Dialogue national :

3112010

 

 Quelles suites ? 

 

Cinq jours de débats, parfois riches, parfois moins, mais de débats quand même. Ulémas, Imams, universitaires, juges, journalistes, animateurs d’ONG ou simples citoyens… tous ont été entendus, les uns plusieurs fois, les autres une fois au moins… tous ont donné un avis, une lecture, une explication et suggéré des réponses. 

A la fin de leurs travaux, les participants sont parvenus à un ensemble de recommandations appréciant l’approche sécuritaire qui dénote du souci d’assurer la sécurité des citoyens et de défendre l’intégrité du pays. Ils ont convenu que le combat des forces armées doit faire l’objet d’un consensus de la part de toutes les forces politiques et de tous les citoyens loin de toute tentative d’instrumentalisation politique. Pour ce faire, les participants ont souligné la nécessité d’une charte nationale pour les partis politiques du pays afin de faire face au phénomène du terrorisme et la création d’un centre d’étude et de recherche concerné par l’étude de ce phénomène dans tous ses aspects. Ils ont insisté sur l’intérêt de la poursuite l’approche débat impliquant les différents acteurs nationaux, religieux, politiques, pédagogiques, de défense et de sécurité de façon à garantir la propagation d’une culture d’équilibre, de sagesse et de dialogue. Ils ont aussi appelé à faire tarir les sources qui peuvent servir à animer ou encourager ce phénomène comme l’ignorance, la pauvreté, l’injustice et les privations. Ils ont demandé la poursuite de la politique de dialogue avec les victimes de ce phénomène et notamment le pardon de repentis qui devraient être insérés dans la vie économique et sociale du pays. Les participants ont également demandé la mise au point de lois dissuasives pour ceux qui sympathisent avec le terrorisme dans les medias et dans les programmes des partis politiques en plus de la création d’une instance chargée de la « Fatwa » fondée sur le rite malikite et l’extension de ce genre de forum au niveau international pour en tirer le plus grand profit et tirer parti de l’expérience des autres dans la lutte contre ce phénomène ainsi que le renforcement des caravanes scientifiques et de la « Dawaa » pour propager une culture islamique authentique, médiane et équilibrée. 
c’est au Premier ministre, Dr. Moulaye Ould Mohamed Laghdaf qu’est revenu la mission de clôturer les travaux et donc d’en tirer les conclusions. « Après cinq jours d’intenses discussions scientifiques et de dialogue démocratique lucide, vous voilà arrivés à la vérité et à clarifier les choses usant des arguments et des preuves palpables parvenant ainsi à montrer le vrai visage de l’Islam », et son approche de la « Dawaa » (prêche) soulignant que l’Islam n’a rien à avoir avec l’agression, le terrorisme précisant qu’il est plutôt une religion de clémence, de miséricorde, de paix, d’amour, de sécurité et de quiétude. Et d’ajouter: «Nous avons adopté, conformément à la vision du Président de la République, Monsieur Mohamed Ould Abdel Aziz, l’approche du dialogue sur toutes les questions essentielles du pays pour trouver une solution à celles qui sont les plus difficiles et œuvrer à trouver le maximum de consensus sur les solutions et stratégies inspirées des points de vue des Ulémas et penseurs et permettre par la suite à tous les citoyens de prendre part à ce dialogue national, chacun à partir de sa position et de son niveau, pour lui permettre d’être au fait des grandes questions qui concernent son destin». Le Premier ministre a enfin noté que les recommandations et les sages orientations issues de la rencontre seront prises en compte et traduites sur le terrain.
Le ministre de la défense nationale, président de la commission de supervision, Hamady Ould Hamady avait auparavant relevé que le dialogue était riche de par les idées et opinions diverses reflétées par la participation de tous les acteurs: Ulémas, académiciens, politiques, intellectuels et hommes des medias. Il a loué la participation d’une partie de l’opposition au débat. Il s’agit d’Ahmed Ould Daddah, chef de file de l’Opposition démocratique et président du RFD qui a assisté à la cérémonie d’ouverture, de Boydiel Ould Hoummoid, président de El Wi’am et de Yahya Ould Ahmed Waghf président de Adil, lesquels ont dirigé deux séances du débat. 
De son côté, Me Djibo Hamani, conseiller du Premier ministre du Niger, porte parole des hôtes étrangers, a traduit l’intérêt que portent les délégations hôtes à cette expérience dont ils ne manqueront pas de tirer le plus grand profit louant la capacité des mauritaniens et leur disponibilité.
Quant à Mohamed El Moktar Chinguitty, chercheur académicien à l’Université de Doha a, au nom des hôtes nationaux, souligné le niveau élevé de liberté dans les débats notant que la Mauritanie a mis ses deux pieds sur la bonne voie, celle de la liberté et de la justice. Il a souligné que ce que dont les mauritaniens ont besoin est l’unité face à ce danger du terrorisme tout comme ils ont besoin de montrer tous les points de vue sur cette question souhaitant que d’autres fora plus spécifiques soient dans l’avenir organisés.
Abdallahi Ould Mohamed Sidiya, ancien prisonnier salafiste fraîchement gracié par le Président de la République et porte-parole des participants, a, lui, affirmé que ce dialogue ne manquera pas d’avoir des résultats bénéfiques car il a donné lieu à la confrontation des idées de l’élite mauritanienne qui a diagnostiqué le mal, montré ses causes et les moyens d’y remédier. 

Le dernier jour du forum a sans doute été le plus intéressant, du moins dans sa partie qui a vu les présentations de l’Armée nationale et de la police. Ces deux présentations ont été introduites par Hamady Ould Hamady, ministre de la défense nationale. Les présentations avaient pour thème : « l’approche nationale de lutte contre le terrorisme et le crime organisé« . 

Dans son mot d’introduction, le ministre de la défense a souligné que la tentative de lier le terrorisme à l’Islam est une erreur car contraire à la religion islamique en raison de la propagation de la terreur dans les cœurs des musulmans et des tueries injustes et injustifiées que cela comporte. Sur les causes de la naissance du terrorisme, le ministre a indiqué qu’à l’origine du terrorisme il y a des causes principales dont la pauvreté, la marginalisation et l’exclusion relevant que la pauvreté peut être traitée par des moyens tels que l’égalité et la justice sociale entre toutes les franges de la société. Il a ajouté qu’il s’agit d’une bataille d’idées d’abord. La victoire ne peut être assurée que par la création d’un Etat de droit qui œuvre à propager les libertés publiques, la force de la loi et l’égalité des citoyens. Il a attiré l’attention sur le fait qu’il n’existe pas sur le territoire mauritanien ni cellules éveillées ni camps d’entrainements ni dépôts de munitions pour les terroristes, relevant que « nous n’accepterons en aucun cas l’existence de bases militaires terroristes dans notre pays« .

La présentation de l’Armée a été faite par le colonel Boukhary Ould Ahmedou, chef du troisième Bureau de l’Etat Major. L’officier a fait un diagnostic de la situation militaire actuelle, présentation les choix du moment. Rappelant que l’Armée, longtemps laissé-pour-compte, a d’abord eu à rétablir son autorité sur l’ensemble du territoire national. Le nord et le nord-est échappaient à tout contrôle militaire ou civil officiel. Le poste de AÏN Bentili qui n’a pas été occupé depuis février 1976, a vu l’installation d’un poste ces derniers temps. Optant pour une tactique basée sur la mobilité des troupes, l’Armée nationale a mis sur pieds des unités mobiles capables d’intervenir n’importe où et n’importe quand. Elle a aussi opté pour les frappes préventives qui permettent d’éloigner le danger et de porter la peur dans l’autre camp. Dans cette intervention très appréciée par le public, le colonel Boukhary Ould Ahmedou a fait une lecture très moderne des options préconisées pour la défense de l’intégrité du pays et la sécurisation des biens et des personnes.

La communication de la police sera faite par le Commissaire Divisionnaire Mohamed Lemine Ould Ahmed qui est directeur de la sûreté d’Etat et, par intérim, directeur général adjoint de la sûreté nationale. Cette présentation avait pour thème : « les groupuscules terroristes agissant dans le Sahel africain« . Après avoir passé en revue les opérations des groupes terroristes en Mauritanie, il a expliqué que l’objectif premier fut de ravitailler quelques foyers extérieurs, faisant allusion à l’Algérie où le terrorisme faisait rage jusqu’au début des années 2000. Il a donné plein d’informations sur les méthodes de recrutement et d’action des groupes. Il a rappelé que l’action sécuritaire menée depuis plus de deux ans a permis d’avoir un meilleur contrôle des entrées sur notre territoire et un meilleur suivi des activistes. Affirmant que toutes les cellules ont été démantelées et que tout celui qui vient en Mauritanie avec l’intention de nuire sera arrêté dès son entrée. La voix et le message rassuraient. 

Au troisième jur du débat, le ministre de la défense avait tenu une conférence de presse où il a réitéré le choix de la Mauritanie pour « une stratégie offensive » en renforçant son armée contre Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) et au-delà contre le crime organisé. « Nous avons délibérément opté pour une stratégie offensive et dynamique afin d’empêcher la formation de bases opérationnelles dirigées contre notre pays » par les éléments d’Aqmi basés dans le Nord du Mali, a indiqué Hamady Ould Hamady. « Nous avons pour cela accordé la priorité à nos forces armées et de sécurité, décidé d’améliorer leurs équipements et leur force de frappe car cet enjeu majeur s’impose avant la démocratie et le développement qui ne peuvent être envisagés sans la sécurité », a poursuivi Ould Hamady. Il a fait remarquer que le pays est « prêt à recevoir l’aide des amis et frères » et a, à l’occasion, démenti toute présence militaire française en Mauritanie en dehors du « cadre légal de l’assistance technique comme il en existe pour la santé et l’enseignement notamment ». Affirmant : « Il n’y a pas de base française en Mauritanie, il n’y en aura pas, ni pour la France, ni pour d’autres pays ».

Même s’il en fut question pendant ces journées de débats, aucune stratégie n’a été formellement élaborée en vue d’éradiquer le phénomène. Et c’est bien ce qui a manqué jusqu’à présent. C’est donc normal qu’on attende aujourd’hui des suites urgentes à ce forum. Elaboration d’une stratégie englobant tous les aspects de la lutte contre le phénomène (sécuritaire, éducatif, politique, socio-culturel…), création d’un centre spécialisé dans le suivi et l’étude du phénomène, coordination avec les pays voisins… une réponse globale à un phénomène global.

 

 (avec Agences)

 

Encadré :

Menaces sur la France…

 

Le chef d’Al-Qaeda, Oussama ben Laden, a affirmé que la France ne connaîtrait la sécurité que si elle se retirait d’Afghanistan et cessait «ses injustices» à l’égard des musulmans, dans un message audio justifiant l’enlèvement de Français au Sahel, et diffusé mercredi sur al-Jazira. De quoi justifier, explique ce soir le ministre de l’Intérieur Brice Hortefeux, le maintien du plan «Vigipirate» rouge.

Dans ce court message sonore adressé «au peuple français», diffusé par la chaîne qatarie basée à Doha, Ben Laden estime en outre qu’il est «du droit» des musulmans de riposter par la violence contre «les envahisseurs français» à l’interdiction du voile intégral.

Le chef d’Al-Qaeda affirme, dans son réquisitoire, vouloir expliquer «les raisons» qui justifient «les menaces contre votre sécurité et la prise en otages de vos fils». Fin septembre-début octobre, les autorités françaises avaient fait état d’une menace «réelle» dans le pays et appelé à la vigilance.

