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Santé : voyage au coeur de l’hôpital national

8072007

Ils sont des centaines pour la plupart des hommes et des grandes personnes, majoritairement originaires des quartiers de la banlieue de Nouakchott, de l’intérieur du pays à venir faire des consultations, se soigner ou rendre visite à un parent malade. 

 

« Je suis là depuis neuf heures et je n’arrive pas à accéder aux salles d’internement on doit quand même pouvoir rendre visite à nos malades à n’ importe quelle heure. » Cheikh Diagana, est professeur de français, quarante ans, originaire de kaedi. « En tant que hôpital national, je pense qu’il est trop petit pour accueillir tous les malades. Vous avez du constaté que les patients sont souvent stressés, qu’il n y a pas assez d’espace, de places, des banquettes. La preuve est que les malades ou leurs accompagnants s’asseyent par terre. Les structures d’accueil ne sont pas adéquats et font terriblement défaut ». 

 Même si Cheikh Diagana se dit très satisfait du travail du personnel soignant, il déplore le manque d’organisation et ajoute qu’il faudrait essayer d’améliorer les conditions de séjour et d’accueil des malades ainsi que les prestations de services. Si certains connaissent si bien cet hôpital, d’autres par contre  n’y ont jamais mis les pieds. Ces milliers de personnes sont logées à la même enseigne que Hamoude, trente ans, il vient de teyarett où il tient une quincaillerie. Visiblement fourbu, il nous explique qu’il est là parce qu’il a un ami qui a été transféré en urgence au service d’orthopédie et de traumatologie. Souvent aussi, on assiste à des grabuges entre les services de sécurité et les visiteurs. Thierno Dia, de carrure forte, assure la sécurité au service des urgences. Apparemment en colère et n’en pouvant plus de supporter les visiteurs qui l’embêtent, il lâche : « les visiteurs sont harassants et énervants. Nous, les services de sécurité, nous sommes fatigués par les visiteurs qui n’arrêtent pas de nous harceler, nous mettre la pression. Ils devraient au moins être compréhensifs envers nous  et qu’ils respectent les heures de visites » 

Au service de cardiologie, l’atmosphère est maussade. Des patients, femmes et hommes, avec des ages différents, se morfondent les uns dans leurs fauteuils roulants, d’autres sur les banquettes de la salle d’attente. D’autres encore dorment tranquillement dans leur coin car les attentes sont parfois insupportables. 

 Mohamed Ould Mohamed Lemine, trente ans, n’y est pas allé de main morte. «Dans un pays où les revenus sont très bas pour certains, il faut que l’état mette en place des structures d’assistance pour les populations démunies ou à défaut de cela réduire les coûts. Certes, l’état ne peut pas tout faire mais quand même il doit faire le minimum puis qu’il est là pour ça il doit prendre en considération les problèmes auxquels sont confrontées les populations en matière de santé. » 

Ce n’est pas seulement le manque de soutien que déplorent les patients interrogés. Il y a aussi le problème de la cherté des prestations de service. « Les consultations coûtent 5.000 ouguiyas et pour faire une échographie, il faut débourser 7.000 ouguiyas » affirme un patient et d ajouter « Les frais de médicaments varient en fonction de la durée de traitement qui peut atteindre des semaines voire des mois.» Une situation toujours difficile certes, et financièrement tracassante des sommes d’argent énormes ! Alors imaginez dans quel état doit se trouver un malade qui n’a d’autres revenus que sa souffrance et son inquiétude dans son calepin » renchérit un autre patient. 

Au service de chirurgie viscérale, on a rencontré Hadami, soixante ans, il vient de Ould Yenge, il a deux fois subi des opérations au niveau de la  prostate. Grâce au ministère de la santé et des affaires, il a pu être acheminé au Maroc. Actuellement, il se porte très bien selon sa propre expression. « Depuis 1995, je suis malade. Je suis parti au Maroc pour subir une deuxième opération. Maintenant, je suis revenu au pays puisqu au Maroc, les frais de traitement et de séjour sont très chers et le ministère de la santé et des affaires sociales ne s’occupe que de l’acheminement du patient. Je ne travaille pas et je ne suis qu’un démuni. J’ai adressé de nouveau une nouvelle demande de prise en charge au niveau du ministère de la santé. Les médicaments sont très chers. Un seul médicament coûte 10.000. L’hôpital ne s’occupe pas presque de nous. C’est nous même qui payons ce que nous mangeons ou achetons. Il ne prépare pas  de repas gratuits pour les patients encore moins donner gratuitement un médicament » 

Sans moyens financiers, certains malades comptent sur les prises en charge de l’hôpital ou du ministère de la santé et des affaires sociales. Là aussi, les chances sont très minces parce que selon les malades’ il n’ y a de transparence dans la délivrance des prises en charge. « Nous sommes arrivés à une période ou chacun est obligé pour survivre de se débrouiller tout seul. Les médicaments ne sont pas souvent à la portée des malades. Je suis contre le fait que certains malades n’aient pas accès à des soins convenables. L’état doit être en mesure de mettre en place une politique d’accès aux soins et non de laisser en rade une frange de la population puis que la santé est un droit pour tout citoyen » dit Baba Lemine 

Un mois après la visite du chef de l’état, rien n’a véritablement changé ou évolué dans cet hôpital qui essaie cahin caha de tenir son rôle de première structure hospitalière  en Mauritanie. 

 

Par Babacar Baye  Ndiaye 







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