7 08 2011

Tous contre le terrorisme, 

Après les Français, les Américains 

 

Ce fut d’abord Alain Juppé, le ministre français des affaires étrangères qui vint à Nouakchott, passer la nuit et s’entretenir avec les autorités du pays. Ce fut ensuite le Général Carter F. Ham, Chef du Commandement des forces américaines pour l’Afrique (AFRICOM) de venir apporter le soutien de son pays à la Mauritanie dans sa lutte contre le terrorisme. 

Au terme de son voyage, le ministre français a déclaré avoir longuement discuté avec le Président de la République, Mohamed Ould Abdel Aziz, avant «un dîner extrêmement chaleureux». « Je suis sensible à l’accueil qui m’a été réservé ici », a-t-il dit, expliquant que « les relations entre la France et la Mauritanie sont excellentes. Sur le plan de la coopération bilatérale, nous apportons des projets qui correspondent aux priorités du Gouvernement mauritanien et nous allons évidemment continuer dans cette direction ». Il a précisé que les discussions ont porté « principalement » sur « deux sujets qui me tiennent à cœur » : la lutte contre le terrorisme et plus précisément contre le terrorisme d’Al Qaeda au Maghreb islamique (AQMI), et la situation en Libye.  

« Nous partageons totalement l’action menée par le gouvernement mauritanien avec beaucoup de courage et de détermination contre le terrorisme », a-t-il déclaré. La France est elle-même « menacée par les terroristes. Donc c’est à la fois par solidarité et pour défendre nos intérêts que nous souhaitons que cette action contre le terrorisme se développe ». Et d’ajouter : « la Mauritanie fait preuve d’une grande détermination politique et militaire. Nous saluons ce courage et nous appelons l’ensemble des pays de la région à intensifier la coopération puisque la réponse doit être régionale face à ce défi ». 

Sur ce deuxième point, le ministre français a indiqué avoir été « heureux de constater » que les « vues sont totalement identiques sur la suite à donner maintenant à ce conflit. Comme le Président Mohamed Ould Abdel Aziz l’a déclaré, comme nous le disions depuis longtemps, Kadhafi a perdu toute légitimité et il n’y a pas de solution s’il reste au pouvoir. Il faut donc qu’il s’engage à s’écarter du pouvoir et, à partir de là, le processus de négociations politiques peut s’engager à travers une grande convention nationale inclusive qui associe le Conseil national de transition mais aussi les autorités traditionnelles, les chefs de tribus et tous les responsables de Tripoli qui ont compris que Kadhafi n’a pas d’avenir ». A partir de là, a-t-il ajouté, il faudra « une feuille de route permettant de bâtir, à l’initiative des Libyens eux-mêmes bien entendu, la Libye démocratique de demain ».
le ministre français des affaires étrangères a estimé que « l’Union africaine peut jouer un rôle tout à fait déterminant pour obtenir ce résultat. Je voudrais rappeler que nous avons voulu, dès le départ, que l’UA s’associe à notre travail. Nous l’avons invitée au Groupe de contact, M. Ping (président de la Commission de l’UA, ndlr) a été présent à plusieurs reprises ». Il a indiqué que la prochaine réunion de ce Groupe se tiendra vendredi prochain (15 juillet) à Istanbul et « là encore, nous souhaitons que l’UA se présente et qu’on puisse travailler, en étroite liaison avec elle, sur cette solution politique ». 
Et de souligner que « l’UA, même si elle n’a pas officiellement appelé au départ de Kadhafi, travaille dans cette direction », avant d’émettre le souhait que « la réunion du Groupe de contact qui suivra celle d’Istanbul puisse avoir lieu dans un pays africain pour bien marquer l’implication de l’Union africaine dans ce processus ».
Répondant à une question sur l’absence d’action régionale concrète face au terrorisme, le ministre français a dit : « je l’ai déjà dit, la Mauritanie est exemplaire, elle s’est engagée avec beaucoup de détermination, beaucoup d’efficacité aussi ; son dispositif militaire est efficace et courageux. Les derniers combats qui ont eu lieu ont été la démonstration de ce courage. Nous sommes aux côtés de la Mauritanie dans ce combat et nous souhaitons, bien entendu, que les autres pays de la région puissent s’engager également et qu’une forte coordination régionale puisse se développer ».
S’agissant d’une éventuelle évolution de l’aide française à la Mauritanie en matière de lutte contre le terrorisme, Alain Juppé a signalé que « la France est disponible bien entendu. D’abord, en matière de renseignements, nous pouvons apporter notre aide. Nous ne sommes pas les seuls d’ailleurs, les Américains le font également. Nous pouvons aussi aider en matière de formation, mais nous n’avons pas, bien sûr, l’intention de déployer des dispositifs à sol ».
A une question sur les déclarations de l’opposition mauritanienne qualifiant l’action de l’Armée contre le terrorisme de « guerre par procuration au nom de la France », le chef de la diplomatie française a dit : « nous souhaitons que l’opposition soit entendue, que les réformes avancent, que la démocratie progresse, nous faisons confiance aux autorités mauritaniennes pour aller dans cette direction. Pour le reste, la Mauritanie défend ses propres intérêts, pas ceux de la France ».
 

