénégal ? Vous avez certainement des chiffres… 

Mme Roseline Idowu : Oui  et vous l’avez toujours su, nous avons un chiffre de travail. Ce qui ne veut pas dire que c’est statique. Nous travaillons avec un chiffre d’à peu près  20 000.

 

La Tribune : Mais ce chiffre est contesté par les réfugiés qui estiment leur nombre à environ 67 000.

Mme Roseline Idowu : Certainement quand ils sont arrivés au début, il y a 18 ans ils atteignaient ce nombre, mais depuis lors il y en a qui sont rentrés.

 

La Tribune : Les gens se plaignent d’avoir été abandonnés depuis 1995 environ par le HCR, que répondez-vous à cela ? 

Mme Roseline Idowu : C’est parce qu’ils ne comprennent pas comment fonctionne le HCR.  Nous sommes là pour aider les gens quand ils entrent en catastrophe dans un pays; les stabiliser et les aider à s’installer. On les aide à monter des coopératives pour l’agriculture par exemple. Dès qu’ils sont stabilisés, ils sont supposés fonctionner comme vous et moi c’est-à-dire s’occuper de leur famille eux-mêmes avec et apprendre à subvenir à leurs besoins

 

La Tribune : Vous allez servir de relais les réfugiés mauritaniens et les autorités mauritaniennes après le discours du président Sidi Ould Cheikh Abdallahi, est-ce qu’on peut connaître déjà les dispositions que vous allez prendre ?

Mme Roseline Idowu : Déjà mon collègue en Mauritanie va contacter le gouvernement mauritanien maintenant que celui-ci a déclaré ouvertement qu’il va faire appel au HCR. On va faire des réunions là-bas entre le gouvernement mauritanien et le bureau du HCR en Mauritanie, entre le gouvernement du pays d’origine et celui du pays d’asile et les deux bureaux du HCR  et les réfugiés vont choisir des délégués pour les représenter dans les pourparlers avec les autorités mauritaniennes.

 

La Tribune : Les réfugiés mauritaniens semblent être d’accord pour retourner dans leur pays mais pas à n’importe quelles conditions ; est-ce que vous ne pensez pas que votre rôle sera extrêmement difficile? 

Mme Roseline Idowu : Rien n’est facile dans la vie. C’est pourquoi je leur ai dit que nous venons prendre leurs doléances. Nous allons les transmettre aux autorités mauritaniennes ; nous mettrons en place un comité.

 

La Tribune : La question du retour des réfugiés mauritaniens bute également sur un problème : le retour dans leurs maisons en plus de la question sécuritaire, vous avez pris bonne conscience de tout cela ?

Mme Roseline Idowu : Oui on a tout noté mais vous savez parfois il y a un problème de perception ; vous pouvez penser que vous êtes toujours en insécurité, d’autres peuvent penser que les conditions sont maintenant réunies comme il y a eu un changement de gouvernement et que les nouvelles autorités ont fait  un pas que les autres n’ont pas fait ; tout est relatif et nous tenons compte de cela. 

 Source/ La Tribune n°357




Réfugiés mauritaniens

10072007

A la fin de la réunion tenue à l’école primaire de Ndioum située non loin du camp des réfugiés, madame Roseline Idowu, représentante du HCR à Dakar a bien voulu répondre aux questions des journalistes. 

 

 

La Tribune : A combien le HCR estime-t-il les réfugiés mauritaniens au Sénégal ? Vous avez certainement des chiffres… 

Mme Roseline Idowu : Oui  et vous l’avez toujours su, nous avons un chiffre de travail. Ce qui ne veut pas dire que c’est statique. Nous travaillons avec un chiffre d’à peu près  20 000.

 

La Tribune : Mais ce chiffre est contesté par les réfugiés qui estiment leur nombre à environ 67 000.

Mme Roseline Idowu : Certainement quand ils sont arrivés au début, il y a 18 ans ils atteignaient ce nombre, mais depuis lors il y en a qui sont rentrés.

 

La Tribune : Les gens se plaignent d’avoir été abandonnés depuis 1995 environ par le HCR, que répondez-vous à cela ? 

