Budget 2010

21122009

 

  

Les infrastructures pour booster l’investissement 

 

Le budget mauritanien pour l’année 2009-2010, en discussion dans les deux chambres des représentants met le paquet sur l’actualisation et la création d’infrastructures pour favoriser et aimanter les investissements directs étrangers. 

 

 

«Dans la situation économique actuelle, la levée de ressources financières pour satisfaire les énormes besoins de l’Afrique en infrastructures constitue un défi majeur. Cependant, sans ces ressources, les gouvernements africains auront beaucoup de difficultés à rattraper les autres régions du monde.» assurait récemment Obiageli Ezekwesili, vice-présidente de la Banque mondiale pour la Région Afrique. A défaut, des crédits nécessaires à moyen terme, ne compter que sur ses propres ressources d’abord, et bien les placer. C’est cette option que la Mauritanie semble suivre à court terme, en ayant présenté le mois passé, au parlement mauritanien un projet de budget pour l’année 2010, qui fait la part belle au développement des infrastructures. Au total, entre les réseaux de transports, les centrales électriques et les ports, le budget présente 15% d’allocations à l’amélioration ou création d’infrastructures, selon les cas. «Une meilleure infrastructure pourrait augmenter de 40% la productivité de nos entreprises, selon la plupart des études. Prenez l’exemple d’une entreprise de produits frais comme Tiviski: elle doit pouvoir gérer en toute quiétude une chaîne de froid pour subir le moins de pertes sur le chemin, et pour présenter au client la meilleure marchandise possible; or pour l’heure, avec un défaut marquant de routes entre le no man’s land du centre mauritanien et les principales villes, des pertes importantes sont constatées. Pertes qui pourraient largement être minimisées, avec de meilleures infrastructures de transports» expose longuement un analyste du ministère des affaires économiques.

 

Les infrastructures apportent les investisseurs 

 

Le budget d’un milliard de dollars américains pour 2010 (soit +3,70% par rapport à 2009) adopté par le gouvernement traduit donc la volonté du nouveau pouvoir de maintenir la dynamique de poursuite des efforts visant «la relance de l’activité économique en vue d’atténuer l’impact de la crise sur les finances publiques grâce au renforcement de l’efficacité de la dépense publique et une allocation optimale des crédits budgétaires». Cette relance passe par une meilleure productivité des entreprises nationales, via l’optimisation des infrastructures, mais ces dernières doivent aussi permettre d’attirer beaucoup plus d’investissements directs étrangers. Et entre les européens, les pays du Golfe, et les asiatiques, les potentialités sont encore nombreuses.

L’Europe, malgré les efforts de ces cinq dernières années, reste tout de même lente à investir chez nous. «L’éthique commerciale est différente de ce à quoi les entreprises européennes sont habituées. Les infrastructures constituent un autre problème. Cela concerne bien sûr les infrastructures de base, les routes, les services postaux etc., mais pas seulement. Les entreprises européennes expriment aussi leur inquiétude vis-à-vis de l’état des infrastructures télécom.» développe Nic Cantuniar, directeur des ventes Europe de l’opérateur Cable&Wireless, qui offre ses services aux entreprises qui bravent la barrière des infrastructures, notamment en matière de télécoms.

 

MLK 




La SNIM traverse la crise sans heurts

7122009

 

 Malgré la crise économique mondiale qui a touché tous les secteurs, la SNIM semble avoir tiré son épingle du jeu.
Le  troisième trimestre2009 s’est achevé sur une note d’espoir marquée par une reprise technique progressive sur le marché traditionnel de la SNIM qu’est l’Europe.
Suite à  divers efforts, la production a suivi, en quantité et en qualité, ouvrant la voie à de nouvelles opportunités commerciales. Les ventes sont ainsi passées de 2012 KT au premier trimestre à 2776 KT au 30 septembre 2009; portantes   le cumul annuel à environ 7502 KT.
Le mois de septembre a enregistré le record de l’année avec la vente de 1012 KT. La cargaison test pour la nouvelle qualité SNIM baptisée TZFC  a aussi été réalisée durant ce mois.
Ces records sont dus à des choix stratégiques plaçant les ressources humaines au centre de la politique de la première entreprise du pays. 

Première  cause de ces transformations quantitatives et qualitatives,  la gestion des hommes a rendu possible la participation aux débats sur la marche de l’entreprise.
Le précèdent AD-G, Ousmane Kane, actuel ministre des finances, avait lancé cette dynamique. A son tour, Taleb Ould Abdivall, nouvel AD-G a transformé l’essai. Le 22  août dernier  il avait lancé un appale, pour que le personnel « transforme positivement » la SNIM ? 

Depuis, l’objectif semble atteint car le nouveau directeur a opté pour une  attention particulière au « premier outil de production » de son  entreprise : les ressources humaines. Des actions de transformation au sein du groupe SNIM ont été entreprises. Conséquence : Accroissement de la valeur SNIM, amélioration et simplification de la structure de gestion, stimulation d’une nouvelle culture et des nouveaux comportements avec l’ensemble des partenaires de la société et renforcement des mécanismes de la bonne gouvernance.
Les transformations de stratégie de la nouvelle direction a permis ou permettra d’augmenter les réserves de minerais riches et celle d’eau douce.
La SNIM n’a pas oublié le social. Sa politique sociale est très appréciée par son personnel : Logements décents pour tous, prise en charge sanitaire, sécurité sociale, accès aux crédits, majoration des salaires… les acquis sont nombreux.

En plus de ses résultats industriels et sportifs incontestables, la SNIM promeut également son capital humain. Investissement dans la santé, l’éducation, la culture, le sport et les loisirs afin d’assurer l’épanouissement des travailleurs dans leur milieu socioprofessionnel. 