«Le seul moyen de préserver votre sécurité est de mettre un terme à toutes vos injustices à l’égard de notre nation, notamment votre retrait de la maudite guerre de Bush en Afghanistan, et de mettre fin au colonialisme direct et indirect», dit Ben Laden. Environ 3.750 soldats français sont stationnés en Afghanistan. Il se demande comment la France peut «participer à l’occupation de nos pays et aider les Américains à tuer nos enfants et nos femmes», et vouloir en même temps «vivre en sécurité et en paix».

Le chef d’Al-Qaeda accuse en outre la France de «s’ingérer dans les affaires des musulmans, dans le nord et l’ouest de l’Afrique en particulier», justifiant l’enlèvement sur le site d’une mine d’uranium du groupe français Areva à Arlit (nord du Niger) de cinq Français, d’un Togolais et d’un Malgache. «La prise en otages de vos experts au Niger, qui étaient sous la protection de vos agents est intervenue en réaction à l’injustice que vous pratiquez à l’égard de notre nation islamique», dit le chef d’Al-Qaeda. «Tout comme vous tuez, vous êtes tués. Tout comme vous prenez des prisonniers, vous êtes pris en otages. Comme vous menacez notre sécurité, nous menaçons votre sécurité», ajoute-t-il.

Al-Qaeda au Maghreb islamique (Aqmi) a revendiqué le 21 septembre l’enlèvement des cinq Français. Les autorités françaises ont assuré qu’elles étaient prêtes à engager des pourparlers avec Aqmi pour obtenir la libération de ces otages.

Selon des sources maliennes et françaises, les otages sont détenus dans des collines désertiques du Timétrine, dans le nord-est du Mali, à une centaine de kilomètres de l’Algérie.

Parmi ces otages, la Française Françoise Larribe a peu de temps avant son enlèvement, subi une chimiothérapie, selon un de ses proches. Selon des intermédiaires qui ont rencontré ses ravisseurs, elle a un besoin urgent de soigner un cancer.

Evoquant l’interdiction du voile intégral en France, que le Parlement a voté le 14 septembre, et qui sera effective au printemps 2011, Ben Laden s’est par ailleurs demandé: «s’il est du droit de la France d’interdire aux femmes libres de porter le voile, n’est-il pas de notre droit de pousser au départ vos hommes envahisseurs en leur tranchant la tête?»

Le dernier message du chef d’Al-Qaeda avait été diffusé début octobre. Il s’inquiétait alors du changement climatique et lançait un appel à l’aideen faveur des victimes des inondations dévastatrices au Pakistan. (Source AFP)

 

 

Encadré : 

…Et sur l’Amérique 

 

Au surlendemain de la découverte de deux colis piégés visant les Etats-Unis, les enquêteurs soupçonnent un Saoudien spécialiste des explosifs et réputé proche d’Al Qaïda dans la péninsule arabique (Aqpa), a-t-on appris samedi soir auprès d’un responsable américain. 

Ibrahim Hassan al-Asiri, en tête de la liste des personnes recherchées pour terrorisme par l’Arabie Saoudite, est le frère de l’auteur d’un attentat suicide raté l’an dernier contre le responsable de l’antiterrorisme saoudien. 

Du PETN (tétranitrate de pentaérythritol) avait été utilisé dans cet attentat comme dans celui, également manqué, du vol Amsterdam-Détroit à Noël 2009. Cette substance hautement explosive semble avoir la préférence d’Aqpa, la branche d’Al Qaeda au Yémen. Au moins l’un des deux colis interceptés vendredi contenait du PETN dissimulé dans des imprimantes. 

Un responsable américain, parlant à Reuters sous le sceau de l’anonymat, a dit qu’Asiri était surveillé de près par les services de sécurité en raison de son habileté avec les explosifs. 

Plusieurs indices laissent à penser qu’il avait déjà confectionné les bombes des deux attentats ratés l’an dernier. 

L’Arabie Saoudite, dont la Maison blanche a salué le « rôle crucial » dans l’identification de la menace déjouée vendredi, l’a placé en haut de sa liste du terrorisme en 2009. L’enquête sur les colis piégés interceptés à l’étranger avant d’atteindre leur destination, deux lieux de culte juifs de Chicago, a connu une première avancée samedi. Les forces de sécurité yéménites ont arrêté à Sanaa, la capitale, une femme soupçonnée d’être impliquée dans l’envoi des colis. 

Il s’agit d’une étudiante en médecine âgée d’une vingtaine d’années. Les enquêteurs ont remonté sa piste grâce au numéro de téléphone qu’elle a communiqué à une société de transports mais son avocat redoute un détournement d’identité. 

Un colis a été trouvé à bord d’un avion cargo d’UPS à l’aéroport britannique d’East Midlands, au nord de Londres, l’autre dans un hangar de FedEx à Dubaï. Celui intercepté à Dubaï utilisait un système de détonation fonctionnant avec une carte sim de téléphone portable, et celui trouvé en Angleterre un minuteur. 

Le colis piégé découvert au nord de Londres était « actif » et aurait pu détruire l’appareil s’il avait explosé, a déclaré samedi la ministre britannique de l’Intérieur, Theresa May. (Reuters)

 

Encadré 3 : 

 

 

Abou Zeid ne serait pas celui qu’on croit 

 

Le journaliste algérien Mohamed Mokeddem, alias Anis Rahmani, affirme dans un livre sorti à l’occasion du XVe Salon du livre à Alger que tout le monde se trompe sur la véritable identité d’Abdelhamid Abou Zeid. 

Le journaliste et directeur du quotidien algérien arabophone Ennahar, Mohamed Mokeddem (plus connu sous son nom de plume, Anis Rahmani), est réputé pour ses informations sécuritaires. Il révèle dans un ouvrage paru aujourd’hui à l’occasion de la Foire du livre d’Alger (Al-Qaïda au Maghreb islamique, contrebande au nom de l’islam, Éditions Casbah)  qu’Abdelhamid Abou Zeid, chef du commando d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) n’est pas … Abou Zeid. Ou plutôt, n’est pas celui qu’on croyait être depuis plusieurs années.

Selon Mokeddem, il s’appellerait en réalité Mohamed Ghadir, et non Abid Hamadou, comme l’atteste le mandat de recherche émis par Interpol, en 2006. Cette affirmation contredit également les documents établis jusqu’à maintenant par le FBI et par la CIA, ainsi que les éléments anthropométriques figurant sur la liste rouge des individus recherchés, établie par les services des Nations unies.

Cette méprise, selon Mohamed Mokeddem, s’explique par le fait que les deux hommes « ont la même histoire : tous deux étaient à l’origine des contrebandiers qui ont rejoint le Front Islamique du Salut (FIS – matrice politique des groupes islamiques armés algériens) de leurs communes respectives ». Ils ont « le même profil : un frère et deux cousins qui se sont alliés à eux et ont rejoint les groupes armés », ajoute le journaliste. Pour argumenter sa thèse, Mokeddem affirme que Mohamed Ghadir est blanc, né dans la région de Debdeb, non loin de la frontière libyenne, tandis qu’Abid Hamadou, né à Touggourt dans le département de Ouargla (à 800 km au sud d’Alger), était noir. Ce dernier aurait été tué par l’armée dans le Sahara dans les années 1990, sans que son décès ait été enregistré.

Pour les besoins de son enquête, l’auteur affirme avoir recouru aux témoignages de membres de la famille des deux hommes. Il a confronté leurs photos auprès de leurs mères, ainsi qu’auprès de « repentis » (anciens combattants islamistes radicaux amnistiés par le chef de l’État, Abdelaziz Bouteflika). Il a également fait appel au témoignage de l’ancien otage français, Pierre Camatte, enlevé le 25 novembre 2009 et détenu par Abou Zeid jusqu’en février 2010.

Autre révélation de Mohamed Mokeddem : l’otage Français Michel Germaneau, enlevé le 19 avril, et dont Aqmi avaitannoncé l’exécution, en juillet, en représailles de l’opération militaire franco-mauritanienne contre une base des salafistes dans le Nord Mali, serait mort en réalité « d’une crise cardiaque début juillet ». Ses sources sont des « commerçants algériens qui ont des liens au Mali », où l’otage était détenu et des « sources liées à la situation sécuritaire dans la région du Sahel ».

Abou Zeid est apparu dans les réseaux terroristes en 2003 comme adjoint d’Abderazak le Para, lors de l’enlèvement de 32 touristes européens. Il est considéré comme responsable d’une série de rapts, dont celui du Britannique Edwin Dyer exécuté en juin 2009 et, plus récemment, de cinq Français, un Malgache et un Togolais, le 16 septembre, dansle nord du Niger.

Mohamed Mokeddem assure que le business du rapt fait vivre l’Aqmi. « Les rançons sont transférées pour l’achat de munitions et d’armements. Ce marché est très important au Mali et au Niger », où des militaires et d’anciens rebelles touaregs cèdent leur matériel. Une partie des fonds, assure-t-il, est blanchi notamment « dans le fast-food et le transport ».

Le troisième scoop de Mohamed Mokeddem, fin connaisseur des réseaux djihadistes, n’est pas le moins inquiétant. Il affirme que présence d’Aqmi dans le Nord Mali n’est qu’une étape dans sa stratégie qui vise à une implantation au Nigeria. Pour étayer son propos, il cite l’apparition de Boko Haram, une secte qui a provoqué ces deux dernières années des centaines de morts après des affrontements contre la minorité chrétienne et contre les forces de l’ordre dans les Etats du Nord-Nigéria. «L’avenir de l’Aqmi, conclue Mohamed Mokeddem, est au Nigeria, pas au Sahel.» (avec AFP)

 




Actualités

3112010

Le wali du Tiris Zemmour s’enquiert de l’état du barrage de protection de F’Dérick

 

(AMI) – Le wali du Tiris Zemmour, colonel Ahmedou Bamba Ould Baya a effectué jeudi une visite d’information à F’Dérick à l’effet de s’enquérir sur l’état du barrage de protection de La ville de F’Dérick. Cette Infrastructure, dont les travaux de réhabilitation sont en cours, est financée par le commissariat à la sécurité alimentaire (CSA) pour une enveloppe financière de l’ordre de 20 millions d’ouguiya.

 

Le wali a suivi des explications détaillées présentées par les techniciens sur l’avancement des travaux de réhabilitation de ce projet et a exhorté ceux-ci à accélérer son rythme pour l’achever pour éviter à la ville de faire face à des inondations éventuelles.

 

Le maire de la commune de F’Dérick, M. Mohamed Salem Ould Bolla a précisé que ce barrage va permettre à la ville de disposer d’une protection permanente prévenant ainsi les risques d’inondations, en raison notamment de la qualité des matériaux utilisés dans sa réhabilitation et des efforts de l’Etat consentis à cet effet.

 

Le wali était accompagné au cours de cette visite par le hakem de F’Dérick, le maire de sa commune, le commandant du groupement régional de la garde nationale, le directeur régional de la sûreté en plus du coordonnateur du CSA au niveau de la wilaya.

 

Biodiversité: « un accord historique, un très grand moment » (Jouanno)

 

(ANI) L’accord international obtenu vendredi à Nagoya, au Japon, sur la protection de la biodiversité est « un accord historique, un très grand moment », a déclaré à l’AFP la secrétaire d’Etat française à l’Ecologie, Chantal Jouanno.

 

« C’est historique, c’est un très, très grand moment. On a montré que la communauté internationale pouvait fonctionner et prendre des décisions difficiles », a-t-elle déclaré. « Il n’y a pas eu d’accord de cette ampleur depuis Kyoto », a-t-elle ajouté en évoquant le protocole de Kyoto sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre conclu en décembre 1997.

