Guerre contre AQMI :

8 11 2010

Guerre contre AQMI :

Le Mali et la Mauritanie côte-à-côte

 

La relève des forces mauritaniennes engagées à la mi-septembre dans le nord malien, a trouvé renfort : ce sont des patrouilles mixtes, composées d’éléments maliens et mauritaniens, qui sillonnent le nord malien à la recherche des bandes armées de Al Qaeda au Maghreb Islamique (AQMI). En effet, des bataillons de l’Armée malienne ont rejoint leurs frères mauritaniens qui sont installés au nord de Tombouctou depuis quelques temps. C’est ce qui explique la visite de quelques jours dans notre pays effectuée par le général Gabriel Poudiougou, chef d’Etat Major de l’Armée malienne.

« C’est une visite de quelques jours. Tous les problèmes sécuritaires seront abordés, surtout que cette visite intervient quelque jours après l’arrivée dans notre désert de la relève des troupes mauritaniennes« , a affirmé une source malienne à l’AFP. Dans une déclaration à la presse à cette occasion, le responsable de l’état-major malien a rappelé que son pays « occupe actuellement la présidence de l’état-major commun installé à Tamanraset« . « C’est donc normal, nécessaire, de parler des problèmes communs à tous les pays de cette zone« , a-t-il affirmé, en soulignant la « détermination » du Mali à combattre le terrorisme.

La semaine dernière, un nouveau mouvement de troupes mauritaniennes a été signalé dans le désert malien. Aussi a-t-on parlé d’un accrochage meurtrier entre des éléments de l’organisation terroriste et une tribu arabe du nord du Mali. Il s’agirait d’une levée de troupes de la tribu pour venger l’assassinat, il y a près d’un an, de l’un de ses ressortissants, officier du reste de l’Armée malienne. Au cours de cet accrochage, AQMI aurait perdu cinq hommes.

Selon des informations données par RFI, de nombreux véhicules de l’armée mauritanienne ont franchi la frontière pour prendre position dans le désert, côté malien. Sur le nombre de soldats et le matériel militaire, pas de chiffres fournis : secret défense. D’après ces informations, il existe également un dispositif aérien. Un avion militaire mauritanien est pour le moment au sol dans la zone alors qu’un second fait la navette entre le nord-ouest du Mali et Nouakchott. 

Toujours selon la radio française, les militaires mauritaniens seraient plutôt bien accueillis par les populations dont ils parlent la langue (Hassaniya).

Depuis le 22 septembre dernier – date de la première incursion contre AQMI – l’Armée mauritanienne met en œuvre une stratégie basée sur des frappes ciblées en vue de prévenir tout mouvement des éléments terroristes vers son territoire.

L’entrée en scène à ses côtés de l’Armée malienne est un passage à une seconde phase qui doit être celle du harcèlement de l’organisation terroriste en vue de la sortir du territoire malien. Cette convergence dans l’action militaire est une concrétisation de la volonté commune des pays concernés. En effet le commandement de l’Etat Major unifié de Tamanrasset est revenu au Mali lors de la dernière réunion des chefs militaires. Ce sont donc les Maliens qui essayent de concrétiser cette volonté de mettre fin à la menace des groupes armés. Mais où est l’Algérie qui possède moyens matériels et humains ?

Si l’on en croit le Premier ministre algérien, Ahmed Ouyahya, les pays du Sahel ont besoin de « moyens ou de fonds pour développer l’administration des régions nord de leurs pays et renforcer leurs forces de sécurité ». Ils « n’ont pas besoin d’un déploiement étranger ». Rappelant la position algérienne à toute intervention étrangère dans la zone. Même s’il a insisté pour dire : « Nous assumons notre devoir sur notre territoire comme nous l’assumons à l’endroit de nos voisins à travers les mécanismes des chefs d’état-major, des services de sécurité et d’autres rencontres », il reste que l’absence de l’Algérie du théâtre des opérations reste inexpliquée.

Quant à la présence étrangère dans la zone, l’Algérie est accusée d’abriter une base américaine de cinq cents hommes près de Tamanrasset justement. Cette base, selon les révélations du Canard enchaîné, serait destinée à abriter un centre d’écoute. On sait par ailleurs que son hostilité vis-à-vis de la présence étrangère, est surtout destinée à éviter une ingérence française. Par contre la coordination et la convergence avec les Etats-Unis d’Amérique fait partie des options affichées par l’Algérie. La mauvaise foi est donc évidente.

