« Non Aziz ! »

28052012


Le Président de la République par la nomination d’un nouveau chef de la cour suprême confirme selon toute vraisemblance la dépendance de l’appareil juridique.  C’est clair, l’exécutif, plus précisément, la présidence détient le vrai pouvoir chez nous. C’est une  culture !

Certes, l’ex président a été nommé  par Aziz, certes le chef destitué était un élément  de  l’actuel système, certes  il existait  un bras de fer entre  le ministre de la justice et le chef de la cour suprême, cependant il   y a  bel et bien  eu un vice de procédure quelque part. Cette situation est embarrassante.  Autant  je suis contre le  principe dégage Aziz,  autant je le suis pour va-t’en  Seyid Ould Ghaïlani .   

Je ne saurais, en effet,  répondre avec précision  au soubassement de la destitution illégale de l’ex président de la Cour suprême.  Toutefois, serait-il question d’une décision irréfléchie qui fausse l’image de la présidence et l’usurpation d’un  pouvoir juridique qui n’a de justice que le nom!  J’avais  une conviction. Je l’ai toujours: c’est celle de la séparation des pouvoirs afin de jouer le jeu du contre-pouvoir. Le but étant l’équilibre alors sans la multiplication des centres d’équilibre, la suprématie dominera. Au fait, qu’est ce que le vrai pouvoir ?  En un  mot : la justice  qui n’existe pourtant nulle   part  dans le pays du  «  Chef à  Toujours Raison ».   

Je me suis rappelé à cet égard   d’une anecdote connue de tous ou presque tous. Ce sont les commandements de la chefferie.    

« 1. Quand tu mets longtemps pour accomplir une tâche, tu es lent.
Quand ton chef met longtemps, il est méticuleux.
2. Quand tu ne fais pas ton boulot, tu es paresseux.
Quand ton chef ne fait pas le sien, il est trop occupé.
3. Quand tu commets une erreur, tu es un idiot.
Quand ton chef commet une erreur, il est seulement humain.
4. Quand tu fais quelque chose sans qu’on te l’ait demandé, tu outrepasses ton autorité.
Quand ton chef le fait, il fait preuve d’initiative.
5. Quand tu maintiens ta position, tu es entêté.
Quand ton chef le fait, il est ferme.
6. Quand tu ne respectes pas le protocole, tu es grossier.
Quand ton chef le fait, il est original.
7. Quand tu contentes ton chef, tu es lèche-cul.
Quand ton chef contente son chef, il est coopératif.
8. Quand tu n’es pas dans ton bureau, tu glandes.
Quand ton chef n’est pas dans son bureau, il est en affaires.
9. Quand tu es en congé maladie, tu es toujours malade.
Quand ton chef est en congé maladie, il doit être gravement malade.
10. Quand tu envoies des blagues, c’est du courrier inutile.
Quand ton chef le fait, c’est de l’humour. »

Il  s’agit pour ainsi dire  des  10 commandements de l’injustice qui  concentre le pouvoir dans la  main d’une seule personne. De quelle  légitimé le président puise ses pouvoirs ? Et si un militaire s’accapare de son  pouvoir, serait-il  un acte d’injustice ?

 