Mme Roseline Idowu : C’est parce qu’ils ne comprennent pas comment fonctionne le HCR.  Nous sommes là pour aider les gens quand ils entrent en catastrophe dans un pays; les stabiliser et les aider à s’installer. On les aide à monter des coopératives pour l’agriculture par exemple. Dès qu’ils sont stabilisés, ils sont supposés fonctionner comme vous et moi c’est-à-dire s’occuper de leur famille eux-mêmes avec et apprendre à subvenir à leurs besoins

 

La Tribune : Vous allez servir de relais les réfugiés mauritaniens et les autorités mauritaniennes après le discours du président Sidi Ould Cheikh Abdallahi, est-ce qu’on peut connaître déjà les dispositions que vous allez prendre ?

Mme Roseline Idowu : Déjà mon collègue en Mauritanie va contacter le gouvernement mauritanien maintenant que celui-ci a déclaré ouvertement qu’il va faire appel au HCR. On va faire des réunions là-bas entre le gouvernement mauritanien et le bureau du HCR en Mauritanie, entre le gouvernement du pays d’origine et celui du pays d’asile et les deux bureaux du HCR  et les réfugiés vont choisir des délégués pour les représenter dans les pourparlers avec les autorités mauritaniennes.

 

La Tribune : Les réfugiés mauritaniens semblent être d’accord pour retourner dans leur pays mais pas à n’importe quelles conditions ; est-ce que vous ne pensez pas que votre rôle sera extrêmement difficile? 

Mme Roseline Idowu : Rien n’est facile dans la vie. C’est pourquoi je leur ai dit que nous venons prendre leurs doléances. Nous allons les transmettre aux autorités mauritaniennes ; nous mettrons en place un comité.

 

La Tribune : La question du retour des réfugiés mauritaniens bute également sur un problème : le retour dans leurs maisons en plus de la question sécuritaire, vous avez pris bonne conscience de tout cela ?

Mme Roseline Idowu : Oui on a tout noté mais vous savez parfois il y a un problème de perception ; vous pouvez penser que vous êtes toujours en insécurité, d’autres peuvent penser que les conditions sont maintenant réunies comme il y a eu un changement de gouvernement et que les nouvelles autorités ont fait  un pas que les autres n’ont pas fait ; tout est relatif et nous tenons compte de cela. 

 Source : La Tribune




Comment Nouadhibou juge le retour des déportés ?

10072007

 

Nouadhibou est la capitale économique de

la Mauritanie. Elle est également son poumon. Elle lui donne généreusement tous les biens qu’elle détient dans ses eaux. La ville de pêche et des mines qu’elle est, a toujours été un creuset pour tous les Mauritaniens. 

Pendant la guerre du Sahara, les mauritaniens maures ont payé la lourde facture de leur appartenance. Ils étaient toujours soupçonnés d’appartenir au Polisario. Parce que les maures et les sahraouis se confondent. Ils étaient pris pour la cinquième colonne. Comme les négro-africains mauritaniens qui vivaient dans la ville pendant les évènements de 1989 entre
la Mauritanie et le Sénégal. Ils étaient supposés sénégalais et jugés cinquième colonne. Parce que les sénégalais et les négro-africains mauritaniens se ressemblent. Entre 1989 et 2007, beaucoup de données ont changé… 

Le Président de
la République a annoncé, depuis 10 jours, que
la République reconnaît solennellement ses responsabilités dans les évènements de 1989. Un prompt retour des déportés et une rapide résolution de leur problème sont prévus. Comment les habitants de Nouadhibou jugent-ils ces étapes ? Comment lisent-ils le problème des déportés ? Et sa résolution ? 

Craintes de tourner le couteau dans la plaie 

Certains habitants de la ville de Nouadhibou ne sont pas en principe contre le retour des déportés. Ils ne sont pas, non plus, contre leur indemnisation. N’empêche qu’ils ont des réserves sur le sujet. Ces réserves trouvent leur origine dans la crainte que les débats ouvrent la plaie de nouveau. Ils craignent que les mauvais souvenirs reviennent sur la scène et menacent la paix sociale. 

