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Les Echos de La Tribune Par Mohamed Fouad Barrada

3112010

Le droit à l’info budgétaire ? 

Le droit à l’info  budgétaire ‘voici’ une thématique ne requérant point, jusque-là,  l’importance adéquate chez nous. Pourtant,  elle  est en vogue aujourd’hui de par le monde. De quoi s’agit-il au juste ? 

L’indice du budget ouvert(IBO) est, pratiquement,  l’unique  outil  de mesure de la transparence et de la responsabilité budgétaire au monde. 

 A en croire l’ONG qui veille à le rendre public tous les deux ans, il est  indépendant, comparatif et régulier. Celle-ci vient, tout récemment,  de publier son fameux  rapport annuel. 

Il est question  » d’un indice  ciblant  plusieurs pays et  ayant comme finalité primordiale  de mesurer l’accessibilité des citoyens  à l’information budgétaire pertinente ».  94 pays ont été retenus  cette année  par les experts dans le cadre de la collaboration de Transparency Maroc avec le Partenariat Budgétaire International (IBP).  
La Mauritanie n’y   figure  pas encore.  Pour être performant 8 documents clés  budgétaires  doivent   être publiés lors de l’année.  Il s’agit : d’un  rapport préalable au budget; d’un  projet de la loi de Finances; de la  loi de Finances adoptée; d’un   budget citoyen; d’un  rapport en cours d’année; d’un  rapport en milieu d’année; d’un rapport de fin d’année   et d’un rapport d’audit;   

Dans le continent noir, l’Afrique du Sud  occupe une place confortable  à côté  du club très fermé  des pays les plus performants en matière de transparence budgétaire   notamment  avec  la nouvelle Zélande, le Royaume Uni,
la France,
la Norvège,
la Suède et les Etats Unis. 

 Cependant, dans le groupe des  cancres on signale, entre autres, la présence du  Maroc, de  l’Algérie, de  l’Afghanistan, du  Sénégal, du  Soudan,  du  Yémen, de  l’Egypte , du  Liban et  de   l’Irak, etc.         

 

D’aucuns considèrent, en outre,  l’information utile dont les citoyens  ont besoin comme étant  un carburant  incontestable pour des démocraties balbutiantes.  C’est en tout cas, le cas de
la Mauritanie à l’instar des autres pays du Maghreb et de la sous- région ouest africaine 

Or l’information budgétaire ne permet, dans ces pays,   que difficilement d’expliquer  la ‘corrélation’ entre les prévisions de revenus et les dépenses du gouvernement. 

La langue est-elle  un outil d’intelligibilité de l’information, s’interrogeait, ainsi, le journal marocain l’économiste. 

 » A quoi sert  de publier  des documents difficilement  compréhensibles ? 

Les parlementaires  eux-mêmes n’y arrivent pas alors  qu’ils sont censés parcourir 1000 pages  pour discuter  le budget […]       

Ces spécialistes des finances publiques ayant travaillé  sur l’IBO 2010  reconnaissent trouver des difficultés à pénétrer parfois un document budgétaire. Si des initiés parlent des textes hermétiques, qu’en est-il  des citoyens à moitié   analphabètes ou majoritairement démotivés ? » Que fait alors le parlement  Mauritanien ? 

m_barrada@yahoo.fr        

 

 

 




Les Echos de La Tribune Par Mohamed Fouad Barrada

3112010

Le droit à l’info budgétaire ?