Par ailleurs, la contribution de la SNIM à l’économie nationale a augmenté.
Les bons résultats financiers, réalisés en 2008, ont permis à la Société de renforcer sa contribution  avec 21% aux recettes de l’Etat, 15% au PIB et 48% aux exportations.

 

 

Une bonne santé qui exige austérité et prudence                                   

 


La société a certes réussi son premier pari face à la crise. Pour limiter les effets de cette crise, une politique d’austérité a été menée avec effectivité. Le plan d’austérité a porté notamment sur plusieurs  rubriques.  Sorties Economats,
Casses croûtes, Papeterie et matériel de bureau, Missions , voyages et hébergements, Facture de téléphone,  Heures supplémentaires, Dépenses carburant au niveau des garages, Assistance technique, Eau et électricité domestique, etc. sont autant de compartiments soumis à rationnement depuis avril 2009. Objectif : réduction des coûts. Les priorités économiques et sociales de l’entreprise sont la pérennité de l’entreprise, la préservation de l’emploi et des acquis sociaux ainsi que le maintien en bon état de l’outil de production, les projets de développement et de modernisation de la société.
Les bailleurs de fonds se sont mobilisés pour accompagner la SNIM dans son programme de développement et de modernisation. Un capital de confiance attesté par le soutien des bailleurs. La SNIM vient de conclure un financement de 710 millions USD avec un pool d’institutions financières multinationales et de banques commerciales. Voir encadré. 

Athié Youssouf 

CP Nouadhibou 

 

 

Encadré 

 

Communiqué :

Zouerate, Mauritanie, le 1er décembre 2009 : La Société Nationale Industrielle et Minière(SNIM) a conclu, avec un pool d’institutions financières internationales et de banques commerciales, des accords de financement portant sur 710 millions USD pour la réalisation du projet Guelbs II et pour la construction d’un nouveau port minéralier à Nouadhibou.

En 1974, la SNIM a été constituée pour l’exploitation et la commercialisation du minerai de fer de la Mauritanie. Aujourd’hui, la SNIM est la plus grande société mauritanienne, représentant 12 % du PIB de la Mauritanie, 14 % de son budget et 41 % de ses exportations.

La SNIM est le septième producteur mondial de minerai de fer seaborne et la seule produisant en Afrique Occidentale.
En 2008 elle a livré près de 11 millions de tonnes de minerai de fer. La SNIM est un fournisseur stratégique de l’industrie sidérurgique européenne et est également bien positionnée pour fournir le marché chinois. Le gouvernement mauritanien détient 78,35 % du capital de la SNIM.

Le projet Guelbs II porte sur l’agrandissement de la mine existante et la construction d’une nouvelle usine d’enrichissement de minerai de fer, permettant la production annuelle de 4 millions de tonnes supplémentaires de minerai concentré de haute qualité.

Le nouveau port minéralier remplacera le port existant et permettra le chargement sur des navires plus grands. Les deux projets font partie d’un programme d’investissement de plus d’un milliard de dollars américains, le plus grand dans l’histoire de la Mauritanie, visant à moderniser et à agrandir les installations de production actuelles de la SNIM.

Outre ces deux projets, ce programme comprend un projet de modernisation de la voie ferrée et un projet de construction d’un centre de formation professionnelle à Zouerate. Ce programme de développement et de modernisation s’intègre à la stratégie gouvernementale destinée à développer le secteur minier, qui est l’un des moteurs de la croissance économique du pays.

Pour le projet Guelbs II et celui du nouveau port minéralier, la SNIM a mandaté des études d’impact environnemental et social et met en place des programmes de gestion environnementale et sociale conformes aux critères SFI.

Les institutions financières multinationales qui ont participé à ce financement de 710 millions USD sont la Banque Africaine de Développement, la Banque Islamique de Développement, la Banque Européenne d’Investissement et l’Agence Française de Développement. Les banques commerciales partenaires sont la BHF-BANK, BNP Paribas, KfW IPEX-Bank et la Société Générale.

La majorité des banques participant au pool bancaire sont des partenaires historiques de la SNIM, leurs relations remontant parfois à plus de 30 ans. L’Administrateur Directeur Général de la SNIM, M. Taleb Ould Abdivall, a déclaré que «la participation de nos partenaires financiers historiques témoigne de la qualité du partenariat inébranlable entre la SNIM et ces institutions. Nous sommes très reconnaissants du soutien continu que reçoivent nos initiatives, qui se sont avérées vitales, tant pour la SNIM que pour la Mauritanie.»

En ce qui concerne la participation des banques commerciales, M. Ould Abdivall a ajouté : «nous sommes également reconnaissants du soutien des banques commerciales qui participent à ces projets passionnants. C’est la première fois que la SNIM a accès à des prêts à long terme de banques commerciales, indiquant le souhait de la SNIM de diversifier ses sources de financement ».

Le projet Guelbs II est extrêmement important pour la Mauritanie. M. Ousmane Kane, le Ministre des Finances mauritanien, a remarqué que «le gouvernement de la Mauritanie adhère sans réserve à ce projet et est très heureux que la SNIM soit parvenue à mobiliser un soutien aussi important. Le projet aura un impact d’ordre majeur sur l’économie et nous pensons aussi qu’il sera un facteur déclencheur d’autres investissements dans le pays, contribuant à sa croissance.»

Hatch Corporate Finance et White and Case agissent en tant que conseillers financier et juridique de la SNIM, Lovells en tant que conseiller juridique des banques.