MOA est un officier marin. Il a passé son enfance dans les petites ruelles de Nouadhibou. Essentiellement avec des familles Wolof et Halpulaar. En 1988, la famille de son intime ami, Abdou Fall, était composée de 13 membres. En 1989, ses membres ne dépassent plus huit membres. Les liens entre MOA et le gentil père de la famille étaient très étroits. C’est lui qui lui a enseigné la natation et la pêche. MAO ne croit pas qu’il va se calmer s’il verra Aïda, Abdou ou Papis nager dans la plage de Cabanon après 18 ans d’absence injustifiable. «Ce sera une bonne nouvelle. Mais un mauvais souvenir. Aussi bien pour moi que pour les victimes… Je ne pardonnerai jamais à ces racistes qui m’ont privé de la joie pour longtemps». Son ami, qui répond au nom Carlos, croit qu’il est impossible d’oublier le passé. Surtout le passé qui contient de mauvais souvenirs. «A la place d’une des victimes de 1989, je ne pourrai pas pardonner mes tortionnaires et exécuteurs. Pardonner, c’est très théorique. Je crains qu’il ne soit pas réalisable sur le terrain». C’est pour cela qu’il est contre le retour des déportés. Parce que «débattre le sujet c’est rouvrir une plaie». 

Mauritaniens ou non ? That’s the question 

Les citoyens moyens de Nouadhibou sont de nature simple. Ils reflètent les idées qu’on leur impose. Surtout celles imposées par les hommes de la politique et de la pensée. Ainsi, certains d’entre eux parlent des déportés comme s’ils parlaient de citoyens d’autres univers… 

Marième Mint Mahmoud est une demoiselle, économiquement à l’aise. Pour elle, le discours du Président est plus qu’important. Bien que la bonne foi de Ould Cheikh Abdellahi la rassure, elle craint que des étrangers profitent l’occasion pour s’instaurer en Mauritanie et en devenir citoyens. «S’il s’avère que les déportés sont mauritaniens, personne n’est plus mauritanien qu’autre». Abdellahi, un boutiquier au marché Mahfoudh, lui partage le point de vue. Pour lui, un mauritanien c’est un mauritanien. Quelque soit la couleur de sa peau ou la pression dont il est victime : «Je ne suis pas contre leur retour organisé, si on a les preuves qu’ils sont réellement mauritaniens. La résolution du problème, à mon avis, est primordiale pour la cohésion sociale». 

 

La nourriture d’un individu suffit-elle toujours pour deux

 

C.O.K est un boutiquier à l’épicerie de son oncle Ahmedou. Il ne supporte pas qu’on nous «ramène des dizaines de milliers de négro-africains». Pour Abdellahi Ould H’mahallah, un transporteur et ami à lui, la réalité est claire et simple : «le Président, qui est également adepte d’Ibrahime Niasse un négro du Sénégal, a plus d’allégeance à la famille maraboutique de Kaolack qu’à sa patrie». 

COK et AOH se justifient par la situation périlleuse que vit
la Mauritanie «depuis l’éviction de Ould Taya». Ils craignent que «les nouveaux venus avalent nos eaux, dévorent nos poissons». Je crois, dit COK, que le retour des déportés va déstabiliser la démographie mauritanienne. Quant à Ould H’mahallah, il n’a pas de souci de voir l’équation inexacte démographiquement. Mais, il faut d’abord résoudre les problèmes des trois mauritaniens, déjà au foyer, vis-à-vis d’insécurité alimentaire, d’électricité, de folles élévations des prix… 

Pour Carlos, un autre jeune, il ne trouve pas rassurantes les promesses officielles pour indemniser les victimes. «Parce qu’indemniser c’est rendre aux victimes ce qui les appartient. Et qu’est-ce qu’on va faire avec ces mauritaniens qui logent dans les maisons des déportés ? Les indemniser eux aussi ?».

 

Mechry Ould Rabany

Source / La Tribune n°357




Réfugiés mauritaniens

10072007

Kane Ibrahima Mamadou, rescapé du bagne de Walata :

«Ils m’ont bandé les yeux quand ils m’ont amené à côté de la mer pour me dire qu’on allait m’exécuter puisque je refusais de parler ; j’ai dit tant mieux ; je préfère qu’on m’exécute, comme cela tout le monde sera tranquille»

 

 

La Tribune : Qui êtes-vous exactement ?

