Moussa Ould Khairy président de la section du sport ASC T.Z à la Tribune

17052010


 

 

 

A une journée du terme du championnat national de D1 de football, l’arbitrage en Mauritanie est pointé du doigt par le Président de la section du sport de ASC T.Z Moussa Ould Khairi. Pour lui la rencontre déterminante entre deux clubs d’une même entité, c’est-à-dire
la Kédia et SNIM entraîne des doutes sérieux sur la rencontre puisque la défaite ou le match nul de
la SNIM contre la victoire de son club face au Dar Naim lui donnera le titre du championnat. Un titre qu’il ne veut en aucun cas laisser à
la SNIM qui a commencé à fêter vendredi dernier à Nouadhibou lors de sa victoire contre
la Concorde. Une fête qu’il a jugée, d’ailleurs, anormale vu le match difficile qui les attend à Zouerate contre
la Kédia. Le Président de la section du sport de ASC T.Z dénonce le mauvais arbitrage en Mauritanie. Par conséquent, il dit que
la FFRIM est responsable des dérapages et des tricheries des uns et des autres. Entretien.    

 

 

LT : ASC T.Z compte 42 points derrière
la SNIM 43 points à une journée de la fin du championnat. Il vous faut une victoire contre Dar Naim et espérer une défaite ou un match nul de
la SNIM contre
la Kédia. C ’est la défaite de
la Concorde face à
la SNIM à Nouadhibou qui vous a compliqué la tâche. Alors le match Kédia contre SNIM vous fait trembler. Pourquoi ?

 

 

Moussa Ould Khairy :

 

Je remercie d’abord
la Tribune pour l’occasion qu’elle m’a offerte pour m’exprimer. Je ne tremble pas. Je veux tout simplement que les choses se déroulent normalement dans ce match là. C’est la fédération qui est responsable des devoirs et des dérapages du championnat et des compétitions nationales.

 

On sait que l’arbitrage chez nous est comme le reste du monde. Il est miné par la corruption, (sourires). Mais je ne dis pas que les arbitres sont corrompus. Peut être qu’ils ont des insuffisances. Peut être qu’ils ont des affinités par ci par là. Mais pour porter un jugement de valeur, les choses doivent changer. Trop c’est trop. Notre club a été victime des acharnements de quelques arbitres. On sait qu’on nous a fait perdre un match qu’on a gagné à Nouadhibou contre justement
la SNIM. On nous a refusé un penalty clair que notre adversaire a d’ailleurs reconnu.

 

Aujourd’hui, la logique voudrait que Tevrag-Zeina soit championne.

 

Voilà, le problème de deux équipes d’une seule entité se pose. Il ne faut pas se voiler la face. Deux clubs affiliés à une même entité ! Ce qui fait que quand il y a un enjeu de dernière minute, les arrangements sont inévitables. C’est l’un des aspects qu’il faudrait revoir pour éviter d’éventuels arrangements entre les clubs. Car les clubs peuvent se soutenir entre eux pour remporter le championnat.

Les griefs que j’ai personnellement contre la fédération dont je suis membre, c’est celui du tirage au sort orienté pour soit disant arranger ou éviter aux clubs des régions de l’intérieur comme on dit des déplacements successifs. Concorde a été victime l’année dernière de ce tirage dirigé. La même chose se répète. Dernière journée, deux clubs de la même entité se rencontrent entre eux, vous-même vous pouvez imaginez ce qui peut se passer. J’ai deux joueurs qui ont évolué l’année dernière à
la SNIM qui ont dit carrément qu’il y a des magouilles je le dis haut et fort. 

 

 

Logiquement la fédération doit prendre des dispositions pour que la rencontre se déroule normalement loin de toute tricherie. Partout ailleurs dans le monde quant on constate qu’il y a arrangement entre deux clubs, ils perdent automatiquement les trois points. Ils sont même susceptibles d’être relégués en deuxième division. Il faudra qu’on respecte en Mauritanie l’esprit du règlement. Je ne peux pas emmener des sponsors, des entités importantes, à financer des sommes importantes pour qu’à la fin on se retrouve à la merci d’un arrangement entre deux clubs ou à la défaillance d’un arbitre. C’est inconcevable et inacceptable pour nous en tout cas puisque nous avons dépensé beaucoup d’argent. Pour nous, les arrangements et les tricheries et la défaillance des arbitres sont même la négation du football. Le football c’est avant tout, des surprises agréables ou désagréables. C’est le plaisir d’un retournement de match comme ça dans un esprit vraiment saint.

 

 

L.T : Suite à cette polémique, certains préfèrent un arbitrage étranger, malien ou sénégalais pour ce match entre Kédia et
la SNIM. Êtes vous pour ?

 

 

Moussa : Ecoutez ! Je suis de ceux qui pensent qu’il faut responsabiliser nos arbitres. Je pense qu’on a des arbitres très compétents. Maintenant nos arbitres doivent cesser de verser dans le régionalisme. C’est vrai qu’on a eu des arbitres, par le passé, qui ont fait honneur à
la Mauritanie.

 

Les arbitres doivent travailler pour briller, c’est tout. Pour moi, l’arbitre doit briller sur le plan international. Par conséquent, il doit respecter les règles internationales. L’arbitre ne doit pas accepter la corruption pour faire gagner une équipe. C’est inacceptable. C’est un crime. 

 

 

LT : Vous êtes apparemment furieux puisque vous pensez que
la Kédia va se laisser faire contre
la SNIM. Et la victoire de
la SNIM contre
la Kédia vous privera du titre du championnat même si vous gagnez largement contre Dar Naim.  Que comptez vous faire en tant que membre de
la  Fédération de Football de
la République Islamique de Mauritanie (FFRIM) ?

 

 

Moussa : Ecoutez ! Je ne suis pas furieux. Je dis tout simplement que tout doit se dérouler normalement. Il ne faut pas que les deux équipes essayent de s’arranger. Il n’y a pas d’arrangement dans le football. Il faut jouer, c’est tout. Ensuite, je ne parle pas ici en tant que chargé de Communication de
la FFRIM. Je parle en tant que Président du club. Je tiens
la FFRIM pour responsable des dérapages et des tricheries qui peuvent survenir dans ce match. C’est à elle de prendre les dispositions qui s’imposent pour que ce match déterminant se joue dans l’équité et la transparence.

 

Je sais que
la SNIM commence à fêter à Nouadhibou dés qu’elle a battu
la Concorde comme si le match déterminant qui leur reste à jouer ne comptait même pas. Je sais que
la Kédia n’est pas un adversaire facile à battre chez elle. Les nouakchottois disent toujours que quand on revient avec un nul de Zouerate, c’est qu’on s’en sort très bien.

 

Je pense qu’on part favori si les choses se passent normalement. Et je ne serais pas contre si
la SNIM remporte le match convenablement. Je serai le premier à féliciter l’équipe. Je remarque tout simplement qu’un match comme celui là joué entre deux clubs d’une même entité ne grandit pas le football. Dans ces conditions, ça sera un trophée entaché de tricheries.

 

 Propos recueillis par Sy Mamadou




La Tribune n°491

22032010

La Tribune n°491 dans Non classé pdf 491.pdf




Terrorisme :La France presse, le Mali cède

22022010

La France presse, le Mali cède 

Les autres se rebiffent 

 

 

 

C’est une nouvelle qui a surpris : les autorités maliennes ont jugé rapidement les quatre membres présumés du groupe armé Al Qaeda au Maghreb Islamique (AQMI) dont l’organisation exigeait la libération en échange de l’otage français kidnappé fin novembre dans le nord malien. Deux algériens, un mauritanien et un burkinabé. Ils ont tous les quatre bénéficié d’un procès en catimini et ont été condamné pour le port d’armes jeudi dernier. La requalification de l’accusation a permis de les condamner à neuf mois de prison. Une peine déjà purgée. Ce qui permet leur libération immédiate. Selon les informations qui nous sont parvenues du Mali, les quatre combattants de AQMI ont été acheminés sous escorte militaire. Probablement vers le nord malien, territoire de repli et d’établissement de l’organisation terroriste. C’est là-bas que l’échange doit s’effectuer. Au moment où nous mettions sous presse, on ne savait rien du processus d’échange. 

