Dialogue national :

3 11 2010

 

 Quelles suites ? 

 

Cinq jours de débats, parfois riches, parfois moins, mais de débats quand même. Ulémas, Imams, universitaires, juges, journalistes, animateurs d’ONG ou simples citoyens… tous ont été entendus, les uns plusieurs fois, les autres une fois au moins… tous ont donné un avis, une lecture, une explication et suggéré des réponses. 

A la fin de leurs travaux, les participants sont parvenus à un ensemble de recommandations appréciant l’approche sécuritaire qui dénote du souci d’assurer la sécurité des citoyens et de défendre l’intégrité du pays. Ils ont convenu que le combat des forces armées doit faire l’objet d’un consensus de la part de toutes les forces politiques et de tous les citoyens loin de toute tentative d’instrumentalisation politique. Pour ce faire, les participants ont souligné la nécessité d’une charte nationale pour les partis politiques du pays afin de faire face au phénomène du terrorisme et la création d’un centre d’étude et de recherche concerné par l’étude de ce phénomène dans tous ses aspects. Ils ont insisté sur l’intérêt de la poursuite l’approche débat impliquant les différents acteurs nationaux, religieux, politiques, pédagogiques, de défense et de sécurité de façon à garantir la propagation d’une culture d’équilibre, de sagesse et de dialogue. Ils ont aussi appelé à faire tarir les sources qui peuvent servir à animer ou encourager ce phénomène comme l’ignorance, la pauvreté, l’injustice et les privations. Ils ont demandé la poursuite de la politique de dialogue avec les victimes de ce phénomène et notamment le pardon de repentis qui devraient être insérés dans la vie économique et sociale du pays. Les participants ont également demandé la mise au point de lois dissuasives pour ceux qui sympathisent avec le terrorisme dans les medias et dans les programmes des partis politiques en plus de la création d’une instance chargée de la « Fatwa » fondée sur le rite malikite et l’extension de ce genre de forum au niveau international pour en tirer le plus grand profit et tirer parti de l’expérience des autres dans la lutte contre ce phénomène ainsi que le renforcement des caravanes scientifiques et de la « Dawaa » pour propager une culture islamique authentique, médiane et équilibrée. 
c’est au Premier ministre, Dr. Moulaye Ould Mohamed Laghdaf qu’est revenu la mission de clôturer les travaux et donc d’en tirer les conclusions. « Après cinq jours d’intenses discussions scientifiques et de dialogue démocratique lucide, vous voilà arrivés à la vérité et à clarifier les choses usant des arguments et des preuves palpables parvenant ainsi à montrer le vrai visage de l’Islam », et son approche de la « Dawaa » (prêche) soulignant que l’Islam n’a rien à avoir avec l’agression, le terrorisme précisant qu’il est plutôt une religion de clémence, de miséricorde, de paix, d’amour, de sécurité et de quiétude. Et d’ajouter: «Nous avons adopté, conformément à la vision du Président de la République, Monsieur Mohamed Ould Abdel Aziz, l’approche du dialogue sur toutes les questions essentielles du pays pour trouver une solution à celles qui sont les plus difficiles et œuvrer à trouver le maximum de consensus sur les solutions et stratégies inspirées des points de vue des Ulémas et penseurs et permettre par la suite à tous les citoyens de prendre part à ce dialogue national, chacun à partir de sa position et de son niveau, pour lui permettre d’être au fait des grandes questions qui concernent son destin». Le Premier ministre a enfin noté que les recommandations et les sages orientations issues de la rencontre seront prises en compte et traduites sur le terrain.
Le ministre de la défense nationale, président de la commission de supervision, Hamady Ould Hamady avait auparavant relevé que le dialogue était riche de par les idées et opinions diverses reflétées par la participation de tous les acteurs: Ulémas, académiciens, politiques, intellectuels et hommes des medias. Il a loué la participation d’une partie de l’opposition au débat. Il s’agit d’Ahmed Ould Daddah, chef de file de l’Opposition démocratique et président du RFD qui a assisté à la cérémonie d’ouverture, de Boydiel Ould Hoummoid, président de El Wi’am et de Yahya Ould Ahmed Waghf président de Adil, lesquels ont dirigé deux séances du débat. 
De son côté, Me Djibo Hamani, conseiller du Premier ministre du Niger, porte parole des hôtes étrangers, a traduit l’intérêt que portent les délégations hôtes à cette expérience dont ils ne manqueront pas de tirer le plus grand profit louant la capacité des mauritaniens et leur disponibilité.
Quant à Mohamed El Moktar Chinguitty, chercheur académicien à l’Université de Doha a, au nom des hôtes nationaux, souligné le niveau élevé de liberté dans les débats notant que la Mauritanie a mis ses deux pieds sur la bonne voie, celle de la liberté et de la justice. Il a souligné que ce que dont les mauritaniens ont besoin est l’unité face à ce danger du terrorisme tout comme ils ont besoin de montrer tous les points de vue sur cette question souhaitant que d’autres fora plus spécifiques soient dans l’avenir organisés.
Abdallahi Ould Mohamed Sidiya, ancien prisonnier salafiste fraîchement gracié par le Président de la République et porte-parole des participants, a, lui, affirmé que ce dialogue ne manquera pas d’avoir des résultats bénéfiques car il a donné lieu à la confrontation des idées de l’élite mauritanienne qui a diagnostiqué le mal, montré ses causes et les moyens d’y remédier. 