D’autant plus que les moyens, faramineux par rapport à ceux du Mali, du Niger ou de la Mauritanie, de l’Algérie ne sont pas mis en contribution. Ni les drones, ni les avions de chasse, ni les commandos spécialisés et aguerris, ni le tapis de dollars en réserve, ni même la presse pourtant incisive quand il s’agit des intérêts algériens… rien n’a été mobilisé pour aider à l’effort commun visant l’éradication de la menace sur le Sahel. Du moins jusqu’à présent… Dans son intervention devant le Parlement, le Premier ministre Ahmed Ouyahya a martelé que « si demain nous avons une présence occidentale de quelque pays que ce soit (dans cette région), ils (les terroristes) vont devenir des moudjahidine et là, nous créerons un enfer avec les meilleures intentions du monde ». Qualifiant les terroristes sévissant dans cette région de « criminels », il a estimé que « les populations au Niger et au Mali les considéraient comme des bandits ».

Pour sa part, le Président de la République Mohamed Ould Abdel Aziz, ne manque pas une occasion pour rappeler la détermination du pays à combattre le phénomène en portant la peur dans les rangs des terroristes. Dans une interview accordée à Arabies, a déclaré que seule une stratégie cordonnée et continue permettra de mettre fin à la menace terroriste. «En fait, a-t-il précisé, nous savons aujourd’hui qu’il s’agit de groupes d’individus hors la loi, qui veulent se donner une amplitude qu’ils n’ont pas, à travers la terreur, le trafic de drogue, des armes de toutes sortes, et de l’immigration clandestine». Et donc «il n’est pas permis de dire qu’une armée structurée disposant de moyens logistiques à l’échelle nationale ne peut pas mettre fin à l’existence d’une poignée de terroristes, et il n’est pas admissible qu’un Etat, quelle que soit la faiblesse de son armée, reste les bras croisés face à de telles bandes de terroristes».

Et de préciser : «Nous sérions très reconnaissants aux pays frères et amis qui voudraient nous assister dans ce domaine. Mais, pour combattre les terroristes qui nous attaquent, nous comptons d’abord sur les moyens dont nous disposons. Je sais que les terroristes dans la sous-région bénéficient parfois, malheureusement, de complicités locales, car dans les milieux où sévissent la pauvreté et l’ignorance, on résiste plus difficilement à la corruption et au chantage. Mais, si les pays de la sous-région entreprenaient une stratégie sous-tendue par des efforts coordonnés, cohérents et continus, il n’y aurait pas de raison que le terrorisme s’y développe». Et de conclure : «Face à la menace terroriste, les pays se doivent d’unir leurs efforts». C’est ce que le Mali et la Mauritanie viennent de lancer. 

Fidèle à ses positions radicales sur la question, la Coordination de l’opposition démocratique (COD) a estimé la semaine dernière que la « guerre » menée par le gouvernement contre AQMI dans le nord du Mali avait pris la forme « d’une aventure aux conséquences graves ». « Nous assistons à une déclaration de guerre contre Al-Qaïda, une véritable aventure aux conséquences graves pour le pays », a affirmé le président de la COD, Mohamed Ould Maouloud, au cours d’une conférence de presse. « Nous avons toujours soutenu la lutte contre le terrorisme menée par les Mauritaniens, mais ce qui se passe aujourd’hui procède visiblement d’une stratégie dictée de l’extérieur » a-t-il accusé, en faisant clairement allusion à la France. Reprenant les termes utilisés par AQMI dans ses communiqués concernant la Mauritanie, la COD a dénoncé ce qu’elle qualifie de « guerre par procuration, la présence militaire étrangère dans le pays et des expéditions de notre armée à l’extérieur de nos frontières », dixit Ould Moloud. « Nous demandons à nos amis étrangers de nous laisser gérer cette lutte contre le terrorisme suivant nos procédés et dans un cadre consensuel, non à travers leur vision qui ignore la complexité de la réalité locale », a-t-il ajouté.

