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Les Echos de La Tribune Par Mohamed Fouad Barrada

30112010

  

Après 50 ans d’indépendance, sommes-nous dépendants ? 

  

Telle est la question que l’on  pose et qui s’impose. Si l’on se fie aux apparences historiques, on peut confirmer que nous sommes indépendants. Mais en analysant la situation à laquelle nous sommes confrontés aujourd’hui, on se rend compte qu’au vrai sens du mot, nous sommes devant une anecdote : l’état de non dépendance pertinente et l’indépendance apparente. Comment ?  

En effet, la dépendance n’est qu’une négation de ce qu’on appelle indépendance, évidence claire, mais elle cache un aspect invisible dans le cadre géographique. Il est de soi très incontestable que l’indépendance est une conséquence d’un conflit entre dominant et dominé. Partant, le dominant en accordant l’indépendance exerce-t-il toujours ses pouvoirs de domination ? Certes, la dépendance vis-à-vis des superpuissances coloniales d’autrefois continue d’être, mais sous une autre forme de moins en moins abrupte : la dépendance à l’heure de la mondialisation est culturelle, économique et technologique. Ceci étant, il est difficile de se passer des autres en favorisant l’autarcie. Donc, l’indépendance au sens évolutif s’exerce à travers l’intégration sociale, culturelle et économique. Cela suppose une vision pertinente qui dépasse le cadre étroit de la chose dans le but de promouvoir l’intérêt commun. Pourtant, l’élite de chaque pays est consciente du problème, mais les enjeux sont tels que la solution demeure une utopie aux yeux de la nôtre. En effet, le rêve peut être concrétisé si l’élite incarne l’émancipation et la base ‘matérialise’ l’indépendance relative.  

m_barrada@yahoo.fr 




Les Echos de La Tribune Par Mohamed Fouad Barrada

30112010

 

 Après 50 ans d’indépendance, sommes-nous dépendants ? 

  

Telle est la question que l’on  pose et qui s’impose. Si l’on se fie aux apparences historiques, on peut confirmer que nous sommes indépendants. Mais en analysant la situation à laquelle nous sommes confrontés aujourd’hui, on se rend compte qu’au vrai sens du mot, nous sommes devant une anecdote : l’état de non dépendance pertinente et l’indépendance apparente. Comment ?  

En effet, la dépendance n’est qu’une négation de ce qu’on appelle indépendance, évidence claire, mais elle cache un aspect invisible dans le cadre géographique. Il est de soi très incontestable que l’indépendance est une conséquence d’un conflit entre dominant et dominé. Partant, le dominant en accordant l’indépendance exerce-t-il toujours ses pouvoirs de domination ? Certes, la dépendance vis-à-vis des superpuissances coloniales d’autrefois continue d’être, mais sous une autre forme de moins en moins abrupte : la dépendance à l’heure de la mondialisation est culturelle, économique et technologique. Ceci étant, il est difficile de se passer des autres en favorisant l’autarcie. Donc, l’indépendance au sens évolutif s’exerce à travers l’intégration sociale, culturelle et économique. Cela suppose une vision pertinente qui dépasse le cadre étroit de la chose dans le but de promouvoir l’intérêt commun. Pourtant, l’élite de chaque pays est consciente du problème, mais les enjeux sont tels que la solution demeure une utopie aux yeux de la nôtre. En effet, le rêve peut être concrétisé si l’élite incarne l’émancipation et la base ‘matérialise’ l’indépendance relative.  

m_barrada@yahoo.fr 




Editorial de La Tribune Par Mohamed Fall Ould Oumer.

30112010

 

 

Cinquante ans. Un demi-siècle. Dix-huit mille deux cent-soixante-deux jours et demi. Arrêtons un moment de nous auto-flageller. Regardons la partie pleine du verre. Que voyons-nous ?

1. La Mauritanie de 1960 est une Mauritanie profondément traditionnaliste et inégalitaire. L’esclavage y est une pratique largement généralisée. Les disparités sociales y sont évidentes et importantes. Le poids des tribus et des appartenances y est très pesant. L’enseignement ne concerne qu’une élite. Les richesses sont détenues par une élite…

Cinquante ans après, il y a certainement cent fois plus de Mauritaniens libres de toute emprise, beaucoup plus d’instruits qu’il y a 50 ans. La richesse n’est plus l’apanage de milieux donnés.

Cela ne veut pas dire que les disparités sociales ne restent pas énormes. Que l’esclave ne persiste pas sous toutes ses formes. Que l’ignorance lèse près de 50% de la population. Que l’influence des plus riches, des «bien-nés», des plus forts… n’est pas encore déterminante dans la vie de la plupart de nos concitoyens.