Pour un complément d’information : www.snim.fr 

 

 


Source : La Tribune n°478




La note trimestrielle de la Banque mondiale

24112009

La Banque Mondiale a publié, la semaine passée, sa revue trimestrielle de reprise d’activité du portefeuille mauritanien. Celui-ci  est composé de  12 projets nationaux et de  3 autres régionaux. Les montants alloués à ces  projets s’élèvent  à 380 millions de dollars américains.  C’est ainsi que chaque projet  est dirigé par un chef de projet local, un point focal  au niveau de la  mission de la banque à Nouakchott et un  superviseur  qui opère en dehors du territoire national. 

La revue souligne que «durant  la période de gel, la performance  du portefeuille a sensiblement baissé pendant près d’un point entre juillet 2008 et septembre 2009, la note  globale sans  les projets régionaux était de 3,35 contre 4,0 au 30 juin 2008 (…) Les projets régionaux  continuent  à tirer  la note du  portefeuille  vers le bas. En les prenant  en compte, elle descend  vers 3,23. La  note  actuelle ne traduit  pas une contreperformance  des équipes du portefeuille, mais doit être  considérée plutôt comme une note de référence  pour un nouveau départ.  Avec la note actuelle, le portefeuille est revenu à son niveau  de mars 2006, soit trois ans  et demi  plus tôt. Sachant qu’il a fallu un an pour passer à cette note à 4,1 (mars 2007)». 

Malgré la rupture des opérations de la banque mondiale qui a duré presque une année  suite au coup d’Etat de 2008,  le Second  projet de Renforcement Institutionnel du Secteur Minier (PRISME 2)  et  le Programme National de Développement  du secteur Educatif ( PNDSE)   réalisent  toujours de  bonnes performances .  Le projet PNDSE sup  n’est plus considéré comme projet à risque, en revanche  son indicateur de décaissement reste mauvais.  Le programme  santé –nutrition  affiche la même performance  qu’en   juin 2008.  Le Global Developpement Lerning Center  ‘acquiert’  une performance moyenne.   

Le Projet  de Renforcement  des Capacités du Secteur Public (PRECASP) et  le  Projet d’Aménagement Communautaire des Bassins Versants (PACBV)  régressent  avec des contreperformances manifestes ainsi que le projet MAP- sida. Ce dernier a connu des  malversations financières considérables. Les personnes de ce projet se trouvent dans des situations lamentables de non paiement en attendant la conclusion de l’enquête de l’IGE. 

  

Le projet  de développement  intégré  de l’agriculture  Irrigué  en Mauritanie   gagne, quant à lui,  des  notes en atteignant un niveau plus ou moins acceptable. Celui de développement rural  communautaire a été encouragé par les bailleurs de fonds. Pourtant « ce  même  projet continue  de connaitre des retards  importants dans la mobilisation des fonds de contrepartie ». (Sic) 

Le Programme de Développement Urbain (PDU)  a été félicité par l’institution de Bretton Wood. Il  réalise  une performance  expliquée,  particulièrement,   par  la poursuite de l’activité  au niveau de l’AMEXTIPE  et par a mobilisation des ressources étatiques dans  la période de  la crise politique qui a affecté le pays.  Toutefois,  bien que le PDU  ait  débuté depuis 6 ans, les experts de la banque mondiale  spécifient  que des réformes complexes  doivent  être menées dans  les domaines de la décentralisation et du développement urbain. Sur ces deux  points, la Banque mondiale   préconise  le développement local. 

En effet,  le gouvernement de Sidi ould Cheikh abdellahi  a opté au départ pour une promotion de la décentralisation. Ensuite,  la nouvelle équipe dirigeante  a centralisé la décentralisation à travers le retour à  la formule du ministère de l’intérieur et  de la décentralisation. Le débat de la décentralisation touche aussi le projet  PRDC  qui souffre  d’un manque de flexibilité décisionnelle  au niveau des zones rurales  qui dépendent souvent d’une administration bureaucratique indifférente vis-à-vis des  préoccupations quotidiennes des citoyens locaux de ces zones. 

Pour ce qui est des  projets  régionaux, la composante mauritanienne du projet  Africa Emergency  Locust réalise  une performance respectable,  le projet  de la centrale hydro-électrique  de Felou reconnait  un ralentissement  de sa mise en œuvre  et  le Projet de Gestion Intégrée des Ressources  en Eau du Bassin du Fleuve Sénégal  (PGIRE)  perd sa place de projet   le plus mal noté du portefeuille  au profit du projet felou  qui   est financé de l’ordre  de 31, 780 millions de dollars.   Ce dernier est placé, d’ailleurs,  au dessous de plusieurs projets nationaux.  Deux projets de l’entité composante, entre autres, du groupe de la Banque mondiale  l’Association Internationale  du Développement  (IDA)  s’ajoutent au portefeuille du pays.  Il  s’agit  du  Projet d’Amélioration  du Climat  de l’Activité Economique ( PACAE)   qui a connu  des  retards dus essentiellement  à l’impossibilité de  sa mise en œuvre  en  période de crise politique  et de  celui  de l’Assistance Technique et de renforcement  Institutionnel  (PTARIST)  signé tout fraîchement en octobre dernier. 

 

Synthèse  de Mohamed Fouad Barrada

Source : La Tribune n°476




Les Echos de la Tribune Par Mohamed Fouad Barrada

22112009

Quelle stratégie mauritanienne pour l’avenir ? 

Entre l’interventionnisme et le libéralisme naturel, les opinions ne sont pas,  tout à fait, unanimes. Mais une idée centrale domine toujours. C’est celle de l’individualisme économique. «La vérité économique ajoute que, plus il y a dans une société d’affaires personnelles bien organisées, plus les affaires communes, elles aussi, sont heureusement réglées» (Crime et châtiment p 187). Dostoïevski  évoquait déjà,  l’individualisme à travers le cas de manteaux ; illustré par l’un des personnages de son roman emblématique (idem).  Et si  « quelqu’un déchire en deux son manteau, et il le partage avec son prochain, qu’est ce qui en résulte ? ».  Ne cherchez point, la réponse  est simple : « deux individus à moitié nus ».   

