Les Echos de la Tribune Par Mohamed Fouad Barrada

13102009

  Immigration et développement  local  de  l’Afrique ! 

Le nombre des ’expatriés’ de par le monde  est estimé  en 2009 à un milliard de migrants. « L’Asie  attire  30% d’entre eux, les autres  choisissent l’Amérique du Nord (27%), l’Europe  (26%), l’Afrique (10%) et l’Océanie (3%) [… ] ; 60%  des migrants s’installant  dans un pays  appartenant  à la même catégorie que le leur […]; 37 % (soit  seulement 80 millions de personnes) quittent un pays pauvre pour un pays riche,  3% faisant le mouvement inverse. » (Jeune Afrique n°2543).     On assiste, par ailleurs,  ces derniers temps, à des tentatives d’immigration débouchant, horriblement, sur des drames : des subsahariens meurent  sur  les côtes mauritaniennes. Une scène qui dénote de la gravité de la situation  trop calamiteuse des candidats à l’immigration voulant à tout prix  s’évader ‘  de leurs  propres pays vers  une Europe  ne désirant  nullement d’eux et au péril de leurs vies.  Pauvre Afrique !    

 «  Nous vivons  dans un  monde  très  inégalitaire. Pour beaucoup  d’habitants des pays en développement, quitter son pays est parfois le meilleur moyen, voire le seul, d’améliorer ses conditions de vie (…) Des politiques plus propices   à la mobilité  peuvent stimuler le développement humain.» (www.hdr.undp.org).  D’où l’intérêt de préciser que les immigrés ne sont  que des personnes  ayant  fait une  migration  et que la part de  transferts issue de cette dernière équivaut au montant d’aide publique  au développement.  Cependant, l’actuel système mondial semble  déverrouiller les frontières  nord –sud. Et le mot d’ordre demeure, à cet égard, rester  chez vous chers africains et autres  incompétents,  sinon mourez  sur vos  côtes respectives….  Quelle solution ?  Des  concepts  ‘galvaudés’ par-ci, par là, tels que  la loterie française  pour venir en aide aux africains,  le partenariat entre les pays pour freiner le fléau de l’immigration, etc.  Une autre approche  miracle  à travers les migrants, immigration,  Co-développement local, bien qu’acceptable,   se fixe comme objectif   une coopération transfrontalière  interétatique ralentie, en réalité,  par des barrières frontalières  solidement  placées par les pouvoirs centraux.  Bizarrerie ! 

 Il reste bien  le terrain des  collectivités  locales qui   représentent  les  atouts  d’un Co-développement  par la base  d’autant qu’elles  englobent  les caractères  suivants : une démocratie directe,  faible étendue des territoires, préoccupations quotidiennes des habitants et elles ont la maitrise d’un  contact plus fréquent avec les  acteurs de la société civile et les  autres élus locaux .  Utopie en Afrique ! Il y a toutefois, une proposition  de poids   : des  réformes à engager  et des responsabilités attribuées  à  des structures décentralisées  coiffées efficacement  par des élus instruits.  Dans l’immédiat, il  ne faut pas rêver !     

m_barrada@yahoo.fr

Source : La Tribune n°470 du 12 octobre 2009




De la nécessité de la régulation du marché de change !

13102009

Par Mohamed Fouad Barrada

Suite à la récente visite à Nouakchott de son directeur des opérations en Afrique de l’ouest, la World Bank a décaissé 14 millions de dollars pour la Mauritanie. Le Fonds international de développement agricole (FIDA) a accordé aussi 12 millions d’USD au gouvernement, le but étant de stimuler la production tout en réduisant la dépendance vis-à-vis des importations.

Ce qui marque l’activation des relations économiques qui ont été suspendues avec l’occident après le Putsch de 2008. A cela s’ajoutent, entre autres, le montant de 295 millions de dollars de la Chine accordés pour l’extension du port de Nouakchott. En effet, ces sommes pourraient soutenir, légèrement, le taux de change de l’ouguiya par rapport au dollar.

Il est clair, par ailleurs, que les approches financières, qui s’imposent, ont tendance à considérer les devises comme des actifs financiers, leurs prix (le taux de change) dépendra de leur insuffisance relative dans les marchés , et vraisemblablement du risque.

La montée en flèche des cours de la devise européenne- l’Euro- risque d’entrainer un effet de bulle provoquant la montée en puissance des prix des produits alimentaires, surtout dans une économie mauritanienne qui dépend en grande partie de l’extérieur, notamment de l’Europe.

 

Présentement, et officiellement, 1 euro se change à 382 MRO et 1 dollar US à 265,44 MRO.Cependant, les décaissements actuels et prochains de la part de la banque mondiale et les autres partenaires au développement, en faveur de la Mauritanie, peuvent atténuer l’effet de la conséquence de la pénurie de la devise chez nous.

Il convient de signaler que les principales sources ‘propres’ de la réserve de la Banque Centrale de Mauritanie sont essentiellement : les exportations de la SNIM, les revenus des accords de poisson, les revenus pétroliers, d’autres exportations relatives à la vente de cuivre, de l’or et les fonds en provenance des bailleurs et donateurs. Ce qui équivaut en terme monétaire à des avoirs ne dépassant que rarement les 600 millions de dollars par an.

Ainsi, la raison capitale des dépréciations de la valeur de l’ouguiya est, souvent, inhérente aux différences de productivité entre le secteur des biens échangeables et le secteur des biens non échangeables dans les pays exportateurs.

 

En effet, c’est pratiquement par le ‘canal’ de l’Etat que des hommes d’affaires du pays disposent de la devise pour importer. La particularité mauritanienne fait que les importateurs, qu’ils soient potentiels ou non, sont à la fois des banquiers, des opérateurs dans des secteurs d’importance primordiale.

Ils peuvent orienter une grande partie de la réserve de change qui leur était attribuée par la BCM à l’importation (carburant, marchandises, etc.), selon des ‘calculs’ spécifiques et selon une rentabilité allant à l’encontre de l’intérêt général. La régulation du marché de change en Mauritanie exige, à cet égard, une rigueur impartiale et un déploiement des ressources humaines compétentes et dignement rémunérées.