Le droit à l’info budgétaire ‘voici’ une thématique ne requérant point, jusque-là, l’importance adéquate chez nous. Pourtant, elle est en vogue aujourd’hui de par le monde. De quoi s’agit-il au juste ?
L’indice du budget ouvert(IBO) est, pratiquement, l’unique outil de mesure de la transparence et de la responsabilité budgétaire au monde.
A en croire l’ONG qui veille à le rendre public tous les deux ans, il est indépendant, comparatif et régulier. Celle-ci vient, tout récemment, de publier son fameux rapport annuel.
Il est question  » d’un indice ciblant plusieurs pays et ayant comme finalité primordiale de mesurer l’accessibilité des citoyens à l’information budgétaire pertinente ». 94 pays ont été retenus cette année par les experts dans le cadre de la collaboration de Transparency Maroc avec le Partenariat Budgétaire International (IBP). La Mauritanie n’y figure pas encore. Pour être performant 8 documents clés budgétaires doivent être publiés lors de l’année. Il s’agit : d’un rapport préalable au budget; d’un projet de la loi de Finances; de la loi de Finances adoptée; d’un budget citoyen; d’un rapport en cours d’année; d’un rapport en milieu d’année; d’un rapport de fin d’année et d’un rapport d’audit;
Dans le continent noir, l’Afrique du Sud occupe une place confortable à côté du club très fermé des pays les plus performants en matière de transparence budgétaire notamment avec la nouvelle Zélande, le Royaume Uni, la France, la Norvège, la Suède et les Etats Unis.
Cependant, dans le groupe des cancres on signale, entre autres, la présence du Maroc, de l’Algérie, de l’Afghanistan, du Sénégal, du Soudan, du Yémen, de l’Egypte , du Liban et de l’Irak, etc.

D’aucuns considèrent, en outre, l’information utile dont les citoyens ont besoin comme étant un carburant incontestable pour des démocraties balbutiantes. C’est en tout cas, le cas de la Mauritanie à l’instar des autres pays du Maghreb et de la sous- région ouest africaine
Or l’information budgétaire ne permet, dans ces pays, que difficilement d’expliquer la ‘corrélation’ entre les prévisions de revenus et les dépenses du gouvernement.
La langue est-elle un outil d’intelligibilité de l’information, s’interrogeait, ainsi, le journal marocain l’économiste.
 » A quoi sert de publier des documents difficilement compréhensibles ?
Les parlementaires eux-mêmes n’y arrivent pas alors qu’ils sont censés parcourir 1000 pages pour discuter le budget […]
Ces spécialistes des finances publiques ayant travaillé sur l’IBO 2010 reconnaissent trouver des difficultés à pénétrer parfois un document budgétaire. Si des initiés parlent des textes hermétiques, qu’en est-il des citoyens à moitié analphabètes ou majoritairement démotivés ? » Que fait alors le parlement Mauritanien ?
m_barrada@yahoo.fr




L’Edito de La Tribune Par MFO

3112010

Sidi Ould Eli Hadad est un citoyen mauritanien qui a habité la gazra pendant une bonne partie de sa vie. Comme locataire principalement, pas comme propriétaire malheureusement pour lui. Ses trois enfants sont nés dans ce squat qu’il avait loué pendant une douzaine d’années. Naturellement, la famille de Sidi fut expulsée par les propriétaires qui habitaient l’une de leurs maisons en ville, quand les autorités ont décidé d’attribuer des terrains aux habitants de la gazra. Sans prétention sur les lieux et à cause de la ruée occasionnée par cette distribution de terrains, Sidi n’a trouvé refuge qu’aux abords de la gazra de ses beaux-parents. Mais ici, la commission chargée de recenser les bénéficiaires lui a refusé le droit de se faire enregistrer : il n’avait qu’une tente. 

Non loin de là, le dernier orage a fait quelques blessés à cause des tôles de zinc récemment installées et qui se détachaient à la moindre bourrasque. Il s’agit d’une gazra fraichement construite par un officier médecin. Toujours non loin de là, une autre belle chambrette vient d’être construite ; ses occupant(es) roulent en BMW X5. Un peu loin, ce sont des gens venus de l’intérieur qui s’occupent la nuit à dresser baraques et mbars, pour que le lendemain, la commission les enregistre. 