Le dernier jour du forum a sans doute été le plus intéressant, du moins dans sa partie qui a vu les présentations de l’Armée nationale et de la police. Ces deux présentations ont été introduites par Hamady Ould Hamady, ministre de la défense nationale. Les présentations avaient pour thème : « l’approche nationale de lutte contre le terrorisme et le crime organisé« . 

Dans son mot d’introduction, le ministre de la défense a souligné que la tentative de lier le terrorisme à l’Islam est une erreur car contraire à la religion islamique en raison de la propagation de la terreur dans les cœurs des musulmans et des tueries injustes et injustifiées que cela comporte. Sur les causes de la naissance du terrorisme, le ministre a indiqué qu’à l’origine du terrorisme il y a des causes principales dont la pauvreté, la marginalisation et l’exclusion relevant que la pauvreté peut être traitée par des moyens tels que l’égalité et la justice sociale entre toutes les franges de la société. Il a ajouté qu’il s’agit d’une bataille d’idées d’abord. La victoire ne peut être assurée que par la création d’un Etat de droit qui œuvre à propager les libertés publiques, la force de la loi et l’égalité des citoyens. Il a attiré l’attention sur le fait qu’il n’existe pas sur le territoire mauritanien ni cellules éveillées ni camps d’entrainements ni dépôts de munitions pour les terroristes, relevant que « nous n’accepterons en aucun cas l’existence de bases militaires terroristes dans notre pays« .

La présentation de l’Armée a été faite par le colonel Boukhary Ould Ahmedou, chef du troisième Bureau de l’Etat Major. L’officier a fait un diagnostic de la situation militaire actuelle, présentation les choix du moment. Rappelant que l’Armée, longtemps laissé-pour-compte, a d’abord eu à rétablir son autorité sur l’ensemble du territoire national. Le nord et le nord-est échappaient à tout contrôle militaire ou civil officiel. Le poste de AÏN Bentili qui n’a pas été occupé depuis février 1976, a vu l’installation d’un poste ces derniers temps. Optant pour une tactique basée sur la mobilité des troupes, l’Armée nationale a mis sur pieds des unités mobiles capables d’intervenir n’importe où et n’importe quand. Elle a aussi opté pour les frappes préventives qui permettent d’éloigner le danger et de porter la peur dans l’autre camp. Dans cette intervention très appréciée par le public, le colonel Boukhary Ould Ahmedou a fait une lecture très moderne des options préconisées pour la défense de l’intégrité du pays et la sécurisation des biens et des personnes.

La communication de la police sera faite par le Commissaire Divisionnaire Mohamed Lemine Ould Ahmed qui est directeur de la sûreté d’Etat et, par intérim, directeur général adjoint de la sûreté nationale. Cette présentation avait pour thème : « les groupuscules terroristes agissant dans le Sahel africain« . Après avoir passé en revue les opérations des groupes terroristes en Mauritanie, il a expliqué que l’objectif premier fut de ravitailler quelques foyers extérieurs, faisant allusion à l’Algérie où le terrorisme faisait rage jusqu’au début des années 2000. Il a donné plein d’informations sur les méthodes de recrutement et d’action des groupes. Il a rappelé que l’action sécuritaire menée depuis plus de deux ans a permis d’avoir un meilleur contrôle des entrées sur notre territoire et un meilleur suivi des activistes. Affirmant que toutes les cellules ont été démantelées et que tout celui qui vient en Mauritanie avec l’intention de nuire sera arrêté dès son entrée. La voix et le message rassuraient. 