 

Cette régulation donnera, probablement, une idée précise, des chiffres d’affaire réalisés par un tel importateur. Ce qui permettra, dans certaines circonstances, une rationalisation de la politique monétaire évitant, dans les limites du réel, plusieurs formes d’évasion des capitaux.

m_barrada@yahoo.fr

 


 

 




Kane Ousmane devant les institutions internationales

13102009

 

 
Le ministre des finances, Kane Ousmane, a participé à Istanbul en Turquie, les assemblées générales des institutions de Bretton Woods. Il a présidé les réunions annuelles du Caucus qui regroupe les gouverneurs africains avec le directeur général du Fmi, M. Dominique Strauss-Kahn, le 4 octobre 2009 et avec M. Robert Zoellick, président du Groupe de la Banque Mondiale, le 5 octobre 2009. A l’ouverture des assemblées générales des institutions de Bretton Woods, le ministre avait prononcé l’allocution qui suit au nom de l’Afrique: 

« L’économie mondiale semble enfin sortir d’une crise financière et d’une crise économique prolongées. Nous observons avec satisfaction les signes d’une reprise, ancrée dans l’amélioration des conditions financières et des politiques budgétaires et monétaires accommodantes, menées dans le cadre d’une riposte internationale coordonnée.
Ces politiques devront sans doute être maintenues jusqu’à ce que la reprise soit fermement assurée. Il faudra donc assainir le secteur financier, maintenir des politiques macroéconomiques favorables et poursuivre les actions préventives. La crise financière et la contraction économique mondiales ont imposé un lourd tribut aux pays africains, alors qu’ils avaient réalisé des progrès remarquables au cours des dernières années. Ils s’étaient installés sur une trajectoire de croissance stable et robuste et avaient réduit leurs déficits budgétaires et leurs déficits courants.
Le chômage et la pauvreté commençaient à reculer. Ces gains ont été encouragés par les solides politiques macroéconomiques, dans le contexte d’une conjoncture extérieure propice et grâce à l’aide financière et à l’allègement de la dette accordés par nos partenaires au développement. Les pays africains ont globalement pris des mesures pour contrer les effets de la crise.
Ils ont restreint leurs dépenses non prioritaires, mis à profit leur marge de manœuvre budgétaire pour effectuer les investissements prioritaires et réduire la pauvreté. Ils ont pratiqué une politique de détente monétaire, laissé leurs taux de change s’ajuster aux réalités extérieures et surveiller attentivement les facteurs de vulnérabilité financière. Mais pour ces pays, de multiples contraintes et défis subsistent, notamment: – rétablir une croissance économique forte et durable; – atténuer l’impact négatif de la contraction économique mondiale et des autres chocs extérieurs;- rationaliser les dépenses tout en préservant les investissements prioritaires et protégeant les groupes vulnérables;- augmenter les ressources consacrées à l’investissement ; – concevoir à temps les interventions macro-économiques pour stimuler l’économie, puis les inverser; -faire mieux entendre leur voix dans les structures de gouvernance des institutions de Bretton Woods.
Pour relever ces défis, les pays africains continuent globalement de mener des politiques macro-économiques et des réformes structurelles appropriées. Les principaux obstacles et contraintes auxquels ils restent confrontés sont l’énorme manque de ressources pour financer leurs investissements et la nécessité d’obtenir des conditions plus souples de la part des donateurs.
Bien que la reprise semble s’amorcer, son impact sur l’Afrique diffère selon les pays. Dans certains pays, on commence à déceler certains indices positifs. Dans les pays qui subissent des chocs extérieurs défavorables tels que la sécheresse, la reprise a été interrompue et les pressions sur les soldes budgétaires et extérieurs se sont accentuées.
Nous considérons qu’il est prématuré d’abandonner les politiques budgétaires et monétaires accommodantes, non seulement pour nos pays mais aussi pour les pays développés et émergents.
Nous nous félicitons de l’engagement pris par les membres du G-20 de rétablir la confiance dans leur système financiers et les instruments de prêts, prendre des mesures budgétaires et monétaires exceptionnelles et coordonnées et affermir leurs systèmes nationaux de réglementation des marchés financiers. Nous relevons également les efforts déployés par le FMI et la banque mondiale pour aider les pays membres à surmonter la crise et à faciliter la coordination des politiques à l’échelle mondiale.
De notre côté, nous sommes résolus à consolider la stabilité macro-économique et à mettre en œuvre des politiques permettant d’atteindre nos objectifs de développement, tout en maintenant des niveaux d’endettement soutenables. A cette fin, nous demandons instamment aux institutions financières internationales, en particulier au FMI, de nous appuyer, par ses conseils et par l’octroi des marges de manœuvre nécessaires, pour la formulation de stratégies de sortie de crise réalistes.
Nous nous félicitons des progrès réalisés à ce jour dans la mise en œuvre des réformes en vue d’une meilleure participation des pays aux institutions de Bretton -Woods. Il est maintenant indispensable d’obtenir des résultats appréciables dans la deuxième phase afin de renforcer véritablement la légitimité des institutions et la représentation des pays africains. Il est aussi important d’accélérer les progrès accomplis pendant la première phase et non de les annuler.
Nous sommes résolus à mener à bien la ratification de la réforme de 2008 pour faciliter le bon démarrage de la prochaine phase de réformes. Nous demandons que l’on accroisse les quotes-parts et la participation des pays émergents et des pays en développement lors de la prochaine révision générale des quotes-parts.
Malgré ses abondantes ressources naturelles et humaines et de solides politiques macroéconomiques, l’Afrique a accumulé du retard par rapport aux autres continents. On estime que le déficit d’investissement de l’Afrique dépasse 85% des besoins et concerne tous les grands secteurs – agriculture, industrie, transport, eau, énergie et technologies de l’information et des communications.
De fait, nos pays restent très vulnérables aux chocs économiques et climatiques qui affectent leur compétitivité. Le mauvais état des infrastructures freine également la réalisation des objectifs du millénaire pour le développement. Combler l’énorme déficit d’investissement de l’Afrique est donc indispensable tant pour accélérer la reprise économique à court terme que pour permettre une croissance durable.
A cet égard, nous accueillons avec satisfaction les mesures que le FMI a rapidement prises pour mettre en place de nouveaux mécanismes en faveur des pays à faible revenu et pour réformer les mécanisme de financement concessionnels.
Nous sommes encouragés par la décision prise par le groupe de la Banque Mondiale d’augmenter le montant des prêts ainsi que l’engagement des membres du G-20 d’augmenter le capital et les liquidités des institutions de Bretton-Woods.
Nous sommes résolus à établir un ordre de priorité avant d’effectuer des investissements dans les secteurs cruciaux. Nous sollicitons l’appui de la communauté internationale et souhaitons obtenir: -un financement adéquat du fonds fiduciaire pour les infrastructures, pour contribuer à combler les déficits de financement des infrastructures dans nos pays; – un assouplissement par le FMI de ses politiques et de sa conditionnalité pour permettre une augmentation des investissements; – que le groupe de la banque mondiale encourage les interventions conjointes de tous ses membres (BIRD/? ID/ SFI/AGMI), afin d’augmenter ses propres financements en Afrique; – le réexamen rapide par les institutions de Bretton-Woods du cadre de viabilité de la dette, en particulier les seuils, de façon à pouvoir répondre aux nouveaux besoins de financement.
Sachant qu’il ne sera pas possible de résorber le déficit de financement sans la participation importante du secteur privé, nous appelons la SFI et l’AMGI à continuer de rechercher des mécanismes novateurs pour mobiliser les financements du secteur privé.
Face à l’ampleur du déficit d’investissement de l’Afrique, nous rappelons à nos partenaires au développement combien il est important qu’ils honorent les engagements pris avant la crise, annoncent leur contribution et apporte une aide rapide. En outre, compte tenu des graves répercussions de la crise actuelle pour les pays, il est nécessaire de renforcer d’urgence la capacité de financement du Groupe de la Banque mondiale pour répondre adéquatement à l’augmentation de leurs besoins.
En dépit des réformes effectuées par le FMI pour moderniser le dispositif de financement des pays à faible revenu , le mécanisme d’octroi de prêts concessionnels, par l’intermédiaires d’un fonds fiduciaire, reste quelque peu rigide car les conditions applicables aux membres qui ont accès à ces ressources sont établies par un comité extérieur à la structure de gouvernance du FMI.
De ce fait, les conditions fixées en terme d’accès et d’opérations ne s’adaptent pas à l’évolution des besoins de financement des pays à faible revenu. De plus, l’enveloppe des ressources des ressources concessionnelles est déterminée par des facteurs liés à l’offre plutôt que par les besoins de financement des pays à faible revenu.
Pour remédier à cette situation, nous demandons instamment à nos partenaires au développement d’intégrer ces mécanismes de financement dans le compte des ressources générales du FMI. Cela apparaît comme le moyen le plus approprié d’adapter ces mécanismes aux besoins de financement des pays à faible revenu.
Nous invitons nos partenaires au développement à se joindre à l’appel que nous lançons pour que les mécanismes de prêts répondent mieux à l’évolution des besoins de financement de nos pays. Nous prenons note de la contribution positive apportée par les stratégies d’aide aux pays. Cependant, il est nécessaire que le Groupe de la Banque Mondiale continue de veiller à ce que ces stratégies respectent les principes affirmés dans la déclaration de Paris.
Le Groupe de la Banque Mondiale devrait accorder aux pays une plus grande latitude dans le choix des dispositifs de financement de leurs programmes et raccourcir les procédures et les délais de financement. Le groupe de la banque mondiale devrait assouplir les modalités d’utilisation des ressources de l’AID et mettre en place à cet effet des mécanismes novateurs de financement des projets régionaux.
Comme les ressources de l’AID sont limités, nous espérons que nos partenaires au développement s’associeront à nous pour que le groupe de la banque mondiale accorde aux pays à faible revenu d’Afrique le plein accès au guichet concessionnel de la Banque et atténuer les conditions imposées à ce groupe de pays.
En outre, étant donné la complexité de la situation des pays qui se trouvent dans une situation de post-conflit, le groupe de la Banque Mondiale devrait créer un instrument de financement adapté à la situation particulière de ce groupe de pays et leur accorder un appui budgétaire.
Enfin, étant donné que plusieurs pays africains à revenu intermédiaire ne peuvent bénéficier des ressources de la BIRD auxquelles ils ont droit, le groupe devrait adoucir ses conditions de prêts et rechercher des mécanismes plus novateurs répondant mieux aux besoins de ces pays.
Nous réaffirmons notre volonté de collaborer avec le FMI, le Groupe de la Banque Mondiale, les partenaires au développement et avec toute la communauté internationale afin d’atteindre nos objectifs de développement. Je vous remercie de votre attention ». (AMI) 