Ainsi,  sur la base de la logique des manteaux, la raison du plus  outillé en arme   et du plus préparé  risque fort  de l’emporter au détriment de la raison humaniste et universaliste. Tout simplement, la terre ne supportera  plus, sauf miracle,  le besoin  alimentaire   d’une population mondiale  se mesurant, selon Malthus,  en fonction d’un  rythme géométrique galopant. Contrairement, aux ressources naturelles qui progressent, lentement, au rythme d’une suite arithmétique.  D’où l’intérêt de revoir  le projet   Mauritanie Vision 2030. Cette stimulante réflexion a déjà   fait l’objet d’un  débat, organisé en janvier 2005, sous forme d’altiers traitant de la prospective,  et  visant à concrétiser les objectifs du millénaire pour le développement. Elle a été  matérialisée par un document  approuvé par le gouvernement,  deux ans après, notamment en mars 2007.   

Cependant,  les instances de réflexion stratégique, et qui  occupent un rôle central, sont toujours quasi – inexistantes chez nous. Elles  sont amenées à   réguler les stratégies.  Leur vocation essentielle   consiste  à : proposer, à travers des centres  de recherches,  des plans d’action quantifiables mesurables  et applicables ; justifier les écarts entre les prévisions et la réalité  en dressant la hiérarchie des scenarios ; légitimer l’emploi des mesures appropriées  pour chaque scenario.  

Il est urgent, à cet égard,  de reformuler la problématique  prospective mauritanienne, du moins celle qui traite de l’économique. Au fait, la production pétrolière et  minière  sera-t- elle suffisante pour que le pays envisage une nouvelle politique économique basée sur une rente orientée vers d’autres secteurs de l’économie ?  Et si  celle-ci  est suffisante quelle en est  la répercussion sur la stabilité politique du pays ? La  thématique environnementale et ses répercussions sur la production naturelle et les conséquences qu’elle peut engendrer sur l’économie mondiale et l’économie nationale ?  Quels sont la nature et  les moyens de lutte contre le chômage dans les 50  prochaines années ?   

En somme, les progressions des ressources naturelles par rapport à la population nationale et l’inadéquation entre les besoins et la richesse du sous-sol du pays  suscitent-elles la conditionnalité existentielle de la population mauritanienne ?   Enfin, qu’en est-il de la  relance économique prévisionnelle ?  

Toutefois, l’intelligentsia   du pays  ne peut  jamais intervenir,  efficacement, en dehors d’une  réglementation  claire. Celle-ci  tourne autour de la liberté de ‘discuter’ la chose étatique  par le canal des medias publics et privées.  Elle  dépasse la conception étroite de la liberté d’expression. Elle va plus loin. Il s’agit de la liberté de demander des comptes  et de sanctionner, sans partialité,  par la justice, le coupable en cas de besoin. Il s’agit aussi de la liberté d’être informé, et d’agir en conséquence. Il est question de la liberté d’accès à l’information, de savoir, de se sentir dans un pays de droit, de travailler, d’être dignement rémunéré  etc.  




FDA finance des micros projets en Mauritanie !

16112009

C’est au cours de la visite de la directrice régionale du programme Africain Development Foundation, Rama Bah en Mauritanie qu’un protocole d’accord a été signé, le 9 novembre 2009, dans les locaux d’une ambassade américaine fortement sécurisée. Il s’agit des conventions qui ont été paraphées entre le gouvernement américain et les représentants de 8 projets générateurs de revenus (3 au Guidimakha, 1 à Kaédi, 2 en Adrar, 1 à MBoutt et 1 à Nouakchott).
La FDA a reçu des demandes de financement de la part des réfugiés qui viennent de regagner fraichement le pays. Elle a été , également, sollicitée dans le cadre de la création entrepreneuriale pour le renforcement et l’accompagnement de la production alimentaire et d’élevage dans des zones agropastorales du Gorgol, Brakna, Trarza.
« Nous sommes ravis d’accueillir de nouveau la directrice Régionale de la Fondation des Etats Unis pour le Développement en Afrique (…) Nous allons octroyer 800.000 dollars de subventions à huit organisations mauritaniennes pour financer des projets de petite entreprise à travers la Mauritanie. Nous sommes honorés de voir que les représentants de chacun des ces groupes est ici présent avec nous aujourd’hui pour célébrer le démarrage de leurs programmes. Nous sommes également très heureux d’annoncer aujourd’hui notre engagement à financer, pour plus d’un million de dollars, huit à dix nouveau programmes de la Fondation pour le Développement en Afrique pour l’année 2010, en Mauritanie ». a déclaré, en cette occasion, solennellement, l’ambassadeur des Etats Unis en Mauritanie dans son allocution, avant d’ajouter que « l’Amérique reconnait que les investissements dans les petites entreprises mèneront à des résultats à long terme, pas seulement pour les propriétaires d’entreprise, mais aussi pour leurs partenaires commerciaux, leurs communautés et leurs familles. La Fondation des Etats Unis pour le Développement en Afrique est unique dans son action (…) Elle cherche à utiliser les subventions pour promouvoir l’une des ressources les plus importantes de la Mauritanie : son peuple. La Fondation des Etats Unis pour le Développement en Afrique a commencé son travail en Mauritanie en 2008 avec 500.000 dollars de subvention.»
RAM BAH, quant à elle, a attesté que le Président de la Fondation tient particulièrement au financement des projets en Mauritanie. « Notre président Loyd Pearson est un amoureux de la Mauritanie mais sans Son Excellence l’ambassadeur Mark Boulware, on ne serait pas ici, il a bataillé pour la Mauritanie, pour que le programme ADF pour la Mauritanie continue. Nous serons là pour longtemps et nous ne ménagerons aucun effort pour ceux qui vont frapper à la porte de l’ADF». (NDLR- ANI-)
« Nous avons une approche participative consistant à être à l’écoute des candidats voulant le financement de leurs projets. L’initiative doit venir des candidats eux-mêmes, depuis plusieurs jours, je sillonne la Mauritanie avec mes collaborateurs pour que nous puissions formuler une idée sur ce dont les populations cibles ont besoin. » Argue-t-elle.
S’agissant des montants alloués, la FDA octroie 50000 dollars pour les micros projets, 100.000 Dollars pour le renforcement du capital et 250.000 £ pour le grand projet.
« En 2010 la FDA compte financer 9 projets avec une enveloppe avoisinant 1.600.000. Le mécanisme de financement repose sur la sélection par la Fondation d’un bureau d’étude spécialisé dans la formation en matière entrepreneuriale. Celui-ci prendra en charge la formation et le suivi des projets après leurs déclenchements. La formation consiste à mettre l’accent sur la gestion des petites entreprises et des projets générateurs de revenus », précise un responsable de la fondation américaine.
Toutefois, des bénéficiaires regroupant 5000 individus opérant dans la région de l’Adrar et qui ont pu ‘capitaliser’ un montant de 25 millions d’ouguiyas pour le stockage et la commercialisation de leurs cueillettes souhaite un renforcement de leurs outils de stockage notamment des chambres frigorifiques.
Rappelons que la FDA a été créée par le congrès américain l’USADF en 1980 et qu’elle opère dans 20 pays avec un directeur régional pour chaque zone. La Mauritanie appartient à une partie de l’Afrique subsaharienne avec notamment le Sénégal, le Mali, le cap vert, le Burkina Faso.
Mohamed Fouad Barrada
m_barrada@yahoo.fr




