Les Echos de la Tribune : des lettres et des métaphores

26062011

 

 Par Mohamed Fouad Barrada 

La métamorphose : imaginer  la transformation radicale  d’un individu. Et si un  ‘homomauritanicus’  devient une ‘poulemauritancus’  ou ‘poisson-mauritanicus’  voulant transmettre un message?  

Les lettres ci-après  ne   sont que des métaphores utilisées par des internautes. Pourquoi ont-ils choisi la métaphore de la poule et  du poisson pour décrire la situation du recensement,  le droit à la citoyenneté et le  désaccord-accord de la pêche.   Que représentent  la poule, le poisson   pour le subconscient mauritanien ?  

L’ironie, la légèreté, la spontanéité  ou la sincérité ?  

Je vous délivre, de prime abord,   une traduction  des  points  saillants  d’une  lettre   ouverte   adressée à Monsieur le Président de la République. 

« Je suis  heureuse  du fait  d’être  la première de mon espèce  qui vous  adresse  une  lettre  et je suis  également  la première  poule de la République  qui  fait un sit-in au palais présidentiel  en toute liberté  et sans pratiquement de  problèmes. Ainsi écrivait, par ailleurs, une  poule réclamant son droit à la nationalité.   

 Excellence,  «   je  ne confirme point  ma citoyenneté, car vous savez  qu’en tant que  chef  de famille nous n’avons   guère assez de temps  pour nous occuper  de  pièces  d’état civil. Poursuit-elle, paradoxalement. 

« En effet,  la communauté  de poules est rigide et elle ne permet que   difficilement   à ses composantes  de s’occuper d’autres choses  hormis, bien sûr,   la pondaison des œufs ainsi que la protection  des poussins, en bref notre seul souci c’est notre progéniture », argue-t-elle  tout en ajoutant qu’elle  mérite, quand même,  le droit  au titre  de citoyenne et que son dixième aïeul est bel et bien  né    dans les hangars  de vente des poulaillers du  cinquième arrondissement de la capitale. 

« Monsieur le président  vu que  je suis  la première poule  arabo-afro-musulmane qui marche  majestueusement  devant le palais  ocre de Nouakchott- ville  et qui interpelle, par ailleurs,  son président  en toute liberté , j’offre l’occasion à vos  augustes organes  officiels  de presse  pour introduire  des excellents éditoriaux, reportages, émissions, etc.  Je propose  à titre d’illustration  le titre: même les poules ! 

*En outre,  la ‘correspondance’ de  Mint Cheikh  se présente ainsi :  

« Salut, Mon Poisson? Ou devrais-je t’appeler mon ex-poisson? Me comprends-tu? Ou parles-tu déjà Chinois?  Ecoute, je sais que ma voix serait à peine audible, donc j’ai fait comme à la mode je t’ai écrit une lettre. C’est juste parce que mon salut est plus que timide… C’est le salut d’une concitoyenne désolée, en deuil et attristée.
Qu’est ce que j’ai à dire? Je ne sais pas, j’ai à te présenter que des excuses peut être mais à   quoi servent- ils quand le mal est déjà fait me diras  tu?
Poisson!

Je sais que  tu  croyais te trouver un refuge ici, je sais que quelque part en toi tu étais  reconnaissant à ce soit disant protectionnisme mauritanien dans le passé, que tu te sentais le plus mauritanien des poissons du monde!

Oui j’en suis convaincu!

Hélas, t’es destiné à subir l’irraisonnable!

T’es destiné à faire le plus lointain des voyages…

Ne t’en fais pas, ils sont venus de si loin que pour toi!

Ils ont fait des kilomètres, ils connaissent et apprécient ta juste valeur!

Ils t’aiment plus que nous apparemment!

Tu sais ce qui m’a le plus inspirée de t’écrire cette lettre et qui m’a surtout encouragé à le faire; c’est que ton histoire me rappelle celle d’un chameau il y’a de cela une dizaine d’années.

Oui la fameuse lettre que Habib Ould Mahfoud avait écrite  jadis à cet autre concitoyen de la Mauritanie, lui demandant d’être le  bienvenu dans la ville, qu’il fasse l’exode, que notre avenir et espoir étaient louables.

Quelques années après, nous voici en train de te souhaiter à toi un Bon voyage!

Symbole d’une fierté tu l’étais à nous devant le monde entier!

On pouvait avec simplicité dire: « Je viens de la Mauritanie, oui la côte la plus riche au monde! »

Et pour convaincre nos interlocuteurs ébahis et surpris nous commençons avec passion à donner des explications géographiques en détaillant toute notre supposée culture halieutique etc.

Poisson!

Saches que ton exil ou, ton voyage nous sont  insupportables!

