Les Echos de la Tribune : l’ex directeur de l’ISET ! Pourquoi est-il limogé ?

9072011

Par Mohamed Fouad Barrada 

Le  7juillet 2011, la nouvelle  est ‘tombée’. Ahmeda  Ould  Elghouth  est ‘dégommé’ par le puissant ministre d’Etat à  l’éducation après un bras de fer qui a duré plus de 2 ans.    C’est une catastrophe expliquent des chercheurs de l’Institut Supérieur  de l’Enseignement Technologique (ISET).  Ce revirement de situation nous oblige à nous poser des questions. 

Pourquoi le Président de la République  a-t-il  sur  proposition, bien sûr,  de son ministère de l’éducation voulu se séparer de Ahmeda  ? En quoi le professeur est-il encombrant pour les partisans de ould Bahia ? Pourquoi a-t-on peur de lui ? 

Pour mieux comprendre le problème nous allons essayer d’apporter des réponses à ces questions. 

 Le professeur Ould Elghouth , malgré sa compétence, le   charisme dont il a fait montre, les résultats qu’il a enregistrés tant au niveau du montage du projet  de l’ISET  que de sa  gestion , est victime de son franc parler, de ses convictions

Ould Elghouth , n’est pas, semble-t-il, un ‘politique’. Pour preuve, il préfère ne pas être complaisant  vis-à-vis du besoin professionnel de l’ISET et cela  au détriment de la chose politique. Position qui lui a valu de vives attaques de la part de nombreux    proches de l’actuel ministre  de l’Etat, chargé de la question éducative. 

En effet, suite à l’annonce  du récent recrutement de l’université, de l’ISCAE, de l’ISET, 12 postes ont été  attribués par arrêté ministériel à l’ISET alors qu’un décret  avait  déjà  annoncé  le recrutement de 24  employés en sa  faveur. C’est le besoin exprimé, en tout cas,  par son ex directeur  pour faire fonctionner  l’institut en question. 

La semaine passée,  j’ai eu l’occasion de  m’entretenir informellement  pour la première fois  avec  ce dernier. Il était catégorique, je ne cède point, j’ai une demande légitime, le poste ne m’intéresse guère, j’ai la foi.  C’est-à-dire, il faut aimer à soi même ce que nous aimons pour les autres, en bref il faut aimer l’intérêt général, m’explique-t-il. 

Citons, ainsi, des revendications  du corps enseignant et personnel d’appui de l’ISET de Rosso :  


« * Un recrutement immédiat d’un corps enseignant couvrant les 24 postes accordés à l’Institut dans le décret de sa création. Nous ne pouvons pas oublier de rappeler au ministère de tutelle notre frustration et notre  grande déception de la visite du directeur de l’enseignement supérieur à notre institution qui n’a fait qu’aggraver la situation de marginalisation dans laquelle se trouve cette institution. Nous signalons notre refus du  quota de 12 postes imposés par le ministère à l’ISET au mépris de ses besoins effectifs.
*. Nous exigeons la désignation et la mise en place immédiate des structures administratives permettant à l’Institut de fonctionner correctement ». 

De fait, j’aimerais dire  que  l’ISET est performant  grâce à l’effort conjugué de son ancien directeur, de ses  enseignants chercheurs vacataires, de son  personnel. C’est un bijou qui  a coûté   5 milliards d’ouguiyas.   

Ceci étant, un nouveau professeur universitaire  est nommé à la tête de cette structure. Il doit faire   ses preuves tant au niveau du choix professionnel  des enseignants, du personnel   qu’au niveau du fonctionnement institutionnel et de la gestion  de l’ISET.    

m_barrada@yahoo.fr

 




Lettre ouverte à son excellence, Monsieur le Président de la République

2052011

J’ai l’honneur  de vous transmettre  les informations concernant  la situation  de la ville de Kiffa qui s’apparente à  une véritable porcherie.

Kiffa continue à connaître les effets de la mal gouvernance et de la gabegie. C’est bien dommage pour cette  ville, la deuxième  ville du pays  la plus peuplée.

Ville de carrefour d’échange  entre le Mali, les deux hodhs , le Tagant , et le Guidimakha.

Disons haut et fort que Kiffa  est envahi  par les ordures et les eaux  usées. Ainsi Kiffa  reste  sale, nauséabonde  obligeant  parfois certains voyageurs  à déguerpir. D’une manière  générale, la ville  est devenue une véritable porcherie    butte  sur des tas  d’ordures, pêle-mêle, sachets, os récurés, sandales usées, vieux sacs , habits  rapiécés, bidons, cartons – Et ça s’entasse au milieu  des quartiers-

  Des animaux  que l’on abat   ici  et là  laissant des flaques  de sang ruisselées, des excréments , sabots, cornes des huiles vidangées des granges ouverts  non loin de la chaussée.

L’autorité  chargée de l’exécutif au niveau  régional ( Wali-Hakem) ne cherche  pas  à s’investir, en vue,  au moins  à  rappeler  à l’ordre  M.  le maire, en ce qui concerne  la situation  qui prévaut. Prenons l’exemple  du Wali du district  animé  d’un esprit qui consiste  à rendre  la capitale propre.

Le  cas de kiffa est amusant ! Au mois de novembre  2010, une opération  de propreté  a débuté  par le quartier ‘Sagater ‘ durant à peine deux jours, puis  après, opération « Mort né », incroyable mais vrai. Aux élus de Kiffa «  non à l’indifférence et l’oubli »…

Veuillez agréer, Monsieur le Président,  l’expression de ma très haute considération.

Fouad Aziz Barrada 

Fonctionnaire à la retraite 




Les Echos de Mohamed Fouad Barrada

24042011

Le manifeste des retraités !

Un Sit in de tous les fonctionnaires et agents  retraités civils   serait organisé  devant la  Présidence  de la République prochainement.  

S’organisant  depuis   2010 au sein  d’une structure dénommée  ‘Association Nationale des Fonctionnaires et agents  retraités de Mauritanie’ pour mieux défendre leurs doléances pourtant légitimes, ils   demandent depuis plusieurs mois une audience avec  le Président de la République, sans réponse, sans réaction. 

Cependant, les retraités  gendarmes  ont été déjà  reçus par le Président de la République  et une grande partie de leurs doléances semble satisfaite.  Cette situation soulève la souffrance d’une importante  franche  des personnes âgées. Les pensions de ces retraités n’arrivent  que difficilement à subvenir à  leurs besoins primaires. Rares sont les pensionnaires qui ont des logements. Ils sont obligés, pour ainsi dire, de travailler pour suivre le rythme de la vie normale. Ils endurent calmement et dignement.

Présentement, ils sollicitent, tout simplement, l’application  des textes de l’Etat :

Outre  l’appel à  ‘l’exécution’   immédiate selon la réglementation en vigueur, au profit de tous les fonctionnaires retraités avant 2007, de la réévaluation de la valeur du point indiciaire  qui passe  de 114 UM à 434 UM, « la loi 61016 du 20  janvier 1961 prévoit pour les pensions  de fonctionnaires Retraités  un paiement mensuel. Sans modification de cette  loi, le Ministère des Finances a depuis janvier 2009, commencé à payer ces pensions par trimestre. Et le Trésorier Général a obligé  les Fonctionnaires Retraités  à ouvrir  des comptes  dans les banques  de la place  sans, dit-il, des  frais d’ouverture et de gestion  de ces comptes. Il en est tout autrement, en effet, les frais de Gestion  prélevés  par la Banque  sur  ces pensions des Retraites des fonctionnaires, sont énormes et grèvent, considérablement, la Bourse  des Retraités.

Il y a lieu de supprimer ces comptes Bancaires  pour les retraités, les paiements se feront aux caisses des perceptions comme par le passé. », expliquent-ils  dans leurs  doléances.

Ainsi, « depuis  2001 à ce jour plusieurs augmentations de la  rente de pension des retraités affiliés  à la Caisse Nationale de Sécurité Sociale (CNSS) , qui totalisent  108%,  n’ont pas  été  payées et ce malgré  toutes les revendications , tractations et démarches  auprès  du Gouvernement.  Le  Ministère  du Travail  avait saisi  la Direction  Générale de la législation  en vue de connaître  l’interprétation  des textes  au sujet  de ces augmentations . La  législation  a statué  et donné raison  aux retraités , malgré cela l’application  de ces augmentations se  fait  toujours  attendre  à la détresse  des agents retraités . A toutes nos rencontres, audiences, il nous a été  dit finalement  que seul le Président de la République    est habilité  à donner  instructions  en vue de l’application  de ces  dispositions  par la CNSS », précisent-ils (idem). 