 

« C’est le Kyoto de la biodiversité », a-t-elle poursuivi. « C’est un beau pied de nez à tous ceux qui ne croient plus à l’environnement. »

 

Plus de 190 pays ont adopté vendredi un accord visant à protéger les espèces et les écosystèmes de la planète et à en partager plus équitablement les bénéfices. Ils ont en particulier adopté un « plan stratégique » en 20 points pour 2020 visant à freiner le rythme alarmant de disparition des espèces.

 

 


La Ministre des Affaires sociales, représente, l’épouse du Président de
la République au 3ème sommet de l’OFA

(ANI) La capitale tunisienne a abrité jeudi les travaux du troisième sommet de l’Organisation de
la Femme Arabe (OFA) en présence de Mme Moulaty Mint El Moktar, Ministre des Affaires sociales, de l’enfance et de la famille, représentant l’épouse du Président de la république, Mme Tekber Mint Ahmed.

 

Les travaux du sommet ont été ouverts par Mme Leila Ben Ali, épouse du Chef de l’Etat tunisien qui préside cette session en présence des premières Dames du Koweit, de l’Egypte, du Bahrein, des Emirats Arabes Unis, du Soudan, du Liban, de Palestine ainsi que des chefs de délégations des pays membres de l’OFA.

 

La conférence, qui se tient sous le thème de « La femme partenaire efficace et fondamental dans l’œuvre de développement durable » discutera de « feuilles de route scientifiques ayant trait à la femme: la femme et la dimension pédagogique et culturelle du développement durable; la femme et la dimension économique; la femme et la dimension politique; la femme et la dimension environnementale; la femme et la dimension sociale; la femme et la dimension sanitaire de ce développement durable et la femme et la participation politique et civile.

 

Une des séances de ce sommet de trois jours sera consacrée à la contribution de la jeunesse arabe dans les questions ayant trait à la femme.

 

L’ouverture de cette conférence s’est déroulée en présence de M. Amr Moussa, secrétaire général de
la Ligue des Etats Arabes et de M. Abderrahmane Touejri, Sécretaire général de l’Oorganisation de
la Conférence Islamique.

 

 

Gazra : les autorités affirment que l’opération de recensement touche à sa fin

 

(saharamedias) Les autorités mauritaniennes ont indiqué que les opérations de recensement entreprises depuis quelques semaines dans les gazra de Nouakchott, touchent à leur fin.

Sidi Mohamed Ould Sid’Amar a indiqué, à ce sujet que les opérations se déroulent conformément à l’agenda établi et pourraient même prendre fin avant le délai fixé.

 

Suspension d’Al-Jazira au Maroc: Quand le professionnalisme irrite

 

 

 

 

L’ONG ‘Actions’ lance une offensive contre l’excision.

 

 (TempsForts) L’ONG « Actions » a organisé les 29 et 30 octobre 2010 des ateliers de formation sur les mutilations génitales féminines. Les travaux se sont déroulés à l’hôtel Koumbi Saleh de Basra.

 

Il s’agissait d’une formation de pères éducateurs sur l’excision mais qui concerne, cette fois-ci, les établissements scolaires de la périphérie en l’occurrence Sebkha, El Mina, Ksar et les Socogim. Des élèves destinés à devenir des formateurs doivent servir de relais pour créer des clubs au sein de leurs écoles.

 

Ces pères éducateurs devront , informer leurs camarades sur les conséquences néfastes de l’excision et ce, à travers des sketchs et des messages.

 

Selon la secrétaire générale de cette ONG, Yakharé Soumaré, Ces ateliers s’inscrivent dans les objectifs de la coordination nationale pour l’excision qui, depuis la « Fatwa » contre la pratique, a acquis une légitimité.

 

Il faut rappeler que c’est en 2002 que l’ONG « Action » a lancé une campagne en faveur de l’abandon volontaire de la pratique de l’excision à l’intérieur du pays et plus précisément au Gorgol et au Guidimakha. Mais l’excision demeure une une pratique difficile à éradiquer parce qu’elle est issue d’ un héritage traditionnel perpétuée à travers des générations .

 

Pour Yakharé Soumaré, c’est d’autant difficile que les mutilations sont pratiquées à 70% , au moins, dans toutes les communautés du pays sauf chez les Wolof où elle reste faible .Cette année , l’ONG compte cibler les établissements scolaires pour informer les futures mères que sont les filles , sur les conséquences de l’excision dans la vie de la femme .

 

L’ ONG « Action » était en partenariat avec la coordination nationale pour l’excision, le ministère des affaires sociales, de l’enfance et de la famille mais aussi de l’ ONG Italienne « Paz y Dezarrollo » : ( paix dans le développement ).

Tierno Ali Guèye

 

Rama Yade : « L’homme africain est le premier à être entré dans l’histoire »

 

(Afrik.com) Interrogée sur le discours polémique que Nicolas Sarkozy a tenu à Dakar en 2007, la secrétaire d’Etat aux Sports a désavoué le chef de l’Etat, en affirmant : « L’homme africain est le premier à être entré dans l’histoire ». Ces propos ont été tenus lors de l’enregistrement de l’émission de « En Sol Majeur » sur RFI, qui doit être diffusée lundi 1er novembre.

 

Le Forum économique mondial se penche sur les infrastructures dans
la MENA

 

(Magharebia) Les pays de
la MENA doivent améliorer leurs infrastructures pour renforcer la compétitivité et attirer les investissements étrangers, ont souligné les chefs d’entreprises mercredi 27 octobre à Marrakech lors du Forum économique mondial sur le Moyen Orient et l’Afrique du Nord.

Le ministre marocain des Transports Karim Ghellab a déclaré que son pays dépenserait 11 milliards d’euros pour les infrastructures de transport d’ici 2012. « Les infrastructures ne concernent pas seulement la pose de béton », a déclaré le ministre, des propos repris par l’agence ANSA.

Mercredi par ailleurs, le ministre des Travaux publics Amar Ghoul a déclaré que l’Algérie envisage d’investir 150 milliards de dinars (1,47 milliard d’euros) en travaux de réfection du réseau routier durant les quatre prochaines années.

Les syndicats marocains menacent d’une grève

 

(Magharebia) Les plus grands syndicats marocains ont menacé d’organiser une grève générale le mois prochain, a fait savoir Le Matin dans son édition du mercredi 27 octobre. L’Union nationale des employés et des travailleurs (USF-UMT ),
la Fédération démocratique du travail (FDT), l’Union nationale des travailleurs marocains (UNTM) et l’Union générale des travailleurs marocains (UGTM) souhaitent reprendre les entretiens concernant les salaires et les prestations sociales, mais affirment que le gouvernement se contente de reporter les négociations sans but apparent.

 

Rencontre des lauréats du Nobel à Fez

 

(Magharebia) Le Maroc accueillera la « Conférence des prix Nobel », a fait savoir l’agence MAP mercredi 27 octobre. Les lauréats des prix Nobel et quelque 300 responsables politiques, économistes et scientifiques devraient participer à cette rencontre du 1er au 3 mai à Fez.




Où est passée notre école ?

11102010

 

  

L’école, tout autant que la famille contribue à former et à épanouir la personnalité de l’enfant. Famille et école sont deux milieux nécessaires à toute éducation : elles ont pour finalité de permettre aux générations montantes d’acquérir de solides connaissances, des compétences pour mener à bien une vie heureuse en tant qu’individu, pour assurer les divers rôles socioéconomiques qui s’imposent à tous.  

  

A quoi bon proclamer l’instruction fondamentale obligatoire lorsqu’on  n’est pas capable de créer assez d’écoles et de fournir assez d’enseignants compétents ? N’oublions pas aussi que nous avons opté pour « l’enseignement pour tous » vers l’horizon 2010 : (Etats africains). Sachons aussi que l’évolution technologique qui devient de plus en plus unipolaire, concernera bientôt toute la planète. Cela étant, il a été constaté que notre système éducatif ne répond plus aux attentes de notre société. Cette idée est partagée par l’ensemble des acteurs de l’action éducative du pays. Certains accusent les responsables du pilotage pédagogique, d’autres inculpent les enseignants et les parents d’élèves. La Mauritanie a adopté en avril 1999  une loi portant réforme du système éducatif sectoriel. Cette réforme a été soutenue par un programme national de développement du secteur éducatif (Pndse). En effet, l’introduction progressive du français exigée par la réforme à partir de la 2ième année du fondamental, d’abord comme discipline, ensuite comme langue d’enseignement des sciences  maths et physiques, a mis le département devant une équation difficile à résoudre à savoir :  

  

-         mobiliser des enseignants francisants en bon nombre pour couvrir les besoins, sachant que la majorité était exclusivement arabisants.  

  

La conséquence de cet état de fait fut l’injection dans les classes d’enseignants sans une solide formation générale et pédagogique. La situation des années 98/99, loin de s’améliorer, s’était détériorée. Malgré tous les efforts consentis, les résultats dans les matières enseignées en français étaient alarmants. 

  

-         L’enseignant : On citera en premier lieu  le recrutement et la formation. Remodeler à nouveau les modes de recrutement, de même que les programmes des (ENI), en vue d’obtenir de bons instituteurs compétents.  

   

-         Les programmes : A revoir car l’APC a été un échec, étant donné qu’elle est dépourvue de soutien (tableaux, feutres, dossiers…) 

  

-         Motivation : Améliorer l’ensemble des indemnités et construction de cités pour enseignants  

  

-         Infrastructures scolaires : bon nombre de nos établissements sont délabrés, parfois sans portes ni fenêtres, ni sanitaires, ni mur de sécurité, parfois, dépotoir aussi d’ordures devant les écoles, au vu et au su de l’administration régionale et communale.  

  

-         Tables-bancs : Pas de tables bancs pour beaucoup d’écoles dont les élèves sont assis par terre.   

  

-         Matériel didactique : insuffisant de même que les manuels scolaires.  

  

Certains parents d’élèves disent « où est passée l’ancienne bonne école ? » Ses anciens bons maitres qui ont passé à la retraite, de même que les anciens directeurs et inspecteurs, qui à tour de rôle ont passé eux aussi à la retraite.  

Ces anciens, formés à la vraie école, celle de l’effort personnel, de l’honnêteté morale, de l’abnégation, de la conscience professionnelle et de l’amour des principes pédagogiques.  

  

  

-          Les états généraux : En ce qui concerne les états généraux de l’éducation, pour éviter qu’ils soient bâclés, il y a lieu de prévoir d’abord des journées de réflexion qui permettent aux enseignants, parents d’élèves, société civile, aux pédagogues expérimentés, de disséquer l’ensemble des problèmes au niveau de la base, ayant trait à notre système éducatif suivant un débat riche, sérieux et varié.  

  

Ainsi, à partir de la synthèse de l’ensemble de ces journées de réflexion, passer ensuite les résultats aux travaux des états généraux de l’éducation. Mais, attention, évitons dés à présent que l’ensemble de ces débats qui ont réellement pour but, l’amélioration de notre système, ne soient politisés…Que l’on sache qu’il y a politique à la politicienne, mais qu’il y a pédagogique propre, saine, de Platon à Rabelais, jusqu’à Jean Jacques Rousseau.  

  

Fouad Barrada Aziz 

Nouakchott (678.63.55)  

 

 




Mauritanie/AQMI : La guerre totale est désormais ouverte

20092010

Plusieurs morts et blessés dans l’accrochage qui oppose en territoire malien depuis vendredi l’armée mauritanienne à des éléments d’Al Qaida au Maghreb Islamique (AQMI). C’est la deuxième fois en deux mois que la Mauritanie se lance à l’assaut des terroristes en territoire étranger.
Vendredi, l’armée mauritanienne a fait une incursion en territoire malien dans la zone de Tombouctou. Selon le communiqué du ministère de la défense publié samedi après midi « un groupe de terroristes à bord de véhicules armés qui se dirigeaient vers la frontière » avait été repéré. L’opération militaire était, à en croire ce communiqué, une action préventive de ce qui est qualifié comme une « intention évidente d’attaquer (les) positions » mauritaniennes. Depuis la Mauritanie est dans une guerre contre Aqmi.