Cette libération intervient au moment où expirait le deuxième ultimatum lancé par les ravisseurs du français Pierre Camatte enlevé au nord du Mali. Elle fait suite à deux visites effectuées par le ministre français des affaires étrangères à Bamako où il doit avoir plaidé la cause du compromis avec les terroristes. 

Pourtant, au lendemain de sa dernière visite, un officiel malien déclarait à l’AFP que le Mali « n’entend pas du tout libérer les combattants islamistes qui sont actuellement aux arrêts au Mali. Non, nous n’allons pas les libérer. C’est une décision de nos autorités supérieures ». Selon cette source, la France – via son ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner – a demandé avec « insistance » au Mali de libérer les islamistes pour sauver la vie du Français Pierre Camatte, enlevé le 26 novembre. Et d’insister : « Personne n’a à nous dicter notre conduite. Nous sommes un pays souverain et nous prenons les décisions qui nous paraissent nécessaires ». 

AQMI avait fixé un premier ultimatum au 30 janvier concernant le Français, avant de le repousser au 20 février à 00H00, menaçant de le tuer si ses demandes n’étaient pas satisfaites. Le Mali a fini par céder : les quatre terroristes présumés sont libres après ce procès exceptionnel. 

Selon la presse algérienne, il s’agit là d’un jeu «trouble» de Bamako qui cède devant les exigences de AQMI en libérant Mohamed Ben Ali, 31 ans, ex-employé des chemins de fer algériens, Tayed Naïl, 29 ans, tous deux Algériens, Brin Ould Nafa, Mauritanien, 25 ans, sans profession, et Houd Karifo, 26 ans, Burkinabé. Et nos confrères algériens de se demander quels arguments a pu faire valoir Paris pour «contraindre Bamako à agir de la sorte et à faire plier le président malien qui faisait valoir à juste raison, que céder au chantage ouvre toujours la voie à d’autres marchandages?» 

Côté mauritanien, aucune réaction officielle jusqu’à présent. On sait cependant que les autorités mauritaniennes, soumises elles aussi à de fortes pressions, n’entendent pas du tout discuter ou plier. Elles ont engagé un dialogue entre les salafistes emprisonnés et les Ulémas du pays, en vue de les convaincre du non fondé de leurs positions. Ce dialogue a atteint son premier objectif qui est de faire des relectures des textes islamiques utilisés pour légitimer l’action violente. Ces relectures doivent justement permettre de délégitimer le recours à la violence comme mode d’expression politique. Le second objectif devrait signifier la libération de ceux parmi les prisonniers qui ne sont l’objet d’aucune accusation claire, et, à défaut, le procès pour les autres des accusés impliqués dans des actions violentes. 

L’ouverture de ce dialogue n’a pas fait baisser la garde sur le front sécuritaire. Les quelques dernières semaines ont permis l’arrestation d’une dizaine de personnes impliquées dans l’enlèvement des espagnols et des italiens sur le sol mauritanien. Au nord du pays et dans le sud-est, ces arrestations ont permis le démantèlement de quelques réseaux établis autour de l’activité commerciale. Aussi, le Mali vient-il d’extrader Oumar Ould Sid’Ahmed, alias « Oumar Sahraoui« , le présumé pourvoyeur de fonds vers AQMI,. Mauritanien, Oumar Sahraoui est né en 1959. Selon les services de sécurité mauritaniens, l’homme en question, identifié par différentes personnes arrêtées dans le cadre des enquêtes liées aux enlèvements des occidentaux, a mis en place tous les moyens financiers et logistiques utilisés dans les opérations d’enlèvements en novembre et décembre derniers. 

Dans un article paru dans l’hebdomadaire français l’Express, les spécialistes comparent le modus operandi de AQMI et celui des FARC en Colombie. Allant jusqu’à trouver le lien entre le développement du trafic de drogue dans l’espace sahélo-saharien et l’implantation des réseaux terroristes. Rançons, prises d’otages et trafics, l’argent étant le nerf de guerre, AQMI entend en avoir par tous les moyens. Selon les spécialistes cités, les ravisseurs obtiendraient en moyenne trois millions d’euros par otage. Ils paieraient la moitié à tout intermédiaire qui en leur livrerait un. D’où le développement de la «sous-traitance». « La force d’AQMI est que les Etats locaux sont faibles. Ils raisonnent plus souvent en termes de survie qu’en termes de stratégie« , analyse l’ancien ministre malien de la Défense Soumeylou Boubeye Maiga. « Nous sommes dans une zone dont l’importance va croissant« , souligne-t-il, faisant allusion à l’immense potentiel pétrolier, gazier et minier des pays du Sahel. « La menace d’instabilité au Sahel est réelle, mais la source de cette menace émane plus directement du désespoir économique, de la criminalité et des inégalités politiques et économiques que d’Al Qaïda ou de l’idéologie salafiste« , soutiennent cependant les spécialistes de la question. 

Plusieurs fois, les pays concernés par ces activités criminelles ont cherché à faire front commun. D’abord avec un agenda américain qui préconisait le tout sécuritaire, sans grande connaissance des réalités du terrain. Ensuite en essayant de coordonner les actions des Etats eux-mêmes. On se souvient qu’il y a quelques mois l’Algérie, la Mauritanie, le Mali, le Niger… s’étaient engagés à disponibiliser des troupes spécialisées dans la traque du crime organisé dans le Sahara. L’Algérie a fait des efforts supplémentaires. C’est bien la pression exercée sur ses combattants en Algérie qui a amené AQMI à choisir l’espace sahélo-saharien comme terrain de prédilection. La Mauritanie a monté trois grandes unités qui sillonnent présentement le désert mauritanien, en plus des unités fixes dont les moyens ont été considérablement renforcés. Le Niger est concerné incidemment jusqu’à présent. Mais où en est le Mali ? 

Question à poser quand on voit que c’est bien le nord de ce pays qui sert de base-arrière pour AQMI. Pour peu, ce sera le Waziristân de la région qui sera, elle, la Somalie de l’Atlantique. 

 

(avec les agences) 




Faits divers

1122008

Faits divers

Par Aboubecrine O.Sidi 

 

Lutte contre les stupéfiants : Coup de poing dans le milieu des dealers 

 

Dans le cadre de la lutte contre la drogue, le Brigadier de police, Mr Didi , chef de
la P.J du Commissariat Spécial de
la Police Judiciaire et ses éléments , ont encerclé le mercredi dernier une maison appartenant à Oumar O. Cheikh Dah alias Oumar « Chinois » à l’Ilot K à quelques mètres du CHN.

Après avoir encerclé la maison, l’unité de police très attentive a réussi à maîtriser la situation sans effusion de sang ; bien que les suspects étaient très bien armés, selon la police.

   La police surveillait ce lieu depuis quelques jours après que plusieurs fréquentations douteuses y soient repérées.

Au cours de cette chasse bien entamée, le Brigadier et ses éléments ont pu mettre la main sur une importante quantité de cocaïne, des armes, une importante somme d’argent et des voitures de haute gamme.

Selon une source policière , Oumar Chinois a été arrêté en 2006 dans la capitale économique et condamné par la cour criminelle , après avoir été accusé d’avoir vendu d’importantes quantités de cocaïne , pour être libéré plus tard sur liberté provisoire.

 

Un inspecteur de l’enseignement secondaire retrouvé pendu 

C’est le mardi 25 Novembre à 13heurs 30 que Bouna O.Abdallahi O.Bouchareb , natif de Tidjikja , a été retrouvé pendu dans sa maison à Arafat dans la zone du poteau 15.