L’officier, la propriétaire du bolide et le fraichement débarqué à Nouakchott seront probablement pourvus chacun d’un peut-être plusieurs récépissés d’enregistrement et donc de terrains. Mais Sidi Ould Eli Hadad, son épouse et ses trois enfants attendront la prochaine distribution de terrains. Ils n’ont pas assez de force, ni assez de sens de roublardise pour paraître ce qu’ils sont. Le mérite revenant ici à ceux qui peuvent paraître ce qu’ils ne sont pas et qui savent «voler» aux destinataires le peu qu’ils reçoivent de temps en temps de l’Etat. Rien n’a visiblement changé depuis les premières distributions de lopins à Nouakchott. Toujours le même scénario : une ruée vers les nouveaux lotissements, les riches (et moins riches) propriétaires qui concurrencent les véritables nécessiteux, l’Etat qui recule devant la pression anarchique, les nantis qui finissent par enrichir leur patrimoine, les démunis qui se retrouvent parqués plus loin… et toujours la complicité sinon l’indifférence des responsables chargés d’exécuter le programme de lotissement… 

Pour un cercle vicieux, c’en est un. Et c’est dommage de ne pas le comprendre et de croire qu’on pourrait régler le problème de l’habitat en Mauritanie par simples décisions d’un gouvernement usé bien avant d’avoir servi. 

Il n’est pas exagéré de comparer ce qui arrive aux autorités actuellement dans les gazras de Nouakchott et Nouadhibou, à l’enlisement d’une Armée en territoire étranger… les ministères ayant été incapables de profiter des leçons du passé et des nouvelles technologies. La dernière fois – du temps de Ould Taya ! -, les autorités avaient introduit les photos satellites pour identifier gazra par gazra. Mais l’Etat n’étant pas une continuité, on a l’impression que l’on part de zéro à chaque fois…   

L’éternel recommencement… un peu le mythe de Sisyphe qu’on nous enseignait en classe de philosophie au lycée, classe disparue devant les assauts répétés de l’obscurantisme… mais là n’est pas le propos. 

Il faut revenir à l’impunité qui est érigé en règle, ce qui explique en grande partie l’irresponsabilité de l’Exécutif. 

La semaine dernière, je rappelait le peu d’émoi manifesté à l’occasion du retrait du projet «Nouakchott, capitale du Monde islamique», du forfait de l’équipe nationale, de la mort des prisonniers de Dar Naim… je suis sûr que demain, quand sera annoncé l’échec du programme de l’habitat dans les villes de Mauritanie, cela ressemblera à une réussite. Tellement il ne sera pas question des manquements… que demain quand on annoncera – officiellement – l’échec des préparatifs de la commémoration du cinquantenaire de l’indépendance, cela paraîtra comme un événement anodin… 

Personne ne paye ici pour ses manquements. L’obligation des résultats n’étant pas en vigueur. Il est temps que cela change.     




Cinquantenaire de l’indépendance nationale :

3112010

POUR UNE ALLEGEANCE A LA MAURITANIE ET NON A LA TRIBU OU A L’ETHNIE 

 

Par Mohamed Abdallahi O Boussery 

 

 

Le cinquantenaire de l’indépendance nationale est un moment précieux de méditation et d’espérance.  Au-delà  des festivités commémoratives de cet évènement hautement symbolique, il offre une opportunité  de relecture de notre mémoire et de  prospection de notre futur.Un premier regard rétrospectif permet de constater qu’avant l’indépendance, le peuple mauritanien constituait une même communauté historique   d’intérêts et de respect,  soudée par des liens affectifs.  A l’époque, Il  n’y  avait  pas  d’entité politique    

centrale qui rassemblait les Mauritaniens sous le même pouvoir. Après le déclin des Almoravides, le pays s’était divisé en plusieurs provinces ou Emirats.  Mais en l’absence d’un Etat central, l’Islam, religion de tous les Mauritaniens, est resté – et demeure d’ailleurs jusqu’ici – l’élément fédérateur de toutes les composantes de notre société et le ciment de leur unité. Ses prescriptions marquaient profondément les habitudes, les pratiques et les comportements et édictaient  de ce fait à toutes nos composantes sociales l’impératif de cohabitation dans la tolérance, la solidarité sociale et le respect de la différence. 