Ceci dit, les partenaires publics devraient suppléer aux besoins de nos seniors, mais dans une société où l’Etat est défaillant pour les actifs, il est difficile de prétendre à ce qu’il en soit autrement pour les anciens. Il reste beaucoup à faire   dans cette République où  les individus qui profitent d’un régime de sécurité sociale ne dépasseraient  guère  les 60.000 personnes. Soit 0,2% des mauritaniens.

m_barrada@yahoo.fr

 

Source : La Tribune n°547 




Les Echos de Mohamed Fouad Barrada

28022011

Changement par le bas ou changement par le haut ? 

  

Des revendications des jeunes mauritaniens  ont été brandies  ce jour 25 février 2011.  Changement de régime ou la réforme  de ce dernier, telles sont les  nouvelles requêtes.  

Désormais,  le monde arabe change avec une vitesse de  croisière qui surprend.  Les systèmes défaillants de ce monde   tendront certainement  vers la  disparition,  soit à travers le chaos, soit à travers un changement évolutif par le bas ou par le haut.  En bref par la force  ou par la raison, un changement se manifeste dans les  rues  des pays arabes. 

Qu’on le  veille ou non face à la situation des crises économiques, la rareté des ressources, le chômage  et la mondialisation via notamment  les medias,   les peuples aspirent à la liberté et à la justice sociale. Ceci dit, la séparation formelle des pouvoirs et la mise en place d’un système de gouvernance par le bas s’impose désormais   avec acuité. C’est l’ère des systèmes performants acceptés et acceptables par tous et toutes.   

Ici en Mauritanie, le système demeure celui de la personnification de la décision.  

A cet égard, la classe moyenne source de développement  est complètement écartée voire écrasée. Celle-ci   n’est  guère représentée  spontanément  au sein de partis.  

 La représentativité partisane   reste souvent guidée, sans contraste, par l’esprit du clan.   

Cette classe  se trouve, pour ainsi dire,   menacée par le monde tel qu’il est.  Elle  n’a plus, faute d’équité, les éléments nécessaires pour suivre le rythme de vie mondialisé.  

  

L’écart entre les riches et les pauvres demeure un signe fort de cette situation alarmante. Les  plus riches s’enrichissent, semble-t-il,  bizarrement de plus en plus, quant aux pauvres ils s’appauvrissent amèrement. 

Le risque est-il, par ailleurs,  que les  prochaines élections peuvent écarter l’opposition et restreindre le débat entre une majorité qui représente un système qui  ne  s’intéresse qu’aux postes politiques  et aux  nominations sans être guidée sérieusement  par les intérêts de la population.    

L’opposition elle-même est affaiblie  par un mécanisme à la fois  réactif  et réactionnaire se matérialisant   par la mise à l’ écart  des intérêts du simple citoyen. Des opposants et membres de la société civile   ont en grande partie un statut de bourgeois. Leur lutte  n’est en apparence qu’une manière d’assurer  un mode de vie particulier pour les leurs et pour eux mêmes.  

 Tel  système socio- politique ne permet guère l’unification de la population par contre il tend  à la désunir. Ce   qui sert, évidement,   l’intérêt d’une classe minoritaire dominante. Celle-ci  tire profit    en véhiculant un discours instrumentalisant  les couches majoritaires et  défavorisées.      

 Cela étant,   dirigeants,  décideurs, responsables, militants, leaders d’opinion   (Président de la république,  députés ,   hauts  fonctionnaires de l’armée, hommes d’affaires, journalistes, universitaires    etc.) sont les premiers  à être  soumis à la volonté du changement , à être des agents aux services de la nation  et non le contraire.   

m_barrada@yahoo.fr

Source : La Tribune du 28 février  2011




Inauguration d’une nouvelle agence BMCI à Arafat

28012011

S’est tenue le 23 janvier 2011 la cérémonie d’inauguration de la nouvelle agence de la Banque mauritanienne pour le Commerce International, BMCI en présence des hauts responsables du monde de la finance et du commerce local du pays. Cette inauguration est la première des 6 preuves en 2011 qui porteront l’ensemble du réseau BMCI afin de mieux servir les 100,000 clients bientôt atteints sur l’ensemble du territoire national., précise un communiqué de presse rendu public en cette occasion. Ainsi, « le plan d’extension des opérations de la BMCI dans les quartiers périphériques de Nouakchott a été le fait d’un développement voulu par la Banque et encouragé par Monsieur le Gouverneur de la Banque centrale et par les autorités Nationales pour améliorer le taux de bancarisations de nos concitoyens. L’ouverture des nouvelles agences constitue aussi un pas important dans la réalisation de notre objectif de modernisation.», explique le même communiqué. Il s’agit, pour ainsi dire, d’un des exemples concrets des nouvelles normes choisies par la banque pour accueillir sa clientèle : un nouveau design plus moderne, un espace client plus grand et un renforcement des équipes commerciales présentes. Avec le renforcement du réseau s’ajoute, selon le même communiqué, le développement de produits bancaires comme le sms banking et la banque par internet destinés à faciliter la gestion quotidienne du patrimoine de la clientèle de la BMCI.
D’après les spécialistes de cette dernière l’extension de réseau bancaire s’inscrit dans une optique de développement des produits et services pour permettre à la clientèle de la banque de bénéficier du meilleur service possible et de toutes les innovations bancaires.
MFB

Source : La Tribune n°534




Interview exclusive du Président Mohamed Ould Abdel Aziz

26122010

A paraitre ce lundi 27 décembre 2010 Interview exclusive du Président Mohamed Ould Abdel Aziz à lire dans La Tribune N°530 du 27 décembre 2010 

Pour la première fois un Président mauritanien en exercice accorde à un journal local un entretien exclusif…  « Je n’ai pas besoin ni envie de diviser les gens pour avoir des voix ou pour contrôler les votes en opposant les uns aux autres »                                                                       « Je serai heureux le jour où les gens ne viendront pas me voir pour me demander une licence de pêche, un passe-droit, une faveur, mais pour me poser des problèmes d’ordre communautaires, d’ordre nationaux » 

Exclusivité ‘La Tribune’ :


Une première dans l’histoire de notre presse indépendante qui existe depuis la deuxième moitié des années 80. Jamais un Président en exercice n’a accepté de donner une interview à un journal du pays.

A chaque fois que j’ai introduit une demande, la réponse fut la même : « On ne peut pas vous donner cette faveur, à vous et laisser les autres ». Au temps de Moawiya Ould Taya, jamais de réponse, ni même de semblant.

Au temps de Eli Ould Mohamed Val et de Sidi Ould Cheikh Abdallahi, les « cellules de communication » avaient trouvé la parade pour éviter le face à face : à chaque fois elles ont convoqué des conférences de presse restreintes ou ouvertes. 

Cette interview – historique parce que sans précédent – a une histoire. Depuis quelques mois nous essayons de l’avoir. A l’occasion du premier anniversaire de l’élection du Président Ould Abdel Aziz. Mais il y avait ce souci de créer un exercice nouveau qui est celui de s’adresser directement au peuple à travers plus de deux heures de retransmission en direct du débat (août 2010). Puis nous relançons à l’occasion du cinquantenaire.

L’idée était de publier la dernière interview que j’avais faite avec feu Mokhtar Ould Daddah, premier président du pays, et la première interview que je fais avec l’actuel (je fus le premier à interviewer feu Mokhtar Ould Daddah en 1995). Un peu le souci de raccorder les deux hommes, les deux visions, les deux ères.

Ould Abdel Aziz ayant décidé la réhabilitation de Ould Daddah au rang de Père de la Nation, ayant surtout en projet de construire une Mauritanie nouvelle réconciliée avec elle-même et avec son environnement et fière d’être.

En juin 2003, j’ai rencontré pour la première fois Mohamed Ould Abdel Aziz, à l’époque colonel commandant le Bataillon de la sécurité présidentielle (BASEP). Il venait de vivre la dure épreuve du putsch du 8 juin. Il fut – je l’avais écrit à l’époque – l’élément moteur de l’échec de ce coup qui a coûté cher au pays (17 morts dont Mohamed Lemine Ould Ndeyane, chef d’Etat Major à l’époque).