Cet inspecteur de l’enseignement secondaire connu par son sérieux dans son travail et  ses

  relations bien aimé par son entourage. Un homme respecté et respectueux !

Découvert au premier moment  par son épouse qui était sortie depuis le matin pour des raisons de santé selon des proches de la famille ; aussitôt une foule de personnes s’est constituée avant que la police ne soit sur les lieux.

Au premier constat, la police a trouvé que l’homme est déjà mort. Plus tard, le substitut du Procureur accompagné de ses associés et d’un médecin sont venus pour faire le constat.

  Il faut signaler que selon divers témoignages bien nourris, Bouna avait des problèmes sociaux avec sa femme et ses beaux parents depuis quelques temps.

Et ces problèmes ont engendré d’autres facteurs qui ont dû perturber la conscience de ce littéraire qui est un fan de la littérature française.

Mais le rapport du substitut du procureur donnera peut -être plus de lumière.

Trois enfants retrouvés mort à Arafat. 

Après être sortis comme d’habitude pour jouer non loin de chez eux,  trois garçons âgés de 3 à 4 ans ont poursuivi un âne qui errait dans la rue jusqu’ils se sont éloignés de leur domicile.

Ce fait est devenu une  porte pour se perdre, vers onze heures, les parents des trois garçons ont constaté la longue absence des enfants et ils ont commencé à chercher.

En vain une recherche active a été menue par les parents, des proches et des voisins.

Après 48 heures, les trois enfants sont retrouvés mort dans une voiture garée entre des dunes qui séparent  Arafat de  Mellah au sud. Ces garçons avaient quitté chez eux le vendredi 28 à 09h pour être retrouvés mort ce dimanche 30 Novembre à 11h00.

Comme d’habitude la police, le procureur de
la République et d’autres personnes concernées se sont rendus sur les lieux pour constater la mort de ces trois innocents. Et peut –être une enquête sera ouverte !   

 

Source :
La Tribune n°426




Région

22072008

NOUADHIBOU
CULTURE TOUT AZIMUTS
Le mois de Juillet a été riche en événements culturels et sportifs.
Plusieurs associations ont rondement exécuté leurs activités culturelles : Anniversaires, semaines culturelles .Ces journées et soirées ont permis au public de Nouadhibou de découvrir ou de redécouvrir tout un pan de la culture mauritanienne que les jeunes citadins n’ont pas eu à vivre. Changement d’époques et mutations obligent.
Les associations villageoises ont été à l’origine de ces festivités.
C’est ainsi que l’association de la jeunesse de Mbagne a tenu en haleine le public ce jeudi 17 juillet au cinéma ZEM ZEM. Pendant plusieurs heures le public a savouré des sketches, théâtres, ballet, chants de tous les registres.
L’unité nationale était le thème le plus récurrent lors de cette soirée. Dans leur chorégraphie, les acteurs étaient habillés aux couleurs nationales, chantaient dans toutes les langues du pays. Au niveau du théâtre, une large place était faite à la bonne cohabitation entre les différentes composantes nationales.
D’autres associations ont abondé dans le même sens telles que la jeunesse de Djowol, Maghama et Kawtal pelle.
Il est à déplorer l’absence des autorités à ces activités , leur présence pourrait faire mieux passer le message. L’actuel wali du Brakna Mohamdi Ould Sabbary était de toutes les activités des associations du temps où il était wali mouçaid de Nouadhibou. Sa présence et son soutien n’avaient jamais fait défaut.
Les organisateurs sont également confrontés à la carence en lieu vraiment adapté. Ils sont obligés de se rabattre sur le cinéma vétuste de Zem zem qui n’offre aucune garantie de sécurité et qui n’est pas adapté à ce genre d’événements.
Athié Youssouf
CP.NOUADHIBOU

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NOUADHIBOU A L’HEURE DU BASKETT
Depuis jeudi 17 juillet 2008 la ville de Nouadhibou vibre à l’heure du basket-ball. En effet le tournoi inter ligues organisé par l’ASC Imraguens bat son plein au grand bonheur des jeunes et moins jeunes de la cité économique.
Ce tournoi s’inscrit, selon ses promoteurs, dans le cadre du développement du baskettball régional -quasi inexistant.
Pendant 5 jours les équipes de Boghé, Nouakchott et Nouadhibou feront montre de tout leur savoir-faire pour régaler un public sevré de sport. Pour Nouakchott il ya les équipes de ASCConcorde , centre maison des jeunes , centre Tapha Keita , Teyarett , sebkha , Nasr ,, équipe nationale juniors -venue de Conakry . Les catégories sont seniors, cadets et féminines.
Nouadhibou alignera les clubs de ASC Snim et Imraguens et une équipe composée de vétérans. Les matches qui se jouent en matinée, après-midi et en nocturne se déroulent au terrain de basket du stade municipal de Nouadhibou, terrain rénové et mis aux normes pour l’occasion.
Ce tournoi permettra, selon ses concepteurs, de rapprocher les jeunes et de cultiver la paix, la tolérance, de renforcer l’unité nationale.
Même si on n’a pas assisté à du basket de haut niveau, l’esprit de fair-play a prévalu, jusque là les rencontres se sont déroulées sans accroc , l’arbitrage a été à la hauteur.
Les dirigeants de clubs n’ont pas beaucoup insisté sur la victoire ou la défaite, tout le monde prenant ce tournoi pour une répétition , une préparation aux prochaines échéances.
Le tournoi a été parrainé par l’ENEMP dont le directeur a assisté à toutes les rencontres, forçant le respect des jeunes. Idem pour le sénateur de Nouadhibou, dont la société Manuport, est l’autre grand partenaire de ce tournoi. Atlantic pélagique a aussi apporté sa contribution, tout comme la commune de Nouadhibou.
Le directeur de la station FM de Nouadhibou a apporté une grande contribution en permettant aux nombreux auditeurs de suivre le tournoi par retransmission en direct.
Le président de la fédération nationale de basket-ball, Ndiaga Dieng est attendu ce dimanche dans la capitale économique pour les finales.
C’est le lieu de noter ici la réussite de cette entreprise. En septembre dernier, lors des journées culturelles, tout Nouadhibou avait bu la honte tellement les choses étaient mal faites. Avec une somme de 60 millions d’ouguiyas, les organisateurs n’avaient pu rien faire. Les participants venus de l’Adrar, de l’Inchiri et du Tris Zemmour furent mal reçus, mal hébergés et mal nourris une semaine durant. Personne ne sut ce qui fut fait de l’argent prévu à cet effet.
Avec peu de moyens , les dirigeants de Asc Imraguens ont relevé un grand défi.
Gageons qu’il y aura une suite.
Athié Youssouf
CP.NOUADHIBOU

Source : La Tribune n° 409




Crise politique :Vacances…

14072008

Crise politique :

Vacances…

 

Le Président Sidi Ould Cheikh Abdallahi est finalement parti en France où il doit assister au sommet sur la création de l’union pour la Méditerranée (UPM). Il est parti sans régler les problèmes en suspens.

La semaine dernière, Yahya Ould Ahmed el Waghf, Premier ministre sortant et rentrant et président du parti Adil, a bien rencontré les mécontents de son parti. Après le groupe des députés, il a reçu les sénateurs. Le cadre choisi pour ces derniers était le siège de son parti. Juste avant une réunion du bureau exécutif du parti. Les députés eux seront reçus individuellement au Premier ministère (?).

Avec tous il a discuté de la crise. Certains ont été très véhéments, d’autres moins. La première discorde avait éclaté à la suite de la composition du bureau de l’Assemblée nationale. Adil a donc tenu à régler ce problème d’abord. Les députés frondeurs ont tout simplement accaparé tous les postes à part un qui est revenu au député de Guérou (loyaliste). Ils ont voulu exclure, sous forme de punition, tous ceux qui ne les ont pas suivis dans leur mouvement de rébellion. Au parti cela a été ressenti comme une humiliation de la direction. Pourtant le bureau exécutif avait à l’unanimité – ou presque – recommandé moins d’aplatissement devant les frondeurs. Ses membres sont même allés jusqu’à exiger le refus de plier devant la demande de renvoi des partenaires fraichement associés (UFP et Tawassul). Il ne sera pas tenu compte de leur avis.