Le contexte
Le 22 juillet 2010, les militaires mauritaniens attaquaient une bande armée repérée dans le nord malien. Bilan : 6 morts dans les rangs des combattants d’Aqmi et saisie de matériels de guerre. La Mauritanie pense avoir réalisé un grand exploit. Il est cependant fait état d’une assistance logistique et militaire de la France à la Mauritanie alors que d’un autre côté, il est question d’intervention en territoire étranger sans que les autorités du pays en question (le Mali) n’aient été informées. Or pour ce cas précis, la Mauritanie agissait visiblement en conformité avec un accord de poursuite entre les pays de la sous région en matière de lutte anti-terroriste.
La conséquence de cette opération, qualifiée de raid franco-mauritanien, pour la France ne tarde pas à être connue. Dans un premier temps, c’est la mort de l’otage Michel Germaneau, dont la libération était l’objectif de l’opération franco-mauritanienne d’alors, qui est annoncée. Dans un second temps, enlèvement de 5 français au Niger. Un fait récent certes, mais qui n’est pas à isoler des représailles promises par l’organisation terroriste à la Freance.
C’est dire que le contexte d’une guerre contre Al Qaida au Maghreb est très marqué…On se souvient du procès puis de l’extradition du fameux Oumar El Sahraoui suivie de sa libération et de celle d’otages espagnols.
Même si un lien évident entre ces faits et l’affrontement ce week-end entre les militaires mauritaniens et Aqmi n’est pas directement perceptible, il se trouve que la guerre semble ouverte désormais.
Le Président mauritanien, à la faveur d’un point de presse médiatique annonçait le 6 août 2010 que la Mauritanie n’était pas en guerre contre AlQaida. Mais contre un terrorisme local qui exploite une jeunesse perdue et l’envoie à la mort. Désir d’éviter les représailles ou simple souci de calmer les esprits qui en Mauritanie commençaient à méditer sur le sens des nouvelles orientations militaires fixées par le pouvoir ? Ould Abdel Aziz tente en tout état e cause de se montrer conciliant : engagement d’un dialogue avec les islamistes locaux, prisonniers présumés terroristes Djihadistes, grâce à plusieurs dizaines d’entre eux à la veille de la fête d’El Fitr, grâce suivie des honneurs (diner et promesse de soutien à une réinsertion dans la vie active)… Pareille option avait pour but d’affaiblir l’idéologie d’un djihadisme violent. Et pour cause, le choix de dialoguer avec les islamistes a été porté sur ceux parmi eux qui se sont montrés modérés à l’issue des premières joutes qui ont mis face à face en janvier, les dits prisonniers avec des ulémas très proches du pouvoir.
D’un autre côté, pour dissiper un nuage qui a plané entre la Mauritanie et la Mali suite d’abord à l’échange d’un otage français contre la libération de prisonniers et ensuite à l’assaut du 22 juillet mené par la Mauritanie, Mohamed Ould Abdel Aziz accepte l’invitation d’assister à la commémoration du cinquantenaire de l’indépendance du pays d’Amadou Toumani Touré…Mais cette visite pourrait bien être compromise pas l’action militaire entreprise par la Mauritanie contre les éléments d’AlQaida au Maghreb islamique. Car c’est deux jours après la visite du ministre des Maliens de l’extérieur et de l’intégration africaine, Badara Aliou Macalou que l’action a eu lieu.
Cette fois-ci, la Mauritanie qui ne tient sans doute pas être prise en faute a insisté sur ceci : « les autorités de la République sœur du Mali, dument informées de cette attaque, dans le cadre des concertations régulières et des étroites relations de coopération en matière de sécurité, entretenues par les deux pays frères, ont manifesté leur soutien agissant à notre action légitime et exprimé toute leur disponibilité à apporter l’aide et l’assistance dont nous aurions pu avoir besoin. » histoire de lever donc toute équivoque, on n’oublie pas d’exprimer de façon très marquée « au nom du gouvernement mauritanien, ses vifs remerciements et sa profonde gratitude au gouvernement de la république sœur du Mali, pour la compréhension, la solidarité et le soutien manifesté à notre endroit au cours de cette opération, liées à la sécurité de notre pays et de la sous région. »
La Mauritanie fait-elle cavalier seul ?
Voilà donc une Mauritanie engagée dans une guerre contre un ennemi qu’elle risque d’être la seule à devoir traquer physiquement dans la sous-région. Aux premiers jours de l’affrontement, la France nie toute participation aux combats. Des sources médiatiques dont RFI indiquent que le ministère français des Affaires étrangères a affirmé que la France n’était pas engagée militairement dans ces combats et que ceux-ci n’avaient pas de lien avec l’enlèvement des sept salariés enlevés dans la nuit de mercredi à jeudi à Arlit, dans le nord du Niger. Un officier de l’armée mauritanienne sous le couvert de l’anonymat est cité par Le Nouvel Observateur, un organe de presse de la France : « cette opération n’a rien à voir avec la prise d’otages français au Niger. Elle était planifiée et décidée depuis longtemps. »
Faut-il croire que la mort de Germaneau plusieurs semaines plus tôt ait servi de leçon au pays de Sarkozy dont les citoyens sont devenus des cibles privilégiés dans un trafic d’otage qui prend désormais la forme d’une activité lucrative dans le sahel ?
Si comme ont tenu à le faire croire les officiels en Mauritanie l’offensive militaire lancée le 17 septembre contre Al Qaïda au Maghreb islamique est le fruit d’un plan tracé depuis très longtemps, le Mali qui selon son président Amadou Toumani Touré est en état d’alerte après l’enlèvement des 7 employés d’Areva au Niger, n’a pas encore attaqué les terroristes. En outre, ce pays ne cite pas la Mauritanie nommément. Tout juste A.T. Touré s’est-il contenté de déclarer que son pays «est mobilisé, qu’il a mis toutes ses forces en état d’alerte, qu’il soutient l’armée nigérienne dans la recherche des otages et que son gouvernement a permis à tous les pays riverains de faire des poursuites «si éventuellement les assaillants rentraient en territoire malien». Une allusion aux combats entre l’armée mauritanienne et les groupes d’Aqmi.

Quels bilans retenir ?

Alors que la Mauritanie déclare officiellement n’avoir perdu que six hommes tombés sur le champ de bataille, contre le double pour son ennemi, les versions sont diverses quant au bilan…
A en croire certaines sources militaires en Algérie et au Mali citées non sans une certaine réserve par le journal algérien Le Temps d’Algérie, les terroristes auraient perdu 12 à 14 éléments alors que Nouakchott en aurait perdu 6. Une version très proche de celle de la Défense mauritanienne.

Samedi des sources sécuritaires algériennes citées par l’AFP ont indiqué que 15 soldats mauritaniens étaient tués dans les combats. Ces informations ont parlé de « l’existence de nombreuses victimes (morts et blessés) dans le rang de l’armée mauritanienne. » Mais du côté de l’armée mauritanienne, l’AFP indique en citant une source issue de cette même armée que les pertes de l’armée s’élève à « cinq morts et 9 blessés légers », contre « 12 morts et des dizaines de blessés ».
Autres sources citées par l’AFP samedi, un député du nord Mali selon qui des nomades venant d’un lieu non loin du théâtre des opérations du vendredi ont confirmé « la mort de plusieurs soldats mauritaniens » ; puis deux témoins issus d’une même famille qui auraient vu « trois véhicules de l’armée mauritanienne entre les mains des combattants d’AQMI ».
Des bilans qui ont tenu en haleine les mauritaniens avant que dans l’après midi du samedi le Ministère de la défense ne se résolve à distribuer un communiqué pour indiquer que son armée a perdu six homme contre douze pour Aqmi.
D’aucuns parlent d’une embuscade tendue à l’armée mauritanienne. Certains observateurs ont en effet expliqué que Aqmi était déjà informé du plan d’attaque de la Mauritanie contre ses troupes et qu’il a choisi de laisser faire pour les amener à tomber dans une spirale d’affrontements dans un espace a priori pas très avantageux pour les militaires mauritaniens. Histoire, penseraient certains de pousser la Mauritanie à envoyer des renforts vers la frontière malienne et de se trouver forcé à vider la zone nord de son propre territoire.
A cette stratégie pourrait s’ajouter le fait qu’au plan communicationnel AQMI qui vient de diffuser à une grande échelle une vidéo mettant en scène une cinquantaine d’individus passant pour être des mauritaniens laisse penser qu’il a pu s’attirer la sympathie de beaucoup de jeunes de ce pays et qu’il recrute une grande parti de sa jeunesse. Ce qui n’est pas pour faciliter une option pour un dialogue décidée par les autorités de Nouakchott.
Que des mauritaniens soient régulièrement cités comme membres d’organisations terroristes, voilà qui inquiète. La grâce ou la guerre ? La Mauritanie utilise l’une et l’autre de ces deux options pour dissuader une frange de sa jeunesse à se faire incorporer par des recruteurs abusant de leur fragilité ; la plupart des jeunes étant frappés par chômage et la pauvreté.
En tout cas, d’un bout à l’autre d’une année qui a vu Mohamed Ould Abdel Aziz Président de la République, deux jeunes mauritaniens se sont fait exploser. D’abord Moussa Ould Zeidane, alias Abou Oubeida Al-Bassri, le kamikaze d’août 2008 dans les environs de l’ambassade de France à Nouakchott. Ensuite Idriss Ould Yarba alias Abou Ishagh Al-Chinguitty mort dans l’attentat à la voiture piégée qu’il forçait contre un camp militaire à Néma.
Faire donc cavalier seul ou agir sous la dictée de la France qui se veut discrète ? La Mauritanie est seule face aux conséquences d’une guerre dont la fin est inconnue. Trois jours de combats et les voisins de la Mauritanie se font silencieux. A l’image du Mali qui si ses troupes devraient être déployées à partir de dimanche, agirait visiblement plus pour protéger ses populations locales que pour s’engager dans une bataille qui s’est révélée extrêmement dangereuse. Ailleurs, on parle de défaite cuisante ; allant jusqu’à multiplier le bilan avancé par les autorités mauritaniennes concernant leurs pertes en vie humaines par cinq.
Tandis qu’il a été fait état de tuerie de civiles par l’armée mauritanienne qui bombardait dimanche des positions d’AQMI dans le nord du Mali, les sources sécuritaires démentent avoir pris pour cible des civils dans le nord malien et parlent de propagande des terroristes. L’AFP, cite à ce propos dimanche un haut gradé de l’armée ayant requis l’anonymat : « les cibles de l’armée mauritanienne sont les terroristes armées qui attentent à la sécurité de notre pays.» La même source a confié à l’agence française qu’il est « insensé que nous visons des civils » et que de telles allégations ne sont qu’une « propagande terroriste ».