Son bureau portait encore les stigmates de la folle entreprise : vitres brisées, murs perforés, impacts de balles partout, , de quoi se dire que le commandant du BASEP avait été un objectif. « Tu sais, si ce type (Ould Taya, ndlr) ne tire pas la leçon de ce qui vient de se passer, le pays risque d’aller à la dérive».

C’est à peu près ce que le colonel Ould Abdel Aziz m’avait dit en me racontant le retour épique de l’équipe à la présidence après plus de 24 heures passées soit en combattant (pour lui) soit en se terrant dans le camp de Garde (pour le Président et sa suite). Ce n’était pas facile pour un officier de l’époque de tenir de tels propos devant un inconnu qui plus est un journaliste.

Le 28 janvier 2006, au Palais des Congrès, le colonel Eli Ould Mohamed Val vient de pérorer sur le vote blanc, le présentant comme une troisième voie pour éviter les candidats civils. La salle est estomaquée. Le colonel Ould Abdel Aziz, toujours commandant du BASEP, se lève. Nos regards se croisent. Je lis la fureur sur son visage. Il ajuste sa tenue et se rend immédiatement à son QG.

Il ordonne le déploiement de ses unités. Il me parlera plus tard d’une tentative de coup sur le processus de la part de son cousin et président du CMJD. « Un officier n’a que sa parole à donner et nous nous sommes engagés à mener un processus qui doit nécessairement aboutir à une élection libre. Ni prolongation de la transition, ni entorse au processus ne seront permises ».
Juin 2008, je suis appelé par Amal Mint Cheikh Abdallahi, la fille du Président Sidi qui dirigeait de fait la cellule de communication. Elle veut discuter de la situation politique du pays, me faire comprendre ce qui se passe.

A l’expression de son visage, je vois que les choses se corsent. Comme je suis à la présidence, je vais voir le Général Mohamed Ould Abdel Aziz – devenu chef du cabinet militaire du Président. « Tu vois comment la cellule de communication instrumentalise la presse contre moi, me dit-il en exposant des articles truffés d’insultes à l’égard de sa personne et de ses alliés. Je peux te dire qu’il n’y aura pas un coup d’Etat, que ce qui sera entrepris respectera la Constitution ». J’en déduis que la crise est profonde. Je vais dans le bureau de Boydiel Ould Hoummoid, fraichement nommé ministre secrétaire général de la présidence.

Je lui donne ma lecture : son prédécesseur, Yahya Ould Waghf, et globalement l’entourage civil de Ould Cheikh Abdallahi, a engagé un bras de fer avec l’aile militaire du pouvoir, une démarche suicidaire et dangereuse pour l’équilibre du pays et pour la démocratie, j’interpellais en lui sa sagesse et son non engagement dans cette querelle pour essayer de recoller ce qui peut l’être.

Suivront les événements que l’on sait : tentative de régler le différent par députés interposés, offensive de l’aile civile du pouvoir, limogeage de tous les chefs militaires en pleine nuit et coup d’Etat du 6 août.

Octobre 2008, je suis convoqué à la présidence. Le Général Ould Abdel Aziz semble serein malgré toutes les menaces qui pèsent sur son pouvoir : refus de la communauté internationale de le reconnaitre, contestations intérieures et essoufflement du pays qui est en instabilité depuis quelques mois. Il parle des Etats généraux de la démocratie. Je lui dis qu’ils ne signifieront rien si l’opposition n’y participe pas.

« Elle va y participer. Nous ne ferons aucune démarche politique qui n’inclut pas tous les acteurs ou en tout cas la majorité d’entre eux. Même s’il y a des élections, ce ne sera qu’avec tout le monde ».

Quatre moments qui résument pour moi cette personnalité : le franc-parler, la fermeté, la témérité et la détermination. Des qualités autrement perçues par ses détracteurs qui voient en lui un homme « introverti », « emporté », « rustre » et « méprisant ». Oubliant que cet homme-là les a menés en bateau jusque-là.

D’abord pendant la première transition en les emmenant, pour la plupart, à voter Ould Cheikh Abdallahi, un candidat sorti d’on ne sait où. Ensuite en 2008, en jouant l’ordre constitutionnel pour dénoncer le retour en force du système décrié de l’avant août 2005. Enfin en les amenant à signer l’Accord de Dakar et à organiser conjointement des élections où il s’est présenté comme le promoteur du changement contre une alliance contre-nature entre soutiens et opposants de l’ancien régime. Dont acte.

La Tribune : Nous fêtons cette année le cinquantième anniversaire de l’indépendance nationale. Qu’est-ce que vous retenez de ces cinquante ans de Mauritanie ?

Réponse : Beaucoup de tristesse pour mon pays. Par rapport à nos possibilités, ce qui a été fait est attristant. En matière de mauvaise gestion de nos ressources, de rendez-vous manqués, d’occasions ratées, sans parler de la pauvreté des populations, leur ignorance, le manque d’infrastructures de base… On peut toujours dire que nous sommes partis de rien et que quelque chose a été fait depuis 1960. Mais il nous reste énormément de choses à faire.

Notre pays brille par ses retards dans beaucoup de domaines, sinon tous. Au moins pour ce qui est des fondements d’un Etat. Nous avons toujours eu des frontières poreuses, peu contrôlées à cause d’un système de défense désuet et, dans certains cas, de la démission des autorités civiles et militaires. Nous pouvons dire que le minimum en la matière n’a pas été assuré toutes ces années-là.

L’Etat civil dont l’importance a été négligée des années durant, n’a rien gagné en fiabilité. Qui est Mauritanien, qui ne l’est pas ? Combien sommes-nous ? Comment vivons-nous ? Rien n’est vraiment cerné de façon précise. C’est peut-être là une critique sévère mais nous devons voir les choses en face pour pouvoir aller de l’avant et corriger ce qui doit l’être.

Savez-vous par exemple que nous ne maîtrisons pas encore les effectifs des fonctionnaires ? Que dire des biens de l’Etat ? Quelques-uns n’hésiteront pas à vous dire qu’il ne sert à rien de savoir combien l’Etat possède d’immeubles, de mobiliers, de matériels…

Chacun a tendance à s’enfermer dans un esprit d’insouciance totale oubliant que le fait de ne pas savoir avec exactitude le patrimoine de l’Etat, occasionne des dépenses parfois énormes. Chaque année, d’importantes dépenses sont faites pour se procurer du matériel de bureau – ordinateurs, bureaux, chaises. A la Présidence par exemple, le matériel qu’on a n’a pas besoin d’être changé pour les quinze ans à venir, ou presque.

C’est triste quand on sait que nous sommes tous responsables de cette situation : de l’analphabète au super-cadre, du planton au haut responsable. Nous avons créé, entretenu, encouragé pour les uns, tandis que les autres n’ont pas décrié, dénoncé s’ils n’ont pas applaudi.

La Tribune : Comment faire pour s’en sortir ?

Réponse : Il faut changer d’attitude et pour cela il faut une prise de conscience globale et effective de cette situation. On ne peut guérir quand on est malade que si on sait de quoi on souffre. Notre pays est vaste mais il est plein de ressources qui auraient dû servir pour son développement.

Finalement tous ces retards sont le fruit de la gabegie, de la corruption et de l’inconscience d’un intérêt national supérieur. Ce n’est pas le fait de la colonisation, ni celui des pays voisins, ni celui des multinationales, ce sont les Mauritaniens qui sont responsables de ce qui leur est arrivé.

Le jour où tous, nous prendrons conscience du prix que nous payons à cause de la mauvaise gestion de nos ressources, de nos atouts, la lutte contre la gabegie sera une exigence sociale. Aujourd’hui nous en faisons un programme parce que nous croyons que c’est le mal du pays. Mais il faut arriver à un moment où ce sont les populations elles-mêmes qui refuseront de souffrir la prévarication.

Il faut voir les usagers des services publics refuser de payer un tribut en contrepartie d’un droit. Les voir se plaindre et manifester ce refus, tout faire pour que cela aille au niveau supérieur.

Il faut voir les gens vilipender les voleurs et les traiter en tant que tels. C’est comme ça que nous pourrons arriver à quelque chose. Ce doit être l’effort de tout un chacun pour le bien de tous.

Je ne demande pas personnellement d’être chanté, je le refuse d’ailleurs. Je veux rompre avec les accueils fastes et célébrant la personne du Président. Pourquoi ? J’estime que cela participait à la culture de l’indignité du citoyen mauritanien. Les pratiques du passé ont ancré la corruption des mœurs et des esprits. Aujourd’hui nous devons libérer le citoyen de ce joug, lui permettre de recouvrer sa dignité.