Les Echos de La Tribune Par Mohamed Fouad Barrada

26052009

 Pétrole Mauritanien : espoir dans la sous région ? 

La société Malaisienne Petronas s’apprête à dévoiler son plan de développement pour le champ gazier de Banda. Celui-ci sera présenté   aux autorités  du pays dans les prochains mois.  Il sera question d’un acheminement de la production vers Nouakchott pour approvisionner une centrale électrique de 700 MW capable de fournir du courant à la région entière. D’après le quotidien  arabophone Es sevir se basant sur « une  déclaration  récente de  la société Sterling Energy,  la Production du champ Chinguitty  a progressé  de 70% ».  « Augmentation  ayant relevé l’espoir dans les âmes mauritaniennes dans la possibilité du développement de l’industrie pétrolière », poursuit le journal  dans une longue analyse.   

En fait, l’extraction du pétrole de Chinguitty s’est heurtée à des difficultés liées aux erreurs  d’évaluation et d’estimation des lieux de forage.  Les années 2006 et 2007 ont été marquées par une faiblesse substantielle de la production du seul champ pétrolier en exploitation : 37.000 barils/jour de moyenne (Chinguetti).  La  production journalière  avoisinait  en moyenne depuis 2007 les    14.000  bpj  par rapport à l’estimation initiale qui est  de  75 000 bpj.  

Il semble que l’entrée de la société Petronas par l’achat des intérêts de la société australienne  Woodside et qui a 47% du champ Chinguitty a donné aux Malaisiens l’occasion d’améliorer les moyens de productions. Ce  qui s’explique par  l’augmentation de la production après le forage de deux nouveaux puits (C20 et C21). Toutefois, la production  ne dépasserait  plus les 14 mille barils en moyenne d’après des spécialistes avertis. C’est-à dire, la progression de 70% de la production n’a été que de courte durée. Elle  était signalée  par rapport à une production initiale de 10 mille. Ce taux est révisé. Et le vrai pourcentage n’est que 30%.  C’est dans le domaine gazier qu’il faut désormais chercher à tirer du  profit. 