Des témoins oculaires auraient cependant confirmé la mort de deux femmes et la blessure de quatre hommes au cours d’un raid aérien effectué dimanche par l’armée mauritanienne contre des positions d’AQMI.
Raid au cours duquel la femme d’un terroriste aurait péri et qui aurait permis selon des sources militaires mauritaniennes de détruire trois véhicules sur sept qui composaient un convoi pris pour cible.
Kissima
La Tribune N°517 du 20 septembre 2010
Encadré
L’UPR aux journalistes: « nous souhaitons qu’on ne nous pousse pas à demander au ministère de la communication de prendre des mesures de sanctions contre les citoyens qui diffusent ces fausses informations. »

Dimanche soir, l’Union Pour la République (UPR) a convoqué les journalistes à une conférence de presse au siège du parti. Le président du parti, Mohamed Mahmoud Ould Mohamed Lemine a déclaré : « on a remarqué que depuis le déclenchement du raid, certaines chaines satellitaires, se référant à des citoyens mauritaniens, ont pratiqué l’intoxication et la propagation de folles rumeurs. Certaines ont prétendu que les militaires ont perdu le contact avec leurs chefs, que la Mauritanie mène une guerre par procuration, qu’il se peut qu’elle la mène pour libérer les otages français… Et beaucoup de désinformations et de prétentions mensongères (…) En tout cas, nous, au niveau de l’UPR, nous souhaitons qu’on ne nous pousse pas à demander au ministère de la communication de prendre des mesures de sanctions contre les citoyens qui diffusent ces fausses informations. Nous ne souhaitons pas arriver à ce stade ».
Une mauvaise sortie médiatique de la façade politique d’un pouvoir qui n’a jamais eu besoin de bons communicateurs comme il l’est aujourd’hui. Ould Mohamed Lemine ne sait-il pas que ce n’est pas le retrait d’une carte d’accréditation qui empêche un journaliste de bien fournir les informations aux organes de presse ? Ne sait-il pas qu’une telle pratique est contreproductive ? Que le temps de rétention de l’information et de l’image est dévolu ? A-t-il oublié qu’il parle au nom de la majorité de nos élus ? Qu’il y a en perspectives une libération totale de l’audiovisuel qu’ils ont adoptée ? A-t-il pesé le pour et le contre d’une telle intervention ? Heureusement, Ould Mohamed Lemine est solitaire dans cette position hostile aux droits d’informer et d’être informé.
Mechri Ould Rabbany
La Tribune N°517 du 20 septembre 2010




26072010

Attaques contre AQMI : 

Avec 7 morts d’un coup, la peur a changé de camp 

 

« La France pensait que l’otage Michel Germaneau se trouvait dans le camp d’Al Qaida visé par l’opération mauritanienne », déclare le ministère français de la Défense, cité par les agences de presse samedi 24, deux jours après le déclenchement des opérations. « Entre 20 et 30 militaires français ont participe à l’opération conjointe avec la Mauritanie« , précise le ministère français. 

De leurs côtés, les officiels mauritaniens parlent d’une opération qui a voulu anticiper sur un projet d’attaque contre une base militaire de Bassiknou de la Katiba Tarek Ibn Zayad dirigée par Abdul Hamid Abu Zayd. L’objectif principal n’étant pas de libérer l’otage français, Michel Germaneau dont on ne sait d’ailleurs pas grand-chose. Alors ? 

Si l’on avait à raconter l’attaque telle qu’elle aurait pu se passer, on commencerait par dire qu’au début il y avait ce renseignement parvenu aux autorités mauritaniennes au début du mois de juillet et qui faisait état d’un projet d’attaque contre la base militaire de Bassiknou, à l’extrême est du pays, non loin de la frontière avec le Mali. Quelques cent hommes seraient en phase de regroupement dans une base située à près de 200 kilomètres à l’intérieur des frontières maliennes, sur l’axe Bassiknou-Tombouctou. Donc beaucoup plus au sud des bases habituelles de AQMI. Un indicateur de plus que l’action était imminente. 

La décision des mauritaniens était prise : il faut attaquer la base et la détruire. Anticiper ainsi et reprendre l’initiative. Jusque-là ce sont toujours les combattants terroristes qui ont attaqué les premiers, profitant de l’effet de surprise et massacrant civils et militaires mauritaniens. D’autant plus nécessaire que le groupe en question est celui d’Abu Zayd, responsable de l’assassinat de trois soldats mauritaniens en décembre 2007 à Ghallawiya et de douze autres à Tourine le 14 septembre 2008. Responsable aussi du rapt des Italiens dans le sud-est mauritanien. L’occasion donc de lui porter un coup dur, en espérant trouver dans le camp, l’une des grosses barbes du groupe : Abu Zayd, Jwadi ou Abu al Hamam. 

Le 13 juillet, le Président Mohamed Ould Abdel Aziz est à Paris pour assister aux festivités marquant le 14. Peu avant le défilé du 14, il rencontre le Président Nicolas Sarkozy pendant près de vingt minutes. Pour, dit-on «une visite privée de courtoisie». C’est au cours de cette visite que le président mauritanien aurait exposé son projet à son homologue français : les Mauritaniens sont décidés à attaquer cette base et demandent une aide au niveau de la surveillance des airs et du contrôle des communications. 

Les Français y voient l’occasion d’y greffer une opération commando pour libérer l’otage Michel Germaneau, cet ingénieur de 78 ans enlevé au Niger et détenu justement par le groupe Abu Zayd. La France n’a pas de nouvelles de l’otage depuis la mi-mai. Il avait, à ce moment-là, envoyé un message audio dans lequel il demandait l’intervention du Président Sarkozy pour le faire libérer. Il se disait fatigué par la chaleur qu’il ne supportait plus. Sa situation était fragilisée par le refus de ses ravisseurs de lui donner ses médicaments alors qu’il était cardiaque et par les conditions de détention. Ses ravisseurs refusaient aussi de donner une preuve de vie de l’otage depuis mai. 

En plus, les revendications des ravisseurs semblent «exorbitantes» aux yeux des Français. Ils demandent, selon Le Monde citant une source française, la libération de Rachid Ramda, condamné par la Cour d’Assises de Paris à la réclusion perpétuelle assortie d’une peine de 22 ans pour participation aux attentats commis dans le milieu des années 90 à Paris, attentats dont le plus sanglant et le plus spectaculaire fut celui du RER de Saint-Michel (95). Ils exigent aussi la libération d’un terroriste emprisonné en Algérie. Autant dire l’impossible. C’est ce qui pousse la France à tenter le tout pour le tout. 

Dans un premier temps, des renseignements auraient fait état de la présence de l’otage sur les lieux du camp visé par les Mauritaniens. De là, les forces françaises optent pour la participation. C’est certainement un groupe de 20 à 30 hommes, appartenant aux commandos spécialisés du GIGN ou de la DGSE qui ont accompagné l’unité mauritanienne. 

Cette unité aurait été constituée sur la base d’un quatrième Groupe spécial d’intervention (GSI) dont trois unités existent déjà. Il s’agit d’unités mobiles, spécialisées dans la lutte contre le terrorisme, très bien formées et très bien équipées. Elles servent à patrouiller dans les zones désertiques s’étendant du D’har de Néma dans le Hodh Echargui au sud aux frontières algéro-maliennes au nord. Connaissance du terrain, vigilance, disponibilité, préparation au combat sont les atouts de ces unités. 

Le quatrième GSI qui serait en constitution, aurait donc été l’ossature de l’unité d’attaque. On y aurait ajouté des éléments appartenant à l’unité qui avait fait le coup de Lemzerreb. La date a été fixée au 22 juillet. 

Mauritaniens et Français se dirigèrent vers le camp dans la nuit du 21 au 22 (mercredi à jeudi). Arrivés à quelques 10 kilomètres, ils abandonnèrent leurs véhicules pour ne pas donner l’alerte. Le reste du chemin est fait à pieds. C’est aux premières heures de l’aube qu’ils lancèrent l’attaque contre le camp. Le combat n’aurait pas duré deux heures. Très vite, on se rendit compte que l’otage français n’était pas là. Les Français se retirèrent en conséquence. Les Mauritaniens continuèrent la poursuite. 

Premier bilan : 7 morts du côté de AQMI. Une voiture réussit à fuir, à son bord quatre combattants dont un grièvement blessé. Vendredi, les officiels mauritaniens annoncent six morts. Le septième serait mort aux mains des mauritaniens à la suite de ses blessures. Le bilan des opérations de vendredi et samedi n’est pas encore rendu public. 

Au lendemain de l’opération, les réactions sont multiples. En France, les premières révélations concernent un appui technique et logistique. Le ministère des Affaires étrangères a d’abord expliqué que l’opération anti-terroriste «a permis de neutraliser le groupe de terroristes» qui a «exécuté l’otage britannique, Edwin Dyer, il y a un an» et qui «refuse de donner des preuves de vie» de l’otage français Michel Germaneau qui a été enlevé dans le nord du Niger, près de la frontière avec le Mali et l’Algérie, le 22 avril dernier. Oubliant que la Katiba Tarek Ibn Zayad est aussi responsable de l’assassinat des 12 mauritaniens décapités à Tourine, des 3 mauritaniens de Ghallawiya. 

L’information a été donnée d’abord par les correspondants dans la région des quotidiens espagnols El Pais et ABC. Ils y ont vu une menace sur les humanitaires espagnols enlevés en Mauritanie. Oubliant que les groupes de AQMI ne sont pas les mêmes. El Pais va plus loin en croyant qu’il s’agit d’un arrêt de mort pour l’otage français. 

Côté mauritanien, on a donné la nouvelle vendredi matin. Les ministres de l’intérieur et de la communication, la direction de la communication de l’Etat Major national ont organisé un point de presse pour donner des informations sur l’attaque. 

«Six terroristes ont été tués, quatre autres ont réussi à s’enfuir et l’armée a pris possession d’équipements et de documents», a annoncé le ministre de l’intérieur ministre de la défense par intérim. Le ministre, a expliqué que l’armée mauritanienne a agi en prévention d’une attaque terroriste : «Nous avions une information faisant état d’une attaque de l’AQMI prévue le 28 juillet, contre une unité de l’armée stationné à Bassiknou. Nous avons agi en prévision de cette attaque contre cet élément qui s trouvait dans une zone proche de notre frontière avec le Mali». Au cours de c point de presse, le ministre a remercié la France pour «l’appui, en matière de renseignements, qu’elle a apporté à l’armée mauritanienne».

Le message de fermeté envoyé au groupe AQMI a visiblement plu, notamment à l‘Union africaine. Selon Ramtane Lamamra, commissaire chargé de la Paix et de la Sécurité, ce type d’opération est préférable aux rançons, synonymes de financement du terrorisme. A Bamako où le Président Amadou Toumani Touré a reçu la délégation mauritanienne dirigée par le ministre de la défense, le droit de poursuite est reconnu pour les pays voisins (Mauritanie, Algérie et Niger). Le Mali aurait été averti par la Mauritanie 48 heures avant l’opération.

Les Etats-Unis n’ont pas participé à l’opération de jeudi, a précisé le porte-parole du Département d’Etat, mais les Américains ont travaillé en amont avec la France et la Mauritanie, notamment par le partage de renseignements Pour l’Amérique d’Obama «AQMI, une menace pour la sous-région, l’Europe et potentiellement les Etats-Unis». 

Sur le plan intérieur, c’est l’occasion pour la COD de demander des comptes au gouvernement qui, selon elle, a fait une déclaration de guerre sans en référer au Parlement. Lui reprochant d’avoir violé un territoire étranger… Le chef de file de l’opposition, Ahmed Ould Daddah a cependant apporté la nuance : nécessité de faire la guerre au terrorisme et de fournir à l’Armée national soutien moral et matériel qu’il faut dans cette guerre. Suivi dans cette optique par Yahya Ould Sid’El Moustaph, premier vice-président de Adil. 

