Les Echos de La Tribune Par Mohamed Fouad Barrada

3 01 2011

Lutte vaine  contre la gabegie… 

 Le projet de loi contre la corruption qui sera discuté prochainement au niveau du parlement, si ce n’était pas le cas, il   devrait  à notre avis intégrer quant à son application  une  dimension  qui est jusqu’à là négligée.   Cette dimension reste, incontestablement, humaine. C’est celle des ressources humaines et leurs gestions. 

Pour lutter efficacement contre la gabegie, il faut commencer par le commencement. Il est question de s’éloigner  des mesures souvent rétrogrades et restrictives favorisant la sanction au détriment  de la récompense, de la motivation, de l’apprentissage et de l’appartenance aux structures organisées  dans lesquelles les individus évoluent. La théorie managériale  est abondante là dessus. Deux théories  sont  notamment  en vogue. La première dénommée  X épouse la vision hiérarchique  et se fonde sur les  hypothèses ci-après : 

 Les individus  développent  une  aversion naturelle voire innée   pour le travail. De ce fait,  il faut  les contrôler,  les diriger,  les contraindre,  les menacer et  les sanctionner.  

L’employé normal préfère être dirigé, fuit les responsabilités, montre peu d’ambition, cherche la sécurité avant tout. 

La seconde  théorie appelée  Y est en quelque sorte l’opposée  de la théorie X,  elle se base  sur les approches participatives renforçant  la responsabilité et la  motivation des salariés  tout en  prenant en compte les évolutions sociétales des individus.  Cette théorie prend comme socle l’  aptitude à créer une atmosphère permettant l’émancipation  de chaque individu  appartenant à  l’organisation. Cette théorie stipule également  que le repos ou les loisirs sont des ‘stimuli’ incontestables pour la consolidation de l’effort physique de tout un chacun. Si les employés sont  associés à la prise des décisions dans leurs structures organisées notamment établissements, entreprises, administration   , ils donneront  évidement  le meilleur d’eux-mêmes, indépendamment  du contrôle  et de la  sanction. La condition demeure inéluctablement celle de la politique salariale à la fois  efficace et rentable pour les structures organisées.  

Je vous livre, par ailleurs, des parties de l’ancien rapport  de la stratégie nationale pour la  lutte contre la corruption.  Cependant, je ne sais guère s’il s’agit de la dernière version proposée  ou autre version améliorée ou revue. Ainsi, il n’y a aucune  notification concernant  les motivations salariales des employés  

 Voici alors des passages saillants dudit rapport, bonne lecture.     

 -  Promouvoir des îlots d’intégrité, à travers des corps de ‘fonctionnaires d’élite’ : 

L’intervention des institutions de contrôle ne peut être que ponctuelle, alors que la lutte contre la corruption doit être menée au jour le jour. Dès lors, les fonctionnaires chargés d’appliquer des mesures destinées à prévenir et réduire la corruption sont appelés à jouer un rôle essentiel, plus encore que les organes de contrôle.  Pour ce faire, le Gouvernement entend cibler certains corps de fonctionnaires clés, choisis pour leur rôle crucial, mais aussi leur compétence et leur intégrité pour l’application de la Stratégie. Ces catégories d’agents publics se verront accorder des avantages importants, en contrepartie des responsabilités qu’ils auront à assumer. Ces avantages seraient matériels, en termes de salaire, de sécurité immédiate (santé) et différée (retraite), et de moyens de travail (locaux, véhicules, etc.) mais aussi moraux en terme d’honneurs, de considération et de citations. Pendant l’exercice de leurs mandats, ces fonctionnaires bénéficieront d’une inamovibilité qui ne pourrait être levée qu’en cas d’infraction et de mise en examen. 

  

-Mettre en place des pôles financiers spécialisés :  

  

Des pôles financiers seront créés au sein des grandes juridictions. Ils s’appuieront sur les magistrats qui se sont distingués dans la lutte contre la corruption et pour lesquels des formations spécialisées seront dispensées. 

-Améliorer les conditions de travail des auxiliaires de justice et  former les fonctionnaires à la lutte contre la corruption :  

  

Les magistrats s’appuient sur des auxiliaires de justice dont il convient de renforcer les capacités. Dans ce cadre, le statut et les conditions de travail des greffiers, qui assurent la mémoire des juridictions, seront revalorisés…  

  

- Renforcer la transparence de la gestion des ressources naturelles 

La lutte contre la corruption dans les Industries Extractives repose sur l’application des principes de transparence et de bonne gouvernance sur toute la chaîne des procédures. La Mauritanie a d’ores et déjà adhéré à l’Initiative pour la transparence des industries extractives et a créé un fonds national de gestion des hydrocarbures ainsi qu’un comité de suivi de l’application de cette initiative. D’autres mesures s’avèrent néanmoins nécessaires ; 

Renforcer les capacités des élus en matière budgétaire et financière : 

  

Des documents explicatifs (‘bleus budgétaires’) seront élaborés à l’attention des parlementaires et systématiquement joints aux projets de lois de finances. Les capacités de la commission des finances et des commissions ad hoc de lutte contre la corruption seront renforcées, afin de permettre un contrôle plus efficace de l’allocation des ressources. Des assistants spécialisés seront recrutés et mis à disposition du Parlement afin de faciliter le suivi des aspects budgétaires, dans le cadre de l’autorisation parlementaire 

-. Renforcer la lisibilité et la transparence des finances publiques : 

Améliorer le contrôle budgétaire : 

Le contrôle par le Parlement de l’allocation des ressources publiques, à travers la discussion et le vote de la loi de finances et le contrôle de l’exécution du budget par l’adoption de la loi de règlement, est réduit par l’opacité de la nomenclature budgétaire et le manque d’assistance aux élus dans l’exercice de leur mission. 

Enfin,  « quelque soit le système de lutte contre la corruption, aucune avancée ne peut être réalisée si elle n’est portée par une volonté politique suffisante, au sommet de l’Etat. Dans le cas contraire, les organes de contrôle risqueraient d’être domestiqués, et de servir au mieux, à cautionner les pratiques qu’elles sont censées combattre et, au pire, à devenir elles-mêmes des instruments de corruption et de règlement de comptes. » 

 m_barrada@yahoo.fr

Source : La Tribune n°531 du 3 janvier 2011  


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