Les Echos de Mohamed Fouad Barrada

18 01 2012


Réponse  à Maryam Brodowski : Prostitution en Mauritanie !

Ma dernière chronique ‘‘libertinage en Mauritanie’’,  a suscité des réactions, ‘voire’ des réponses. Le sujet est complexe  dans un pays qui peine à se retrouver dans un monde  à la fois mondialisé et agressif.

Tout récemment, une initiative dénommée « Non à la dépravation des mœurs »  a été créée. Elle est constituée des jeunes  demandant aux autorités mauritaniennes de mettre en place  une police des mœurs pour lutter contre la prostitution à Nouakchott.

L’initiative lutte également   à ce que l’enseignement de l’instruction civique soit revalorisé. C’est une  manière à mon avis brusque de traiter  la dépravation des mœurs. Et j’évoque, dans cette perspective,  l’un des commentaires intéressants    qui m’ont été adressés dont voici  une partie : Le plus vieux métier au monde  est prohibé chez nous en Mauritanie.  « Et ceux qui le  pratiquent sont considérés comme des criminels devant la loi.

Ceci dit, je m’en vais aborder sa dimension humaine et ses aspects sociaux en Mauritanie.

Lorsqu’on parle de prostitution chez nous, les premières réactions enregistrées, outre l’air concupiscent entendu, ce sont des airs de mépris ou d’outrance qui se manifestent très souvent et rarement  par un air de compassion.

Or parler de prostitution, c’est d’abord parler de dignité humaine, d’exploitation, de misère, de maladies sociales, d’injustice…

Parler de prostitution, ce n’est pas afficher le cliché d’une femme débauchée, aguichante, (souvent étrangère) qui vend son corps pour son plaisir ou par vice … qu’il faut à tout prix bannir, punir ou renier.

Parler de la prostitution c’est d’abord parler d’un échec collectif, l’échec d’une société, d’une communauté à offrir à ses membres le minimum requis pour vivre dans la dignité : un accès aux soins de santé, à l’éducation, à l’emploi et à un cadre de vie respectueux et respectable.

 Si de surcroit cette société se dit musulmane, pratiquante des principes d’équité et de justice, l’échec est d’autant plus cuisant et retentissant.

Généralement, lorsqu’on parle de prostitution chez nous, on incrimine tout de suite, sa première victime, le maillon faible de la chaine : la femme. Tout en oubliant allègrement que la prostitution, comme la corruption, interpellent  un donneur et un receveur. On « oublie » de parler des hommes, principaux consommateurs, principaux instigateurs, principaux responsables devant Dieu et devant les hommes de leur gynécée.

On oublie très souvent que si la femme a recours à cette pratique humiliante, dégradante et hautement risquée pour elle, c’est que son environnement immédiat y est pour beaucoup : une famille démissionnaire, un tuteur crapuleux, une société pauvre, malade et plus généralement en déperdition des valeurs de solidarité et d’humanité… ».

 Je reviens, cependant, sur l’article de ma chère Maryam Brodowski-Bâ, lorsqu’elle dit  « sur ce  thème,  j’aurais  été bien inspiré de m’éloigner des idées toutes faites, des jugements arbitraires et aurais  dû  avant d’aborder un domaine aussi sensible, faire ce que la très grande majorité des journalistes ici ne font pas : ‘‘ rechercher sérieusement !’’ » Il ne s’agit point d’une investigation, il s’agit tout simplement  de dire qu’il est question  d’une réalité construite selon la perception que l’on  a de la chose perçue  et votre perception se manifeste, partiellement,  par  votre expérience explicative  de la chose expliquée.

Pour être clair,  je suis contre  toute forme d’exploitation et je n’aime pas que la femme soit réduite à l’état d’objet.  Les causes sont là, et les effets  sont  têtus.   Je vous cite et je partage votre point de vue surtout  lorsque vous disiez  que  « la prostitution a des ressemblances avec la descente aux enfers… Celle ou celui (car elle est loin d’être uniquement féminine) qui se laisse aller sur ce terrain a peu de chance d’en ressortir. Et que sur la base de votre expérience avec la brigade des mœurs dans une grande ville allemande   vous en confirmez que parmi ces femmes  vous  n’en avez  trouvé qu’une qui faisait ce métier par « appétit sexuel » ! Toutes les autres sans exception avaient commencé parfois très jeunes par …  Amour… Elles avaient, et le canevas était toujours le même, rencontré un homme séduisant, tendre, affectueux, généreux qui leur avait accordé, tout d’abord tout ce qu’elles souhaitaient. Bel Appartement, vêtements de rêve, bijoux, fourrures… Elles se croyaient au paradis et bien entendu étaient follement amoureuses. Lorsqu’ils estimaient avoir suffisamment investi, ils jouaient la comédie de l’effondrement financier, se tordaient de désespoir car ils « risquaient la prison » et expliquaient à leurs jeunes amoureuses que seules elles pouvaient les sauver ! ». C’est le cas de l’Allemagne,  un pays développé qu’on peut en partie transposer   sur …

En effet,  si la pauvreté se joint  à l’effet pervers « du monde du spectacle » la conséquence sera dramatique, dans une société dominée par une jeunesse à la recherche de l’emploi et je ne dis pas la recherche de  l’occupation au sens subjectif de la chose. D’où un  faible taux de stabilité familiale  conjugué bien sûr par un fort taux de divorce dû simplement au déséquilibre   qui se manifeste souvent par la charge familiale ou la recherche d’une stabilité auprès d’un autre partenaire, ou…

Certes, le maillon  faible est la femme, mais la femme c’est en quelque sorte le fondement de l’équilibre de la nation. Que faire alors ?

Sur ce je vous souhaite bonne journée.

m_barrada@yahoo.fr



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