Au troisième jur du débat, le ministre de la défense avait tenu une conférence de presse où il a réitéré le choix de la Mauritanie pour « une stratégie offensive » en renforçant son armée contre Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) et au-delà contre le crime organisé. « Nous avons délibérément opté pour une stratégie offensive et dynamique afin d’empêcher la formation de bases opérationnelles dirigées contre notre pays » par les éléments d’Aqmi basés dans le Nord du Mali, a indiqué Hamady Ould Hamady. « Nous avons pour cela accordé la priorité à nos forces armées et de sécurité, décidé d’améliorer leurs équipements et leur force de frappe car cet enjeu majeur s’impose avant la démocratie et le développement qui ne peuvent être envisagés sans la sécurité », a poursuivi Ould Hamady. Il a fait remarquer que le pays est « prêt à recevoir l’aide des amis et frères » et a, à l’occasion, démenti toute présence militaire française en Mauritanie en dehors du « cadre légal de l’assistance technique comme il en existe pour la santé et l’enseignement notamment ». Affirmant : « Il n’y a pas de base française en Mauritanie, il n’y en aura pas, ni pour la France, ni pour d’autres pays ».

Même s’il en fut question pendant ces journées de débats, aucune stratégie n’a été formellement élaborée en vue d’éradiquer le phénomène. Et c’est bien ce qui a manqué jusqu’à présent. C’est donc normal qu’on attende aujourd’hui des suites urgentes à ce forum. Elaboration d’une stratégie englobant tous les aspects de la lutte contre le phénomène (sécuritaire, éducatif, politique, socio-culturel…), création d’un centre spécialisé dans le suivi et l’étude du phénomène, coordination avec les pays voisins… une réponse globale à un phénomène global.

 

 (avec Agences)

 

Encadré :

Menaces sur la France…

 

Le chef d’Al-Qaeda, Oussama ben Laden, a affirmé que la France ne connaîtrait la sécurité que si elle se retirait d’Afghanistan et cessait «ses injustices» à l’égard des musulmans, dans un message audio justifiant l’enlèvement de Français au Sahel, et diffusé mercredi sur al-Jazira. De quoi justifier, explique ce soir le ministre de l’Intérieur Brice Hortefeux, le maintien du plan «Vigipirate» rouge.

Dans ce court message sonore adressé «au peuple français», diffusé par la chaîne qatarie basée à Doha, Ben Laden estime en outre qu’il est «du droit» des musulmans de riposter par la violence contre «les envahisseurs français» à l’interdiction du voile intégral.

Le chef d’Al-Qaeda affirme, dans son réquisitoire, vouloir expliquer «les raisons» qui justifient «les menaces contre votre sécurité et la prise en otages de vos fils». Fin septembre-début octobre, les autorités françaises avaient fait état d’une menace «réelle» dans le pays et appelé à la vigilance.

«Le seul moyen de préserver votre sécurité est de mettre un terme à toutes vos injustices à l’égard de notre nation, notamment votre retrait de la maudite guerre de Bush en Afghanistan, et de mettre fin au colonialisme direct et indirect», dit Ben Laden. Environ 3.750 soldats français sont stationnés en Afghanistan. Il se demande comment la France peut «participer à l’occupation de nos pays et aider les Américains à tuer nos enfants et nos femmes», et vouloir en même temps «vivre en sécurité et en paix».

Le chef d’Al-Qaeda accuse en outre la France de «s’ingérer dans les affaires des musulmans, dans le nord et l’ouest de l’Afrique en particulier», justifiant l’enlèvement sur le site d’une mine d’uranium du groupe français Areva à Arlit (nord du Niger) de cinq Français, d’un Togolais et d’un Malgache. «La prise en otages de vos experts au Niger, qui étaient sous la protection de vos agents est intervenue en réaction à l’injustice que vous pratiquez à l’égard de notre nation islamique», dit le chef d’Al-Qaeda. «Tout comme vous tuez, vous êtes tués. Tout comme vous prenez des prisonniers, vous êtes pris en otages. Comme vous menacez notre sécurité, nous menaçons votre sécurité», ajoute-t-il.