Cela veut dire qu’un grand chemin a été parcouru sur le chemin de l’édification de la citoyenneté comme valeur première. Que les insuffisances sont désormais prises en charge soit par des partis politiques dument reconnus, soit par des ONG spécialisées dans la promotion des Droits de l’Homme. C’est le lieu ici de saluer les efforts de certaines d’entre elles, notamment SOS-Esclaves de Boubacar Ould Messaoud. Mais aussi de valoriser tout ce plaidoyer qui a permis d’imposer un quota pour les femmes au niveau des postes électifs.

Cela ne veut pas dire que le système éducatif mauritanien est performant. Loin s’en faut ! Il reste à réformer pour le rendre plus efficient, plus démocratique, plus adapté aux besoins du pays en matière d’emplois.

Les Etats généraux de l’éducation promis permettraient peut-être de réhabiliter l’école mauritanienne pour en faire un creuset d’intégration et de formation de la personnalité mauritanienne.

2. En 1960, l’activité économique privée était entre les mains des étrangers. Entre les expatriés venus de France, du Liban, d’Espagne et d’ailleurs et la main d’œuvre importée du Sénégal et des colonies du sud, l’économie nationale ne reposait sur aucune expertise locale.

La création de l’Ouguiya en 1973 a dynamisé le capital privé national. Aussi le pouvoir a-t-il opté pour une politique volontariste en vue de l’encourager. On se souvient encore des rapports que le Président Moktar Ould Daddah entretenait avec les premiers hommes d’affaires qu’il avait choisis dans des milieux sociaux modestes.

Le résultat pour le pays est qu’il y a eu, très tôt, des entreprises de bâtiment, de travaux publics, des concessionnaires, quelques industriels et enfin des banquiers dès la libéralisation du secteur. Il est vrai que la libéralisation des activités économiques s’est faite dans des conditions qui desservent la communauté. Les sociétés publiques ont été bradées. Le capital privé a fini par «acheter le pays», selon l’expression d’un diplomate étranger (année 80-90).

Mais cela a participé de la mauvaise gestion qui a caractérisé cette époque et la corruption du personnel politique et administratif. Quoi qu’on dise du secteur privé mauritanien, il a été – et reste – un facteur de développement. Encore faut-il le libérer du poids de la bureaucratie, assainir ses rapports avec les fonctionnaires et l’encourager à adopter une conduite citoyenne.

3. En 1960, c’est quoi la Mauritanie, quelle idée ont les Mauritaniens de leur pays ? Trois grandes tendances : celle qui ne croit pas à la viabilité du pays et qui a cherché à le faire annexer tantôt par le Maroc, tantôt par le Soudan français (Mali), tantôt par le Sénégal ; celle qui a cherché le maintien de la colonisation française, toujours pour la non viabilité du projet ; et celle qui y a cru et qui a travaillé pour l’imposer, d’abord à l’intérieur puis à l’extérieur.

En 2010, force est de constater que la Mauritanie existe. Dans l’esprit des Mauritaniens et sur l’échiquier régional et international. Certes il y a eu cette époque où nos politiques étaient pro-ceci pro-cela et rarement pro-mauritaniens. Mais il y a peu, il y a eu ce tollé général soulevé par l’allégeance exprimée par certaines personnalités politiques à l’égard de chefs d’Etats étrangers. C’est que les Mauritaniens sont «assez grands» pour croire à leur pays.

A quelque chose malheur est bon. Les événements de 1989 ont eu un effet psychologique évident : la conscience de l’autre. Le côté «je m’oppose donc je suis» a libéré les consciences du «complexe de l’AOF» que nous développions vis-à-vis des frères et voisins sénégalais. Brusquement, «on» s’est rendu compte qu’on était deux pays différents. Plus tard le règlement des conséquences malheureuses de ces événements permettra d’intérioriser – plus ou moins – la conscience de la responsabilité communautaire.

Les relations avec Israël, ressenties comme une honte, ont fini par permettre aux mauritaniens d’opérer une catharsis collective. La mise en scène de la rupture y est pour quelque chose.

Les effets négatifs de la sortie de la CEDEAO et l’impossibilité pour les frères maghrébins d’avancer sur la voie de la communauté, nous enseignent que notre place est là où on était : au milieu d’une communauté ouest-africaine qui a sensiblement le même niveau de développement que nous. Et qui est plus pragmatique que nos frères du nord.

Nous percevons mieux aujourd’hui cette vocation première de la Mauritanie, celle d’être une terre de convergence, de rencontre et d’échanges entre les mondes Arabe et Africain. Les errements et extravagances diplomatiques des décennies 80-2000, ont troqué cette vocation pour une situation de «ni, ni», une Mauritanie ni Arabe ni Africaine.

Le récent débat autour de la place de la langue française dans le système éducatif a permis de faire la démonstration que quelque chose a changé dans la perception et le rapport que les Mauritaniens ont avec le Français en particulier, les langues étrangères en général. Il y a de nettes avancées dans l’attitude des politiques qui ont jusque-là instrumentalisé la question.