Kane Ibrahima Amadou : Je m’appelle Kane Ibrahima Amadou, ex brigadier de la garde, rescapé de Walata, actuellement réfugié au Sénégal.

 

La Tribune : Comment avez-vous été arrêté pour la première fois et quand ?

Kane Ibrahima Amadou : J’ai été arrêté le 22 octobre 1987, accusé d’un coup d’état militaire ; le jour de  mon arrestation, je devais partir en mission à Tamchakett pour assurer la sécurité de l’ex président Haidallah ; j’avais refusé de partir parce ce n’était pas moi qui devait partir puis on m’a remplacé par quelqu’un d’autre ; j’avais dit que je ne pouvais pas partir parce j’avais des affaires à régler ; le vendredi, je suis allé à l’état major de la garde, Brahim Ould Ali N’Diaye était le CEM à l’époque ; il est revenu de la présidence à 13 h ; le commandant d’unité, Ould Jiddou m’a conduit voir le colonel pour lui dire ‘voilà le brigadier Kane qui devait se rendre à Tamchakett’ ; il lui a dit de voir la liste des bandits qui voulaient faire un coup d’état et j’étais en tête de liste.

 

La Tribune : Il y avait combien de gardes ?

Kane Ibrahima Amadou : Ils ont arrêté beaucoup de gardes à Jreïda mais parmi les gardes ils ont choisi deux seulement qu’ils ont jugés : il y avait moi et le brigadier Sy Djibril dit Samuel Doe, donc deux sous officiers de la garde. Samuel Doe c’était son surnom, il admirait beaucoup Samuel Doe ; il faisait des dédicaces à la radio.

 

La Tribune : Est-ce que réellement vous étiez mêlés au coup d’état ?

Kane Ibrahima Amadou : Nous n’étions pas mêlés mais on nous a accusés comme d’autres personnes parce qu’ils ont dit que c’était les négro-mauritaniens qui voulaient faire un putsch ; raison pour laquelle on m’a arrêté ; lorsqu’on m’a arrêté à l’Etat major on m’a appelé vers 2 heures. On m’a dit que d’après les renseignements, nous voulions faire un coup d’état changer la monnaie, changer le drapeau etc. ; ils m’ont demandé de dire tout ce que je savais sur Ba Seydi ; j’ai répondu que je ne connaissais pas le lieutenant Bâ Seydi , je savais juste que c’était un officier de l’armée ; c’est un officier de la marine et moi je suis à la garde il y a rien entre nous ; deuxièmement que Bâ Seydi ne peut pas dire que moi je suis mêlé à ce coup d’état ; ils m’ont dit que c’est faux et que je devais parler sinon je serai torturé ; j’ai dit que même si on me coupait la tête je ne pouvais dire que ce que je connais ;  à 1 heure du matin nous avons été menottés et escorte par le lieutenant Saïda qui était en ce moment le commandant  de la base de Jreïda ; on nous a mis dans des land Rover, dix personnes  par voiture ; à l’arrivée, on a dormi dans les Land Rover jusqu’au lendemain ; il y a des gens qu’on a mis dans des cellules de 90 cm de large, d’autres dans des cellules étroites (10 personnes par cellule) ; moi j’étais avec 9 autres personne dans une cellule ; on est resté jusqu’à 10 heures environ et le lieutenant est venu demander après moi ; arrivé dans notre chambre, il a dit que d’après ses renseignement j’étais l’élément moteur et que ce n’était pas ma place ; le lendemain, il est revenu pour dire la même chose ; quand on  a commencé l’interrogatoire, chaque fois que je rentrais  voir le capitaine Ndiaga Dieng qui dirigeait l’enquête de la gendarmerie, le lieutenant lui disait que j’étais l’élément moteur du putsch et il n’y a personne parmi les officiers et sous officier qui a dit que le brigadier Kane l’avait contacté ; J’ignorais tout du coup d’état, je n’avais contacté personne ; j’ai dit dans que je suis au courant d’un coup d’état militaire mais que je n’avais aucune preuve pour dénoncer, ensuite je n’ai pas de mission  pour contacter qui que ce soit ; même actuellement si vous voyez mon dossier c’est ce que vous trouverez ; on m’a torturé pendant vingt jours je n’ai pas changé de déclaration.