Je serai heureux le jour où les gens ne viendront pas me voir pour me demander une licence de pêche, un passe-droit, une faveur, mais pour me poser des problèmes d’ordre communautaires, d’ordre nationaux. Je vous dis que le pays est riche mais que son pillage systématique a compromis son développement. Il va falloir tout redresser y compris la personne.

La Tribune : Mais dans ce cas où tout est urgence, quels sont les secteurs prioritaires pour vous?

Réponse : Comme je l’ai dit plus tôt, il y a d’abord la mentalité à changer, à rendre plus rationnelle, plus portée sur l’intérêt général, plus dynamique, plus confiante. Le Mauritanien d’aujourd’hui doit s’assumer. Pour cela il a besoin d’un système éducatif à même de lui offrir ce à quoi il aspire.

Comment se fait-il que cinquante ans après l’indépendance, nous soyons encore dans la situation du demandeur en toutes spécialités ? Nous avons besoin de spécialistes en médecine, d’ingénieurs, de techniciens dans tous les domaines, même dans les petits métiers.

Le seul domaine où l’on semble avoir un semblant d’autosuffisance est celui des porteurs. En fait, le système éducatif ne répond pas aux besoins du pays en matière de développement. Pendant cinquante ans nous avons été prisonniers de polémiques autour de la question des langues, alors que l’enseignement se détériorait dans l’insouciance totale.

On a continué à former dans les filières littéraires qui ne font pas le développement. Combien ? 85% des milliers de diplômés le sont dans les matières littéraires et ne peuvent donc produire.

Nous devons inverser ce rapport dans les années à venir. Avoir 85% de nos diplômés dans les matières scientifiques et techniques surtout que le pays, vu ses richesses minières, est appelé à développer des expertises en la matière pour faire face à la voracité des opérateurs, faire les meilleurs plans de développement et imposer la plus profitable des exploitations de nos richesses.

Au lieu de continuer à se heurter au problème des langues, nous devons nous consacrer à dispenser un enseignement de qualité pour former les hommes de demain.

La Tribune : Pourtant les Etats généraux de l’éducation que vous aviez promis tardent…

Réponse : Nous avons une vision globale de la question. Les Etats généraux seront l’occasion pour toutes les forces vives de la Nation de s’exprimer sur la question. Mais dans l’optique de créer une école à même de répondre aux exigences du monde moderne et aux besoins du pays en matière d’emplois. Il ne faut pas se tromper : si l’éducation marche, tout marchera.

La Tribune : Et après l’éducation, quelles autres priorités ?

Réponse : La priorité est celle-là. Il faut l’accepter. C’est d’ailleurs elle qui déterminera le changement de mentalité que je prônais tantôt.

Nous avons aussi les infrastructures qui sont tout aussi déterminantes dans la formation de l’homme mauritanien nouveau. Les routes, l’électricité, la disponibilisation de l’eau courante, les centres de santé… tout cela offre de meilleures conditions aux populations, aux enseignants qui ne refuseront plus d’aller dans leurs postes d’affectation parce qu’ils ne sentiront plus de différences dans la qualité de vie entre l’intérieur et les grands centres urbains.

Il y a aussi la Justice qui subit aussi les effets de la crise du système éducatif. Encore ce problème de formation et d’adéquation entre les cursus et les besoins dans les tribunaux. Les gens ont tendance à croire que le seul problème de la Justice est la corruption.

Il y a aussi ce besoin pour les Magistrats d’être formés pour pouvoir appréhender toutes les problématiques du monde moderne. Récemment encore un bateau battant pavillon français a été condamné pour avoir transporté une cargaison de riz jusqu’au port de Nouakchott. Ce qui s’est joué autour de ce riz n’est pas de sa responsabilité, ce qui ne l’a pas empêché d’être condamné.

En définitive quand je regarde l’héritage que nous avons eu, je me dis que tout est prioritaire. C’est pourquoi je ne veux pas qu’on perde encore du temps à chercher ce qui dot être fait en premier. Pourquoi ne pas tout engager en même temps, aller finalement se battre sur tous les fronts du sous-développement et de l’arriération ?

La Tribune : Monsieur le Président, actualité oblige, parlons du dernier ralliement de Adil à la Majorité présidentielle. Est-ce pour vous l’ultime aboutissement du dialogue avec l’opposition auquel vous avez appelé récemment ? Et surtout est-ce qu’il y a une gêne de voir revenir ceux qui étaient hier décriés comme des prévaricateurs ?

Réponse : Le dialogue dont j’ai parlé ne signifie pas fatalement la participation comme il ne signifie absolument pas un retour en arrière. Pour ce qui est de Adil, je dirai que tous les Mauritaniens sont égaux devant nous. J’affirme ici qu’il y a un fait sur lequel aucune négociation n’est possible : la volonté de changement. Permettez-moi de revenir en arrière.

En 2005, nous avons décidé de faire le changement pour éviter à la Mauritanie une dérive certaine. Sur le plan politique, nous avions voulu et assuré l’ouverture politique permettant aux acteurs politiques d’entrer sereinement dans le jeu.

Sur le plan économique nous avons réussi à restaurer la confiance des bailleurs de fonds qui se sont finalement engagés aux côtés de la Mauritanie. Sur le plan social, nous avons voulu libérer l’homme mauritanien des pesanteurs et des pressions jusque-là exercées sur lui. Nous avons en partie réussi. Nous l’avions cru quand nous sommes sortis de cette première transition avec des élections libres et transparentes.

Moins d’un an après ces élections, nous avons assisté aux premières tentatives de reprise en main du pouvoir par ceux-là même qui l’ont exercé plus de deux décennies durant et qui ont été responsables des multiples blocages ayant justifié le changement d’août 2005. Nous avons alors encouragé une résistance légale et démocratique. La réponse a été le renforcement du camp qui consacrait le retour en arrière.

Avec les mêmes figures, le même niveau de gabegie, autant dire que le décor était planté y compris au niveau du folklore consacré. Ne manquait que le chef d’orchestre de cet assemblage qui avait pillé le pays 25 ans durant.

Il s’en est suivi fatalement le changement qu’on connait puis la transition qui a permis d’organiser des élections libres et transparentes où le peuple mauritanien a fait son choix en lui octroyant 53% des suffrages exprimés. Fort de cette légitimité, je vous dis ici que je n’ai pris aucun engagement pour un homme politique, un chef de clan ou autre.

Le seul engagement que j’ai, c’est celui que j’ai contracté auprès du peuple mauritanien et qui tourne autour du changement par la lutte contre la corruption, la gabegie, l’ignorance, la pauvreté, l’injustice, la précarité, en définitive pour l’édification d’un Etat moderne au service de ses citoyens et fier d’être lui-même.

Ce ne sont pas les soutiens de première ou de dernière heure qui me feront changer de cap. Mais je vous dis aussi que le projet qui est celui-là est heureux d’être servi par tout mauritanien qui y croit. Tout celui qui veut participer à notre entreprise est le bienvenu.

La Tribune : Mais quand vous appelez au dialogue, n’est-on pas en droit de se demander « dans quel cadre » ?

Réponse : Je l’ai dit et je le répète : nous sommes tous ici dans notre pays. Nous sommes tous concernés par ses problèmes. Nous sommes tous appelés, pouvoir et opposition, à imaginer des solutions à ces problèmes. Mais en définitive c’est au pouvoir de mettre en œuvre ses choix de développement, pas à l’opposition.

Nous acceptons donc de discuter de tous les problèmes mais pas de partager la prise de décision qui revient de droit à celui dont le programme a convaincu la majorité du peuple mauritanien. Discuter ne veut donc pas dire partager. Si l’on accepte cela, il ne restera plus que donner des formes et un cadre au dialogue.

La Tribune : Vous avez toujours parlé de réformes institutionnelles indispensables aux rééquilibrages des pouvoirs. N’est-ce pas là un thème de dialogue ?

Réponse : Je suis prêt à discuter de tous les sujets. Le cadre pourrait être celui d’une ou de plusieurs journées de réflexion qui pourraient se tenir à la demande soit de la Majorité soit de l’Opposition. Et là tout peut être l’objet de discussions.