En effet, le besoin  mauritanien interne de carburant est de 25 mille barils par jour. Ce qui montre que le pays ne couvre    même pas  ses  besoins internes.  A cela, il faut ajouter  que la production de 14000barils par jour est ‘affectée’ par le contrat de partage de production. La Mauritanie ne remporte que 33% de la production plus  les taxes.    Par ailleurs, l’exploration de la société Total dans le bassin Taoudenni est le premier élément déterminant. « Dans ce bassin qui couvre 500 mille Km2 du territoire du pays, le résultat du premier forage au cours de cette année de  la société française sera scruté par tous les autres pétroliers du bassin. Un puits sec peut s’avérer catastrophique auprès des autres opérateurs du  plus grand bassin onshore de l’Afrique de l’ouest », explique un expert dans le domaine pétrolier. Le résultat du forage seront acquis d’ici la fin de l’année.  Un tel résultat  peut être une source d’engouement des sociétés pétrolières.  Le Mali qui possède une partie du Taoudenni regarde aussi de près Total. « Le premier forage d’ente nazionale idrocarburi (ENI) côté malien aurait dû intervenir cette année, mais la major italienne veut le repousser à l’année prochaine et attendre les résultats de Total » (sic). m_barrada@yahoo.fr 




Crise des devises

26052009

 

  

La saignée aux frontières 

 

Les devises manquent dans le pays depuis plusieurs mois. En partie, cela s’explique par une saignée de celles-ci aux frontières, qui sortent illégalement du circuit économique. Les douanes sont régulièrement pointées du doigt, mais ont-ils réellement les moyens de travailler? 

 

Au début de l’année, deux millions d’euros étaient saisis à l’aéroport de Nouakchott. Une sénatrice était intervenue, ainsi que de haut-placés des Douanes, pour libérer la somme, dont légalement entre 40 et 60% aurait dû revenir au Trésor mauritanien. Par la suite, on a eu connaissance qu’il s’agissait de l’argent des plus importants grossistes du pays, qui sont les premières richesses du pays, et «qui sont régulièrement au-dessus des lois» dénonce un douanier de l’aéroport. L’exportation de devises retient aujourd’hui, en période de rareté de celles-ci, l’essentiel de l’attention des douaniers de l’aéroport. Mais les barrières sont immenses, même quand il désirent faire correctement leur travail. «Au-delà de 3000 euros, vous devez déclarer les devises que vous faites entrer ou sortir du pays. Mais très rares sont ceux qui le font; on en attrape donc souvent sur le fait, qui ne déclarent pas leurs devises. Et la plupart du temps, ça implique les premières fortunes du pays. De ce fait, leurs relations ont vite fait de les sortir de nos filets, avec des pertes immenses pour la Douane, et le Trésor.» explique un douanier qui a requis l’anonymat. En effet, des douaniers ont été sanctionnés pour avoir fait leur boulot. «Quand il y a une infraction constatée, et donc contentieux ensuite, on assiste à une cohorte d’interventions, souvent des plus hautes sphères étatiques pour stopper les poursuites. Plusieurs douaniers en sont découragés.» C’est ce qui expliquerait la mise à l’écart il y a trois semaines à peine, de l’ancien chef de douanes de l’aéroport de Nouakchott, Sidi Moctar Ould Ely, qui aurait été «jugé trop professionnel et zélé» par ses supérieurs hiérarchiques. À la hiérarchie des douanes, c’est le silence radio sur cette affaire.

 

La Douane sans réels moyens 

 

«On embête plus les petits commerçants, qui ont entre 5000 et 6000 euros; mais vous vous en doutez, ce n’est pas cela qui fera la panacée de la balance commerciale.» continue-t-il.

Les «gros poissons» eux, bien connus des services, sont intouchables, et ce sont eux qui détournent l’essentiel des devises du pays. Que ce soit les grossistes ou les opérateurs de téléphonie mobile, par exemple, ce sont des dizaines et dizaines de millions d’euros ou de dollars, qui sont exportés chaque année en toute illégalité du pays. «Pour ce qui est des opérateurs, ils empruntent des voies d’accès auxquelles nous les douanes n’avons pas accès.» se résigne l’anonyme douanier.

En même temps, il y a un manque flagrant de moyens, particulièrement pour la douane terrestre, notamment sur l’axe Casablanca/Rosso, qui relie la frontière marocaine à la frontière sénégalaise, et qui traverse toute la côte mauritanienne. «Il suffit de passer la nuit sur l’axe Nouakchott/Rosso, pour vous rendre compte des moyens faméliques dont disposent ces douanes. Des baraques sans courant, des douaniers sans lampe-torche souvent! Que voulez-vous qu’ils fassent consciencieusement et professionnellement dans ces conditions? Le constat est le même au fameux poste 55 sur la route de Nouadhibou, un des postes de douane les plus importants du pays.» dénonce un des chefs de baraques, sur la route de Rosso.

 

MLK 

 

Encadré:

 

3 questions à un directeur des opérations d’une banque primaire nationale: 

 

«Nous sommes en présence d’une situation qui donne l’impression que tout le monde a les bras ballant» 

 

 

La crise des devises est-elle aussi aiguë qu’elle est régulièrement présentée? 

 

La situation est effectivement critique. En plus du recul de l’activité résultant des contextes international et local, l’arrêt biologique rendra encore plus aiguë la rareté des devises. Le secteur de la pêche est traditionnellement pourvoyeur en devises, quelle que soit par ailleurs la santé dudit secteur.

 

Y a-t-il une faillite en ce sens des acteurs du secteur bancaire? 

 

Nous sommes en présence d’une situation qui donne l’impression que tout le monde a les bras ballant, particulièrement la BCM et les banques. La première n’intervient pas suffisamment pour assurer l’équilibre. En a-t-elle les moyens par ailleurs? Quant aux secondes, elles continuent à accumuler les instances de transferts à la BCM en faveur de leurs correspondants étrangers, quand elles ont eu la chance de voir leurs demandes d’achats satisfaites sur le Marché de Change, à des prix la plupart du temps au-delà du prix du marché! Les interventions de la SNIM peinent à faire fonctionner correctement le Marché, mais ce n’est pas son rôle aussi. Quant aux interventions des banques primaires, elles restent toujours faibles.

 

Quid des opérations d’importations? 