 

 Certes, notre société pluriethnique était fondée sur un système de castes et de tribus, marqué par des rapports de forces inégaux de différents ordres sociaux. Toutefois, cette structuration sociale ¨primitive¨ n’a pas empêché nos ancêtres de partager le consentement et le désir de vivre en communauté et  d’œuvrer ensemble pour bâtir leur avenir. Un destin commun favorisait la vie en symbiose et l’union des forces pour faire face aux aléas d’une nature hostile.  Le partage d’un même espace vital et la protection de ses frontières prouvaient l’attachement à la terre natale et l’amour du terroir. Ce sentiment d’appartenance à une même entité géographique primait souvent sur le repli communautariste. La tribu et l’ethnie n’avaient, d’ailleurs, pas seulement des rôles négatifs. Elles assuraient une fonction de ¨socialisation¨  et  permettaient une forme d’organisation sociale fondée sur la solidarité et garante de l’intérêt général du groupe social. 

 

Nos traditions, nos valeurs morales et socioculturelles valorisaient la dignité, l’honnêteté, l’éducation, la générosité, le courage, l’amour de la patrie, etc. Un système traditionnel de solidarité sociale permettait un certain partage des maigres ressources disponibles à l’époque.  Dispensant un enseignement gratuit et de qualité, nos Mahadras accueillaient des étudiants issus de plusieurs composantes tribales ou ethniques et même de certains pays voisins. Aussi, les rites  et écoles du soufisme  ont-elles contribué au renforcement des relations intercommunautaires. Dans leur diversité socioculturelle, nos érudits ont assuré le rayonnement du pays à l’extérieur par la diffusion du savoir et de la culture islamique dans des contrées lointaines notamment en Afrique et au Moyen Orient. 

 

L’idée  que nos ancêtres avaient de l’être collectif qu’ils constituaient s’était  également révélée dans les grands sacrifices  qu’ils avaient consentis et par les sentiments d’aversion portés par tous à l’égard de la pénétration coloniale. Les attitudes de rejet et de répulsion que l’envahisseur avait suscitées chez tous les Mauritaniens sans distinction d’Emirats, d’ethnie, de tribu ou de caste, n’avaient pour signification que l’amour d’un même pays et une ferme volonté  de le défendre.  Dans ces moments difficiles, nos composantes sociales s’étaient soudées et avaient conjugué leurs efforts pour résister aux colons, malgré des rapports de forces inégaux. La résistance militaire et culturelle, conjuguée à d’autres facteurs a forgé l’indépendance nationale et protégé notre société contre l’aliénation culturelle. 

 

 

La possession en commun de cet héritage de gloire fait aujourd’hui notre fierté. Un pareil legs de riche souvenirs ne peut que  nous exhorter à réaffirmer le consentement  et le désir de continuer à être une communauté d’idées et d’intérêts, à vivre ensemble en partageant respect et affection et à œuvrer à bâtir, toujours ensemble, un avenir meilleur. 

 

Un second regard évaluatif sur le passé récent permet de faire une analyse succincte de la situation postindépendance pour en tirer les leçons afin de relever les défis du présent et éclairer notre vision du futur. 

 

A l’aube de l’indépendance, l’accession de notre pays à la souveraineté nationale et la naissance d’un Etat moderne  ont permis au peuple mauritanien, toutes composantes confondues, de s’atteler à l’œuvre d’édification nationale. Le colon, qui n’avait pas jeté les bases d’un futur Etat, n’a rien légué aux autochtones. Il fallait que les Mauritaniens créent de toute pièce un Etat moderne, à partir de rien si ce n’étaient leur attachement à la patrie, leur sentiment d’appartenance à une même communauté historique, leurs valeurs morales et socioculturelles et la volonté de bien préparer l’avenir. Durant les cinquante ans d’indépendance, nous avons réalisé ensemble beaucoup d’acquis : une administration, des institutions, des infrastructures, un système éducatif, un système de santé,  un secteur minier, une industrie, des relations régionales et internationales, etc. C’était  un demi-siècle de labeur, d’efforts, de sacrifices  et de dévouement avec, naturellement, des moments fugitifs de divergence ou de frictions. 