Mais il y a l’Assemblée nationale qui est aujourd’hui un espace de dialogue permanent. C’est là quand même que les grandes décisions sont prises et c’est important que toutes ces décisions fassent l’objet de critiques et de commentaires de la part des élus. Il faut savoir qu’il y a des députés de la Majorité qui critiquent les décisions. Parfois à l’excès.

Nous voyons parfois des gens s’en prendre à des situations qu’ils ont soutenues par le passé, au moins qu’ils n’ont jamais dénoncées. Mais heureusement que ceux qui écoutent n’ont pas la mémoire courte et ont assez d’intelligence pour discerner le vrai du faux.

La Tribune : On dit dans notre milieu que vous allez à une vitesse que ne peuvent tenir vos collaborateurs. Est-ce que vous le sentez parfois ?

Réponse : Ce n’est pas seulement dans votre milieu qu’on le dit. Même des membres du gouvernement sont venus se plaindre du rythme que je leur impose. Certains disent qu’ils sont surchargés. Mais le pays a besoin de rattraper le temps perdu. Il faut aller vite. Mais il faut surtout se départir de cette tendance de toujours vouloir partir de zéro. Pour cela mettre à profit l’expérience des autres.

Quand nous avons voulu avoir un hôpital oncologique, on nous a dit qu’il vaut mieux avoir le traitement au cobalt, un vieux système que connaissent apparemment les cadres de la santé. Mais j’ai tenu à avoir la dernière technologie. Si les nôtres peuvent travailler immédiatement là-dessus, c’est tant mieux. Sinon nous ferons appel à l’expertise étrangère en attendant de former des spécialistes.

C’est cette option qui a été finalement retenue malgré le manque de confiance des nôtres. Je demande ici : mais pourquoi avouer son échec à l’avance ? Partir sans la foi en la réussite, c’est principalement ce qui nous empêche d’avancer.

L’attente d’avoir ceci ou cela pour faire ce qui doit l’être dans l’urgence, est la pire des attitudes. Combien de fois j’ai entendu les uns dire qu’ils attendaient le concours de tel ou tel bailleurs pour lancer tel ou tel projet vital. Nous faisons désormais ce que nous pouvons par nous-mêmes.

Regardez par exemple, partout où je suis allé on m’a posé le problème de l’eau. Et c’est vrai qu’on est en retard et très en retard. Regardez ce qui a été fait rien que sur le budget de l’Etat, sans concours extérieur. Pour Magta Lahjar la question de l’eau a toujours été posée. On a toujours attendu le concours extérieur pour permettre aux populations de cette grande ville d’avoir une eau potable saine.

Mais j’ai décidé de mettre fin et au plus vite à cette triste situation. Aujourd’hui le Génie militaire a été sollicité pour en faire une priorité. Ce sera fait, Inchaa Allah, dans quelques mois. L’exemple de l’alimentation de quartiers comme Arafat est édifiant en la matière.

La Tribune : Il y a quand même un fait : vos collaborateurs n’incarnent pas forcément les valeurs que vous voulez cultiver. Qu’en pensez-vous, Monsieur le Président ?

Réponse : Ils vont finir par incarner ces valeurs. Nous revenons à la question des mentalités, des attitudes vis-à-vis de la chose publique, de l’éducation… Ce pays a souffert pendant plus de 20 ans durant, une gestion à la base de laquelle se trouve le mensonge. Chacun de nous l’a critiquée en son temps, ne serait-ce que secrètement. Mais il est temps de reconnaitre où nous en sommes et de changer.

Aujourd’hui, il y a des ministres qui travaillent franchement pour pousser les choses, les faire avancer. Ce que je leur répète c’est qu’il y a solution à tout problème. Je reviens à l’exemple de l’eau.

On est surpris quand on fait l’état des sondages et de leurs capacités. Comment les trois millions de mauritaniens ne sont-ils pas suffisamment alimentés ? C’est que chaque petit regroupement familial veut avoir son sondage, son école, son dispensaire. Beaucoup d’irrationalité dans la répartition de toutes ces infrastructures publiques. Avec en plus pour résultat, l’atomisation des efforts de l’Etat, l’éclatement social et l’impossibilité pour les autorités de satisfaire les besoins des citoyens.

Nous avons opté pour la politique des regroupements des populations. Au lieu de suivre et d’accompagner les chefs de tribus ou de cantons, l’Etat prend les choses en main. Il favorise les regroupements en choisissant d’abord un lieu viable puis en construisant les infrastructures qui peuvent assurer les services de base. L’Etat a les moyens de viabiliser des villages mais seulement sur des bases saines.

Dans le temps, cette atomisation a été voulue par les autorités souvent pour des raisons politiques. Moi, je n’ai pas besoin ni envie de diviser les gens pour avoir des voix ou pour contrôler les votes en opposant les uns aux autres. Il faut que les gens comprennent qu’il est de leur intérêt de se regrouper pour permettre à l’Etat de leur assurer un minimum de services pour l’amélioration de leurs conditions de vie.

Autre problème posé par le manque de vision en matière d’urbanisation, celui du développement anarchique des villes. Nos villes d’aujourd’hui se développent tout au long de la route goudronnée. Imaginons que dans cinquante ans, nous aurons une mégalopole allant de Nouakchott à Nbayket Lahwash, mais de boutiques ouvertes de part et d’autre du goudron.

C’est absurde, acceptez-le. Mais en plus absurde et en plus injuste, le fait d’avoir quelques riches hommes d’affaires qui ont des concessions rurales de plus de 20.000 ha à Nouakchott, au moment où les populations souffrent la promiscuité dans des gazras dans l’attente de lots de moins de 200 m2. Et quand ces populations bénéficient d’attributions, les riches viennent leur racheter leurs terrains.

La Tribune : Venons-en à l’actualité liée à la sécurité. Comment évaluez-vous le travail qui a été fait ?

Réponse : Le terrorisme a frappé notre pays qui a manqué de réaction efficace. On peut dire que le pays n’avait pas mobilisé les moyens et donc n’avait pas les capacités de faire face au défi sécuritaire. Tout cela parce que les moyens ont été dilapidés, détournés par des particuliers.

Il est vrai que nous avons un territoire vaste et difficile à contrôler, mais cette contrainte se pose aussi aux éventuels agresseurs. Encore faut-il avoir la volonté de reprendre les choses en main et de faire face. Nous, on est chez nous, c’est l’avantage que nous avons sur les autres. Nous avons décidé de réagir. Aujourd’hui nous estimons que nous avons le strict minimum pour assurer la sécurité du pays et protéger ses frontières.

Nous avons d’abord décidé de reprendre en main tous les postes militaires du pays. Le poste de Ain Bintili n’a pas été occupé depuis février 1976. Celui de Lemreya était au bout du monde, aujourd’hui c’est une base qui a l’eau, l’électricité et où il est désormais envisagé de construire un aéroport international de dégagement.

Il n’y a pas un point dans le désert mauritanien qui ne voit passer un groupement militaire mauritanien plusieurs fois par jour. Entre l’occupation permanente et celle temporaire, il n’y a plus de vide dont peuvent profiter trafiquants et criminels.

Les résultats sont là : depuis l’attaque de septembre 2008, il n’y a pas eu d’attaque frontale, ni d’incursions armées de terroristes ; La restructuration de l’Armée a été réussie. Mais, plus important, les trafiquants de drogue ne se sentent plus en sécurité dans notre territoire. Aussi faut-il dire que dans notre pays il n’existe aucune base de terroristes, aucun camp d’entrainement.

L’approche sécuritaire a réussi grâce aussi à la forte coordination avec les pays frères voisins concernés. La parfaite entente de ces pays est nécessaire pour contrer ce fléau.

Sur le plan interne et pour compléter l’approche sécuritaire, une action a été engagée. Elle vise la sensibilisation de l’opinion publique sur le phénomène. Cette sensibilisation a pour objectif d’immuniser les jeunes générations et d’empêcher le recrutement. On revient toujours à l’éducation. Mais en attendant de travailler là-dessus, il s’agissait de présenter ces groupes sous leur vrai visage qui n’a rien à voir avec l’Islam. Les Mauritaniens condamnent dans leur totalité ce phénomène de l’extrémisme.

Parallèlement, il y a eu ces grâces qui ont permis de libérer des jeunes impliqués à des degrés divers, mais faiblement, dans des actions données. Cette règle du pardon ouvre la porte à la possibilité pour d’autres de revenir sur le droit chemin. Il reste que cette approche est profondément déterminée par le redressement du système éducatif et par la lutte contre la pauvreté.