m_barrada@yahoo.fr




Le climat d’affaires en Mauritanie

25052012
Par Mohamed Fouad Barrada
Je  reviens  d’abord sur une étude  bien qu’effectuée en 2006-2007  par la Banque Mondiale  sur 237 entreprises industrielles formelles et 124 petites entreprises informelles, elle reste, à mon avis,  d’actualité et représentative de la situation économique du pays.
 Chez nous, « la productivité  du travail est au-dessous de la moyenne comparée  aux pays à revenu intermédiaire hors de la région Afrique.   Les firmes manufacturières en  sont peu productives: la productivité du travail et du capital est faible. Tout ceci implique que les performances à l’exportation et la rentabilité des firmes manufacturières sont limitées. Ce constat d’une faible productivité n’est malheureusement pas restreint à l’industrie manufacturière, la productivité dans les autres secteurs de l’économie reste assez faible. Ceci pose le problème des éléments limitant la croissance de la productivité en Mauritanie. »
Selon toute vraisemblance, les principales contraintes du monde d’affaires mauritanien  sont  respectivement : la corruption et ses coûts sur le chiffre d’affaires ; l’inefficacité  de la réglementation,  l’insécurité juridique ; l’instabilité politique, les attaques de AQMI ,    la  défaillance des facteurs de production( capital et travail) , la quasi inexistence de l’épargne,   manque d’ infrastructures efficientes  (électricité, port, transport) et cela  malgré les efforts entrepris pour  y remédier.
Des experts préconisent, cependant, une série de mesures allant dans le sens d’une incitation au développement régional, l’encouragement de jeunes prometteurs et des petits métiers, la défiscalisation et la prise en charge des contributions patronales. Les entreprises qui ont une activité axée sur l’exportation seront favorisées par un régime fiscal assoupli. Ces entreprises doivent bénéficier d’une exonération sur le bénéfice industriel et commercial et l’impôt minimum forfaitaire pendant les 10 premières années de leurs activités et le payement de 50% de leurs droits à partir de la 11ième année.
S’agissant  de l’encouragement des jeunes promoteurs et des petits métiers, des critères ont été  dévoilés pour renforcer les qualifications de ces jeunes. Ceux qui ont l’expérience ou les qualifications requises, devront réaliser et assumer la gestion de leurs  projets. Parmi les jeunes à encourager  il faut adopter  des critères tels que :   enfants d’agriculteurs, de pêcheurs ou d’artisans, ayant un âge ne dépassant pas 40 ans et/ou exerçant leur activité principale dans les domaines de l’agriculture, de la pêche ou de l’artisanat ainsi  que les techniciens diplômés des établissements d’enseignement ou de formation agricole, de pêche ou d’artisanat.
Pour ce qui est  de la contribution du  secteur bancaire  aux financements des investissements, la barre de celui-ci   dépasse  difficilement  les  6 % de  financement des actifs à long terme alors que suivant les secteurs, 62 à 83% des ressources de financement  des entreprises pour l’investissement sont couverts par des capitaux propres (d’après  l’étude susmentionnée).
En outre,  je crois fort  que le taux d’intérêt excessif appliqué par les banques commerciales  freine  la relance économique en Mauritanie. Des réformes devront être entreprises dans le sens de la création des activités à travers des crédits productifs et prometteurs selon les mécanismes du « capital risque ».
Ainsi,  la Mauritanie compte  13  banques  avec un taux de bancarisation  de 5 % seulement. À quelques  exceptions près,  ces  banques ont une particularité spécifique, c’est celle du monopole du secteur bancaire pour consolider d’autres activités exercées  par les actionnaires principaux de ces mêmes structures bancaires.
Une  réforme bancaire a été, certes, entamée par la Banque centrale,   mais l’organisation du secteur souffre toujours d’un dysfonctionnement qui ne dit pas son nom. Si  l’on en croit un banquier de la place,  un tel dysfonctionnement est imputé, en partie,  à la rigidité des procédures privant à titre d’illustration les banques privées   de se procurer de la devise  nécessaire pour leur développement.
Personne  ne  peut réfuter, par ailleurs,   que la mise à niveau  de l’économie, l’indépendance de l’appareil  judiciaire,  l’instabilité politique  et la lutte contre la corruption demeurent  indispensables pour le drainage de l’investissement.
Toutefois, les sanctions à l’encontre des  corrompus et corrupteurs  ne sont  guère de mise dans le pays, et si elles existent, elles servent, semble-t-il,  à  régler les comptes  à  certains ou à  maintenir le statuquo à travers  un ostracisme renforcé par un populisme ambiant.
SOURCE :  Magazine mauritanies1 du 5 avril 2012



Les Echos de Mohamed Fouad Barrada

20052012

Santé en Mauritanie : un vrai désastre

Au tour d’un dîner auquel a été convié un médecin généraliste plein d’entrain, la discussion était centrée sur des pratiques inadmissibles.