 

Grace à la volonté, à l’intelligence et à l’endurance du peuple mauritanien, nous avons réussi ensemble à faire ce qu’est la Mauritanie d’aujourd’hui : Une République islamique, une société à démocratie pluraliste et un pays en voie de développement. Ce n’est, certes, pas suffisant mais au cours des cinq dernières décennies, notre  marche vers le progrès ne s’est pas effectuée sur un tapis rouge. C’était un véritable parcours de combattants, jonché d’écueils. Heureusement, dans un  pays comme le nôtre, qui compte sur le génie créateur de son peuple et dont le sol recèle une importante richesse, les perspectives sont prometteuses. 

 

En réalité, la Mauritanie de demain ne sera que ce que nous en ferons. Certes, les obstacles au développement durable du pays  ne manquent pas et nous avons plusieurs défis à relever dans tous les domaines de la vie nationale : culturels, sociaux, économiques et politiques. 

 

Je me limiterai  ici à l’analyse d’un seul facteur,  mais qui parait majeur à mes yeux et déterminant dans notre marche vers le progrès : il s’agit d’une crise de valeurs qui a infiltré notre parcours récent et  qui risque d’affecter notre  identité nationale, notre attachement à la patrie, notre unité et par conséquent de compromettre gravement notre avenir. 

  

Depuis quelques décennies, cette crise s’est installée, progressivement et à notre insu, dans certains milieux sociaux. Plusieurs études sociologiques nationales révèlent que les mutations récentes que notre société a connues n’ont pas toujours été accompagnées de comportements favorables au développement. 

 

En effet, sous les effets dévastateurs d’une sécheresse persistante, qui a détruit le couvert  végétal et décimé le cheptel, le pays a connu un exode massif des populations rurales  vers les grandes villes. Ces mouvements migratoires opérés sur une courte période ont  « bouleversé la société, passant, sans transition, d’un mode de vie fondé sur la tradition, le nomadisme et la tribu, à un nouveau style de vie urbain dans un Etat moderne ». 

 

La sédentarisation anarchique, la perturbation des circuits traditionnels de productions ont contribué à la  dégradation des conditions de vie des populations et à l’accentuation de la pauvreté.  La vie en ville et l’ouverture sur l’extérieur, ont créé « de nouveaux besoins et  déstabilisé les rôles classiques au sein de la famille et des communautés ». A cause d’une répartition inégale des ressources, le marasme s’est aggravé et les tensions sociales. « L’argent est devenu omniprésent dans la vie » et dans les relations humaines. Avec l’érosion du système traditionnel de solidarité sociale du fait de l’anonymat de la vie urbaine, les aspirations et les attentes des populations, notamment les couches vulnérables dépassaient souvent les capacités et les ressources de l’Etat, rongées par des épisodes de mauvaise gestion. 

 

Malheureusement, ces mutations rapides n’ont pas été accompagnées par un effort de changement des mentalités, d’éducation citoyenne et d’éducation tout court. Alors, une avidité du profit et un esprit égoïstes faisant prévaloir l’intérêt personnel sur l’intérêt général, sont nés et risquent de s’enraciner dans notre société. Les familles, qui se sont trouvées brusquement indigentes et  incapables d’assurer les conditions minimales de survie, étaient contraintes à faire fi de certaines valeurs pour survivre et obtenir dans l’urgence, quel qu’en soit le prix, tout revenu pouvant avoir des retombées directes sur leur vie quotidienne. Le ¨chacun pour soi¨ était devenu une amère réalité. Tellement on courait derrière le profit personnel immédiat que la réalisation d’infrastructures collectives (hôpitaux, écoles, routes, aéroports, etc.) était parfois moins appréciée  que la distribution individuelle de terrains ou de vivres, l’embauche d’un membre de la famille, l’attribution d’une allocation ou d’un privilège illégitimes, etc. 