 

Justement, certaines banques nationales auraient pris la décision momentanée, de freiner les opérations d’importations, pour ne pas courir davantage de risques de détériorer leurs relations avec leur correspondants, et partant, mettre en péril les lignes de crédit dont elles disposent, lesquelles reposent pour une large part sur la confiance quant à la fluidité des remboursements. Compte tenu de l’environnement politico-économique, il est à craindre que nous ayons à vivre des situations difficiles les prochaines semaines, voire les prochains mois.

 

Propos recueillis par MLK 




Actualités économiques

9022009

  Pétrole 

 

Perspective de hausse de prix 

 

Les cours du baril de pétrole tendent dans les prochaines semaines, à augmenter. Cette perspective éviterait, selon certains spécialistes, un effondrement plus conséquent du marché. Ainsi, la réduction pourrait faire baisser la demande de 300 000 barils par jour. 

 

Il existe une idée assez répandue dans le monde selon laquelle le pétrole, comme tout produit de monopole, a un prix déterminé selon la loi de l’offre et de la demande. Actuellement, dans la mesure où les stocks américains baissent, et la demande asiatique de brut augmente, notamment du fait de la forte croissance chinoise, la demande sur le marché du baril de pétrole est extrêmement rigide. Les possibilités de raffinage dans le monde ne sont pas extensibles à l’infini. L’OPEP a promis d’accroitre sa production mais elle est proche de son maximum, sachant de plus qu’il faut en moyenne entre 3 et 10 ans pour exploiter un nouveau gisement, depuis sa découverte à la production proprement dite. Dans un cadre plus général, la hausse du prix du pétrole, sera tirée une hausse de la demande de matières premières. Celle-ci sera essentiellement stimulée par les pays émergents comme la Chine, l’Inde et l’Europe de l’est dans une certaine mesure. «On a assisté ces trois dernières années à un déplacement de la richesse des pays développés vers les pays émergents. Ce processus est appelé à se poursuivre et tout le monde s’attend à ce que la Chine soit la locomotive du retour de l’activité sur le marché des matières premières.»

 

MLK

Banques 

 

Le marché du change dans le creux de la vague? 

 

Les banques primaires crient au manque de devises étrangères dans leurs coffres, et pointent du doigt la banque centrale, qui ne jouerait pas le jeu. 

 

Il y a un dysfonctionnement du Marché de change avec pour conséquence un grave déséquilibre entre offre et demande. A qui la faute? Les banques ne cèdent-elles pas suffisamment? ( en ont -elles d’ailleurs les moyens compte tenu de la situation du secteur de la pêche principal pourvoyeur?). Les possibilités de la BCM connaissent-elles un tarissement? Toutes les questions sont permises aujourd’hui, dans la turbulence que traverse les banques primaires. Et les acteurs emportés dans cette bourrasque, eux-mêmes, ne connaissent pas très exactement tous les tenants et aboutissants de ce déséquilibre actuel. «On ne peut pas trop s’avancer sur les analyses; car on ne peut pas confirmer précisément le niveau actuel des bons du Trésor, pour la simple raison que les chiffres réels sont en général entourés de beaucoup de discrétion. Et la banque centrale n’est pas très ouverte sur la communication aujourd’hui.» déplore un cadre des opérations d’une des banques de la place concernées par le manque de devises. En attendant, on a vu des banques de premier plan, comme la BNP, ou la BMCI proposer à la banque centrale de racheter des devises à des prix très nettement au-dessus de sa valeur du marché (entre 440 et 800 ouguiyas l’euro!). Cette crise des devises pour les banques primaires pose le problème de l’éventuelle résurgence en force d’un marché noir qu’elles réussissent plus ou moins à concurrencer depuis un an.

 

Le marché noir aux aguets 

 

«Effectivement, cette crise de devises étrangères risque de renforcer le marché noir du change, qui avait un peu perdu du terrain depuis la mise en place par l’union des bureaux de change (UBC) et la banque centrale, de circuits légaux concurrentiels pour les opérateurs économiques» déplore un directeur d’une agence de change. Le recours à ce marché sera automatique si la difficulté persiste, de trouver dans le système bancaire officiel des produits adaptés aux besoins spécifiques des opérateurs, tel l’exemple des importateurs qui voyagent (eux-mêmes) pour chercher des marchandises dont ils n’ont pas toujours une idée précise (importateurs des produits asiatiques, par exemple). La même motivation est observée chez les usagers qui reçoivent (ou qui transfèrent) des montants sans frais, sans formalités administratives, de façon discrète et à tout moment de la journée (la nuit, les jours fériés, en villes ou en compagnes). Une autre partie d’opérateurs utilise ce marché à des fins spéculatives. Partant de l’hypothèse que la valeur de la monnaie nationale «doit» systématiquement se déprécier, ils prennent des positions ouvertes en transformant leurs avoirs en devises étrangères dans l’espoir de les revendre à des taux plus importants et surtout toujours croissants.

 

MLK 

 

Finances 

 

FCI dans le recouvrement avec FMC 

 

Finances et Mobilisation de Créances (FMC): c’est la nouvelle filiale de la société des sukuks, FCI. Dans la mouvance des activités de la maison-mère, cette structure est chargée depuis un mois maintenant du recouvrement de créances, auprès des clients défaillants des institutions bancaires mauritaniennes. 

 

Dans le cadre ses activités qui couvrent tous les métiers financiers (en dehors du métier en cash, c’est-à-dire l’ouverture de comptes et l’émission de chéquiers…), la société financière FCI prolonge l’une d’elle, par une entité entièrement dédiée au recouvrement de créances: FCM, située à peine à 200 mètres de la maison-mère. Dans la tourmente que la Bacim a traversé l’an passé, FCI a participé au rachat de la banque, par un fonds d’investissement américain. «Et dans ce cursus, il y a eu une opération de recouvrement de créances auprès des clients de la banque, qui a été confiée à FCI. C’est à ce moment qu’est née l’idée d’une institution distincte, spécialement chargée de cette mission/» explique Abdallahi Ould Babou, directeur de FCM. Petit à petit donc, ce département s’est filialisé, jusqu’à être complètement indépendant de FCI, avec un capital de 500 millions d’ouguiyas tournés vers la mobilisation de créances: recouvrement, rachat de créances et titrisation.

L’émergence d’une telle institution, ainsi formalisée, pose le problème aigu auquel les banques mauritaniennes sont confrontées: la défaillance régulière de ses créanciers.