Les Echos de Mohamed Fouad Barrada

5112009

L’appui du secteur privé mauritanien ?  

 900.000 dollars de la BAD et du Japon  viennent d’être accordés à  la compagnie minière de Mauritanie.  Cette subvention s’inscrit  dans le cadre des financements du Fonds pour l’aide au secteur privé africain (FAPA). La Banque Mondiale s’intéresse aussi à l’appui du secteur privé mauritanien.   Lequel à votre avis ?    

Selon  la Stratégie Nationale de  promotion de micro et petite entreprise  en Mauritanie, « le secteur informel occupe  environ 60% de la main d’œuvre urbaine. Il joue un rôle important dans l’équilibre du système social par les emplois et les revenus qu’il permet de générer».   Ainsi,  les problèmes  de la relance économique  par la ‘créativité’ des petites entreprises résident principalement dans la difficulté d’apport en fonds propres.  « L’entrepreneur est tenu d’apporter 30% du programme d’investissement. Le fonctionnement même de l’économie de marché implique l’existence de ressources propres »,  argue  déjà  un chercheur universitaire. Les financements nationaux ou étrangers dépendent, à cet égard , des critères de confiance limitant souvent le montant du crédit accordé à l’entrepreneur local qui n’a pas toujours la possibilité de fournir les garanties financières nécessaires.   Hormis la lutte contre la gabegie, la corruption  et les autres inconditionnels  de la bonne gouvernance, il est clair que la relance passe, évidemment,   par l’intégration de la grande partie de la population dans le processus du développement local. 46% de mauritaniens  vivent en dessous du seuil de pauvreté ; soit avec moins de 1 dollar par jour.  Ce taux dépasse les 56% dans les zones rurales. Le  taux de chômage frôle  les 34% et l’Indice de développement humain classe  la Mauritanie en 115ème position, en queue d’un  ‘peloton’ composé de 188 pays.  A cela s’ajoute, bien sûr,  les  34000 demandeurs d’emploi  tous les ans.  Intentionnellement, les gouvernements, qui se sont succédés depuis plus  d’une vingtaine d’années,  ont proposé des stratégies, des réflexions, etc.  La dernière   est celle de  1990. Il s’agit là  de la micro finance.    Dans ce chapitre  et dans le cadre de sa stratégie de  lutte contre la pauvreté, les autorités du pays  visaient et visent  dans une   période de 2006-2010 à diminuer l’effet de ce fléau en  ramenant  son  taux à 35%  (2010) et à 25% en 2015.  Il en résultait  la  mise en valeur de la productivité des pauvres par le biais des institutions des micros-  finances.  Ces institutions tirent leurs financements à travers  conjointement des prêts de bailleurs de fonds et du Gouvernement mauritanien. Pourtant,  la part de ces   IMF dans le secteur financier  est  approximativement  de  1%.  Ce qui sous-entend que  la reprise économique nationale  demeure  bel et bien utopique.    m_barrada@yahoo.fr 




Investissements

5112009

 

 La Mauritanie au bas de l’échelle 

La conclusion des études relatives à la promotion du secteur privé et financier en Mauritanie est alarmante : tous les indices d’attractivité en terme d’investissements sont au rouge. La Mauritanie est globalement mal perçue en termes de climat des investissements. C’est ce qui ressort des résultats d’un atelier parrainé par la Banque Mondiale et le Commissariat à la Promotion des Investissements, tenu jeudi dernier dans les locaux de la Chambre de Commerce, d’Industrie et d’Agriculture de Mauritanie. 

Classé 167/180 dans la mesure Doing Business qui compare entre les textes régissant le climat des affaires dans les pays, la Mauritanie a d’énormes progrès à réaliser pour attirer les investissements. Etant donné que les investisseurs se référent à cette mesure et à bien d’autres (I.C.A, Heritage Foundation, World Economic) avant de fouler le sol d’un pays. 