 

Une régression des bonnes mœurs est apparue, favorisée par la survivance de préjugés sociaux et de pratiques surannées «où la prépondérance du facteur tribal et ethnique était perceptible » au détriment du sentiment d’appartenance nationale. En effet, lorsque les intérêts, personnels, politiques ou socioéconomiques d’un groupe social sont en  jeu, on n’hésitait plus, depuis des lustres, à s’arroger les droits des autres, à détourner les deniers publics, à enfreindre les règlements,  à pratiquer le trafic d’influence, etc. Cultiver le favoritisme et le népotisme, protéger un proche contre la loi  ou se faire justice au mépris des procédures en vigueur, tendent à perdre leur connotation péjorative.  Dans certains milieux, une nouvelle perception  des valeurs nourrit la tendance à faire de la richesse illicite,  de l’argent sale, de la corruption, du clientélisme, de la transgression des lois, des qualités et des attributs du « gentilhomme ». Le savoir, l’éducation, l’honnêteté, la probité, l’amour de la patrie, etc. sont parfois relégués au second plan dans une perspective de renversement de l’échelle de nos valeurs ancestrales.  

 

L’application et le respect de la loi ont beaucoup souffert de cet esprit communautariste. Combien de fois a-t-on  constaté des tentatives de sape du pouvoir et de la puissance de l’Etat par des groupes de pression s’opposant à l’application d’un acte administratif, d’un texte juridique, ou contestant un programme de développement : par exemple l’installation d’un projet d’intérêt public dans des terres non mises en valeur mais relevant de la propriété coutumière d’une tribu, etc. L’aliénation du domaine de l’Etat et l’occupation illégale de terrains et d’espaces publics sont devenues monnaie courante. La contrefaçon, la fraude et la piraterie industrielles ainsi que le ré-étiquetage et la vente de produits périmés ont presque infesté tous les secteurs même celui de l’agroalimentaire et de la pharmaceutique. L’autorité de l’Etat s’en est trouvée gravement altérée et les valeurs morales bafouées. 

 

Outre ces mutations sociales, la carence du système éducatif et certaines ambitions politiques ont contribué à la création d’un milieu social propice à l’évolution de cette crise de valeurs. 

 

Faut-il souligner que la qualité de l’enseignement dispensé aux jeunes générations laisse à désirer et que l’école n’a, malheureusement, pas su jouer  son rôle en matière d’instruction civique et d’éducation citoyenne, ni contribuer à promouvoir le sentiment d’appartenance à une même nation ou à « façonner une identité nationale, au-delà de la diversité ethnique et tribale ». Au lieu de rester un creuset fédérateur, notre système éducatif a failli établir des cloisons étanches entre nos composantes sociales suite à des réformes préconisant un enseignement différencié selon deux filières (l’une arabe et l’autre française) parallèles et complètement séparées. 

 

 

L’avènement de la démocratie (depuis 1992) n’a point suscité l’émergence d’une véritable culture  démocratique et citoyenne. Paradoxalement,  il a  ranimé les souvenirs  « du système de clans et de castes » et permis au sentiment d’appartenance primaire (à une tribu, à une ethnie, à un groupe social ou économique) de refaire surface dans sa dimension négative, faussant le jeu démocratique et affaiblissant  l’autorité et la puissance de l’Etat.  En effet, les Mauritaniens, engagés dans la vie politique, n’ont pas toujours su raison garder dans les moments de chaude concurrence ou de rivalité électorale. Avec ce recul des mentalités, les citoyens optaient souvent pour des choix dictés par les sentiments et non par la raison, les liens de parenté primant sur l’intérêt supérieur de la Nation. Incarner un projet de société idéal ou avoir un excellent programme d’intérêt public n’était plus le meilleur moyen de s’attirer les voix des électeurs. Il fallait, alors,  se  rabattre sur les  liens consanguins, le milieu d’origine (tribu, ethnie, clan, caste) ou procéder à l’achat de consciences. Certains notables négociaient leur poids électoral et sont rarement du côté du mois disant. Pour limiter les défections, on a vu certains régimes politiques allouer des  primes  de fidélité ou  d’allégeance, sur le compte du contribuable.   