«Le recouvrement est problème certes économique, mais avant tout social en Mauritanie: de tout temps en Mauritanie, on a été habitué à emprunter de l’argent aux banques, et à ne pas le rendre. Cela a conduit à la faillite de plusieurs structures bancaires, et pénalise encore aujourd’hui, fortement, le crédit en Mauritanie (très rare et très cher- ndlr).» continue Abdallahi Ould Babou.

C’est ainsi que cette symbiose entre l’institution financière, et les banques a été pensée; alléger les pertes bancaires, dues au créances douteuses. «Autour de nous gravite tout un circuit mis en place pour ledit recouvrement: avocats, huissiers, justice…» précise le directeur.

 

Mettre la pression sur les défaillants 

 

Un certain nombre de porte-feuilles a été confié par les banques à FCM, dont la Bacim. Et le premier problème qui se pose, par rapport à la réalité mauritanienne, est celui de l’identification des personnes. «Il y a eu un laisser-aller: les gens prenaient des crédits sans garanties. Et si on a déjà pu en retrouver quelques centaines, il n’est guère facile de localiser un individu, sans réelle adresse.» consent Sid’Ahmed, directeur des opérations de FCM. Une fois retrouvés, certains présentent une réelle volonté de négociation, mais souvent la mauvaise foi et la contestation s’y mêlent: «beaucoup pensent qu’entre le moment où vous avez contracté une créance, et dix ans plus tard, quand on vient vous la réclamer, que la somme est restée fixe. Mais non: les intérêts s’y ajoutent» raconte Sid’Ahmed. Mettre plus de pression donc sur les épaules des débiteurs. «Une solution à l’amiable est toujours préférable, mais la perspective de mise en demeure et de saisie de biens peut être un moteur supplémentaire de motivation. Les gens doivent sentir que l’impunité c’est fini.» conclut-il.

 

MLK 

 

Encadré:

 

La MATEC bafoue l’autorité judiciaire 

 

Mis en demeure depuis plusieurs mois de régler ses créances, la société de biens consommables, MATEC, a brisé les scellés que l’huissier de justice avait posé suite au processus de référé en justice qui suit son cours. Et liquide à tout-va le magasin. «Leur avocat a trouvé un semblant de faille pour autoriser unilatéralement à son client MATEC, le bris des scellés judiciaires. Prétextant que la société en justice était MATEC Sarl (au lieu de MATEC Shopping, qui est la nouvelle dénomination- ndlr).» raconte une source de la chambre de commerce.

Le système D étant roi en Mauritanie, même des horizons de mise en demeure, sont parfois contournés. Mais cette fois, le juge en charge du dossier, ainsi que l’huissier «jugent leur autorité bafouée.» Et comptent bien rétablir la balance. «Comment voulez-vous que les mauritaniens croient en la mise en demeure, si on n’arrive pas à faire respecter cette règle à des sociétés étrangères, comme MATEC, qui se disent au-dessus des lois?» assène la source.

En attendant, la course a été engagée par la MATEC, qui liquide le plus de son stock. Affaire à suivre.

 

 

MLK

 

Source : La Tribune n°335

 

 




Commission 0

4022009

 

  

Fin de la guerre entre la FISAVET et Air France 

 

La FISAVET a signé vendredi, à Abidjan, un accord avec Air France, pour le compte de toutes les agences de voyages de l’Afrique de l’ouest et Centrale. Le gouvernement ivoirien a servi de facilitateur dans les négociation, lui-même délégué par tous les ministres du tourisme de l’Union Monétaire Ouest Africaine. Épilogue heureux d’un feuilleton qui a duré une année. 

 

Après douze heures de négociation franche à l`hôtel Ivoire d’Abidjan, entre la délégation de la compagnie aérienne Air France, et les Agences de voyage ouest africaines (FISAVET), un accord a enfin été convenu après douze de guerre par communiqués interposés. Avec la facilitation du ministère ivoirien du Tourisme et de l`artisanat, la rencontre a été sanctionnée par un protocole d`accord. Ainsi, avec la signature de cet accord, la délégation d’Air France, conduite par son délégué régional de l`Afrique de l`Ouest, M. Christian Herpin, M. Limam Moulay Oumar au compte de la Fédération Inter-Etatique des syndicats des agences de voyage et du tourisme (FISAVET) et le Directeur de cabinet du ministre du Tourisme et de l`artisanat, Dr Kamara Mohamed, représentant son ministre de tutelle se sont accordés sur la nécessité et l`application du Nouveau Modèle Economique (NME). Ainsi selon le facilitateur, Dr Kamara, le protocole indique que l`application du NME qui consiste à faire supporter les frais de distribution des billets d`avion aux clients, a été reportée au 1er mars, au lieu du 1er février. Toujours selon lui, désormais la part

fixe à reverser aux agences est déterminée dégressivement à 4% en 2009, 3% en 2010, 2% en 1011 et 1% en 2012. Ainsi, les agences percevront des frais de service auprès des clients ainsi que des commissions sur objectifs. Dans cette perspective, M. Herpin a promis que les tarifs d’Air France/KLM ne subiront aucune augmentation suite à cet accord.

 

MLK 




Chine/Occident:

13012009

 

  

L’Afrique, leur terre de guerre interposée 

 

La Chine investit de plus en plus en Afrique, et a plus que fait trembler le quasi monopole des anciennes colonies occidentales.  Devant l’avancée inéluctable de l’empire du Milieu dans leurs anciens «bastions» les officiels occidentaux craignent pour leurs intérêts… 

 

L’intérêt grandissant de la Chine pour le continent africain et l’aide de plus en plus sophistiquée qu’elle lui apporte sont une inépuisable source d’interrogations et de controverse.
Les effets de l’aide chinoise sur les économies des pays africains ne se feront sentir que progressivement, et à moyen ou long terme. Mais, d’ores et déjà, le continent engrange quelques profits… collatéraux. L’union européenne s’est avisée tout d’un coup que ce malheureux continent, que l’Europe avait naguère colonisé, mais qui, à la fin du siècle dernier, semblait avoir perdu tout intérêt pour elle, n’était pas seulement source d’ennuis et d’émigrés clandestins.

