La mobilité urbaine de la ville de Nouakchott

4 04 2012

Par Mohamed Fouad Barrada
Entre l’océan  et  le désert,  la capitale mauritanienne s’est édifiée sur une planimétrie presque  plane, elle est limitée  par un cordon dunaire en face du  littoral  marin à l’Ouest  s’étendant sur une  largeur d’environ 150 m avec une végétation naine. Celui-ci  constitue pratiquement l’unique  protection de la ville contre des  inondations  qui pourront être causées  par d’éventuelles ras de marrées.
Ce cordon  naturel a fait, pourtant,   depuis plusieurs  années l’objet d’agressions intensives   dues notamment  aux prélèvements de matériaux de construction, (du  sable).
Aussi à  une altitude située en plusieurs endroits en dessous du niveau de la mer, juste derrière ce cordon se trouve  un vaste espace en large  de quelques kilomètres, dénommé   Sebkha, dans la partie Occidentale de la ville.
Ainsi, cette ville est  également  déterminée par  plusieurs cordons dunaires successifs allongés Nord-Ouest, Sud-ouest avec des attitudes qui   peuvent atteindre  jusqu’à une vingtaine de mètres et la majorité d’entre eux sont encore très mobiles. Et ces cordons sont séparés par des dispositions qui forment le site sur lequel est bâtie la ville. « Excepté le plateau gréseux enterré sous une couche mince  de sable argileux (dans la dépression de type Sebkha), les sols de Nouakchott se composent en surface soit des  strates de faluns coquillers fossilisés,  soit de sable fin ». Quelle mobilité urbaine pour Nouakchott ?
A partir des années  1960, la ville de Nouakchott a connu une évolution  urbaine rapide entrainant   un changement radical de l’espace urbain  de la ville.  Cette situation a  été au début sollicitée par l’Etat voulant le peuplement de cette nouvelle capitale naissante provoquant au départ l’entassement  de  milliers de tentes endommagées  autour du centre de la ville. Ensuite les cycles de sécheresse dans les années soixante dix, quatre vingt ont bouleversé cette situation, et cela par  un effet d’habitat spontané rendant difficilement l’absorption  des flux  migratoires aux conséquences néfastes   sur le mode de structuration, d’organisation spatiale de la ville. L’extension de la ville s’est faite le long des grands axes routiers reliant la capitale à  l’intérieur du Pays.
Ce changement a eu comme effet une vraie problématique de la mobilité urbaine due essentiellement au manque d’un plan d’aménagement du territoire prévoyant les perspectives de l’accroissement de la ville.    En effet, le centre ville de Nouakchott concentre l’essentiel des activités administratives et commerciales.
En fait, une étude a été lancée  en juin 2006 par la cellule de la coordination  dans le cadre du programme du développement urbain.  Le maître d’ouvrage  de ladite étude est la Communauté Urbaine de Nouakchott (établissement à vacation intercommunale   regroupant 9 communes au niveau de la capitale Nouakchott). Cette étude s’inscrit  dans le cadre du  processus  de décentralisation, la loi n°51- 2001  du 19 juillet 2001  attribuant  à la Communauté Urbaine de Nouakchott  la compétence  en matière  notamment d’organisation du transport urbain d’aménagement et d’entretien de la voirie , de signalisation routière , de stationnement, etc.
L’étude de la mobilité urbaine  a montré   que les transports collectifs  à Nouakchott souffraient  de plusieurs dysfonctionnements, car jusqu’à une date récente ils ne fonctionnent pas  dans une perspective de service public. Son mode de fonctionnement bien qu’il n’engage aucun risque financier de la part des autorités publiques, il représente  un inconvénient pour les usagers  qui ne disposent pas  en grande partie   d’une autre alternative. Ainsi, l’étude  a  souligné   l’absence de toute  garantie de disposer  du service spécifique sur les liaisons avec la périphérie. Les déséquilibres accrus entre la demande et l’offre, la vétusté des véhicules,  leur inconfort et l’insécurité liée à leur utilisation représentent également un handicap majeur.
Certes, une société  publique de transport urbain en commun a été mise   en service  le 28 novembre 2010 par le gouvernement, mais dont la rentabilité et la pérennité ne sont pas encore assurés.
Le nombre des bus  qui ont été utilisés sont en deçà des besoins.  Ils sont juste 62 bus pour  un besoin de 150 y compris le munis bus.    Et ces bus en fonction ne couvrent  pas  l’ensemble de la capitale faute bien sûr du manque d’infrastructure urbaine routière organisée en sites propres. En outre, ces bus sont une source d’embouteillage   aux  heures de pointes.
Des solutions ont été, par ailleurs,  proposées par l’étude sur la mobilité urbaine. Il s’agit   entres autres de  la planification du système (définition et adaptation  des réseaux  lignes et infrastructure, type de matériel  roulant, horaires, tarification, …) ;  de la mise en place et de l’entretien  du matériel roulant ; la gestion du système  (attribution de concessions   surveillance, statistiques de fréquentation).
En outre, l’architecture  du réseau  urbain principal de Nouakchott  nécessite  une implantation  du réseau en site propre (infrastructure).
En somme, l’étude met en valeur  les mécanismes ci-après :
 L’insertion des différents tronçons en site propres, l’implantation des stations, le renforcement des structures du réseau urbain secondaire,  les infrastructures et matériels roulants, l’implantation des principaux carrefours, l’application d’une vraie  politique de stationnement, le renouvellement  du parc automobile,   la création d’un réseau routier destiné au poids lourd et l’application  d’une réglementation permettant  au poids lourd de circuler dans des axes particuliers.
Cependant,  en matière de gestion urbaine  l’applicabilité de cette étude est du ressort  de la Communauté urbaine de Nouakchott et ses neuf communes.  Celles-ci  ne disposent pas  de ressources humaines et financières nécessaires pour venir à bout de l’application de l’étude en question. D’où la problématique de la gouvernance locale  pour une meilleure mobilité  urbaine de Nouakchott.
Démographie de la ville de Nouakchott  (données de la cellule études et projets de la Communauté Urbaine de Nouakchott)
Année
Population
Taux de croissance
1955
2000
-
1977
134700
32%
1990
420000
8%
 2000
610000
3.7%
2008
850000
3.75%
Plus d’un million d’individus  en 2012
M_barrada@yahoo.fr
Source :mauritanies1 n°21 du mars au 10 avril 2012

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