Les Echos de Mohamed Fouad Barrada

20 02 2012

De l’emploi  en Mauritanie

Le salon de l’emploi vient de voir le jour en Mauritanie.  Une initiative  à encourager certes, mais dont le mécanisme me semble difficile à mettre en place dans  un pays qui tend vers l’anéantissement de la classe moyenne et son pouvoir d’achat.  Sans épargne, il n’y a pas de développement, d’où la très délicate question de la relance économique  et la place des pauvres sans compétences, ou sans diplômes  dans la reprise.

A en croire  les organisateurs  dudit salon, celui-ci   vise « à rassembler les acteurs en matière d’emploi et de recrutement et à encourager la rencontre entre les employeurs et les spécialistes ciblés, à favoriser l’organisation de sessions de formation, la promotion de la formation professionnelle et technique en tant que moteur essentiel pour la dynamisation de l’emploi et la promotion des compétences locales auprès des sociétés internationales, la promotion de l’auto emploi, la création de petites et moyennes entreprises, la facilitation du mouvement des cadres professionnels au sein des sociétés et à contribuer à la conception et à l’accompagnement de l’exécution de la stratégie nationale d’emploi, à valoriser les potentialités de la Mauritanie et à renforcer le partenariat entre les secteurs public et privé »( ami.mr). 

Voilà un bon discours ! « S’il est réellement concrétisé !? »

Il faut, d’abord,  revenir sur  la définition des critères de la pauvreté chez nous et la capacité de notre économie nationale à absorber les chômeurs.  

Cette capacité  est,  sans contraste,  biaisée par la  situation de guerre imposée par l’insécurité dans les zones sahélo- sahariennes. Et la lutte contre la gabegie et la  rationalité des ressources, leurs orientations, l’indépendance de la  justice, demeurent-elles   l’épine dorsale  de la mise en place  d’une vraie stratégie d’emploi ?  

Deux axes, cependant, à valoriser : le premier est celui de la qualité de l’enseignement  professionnel et académique, quant au  deuxième c’ est incontestablement l’action gouvernementale   permettant d’insérer  les chômeurs et de  suivre leur productivité.

L’expérience  de l’agropastoral  dans la zone  de « chemama »  qui a permis  l’insertion de plusieurs chômeurs à la recherche de l’emploi en  est la seule initiative, pour le moment,  que l’on peut juger juste.

Ainsi, «  étant donné que 24,6 % de la population mauritanienne  s’occupe du commerce[1],  une  structure commerciale qui réalise un chiffre d’affaires dépassant les 2 millions d’ouguiyas peut  bel et bien être dans l’obligation de tenir une comptabilité même si elle n’est pas soumise au régime réel d’imposition (25% du bénéfice pour une  société qui réalise un chiffre d’affaires au delà  de 3 millions). Ce qui permettra, tout simplement, d’insérer un bon nombre de demandeurs d’emploi.  

En gros, soumettre les entreprises nationales  et étrangères à des mécanismes  plus réfléchis d’insertion des chômeurs tout en les insistant à investir représente  la clé de voûte pour relancer les activités économiques. Il faut, néanmoins, alléger les procédures de création des entreprises tout en luttant  contre la fraude fiscale et ‘l’informalisation’  des unités de création d’emploi ». (NDR)

[1] Ce chiffre est issu d’une étude sur  la carte des potentialités de création d’emplois en Mauritanie, restituée pour validation au cours d’un atelier  tenu  le jeudi 8 avril 2010 à Nouakchott. 


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Une réponse à “Les Echos de Mohamed Fouad Barrada”

  1. 22 02 2012
    barrada (12:11:38) :

    -Le Sahel est un mot arabe signifiant « bordure », « rivage », et que l’on utilise pour désigner la zone géographique qui borde, au nord comme au sud, l’immense désert du Sahara en Afrique.
    -La Communauté des États sahélo-sahariens (CEN-SAD) est une organisation internationale regroupant 28 Etats africains. Fondée en 1998 à Tripoli, elle a comme objectif l’établissement d’une union économique globale dans toute la région du Sahel.
    Les 28 Etats membres de la CEN-SAD sont :
    Bénin
    Burkina Faso
    République centrafricaine
    Comores (depuis 2007)
    Côte d’Ivoire
    Djibouti
    Égypte
    Érythrée
    Gambie
    Ghana (depuis 2005)
    Guinée (depuis 2007)
    Guinée-Bissau
    Kenya (depuis 2008)
    Liberia
    Libye
    Mali
    Maroc
    Mauritanie (depuis 2008)
    Niger
    Nigeria
    Sao Tomé-et-Principe (depuis 2008)
    Sénégal
    Sierra Leone (depuis 2005)
    Somalie
    Soudan
    Tchad
    Togo
    Tunisie
    -Le Cap-Vert a indiqué en 2009 son souhait d’entrer dans la Communauté des États sahélo-sahariens, ce qu’il devrait faire prochainement, et devenir ainsi le 29ème Etat membre.

    Source :http://www.populationdata.net/index2.php?option=article&aid=823&article=-Communaute-des-etats-sahelo-sahariens

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