De leur côté, les États-Unis d’Amérique se sont mis à consolider leur implantation diplomatique sur le continent, leurs positions pétrolières le long de ses côtes et cherchent à y asseoir, par Africom interposé un dispositif militaire. L’Inde et la Russie s’apprêtent à suivre le mouvement ; le Brésil ne les a pas attendues. La Banque mondiale et le FMI, eux, n’ont jamais quitté l’Afrique; elle a même été, pour son malheur, leur champ d’expérimentation préféré. Mais n’ayant plus, depuis l’irruption de la Chine, le monopole (ou quasi-monopole) de l’aide à l’Afrique, ils la regardent d’un œil différent. Un rapport de dix pages, remis il y a bientôt un an en France au Conseil des affaires étrangères, jamais rendu public, sur «les intérêts économiques français face à l’irruption de nouveaux acteurs en Afrique». Le ton y est franchement alarmiste : «La Chine remporte des contrats au détriment des opérateurs français dans tous les secteurs d’activité.» Avant de préciser : «Nous n’assistons pas à un choc frontal sur le marché africain entre les deux acteurs économiques que sont la France et la Chine mais à une érosion en notre défaveur.»

Des infrastructures tout de suite! 

Cette année, les débats du dernier caucus africain de Nouakchott se sont focalisés sur le rôle croissant des bailleurs de fonds non traditionnels: l’Inde, le Brésil, les fonds arabes, mais surtout la Chine, qui a investi 1000 milliards de dollars de ses réserves en devises en Afrique! Ce n’est donc pas un hasard si à la tribune de l’assemblée, Chen Yuan, le gouverneur de la Banque de développement de Chine, a succédé au patron du FMI. La présence chinoise en Afrique n’a rien d’un mythe. Aujourd’hui, l’empire du Milieu y réalise 10% de ses investissements directs à l’étranger et consacre la moitié de son aide au développement à ce continent. «L’approche chinoise du développement est très pragmatique», note Abdallahi Ould Mohamed Awah, professeur d’économie à l’université de Nouakchott. «Les projets réalisés et financés par les Chinois sont visibles et concrets, car ils construisent des routes, des ports, des mines», explique-t-il.

Et c’est cet investissement tout de suite concret qui intéresse les pays africains, notamment ceux subsahariens. Cette partie ventrale de l’Afrique s’est, à de rares exceptions près, paupérisée. Au lieu d’attirer talents, compétences et capitaux, elle les a fait fuir. C’est ce mouvement qu’il s’agit aujourd’hui d’inverser. Cette évolution-révolution prendra du temps, mais, grâce en partie à l’arrivée de la Chine en Afrique, elle semble avoir démarré…

 

MLK

Source : La Tribune n°431




Investissements du Golfe en Afrique

13012009

Investissements du Golfe en Afrique 

 

2009: dans la foulée de 2008 

 

Suite à la crise financière qui a touché toute la planète en 2008, les investissements arabes se renforceront certainement en 2009 en Afrique qui présente un avantage différentiel conséquent par rapport au reste du monde. 

 

Les investissements privés arabes en Afrique devraient continuer de croître. Leur expansion attendue est étroitement liée à la croissance fulgurante des réserves financières amassées par les pays arabes pétroliers, en particulier les six pays membres du Conseil de coopération du Golfe (Arabie saoudite, Bahreïn, Emirats arabes unis, Koweït, Oman et Qatar). La hausse vertigineuse des prix du pétrole, au cours de l’année 2008, a décuplé la puissance financière de ces pays. Dans l’ensemble, ces six pays arabes sont réputés avoir amassé, à la fin de l’année passée, un total de 1795 milliards de dollars représentant 224 % de leur produit intérieur brut! De quoi voir venir sereinement l’année 2009. Le Maghreb capte l’essentiel des investissements arabes en Arabes; en particulier le Maroc et l’Algérie, qui à eux deux ont bénéficié en 2008 de 25 milliards de dollars d’investissements des pays du Golfe. Ceux-ci portent dans les infrastructures hôtelières, touristiques, globalement immobilières. L’Afrique au sud du Sahara n’est pas en reste, et a connu la même arrivée significative des investisseurs arabes durant 2008. Ces investisseurs, peu intéressés par les matières premières, marquent déjà leur présence en Afrique de l’ouest. A titre d’exemple, le groupe émirati Al-Qudra a dégagé 535 millions d’euros pour la construction de logements, d’une cimenterie et d’un complexe touristique au Sénégal. Dans ce pays, DP World gère déjà le Port de Dakar. En Côte d’Ivoire, le principal opérateur de téléphonie, Atlantique Telecom, est à moitié propriété de l’Emirati Etisalat. Et les exemples sont légion, au Ghana, au Nigeria, au Mali, dans tous les secteurs: bancaires, touristiques, des infrastructures…

 

«L’Afrique jouit d’un potentiel gigantesque» 

 

D’après l’agence Bloomberg, les pays du Golfe comptent investir plus de 150 milliards de dollars à l’étranger en 2009. L’Afrique peut augmenter sa part dans cette manne, surtout que les investissements directs étrangers (IDE) sont en augmentation. D’après la CNUCED, les IDE en Afrique ont atteint le niveau record de 53 milliards de dollars en 2008. La Chine et l’Inde sont les principaux concurrents des pays du Golfe sur le continent l’année prochaine. Et la Libye, qui va investir 10 milliards de dollars en Égypte d’ici 2010, n’entend pas rester à l’écart. Et la MediCapital Bank, nouvelle banque de financement et d’investissement ne s’y est pas trompé en indiquant que «la mise en place de la nouvelle banque répond à un intérêt grandissant des investisseurs internationaux pour l’Afrique». La nouvelle institution bancaire marocaine «ouvre un nouvel horizon pour les investisseurs sur les marchés émergents, en particulier l’Afrique qui jouit d’un potentiel gigantesque; et notre engagement sur ces marchés s’inscrit dans la durée», insiste Eric Aouani, son directeur général et président du conseil exécutif.

Cela dit, les Chinois, les Indiens mais aussi les Thaïlandais e autres Brésiliens risquent d’être des concurrents sérieux des pays du Golfe sur le continent en cette année 2009… pour se disputer des secteurs d’activité lucratifs. D’ailleurs, la Libye elle aussi, a annoncé la couleur : les dirigeants libyens comptent investir pas moins de 10 milliards de dollars en Égypte d’ici 2010, mais d’autres pays seraient visés.