 

Aujourd’hui, ce regain de comportements négatifs bâtis sur des ambitions politiques, des représentations socioculturelles archaïques et des  appartenances sectaires, n’est pas de nature à favoriser l’attachement à l’Etat ni le sentiment d’appartenance à la Nation mauritanienne. Il constitue un obstacle majeur à la conjugaison des efforts de tous pour bâtir un avenir sûr.  Aussi, l’absence d’éducation citoyenne et  les tentatives de sape  de l’autorité publique, entravent-elles le développement durable et harmonieux du pays. D’autant plus qu’Il existe de véritables défis dont la relève n’est pas facile et qui nécessite l’adhésion et la participation de tous les Mauritaniens à l’effort de l’édification nationale. 

 

Construire la Nation suppose, avant tout, l’allégeance à la Mauritanie, patrie de tous les Mauritaniens sans aucune distinction de races, de couleur, de tribu ou d’ethnie. Cette allégeance  à la Nation passe inévitablement par le renforcement de l’Etat de droit, un enseignement de qualité, la diffusion  et l’enracinement d’une culture citoyenne et démocratique, qui  dissipent tout sentiment d’appartenance primaire et renforcent l’identité nationale ainsi que la puissance de l’Etat garant des intérêts de tous les Mauritaniens. 

 

Pour mieux préparer l’avenir, il est temps que cette crise de valeurs fasse l’objet de notre réflexion et de notre action. A présent, la question n’a pas suscité, à ma connaissance, un débat national profond. Les intellectuels, les hommes politiques et l’ensemble des Mauritaniens sont appelés à marquer une pause de méditation, de réflexion et d’échange sur les maux de notre société et sur l’ensemble des problèmes qui peuvent ralentir notre  processus de développement. Seule une convergence nationale vers une fine analyse de la situation, un diagnostic précis des  problèmes nationaux et l’identification et la mise en œuvre  de solutions  idoines par les Mauritaniens eux-mêmes, permettra de pallier les insuffisances et de répondre aux exigences  du  développement.   

 

Nous avons fait ensemble de grandes choses, et je suis sûr que nous voulons en faire encore  ensemble.  Forts et fiers de nos valeurs, de notre diversité socioculturelle et ethnolinguistique, et  de notre sentiment d’appartenance à une même nation, nous devons et pouvons, ensemble, construire la Mauritanie autrement. 




Dialogue national :

3112010

 

 Quelles suites ? 

 

Cinq jours de débats, parfois riches, parfois moins, mais de débats quand même. Ulémas, Imams, universitaires, juges, journalistes, animateurs d’ONG ou simples citoyens… tous ont été entendus, les uns plusieurs fois, les autres une fois au moins… tous ont donné un avis, une lecture, une explication et suggéré des réponses. 