 

La Tribune : Quel genre de tortures ?

Kane Ibrahima Amadou : On m’a déshabillé ; on m’a ligoté par les pieds et les mains, on m’a fait entrer dans un trou, toute la base m’a marché dessus, d’autres m’ont donné des coups de rangers ; on m’a laissé dans le trou plusieurs heures et quand on m’a détaché je ne pouvais pas tenir debout. Ils m’ont bandé les yeux quand ils m’ont amené à côté de la mer pour me dire qu’on allait m’exécuter puisque je refusais de parler ; j’ai dit tant mieux ; je préfère qu’on m’exécute, comme cela tout le monde sera tranquille ; on m’a déshabillé en plein air, ligoté, les gendarmes m’ont frappé. Le capitaine en personne et le lieutenant ce jour je leur ai dit que comme ils m’ont torturé pendant vingt jours et que je n’ai pas changé ma déclaration d’un mot, tous deux ne méritaient même pas d’être des caporaux, ce que vous faites ici n’est pas normal ; ils m’ont demandé pourquoi je disais qu’ils ne méritaient même pas d’être des caporaux ; le capitaine s’est levé et a commencé à me gifler alors que j’étais menotté par derrière ; il a demandé aux gendarmes de me ramener, de me déshabiller et de me battre avec des cravaches avec des baïonnettes et tout ça ; ils m’ont fait subir toutes sortes de tortures, jusqu’au jour où on nous a jugés ; le colonel Cheikh Ould Boïda avait fait trois groupes ; le premier groupe, il avait demandé onze condamnations à mort, le deuxième groupe des condamnations à perpétuité, et le troisième groupe à vingt ans de prison, moi j’étais  parmi le deuxième groupe ;  quand on nous a jugés, j’ai écopé d’une peine de dix ans de prison et d’une amende de trois cent mille ; le verdict est tombé le 3 décembre, le 5 ils ont exécuté les trois officiers condamnés à mort, le lieutenant Bâ Seydi, le lieutenant Sarr Amadou et Sy Seydou ; le 8  décembre, on nous a amenés à Walata avec les gens des Flam ; on nous a menottés tous ensemble pour nous mettre dans un camion remorque. En ce moment nous ne connaissions même pas les FLAM ; nous sommes des militaires, il n’y a rien entre nous et les FLAM ; moi personnellement je ne connaissais même pas les gens des FLAM.

La Tribune : Mais vous étiez gardes et ils étaient en prison…

Kane Ibrahima Amadou : Oui, ils étaient en prison centrale de Nouakchott depuis 86 ; notre sous groupement créé au temps de Haidallah assurait la sécurité à la présidence ; c’est là-bas que nous étions basés. J’ai fait 6 mois à la prison, le premier jour que je suis venu à la prison, j’ai fait passation de service en présence d’un lieutenant de la garde, dont j’oublie le nom, j’ai trouvé 301 détenus ; en ce moment  les gens des Flam étaient là-bas et je suis resté jusqu’au jour où on m’a envoyé en mission.

 

La Tribune : Comment ça s’est passé à Walata ?