Les spécialistes sont formels. A l’image de Jean-Pierre Filiu, professeur à Sciences Po Paris et auteur d’un ouvrage sur les «Neuf Vies d’Al-Qaeda» qui a déclaré dans une interview à un journal français : «Il faut souligner que l’armée mauritanienne semble avoir enfin décidé de prendre l’initiative dans la région, et de ne plus la laisser aux mains des terroristes d’AQMI. Et notamment à l’une des deux brigades qui le compose: la katiba d’Abou Zeid, responsable de nombreuses provocations et d’attaques contre les forces régulières, en Mauritanie, au Mali et au Niger, ces dernières années».

 

MFO

Source : La TRibune n°511 




Un « esclave marron » cherche à récupérer sa famille

26072010

 

  

Il s’appelle Mohamed Ould Salem. Il est né en 1958 à Bassiknou. Il est esclave marron. Il cherche à retrouver sa famille qui travaille encore chez ses maîtres. Il a adressé en ce sens une lettre au Ministre de l’Intérieur, lui sollicitant d’intervenir. Une affaire flagrante d’esclavage, dit-on. Toutes les informations révélées dans cet article ont pour source ladite lettre. 

Les parents de Mohamed, Salem Ould Abdellahi et Lalla Fatma Mint Samba, étaient asservis, comme esclaves, par le sieur El Mourtaja Ould Moulaye Ely, de la tribu Aoulad Daoud (Eoulad Allouche Balla). Ils ont fui leurs maîtres en l’abandonnant lui et sa sœur Fatma El Kheïr, au moment où ceux-ci n’avaient pas encore atteint l’âge de la maturité. Lui, Mohamed, servait alors chez le frère d’El Mourtaja, Selmane. 

Sa sœur servait chez le cousin du maître, Hbib Ould Haïdda. Mohamed et fatma Lkheïr, comme leurs parents, ont goûté toutes les amertumes de l’esclavage: élevage des animaux, cherche de l’eau aux puits loin et profonds (par exemple les puits de Lekmeïza, Boumedian, Outeïd Arkas… à Bassiknou sur les frontières avec le Mali). 

Un jour, la famille Ehl Moulaye Ely quitte la Mauritanie pour loger près d’Ehl Daye Ould Youbba (de la tribu Tourmouz) à Bougraïra au Mali. Là, Mohamed Ould Salem trouve son âme-sœur en la personne de Tchicha Mint Maatalla, une des esclaves d’Ehl Daye. Le couple aura dix fils: Lbechir, Lmahfoudh, Abdellahi, Bel’id, Messaoud, Lalla Fatma, Oum Aïcha, Khdeïja, M’barka… Et comme le veut la coutume, leurs fils sont divisés entre les deux familles des maîtres pour y servir d’esclaves: Lbéchir chez Bouzeïn Ould Daye, Lalla fatma chez Mahfoudh Ould Dik, Khdeïja chez Ikebbrou Ould Moulaye Ely, Mbarka chez Moulaye Brahim Ould Mohamed, le reste chez Daye Ould Youbba. 

Mohamed n’a jamais connu le chemin de l’école. Sa vie se limitait à suivre les troupes jour et nuit. Sans aucune contrepartie. Il a subi toutes les sortes de violence, notamment la violence corporelle. Il n’a jamais oublié ses parents, bien qu’ils l’aient quitté très petit et l’aient laissé chez leurs maîtres dans des conditions qu’eux-mêmes n’ont pas pu supporter. Il regrette, surtout, le fait qu’il ait été privé de la tendresse de ses parents. 

Il y a trois ans, il est informé de la maladie de sa mère à Bassiknou. Il demande à ses maîtres de le laisser lui rendre visite. Mais, en vain. Une nuit, il décide de les fuir. Il part à Bassiknou. Il amène sa mère pour la soigner à Nouakchott où elle est décédée. Il retourne à Bassiknou pour rester à côté de son père et ses frères. Pour un bon musulman qu’il est, le reste de la vie d’un parent vaut mieux que ce bas-monde et tout ce qu’il contient. Un mois après, deux de ses fils, Mbarka et Bel’id, fuient leurs maîtres pour le joindre. Ensuite, c’est le tour de leur oncle, Zeïda Ould Maatalla, qui laisse derrière lui sa femme. 

Un an et demi après, Mohamed décide de retourner à Bougraïra pour récupérer sa famille. Avant d’exécuter, il passe voir le hakem de Bassiknou pour l’informer de ses souffrances et celle de sa famille. Le hakem lui dit qu’il n’y peut rien. Ensuite, lui, son fils Bel’id et l’oncle de celui-ci, Zeïda, quittent Bassiknou pour Bougraïra. En route, ils se disent utile de voir le préfet de Léré au Mali. Mais, des cousins de leurs maîtres, influents au Mali, les en empêchent. Ils continuent la marche à pied vers Bougraïra. En route, une maladie au niveau de la jambe de Mohamed l’empêche de continuer. Il reste chez une famille touareg. Les autres continuent la marche. Arrivés à Bougraïra, ils prennent la famille de Zeïda et disparaissent dans la nature. Leurs maîtres suivent leurs traces. 

Et par hasard, ils trouvent Mohamed chez la famille touareg. Ils l’arrachent à la famille avec l’assistance de leur fils Baba Ould Daye Ould Youbba qui est de l’Armée nationale. Ils ligotent Mohamed et peu après, une voiture arrive avec, à bord, son fils Bel’id et la famille Zeïda, tous ligotés. Ils les bastonnent devant lui. Puis, une autre voiture vient pour ramener la famille chez leurs maîtres à Bougraïra, alors qu’une autre voiture passe pour les prendre, lui et Zeïda, et les jeter près de Loukmeïza, fatigués, assoiffés, sans eau, et après avoir arracher à Mohamed une somme de cent dix mille francs CFA qu’il avait avec lui. Ils marchent à pied, jusqu’à Agour, où ils trouvent une voiture qui les amène à Bassiknou. 

Le jour suivant, ils sont partis au commissariat de police qui a pris connaissance de cette affaire et les renvoient au commandement de la gendarmerie nationale à Bassiknou. Après les avoir auditionnés et après avoir pris connaissance de la torture dont ils étaient victimes et dont les cicatrices étaient encore sur les corps, la Gendarmerie les renvoie au hakem. Le chef de la brigade de Gendarmerie les accompagne chez le hakem qui, après avoir vu les traces de violence dont ils étaient l’objet, il leur dit que si les faits s’étaient déroulés sur le territoire mauritanien, il trouverait rapidement une solution à ce problème. 

C’est là que Mohamed a décidé de venir à Nouakchott pour chercher l’aide en vue de retrouver sa famille. 

 

Synthèse: Mechri Ould Rabbany 

La Tribune N°510 du 19 juillet 2010 




Ahmed Ould Daddah :

21062010

 

 Destin d’opposant 

 

Président de la Coordination de l’opposition démocratique (COD) durant les deux derniers mois, Ahmed Ould Daddah a marqué de son emprunte les positions de ce regroupement qui rassemble à ses côtés l’APP de Messaoud Ould Boulkheir, l’UFP de Mohamed Ould Maouloud, Adil de Yahya Ould Ahmed Waghf et le tout nouveau Wi’am de Boydiel Ould Hoummoid. C’est d’ailleurs à ce dernier que Ould Daddah a passé le témoin. 

Jugé «radical» par certains, Ahmed Ould Daddah se refuse pourtant de rejeter carrément les propositions de dialogue faites par le pouvoir. Mais il pose les conditions et tient le langage qu’il faut pour en éloigner la perspective. C’est à se demander si la relation personnelle avec Ould Abdel Aziz ne pèse pas dans cette position. Ou faudra-t-il revoir le parcours de l’homme pour comprendre son désintérêt vis-à-vis de tout ce qui peut ressembler à un rapprochement – synonyme ici d’une normalisation – du Président Mohamed Ould Abdel Aziz et de son régime ? Oui… il le faut. 

 

Du «mouvement de rectification»… 

 

Le chef de file de l’Opposition, président du RFD, Ahmed Ould Daddah a très tôt «compris» – «soutenu» diront d’autres – le coup d’Etat du 6 août. D’ailleurs la dénomination «mouvement de rectification» a été utilisée pour la première fois par des cadres de son parti. A la veille du 6 août, certains des députés du RFD ont promis, notamment sur Al Jazeera, «le changement qui arrivait inexorablement». Cette position s’expliquait largement par ses relations plutôt mauvaises avec le président élu Sidi Ould Cheikh Abdallahi. 

Les deux hommes ont sensiblement le même cursus. Ils ont été les plus jeunes ministres du gouvernement de Moktar Ould Daddah au milieu des années 70. Technocrates confirmés, ils sont allés à la politique un peu par effraction. Chacun d’eux, à un moment donné, a été «sollicité» pour conquérir un pouvoir qui ne semblait attendre que son entrée en scène. 

Ahmed Ould Daddah est arrivé en 1991 sur la scène politique. On ne lui connaît aucune position politique avant cela. Il a mal apprécié le rapport de force à l’époque et n’a pas inscrit son action dans la durée. Préférant récuser le résultat de la présidentielle de janvier 92 et prôner le boycottage du reste du processus électoral. Sous l’influence d’activistes politiques qui croyaient à l’imminence de l’effondrement du régime. 

Puis il a conquis la direction du parti Union des Forces démocratiques (UFD) devenant à l’occasion UFD/Ere Nouvelle. Poussé par un entourage fortement manipulé par les renseignements, il choisira la radicalisation dans ses positions vis-à-vis du régime de l’époque. Qui le lui rendra bien. 

L’entreprise de débauchage réussit. Puis le parti éclate. Avant d’être interdit. De ces éclatements naissent : Action pour le Changement interdit et dont les animateurs vont conquérir l’Alliance populaire progressiste (APP) ; l’Union des forces du progrès (UFP) dont les animateurs vont disputer un moment à Ould Daddah le leadership de l’UFD/Ere Nouvelle ; plus tard Tawassoul dont les cadres ont adhéré à l’UFD/EN puis au RFD à sa naissance. 

Ould Daddah supporte toutes les trahisons et tous les retournements. Au moment du coup d’Etat du 3 août 2005, il venait d’accepter de prendre part à un dialogue ouvert entre les différentes composantes politiques mauritaniennes. La mort dans l’âme. Parce qu’il y voyait – et c’était juste – une manière de le marginaliser en le réduisant à sa plus simple expression. Une conspiration nationale qui satisfaisait visiblement tout le monde, du moins les leaders politiques. 

Au lendemain du 3 août, Ould Daddah incarne incontestablement l’image du leader par qui le changement devait nécessairement arriver. L’usure, l’essoufflement et le manque sans doute de perspective amènent la classe politique dans son ensemble à soutenir sans réserve le coup d’Etat. Brusquement, les portes de l’espoir s’ouvrent. L’opposition d’hier est incapable de fédérer et de proposer. Les militaires conçoivent leur transition. Et la mènent. Les politiques suivent. Au début, Ould Daddah paraît être le candidat favori des militaires pour cette image d’incontournable. Mais la candidature de Sidi Ould Cheikh Abdallahi, le compagnon et l’ami d’hier, révèle les vraies intentions des militaires, notamment du chef de la junte, le colonel Eli Ould Mohamed Val. Les autres militaires suivront. 

Ould Daddah accepte d’ignorer cela et va à une élection où toutes les forces traditionnelles sont liguées contre lui. Le compagnon d’hier, cette fois-ci Messaoud Ould Boulkheir lui préfère le candidat des militaires et va le soutenir au deuxième tour. Une onction qui légitime tout le reste. Malgré cela, il s’en sort plutôt grandi avec près de 48% du suffrage exprimé. Surtout quand il reconnaît les résultats de l’élection et accepte de rentrer dans son rôle de chef de file de l’opposition. Même si c’est avec réticence au début. Ses relations avec le Président Ould Cheikh Abdallahi se limitent à des entrevues trimestrielles d’où pas grand-chose ne sort. 