Au lendemain de ces conciliabules, le Premier ministre avait annoncé le futur gouvernement pour les 48 heures qui suivent. Jeudi, à l’expiration du délai, les journalistes en faction devant l’immeuble du gouvernement, sont surpris par Ould Ahmed el Waghf qui leur dit que rien ne peut être annoncé avant la semaine prochaine.

Du coup de folles rumeurs ont fait le tour de la ville. On annonce ici la reprise des ‘hostilités’ après l’accalmie de fin de semaine dernière. On parle là de réticences de certains partis. De source proche du Premier ministre on parle surtout du refus de l’UDP et du PRD, peut-être l’APP, de se satisfaire de leur part. En fait le Premier ministre semble avoir opté pour répartition suivant le nombre des députés : à chaque trois députés revient un poste de ministre, les partis ayant cinq députés auront deux ministres, ceux ayant moins de trois députés devront se regrouper pour avoir une place.

Selon ce compte Adil devrait avoir 15 ministres environ, APP et le PRDR deux chacun, l’UDP un, le reste sera comblé soit par des regroupements, soit par la cooptation de techniciens plus ou moins apolitiques.

Logiquement, Adil gardera la plupart de ses ministres actuels. En réalité le parti est supposé avoir choisi sa crème lors du montage précédent. Pourquoi les changerait-il ? Certains diront que si les ‘symboles du passé’ ne sont pas changés, on aura l’impression que toute cette crise ne rime à rien. On peut objecter que quand on a retenu Ould Ahmed el Waghf, on n’a plus voulu tenir compte du passé. Ni du passif.

Au plus tôt mardi, au plus tard mercredi, le gouvernement sera connu. Mais d’ores et déjà on peut se demander à quoi servira un gouvernement né d’un tumulte pas encore calmé. Ce qui est reproché au Président Ould Cheikh Abdallahi, c’est surtout son discours par lequel il a révélé la crise au grand public. Tout en reconnaissant aux députés le droit – et même le devoir – de contester la légitimité du gouvernement, le Président n’a pas hésité à proférer la grande menace de dissoudre l’Assemblée. Il a oublié – l’espace d’un discours – que les députés étaient là quand il a été élu et qu’en conséquence ils peuvent ne pas croire lui devoir grand-chose. C’est d’ailleurs, l’une des approches ayant excité l’ire des élus.

Les éléments de la crise sont donc ceux-là. Une majorité divisée. D’abord Adil qui a connu sa première sérieuse secousse. Nombreux sont ceux qui appellent à la matérialisation de la rupture. Deux choix s’offrent aux mécontents.

Le premier choix consiste à regrouper députés et cadres politiques dans une même formation. Il s’agira alors de «laisser Adil à sa direction actuelle». Soit alors de laisser créer une deuxième formation où se retrouveront les anciens soutiens de Zeine Ould Zeidane aujourd’hui regroupés sous le label des «Forces du Changement».

Il faut donc envisager le retour à l’avant Adil. Quand la discussion portait sur l’opportunité de la création d’une formation pour les soutiens de Sidi Ould Cheikh Abdallahi. Beaucoup d’activistes avaient préconisé la création de plusieurs formations, quitte à se retrouver après dans le cadre d’une alliance générale. Le «péché originel» de Adil aura été d’avoir voulu être l’héritier du PRDS. Sans en avoir ni les ressources, ni l’assise.

C’est ce péché qui poursuit encore le Président Ould Cheikh Abdallahi qui n’a pas pu – après plus d’un an – mettre en place son propre système. Le poids est si lourd qu’il y a lieu de se poser la question de savoir si le gouvernement pourra être annoncé la semaine prochaine.

Il est probable que la crise continue d’être alimentée par différentes. Elle prendra visiblement une dimension nouvelle mettant de plus en plus en avant la remise en cause directe du Président de la République.

Aucun montage ne pouvant satisfaire, nous risquons de passer d’un mécontentement à l’autre. Cela peut mener le pays vers l’inconnu. Toutes les perspectives restant ouvertes.

 

MFO

 

Encadré :

 

Tractations

 

Les députés Ba Houdou, maire de Bagodine et unique député UCD (M’Bagne) et Moustapha Ould AbdelAziz, unique député de l’Alternative (Akjoujt) ont décidé d’adhérer au PRDR. Selon le Secrétaire Général du PRDR, Sidi Mohamed Ould Mohamed Vall dit Ghrini, cité par l’ANI, «ce geste montre encore une fois que le PRDR est sur la bonne voie et nous renforcera dans notre combat politique qui est pour une cause juste menée par la majorité silencieuse aux côtés des autres pour construire cette Mauritanie nouvelle unie, démocratique et prospère». L’arrivée des deux députés renforce la position du PRDR qui peut désormais prétendre à avoir le même quota que l’APP. Il prive en même temps l’Alternative à laquelle revenait le poste de ministre de l’intérieur et l’UCD qui n’a pas été représentée lors de la formation du dernier gouvernement. 

Parallèlement, une délégation des Nouvelles Forces du Changement a rendu visite aux députés promoteurs de la motion de censure dans leur siège sis à Tevragh-Zeina pour discuter des derniers développements de la scène politique. Selon l’ANI, la délégation des Nouvelles Forces du Changement était composée de son président, Sidi Ould Ahmed Deya, entouré de Boubacar Ould Aly (vice-président), Cheikhna Ould Nenni (secrétaire général), Mohamed Lemine Ould Kettab (membre du Conseil d’orientation), Sidi Ould Sakkeda (président de la commission Politique).  

De son côté, le groupe des parlementaires frondeurs était constitué du député ADIL, Mohamed El Moctar Ould Zamel, président de la commission Coordination et Communication dudit groupe, Khattri Ould Ely, député ADIL, Sidi Mohamed Ould Mohamed Vall dit Ghrini, député PRDR, Moctar Ould Elemine, député UDP, Moustapha Ould Abeiderrahmane, député RD, Ba Houdou, député UCD et Moustapha Ould Abdel Aziz, député Alternative. 

Prenant la parole le premier, Sidi Ould Ahmed Deya, président du courant des Nouvelles Forces du Changement devait longuement revenir sur le parcours du courant, mentionnant au passage l’objet de cette visite qu’il a résumé en un contact en vue de la coordination entre les forces prônant le changement pour déterminer leurs objectifs stratégiques. Il soulignera la nécessité pour les députés d’associer ces différentes forces non parlementaires qui prônent le changement, tout en exprimant leur satisfaction par rapport à l’initiative de la motion de censure contre le gouvernement qui vient de démissionner, et cela afin que le Parlement puisse préserver son pouvoir et rester indépendant de l’Exécutif. 

Quant au député Mohamed El Moctar Ould Zamel, il a parlé de la situation actuelle dans ses débuts, précisant que le Président de la République leur avait, à son investiture, exprimé sa volonté de constituer un gouvernement d’union nationale et qu’ils ont rejeté, indiquant qu’il y a un programme qui a suscité l’adhésion des masses populaires qui l’ont voté et que l’occasion doit être donnée pour ceux qui l’ont soutenu de le réaliser. Cela d’autant plus qu’il y avait un programme électoral de l’opposition qui mérite d’être préservé pour le bien de la démocratie. Pourtant, dira Ould Zamel, le Président avait désigné un gouvernement «étrange» qui a détruit l’administration et sapé les compétences et les capacités de celle-ci. 

Il ajoutera que le parti ADIL a vu le jour sur des bases qui n’étaient pas saines et ce qui en est advenu était prévisible, car le départ était raté. 