Al-Qaeda au Maghreb islamique (Aqmi) a revendiqué le 21 septembre l’enlèvement des cinq Français. Les autorités françaises ont assuré qu’elles étaient prêtes à engager des pourparlers avec Aqmi pour obtenir la libération de ces otages.

Selon des sources maliennes et françaises, les otages sont détenus dans des collines désertiques du Timétrine, dans le nord-est du Mali, à une centaine de kilomètres de l’Algérie.

Parmi ces otages, la Française Françoise Larribe a peu de temps avant son enlèvement, subi une chimiothérapie, selon un de ses proches. Selon des intermédiaires qui ont rencontré ses ravisseurs, elle a un besoin urgent de soigner un cancer.

Evoquant l’interdiction du voile intégral en France, que le Parlement a voté le 14 septembre, et qui sera effective au printemps 2011, Ben Laden s’est par ailleurs demandé: «s’il est du droit de la France d’interdire aux femmes libres de porter le voile, n’est-il pas de notre droit de pousser au départ vos hommes envahisseurs en leur tranchant la tête?»

Le dernier message du chef d’Al-Qaeda avait été diffusé début octobre. Il s’inquiétait alors du changement climatique et lançait un appel à l’aideen faveur des victimes des inondations dévastatrices au Pakistan. (Source AFP)

 

 

Encadré : 

…Et sur l’Amérique 

 

Au surlendemain de la découverte de deux colis piégés visant les Etats-Unis, les enquêteurs soupçonnent un Saoudien spécialiste des explosifs et réputé proche d’Al Qaïda dans la péninsule arabique (Aqpa), a-t-on appris samedi soir auprès d’un responsable américain. 

Ibrahim Hassan al-Asiri, en tête de la liste des personnes recherchées pour terrorisme par l’Arabie Saoudite, est le frère de l’auteur d’un attentat suicide raté l’an dernier contre le responsable de l’antiterrorisme saoudien. 

Du PETN (tétranitrate de pentaérythritol) avait été utilisé dans cet attentat comme dans celui, également manqué, du vol Amsterdam-Détroit à Noël 2009. Cette substance hautement explosive semble avoir la préférence d’Aqpa, la branche d’Al Qaeda au Yémen. Au moins l’un des deux colis interceptés vendredi contenait du PETN dissimulé dans des imprimantes. 

Un responsable américain, parlant à Reuters sous le sceau de l’anonymat, a dit qu’Asiri était surveillé de près par les services de sécurité en raison de son habileté avec les explosifs. 

Plusieurs indices laissent à penser qu’il avait déjà confectionné les bombes des deux attentats ratés l’an dernier. 

L’Arabie Saoudite, dont la Maison blanche a salué le « rôle crucial » dans l’identification de la menace déjouée vendredi, l’a placé en haut de sa liste du terrorisme en 2009. L’enquête sur les colis piégés interceptés à l’étranger avant d’atteindre leur destination, deux lieux de culte juifs de Chicago, a connu une première avancée samedi. Les forces de sécurité yéménites ont arrêté à Sanaa, la capitale, une femme soupçonnée d’être impliquée dans l’envoi des colis. 

Il s’agit d’une étudiante en médecine âgée d’une vingtaine d’années. Les enquêteurs ont remonté sa piste grâce au numéro de téléphone qu’elle a communiqué à une société de transports mais son avocat redoute un détournement d’identité. 

Un colis a été trouvé à bord d’un avion cargo d’UPS à l’aéroport britannique d’East Midlands, au nord de Londres, l’autre dans un hangar de FedEx à Dubaï. Celui intercepté à Dubaï utilisait un système de détonation fonctionnant avec une carte sim de téléphone portable, et celui trouvé en Angleterre un minuteur. 

Le colis piégé découvert au nord de Londres était « actif » et aurait pu détruire l’appareil s’il avait explosé, a déclaré samedi la ministre britannique de l’Intérieur, Theresa May. (Reuters)

 

Encadré 3 : 

 

 

Abou Zeid ne serait pas celui qu’on croit 

 

Le journaliste algérien Mohamed Mokeddem, alias Anis Rahmani, affirme dans un livre sorti à l’occasion du XVe Salon du livre à Alger que tout le monde se trompe sur la véritable identité d’Abdelhamid Abou Zeid. 