La Tribune : Toujours en relation avec l’actualité, que vous inspirent les révélations de WikiLeaks sur notre pays ?

Réponse : Je les prends très au sérieux parce qu’il s’agit en fait de copies-conformes des télégrammes envoyés par l’Ambassade des Etats-Unis à Nouakchott à son administration à Washington. J’estime cependant que ce qui est passé est passé. Même si je crois que nos politiques devraient être, désormais, plus prudents quand ils traitent avec l’étranger. Ils doivent aussi assumer ce qu’ils disent dans toutes les circonstances.

Je savais que ma vie était en danger, mais cela n’a jamais rien changé à mon programme. Je sais aussi que les opposants de l’époque avaient le droit de combattre par tous les moyens le changement qu’ils redoutaient parce qu’il ne servait pas leurs intérêts. Je les comprends.

Ceci dit, ceux dont on a parlé ne sont que la face visible de l’iceberg. Les gros caïmans qui sont derrière sont toujours terrés attendant l’occasion de compromettre le changement.

Qu’ils aient cherché à me liquider ou à arrêter le processus de changement, je ne leur en tiens pas rigueur. Je n’ai aucun ressentiment, aucune haine. Je vous dis que je les comprends. En 2003, je me suis opposé personnellement à une tentative de changement parce que j’estimais qu’elle était une aventure qui comportait trop de risques pour le pays. Mal pensée et mal mise en œuvre, j’ai jugé qu’il fallait la combattre par tous les moyens.

La Tribune : Monsieur le Président, on parle beaucoup d’un remaniement ministériel imminent. Qu’en est-il ?

Réponse : Le changement de gouvernement arrivera quand il le faudra. Je ne dirai pas que tous les Mauritaniens se valent, mais je crois qu’il faut donner à ceux qui sont nommés pour des postes de responsabilité l’occasion de faire leurs preuves. Le gouvernement ne changera pas tant qu’il fait ses preuves et qu’il assure le service.

Pour moi tout changement doit être motivé, réfléchi et étudié, sinon nous reviendrons fatalement en arrière. Un ministre qui n’a pas commis un acte avéré décrié, je ne vois pas pourquoi je le démettrai. Ce n’est pas la peine de changer tous les six mois ou tous les ans. Je crois qu’il est plus juste de laisser les ministres s’adapter à la personnalité du Président, à son rythme pour chercher à harmoniser l’action en vue de la réalisation des objectifs prédéfinis.

Merci Monsieur le Président de la République

Propos recueillis par Ould Oumeïr
La Tribune N°530 




Guerre contre AQMI :

8112010

Guerre contre AQMI :

Le Mali et la Mauritanie côte-à-côte

 

La relève des forces mauritaniennes engagées à la mi-septembre dans le nord malien, a trouvé renfort : ce sont des patrouilles mixtes, composées d’éléments maliens et mauritaniens, qui sillonnent le nord malien à la recherche des bandes armées de Al Qaeda au Maghreb Islamique (AQMI). En effet, des bataillons de l’Armée malienne ont rejoint leurs frères mauritaniens qui sont installés au nord de Tombouctou depuis quelques temps. C’est ce qui explique la visite de quelques jours dans notre pays effectuée par le général Gabriel Poudiougou, chef d’Etat Major de l’Armée malienne.

« C’est une visite de quelques jours. Tous les problèmes sécuritaires seront abordés, surtout que cette visite intervient quelque jours après l’arrivée dans notre désert de la relève des troupes mauritaniennes« , a affirmé une source malienne à l’AFP. Dans une déclaration à la presse à cette occasion, le responsable de l’état-major malien a rappelé que son pays « occupe actuellement la présidence de l’état-major commun installé à Tamanraset« . « C’est donc normal, nécessaire, de parler des problèmes communs à tous les pays de cette zone« , a-t-il affirmé, en soulignant la « détermination » du Mali à combattre le terrorisme.

La semaine dernière, un nouveau mouvement de troupes mauritaniennes a été signalé dans le désert malien. Aussi a-t-on parlé d’un accrochage meurtrier entre des éléments de l’organisation terroriste et une tribu arabe du nord du Mali. Il s’agirait d’une levée de troupes de la tribu pour venger l’assassinat, il y a près d’un an, de l’un de ses ressortissants, officier du reste de l’Armée malienne. Au cours de cet accrochage, AQMI aurait perdu cinq hommes.

Selon des informations données par RFI, de nombreux véhicules de l’armée mauritanienne ont franchi la frontière pour prendre position dans le désert, côté malien. Sur le nombre de soldats et le matériel militaire, pas de chiffres fournis : secret défense. D’après ces informations, il existe également un dispositif aérien. Un avion militaire mauritanien est pour le moment au sol dans la zone alors qu’un second fait la navette entre le nord-ouest du Mali et Nouakchott. 

Toujours selon la radio française, les militaires mauritaniens seraient plutôt bien accueillis par les populations dont ils parlent la langue (Hassaniya).

Depuis le 22 septembre dernier – date de la première incursion contre AQMI – l’Armée mauritanienne met en œuvre une stratégie basée sur des frappes ciblées en vue de prévenir tout mouvement des éléments terroristes vers son territoire.

L’entrée en scène à ses côtés de l’Armée malienne est un passage à une seconde phase qui doit être celle du harcèlement de l’organisation terroriste en vue de la sortir du territoire malien. Cette convergence dans l’action militaire est une concrétisation de la volonté commune des pays concernés. En effet le commandement de l’Etat Major unifié de Tamanrasset est revenu au Mali lors de la dernière réunion des chefs militaires. Ce sont donc les Maliens qui essayent de concrétiser cette volonté de mettre fin à la menace des groupes armés. Mais où est l’Algérie qui possède moyens matériels et humains ?

Si l’on en croit le Premier ministre algérien, Ahmed Ouyahya, les pays du Sahel ont besoin de « moyens ou de fonds pour développer l’administration des régions nord de leurs pays et renforcer leurs forces de sécurité ». Ils « n’ont pas besoin d’un déploiement étranger ». Rappelant la position algérienne à toute intervention étrangère dans la zone. Même s’il a insisté pour dire : « Nous assumons notre devoir sur notre territoire comme nous l’assumons à l’endroit de nos voisins à travers les mécanismes des chefs d’état-major, des services de sécurité et d’autres rencontres », il reste que l’absence de l’Algérie du théâtre des opérations reste inexpliquée.

Quant à la présence étrangère dans la zone, l’Algérie est accusée d’abriter une base américaine de cinq cents hommes près de Tamanrasset justement. Cette base, selon les révélations du Canard enchaîné, serait destinée à abriter un centre d’écoute. On sait par ailleurs que son hostilité vis-à-vis de la présence étrangère, est surtout destinée à éviter une ingérence française. Par contre la coordination et la convergence avec les Etats-Unis d’Amérique fait partie des options affichées par l’Algérie. La mauvaise foi est donc évidente.

D’autant plus que les moyens, faramineux par rapport à ceux du Mali, du Niger ou de la Mauritanie, de l’Algérie ne sont pas mis en contribution. Ni les drones, ni les avions de chasse, ni les commandos spécialisés et aguerris, ni le tapis de dollars en réserve, ni même la presse pourtant incisive quand il s’agit des intérêts algériens… rien n’a été mobilisé pour aider à l’effort commun visant l’éradication de la menace sur le Sahel. Du moins jusqu’à présent… Dans son intervention devant le Parlement, le Premier ministre Ahmed Ouyahya a martelé que « si demain nous avons une présence occidentale de quelque pays que ce soit (dans cette région), ils (les terroristes) vont devenir des moudjahidine et là, nous créerons un enfer avec les meilleures intentions du monde ». Qualifiant les terroristes sévissant dans cette région de « criminels », il a estimé que « les populations au Niger et au Mali les considéraient comme des bandits ».

Pour sa part, le Président de la République Mohamed Ould Abdel Aziz, ne manque pas une occasion pour rappeler la détermination du pays à combattre le phénomène en portant la peur dans les rangs des terroristes. Dans une interview accordée à Arabies, a déclaré que seule une stratégie cordonnée et continue permettra de mettre fin à la menace terroriste. «En fait, a-t-il précisé, nous savons aujourd’hui qu’il s’agit de groupes d’individus hors la loi, qui veulent se donner une amplitude qu’ils n’ont pas, à travers la terreur, le trafic de drogue, des armes de toutes sortes, et de l’immigration clandestine». Et donc «il n’est pas permis de dire qu’une armée structurée disposant de moyens logistiques à l’échelle nationale ne peut pas mettre fin à l’existence d’une poignée de terroristes, et il n’est pas admissible qu’un Etat, quelle que soit la faiblesse de son armée, reste les bras croisés face à de telles bandes de terroristes».