De même, poursuit-il, nous n’avons pas été associés à la constitution du gouvernement démissionnaire, déniant que les députés soient animés par des intérêts personnels dans la participation au futur gouvernement. Mais plutôt cherchent un gouvernement représentatif, compétent avec des personnes propres. 

Et Ould Zamel de dire: «Le Président doit comprendre que feu le Président Mokhtar Ould Daddah et le PPM représentaient une époque donnée et que lui et les forces qui soutiennent son programme électoral en représentent une autre». 

Dans son propos, le député Mohamed El Moctar Ould Zamel n’a pas hésité à critiquer les dépenses énormes et non justifiées de l’Etat ainsi que l’achat de véhicules de prestige abandonnés aux caprices des enfants au moment où les citoyens souffrent de faim et de misère. 

De son côté le député Moustapha Ould Abeiderrahmane notera que le pays traverse une véritable période de transition et que chacun commence à comprendre l’impérieuse nécessité du changement qui est un choix irréversible. 

Il soulignera son étonnement par rapport au fait que le gouvernement démissionnaire était à majorité composé de forces ayant essuyé des échecs électoraux lors des dernières joutes municipales et législatives. Ould Abeiderrahmane fera remarquer que le Président de la République avait commis une erreur en voulant constituer un gouvernement en dehors des forces qui l’ont soutenu et porté au pouvoir, tout en critiquant ce qu’il a qualifié de main mise des partis de l’opposition entrés au gouvernement démissionnaire sur les grandes orientations de l’Etat. 

Pour sa part, le député Moctar Ould Elemine, il a déclaré que le problème ne se situe pas au niveau des parlementaires et du Premier Ministre, mais plutôt entre les députés et le peuple d’une part et le Président de la République d’autre part et qu’il revient à ce dernier de lui trouver la solution idoine. 

Enfin, le député Moustapha Ould Abdel Aziz a souligné qu’il convient de reconnaître aux Nouvelles Forces du Changement le mérite d’avoir été les premiers à attirer l’attention sur ce qui s’est passé maintenant, à s’être très tôt manifestées, avant d’appeler à lutte contre ce qu’il a appelé les tentatives de marginalisation des forces non parlementaires dans le cadre des concertations actuelles. (avec ANI) 

 Source : La Tribune n°408




Le boom de l’immobilier s’empare de Nouakchott

14072008

Habitat

 

 

 

 

Le quartier de Tévragh-Zéina est sans doute un emblème de la frénésie immobilière qui s’est emparée de Nouakchott depuis quelques années. Un tour dans les différentes artères du quartier le montre. Ce qui attire l’attention du premier venu, ce sont des tas de sable, du ciment et des ouvriers au travail pour faire sortir de terre leur énième immeuble. Ces bâtisses, modernes et imposantes, dédaignent désormais les demeures avoisinantes.

 

Il est treize heures. Nous sommes à Tévragh-Zéina sur la route de Nouadhibou, à quelques mètres de l’auberge Sahara. Il fait chaud. Une chaleur de plomb. Défiant la canicule, une vingtaine d’hommes participent à la construction de l’immeuble qui, désormais, s’impose aux passants. Juste en face de l’immeuble où opèrent ces braves maçons, assis sur un amas de coquillages, portant des lunettes de soleil, Abdoulaye Diallo se présente comme le responsable des lieux. Notre interlocuteur nous rencarde sur les raisons qui pourraient expliquer cette ruée vers l’immobilier notée dans ce quartier chic de Nouakchott.

 

Selon M. Diallo, l’aspect mercantiliste prévaut sur toutes les autres motivations. En effet, explique-t-il, la crise étant aiguë et complexe pour les mauritaniens, ils cherchent à sécuriser l’argent durement acquis. Il leur est difficile de trouver meilleur placement que le secteur immobilier, confie M. Diallo. Une tendance qui fait le bonheur des ouvriers qui échappent ainsi aux affres du chômage technique. Venus le plus souvent d’horizons différents (principalement des sénégalais, des maliens, des mauritaniens…) ces ouvriers apprécient à sa juste valeur cette croissance dans l’immobilier tout en déplorant la modicité de leurs revenus, comparés à la débauche d’énergie qu’exige leur travail.

 

Direction, Las Palmas, non loin du 1ier carrefour de la route de Nouadhibou en quittant l’hôpital national de Nouakchott. Un quartier assez tranquille. La chaleur y est sûrement pour quelque chose. Au bord de la route, se dresse un immeuble où des ouvriers, plus d’une dizaine, s’affairent autour d’une œuvre en fer, ciment et béton.

 

Ibrahima Tall, maçon de son état, de prime abord hésitant à se prêter à nos questions, finit par avoir confiance. La discussion est engagée. Notre interlocuteur fait sien le même argument que ses collègues nous ont servi auparavant : ce sont uniquement les aspects commerciaux qui expliquent cette course vers le secteur immobilier. M. Tall s’est surtout voulu le porte-voix de tous les travailleurs, acteurs d’un secteur qui rapporte, mais qui, malheureusement, en sont les parents pauvres. Certains jeunes mauritaniens ne sont pas insensibles à cette effervescence occasionnée par le boom immobilier dans les quartiers chics de Nouakchott.

 

Notre reportage sur l’immobilier dans les quartiers chics de Nouakchott serait inintéressant si nous n’avions pas pris le soin de faire un tour chez ceux qui assurent la gestion des immeubles : les agences immobilières. Un tenancier de l’une de ces agences, très répandues au centre ville, constate comme tout le monde l’essor du secteur immobilier à Nouakchott. Pour ce monsieur qui n’a pas voulu décliner son identité, cette ruée vers l’immobilier n’est pas près de s’estomper car de plus en plus la population augmente et il y a une forte demande en termes de logements. Face à ce développement «fou » du secteur de l’immobilier, un marché lucratif s’est installé. De plus en plus de mauritaniens provenant de l’extérieur investissent beaucoup d’argent dans ce secteur en plein boom à Nouakchott. En plus, les populations font de plus en plus confiance à ces agences immobilières qui ont pignon sur rue dans les grandes artères du centre ville de Nouakchott. La demande est de plus en plus forte, nous explique-t-il.

 

En l’espace de quelques années, le boom immobilier s’est emparé furtivement de Nouakchott. Des immeubles de toute hauteur commencent à sortir de terre et surplombent les petites villas qui se trouvent à côté. De Ksar à Tévragh-Zéina en passant par le centre-ville de Nouakchott, la frénésie immobilière fait fureur. A Ksar, les nouvelles constructions commencent à sortir de terre. On casse, on reconstruit. Ce premier quartier de Nouakchott n’échappe pas à cette frénésie immobilière. Ces nouvelles bâtisses sont souvent le propriétaire d’hommes d’affaires ou de politiciens ayant détourné d’importantes sommes d’argent qu’ils réinvestissent dans le secteur de l’immobilier qui rapporte beaucoup d’argent. Outre cela, ils rachètent encore à coup de millions certaines maisons délabrées pour y reconstruire d’imposants immeubles. Même les banlieues comme Premier n’échappent pas à cette folie immobilière.

 

Cependant, l’implosion du secteur immobilier dissimule une autre réalité plus impitoyable. Succombant à la tentation de ce business de l’immobilier, des familles cèdent leurs habitations à des personnes plus nanties qui ont malignement investi ce secteur. Ainsi donc, certaines familles se voient obligées de revendre leurs maisons à la suite du décès du père pour aller habiter dans la banlieue en achetant une maison moins chère. Ces familles, la mort dans l’âme, s’établissent dans d’autres quartiers de la banlieue.

Ces immeubles donnent un aspect de modernité à la ville de Nouakchott qui compte plus d’un million d’habitants. Au-delà de cet aspect décoratif et moderne, un véritable problème se pose : celui du respect des normes de construction. Ces nouvelles constructions sont en train de changer le visage de la ville de Nouakchott. Bien que modernes, elles sont confrontées au non respect des normes urbanistiques en vigueur en Mauritanie. Cette ruée vers l’immobilier explique sans nul doute que ce secteur est extrêmement rentable pour les promoteurs immobiliers. Il l’est également pour les banques, le fisc, les notaires et l’administration des droits de timbre et d’enregistrement. Grâce au développement que connait le secteur, les activités liées aux matériaux de construction suivent forcément  le rythme et génèrent des profits importants : ce sont les professionnels du ciment, les tenanciers des quincailleries et entre autres activités florissantes.