Kane Ibrahima Amadou : A Walata, on nous a mis tous dans une même chambre, menottés deux à deux, moi j’étais enchaîné avec l’ex commissaire Ly Mamadou ; le  premier commissaire qui a participé au coup de 1978 ; on est resté ensemble ; même pour aller aux WC, on va ensemble 24 heures sur 24 ; en ce moment j’étais aussi le premier pour faire partie des volontaires pour amener des bidons de 70 litres d’eau, l’adjudant Thiaw, le sergent chef Sy Mamoudou Alassane et le sergent Lam et moi ; on était quatre pour amener les bidons du puits de Walata au fort ; on nous a divisés en groupes, on est enchaîné et escorté par des gardes, on faisait trois rotations par jour, on faisait la corvée de sept heures jusqu’à deux heures ou trois heures parfois, et à l’arrivée on ne boit même pas parce qu’ils nous amènent une baignoire remplie d’eau et chacun avait droit à la capacité d’un pot de gloria pour 24 heures ; le repas qu’on nous amène à  9 heures pile consistait en du riz sans sel sans huile sans viande, s’ils lavent le riz, ils donnent l’eau aux ânes et quand les ânes ont fini de boire ils lavent le riz dans cette eau pour préparer le repas ; on est resté deux ans depuis notre arrestation sans toucher de l’eau pour le bain, on n’avait même pas de quoi laver nos mains ; on est resté avec les même tenus jusqu’à ce que tout tombe en lambeaux ; on  est devenu comme des animaux pendant deux ans.

 

La Tribune : Quand votre situation va-t-elle changer ? 

Kane Ibrahima Amadou : Lorsqu’il y a eu le décès de l’adjudant chef Ba Oumar Alassane, une mission est venue là-bas, le ministre de l’intérieur Djibril Ould Abdallahi est venu avec une importante délégation comprenant le commandant du GR 1 et d’autres officiers ; ils nous ont demandé pourquoi ces gens la étaient morts ; nous avons dit au ministre que c’est lui qui a donné l’ordre de ne pas mettre du sel dans nos repas et quand on nous a amené ici l’adjudant Mohamed Ould Boubaly nous adit voilà, on vous a amené ici c’est pour vous tuer, sans  gaspiller nos cartouches ;  on va vous empêcher de manger et de boire  jusqu’à ce que vous périssiez tous ici ; nous avons dit au ministre que c’était des instructions que vous avez données par vous-même ; quelques jours après il y a eu le décès de Djigo Tafsirou ; après quelques jours Tène Youssouf Guèye est décédé, après le décès du lieutenant Bâ Abdoul Khoudouss, ce dernier était malade, il était couché et ne pouvait même pas bouger, on nous a dit qu’il fallait casser ses chaînes ; ils ont dit tant pis pour vous ; l’essentiel est qu’après le décès du lieutenant on a emmené des pierres pour casser le cadenas ; nous avons enterré  tous ces morts. L’adjudant chef Ba Oumar Alassane, Djigo Tafsirou et le lieutenant Ba Abdoul Khoudouss sont enterrés à Walata mais Tène Youssouf Guèye a été enterré à Néma, parce qu’ils voulaient l’évacuer sur Néma quand il a rendu l’âme en cours de route.

La Tribune : Il y aura un changement après ?

Kane Ibrahima Amadou : Il y eu un changement après l’arrivée d’une autre mission, une délégation importante avec des officiers ; il y avait un médecin capitaine de la garde pour nous soigner ; ils ont emmené des habits, des tenues militaires de la gendarmerie et chacun a eu droit à  deux tenues, il y avait des draps du croissant rouge, beaucoup d’alimentation ; du  lait, de la macédoine ; il n’y avait parmi nous que 15  sur 64 qui pouvaient encore tenir, tous les autres étaient malades et ne pouvaient même pas bouger ; lorsqu’on a eu tous ces décès on a envoyé les civils à Aïoun et les militaires sont restés à Walata pendant trois mois et en ce moment deux journalistes sont venus là-bas, il y avait Dahmani de Jeune Afrique et Babacar Touré de Sud Quotidien qui sont venus nous voir, nous saluer disaient-ils ; ils nous ont dit qu’ils étaient venus nous rencontrer et s’enquérir de nos conditions de détention ; lorsqu’ils nous ont salué, ils sont allés voir le commandement  qui les a bien accueillis ; après au moment de leur départ on leur a demandé pourquoi ils ne nous avaient pas interrogés, ils nous ont répondu qu’ils n’en avaient rien à voir ; ils sont repartis sans nous rencontrer ; le 31 décembre 1988 on nous a fait quitter à 2 heures du matin pour nous acheminer à Aïoun ; Nous sommes arrivés au fort d’Aïoun à 14 heures et on a retrouvé  nos camarades civils ; on a été enfermé dans des chambres et on est resté là-bas. Tout ce temps là nous étions complètement coupés du monde : pas de radio, pas de journaux pas d’informations, aucun contact avec nos parents qui ne savaient même pas où on se trouvait ; il y avait la propagande  qui disait que tel est en France, tel à Dakar, c’était en fait parce qu’ils voulaient nous tuer et dire que nous avions tenté de nous évader ; après quelques mois nous avons été informés que nous pouvions désormais recevoir du courrier et la visite de nos parents, on pouvait lire des journaux et écouter la radio ; nos parents ont commencé à venir ; on avait 15 minutes sous la surveillance d’un garde armé ; les femmes et les hommes étaient fouillés par des gardes ;