4. La qualité de vie s’est considérablement améliorée. L’électrification, l’eau courante, les routes, le transport, la santé, l’enrichissement d’une plus grande partie de la population, l’essor urbain avec notamment la construction de grandes et belles maisons, les équipements mobiliers et immobiliers, le téléphone, la télévision, tout ce qui découle de la révolution technologique venue d’ailleurs… tout cela participe dans l’amélioration de la qualité de vie du Mauritanien d’aujourd’hui.

Comment expliquez à nos enfants que nous marchions à pieds des kilomètres pour aller à l’école ? que nous utilisions, pour les plus nantis d’entre nous, les lampes à pétrole pour réviser nos leçons le soir venu? comment leur faire croire que nous habitions sous la tente, que nous mangions, pour les plus nantis, du riz et du couscous avec un peu de viande, rien que ça et tous les jours ?

que nous mettions des semaines, des mois, parfois des années à prendre contact les uns avec les autres ? que nous n’avions que quelques tissus pour nous couvrir (pour les nantis) ? … Essayez de leur faire croire que tout ça est récent…

5. La création de la Société nationale industrielle et minière (SNIM) et sa reprise des activités de la MIFERMA doivent aussi être mis en exergue dans ce bilan que l’on veut positif. Le 28 novembre 1974, le Président Mokhtar Ould Daddah annonce la nationalisation de la société des mines de fer de Mauritanie.

A ce moment, le personnel d’encadrement est totalement français. Rares sont les Mauritaniens qui ont un poste de responsabilité de niveau élevé ou même intermédiaire. Trente jours ont suffi pour que le personnel mauritanien reprenne les choses en main et relance la production. C’est bien grâce à cet effort gigantesque du personnel, que la société est ce qu’elle est aujourd’hui : un pilier de l’économie nationale.

La Mauritanie d’aujourd’hui ne vit plus que du fer et du cuivre comme c’était le cas dans les années soixante. Elle est en passe d’avoir l’une des plus grandes exploitations de l’or. Elle lance l’exploitation du quartz. Le pétrole est exploité depuis quelques années, bientôt nous aurons le gaz. Il reste qu’il faut préparer le pays pour cela. En formant un personnel qualifié.

Pourquoi ne pas prendre les premiers au bac des séries scientifiques et les envoyer systématiquement se former dans les métiers des hydrocarbures, des mines, de l’environnement… ? Les sociétés exploitantes versent déjà des sommes importantes pour la formation, pourquoi ne pas utiliser ces fonds ?

Il faut cependant revoir la gouvernance en matière de recherche et d’exploitation minières. Il est alarmant d’entendre qu’à chaque Conseil des ministres, des dizaines de permis sont octroyés. Surtout quand il s’agit du fer. Surtout quand c’est dans la zone de la SNIM.

Première exigence en la matière : laisser à la SNIM la mission de promouvoir la recherche et l’exploitation du fer au moins dans les régions nord du pays. Pour ne pas l’asphyxier et pour mettre à contribution son expertise.

Deuxième exigence : revoir tous nos contrats avec les sociétés déjà présentes sur le sol mauritanien. Les contrats de partage et d’exploitation ont été faits à un moment où le pays voulait attirer les investisseurs, au moment aussi où la mauvaise gestion des affaires publiques était la règle, donc dans les conditions les plus désastreuses pour la Mauritanie.

Il est temps de les revoir pour corriger d’abord le niveau des royalties, ensuite les garanties quant à la préservation de l’environnement.…C’est peu. Très peu. Il y a certainement plus de raisons d’être sceptique quand on évalue le chemin parcouru par notre pays ou quand on envisage ses chances de s’en sortir. Par où commencer ? serait-on tenté de dire. Le legs est lourd parce qu’il a détruit la foi de l’Homme, ses valeurs, atrophié son intelligence… Des années durant nous avons cultivé la paresse, l’argent facile, le non Etat, la gazra, le thieb-thiib, la fraude qui va avec, le système de contrevaleurs qui nous conditionne à présent…

Ces jours de célébrations, quelque chose de nouveau est apparu : l’engouement pour les couleurs nationales. Ces drapeaux vendus comme des petits pains, arborés fièrement dans les rues, sur les devantures, du jamais vu chez nous. Comme si, à défaut d’avoir une célébration officielle grandiose, on a tenu à faire une fête populaire. Mais au-delà, nous pouvons espérer y voir un recouvrement de la dignité, surtout de la fierté d’être mauritanien. Quelque chose qui nous a manqué tout ce temps…

En dépoussiérant le passé, nous avons libéré les plus de quarante ans qui ont vécu l’occultation de ce passé comme une ablation. Nous avons – et c’est le plus important – fait découvrir aux moins de quarante ans – et c’est la grande majorité d’entre nous – que la Mauritanie a été un combat. Un combat mené par des hommes qui n’avaient rien d’autre que la foi en leur peuple. Toutes les raisons d’être fiers de ces hommes. Et du pays.

Et si on refaisait le coup ?

 

 




La Tribune 526

30112010

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