Le climat d’affaires en Mauritanie

25 05 2012
Par Mohamed Fouad Barrada
Je  reviens  d’abord sur une étude  bien qu’effectuée en 2006-2007  par la Banque Mondiale  sur 237 entreprises industrielles formelles et 124 petites entreprises informelles, elle reste, à mon avis,  d’actualité et représentative de la situation économique du pays.
 Chez nous, « la productivité  du travail est au-dessous de la moyenne comparée  aux pays à revenu intermédiaire hors de la région Afrique.   Les firmes manufacturières en  sont peu productives: la productivité du travail et du capital est faible. Tout ceci implique que les performances à l’exportation et la rentabilité des firmes manufacturières sont limitées. Ce constat d’une faible productivité n’est malheureusement pas restreint à l’industrie manufacturière, la productivité dans les autres secteurs de l’économie reste assez faible. Ceci pose le problème des éléments limitant la croissance de la productivité en Mauritanie. »
Selon toute vraisemblance, les principales contraintes du monde d’affaires mauritanien  sont  respectivement : la corruption et ses coûts sur le chiffre d’affaires ; l’inefficacité  de la réglementation,  l’insécurité juridique ; l’instabilité politique, les attaques de AQMI ,    la  défaillance des facteurs de production( capital et travail) , la quasi inexistence de l’épargne,   manque d’ infrastructures efficientes  (électricité, port, transport) et cela  malgré les efforts entrepris pour  y remédier.
Des experts préconisent, cependant, une série de mesures allant dans le sens d’une incitation au développement régional, l’encouragement de jeunes prometteurs et des petits métiers, la défiscalisation et la prise en charge des contributions patronales. Les entreprises qui ont une activité axée sur l’exportation seront favorisées par un régime fiscal assoupli. Ces entreprises doivent bénéficier d’une exonération sur le bénéfice industriel et commercial et l’impôt minimum forfaitaire pendant les 10 premières années de leurs activités et le payement de 50% de leurs droits à partir de la 11ième année.
S’agissant  de l’encouragement des jeunes promoteurs et des petits métiers, des critères ont été  dévoilés pour renforcer les qualifications de ces jeunes. Ceux qui ont l’expérience ou les qualifications requises, devront réaliser et assumer la gestion de leurs  projets. Parmi les jeunes à encourager  il faut adopter  des critères tels que :   enfants d’agriculteurs, de pêcheurs ou d’artisans, ayant un âge ne dépassant pas 40 ans et/ou exerçant leur activité principale dans les domaines de l’agriculture, de la pêche ou de l’artisanat ainsi  que les techniciens diplômés des établissements d’enseignement ou de formation agricole, de pêche ou d’artisanat.
Pour ce qui est  de la contribution du  secteur bancaire  aux financements des investissements, la barre de celui-ci   dépasse  difficilement  les  6 % de  financement des actifs à long terme alors que suivant les secteurs, 62 à 83% des ressources de financement  des entreprises pour l’investissement sont couverts par des capitaux propres (d’après  l’étude susmentionnée).
En outre,  je crois fort  que le taux d’intérêt excessif appliqué par les banques commerciales  freine  la relance économique en Mauritanie. Des réformes devront être entreprises dans le sens de la création des activités à travers des crédits productifs et prometteurs selon les mécanismes du « capital risque ».
Ainsi,  la Mauritanie compte  13  banques  avec un taux de bancarisation  de 5 % seulement. À quelques  exceptions près,  ces  banques ont une particularité spécifique, c’est celle du monopole du secteur bancaire pour consolider d’autres activités exercées  par les actionnaires principaux de ces mêmes structures bancaires.
Une  réforme bancaire a été, certes, entamée par la Banque centrale,   mais l’organisation du secteur souffre toujours d’un dysfonctionnement qui ne dit pas son nom. Si  l’on en croit un banquier de la place,  un tel dysfonctionnement est imputé, en partie,  à la rigidité des procédures privant à titre d’illustration les banques privées   de se procurer de la devise  nécessaire pour leur développement.
Personne  ne  peut réfuter, par ailleurs,   que la mise à niveau  de l’économie, l’indépendance de l’appareil  judiciaire,  l’instabilité politique  et la lutte contre la corruption demeurent  indispensables pour le drainage de l’investissement.
Toutefois, les sanctions à l’encontre des  corrompus et corrupteurs  ne sont  guère de mise dans le pays, et si elles existent, elles servent, semble-t-il,  à  régler les comptes  à  certains ou à  maintenir le statuquo à travers  un ostracisme renforcé par un populisme ambiant.
SOURCE :  Magazine mauritanies1 du 5 avril 2012

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