Arrive le temps des manigances. Ses amis de l’opposition inspirent une loi portant redéfinition du statut de leader de l’opposition. Ses prérogatives et ses compétences s’en trouvent limitées. Deux des grands partis du front qu’il avait réussi à fédérer autour de l’institution – UFP et Tawassoul – lui faussent compagnie et vont rejoindre la majorité au pouvoir, majorité essentiellement constituée des animateurs et inspirateurs du régime précédent. La crise éclate. 

 

…A la «dictature du Général» 

 

En connaissance de cause ou non, une partie des apparatchiks du RFD pousse vers l’alliance avec les militaires. Au lieu de s’en tenir loin d’une bataille qui ne concerne pas a priori leur parti. C’était oublier le rôle de plus en plus prépondérant des anciens du PRDS pour lesquel la bataille au sein de l’Appareil d’Etat était une continuation des luttes entre factions du temps d’avant le 3 août. Il fallait donc s’engager et ne pas se retenir. Ce qui fut fait. 

Résultat : engagement politique dont les nuances ne sont pas retenues, bénédiction par Ould Daddah, icône majeure de la politique locale, participation aux Etats généraux de la démocratie, amplification de la fracture avec les constituantes du FNDD… Les réserves du chef de file de l’opposition n’expliquent pas assez son attitude réelle. Entretemps la candidature du Général Mohamed Ould Abdel Aziz devient inévitable. La rupture est alors totale. «Le mouvement rectificatif» devient «un coup d’Etat dangereux». Ould Daddah rejoint le FNDD, poussé par les plus radicaux de son entourage. Nouvelles trahisons. Nouveaux retournements. 

RFD et FNDD, même combat. Cela va vouloir dire que, comme le FNDD, le RFD considère les prisonniers dans l’affaire Air Mauritanie des prisonniers politiques et va exiger donc leur libération. Alors que c’est une bataille qui est loin d’être la sienne. Deuxième écueil : le retour de Sidi Ould Cheikh Abdallahi devient un élément de solution. Absence de plus en plus de nuances dans les positions du RFD et du FNDD. Au moment où toutes les figures mises en avant dans le combat du FNDD ont fait beaucoup de torts au RFD et à Ould Daddah en personne. Entre ceux qui ont servi Ould Taya, Ould Mohamed Val, Ould Abdel Aziz et Ould Cheikh Abdallahi pour détruire l’image de celui qui allait devenir le leader de l’opposition, lui mettre les bâtons dans les roues, l’empêcher finalement d’accéder au pouvoir. Leurs raisons sont toujours là. 

 

Ne pas rester à la traine 

 

Il n’est pas faux de dire que seul Ould Daddah aspire réellement et peut légitimement avoir cette ambition de diriger le pays (vu le résultat obtenu en 2007). Les résultats de 2009 remettent cette affirmation en cause. Arrivé troisième derrière Ould Abdel Aziz et surtout Messaoud Ould Boulkheir (18%), Ould Daddah ne peut se permettre de reconnaitre les résultats d’un tel scrutin. Comme il ne peut s’engager dans un processus prenant en compte ces résultats. L’exigence de référence à l’Accord de Dakar trouve ici tout son sens. Parce que cet Accord a été signé entre «les trois pôles politiques mauritaniens» : le pôle Ould Abdel Aziz, le pôle du RFD et celui du FNDD (APP, UFP, Tawaçoul, Adil…). Elle reconnaît au RFD et à son leader un statut d’acteur majeur. Ce qui reste vrai dans la mesure où Ahmed Ould Daddah est encore le chef de file de l’opposition démocratique parce qu’il dirige le parti le mieux représenté à l’Assemblée nationale. 

Le problème de renouvellement des structures de l’institution de l’opposition est toujours posé. En effet depuis la réforme de la loi la régissant, le bureau de l’institution n’a jamais été mis en place. Alors que c’est le bureau qui est l’interlocuteur de l’autorité et non la seule personne du chef de file. Qui, au sein de la COD, ne veut pas la mise en place du bureau de l’institution de l’Opposition ? Cherche-t-on à substituer la COD – dont la direction est tournante – à l’Institution qui ne peut être présidée que par celui dont le parti a le plus de députés ? Est-ce là une manière de refuser de s’inscrire dans la constitutionnalité et continuer ainsi à récuser les résultats d’une élection entérinée par le Conseil constitutionnel ? 

Comprendre pourquoi les partis d’opposition évitent de mettre en place l’institution est l’une des clés de compréhension de la situation actuelle. La deuxième clé est la différence d’approches chez les acteurs. 

Entre ceux de l’UFP qui ont toujours prôné le dialogue – y compris avec Ould Taya avec lequel ils ont opté pour «un compromis historique» – et ceux qui ont marchandé pour participer au premier gouvernement de l’ère Ould Cheikh Abdallahi, en passant par ceux qui n’ont d’autres soucis que d’avoir une part du gâteau, les approches sont multiples. Et nécessairement concurrentes. Au pire contradictoires. 

Les approches de l’un (Ould Daddah) et des autres – même si l’on fait fi des trahisons probables – ne sont forcément pas les mêmes. Chez Ould Daddah, le comportement politique est dicté par la recherche des voies et moyens d’accéder au pouvoir pour l’exercer directement. Chez les autres, c’est plutôt l’influence d’un pouvoir par le soutien d’un clan ou d’un autre. Le système des vases communiquant dans lequel les non aguerris se perdent facilement. 

Pour la plupart des observateurs, le mariage de saison que constitue l’actuel attelage de la COD n’est pas fait pour durer. Les principaux acteurs le savent. Les leaders cherchent chacun une sortie. 

Dans cette atmosphère, la seule porte ouverte devant pour Ould Daddah est l’opposition pure et dure. Reste à savoir comment va-t-il la prendre et surtout avec quels atouts ? 

 

MFO

Source : La Tribune n°506




Interview :

21062010

Mon soutien au Président MOHAMED OULD ABDEL AZIZ ne peut souffrir d’aucune confusion», dixit Hammoud Ould Ely 

 

Ancien ministre, ancien Ambassadeur de Mauritanie dans plusieurs pays, Hammoud Ould Ely a choisi de garder le silence toute cette période. «Le Duc» – c’est comme ça qu’on l’appelle, allusion à son origine aristocratique – juge la période et répond à ses amis. 

 

 

 

Question : Vous acceptez de rompre le silence, pourquoi ? 

Hammoud Ould Ely : J’ai rompu le silence aujourd’hui, à la veille du voyage du Président de la République au Hodh. Parce qu’il me plait de rappeler que cette région du pays qui a soutenu fortement le Président Aziz, est bien sensible aux dernières décisions du gouvernement visant la création prochaine d’une société de commercialisation du bétail à Nema ainsi qu’un grand projet d’usine de lait. 

Outre l’intérêt économique incontestable que suscitent ces deux projets, leurs effets sur nos braves éleveurs et sur la main d’œuvre régionale seront d’une portée certaine. 

Aussi, le projet de Mahmouda qui va être déterré a cette occasion, la pose de la première pierre du département de NBEYKE, ainsi que des axes bitumes de la capital régionale,   constituent a mon sens un motif supplémentaire pour le  soutient du président Aziz. 

J’espère que l’avènement du nouveau département du D’HAR entrainera une révision  du statut administratif de Bousteila et celui d’Aweynat Zbel pour justifier la création de la nouvelle région  de Timbedra. 

Ainsi la décentralisation administrative en faveur des populations pauvres et le souci sécuritaire du gouvernement connaitront sans nul doute un succès éclatant. 

 

Question : On vous reproche votre silence toute cette période de crise. Peut-on comprendre le pourquoi de ce silence ? 

Hammoud Ould Ely : Certains de mes amis politiques au sein de la majorité me reprochent en effet mon silence politique et mon absence aux diverses manifestations organisées par le parti au pouvoir. Je voudrai dans ce cadre apporter certaines précisions. 

Par nature, je donne toujours le temps au temps. Je dois  rappeler aussi que j’ai eu une bonne éducation de base, Dieu merci, qui me dicte chaque fois de ne pas trop m’introduire ou de ne pas chercher à intervenir abusivement dans toute occasion, fut-elle politique, au risque d’apparaitre dérangeant.   

Pourtant mon soutien au Président MOHAMED OULD ABDEL AZIZ ne peut souffrir d’aucune confusion même si je n’apparais pas souvent sur le petit écran dans certaines occasions pendant que d’autres, plus musclés que moi, se bousculent de toutes leurs forces  pour se faire voire. 

Je l’ai soutenu en effet non par hasard mais comme je le lui avais bien dit avant la campagne pour les raisons suivantes : D’abord j’ai remarqué durant la deuxième transition pour ne parler que de celle la, qu’il est allé très tôt vers la Mauritanie d’en bas lui parler pour la première fois le langage qu’elle aimait. 

Il s’en est suivi, très vite, la distribution des terres et des maisons aux populations démunies ainsi que l’eau, l’électricité et l’accès aux soins médicaux dans des conditions convenables. 

La lutte contre la gabegie, un autre volet non moins important était aussi un sujet mobilisateur pour moi. 

Quant à mon action sur le terrain politique à l’intérieur du pays les divers missionnaires ont déjà dit ce qu’ils avaient à dire en leur âme et conscience. J’ai toujours été constant dans ma ligne de conduite une fois définie. C’est comme ça que je veux être et c’est comme ca que je suis. 

 

Question : On ne peut s’empêcher de vous interpeller sur des questions nationales, vous le diplomate et le haut cadre. On parle beaucoup des accords de Dakar et de la réunion de Bruxelles. Que pensez-vous de ce qui se dit çà et là ? 

Hammoud Ould Ely : Les accords de Dakar ont été signés dans une effervescence politique très grande où chacune des parties voulait en finir de cette crise politique qui a fortement secoue le pays. Toujours est-il que ce qui importe maintenant c’est l’intérêt général, la stabilité du pays et l’unité nationale. 

Les élections qui se sont déroulées et auxquelles tout le monde a participé faisaient bien partie des clauses de Dakar et n’ont présenté aucune anomalie jusqu’à la proclamation des résultats. Un grand penseur a dit que la démocratie n’est bonne que quand on gagne. Il a peut-être raison mais les réalités sont têtues et il faut les prendre telles qu’elles sont. 

L’élection de Aziz au suffrage universel fait de lui désormais le Président de tous les mauritaniens, majorité et opposition confondues, c’est du moins ce que nous dictent les règles démocratiques élémentaires en vigueur dans tous les pays dont le Sénégal. 

Le dialogue que prône le Président de la République est aussi je le crois une préoccupation de Dakar et je m’étonne que l’opposition très soucieuse de l’intérêt national le refuse au moment où il devient nécessaire voire indispensable. 

En effet les négociations de Bruxelles vont se tenir bientôt et c’est pourquoi en attendant la future alternance, l’opposition doit permettre au pays de parler d’une seule voix avec la communauté internationale. Elle aura fait preuve de sa bonne foi pour l’intérêt national. 

 

Question : Quel bilan faites-vous de l’action du gouvernement actuel ? 

Hammoud Ould Ely : Il est très tôt à mon avis de juger un gouvernement qui n’a pas fait encore un an d’exercice et qui continue de persévérer dans son action malgré une conjoncture des plus difficiles. 

La campagne agricole qui vient d’être inaugurée le Président de la République augure d’une volonté politique certaine. C’est déjà le plus garant de la réussite pour le futur. 

 

Question : Vous avez été impliqués dans la campagne d’implantation de l’UPR, quel jugement faites-vous de l’action du parti ? 