Que certes t’avait rarement été  invité à nos tables de tous les jours, mais que t’étais  l’omniprésent dont on connaissait l’existence sans le voir.

Il était une fois quelque part dans l’univers de non sens, des hommes qui gouvernent  un territoire de plus d’un million de kilomètres carrés.

Il était une fois des parlementaires apatrides, des hommes d’affaires sans affaires, des pécheurs qui ne pêchent pas.

Il était une fois un poisson qui s’est évadé des côtes orageuses, instables et non hospitalières pour résider sur l’extrême bout de l’océan espérant un Monde meilleur.

Il était une fois un poisson mauritanien.

Il était une fois, une fierté Nationale!

Il était une fois dans le passé, un futur sans présent ». 

Il s’agit là    d’une nouvelle forme de lecture locale    ou d’une  modification de certaines formes, inspirées d’une situation vécue ? Il est question, tout simplement,  des figures déjà existantes pour des termes de la même catégorie.   

m_barrada @yahoo.fr 




La Tribune n°554

20062011

La Tribune  n°554 dans La Tribune Mauritanie PDF pdf 554311qxd1.pdf




Les Echos de la Tribune : Universitaires mauritaniens ?

20062011

 Par Mohamed Fouad Barrada

 

 Lorsque j’évoquai le cas du recrutement au niveau de l’université de Nouakchott, des questionnements et  des commentaires    m’ont été adressés notamment  quand  j’ai  précisé   « qu’Il est commun, d’ailleurs, que les universités cherchent les professeurs qualifiés ici, il semble qu’on leur met des bâtons dans les roues. Pour quelle raison ? D’autres universitaires doctorants sont relégués au second plan cause due essentiellement à la commission nationale d’équivalence des diplômes.

A titre d’illustration, depuis le changement du système des études supérieures au Maroc de DEA (BAC plus 5) au DESA (BAC plus 6 ans d’études conditionnées par une recherche soutenue devant un jury), les commissions de l’université de Nouakchott de sélections des diplômes les considèrent comme des titulaires du DEA. Alors que suivant les textes régissant les études supérieures, leurs diplômes sont assimilés à un titre de doctorat de troisième cycle voire un magister (bac +6). La commission nationale de l’équivalence des diplômes ne s’est pas réunie depuis belle lurette. Quelles sont les causes et les conséquences de tels actes?

Si l’on en croit les diplômés du Maroc, il est question de leur barrer le chemin en faveur d’autres diplômes car l’université n’accepte que les magisters (de l’Egypte, de l’Irak et des autres pays du proche et moyen orient et le doctorat de troisième cycle de l’Algérie, ou du Sénégal).

Les diplômes sénégalais ont une particularité; avec un DEA (appuyé par un mémoire) et une deuxième année de recherche sans soutenance l’étudiant obtient un doctorat de troisième cycle (Bac +6), alors qu’au Maroc, il fallait deux ans d’études et une soutenance le plus souvent en troisième année (cas des facultés des sciences juridiques économiques et sociales). Que faire pour corriger cette injustice ? » (NDR) 

 Je vous transmets, par conséquent, certaines  critiques en guise de réaction  à  la partie évoquée ci-dessus, dont voici les points saillants :  

« *Attention, vous vous êtes lamentablement trompés en ce qui concerne les diplômes sénégalais. Je vais vous ‘y éclairer ‘ clairement.

Le DEA sénégalais (considéré comme un bac+5) est composé de 2 années : la 1ère année est une année de cours théoriques sanctionnée par l’AEA (attestation d’études approfondies) et la 2ème année est une année de recherches sanctionnée par le DEA (diplôme d’études approfondies) après soutenance du mémoire.

Le doctorat de 3ème cycle est un doctorat tout à fait normal et il est obtenu après bel et bien soutenance d’une thèse de doctorat, et il peut prendre au moins 2, voire même plusieurs années, tout dépend de l’importance des résultats de recherche obtenus.

Maintenant, pour que le Docteur de  3ème cycle (de grade maitre assistant) soit un docteur complet (grade maitre de conférence), il lui faut encore soutenir une autre thèse de Doctorat qu’on appelle Doctorat d’état (grade maitre conférences donc) qui prend aussi quelques recherches supplémentaires.

Actuellement ces 2 types de Doctorat sont entrain de disparaitre pour laisser la place à un autre type de Doctorat dit Doctorat unique, de grade maitre de conférences (appelé aussi Doctorat d’Université ou PHD) qui doit prendre normalement 3 à 4 ans. Et tout Doctorat, pour être crédible et solide, doit avoir fait l’objet de publications scientifiques reconnues par la communauté académique mondiale.