Le journaliste et directeur du quotidien algérien arabophone Ennahar, Mohamed Mokeddem (plus connu sous son nom de plume, Anis Rahmani), est réputé pour ses informations sécuritaires. Il révèle dans un ouvrage paru aujourd’hui à l’occasion de la Foire du livre d’Alger (Al-Qaïda au Maghreb islamique, contrebande au nom de l’islam, Éditions Casbah)  qu’Abdelhamid Abou Zeid, chef du commando d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) n’est pas … Abou Zeid. Ou plutôt, n’est pas celui qu’on croyait être depuis plusieurs années.

Selon Mokeddem, il s’appellerait en réalité Mohamed Ghadir, et non Abid Hamadou, comme l’atteste le mandat de recherche émis par Interpol, en 2006. Cette affirmation contredit également les documents établis jusqu’à maintenant par le FBI et par la CIA, ainsi que les éléments anthropométriques figurant sur la liste rouge des individus recherchés, établie par les services des Nations unies.

Cette méprise, selon Mohamed Mokeddem, s’explique par le fait que les deux hommes « ont la même histoire : tous deux étaient à l’origine des contrebandiers qui ont rejoint le Front Islamique du Salut (FIS – matrice politique des groupes islamiques armés algériens) de leurs communes respectives ». Ils ont « le même profil : un frère et deux cousins qui se sont alliés à eux et ont rejoint les groupes armés », ajoute le journaliste. Pour argumenter sa thèse, Mokeddem affirme que Mohamed Ghadir est blanc, né dans la région de Debdeb, non loin de la frontière libyenne, tandis qu’Abid Hamadou, né à Touggourt dans le département de Ouargla (à 800 km au sud d’Alger), était noir. Ce dernier aurait été tué par l’armée dans le Sahara dans les années 1990, sans que son décès ait été enregistré.

Pour les besoins de son enquête, l’auteur affirme avoir recouru aux témoignages de membres de la famille des deux hommes. Il a confronté leurs photos auprès de leurs mères, ainsi qu’auprès de « repentis » (anciens combattants islamistes radicaux amnistiés par le chef de l’État, Abdelaziz Bouteflika). Il a également fait appel au témoignage de l’ancien otage français, Pierre Camatte, enlevé le 25 novembre 2009 et détenu par Abou Zeid jusqu’en février 2010.

Autre révélation de Mohamed Mokeddem : l’otage Français Michel Germaneau, enlevé le 19 avril, et dont Aqmi avaitannoncé l’exécution, en juillet, en représailles de l’opération militaire franco-mauritanienne contre une base des salafistes dans le Nord Mali, serait mort en réalité « d’une crise cardiaque début juillet ». Ses sources sont des « commerçants algériens qui ont des liens au Mali », où l’otage était détenu et des « sources liées à la situation sécuritaire dans la région du Sahel ».

Abou Zeid est apparu dans les réseaux terroristes en 2003 comme adjoint d’Abderazak le Para, lors de l’enlèvement de 32 touristes européens. Il est considéré comme responsable d’une série de rapts, dont celui du Britannique Edwin Dyer exécuté en juin 2009 et, plus récemment, de cinq Français, un Malgache et un Togolais, le 16 septembre, dansle nord du Niger.

Mohamed Mokeddem assure que le business du rapt fait vivre l’Aqmi. « Les rançons sont transférées pour l’achat de munitions et d’armements. Ce marché est très important au Mali et au Niger », où des militaires et d’anciens rebelles touaregs cèdent leur matériel. Une partie des fonds, assure-t-il, est blanchi notamment « dans le fast-food et le transport ».

Le troisième scoop de Mohamed Mokeddem, fin connaisseur des réseaux djihadistes, n’est pas le moins inquiétant. Il affirme que présence d’Aqmi dans le Nord Mali n’est qu’une étape dans sa stratégie qui vise à une implantation au Nigeria. Pour étayer son propos, il cite l’apparition de Boko Haram, une secte qui a provoqué ces deux dernières années des centaines de morts après des affrontements contre la minorité chrétienne et contre les forces de l’ordre dans les Etats du Nord-Nigéria. «L’avenir de l’Aqmi, conclue Mohamed Mokeddem, est au Nigeria, pas au Sahel.» (avec AFP)

 


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