Et de préciser : «Nous sérions très reconnaissants aux pays frères et amis qui voudraient nous assister dans ce domaine. Mais, pour combattre les terroristes qui nous attaquent, nous comptons d’abord sur les moyens dont nous disposons. Je sais que les terroristes dans la sous-région bénéficient parfois, malheureusement, de complicités locales, car dans les milieux où sévissent la pauvreté et l’ignorance, on résiste plus difficilement à la corruption et au chantage. Mais, si les pays de la sous-région entreprenaient une stratégie sous-tendue par des efforts coordonnés, cohérents et continus, il n’y aurait pas de raison que le terrorisme s’y développe». Et de conclure : «Face à la menace terroriste, les pays se doivent d’unir leurs efforts». C’est ce que le Mali et la Mauritanie viennent de lancer. 

Fidèle à ses positions radicales sur la question, la Coordination de l’opposition démocratique (COD) a estimé la semaine dernière que la « guerre » menée par le gouvernement contre AQMI dans le nord du Mali avait pris la forme « d’une aventure aux conséquences graves ». « Nous assistons à une déclaration de guerre contre Al-Qaïda, une véritable aventure aux conséquences graves pour le pays », a affirmé le président de la COD, Mohamed Ould Maouloud, au cours d’une conférence de presse. « Nous avons toujours soutenu la lutte contre le terrorisme menée par les Mauritaniens, mais ce qui se passe aujourd’hui procède visiblement d’une stratégie dictée de l’extérieur » a-t-il accusé, en faisant clairement allusion à la France. Reprenant les termes utilisés par AQMI dans ses communiqués concernant la Mauritanie, la COD a dénoncé ce qu’elle qualifie de « guerre par procuration, la présence militaire étrangère dans le pays et des expéditions de notre armée à l’extérieur de nos frontières », dixit Ould Moloud. « Nous demandons à nos amis étrangers de nous laisser gérer cette lutte contre le terrorisme suivant nos procédés et dans un cadre consensuel, non à travers leur vision qui ignore la complexité de la réalité locale », a-t-il ajouté.

Ceux qui soutiennent cette position occultent tout le mal qui a été fait à la Mauritanie par AQMI et bien avant par le GSPC : attaques des garnisons coûtant la vie à nos militaires, assassinat et rapts d’étrangers sur le sol national, menaces sur l’économie, tentatives de déstabilisation… La Mauritanie n’a pas choisi de faire la guerre. Elle s’est défendue – tardivement – car il a fallu attendre juillet 2010 pour voir l’Armée mauritanienne reprendre l’initiative et porter un sérieux coup aux terroristes. Septembre suivra. Le Président malien Amadou Toumani Touré a récemment déclaré sur les antennes de RFI que les opérations mauritaniennes étaient «une réussite totale». De son côté, son homologue mauritanien l’a remercié solennellement pour sa compréhension et sa précieuse aide en ouvrant les travaux du dialogue national sur l’extrémisme et le terrorisme. Un échange de bons procédés qui permet aujourd’hui aux deux pays de mener côte à côte une guerre qui les concerne au même titre.

 

MFO (avec agences)

 

Encadré :

Premiers «gains»

 

L’accrochage entre une tribu arabe du nord malien et les éléments de AQMI n’est pas fortuit. Il est le premier d’une série à laquelle il faut s’attendre. La prolifération des éléments armés dans cette zone a pour première conséquence la destruction du tissu économique local qui tourne essentiellement autour du tourisme. Elle contribue à tarir l’aide internationale sans laquelle, il n’y a pas de développement de base. Les conflits d’intérêts entre chefs de guerre AQMI et populations locales sont évidents et désormais courants. C’est bien sur ce que les Etats doivent agir : investir les populations et les arracher du joug des preneurs d’otages. Cet accrochage est peut-être un début de rupture.

Deuxième signe «positif», la «reddition» d’un jeune mauritanien qui a fui les camps du nord malien pour se rendre à la police de Timbédra dans le Hodh. Originaire de cette ville, Izidbih Ould Mohamed Mahmoud Ould Weiss, à peine trente ans, a rejoint les camps avec son frère aîné en 2008. Il y a subit un entraînement complet sous la houlette de Abdel Karim Targui, chef de la katiba «Al Ansar», auteur présumé du rapt puis (éventuellement de l’assassinat de l’otage français Michel Germaneau. Il a, selon une dépêche de l’AFP citant une source policière, « affirmé avoir choisi de revenir dans son pays et de rejeter la culture de la violence et ses adeptes dans lesquels il ne voyait plus, ni son avenir, ni d’objectifs nobles quels qu’ils soient ». Selon la même source, le jeune aurait affirmé à la police avoir dû prétendre être malade et avoir besoin de se soigner pour que cette organisation le laisse partir. Une récente loi mauritanienne sur le terrorisme, adoptée en juin, offre aux extrémistes qui se rendent aux autorités « avant leur arrestation » des conditions spéciales pouvant aller jusqu’à leur mise en liberté sous contrôle.

 

 

Encadré

Ould Weiss remis en liberté après sa reddition

 

Les services e sécurité ont remis en liberté, dimanche à Nouakchott, le jeune Izid Bih Ould Mohamed Mahmoud, dit Ahmed Ould Weiss, a appris ANI de sources informées.

 

Ould Weiss, âgé d’une trentaine d’années, a été libéré par les services de sécurité mauritaniens, après sa reddition, mercredi dernier. Il était depuis 2008 engagé sur les rangs de la katiba AL-Ansar d’AQMI où il a été formé sur le maniement des armes. Izid Bih était sous le commandement d’un malien, Abdel Karim Targui(le touareg).

Selon la police, les motivations de cette reddition sont « essentiellement d’ordre personnelles », car Izid Bih a déclaré, devant la police, « avoir été subitement eu la conviction de rompre avec la violence pour réintégrer la société comme citoyen normal et condamner toutes les formes de fanatisme et de recours aux armes ».

Ould Mohamed Mahmoud Izid Bih a prétendu être malade pou arriver à se défaire de l’astreinte de rester, en permanence dans le camp de la katiba Al-Ansar dans le nord du Mali, inique-t-on de source policière.

Les services e sécurité n’ont eu aucune difficulté pour remettre en liberté Ahmed Ould Weiss, lequel n’a jamais fait l’objet de mandat d‘arrêt de la part de la justice mauritanienne.

La nouvelle loi mauritanienne sur le terrorisme, adoptée en juin, dispose des largesses en faveur des salafistes qui annoncent leur reddition pouvant aller jusqu’à leur remise en liberté.

 

Source : ANI




PS

8112010

A la réunion des partis de l’Institution de l’Opposition tenue dimanche 31 octobre le parti Adil était absent. L’APP s’était fait représenter par son Secrétaire Général…Tous les autres partis constitutionnellement considérés comme membres de cette institutions étaient représentés par leurs présidents… 

Lundi 1er novembre, la COD tient une conférence de presse à l’UNAD. Sont présents, Messieurs Ahmed Ould Daddah, Président du RFD, Boidiel Ould Houmeid, président du parti El Wiam, Yahya Ould Waghf, président de Adil. La conférence de presse est animée par Mohamed Ould Maouloud, président de l’UFP et président sortant de la COD. L’homme doit passer le témoin à Abdel Qouddouss Ould Abeidna président de l’UNAD. Au menu : un bilan de l’action de l’opposition qui, pour Ould Maouloud, s’est révélée positif en ce qu’elle a permis de faire plier le pouvoir sur beaucoup de points, y compris la résolution des autorités à déclarer même tardivement leurs patrimoines. Mais pas question qu’Ahmed OUld Daddah réponde à des questions sur sa vision en tant que chef de file de l’opposition sur certains sujets comme les options du pouvoir face à la question du terrorisme. Et pour cause : « par tradition la parole est exclusivement à celui qui préside la COD. » 

Pourquoi alors, Adil a-t-il choisi de s’absenter à la réunion de l’institution de l’opposition et n’y a pas envoyé un représentant issu de ses propres instances ? 