Parmi les obstacles de taille qui se dressent devant les investisseurs figure en bonne place – entre autres contraintes non moins importantes – la lenteur des procédures administratives pour la création d’entreprises et une fiscalité jugée dissuasive. Le système fiscal étant caractérisé  par une fiscalité assez lourde et focalisée sur la collecte de recettes publiques sur une base taxable assez limitée. 

Au cours de cet atelier des propositions de reformes ont étés présentés aux participants, qui étaient – il faut le noter au passage – pour la plupart des représentants des différents départements du public et des hommes d’affaires du privé. Les résultats des études préconisent une intensification des efforts de promotion à travers l’amélioration de la perception de la Mauritanie et l’accroissement de sa crédibilité en tant que destination d’affaires. 

Les procédures administratives sont longues et souvent couteuses, les procédures de création de fermeture d’entreprises, et les procédures liées au commerce international et à l’obtention de licences sont également couteuses et longues par rapport aux meilleurs pratiques. L’amélioration du cadre réglementaire passe par la facilité d’entrée et de sortie du marché et par la réduction de l’informalité qui pose un énorme problème pour les investisseurs étrangers. 

Pour répondre plus efficacement aux besoins du secteur privé, il faudrait améliorer l’accès aux financements bancaires. Les firmes utilisent rarement les financements bancaires à cause des garanties bancaires requises souvent très élevées. Pour pallier à cela les études recommandent la mise en place dans le court terme des décrets d’application de la nouvelle loi bancaire et le renforcement de la capacité de supervision de la BCM. Pour le moyen terme (à mettre en place sous 5 ans), il est nécessaire de promouvoir l’introduction de nouveaux produits financiers (capital risque, factoring, instruments à destination des PME/PMI…) ainsi que l’arrivée sur le marché d’institutions spécialisées. En plus de la simplification du cadre légal et judiciaire en vue de moderniser et élargir la gamme de suretés utilisées comme garantie. 

Autre secteur à réviser celui de la main d’œuvre. Bon nombres d’investisseurs se plaignent du manque de main d’œuvre qualifiée dans le pays. Un homme d’affaires étranger nous a confié sous couvert de l’anonymat qu’il « a déjà recruté plusieurs employés locaux qui ont enfoncés ses affaires plutôt que de les relever et créer de la plus-value.» «  Je voulais bien contribuer à la diminution du taux de chômage en Mauritanie mais j’ai été contraint de les licencier » ajoute-t-il l’air embarrassé. 

Le fonctionnement du marché du travail est lui aussi très opaque du fait de réglementations contraignantes, des difficultés de circulation de l’information sur les emplois disponibles et du faible usage de formations professionnelles pour les employés en activité et de celui du niveau d’éducation du personnel. Pour cela les économistes de la Banque Mondiale recommandent dans le court terme une simplification de certaines réglementations du Code du Travail de 2004. Il s’agit de modifier l’article 17 pour permettre que les CCD puissent aller jusqu’à 4ans. Et de l’amélioration des qualifications des employés grâce à la revitalisation et au développement de systèmes de formation professionnelle en collaboration étroite avec le secteur privé. 

Dans le domaine des services d’infrastructures, deux grands types de services d’infrastructure sont perçus comme étant problématique : la fourniture d’électricité et les transports. Les résultats des études préconisent pour le secteur de l’électricité, la mise en place dans le moyen terme du programme de réhabilitation et d’extension des moyens de production pour Nouakchott et Nouadhibou ainsi que l’extension également des réseaux électriques de ces deux villes. 

Pour le transport routier, il est impératif de continuer la rénovation et la maintenance du réseau existant dans le cadre des contrats de programmes entre l’Etat et l’ENER er réaliser de nouveaux programmes d’investissements routiers en vue de désenclaver la Mauritanie (Mali, Algérie et Sénégal). 

Dans le secteur du transport maritime, les études préconisent d’accroitre les capacités et d’améliorer la compétitivité du Port Autonome de Nouakchott. Chose qui a déjà commencé avec l’inauguration par le Président de la République de l’extension du port autonome de Nouakchott dont la capacité se verra augmenté de plus de 50% selon les observateurs. Pour le transport aérien, l’accent est mis sur la modernisation des capacités aéroportuaires (infrastructures, système de navigation et dispositifs de sureté). 

Les résultats des études ont enfin noté que la corruption est répandue aussi bien dans l’administration que dans les firmes. Un phénomène qui est couteux car il absorbe chaque année 6,4% du chiffre d’affaires des firmes manufacturières. Les économistes de la Banque Mondiale préconisent en ce sens, l’attribution effective et durable des moyens ainsi qu’une totale liberté d’action laissée à la Cour des Comptes dans ses missions d’audit/contrôle dont les conclusions/rapports devraient être rendus publics. 

Et enfin de la mise en place de mesures microéconomiques permettant de limiter les possibilités de corruption au sein de l’administration (responsabilité nominative des employés traitant avec les entreprises, étude de faisabilité/la mise en place ultérieure de mesures de revalorisation salariale pour certaines professions clé de la fonction publique,…). 

Momme Ducros. 




Les Echos de la Tribune Par Mohamed Fouad Barrada

2112009

L’appui du secteur privé mauritanien ? 

900.000 dollars de la BAD et du Japon  viennent d’être accordés à  la compagnie minière de Mauritanie.  Cette subvention s’inscrit  dans le cadre des financements du Fonds pour l’aide au secteur privé africain (FAPA). La Banque Mondiale s’intéresse aussi à l’appui du secteur privé mauritanien.   Lequel à votre avis ? 