Hammoud Ould Ely : L’union pour la république (UPR) va bientôt tenir les assises de son premier congrès. Il s’agit pour ce Parti d’un événement politique important surtout après une implantation exemplaire marquée par un afflux massif des populations adhérentes. 

Il s’agit aussi d’une occasion qui permettra au Parti de constituer toutes ces instances régulières. Il réfléchira sans doute sur les critères objectifs qui constitueront la base de ses  prochaines investitures ainsi que  pour le choix de ses futurs responsables. 

Parmi ces critères il importe de prendre désormais en considération le niveau intellectuel, l’âge et l’expérience politique pour éviter les écueils du passe. Ce congrès sera un congrès constitutif pour le parti UPR, donc un congrès historique.

Source : La Tribune n°506




Dialogue politique :

21062010

 

 Entre qui est qui ? 

 

Il a suffi que le Président Mohamed Ould Abdel Aziz se décide à recevoir Yahya Ould Ahmed Waghf, ancien Premier ministre de Sidi Ould Cheikh Abdallahi et président de Adil, et de le charger d’un message exprimant sa disponibilité à ouvrir le dialogue avec l’opposition, pour que la scène politique s’excite. Retour sur l’événement. 

 

Quand il sort de chez le Président, le premier réflexe de Ould Ahmed Waghf est de rendre compte à ses pairs, Ahmed Ould Daddah, Mohamed Ould Maouloud et Messaoud Ould Boulkheir. D’abord à Ould Daddah qui dirige présentement la Coordination de l’opposition démocratique (COD) à laquelle sont affiliés les partis UFD, RFD, APP, ADIL notamment. 

«Pourquoi s’adresse-t-il à vous précisément ?», aurait rétorqué Ould Daddah à Ould Ahmed Waghf. Le sous-entendu est clair pour celui-ci. N’empêche… 

Même séance de «transmission» chez Ould Maouloud, puis chez Ould Boulkheir. Ould Ahmed Waghf et Yahya Ould Sid’El Mostaph qui avait été reçu en même temps que lui, décident de rendre compte à la direction de leur parti, Adil. La séance est plus houleuse et plus directe qu’avec les leaders de la COD. Si ceux-ci se limitent aux allusions quant à la proximité de Adil du pouvoir, ceux de Adil demandent des explications. La majorité se dégage cependant pour le dialogue. Quelques-uns sont viscéralement opposés. Ils invoquent «les difficultés de Ould Abdel Aziz tant au plan intérieur qu’extérieur». Tantôt les risques d’échec de la table-ronde de Bruxelles, tantôt «l’appauvrissement des populations et les risques d’explosion en interne». 

Pendant ce temps, Ahmed Ould Daddah fait une déclaration qui a été largement reprise par les agences de presse dont l’ANI qui en cite le passage suivant : «La Coordination de l’opposition s’est réunie aujourd’hui (mardi dernier) au niveau des présidents. Ils ont entendu le compte-rendu de la rencontre qui a eu lieu entre l’un de ses membres et le pouvoir. Je rappelle à l’occasion que l’opposition a été la première à appeler à l’adoption du dialogue comme méthode politique démocratique. C’est elle aussi qui y a appelé constamment. Que c’est l’autorité officielle et particulièrement le général Mohamed Ould Abdel Aziz qui a refusé le dialogue et accusé l’opposition d’y chercher la satisfaction de desseins personnels ou partisans. Il a continué à le rejeter et a même renié les Accords de Dakar comme référentiel commun pour les pôles politiques mauritaniens. Je rappelle aussi que c’est l’opposition qui s’est toujours préoccupée de l’intérêt du pays et de sa stabilité, de la paix civile sur la base des valeurs démocratiques. Je dis que s’il y a là une volonté sincère de la part du pouvoir pour ouvrir un dialogue avec l’opposition et s’il ne s’agit pas d’une manœuvre saisonnière à la veille de telle ou telle réunion en vue des financements, les autorités doivent le déclarer publiquement et prendre à témoin l’opinion publique» 

Suffisant pour jeter le froid au sein de la COD. Ould Maouloud – le pompier de la Coordination, facilitateur en son sein – convainc Ahmed Ould Daddah de se rendre chez Ould Ahmed Waghf à Adil. C’est la dernière rencontre de jeudi qui a permis de «faire le point» sur les appréhensions des uns et des autres vis-à-vis des uns et des autres. 

Ceux de Adil reprochent à Ould Daddah et à ses soutiens de faire comme s’ils n’existaient pas. Et s’ils arrivaient d’en parler, c’est toujours en termes de mépris et d’accusations. Pour eux, il s’agit là d’un rassemblement de «parvenus» incapables de concevoir la politique autrement qu’à l’ombre du pouvoir. 

Ceux de Adil pensent que l’opposition au coup d’Etat a été de leur fait à eux. «Le RFD ayant choisi de soutenir et de justifier le renversement du régime démocratique, il n’a rejoint les troupes opposantes que beaucoup plus tard». 

Quoi qu’il en soit, la question du dialogue divise l’opposition. D’une part les irréductibles qui croient que le pouvoir de Ould Abdel Aziz est au bord de l’effondrement. De l’autre ceux qui veulent pousser vers un rapprochement avec le pouvoir. Plusieurs nuances caractérisent chacun des groupes. 

Alors ? Les ennemis du dialogue, ceux qui tirent profit de la situation actuelle, feront tout pour dynamiter le processus. Ses promoteurs seront-ils assez vigilants pour aller jusqu’au bout ? 

MFO

Source : La Tribune n°505 




Kroumaniya, esclave, sourde et muette

17052010

 

 

Dans un rapport de mission de SOS – esclaves daté du 9 mai 2010, il est noté : « ces esclaves revendiquent avec insistance leurs droits. Leur mère est muette parce qu’un jour (elle) était partie garder des chèvres (et) au retour (avait) très soif et ne voyait rien et a bu de la graisse et (est) tombée vite malade et (est) devenue muette et sourde… 

 

La mère dont il est question dans ce rapport s’appelle Kroumaniya. Selon l’organisation anti-esclavagiste mauritanienne, elle fait partie avec ses cinq enfants des esclaves d’une fraction de la tribu des Kenta.

 

Leur histoire est révélée à la presse et à l’opinion au début du mois de mai lorsque la cellule de SOS esclave affirme avoir été informée que des « fugitifs » avaient été recueillis à Kaédi par l’ex député Alioune Ould Manza.

 

Pour l’IRA (Initiative de Résurgence du mouvement Abolitionniste), une autre organisation mauritanienne de défense de droits humains qui s’est très vite intéressée à l’affaire, le calvaire de Kroumaniya et de ses enfants remonte à  1997.  « Un garçon du nom de M’Bareck, âgé de 16 ans, prend la fuite de chez ses maîtres, la famille Ethmane, du village de Haddad , 60 km à l’Est de Kaédi. » Déclare l’IRA dans un document publié le 10 mai. Selon ce mouvement. M’Bareck  a laissé derrière lui, sa mère Ghroumaniya, ses frères Sleylmou et Merba. 

 

Si du côté de SOS-esclaves les circonstances de la fuite de ces présumés esclaves remonte d’il y a quelques jours, on constate que pour l’IRA, la cavale de ces fugitifs a commencé il y a au moins treize ans. Du coup, se pose le problème de versions. D’un côté, celui de l’IRA, on affirme qu’en l’an 2000, « Ghroumaniya, la mère de M’Bareck, ne jouissant pas de ses capacités d’élocution, donc muette, s’enfuit, à son tour, vers la ville de Kaédi, chef-lieu de la région du Gorgol, ses maîtres, Ehel Ethmane, la poursuivent. Le procureur de la république du tribunal de Kaédi se saisit de l’affaire et décide de la leur remettre au motif qu’ils sont ses meilleurs tuteurs ».

 

De l’autre côté, celui de SOS – esclaves, Kroumaniya et ses cinq enfants ont été répartis aux membre de la famille de leurs maîtres de sorte que : « la mère de la famille esclave et Mbareck appartiennent à Saadna Oul Ethmane et sa mère Salma Mint Ahmed Vall, Brahim à Yehafdou Ould  Ethmane, Beilil et Sleilem à Koureiss Ould Ethmane, Laghdaf à Ahmed Ould Ethmane. » Deux relations d’une même situation qui ne rendent pas compte de la même manière du nombre de fugitifs et des circonstances de cette fuite. 

 

 

Toutes les deux s’accordent à dire que les autorités n’ont pas donné à cette affaire la diligence requise. Mais d’après l’IRA, le représentant de l’État avait demandé aux présumés maîtres s’ils payaient « ces gens»  et que « les maîtres » avaient répondu par la négative en précisant que « néanmoins, que les esclaves possèdent 30 têtes de moutons et un chameau, contrepartie informelle de tout leur travail ». Et l’organisation de Birame Ould Abeid d’ajouter que les autorités avaient confisqué le bétail et les esclaves, refusant catégoriquement de poursuivre les coupables.

 

Par rapport à cet état de fait, la version de la mission de SOS-esclaves est autre. Il semblerait selon Sidati, chargé de communication de l’organisation de Boubacar Ould Messaoud, que les présumés maîtres avaient reconnu, à en croire les autorités, avoir payé ces personnes en nature (30 mouton et un chameau) ; et que ce bétail avait été confié à un berger qui devait les faire acheminer vers Kaédi mais qu onze jours après, rien. Ce qui aux yeux des représentants de SOS-esclaves est un subterfuge des autorités pour rendre caduque la thèse de flagrant délit d’esclavagisme dont se seraient rendus coupables la famille Ehel Ethmane.

 

Y a-t-il eu plainte de la part des victimes directes ? Non, répond-t-on du côté de SOS-esclaves car ces victimes sont « comme des animaux » et donc incapables de comprendre ce qui leur arrive. Elles sont confrontées à une difficulté, voire une impossibilité à communiquer du fait du handicap de leu mère, précise Boubacar Oul Mohamed SG de l’ONG. Ce qui est regrettable, renchérit Boubacar Ould Messaoud, c’est que la loi votée il y a trois ans pour criminaliser les pratiques esclavagistes en Mauritanie ne leur permet pas de se constituer partie civile alors que pour celle relative aux droits de l’enfant cette option est possible. « Un esclave est comme un enfant. Il a besoin d’être protégé. » Souligne le président de SOS-esclaves.

 

Quant à l’initiative de Résurgence du mouvement Abolitionniste (IRA) de Mauritanie, elle affirme avoir tenté vainement d’établir une relation avec les victimes pour les assister et les « soustraire aux tentatives, par les autorités, d’escamoter leur cas et dénaturer les faits afin d’étouffer le scandale. »

 

Aussi bien du côté de SOS-esclaves que de celui de l’IRA, on déplore un marquage serré des autorités sur les « victimes ».

 

« Les policiers les harcèlent en les mettant en garde contre nous en nous faisant passer devant ces gens pour des personnes vendant leur causes à l’étranger », affirme Zakaria Ould Mahmoud représentant de SOS-esclaves à Kaédi qui a ajouté avoir été directement mis en garde par les autorités qui lui auraient signifié qu’elles le suivaient de très près. Et l’IRA de déplorer : « le préfet empêche tout rapport avec les esclaves et refuse, à nos représentants, de les approcher ou de les photographier; les victimes demeurent, jusqu’à présent isolées, dans une maison sous le contrôle de policiers et de gendarmes en civil. »

 

Quant à Kroumaniya, l’esclave, sourde et muette, elle garde le silence que son sort lui avait imposé et auquel le destin a fini par la condamner pour toujours.

 

 

K.D







bientôt tous en prison, bie... |
WADE - Président - |
la vérité |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Journal d'1 République...
| sarkosy un espoir pour la f...
| Sylvie Trautmann