 

 

La Tribune : A Walata il n’y a jamais eu d’améliorations ? 

Kane Ibrahima Amadou : Lorsqu’il y a eu des décès le 22 octobre 1988 il y avait parmi nos camarades certains qui avaient cassé leurs cadenas ; parce les gardes refusaient qu’on mette des chiffons sous les chaînes parce que le fer nous blessait ; quelques-uns ont cassé les cadenas c’étaient 22 personnes et c’était le 22 octobre, ce jour on nous a sorti tous et nous a terriblement torturés l’un après l’autre. Ce jour on ne l’oubliera jamais. Certains comme le lieutenant Barro Moussa Gomel, l’ingénieur Sow Amadou Moctar, le lieutenant Diako Abdoul Karim ces gens là on croyait qu’ils étaient morts puisqu’on est resté trois jours sans les voir ; on les avait tabassé à mort ; c’est comme si on avait déchiré leur corps à corps de couteaux ; actuellement ils sont en France ; nous les autres on nous a sorti on nous a traité très mal, il y a un brigadier de la garde du nom de Veth que je connais bien pour avoir travaillé avec lui dans un même bureau à l’état major, il s’assoit et nous dit je pisse sur vous ; il y avait le lieutenant de la garde qui nous a dit je pisse sur vous ; le professeur Sall Ibrahima Abou a été déshabillé, ligoté et torturé pendant une journée sous le soleil ; il criait ce jour là, les habitants de Walata ont entendu ses cris ce jour là.

Moi aussi pour revenir au fort d’Aïoun j’y ai été torturé ; des gardes m’ont demandé de puiser de l’eau et j’ai répondu que je n’étais pas là pour ça ; parmi eux il y avait des éléments que j’avais moi-même formés à Rosso ; ils m’ont pris et m’on fait sortir, il y avait un jeune sous lieutenant du nom de Abdallahi de Monguel ; on m’a ligoté et quatre personnes me soulevaient pour me laisser tomber sur les pierres ; ils ont posé sur moi des pierres de 50 kilos ; toute l’escadron est passée pour me frapper avec des bâtons ; mes genoux étaient en sang ; quelques  jours après une mission du CICR est venue ; ils nous ont vu et la mission a écrit ; nos conditions se sont  améliorées avec l’arrivée du gouverneur Hadrami Ould Mome, le frère du Cheikh d’Atar ; notre alimentation était confisqué par les gardes et nous l’avons dit au gouverneur qui nous a permis de gérer notre alimentation.       

    

La Tribune : Tous les officiers étaient mauvais ?

Kane Ibrahima Amadou : Non pas tous ; il y avait le lieutenant Oumar Ould Beïbacar, c’est un excellent officier de la garde, puisque tout le monde a témoigné ; tous les prisonniers civils et militaires de Walata ont témoigné du travail du lieutenant Oumar Ould Beïbacar ; il est humain, il est pieux et il est conscient ; nous savons que si cela ne dépendait que de lui nous ne serions jamais dans des conditions pareilles ; il  y avait aussi le lieutenant Mohamed Lemine Ould Ahmedou de la garde ; il doit être colonel actuellement ; le jour où il est venu à Walata, il a pleuré devant nous ; ce jour il est parti acheter de son argent un mouton, des pâtes, il nous a donné le tout à préparer ; c’était notre premier vrai repas depuis notre arrestation le 22 octobre 87. Il a envoyé un message au ministère de l’intérieur pour leur dire qu’il ne pouvait pas rester dans ces conditions et que si les conditions n’étaient pas améliorées tous les prisonniers allaient succomber ; finalement il n’est pas resté plus de deux semaines ; en gros nos conditions se sont améliorées après les décès ; on pouvait aller se laver au puits.

