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Les Echos de Mohamed Fouad Barrada

18092011


 

Que de slogans !

Le dialogue politique de chez nous semble réservé à une catégorie d’individus auxquels on aurait administré un traitement de faveur. Il bascule vers un sens unique tout en suivant paradoxalement une trajectoire à double sens : un courant prenant un ‘itinéraire’ conditionnant les pourparlers et un autre qui déclare bien vouloir se concerter afin d’éviter l’effondrement de l’Etat.

La situation est telle qu’une classe politique préfère s’abstenir (RFD, UFP, Tawassoul,…) alors qu’une deuxième (majorité, APP, El Wiam., etc.) se veut, apparemment, ouverte à toute forme de consensus politique.

Une mosaïque de partis, d’observateurs animant cette mascarade en rejetant ou en s’impliquant davantage pour un dialogue complexe, sinon compliqué.

Bref sur fond de débat entre autres : rôle de l’armée (tabou utopique pour les plus forts), transparence électorale (justification injustifiable pour éviter le dialogue pour les uns), liberté d’expression (sans effet, ni échos pour exclure toute forme de démocratie, pour les autres), lutte contre la gabegie (orientée pour certains et sans réel effet), frustration sociale risquant une explosion sociale, pauvreté pouvant provoquer un vrai changement voire un conflit interminable, etc.

Il s’agit en un mot d’une crise purement socio-économique causée sans équivoque par des tendances sectaires. Tantôt c’est le vecteur-langue qui est utilisé pour accentuer la hantise sociale, tantôt c’est l’ethnisme, le tribalisme qui instrumentalisent, par excellence, les visions des uns et des autres, sans oublier bien sûr, la mainmise de l’armée sur la ‘sphère’ politique. Et pourtant le coup d’Etat du 8 août 2005 était pour certains le début d’un vrai processus démocratique. Tel mouvement a été rectifié en 2008. Toutefois, le risque demeure.

En effet, des phénomènes culturels aléatoires interagissent toujours sur le subconscient collectif des mauritaniens et cela d’une manière interactive, destructive et rarement constructive (tribalisme, favoritisme, clanisme, ethnisme, ultranationalisme, analphabétisme etc.). Ces interactions sont interprétées par une détérioration de la performance administrative et un écart inexplicable entre les salaires des dirigeants et des dirigés. Visualisées par des écoles et universités qui forment des futurs chômeurs inaptes à intégrer l’activité professionnelle. Et s’ils l’intègrent c’est par une intervention quelconque. Dans les entreprises et les structures étatiques et non étatiques les critères de formation, de récompense, d’aménagement participatif sont loin d’être déterminants.

Conséquence : une capacité d’absorption des chômeurs pratiquement nulle. Ce qui sous-entend que le gouvernement rejette la responsabilité de la situation tout en évoquant que certes, il y a des opportunités d’emploi, cependant, faute de main d’œuvre qualifiée, il ne peut rien faire, alors que le rôle d’un gouvernement se situe au-delà de la critique et des actions inefficaces.  

 

m_barrada@yahoo.fr

 

 







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