 

L’Afrique, terre en friche 

 

La crise financière en Europe a mis à jour la principale faille d’un système capitaliste basé sur le «tout-spéculatif»: les richesses créées restent relativement virtuelles, sur un socle d’air, et en cas de coup de dur, la chute n’en est que plus rude. Et la plupart des investisseurs ont retenu la leçon: revenir à la base de l’économie libérale: une offre, une demande, un marché, des débouchés. Avec des gains palpables, une comptabilité contrôlable. Et l’Afrique (émergente) est le continent qui offre le plus de potentialités à cet égard. Beaucoup de choses restent à faire, et la plupart des secteurs d’activité sont des marchés qui ne sont pas encore engorgés. «C’est pour cela que les principaux investissements sont liés à l’immobilier, aux infrastructures, aux télécommunications, et de plus en plus à l’agriculture. Ce sont des secteurs d’activité qui présentent un avantage comparatif net en Afrique, particulièrement au Maghreb, par rapport à d’autres régions du monde arrivés à saturation, en terme de débouchés.»

 

MLK 

 

Encadré:

 

Gulf Finance House investit 3 milliards de dollars en Tunisie 

 

En suspens depuis décembre 2007, le projet en question comprend un hub technologique avec une bourse internationale de communication, un groupement pour le développement des technologies, une université internationale de communication, une zone de libre-échange destinée aux affaires, un pôle technologique multimédia etc. L’annonce de l’investissement a été faite le jeudi 8 janvier à Tunis par Issam Youssef Janahi, président éxécutif du Gulf Finance House qui a été reçu par le président Zine El Abidine Ben Ali. Quelque 26 000 emplois seront générés par ce hub technologique qui comptera aussi des projets immobiliers, résidentiels et de loisirs. Selon le manager de Gulf Finance House, le choix de Tunis s’explique par le bon classement du pays dans le rapport 2007 du forum de Davos.

Avec cet investissement, Gulf Finance House renforce son option maghrébine. Outre la Tunisie, la banque d’affaires d’obédience islamique, spécialisée dans la conception et l’exécution d’infrastructures a lancé en 2008 les travaux de construction de deux projets au Maroc (Royal Ranches à Marrakech et Resort Cap Malabata à Tanger) pour un investissement global d’environ 12 milliards de dirhams (1,4 milliards de dollars).

De même, Gulf Finance House aurait conclu un accord d’investissements avec le gouvernement algérien pour l’implantation d’une zone de développement économique dans la banlieue d’Alger similaire a celle lancée, en automne 2007, en Inde. Créé en 1999, Gulf Finance House mène une politique d’investissement particulièrement prudente avec un portefeuille de projets axé principalement dans l’immobilier résidentiel de luxe et le para –immobilier. Durant les trois dernières années, elle est parvenue à tripler ses bénéfices passés de 56,7 millions de dollars à 212 millions de dollars, fin 2006.

source: www.lesafriques.com 




Finances

9012009

 

Finances 

 

Les fortunes mauritaniennes en exil 

 

En dehors des rutilantes voitures de luxe et des villas cossues, où passe l’argent de l’élite économique du pays? L’essentiel des fortunes de la Mauritanie sont gardées bien en sécurité dans les comptes français, suisses etc.. 

 

Des avoirs à l’étranger équivalents à l’aide au développement- L’union africaine estime prudemment que 148 milliards de dollars quittent chaque année le continent pour trouver refuge dans le système financier des pays développés. Et les élites, à elles seules, détiendraient entre 700 et 800 milliards de dollars dans des comptes à l’étranger. Une étude de l’Institut du développement à l’étranger (ODI), situé à Londres, établit qu’avec un prix du baril stabilisé à 55 dollars, les huit plus grands pays africains exportateurs de pétrole – Angola, Cameroun, Congo, Gabon, Guinée équatoriale, Nigeria, Soudan et Tchad – n’auraient pas besoin de recevoir d’aides étrangères pour financer leur développement. Et sur la base d’une augmentation de leur production de 30% d’ici à 2015, ils percevraient chaque année des surplus équivalent à 25 milliards de dollars, soit le montant total des aides supplémentaires promises par le G8 au continent africain sur les cinq ans à venir! L’argent des industries extractives africaines, a très rarement servi le développement des pays africains. Il a surtout servi à grossir les comptes en banques des élites africaines.

 

En Mauritanie- Et la Mauritanie n’échappe pas à cette règle qui prétend que les richesses minières des pays africains profitent d’abord et avant tout à ses élites. Que l’on songe à l’opacité qui règne dans l’extraction de l’or, où le pétrole dont on ne sait finalement plus grand chose, et on s’aperçoit que la porte est grande ouverte à tous les abus. «L’or noir a bouleversé la structure des économies et bloqué le développement d’autres activités d’exportation, alimenté le clientélisme, la corruption et la bureaucratie, sans profiter aux plus démunis». À y regarder de près, les indicateurs de développement des pays producteurs ne sont pas meilleurs que ceux des pays importateurs en Afrique. Au-delà de la répartition des richesses nationales, dont l’essentiel se retrouve en exil financier à l’extérieur, une nouvelle forme d’émigration financière apparaît en Mauritanie. Elle concerne les familles aisées, qui ont souvent une casquette business, en plus de leur profession quotidienne.

 

Tout droit de Paris!- C’est le cas de Ahmed, la quarantaine. Avec sa nouvelle carte de crédit, Ahmed fanfaronne devant ses collègues et amis; «tout droit sortie de Paris!». Ce cadre de société privée, cumule aussi la casquette d’homme d’affaires, qu’il tient avec sa femme. «On se déplace régulièrement en France et en Italie pour ramener du matériel; et de ce fait, l’essentiel de nos bénéfices et de nos avoirs, sont dans une banque française.» explique-t-il cigarette en bouche. «C’est plus sûr.» Ahmed n’est pas seul dans ce cas; des dizaines de familles sont dans cette fuite du capital vers des cieux occidentaux. Mais ces déplacements ne sont pas les plus importants; «ce sont plus des ersatz qu’autre chose» soutient un jeune cadre d’une de nos banques nationales. L’affaire des fuites de capitaux de notre pays, prend de l’ampleur quand on considère les grosses fortunes du pays. Selon le financier, on peut estimer qu’au minimum, 700 millions d’euros de fortunes mauritaniennes sont dans des circuits financiers étrangers. Autant d’argent qui ne sert pas au développement du pays.

 

MLK 

 

Source : La Tribune n°430 

 







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