Et pour avoir le titre de Professeur des universités, il faut être à l’origine un maître de conférences qui a eu à faire plusieurs publications, encadrer plusieurs thèses, …

Tout ça est bel et bien connu des autorités académiques mauritaniennes, mais à cause du favoritisme, du clientélisme, du business qui règnent dans ce pays, beaucoup de nos cadres se font appeler docteurs   à tort.

A titre d’exemple, je suis titulaire d’un Doctorat de  3ème cycle, qui a valeur d’un Doctorat unique, puisqu’il a fait l’objet de 3 publications reconnues. Cela grâce à mes pertinents résultats de recherche, ce qui m’a permis d’être présélectionné au concours du CNRS de recrutement de chercheurs en France.

Pour en revenir aux docteurs vacataires, l’exil n’est pas une bonne solution. Je leur suggère de créer une université privée sérieuse, où le jeune étudiant mauritanien trouvera une formation saine et adaptée. Et laisser les autorités mauritaniennes dans leur médiocrité, dans leur soif de l’argent… 

  

*Ainsi, la déontologie des doctorats en Europe est plus rigoureuse (cas de l’Espagne, de la Suisse et de la Suède. Etre un docteur est un titre et être enseignant dans une université c’est autre chose ! Il faut pour cela avoir soutenu 4 à 5 thèses  à son actif ou avoir produit des publications à titre d’intérêt public académique.

Il semble que l’UE est en train d’harmoniser la déontologie  académique. Plusieurs universités (y compris celle de Nouakchott) seront amenées à réviser la qualité de leur enseignement. Je dois faire remarquer que le diplôme universitaire de Nouakchott n’est pas accepté dans certaines universités européennes. 

  

* Je ne comprends pas, je suis enseignant mauritanien dans une université sénégalaise mais le DEA, maintenant Master II (recherche), c’est l’équivalent de Bac +5, avec soutenance de mémoire devant un jury. Après on prépare une thèse de doctorat troisième cycle ou doctorat unique.

Aujourd’hui, c’est la thèse unique qui s’impose avec un minimum de 4 ans après le DEA ou Master II. Si l’on rajoute deux ans après le DEA sans faire une thèse et la soutenance, cela ne correspond à aucun diplôme. Il faut que l’on remette de l’ordre dans le système de l’enseignement supérieur mauritanien pour éviter cette forme de marchandage des diplômes, la formation y gagnera en qualité. 


*  M. Fouad,
Je vous félicite et encourage pour  l’effort intellectuel que vous nous apportez. Mais, je suis déçu parfois, pour manque d’objectivité et de précision dans certains de vos articles. Je pense que vous n’ignorez pas les conditions de recrutement des professeurs universitaires dans le monde. Tout d’abord, il faut  faire la distinction entre assistant, maitre de conférences, enseignant,  enseignant- chercheur, professeur, HDR, docteur, agrégé, etc. Comment un intellectuel comme vous que je respecte d’ailleurs beaucoup accepte qu’un maitrisard effectue une année d’étude avec examen plus un mémoire (copier- coller) cas  de l’Algérie…  Arrêtons cette équivalence virtuelle. Où est le doctorat soutenu, où sont les publications, où est le parcours du professeur  universitaire ? Cette première et seule année d’étude avec examen du magister algérien sanctionnée par un bulletin de note et non un diplôme DEA, est pour les docteurs mauritaniens l’équivalent d’un DEA. Mais quel  DEA (Sénégal, Maroc, Tunisie, ou la France) ? Je ne pense pas qu’une année académique avec examen SANS soutenance de mémoire puisse  être l’équivalent  d’un DEA français qui comporte une année d’étude avec examen final et soutenance de mémoire. Bref, le nombre d’années n’est pas plus important que le contenu des cours et le volume horaire mensuel et annuel. C’est ce qui nous amène d’ailleurs à moderniser le système éducatif en adoptant le système LMD. Enfin, sur quelle base nous donnons ces équivalences?
 

L’équivalence obéit à des normes internationales et non fictives  et prend plusieurs facteurs en commun(le pays d’obtention, le volume horaire, le contenu des programmes, les travaux de recherche, stage,) J’attends de vous un article détaillant  les conditions de recrutement dans les universites du monde ». 

Pour conclure, je tiens à préciser, à cet égard,   que  les enseignants des universités de renommée  comptent  désormais,  en grande partie,  des professionnels  qui n’ont tantôt  que   des  master  , tantôt  des DEA, toutefois  ils sont qualifiés et expérimentés dans  leurs domaines ‘respectifs’   .    

En un mot, la tendance actuelle   c’est   de recruter des académiciens et des professionnels. Le but étant, tout simplement, la recherche de la qualité et de la performance afin de former des futurs cadres opérationnels. 

 m_barrada@yahoo.fr

Source : La Tribune n°554







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