 

La Tribune : Aujourd’hui, vingt ans après dans une Mauritanie nouvelle qui ouvre une page nouvelle, quel est le sentiment de Kane Ibrahima qui a vécu cette douloureuse expérience?

Kane Ibrahima Amadou : Moi je suis mauritanien, mon père a participé au congrès d’Aleg en 1958 ou 57 ; mon père n’a jamais traversé le fleuve pour aller au Sénégal ; il est né en 1909 et il est  mort en 1999. Il a voyagé deux fois dans sa vie : une fois pour aller à Nouadhibou, la deuxième fois pour aller à Nouakchott ; je suis mauritanien et pour moi tous les mauritaniens sont des frères ; personne ne peut aller sans les autres négro mauritaniens et arabo berbères a mon avis il faut que tous  les fils de la Mauritanie se mettent autour d’une table pour discuter de tous les problème pour que cette situation ne se  présente plus à l’avenir ; il faut que chacun de nous se ressaisisse pour ; si chacun  campe dans sa position, nous allons tous perdre ; nous devons nous unir et travailler dan l’égalité et la justice : il faut une Mauritanie unie ; nous avons perdu beaucoup de temps ; on en serait pas encore là s’il n’y avait pas eu tous ces problèmes ; aujourd’hui il y a ici des gens qui ne veulent plus rentrer dans leur pays ; après ce qu’on m’a fait ; il faut que l’état mauritanien et toutes les bonnes volontés cherchent des solutions pour repartit d’un autre pays ; nous sommes des frères mais avec un peu d’efforts on va dépasser les difficultés.

Je conseille à tous les mauritaniens d’œuvrer pour résoudre ces problèmes. Il faut que justice soit rendue ; que les gens paient leur crime ; le président doit avoir le courage de demander pardon au nom de l’état je lance un appel à toute la communauté arabe pour qu’elle aide me président  dans cette mission ; il faut régler le problème de la cohabitation entre les races.

            Propos recueillis au camp N’Dioum par MFO

Source La Tribune n°357




Ministère d’excellence

10072007

Le ministre de la fonction publique et de la modernisation de l’administration, Abdel Aziz Ould Dahi a tenu mercredi, une séance de travail avec les partenaires au développement impliqués dans les volets de renforcement des capacités et de modernisation de l’Etat. Au cours de cette réunion, les responsables du département ont présenté le plan d’actions du ministère pour la période couvrant le deuxième semestre de l’année 2007. Cet exposé a suscité de riches et fructueux débats qui ont permis de définir les voies et moyens permettant d’assurer une coordination efficace des actions de modernisation et de renforcement des capacités.  

A noter qu’en plus du ministre de la fonction publique et de la modernisation de l’administration et ses proches collaborateurs, cette rencontre a regroupé la représentante résidente du PNUD en Mauritanie, Madame Cécile Molinier et certains membres de son staff, le représentant résident de la Banque Mondiale en Mauritanie François Rantrua et l’ambassadeur de la République Fédérale d’Allemagne, SEM. Eberhard Schanze. Il y avait également autour de la table, le directeur du bureau de la GTZ en Mauritanie, Rainer Geppert, le responsable du PRECAPS (projet de renforcement des capacités du secteur public) au niveau de la banque mondiale, Bekhechi, son homologue en Mauritanie, Mouhyidine Ould Sidi Baba ainsi que le chef de service de coopération et d’action culturelle de l’ambassade de France dans notre pays, Mme. Françoise Gianviti. Deux consultants, en l’occurrence Mme. Turkia Daddah et Zekerya Ould Amar ont pris part également à cette séance de travail. Un beau monde qui sait de quoi il parle. Surtout si l’on ajoute les dernières nominations dans ce ministère. Nominations qui en font un véritable pôle d’excellence. Espérons que les autres ministères suivront l’exemple de Ould Dahi dans ses choix.

Source / La Tribune 357 







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