Ceux qui soutiennent cette position occultent tout le mal qui a été fait à la Mauritanie par AQMI et bien avant par le GSPC : attaques des garnisons coûtant la vie à nos militaires, assassinat et rapts d’étrangers sur le sol national, menaces sur l’économie, tentatives de déstabilisation… La Mauritanie n’a pas choisi de faire la guerre. Elle s’est défendue – tardivement – car il a fallu attendre juillet 2010 pour voir l’Armée mauritanienne reprendre l’initiative et porter un sérieux coup aux terroristes. Septembre suivra. Le Président malien Amadou Toumani Touré a récemment déclaré sur les antennes de RFI que les opérations mauritaniennes étaient «une réussite totale». De son côté, son homologue mauritanien l’a remercié solennellement pour sa compréhension et sa précieuse aide en ouvrant les travaux du dialogue national sur l’extrémisme et le terrorisme. Un échange de bons procédés qui permet aujourd’hui aux deux pays de mener côte à côte une guerre qui les concerne au même titre.

 

MFO (avec agences)

 

Encadré :

Premiers «gains»

 

L’accrochage entre une tribu arabe du nord malien et les éléments de AQMI n’est pas fortuit. Il est le premier d’une série à laquelle il faut s’attendre. La prolifération des éléments armés dans cette zone a pour première conséquence la destruction du tissu économique local qui tourne essentiellement autour du tourisme. Elle contribue à tarir l’aide internationale sans laquelle, il n’y a pas de développement de base. Les conflits d’intérêts entre chefs de guerre AQMI et populations locales sont évidents et désormais courants. C’est bien sur ce que les Etats doivent agir : investir les populations et les arracher du joug des preneurs d’otages. Cet accrochage est peut-être un début de rupture.

Deuxième signe «positif», la «reddition» d’un jeune mauritanien qui a fui les camps du nord malien pour se rendre à la police de Timbédra dans le Hodh. Originaire de cette ville, Izidbih Ould Mohamed Mahmoud Ould Weiss, à peine trente ans, a rejoint les camps avec son frère aîné en 2008. Il y a subit un entraînement complet sous la houlette de Abdel Karim Targui, chef de la katiba «Al Ansar», auteur présumé du rapt puis (éventuellement de l’assassinat de l’otage français Michel Germaneau. Il a, selon une dépêche de l’AFP citant une source policière, « affirmé avoir choisi de revenir dans son pays et de rejeter la culture de la violence et ses adeptes dans lesquels il ne voyait plus, ni son avenir, ni d’objectifs nobles quels qu’ils soient ». Selon la même source, le jeune aurait affirmé à la police avoir dû prétendre être malade et avoir besoin de se soigner pour que cette organisation le laisse partir. Une récente loi mauritanienne sur le terrorisme, adoptée en juin, offre aux extrémistes qui se rendent aux autorités « avant leur arrestation » des conditions spéciales pouvant aller jusqu’à leur mise en liberté sous contrôle.

 

 

Encadré

Ould Weiss remis en liberté après sa reddition

 

Les services e sécurité ont remis en liberté, dimanche à Nouakchott, le jeune Izid Bih Ould Mohamed Mahmoud, dit Ahmed Ould Weiss, a appris ANI de sources informées.

 

Ould Weiss, âgé d’une trentaine d’années, a été libéré par les services de sécurité mauritaniens, après sa reddition, mercredi dernier. Il était depuis 2008 engagé sur les rangs de la katiba AL-Ansar d’AQMI où il a été formé sur le maniement des armes. Izid Bih était sous le commandement d’un malien, Abdel Karim Targui(le touareg).

Selon la police, les motivations de cette reddition sont « essentiellement d’ordre personnelles », car Izid Bih a déclaré, devant la police, « avoir été subitement eu la conviction de rompre avec la violence pour réintégrer la société comme citoyen normal et condamner toutes les formes de fanatisme et de recours aux armes ».

Ould Mohamed Mahmoud Izid Bih a prétendu être malade pou arriver à se défaire de l’astreinte de rester, en permanence dans le camp de la katiba Al-Ansar dans le nord du Mali, inique-t-on de source policière.

Les services e sécurité n’ont eu aucune difficulté pour remettre en liberté Ahmed Ould Weiss, lequel n’a jamais fait l’objet de mandat d‘arrêt de la part de la justice mauritanienne.

La nouvelle loi mauritanienne sur le terrorisme, adoptée en juin, dispose des largesses en faveur des salafistes qui annoncent leur reddition pouvant aller jusqu’à leur remise en liberté.

 

Source : ANI


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