Conformément à « la tradition », c’est Ould Maouloud, président sortant de la COD qui répond : « Je vous assure que la réunion de l’institution de l’opposition a coïncidé avec une réunion extrêmement importante du  parti Adil auquel son président ne pouvait pas ne pas être présent. Il m’a demandé de le représenter personnellement… » 

Comme Yahya Ould Waghf , conformément à la « tradition » ne va pas répondre, difficile de lui demander sur le coup si cette réunion extrêmement importante était faite en prélude aux préparatifs de l’entrée de son parti dans les rangs de la majorité présidentielle ou pas… 

Reçu à plusieurs reprises par le Président Ould Abdel Aziz, l’ancien Premier ministre de Sidi Ould Cheikh Abdellahi aurait récemment remis au président de l’Union Pour la République un document dans lequel sont consignées les exigences de son parti pour aller à  la majorité présidentielle. 

Ould Waghf absent à la réunion de l’Institution de l’Opposition ….Ould Maouloud, jamais reçu par Ould Abdel Aziz a-t-il été représenté auprès de ce dernier par celui que lui a pu représenter en lieu et place de tout autre cadre de Adil à la réunion de l’Institution de l’Opposition ? 

Kissima

Source : La Tribune 




Droits économiques des femmes du Sahel : pour un accès effectif aux ressources en eau et à la terre

8112010

Droits économiques des femmes du Sahel : pour un accès effectif aux ressources en eau et à la terre

Samedi 06 novembre 2010 s’est tenu à Nouakchott un atelier sur le thème « effectivité des droits économiques des femmes du Sahel ».  Cet atelier auquel les pouvoirs publics ont été représentés, aux côtés des coopératives féminines concernées venues du Trarza, par le directeur général de la Société nationale pour le développement rural (Sonader), s’inscrit dans le cadre d’un projet de recherche financé par le Centre Canadien de Recherche pour le développement International (CRDI).

Organisée par le Réseau Africain pour le Développement Intégré (RADI)  en collaboration avec  le Réseau pour la Promotion de la Citoyenneté (RPC), cette journée de plaidoyer a été consacrée à la réflexion sur  l’accès des femmes de Mauritanie, du Niger et du Sénégal à l’eau et à la terre.

Ainsi dans la présentation faite par l’équipe de recherche Mauritanie du projet intitulée « Rapport du Diagnostic Contextuel  en Mauritanie », il a été noté, entre autres, la présence d’importantes ressources en eau souterraines caractérisées par de grandes disparités géographiques, d’immenses ressources en terres arables et en eau  dans La Vallée du fleuve Sénégal ; celles-ci évaluées à 17 milliards de m3 constituant un atout majeur pour l’irrigation, l’alimentation en eaux de la vallée.

Par ailleurs, en mentionnant le potentiel hydrique du Trarza dont les ressources en eau souterraines et en  eaux de surfaces  ainsi que le niveau annuel des précipitations en fonction des aléas climatiques sont selon eux assez importantes, les présentateurs du rapport ont rappelé que « la constitution mauritanienne garantit l’intangibilité des droits économiques et sociaux sans distinction notamment sur la base du sexe. » Ils ont en outre insisté sur la nécessité d’élaborer « un certain nombre de stratégies en vue d’améliorer les conditions de vie des femmes et plus particulièrement celles des femmes rurales. »

Ce qui suppose à leurs yeux la « prise en compte de la dimension Genre dans le Cadre Stratégique de Lutte contre la Pauvreté » et une « stratégie d’institutionnalisation du Genre en plus de d’un « plan national de la femme rurale, entre autres actions visant l’effectivité des droits économiques de la femme dans la zone du Sahel.

A l’ouverture de ‘atelier, le représentant du RADI a fait un exposé sur le projet. Il a notamment rappelé l’expérience de son organisation qui créée en 1985 s’est attelée selon lui à des actions de plaidoyer relativement à des thèmes sur la sécurité alimentaire, le commerce équitable, la concrétisation des droits fondamentaux des femmes, etc.

Le représentant du RADI a également rappelé la nécessité de réfléchir sur les réformes foncières en vue de mieux en faire connaitre les enjeux car selon lui, 6/10 personnes méconnaissent la loi en la matière.

Les participants  à la journée de plaidoyer ont par ailleurs eu droit à une Introduction sur le bine fondé et la stratégie de plaidoyer. Présentée par Monsieur Rosnert Ludovic Alissoutin, membre de l’équipe de recherche sous régionale, cette introduction a mis l’accent sur les objectifs, contenus et outils visant l’effectivité des droits économiques des femmes en matière d’accès à l’eau à usage agricole.

 

La pauvreté et la vulnérabilité ont été indexées par tous les intervenants qui en ont imputé l’acuité au manque de structures en ressources hydriques ainsi qu’aux difficultés d’accès à la propriété foncière pour les  couches vulnérables du  Sahel ; notamment les femmes.

A l’issue des débats qui ont suivi les différentes présentations les travaux de groupes ont été consacré à l’examen de deux questions fondamentales.

D’une part, les participants devaient répondre à la question Comment maintenir  et élargir le projet et d’autre part à celle de savoir quel plan d’action mettre en place pour préparer le projet.

A l’une et l’autre question, les participants ont convenu de la nécessité de mette en place un cadre de concertation approprié, d’une analyse approfondie du rapport diagnostic en vue de le vulgariser ainsi que de l’ouverture du projet à des personnes ressources susceptibles d’aider à sa bonne conduite.  Il a été également question de rechercher des alliés potentiels ; notamment les élus et leaders d’opinions.

 KD, Compte-rendu

Source : La Tribune




Faits divers de La Tribune

8112010

L’affaire policier- médecin : le verdict tombe ! 

Le verdict relatif à l’affaire de l’agression perpétrée il y a de cela quelques semaines, par l’inspecteur de police en service au commissariat de Dar El Barka à l’endroit du médecin Ould Rassoul en service à L’hôpital Mère et Enfant de Nouakchott est tombé le mercredi dernier. La victime avait réclamé un million cinq cents mille de nos ouguiyas comme réparations pour préjudices moral et matériel subis. 

Après consultations, la cour a condamné l’inspecteur de police K.O.S, à un mois de prison avec sursis et à une amende d’un montant de 600.000UM. 

Il faut signaler que le médecin s’est réjoui de la solidarité que ses collègues lui ont apportée. 

Du chanvre dans la soupe 

A.N’Diaye, chauffeur de taxi a été contacté par sa patronne afin d’amener du repas pour son cousin qui est détenu à la prison de Dar Naim. Répondant à l’appel, il rejoint la dame qui était accompagnée d’une jeune fille qu’il devait déposer quelque part au centre-ville. Après avoir déposé la jeune fille, ils prennent la direction du pénitencier de Dar Naim, en cours de route, ils furent interceptés par l’Anti-Stup. Les hommes de Nejib fouillent minutieusement le véhicule avant d’ouvrir le bol où du chanvre a été enfuit dans le soupe. 

Le chauffeur et la jeune fille sont déposés au Commissariat de la police Anti-Stup et la bonne dame fut convoquée. Lors de l’audition, elle met le pesant fardeau sur le dos du chauffeur. Alors, le magnifique monde est déferré au Parquet de
la République. 

Le trio sera entendu par le procureur de
la République avant de défiler devant le juge du 3e Cabinet qui libère le chauffeur en présence de ses proches et amis sénégalais qui étaient présents. 

Par contre les deux femmes passent pour
la Maison d’Arrêt des femmes de Sebkha. 

Le chauffeur meurtrier toujours en cavale 

 Le chauffeur du bus qui a écrasé Fadel Ould Habiboullah est toujours en cavale. Cette tragédie qui a attristé toute la population de Riad, avait eu lieu à l’aube du jeudi 25 Octobre dernier. L’homme qui est âgé de 70 ans, revenait d’une boulangerie où il été parti chercher du pain. Selon nos sources, le chauffeur s’était arrêté avant de prendre la fuite, quand le gardien était parti pour informer les parents du défunt. Ahmed Ould Amar, le gardien, n’a pas pu prendre le matricule du bus, parcequ’il faisait sombre encore. Selon une source sécuritaire proche du CSVP, l’auteur du crime est activement recherché. 

Fadel était l’ami de tous. Il ne refusait jamais du crédit pour sa clientèle. Il était d’ailleurs l’un des grands symboles de la médecine traditionnelle. Il a soigné beaucoup de malades qui souffraient de douleurs lombaires, de nerfs, de genoux,… 







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