De prime abord,  selon  la Stratégie Nationale de  promotion de micro et petite entreprise  en Mauritanie, « le secteur informel occupe  environ 60% de la main d’œuvre urbaine. Il joue un rôle important dans l’équilibre du système social par les emplois et les revenus qu’il permet de générer».

Ainsi,  les problèmes  de la relance économique  par la ‘créativité’ des petites entreprises résident principalement dans la difficulté d’apport en fonds propres.  « L’entrepreneur est tenu d’apporter au minimum 30% du programme d’investissement. Le fonctionnement même de l’économie du marché implique l’existence de ressources propres », argue  déjà  un chercheur universitaire. Les financements nationaux ou étrangers dépendent, à cet égard , des critères de confiance limitant souvent le montant du crédit accordé à l’entrepreneur local qui n’a pas toujours la possibilité de fournir les garanties financières nécessaires.

Hormis la lutte contre la gabegie, la corruption  et les autres inconditionnels  de la bonne gouvernance, il est clair que la relance passe, évidemment,   par l’intégration de la grande partie de la population dans le processus du développement local. 46% de mauritaniens  vivent en dessous du seuil de pauvreté ; soit avec moins de 1 dollar par jour.  Ce taux dépasse les 56% dans les zones rurales. Le  taux de chômage frôle  les 34% et l’Indice de développement humain classe  la Mauritanie en 115ème position, en queue d’un  ‘peloton’ composé de 188 pays.  A cela s’ajoute, bien sûr,  les  34000 demandeurs d’emploi  tous les ans[1].

Intentionnellement, les gouvernements, qui se sont succédé depuis plus  d’une vingtaine d’années,  ont proposé des stratégies, des réflexions, etc.  La dernière   est celle de  1990. Il s’agit là  de la micro finance. 

Dans ce chapitre  et dans le cadre de sa stratégie de  lutte contre la pauvreté, les autorités du pays  visaient et visent  dans une   période de 2006-2010 à diminuer l’effet de ce fléau  de pauvreté en  ramenant  son  taux à 35%  (2010) et à 25% en 2015.  Il en résultait  la  mise en valeur de la productivité des pauvres par le biais des institutions des micros-  finances.  Ces institutions tirent leurs financements à travers  conjointement des prêts de bailleurs de fonds et du Gouvernement mauritanien. Pourtant,  la part de ces   IMF dans le secteur financier  est  approximativement  de  1%.  Ce qui sous-entend que  la reprise économique nationale  demeure  bel et bien utopique.  

m_barrada@yahoo.fr

Source : La Tribune n°473 


[1] Selon les statistiques fournies par  le Système  d’Information Mauritanien  sur l’emploi, In Stratégie Nationale de  promotion de micro et petite entreprise  en Mauritanie, 19 novembre 2003, p,3.




Le Chômage en Mauritanie

20102009

 

 

Le chômage est un phénomène  de plus en plus préoccupant dans notre pays.  Il concerne surtout la jeunesse et les femmes.  Le manque d’emploi pousse certaines personnes à recourir  aux petits boulots. Les « melaha »ou facilitateurs, les « khare yallah », littéralement « dans l’attente de Dieu »,  ces travailleurs du secteur informel qu’on retrouve vers la polyclinique,  au marché Mauritel ou « point chaud », prés de l’église,  assis toute la journée à attendre qui, l’arrivée d’un « patron », cherchant une main d’œuvre à bas prix, qui, à faire un bisness, qui à se faire recruter comme bonne à tout faire…

Waretta Fall, jeune femme de 26 ans, est arrivée à Nouakchott il y a 6 mois en provenance de Dalal Khêll, son village situé sur la rive droite du Fleuve Sénégal…En Wolof, ce village porte un nom qui signifie « tranquilliser la conscience »…Mais, Waretta, elle n’a pas la conscience tranquille. Depuis qu’elle a été répudiée par son  mari, elle a à sa charge, trois enfants. Elle a choisi de tenter sa chance en Mauritanie. A la recherche d’un emploi pour subvenir aux besoins de sa petite progéniture. Assise au pied du mur de l’église, elle raconte : « Je viens ici chaque jour  espérant trouver du travail. Mais en vain. »

D’autres femmes comme Waretta sont assises. Elles forment un groupe et guettent toutes les belles voitures qui passent. Se ruant en groupe à chaque fois qu’une voiture s’arrête. Chacune espère être choisie. Elles proposent leurs services : ménage, linge,  baby-sitter.

Ces « braves » femmes ne sont pas toujours à l’abri du danger, les viols et l’exploitation sexuelle des bonnes sont devenues des attitudes complètement banales auxquels s’adonnent bon nombre d’employeurs. Le licenciement sans  être payer son du,  les accusations sans fondements de vol ou autre délit quelconque les amènent le plus souvent à se retrouver derrière les barreaux. Dans les cas de viol par exemple : si la malheureuse victime (souvent de nationalité étrangère) portait plainte pour viol contre son agresseur il y’a plus de chance qu’elle se retrouve en prison sans  que son bourreau ne soit nullement inquiété. Cependant ces violences considérées comme des violations des droits de l’Homme doivent nous interpeler d’avantage car le phénomène de l’immigration de petites filles de part l’Afrique à la recherche du travail est en  hausse considérable.      

Néanmoins les femmes ne sont pas les seules à chercher du travail, car si nous sillonnons les principales artères de Nouakchott nous remarquerons des groupes d’ouvriers assis ou debout au bord du goudron  à attendre un potentiel client à la recherche d’un manœuvre (plombier,  maçon, carreleur … etc.). C’est pour ca que l’axe carrefour Bana-blanc, carrefour Policlinique est toujours bouché à cause du stationnement désordonné de voitures et de personnes à la recherchent de main-d’œuvre bon marché. Mais le fait de rester toute la journée assis(e) à scruter l’horizon  sans que personne ne se présente pour demander un dépannage ou un petit boulot journalier n’est pas une chose facile pour ces pères de familles.