Acte n° 1 / Un infirmier pour une analyse de sang effectuée sur un nourrisson, oublia le ruban, qui facilite la ‘transfusion’ du sang, attaché sur le bras de l’enfant. Pourquoi ? Il était à la recherche d’un verre de thé. Et après ? Il dormît après avoir bu son verre. La conséquence fût dramatique : l’enfant mourra des suites d’un arrêt de la circulation sanguine. C’est, tout simplement, un oubli. Bien sûr, dans le pays de l’impunité, « la tragédie » fût classée à l’amiable.

Acte n° 2/ Un médecin faisant le diagnostic à un patient, transmettra le dossier à un autre chirurgien. Celui-ci devait soustraire du pied gauche une tumeur bénigne, il effectue l’opération sur le pied droit et jura ensuite qu’il a bel et bien soigné le patient.

Acte n3/ Récemment, une journée porte ouverte sur la cardiologie fut organisée à Nouakchott. Le lieu : l’hôpital Essadagha. Des millions ont été dépensés, des tentes dressées pour l’occasion, le discours, la TVM. Les cérémoniaux se sont achevés, sitôt les tentes pliées. C’est ainsi que devant une queue interminable un médecin seul eut la lourde tâche de prescrire des ordonnances à la va vite. En effet, la rumeur fut répandue : « il y aura des distributions de médicaments et pourquoi pas des opérations et des évacuations », renchérirent des citoyens.

Acte n°4/ Des pharmacies vendent des médicaments alors que la substance emballée de ces comprimés selon des prescriptions scientifiques est une autre substance contrairement à ce qui est notifié sur l’emballé. Explication : des commerçants achètent illégalement à l’étranger des produits non emballés, ensuite ils les emballent eux-mêmes, durant l’emballage, les non spécialistes commettent des dégâts. De fait, un patient avale des médicaments pour un traitement des maladies cardiovasculaires alors qu’il devait se procurer des comprimés anti-gastriques.

Acte n°5/ Un avocat évacué en Tunisie pour un malaise du cœur, amena avec lui des capsules non médicamenteuses vendues chez nous, sans réel effet.

Acte n° 6/ Jugez-en !




La Tribune PDF N° 593 du

13052012

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Les Echos de Mohamed Fouad Barrada : Carence /mariage III

12052012

Ci-après un  commentaire, une  réponse  aux  Echos de la Tribune : Carence /Mariage ,  expédié depuis Paris par une amie qui  m’est très chère, elle évoque une vision féminine  notamment africaine du divorce, de la  ‘‘fusion-séparation institutionnelle’’  entre l’homme et la femme.

D’après elle, « le mariage se célèbre de multiformes selon les peuples et leurs traditions mais reste fragile au fil des années… 

Le divorce est devenu un acte fréquent, il est à l’image de notre temps où tout va si vite avec une date limite. 

Les changements sociétaux et les nouvelles technologies ont offert des libertés que les anciennes générations n’avaient pas. Nous sommes en concurrence permanente, nous y laissons les valeurs qui sont les fondamentaux du mariage et de la famille. Le sens des mots est une chose, et leur valeur  en est une autre. Quand on parle de valeur morale, c’est pour désigner l’ensemble des principes partagés dans notre culture pour guider notre comportement dans nos rapports avec autrui. Les valeurs ne sont pas transposables d’une société à une autre.

Des  philosophes comme Spinoza affirment qu’on ne désire pas une chose parce qu’elle est bonne, mais qu’elle est bonne parce que nous la désirons. Les valeurs seraient donc le simple reflet de nos désirs collectifs. Mais les valeurs morales peuvent aussi être conçues comme une création de l’individu libre qui s’affirme et qui créé des valeurs par son engagement personnel venant critiquer et transformer les valeurs dominantes du moment, c’est une approche chère aux existentialistes. 