 

Certainement qu’un jour, à la place de ces kebbas, baraques ou taudis qui décorent la ville de Nouakchott, d’imposants immeubles ou bâtisses y  seront construits. La course à l’immobilier ne fait que commencer. Les collectivités locales doivent être vigilantes pour que la construction tous azimuts de ces immeubles respectent les normes urbanistiques.

 

 

Kréôn

 

 

Source : La Tribune n°408




Nouveau Gouvernement / Du bon et du mauvais

19052008

Nouveau Gouvernement : 

Du bon et du mauvais 

 

Accueil contrasté pour le nouveau gouvernement. Si le microcosme nouakchottois est sceptique, ce n’est pas le cas de l’opinion en général. Il est en effet surprenant de constater que la tension a baissé, comme si ‘on’ était quelque part rassuré par la composition ‘politique’.

D’aucuns vous l’expliquent par la présence de figures connues pour leur ‘prodigalité’. D’autres vous disent que les choix se sont portés sur des gens connus, ayant une certaine expérience des affaires de l’Etat et donc ‘moins étrangers’ du point de vue du public. Pour les plus objectifs des observateurs, le caractère ‘politique’ du Gouvernement est en lui seul une notable avancée sur la voie de l’établissement de nouvelles pratiques. Il est désormais acquis qu’un gouvernement doit discuter avec ses partenaires – protagonistes et alliés – de la composition nouvelle. Autre nouveauté, chaque parti s’engage à donner les meilleurs noms, ou du moins les plus représentatifs dans sa configuration.

Le Parti national pour la démocratie et le développement (PNDD, Adil pour les intimes) a fourni en grande partie des membres de son bureau politique, sinon de son conseil national. Donc des membres de ses instances dirigeantes. D’ailleurs la plupart des promus ont tenu à faire apparaître leurs fonctions politiques dans les C-V officiels publiés.

C’est, après le président du parti Yahya Ould Ahmed Waghf, Premier ministre, le cas de Boydiel Ould Hoummoid nommé au poste de ministre secrétaire général de la présidence. Vice-président de Adil, Ould Hoummoid est un administrateur de régie financière. Né en 1953, il a occupé plusieurs postes dont Trésorier, plusieurs fois ministres. Le syndicaliste qu’il est s’est toujours fait une place à l’ombre du pouvoir qui le jugeait incontournable. Même quand il est allé à contre-courant en 2005, au lendemain du coup d’août, le président du CMJD n’avait trouvé d’autre voie que celle de l’amadouer et de chercher à en faire un allié. En le nommant à la place de Ould Ahmed Waghf, le Président Ould Cheikh Abdallahi va lui confier les dossiers des réfugiés et du Programme spécial d’intervention dont son prédécesseur s’est occupé plutôt bien. Un poids lourd à la présidence manquait dans la configuration civile d’avant.

Toujours à la présidence, c’est Cheyakh Ould Ely qui remplace Sidi Mohamed Ould Amajar nommé Délégué général pour la promotion de l’investissement privé. Le cabinet présidentiel a jusque-là été en-deçà du rôle qui lui est dévolu. On est loin – très loin – de l’époque Louleid Ould Wedad où tout se faisait et se défaisait au cabinet présidentiel. L’adjoint de Ould Amajar, Mohamedou Ould Tijany, a été mal exploité car n’ayant pas eu les coudées franches pour créer un embryon de système. Les ‘Maures du Niger’ partagent cette méconnaissance parfaite de la Mauritanie actuelle. Ould Ely, le nouveau DIRCAB, a une expérience politique (ancien Baath), militant et cadre du PRDS, ancien secrétaire d’Etat au Maghreb, est nettement plus ouvert et plus indiqué pour réhabiliter le rôle prépondérant du cabinet.

Comme ministre de la justice, le choix s’est porté sur Yahya Ould Sid’el Moustaph qui est aussi membre du directoire politique de Adil. Sa formation d’administrateur, son origine sociale, le prédisposent à occuper à un poste comme celui-là. Saura-t-il renouer avec les réformes entreprises par Me Mahfoudh Ould Bettah pendant la transition. Le retard est grand parce que la Mauritanie a fait des pas en arrière. Ould Sid’el Moustaph est obligé de remettre de l’ordre dans un corps de Magistrats qui souffrent de multiples maux.

Comme ministre des Affaires étrangères et de la coopération, c’est un Adil, Cheikh El Avia Ould Mohamed Khouna qui est nommé. Un poste qu’il a déjà occupé. L’éducation, le parcours de l’ancien Premier ministre lui seront d’un grand secours. La diplomatie mauritanienne reste à inventer par la mise en place d’une stratégie globale et le choix d’hommes adéquats. Redonner à la Mauritanie son rôle de trait-d’union, de terre de convergence arabo-africaine. Réhabiliter ces vocations naturelles et renouer avec l’humilité qui a marqué les choix. La sortie de la CEDEAO, la reconnaissance d’Israël, la coupure des relations avec l’Iraq, l’inscription du Maroc aux côtés d’Israël et de l’Afrique du Sud (années 80) sont autant d’extravagances qui ont marqué les tâtonnements des régimes militaires. Ce n’est pas le Président Ould Cheikh Abdallahi qui va le freiner s’il veut apporter du nouveau.
Ministre de l’intérieur : Mohamed Yehdhih Ould Moctar El Hacen, une personnalité et un caractère. Là aussi beaucoup de choses à faire. Depuis le fameux projet initié par Mohamed Ould Maawiya sous la houlette de feu Ahmed Ould Minnih, la réforme de l’administration a été un vœu pieux. Tout observateur averti plaindrait le président de Alternative, initiateur du Mithaq, devant l’ampleur de la tâche. Quand on sait le niveau de ses collaborateurs immédiats, il y a de quoi s’inquiéter pour lui.
Retour à la direction de Adil, Kane Moustapha est nommé ministre du pétrole et des mines. Ancien ministre, son nom a été lié à l’affaire de la raffinerie. La première vente qui a finalement coûté plus de quatre millions dollars après l’arrangement à l’amiable préconisé par les avocats français. Une affaire qui a impliqué nombre de personnalités de l’ancien régime. Il arrive dans un ministère qui est l’objet de beaucoup de fantasmes. Et où l’opacité est de règle.

Plus Adil que Me Salma Mint Tegueddi, tu meurs. Elle devient ministre du commerce et de l’industrie. Aucune prédisposition pour la descendante de la lignée Lemtouna, première population du pays, à diriger ce département.

Le ministère des transports est confié à Bebbaha Ould Ahmed Youra, ancien directeur du port autonome de Nouadhibou. Il est revenu cette semaine où son départ a été l’objet de cérémonies de tristes adieux. C’est dire qu’il a laissé de grands souvenirs. D’abord de gestionnaire juste et visionnaire. Ensuite d’homme à l’écoute de tous. Plusieurs fois secrétaire général de ministères, il a été directeur de la SONELEC, de la SONIMEX et du Port de Nouadhibou. Le parcours politique de Ould Ahmed Youra est inégalable : du Parti du peuple à l’Union des forces démocratiques, premier parti d’opposition des années 90. Redoutable négociateur, Ould Ahmed Youra bénéficie d’une image surfaite de manipulateur, entretenue par ses détracteurs et concurrents politiques. En réalité, il est l’ineffable expression de la culture iguidienne faite de mesure et d’écoute.