Le Général Carter F. Ham a déclaré, quant à lui, qu’un seul pays ne peut pas défaire le terrorisme, tout en saluant l’excellence et le professionnalisme dont fait preuve l’Armée mauritanienne sur le terrain des opérations. « Chaque pays, dans la région, a ses propres intérêts et ses soucis. Mais, j’ai eu, dans mes rencontres que ce soit avec le Président de la République, le Chef d’Etat Major ou le Ministre de la Défense, à voir un engagement fort et une volonté de lutter contre le terrorisme », a-t-il dit. « J’ai eu l’opportunité de visiter la plupart des pays limitrophes avec la Mauritanie. Nous sommes en train de chercher les voies et moyens pour mieux développer la coopération sous-régionale. Mais, je dois être clair : c’est la responsabilité des pays de la région de s’engager par rapport à la menace terroriste.  

Nous ferons ce que nous pourrons. Mais, ce sont d’abord ces pays eux-mêmes qui doivent prendre leurs responsabilités. Et, à ce sujet, la Mauritanie a démontré un exemple probant », a poursuivi le Général Carter F. Ham.  

Il a assuré que les Etats-Unis d’Amérique ne pensaient pas à « avoir une présence permanente en Mauritanie« . « Nous avons souvent des cadres militaires américains qui sont en Mauritanie et qui s’engagent, dans le cadre de la formation militaire, avec les forces armées mauritaniennes, pour améliorer leurs capacités en matière de combat », a précisé le Chef de l’AFRICOM. Avant de préciser que, pour arriver à de bons résultats dans le domaine de la lutte contre le terrorisme, il faudra une coopération au niveau régional et une assistance de la part d’Etats comme les Etats-Unis d’Amérique ou la France. « L’armée mauritanienne est très forte et elle est très engagée, s’est réjoui Carter F. Ham. Le peuple mauritanien doit être fier de ses forces armées. Les récentes opérations à Bassikounou et Wagadou ont montré l’excellence et le professionnalisme des forces armées mauritaniennes. Mais, une seule nation ne peut pas défaire le terrorisme ». 

Le Chef du Commandement des Etats-Unis pour l’Afrique a, par ailleurs, expliqué que sa visite en Mauritanie n’avait rien à avoir avec les opérations militaires menées par l’armée mauritanienne à Bassikounou et à Wagadu. « Mais, ma visite m’a permis de saisir l’opportunité pour discuter avec les autorités mauritaniennes, de leur présenter mes condoléances, et voir comment dans le futur nous pourrons assister à ce genre d’opérations », a déclaré Général Carter F. Ham. 

Ces visites arrivent au moment où, dans les pays voisins, les premiers responsables commencent à envisager plus sérieusement la coopération régionale dans la lutte contre le terrorisme. 

Dans une déclaration récente, le président malien Amadou Toumani Touré a, pour la première fois, évoqué les résultats de l’opération «Benkan» que mène son pays et la Mauritanie contre Al Qaïda au Maghreb islamique (AQMI) les jugeant de «particulièrement importants». Selon Amadou Toumani Touré, l’opération s’est soldée par la destruction complète des positions d’AQMI dans la forêt du Wagadu, le déminage des puits et la fouille totale du secteur qui s’étend sur une longueur de 80 km et une largeur de 40 km.
Le nom «Benkan» de l’opération veut dire «entente» en langue bambara du Mali et, selon le président malien, les armées malienne et mauritanienne ont appris à travailler ensemble. «Et actuellement, nous avançons», a-t-il dit.  

Répondant à ceux qui critiquent l’armée malienne pour n’avoir pas été particulièrement active lors des opérations, Amadou Toumani Touré a indiqué que le «silence ne saurait être synonyme d’inaction». Il a précisé que les opérations conjointes avec la Mauritanie se poursuivaient sous le commandement d’un officier supérieur malien qui est secondé par un officier mauritanien. Débutée le 20 juin, l’opération «Benkan» a fait officiellement 17 morts dont 15 dans les rangs des islamistes et deux du côté des forces armées mauritaniennes.  

En Algérie, on prépare une conférence internationale sur la question de la sécurité dans l’espace sahélo-saharien en septembre prochain (7 et 8). Outre les pays du Sahel, les pays membres du Conseil de sécurité, de l’UE, le Centre international de lutte antiterroriste, le Centre de Genève de lutte contre le trafic de drogue, ainsi que des pays confrontés au phénomène comme l’Afghanistan et les partenaires au développement (Banque mondiale, BAD…) sont invités à y participer. Dans une déclaration faite récemment à la presse, le ministre algérien chargé des affaires maghrébines et africaines, Abdel Kader Messahel a expliqué que «cette importante conférence internationale vise, entre autres, à mettre au point une vision claire et unifiée entre les différentes parties concernées par la lutte contre le terrorisme et le crime organisé au Sahel».
L’ordre du jour de la conférence, est axé sur trois thèmes: la lutte contre le terrorisme, la lutte contre le crime organisé et les moyens d’accompagner les pays du Sahel, membres du Comité d’état-major opérationnel conjoint (Cemoc) dans leur stratégie de développement.

Source : La Tribune n°558


Actions

Informations



Laisser un commentaire




bientôt tous en prison, bie... |
WADE - Président - |
la vérité |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Journal d'1 République...
| sarkosy un espoir pour la f...
| Sylvie Trautmann