Les femmes en travaillant ont acquis une liberté économique, avec la parité et l’égalité qui se sont installées dans le ménage, les femmes ont adhéré à cette évolution du mariage, je ne suis pas sûre pour les hommes. La femme est propriétaire de ses choix et agit selon son libre arbitre, mais cela a souvent un prix, au détriment du couple et de la famille car on ne pardonne rien à cette femme moderne. Le mariage de nos parents n’était pas idyllique, ils se sont souvent mariés par convenance mais on ne divorçait pas, la femme quittait la maison familiale pour celle de son époux, elle ne connaîtra que deux foyers durant toute sa vie.

La pression familiale est grande dans la société africaine, la notion du couple n’existe pas, le couple doit s’inventer socialement.  

Beaucoup de femmes  refusent de se laisser enfermer dans un mariage dénué d’amour ou dans une relation médiocre, elles préfèrent partir…

Divorcer, c’est la destruction de la famille en tant qu’entité, les conséquences peuvent être très douloureuses surtout quand il y’a des enfants. 

On perd ses repères, on doit réinventer une nouvelle vie, sera- t- on plus heureux ?  Cela reste un autre débat. »

Et la  philosophe, psychologue et psychanalyste  Eliane AMADO LEVY-VALENSI  divorcée  deux fois  (morte en 2006) d’expliquer, par ailleurs, que    «le vrai mariage est celui qui porte un sens, ce sens qui se retrouve parfois malgré lui et en dehors de lui. Celui qui fait que chaque partenaire dans le moment de la présence ne peut s’empêcher de penser « toujours ». Plénitude du temps un instant entreposée entre des mains unies, et qu’il faut serrer très fort et ensemble pour la porter jusqu’aux lendemains de l’histoire.» (http://barrada.unblog.fr/2010/09/14/les-echos-de-la-tribune-je-veux-me-marier/). 

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10052012

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Les Echos de Mohamed Fouad Barrada

6052012


Attitude / autodafé

Au cours des discussions au sujet de l’incinération des livres de rite Malikite par le leader de l’IRA, l’induction est  que l’ensemble des mauritaniens ont été unanimes ou presque unanimes sur la condamnation des actes de l’IRA.  Nouveau paradigme ?

 « Un paradigme est une représentation du monde, une manière de voir les choses, un modèle cohérent de vision du monde qui repose sur une base définie (matrice disciplinaire, modèle théorique ou courant de pensée). C’est une forme de rail de la pensée dont les lois ne doivent pas être confondues avec celles d’un autre paradigme et qui, le cas échéant, peuvent aussi faire obstacle à l’introduction de nouvelles solutions mieux adaptées. » (Wikipédia).

De fait,  nier l’esclavagisme et ses  fondements constituent-ils chez nous  un paradigme ?

Déjà les érudits du pays ont aboli l’esclavagisme  en Mauritanie. Et  certains parmi eux contredisent  les interprétations de certains livres du rite malikite, bien que la théologie dominante soit  basée sur ce même rite.

S’agissant de l’incinération des ouvrages, au cours de l’histoire des livres des savants comme Ibn Rouchd (Averroès) et beaucoup d’autres  ont été détruits solennellement par le feu,  et cela  est bel et bien  sous les orientations  des dictateurs et  des diktats des  masses guidées inconsciemment par le populisme ambiant. Il était question d’une prédisposition  à agir, vu  la conduite  adoptée dans des  milieux  déterminés  par des  ‘‘déterminants’’  qui dominaient.

Par contre,  Ibn Taymiyya  a été incarcéré  à maintes fois,   mort en prison, il a développé des interprétations contradictoires à la pensée collective à son époque. Ibn Hanbel  a été lui-même torturé.

Cependant, chaque pays a ses fondements. En France, pays pourtant laïc, des individus ont été condamnés pour la simple raison qu’ils ont écrit des livres ou des articles  niant l’holocauste.  

Par ailleurs,  Biram a développé, semble-t-il, un comportement d’agression vis-à-vis de  l’interprétation du rite malikite. Cette même agression a développé une contre-agression envers son acte provocateur. Celui-ci a été certes politisé, néanmoins, en Mauritanie, il existe  un seul dénominateur commun et une seule spécificité unificatrice. C’est incontestablement celle de l’Islam authentique  tolérant et ‘‘toléré’’.

m_barrada@yahoo.fr 







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