Autre secrétaire exécutif de Adil, Mohamed Ould R’zeizim qui va à l’hydraulique et l’énergie, moins les TIC’s. Cet administrateur civil a prouvé ses compétences de meneur par le passé. En d’autres temps, il a appartenu à quelques (très) rares administrateurs qui n’ont pas versé dans le zèle vulgaire. Ce qui lui vaudra d’être victime d’un montage grossier au lendemain du 8 juin 2003. Ce qu’on avait appelé à l’époque ‘le délit de parenté’, l’avait mis sur la voie de la traversée du désert. Homme politique averti et confirmé, il s’est retrouvé sans mal secrétaire exécutif de Adil. Comme il est aussi un homme du terroir, Ould R’zeizim n’aura aucun mal à apporter du nouveau dans un secteur essentiel pour les populations et pour le programme du Président dont l’intéressé avait été directeur de campagne à Nouakchott dans l’entre-deux-tours. L’ancrage social et politique lui donne des atouts certains.

A la culture et à la Communication, c’est un autre Adil qui échout : Mohamed Ould Amar qui était jusque-là directeur de l’ENS. A la Fonction publique et la Modernisation de l’Administration, c’est Moustapha Ould Hamoud, ancien directeur d’Air Mauritanie, qui remplace Aziz Ould Dahi. Le ministre partant regretté pour tout le travail qu’il abattu en si peu de temps. En choisissant un groupe de cadre de grandes compétences, Ould Dahi s’est assuré une réussite dans un département clé dans le projet de changement. Le seul ministre dont l’action et la réussite ne font l’objet d’aucune remise en cause a été congédié. De quoi être inquiet…
Ministre chargé des Relations avec le Parlement et la Société civile, c’est Sidney Sokhona qui est déjà député ; Secrétaire général du Gouvernement : Bâ Abdoulaye Mamadou,ancien directeur de la SOMIR et de l’ENER ; Secrétaire d’Etat auprès du Ministère de l’Economie et des Finances chargé du Budget : Sid’Ahmed Ould Rayes, ancien ministre du commerce ; Secrétaire d’Etat chargé des Mauritaniens à l’Etranger : Mohamed Ould Mohamedou,éphémère CSA du début du régime civil ; Secrétaire d’Etat chargé des TIC : Abdallahi Ould Ely Ould Benane, ancien directeur commercial de la SMCP.

Le deuxième parti pour le nombre de postes pourvus est l’APP de Messaoud Ould Boulkheir. Avec ses cinq députés, APP continue d’engranger les bénéfices de sa position au second tour : Messaoud est tours président de l’Assemblée, le parti a trois ministres.

Ministre de l’agriculture et de l’élevage : Corréra Issagha qui garde sa place. Probablement qu’il a satisfait dans l’exercice passé. Deux nouveaux font leur entrée : Mohamed Ould Bourboss au ministère du sport et de la jeunesse, un professeur qui a fait ses classes politiques dans l’ombre de Ould Boulkheir ; Mohamed Lemine Ould Naty qui va au Maghreb Arabe, une sorte de revanche de l’histoire quand on sait que l’intéressé avait démissionné du poste de directeur de cabinet du secrétariat d’Etat au Maghreb en 1996, pour protester contre la politique de l’époque.

Autre parti avec trois porte-feuilles : l’Union des forces du progrès (UFP). Elle a proposé Assane Soumaré au poste qu’il occupait déjà, la pêche. Sa réussite y est pour quelque chose. Mais là où ce parti progressiste a ‘faibli’, c’est en proposant Mohamed Ould Khlil, ancien Wali de Nouakchott, monolingue et nouvelle recrue. Le prétexte : le récompenser pour son engagement dans le parti. L’inconvénient : l’inquiétude des populations de Fallouja (quartier de Nouakchott où la multiplicité des emplois et des octrois pose problème). Last but not least : Bâ Boubakar Moussa, vice-président de l’UFP, figure emblématique du parti, et bien avant du MND, se retrouve ministre conseiller du Président de la République. Sa sagesse, la clarté de ses idées, sa franchise changeront certainement l’atmosphère de cet espace qui tend à être clos. En tout cas assez pour déranger certaines certitudes.

Pour Atawasul (Islamistes), la part qui revient est de deux ministères. Le ministère de l’enseignement supérieur revient à Mohamed Mahmoud Ould Seyidi qui a été l’un des chefs syndicaux du corps enseignant du supérieur. Lequel a été secoué par une grève qui a été annoncée pour 45 jours, il y a quelques semaines et qui a fini en queue de poisson. Le ministère de l’emploi, de l’insertion et de la formation professionnelle revient à Habib Ould Hemdeit, un professeur qui n’a pas de grande expérience de gestion. Il s’agit quand même d’une figure historique du mouvement islamiste en Mauritanie. Pour cela il est allé plusieurs fois en prison.

Malgré son bagage intellectuel aussi bien traditionnelle que moderne, on mettra du temps à comprendre comment Dahane Ould Ahmed Mahmoud a échoué aux affaires islamiques. L’ancien capitaine de frégate – c’est comme ça comme on dit ? ou dit-on lieutenant de Vaisseau ? – a-t-il pour mission de moderniser un département jusque-là confié à de vieux marabouts n’ayant d’autre référentiel que le cursus traditionnel ? Peut-être. Il est promu au nom du parti al Vadila, ce qui irrite un peu le chef de ce parti.

Autre singleton, celui du PRDR, Dahmoud Ould Merzoug à qui a été confié l’Environnement. Ancien secrétaire général du ministère du développement rural et de l’environnement, Ould Merzoug a occupé plusieurs postes relevant du secteur.

En conclusion, on peut noter que le plus jeune des promus est Mohamed Ould Mohamedou qui serait né en 1970. Le plus vieux est Ould Mokhtar el Hacen qui est né en 1948. 22 ans séparent les deux hommes, pas assez pour créer une nouvelle classe politique.

 

MFO

 

Source :
La Tribune n°400

 




Edito de La Tribune Par Mohamed Fall Ould Oumère

12052008

 

Edito de

La Tribune Par Mohamed Fall Ould Oumère

Il faut retenir ce qui est à notre avis positif dans ce qui vient de se passer. Je retiendrai ce qui suit :

1. La manière que le Président a choisie pour démettre son Premier ministre Zeine Ould Zeidane est avant tout un message fort de la part d’un homme accusé de ne pas avoir de personnalité pour exercer entièrement la réalité du pouvoir. Cet homme, c’est Sidi Ould Cheikh Abdallahi dont les détracteurs soutiennent qu’il est plus un prétexte. Contre vents et marées, il a imposé Zeine Ould Zeidane comme Premier ministre, en lui donnant les attributs d’un véritable chef de gouvernement. On avait par croire à un schéma de cohabitation. Il est vrai que l’homme offrait d’énormes avantages au nouveau Président. Tout en lui évitant d’avoir à opérer un arbitrage au sein de ses soutiens ‘trop gourmands’, il permettait de sortir du choix lié à l’appartenance régionaliste. En plus du fait qu’il s’agit d’un jeune de quarante et un ans ayant une notoriété de technicien avéré.

Une pièce qui pouvait servir en attendant de mettre de l’ordre dans la demeure, en créant un parti notamment. Contre ce Premier ministre, tout le venin de la classe politique – prédateurs, bouffons, opposants de première et de dernière heures, intellectuels organiques, journaleux…- s’est déversé. L’occasion de laisser la plèbe s’entredéchirer, et les loups se manger entre eux. La première année de son régime, le Président Ould Cheikh Abdallahi l’a passée à laisser la scène évoluer d’elle-même. Espérant peut-être ramener la classe politique à opérer son lifting. Elle a tourné en rond.

2. Le choix indique un changement dans les pratiques politiques. Fini le temps des changements de gouvernements qui ne voulaient rien dire. On prétend au moins à présent vouloir monter un gouvernement politique. Le Premier ministre est désormais le président du parti qui a le plus de députés à l’Assemblée. C’est à lui d’engager les discussions avec les autres partis. La nouvelle majorité démontre comme l’a dit le nouveau PM que ‘le concept de majorité n’est pas statique mais dynamique’. Sans précédent en Mauritanie, quelque soit par ailleurs le choix qui est fait par les uns et les autres.