Est-ce que réellement on peut appeler ce genre d’activité du travail vu les lourdes responsabilités auxquelles sont exposées les ouvriers du secteur informel aussi bien du coté social que du coté économique. Avec les sommes quasi insignifiantes qu’ils perçoivent lors d’un dépannage contrairement à la main-d’œuvre étrangère qui est la plus sollicitée et mieux payée, à quel besoins pourraient-ils subvenir ? Ils quittent le matin leurs familles sans leur laisser le moindre sou, parfois avec un malade à la maison et les dettes d’hier à rembourser.              

 Les ouvriers du secteur informel ne sont pas les seuls  à être touchés par le chômage en Mauritanie comme les autres pays du monde, nous avons aussi beaucoup de diplômés chômeurs.  Ceux-ci par manque d’emploi se transforment en chauffeurs de taxi ou en petits commerçants. Par ailleurs nous avons  un autre phénomène qui n’est pas étranger à notre société et causé  par le chômage qui est « les tekoussou »  autrement dit ces gens qui vivent au dépend des autres et profitent de leur situation pour mener la vie facile. Ces parasites de la société sont la à tendre la main tout simplement, demander un boubou par ci des chaussures par là, une petite somme d’argent à un autre et ainsi de suite.

Pire encore les paresseux eux ont trouvé une meilleur combine pour gagner de l’argent facilement. Il suffit de porter des haillons, se couvrir la face, se mettre au bord du goudron, de tendre la main et le tour est joué. Jadis la mendicité était réservée aux pauvres et aux handicapés mais hélas ce n’est plus le cas. Selon Minetou une fausse mendiante «  à chaque fois que j’aie une cérémonie dans ma famille ou des ennuis financiers,  je  mets un voile sal et mal fichu et je me mets à demander l’aumône devant les grands immeubles et parfois je rentre dans les maisons pour quémander prétextant un malade à soigner,  un incendie ou des enfants qui n’ont rien mangé depuis deux jours .Ainsi après un ou plusieurs jours de ‘quémandage’ je me retrouve avec une grosse somme d’argent qui me permet de satisfaire mes besoins et même plus ». Le cas de Minetou est un exemple parmi d’autres, car il arrive des fois ou c’est en groupes que ces soi-disant mendiants se retrouvent pour quémander devant les sociétés, les banques, les mosquées et parfois même devant les résidences privées.  Les enfants aussi ne sont pas en reste à cause du grand nombre de diplômés chômeurs et par les temps qui courent certains parents préfèrent envoyer leurs enfants mendier que de les envoyer à l’école. 

 

Feinda Traore.                                                                                          




Total reprend en main le bassin de Taoudenni en Mauritanie

20102009



Passée la crise politique, Total reprend confiance et se prépare à investir 100 millions d’euros sur deux ans pour financer les premières opérations de forage.

Prudente encore dans le schéma de capitalisation de la SAR (Société africaine de raffinage), basée au Sénégal et entreprise par le groupe saoudien Saudi Ben Laden, la multinationale pétrolière française Total a entamé dès fin septembre les premières opérations de forage sur le très convoité bassin mauritanien de Taoudenni. Situé dans le nord de la Mauritanie, le bassin, stratégique compte tenu de ses potentialités en hydrocarbures, avait été convoité durant la période 2003-2004 par une kyrielle d’entreprises britanniques, françaises et américaines.

Une source établie à Nouakchott qui suit le dossier relatif à la reprise en main des prospections pétrolières par les multinationales étrangères, interrogée par Les Afriques, précise que la firme française Total, pour motif de recadrage de sa plateforme pétrolière en Mauritanie, avait décidé unilatéralement de geler ses opérations de forage entamées début 2004. « Total n’était pas trop sûr de la rentabilité de sa prospection sur le bassin de Taoudenni à court terme, mais surtout de la dead line qu’elle s’est fixée entre les opérations de forage et la production du premier baril », confirme notre interlocuteur.

Deux facteurs déterminants

On parle de quelque 4 milliards d’ouguiyas (soit l’équivalent de 10,5 millions d’euros) engloutis dans les opérations de prospection depuis le début des activités de Total en Mauritanie. Le dénouement heureux de la crise politique interne et le climat apaisé issu des dernières élections présidentielles ont été deux facteurs déterminants dans la relance des opérations de forage sur le site de Taoudenni par le groupe français. Ce qui expliquerait la présente tournée africaine du directeur pour l’Afrique du Nord de Total, Jean François Arrighi, récemment reçu par le chef de l’Etat mauritanien, Ould Abdel Aziz. « Total, qui n’entend pas se faire doubler dans les stratégiques blocs 7 et 8 du bassin Taoudenni par une compagnie américaine, qui a soufflé ses intentions de venir en Mauritanie vers début juillet 2009, a décidé d’entamer ses opérations à partir de fin septembre 2009 », informe notre source.

Le bassin de Taoudenni devrait générer d’importantes ressources financières pour le Trésor du pays d’ici à 2014.

Le bassin de Taoudenni devrait générer d’importantes ressources financières pour le Trésor du pays d’ici à 2014 et produire du pétrole brut fin 2015 extrait du bassin, a précisé un officiel mauritanien du Département du pétrole.

On apprend enfin, de sources bien informées, que Total a reçu des garanties de la part des autorités mauritaniennes de rendre plus incitatif et accessible l’environnement fiscal du pays.

La multinationale française va donc mobiliser plus de 100 millions d’euros entre 2009 et 2010 en vue de couvrir les premières opérations de forage à travers une plateforme moderne.

Par Ismael Aidara, Paris (Les Afriques







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