3. Autre nouveauté à inscrire dans le registre du changement : la concertation. Pour la première fois en Mauritanie, un gouvernement fait l’objet de tractations. Tous les acteurs politiques ont communiqué là-dessus. Ce qui ajoute à l’exceptionnelle solennité du moment.

4. La couverture médiatique officielle est aussi une nouveauté. En effet la radio et la télévision ont suivi, heure par heure, l’évolution des choses. Jusqu’à l’annonce de la composition du gouvernement, RM et TVM ont donné l’information.

…Nonobstant tout ce qu’on peut dire de certains choix, des pratiques politiques nouvelles sont nées. Et c’est déjà ça de gagné.

Maintenant quelles fautes ont entraîné la chute de Ould Zeidane ? Même si son limogeage était prévu depuis longtemps, il a surpris. Le jeune troisième d’une élection présidentielle qui a été plus un baptême de feu politique pour lui, a gagné le gros lot au lendemain de l’avènement de la nouvelle République. A-t-il su gérer sa chance ? Non, répondent en cœur ses détracteurs. Contre lui, il a réussi à liguer toutes les forces politiques du pays. Il a été incapable de communiquer assez sur les performances de son gouvernement. Si bien qu’aujourd’hui il lui sera difficile de convaincre l’opinion d’avoir été l’auteur de réformes profondes et décisives.

Le gouvernement d’aujourd’hui est, selon le nouveau Premier ministre, le prolongement de l’autre. L’homogénéité a manqué au premier. Elle est donc le premier défi de la nouvelle formation. Un défi qui est loin d’être gagné.

Tous les défis à relever peuvent se résumer en la réhabilitation de l’idéal de changement et de rupture. L’équipe choisie peut-elle incarner cela ? Les avis divergent.

 

Source :
La Tribune n° 399     




 » L’unité dans la diversité demeure un atout »

22042008

364478057f25126a1.jpg «  L’unité dans la diversité demeure un atout »   Par Mohamed Fouad Barrada 

  

Comme elle est d’actualité, la question de déportés  revient de plus belle. Comment les politiques mauritaniens la perçoivent-ils ? Les extrémistes des deux bords vont-ils s’imposer ? La confrérie Tidjaniya a-t-elle son mot à dire ? Qu’en est-il de la  diversité culturelle?   

 « Il faut mener une enquête  allant dans le sens d’une vérité et  d’une réconciliation.  Le  passif Humanitaire doit être traité dans sa globalité », martèlent  des nationalistes arabes. « Cette question   des déportés   est instrumentalisée pour des fins personnelles et  idéologiques. La vérité sur le drame des années de plomb ne doit pas être  traitée  avec une nuance inavouée. Des mauritaniens ont subi des atrocités de l’autre côté du fleuve. Plus grave, ils ont été assassinés eux aussi par  leurs propres compatriotes. », Précisent-ils.  

Des hauts cadres du Parti Sawab confirment le fait qu’ils étaient   incriminés à tors dans les événements de 89 alors qu’à l’époque ils étaient loin des centres de décision.   A cela rétorquent  des observateurs  en disant « qu’un malheur  n’exclut pas un autre et que  les mauritaniens   ont été perdants de deux côtés. Il faut  alors résoudre ce problème sans  confondre les papiers. Il s’agit de la responsabilité de l’Etat et que celle-ci devrait  l’assumer ». D’autres nationalistes  arabes  Nasséristes ont  récupéré  ce dossier  des déportés pour  en faire un axe important dans  leur vision des choses.  

L’UFP  quant à lui   a eu la faveur d’être le seul parti à formuler des propositions   concrètes. Entre la rapidité du traitement de la question et le recul de certains partis vis-à-vis de la question, les choses ne font pas toujours l’unanimité.  

Une chose est sûre : des bailleurs de fonds et des organismes non gouvernementaux sont prêts à débloquer de l’argent. Reste à savoir si des  déportés voudraient déclencher des procédures judiciaires pour poursuivre les  responsables qui ont été à l’origine des malheureux événements  de 87,89, 91.   

A en croire le poète soninké Yacoubé Diakité  « le développement passe par l’unité nationale.  Sans cette unité rien ne peut marcher. La diversité culturelle  est une richesse.
La Mauritanie est l’unique pays où  cohabitent  des noires,  des arabes et des berbères ».
 

Pour  le jeune Djabira Sinaka lauréat de prix KB en poésie, « le  pays ne peut se développer  à l’insu de sa jeunesse ».  Pour ce faire,  « nous devons  briser les mûrs qui séparent  les composantes de la population ». Précise-t-il.  « Il est essentiel, en ce sens, de conscientiser la jeunesse. La mise en valeur de  la diversité culturelle de notre patrie est, dans cette lancée,   un atout incontestable  ». Poursuit-il avec ardeur.  

Notons que
la Mauritanie est considérée comme étant un lieu de  convergence de divers courants de civilisations, notamment les empires (du Mali, du Ghana, des Almoravides, etc.).  

Le  brassage culturel sur la religion a offert à la culture mauritanienne des millions de poètes et une source d’unité entre Maures et Noirs africains.  

Ainsi, 99% des habitants de la  Mauritanie sont des musulmans sunnites. Cela peut être une source  de réconciliation nationale.  

Rappelons aussi  qu’« un pays qui a un fort rayonnement culturel  dans le monde, qui a des chanteurs, des écrivains, des peintres reconnus, verra  corollairement, sa jeunesse puiser dans ces valeurs reconnues sur le plan international. A défaut, elle continuera à assimiler l’aspect excessivement matérialiste de certaines valeurs étrangères. Passer donc par une nouvelle politique de la culture, de l’éducation, pour créer un nouvel élan de dynamisme pour une jeunesse qui manque de perspectives. (Ndlr)   »  Plusieurs observateurs craignent, toutefois, que la jeunesse mauritanienne soit victime des extrémismes.  Ce qui sous-entend que  les agressions médiatiques et idéologiques parfois  néfastes  exigent une éducation de base.   

Dans une optique de concertation, des dignitaires et des chefs de tribus sont  indispensables  afin de trouver  une solution radicale au problème du passif humanitaire. Focalisons cette concertation sur le côté religieux, notamment le rôle de la confrérie tidjaniya. Ils sont deux à être influents. La tendance de cheik Omar El vouti, El Haj Malik Sy et l’obédience Cheik Baye Niasse. La première  est accusée dans le livre blanc par l’ancien système de ne pas aider les mauritaniens  qui étaient au Sénégal en  89.   

En effet,  « l’expansion de  
la Tijâniyya en Afrique  doit beaucoup à l’ oeuvre de El Hadj Omar Tall et  à celle de ses successeurs tels qu’El Hadj Ablaye, Ibrahima Niasse, et notamment Malick Sy qui inscrivit sa démarche dans la continuation du grand Almamy (Imam en Peul). Les Muqaddam que ce dernier a formé ont ensuite répandu les enseignements de la confrérie dans leurs provinces d’origine.»  (Voir  
La Tijâniyya  : de l’Aghouat algérien aux plaines du Sénégal,  Bakary Sambe, site Oumma). 

Comme que les liaisons rituelles  jouent  beaucoup dans ces types d’affaires, il est indispensable d’impliquer les autres ailes. Ces ailes sont incontestablement influentes dans la vallée du fleuve. Elles peuvent  jouer un rôle non négligeable pour apaiser la haine.  

Le but en soi n’est  pas de provoquer  la hantise des uns ou des autres, le but encore est loin d’ être l’exploitation d’une composante sociale contre une autre. Certes la divergence d’opinions  est inhérente à l’esprit humain. Mais l’unité dans la diversité demeure un atout.  

  

m_barrada@yahoo.fr  

 

Source : La Tribune n°395







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