A la fin de leurs travaux, les participants sont parvenus à un ensemble de recommandations appréciant l’approche sécuritaire qui dénote du souci d’assurer la sécurité des citoyens et de défendre l’intégrité du pays. Ils ont convenu que le combat des forces armées doit faire l’objet d’un consensus de la part de toutes les forces politiques et de tous les citoyens loin de toute tentative d’instrumentalisation politique. Pour ce faire, les participants ont souligné la nécessité d’une charte nationale pour les partis politiques du pays afin de faire face au phénomène du terrorisme et la création d’un centre d’étude et de recherche concerné par l’étude de ce phénomène dans tous ses aspects. Ils ont insisté sur l’intérêt de la poursuite l’approche débat impliquant les différents acteurs nationaux, religieux, politiques, pédagogiques, de défense et de sécurité de façon à garantir la propagation d’une culture d’équilibre, de sagesse et de dialogue. Ils ont aussi appelé à faire tarir les sources qui peuvent servir à animer ou encourager ce phénomène comme l’ignorance, la pauvreté, l’injustice et les privations. Ils ont demandé la poursuite de la politique de dialogue avec les victimes de ce phénomène et notamment le pardon de repentis qui devraient être insérés dans la vie économique et sociale du pays. Les participants ont également demandé la mise au point de lois dissuasives pour ceux qui sympathisent avec le terrorisme dans les medias et dans les programmes des partis politiques en plus de la création d’une instance chargée de la « Fatwa » fondée sur le rite malikite et l’extension de ce genre de forum au niveau international pour en tirer le plus grand profit et tirer parti de l’expérience des autres dans la lutte contre ce phénomène ainsi que le renforcement des caravanes scientifiques et de la « Dawaa » pour propager une culture islamique authentique, médiane et équilibrée. 
c’est au Premier ministre, Dr. Moulaye Ould Mohamed Laghdaf qu’est revenu la mission de clôturer les travaux et donc d’en tirer les conclusions. « Après cinq jours d’intenses discussions scientifiques et de dialogue démocratique lucide, vous voilà arrivés à la vérité et à clarifier les choses usant des arguments et des preuves palpables parvenant ainsi à montrer le vrai visage de l’Islam », et son approche de la « Dawaa » (prêche) soulignant que l’Islam n’a rien à avoir avec l’agression, le terrorisme précisant qu’il est plutôt une religion de clémence, de miséricorde, de paix, d’amour, de sécurité et de quiétude. Et d’ajouter: «Nous avons adopté, conformément à la vision du Président de la République, Monsieur Mohamed Ould Abdel Aziz, l’approche du dialogue sur toutes les questions essentielles du pays pour trouver une solution à celles qui sont les plus difficiles et œuvrer à trouver le maximum de consensus sur les solutions et stratégies inspirées des points de vue des Ulémas et penseurs et permettre par la suite à tous les citoyens de prendre part à ce dialogue national, chacun à partir de sa position et de son niveau, pour lui permettre d’être au fait des grandes questions qui concernent son destin». Le Premier ministre a enfin noté que les recommandations et les sages orientations issues de la rencontre seront prises en compte et traduites sur le terrain.
Le ministre de la défense nationale, président de la commission de supervision, Hamady Ould Hamady avait auparavant relevé que le dialogue était riche de par les idées et opinions diverses reflétées par la participation de tous les acteurs: Ulémas, académiciens, politiques, intellectuels et hommes des medias. Il a loué la participation d’une partie de l’opposition au débat. Il s’agit d’Ahmed Ould Daddah, chef de file de l’Opposition démocratique et président du RFD qui a assisté à la cérémonie d’ouverture, de Boydiel Ould Hoummoid, président de El Wi’am et de Yahya Ould Ahmed Waghf président de Adil, lesquels ont dirigé deux séances du débat. 
De son côté, Me Djibo Hamani, conseiller du Premier ministre du Niger, porte parole des hôtes étrangers, a traduit l’intérêt que portent les délégations hôtes à cette expérience dont ils ne manqueront pas de tirer le plus grand profit louant la capacité des mauritaniens et leur disponibilité.
Quant à Mohamed El Moktar Chinguitty, chercheur académicien à l’Université de Doha a, au nom des hôtes nationaux, souligné le niveau élevé de liberté dans les débats notant que la Mauritanie a mis ses deux pieds sur la bonne voie, celle de la liberté et de la justice. Il a souligné que ce que dont les mauritaniens ont besoin est l’unité face à ce danger du terrorisme tout comme ils ont besoin de montrer tous les points de vue sur cette question souhaitant que d’autres fora plus spécifiques soient dans l’avenir organisés.
Abdallahi Ould Mohamed Sidiya, ancien prisonnier salafiste fraîchement gracié par le Président de la République et porte-parole des participants, a, lui, affirmé que ce dialogue ne manquera pas d’avoir des résultats bénéfiques car il a donné lieu à la confrontation des idées de l’élite mauritanienne qui a diagnostiqué le mal, montré ses causes et les moyens d’y remédier. 

Le dernier jour du forum a sans doute été le plus intéressant, du moins dans sa partie qui a vu les présentations de l’Armée nationale et de la police. Ces deux présentations ont été introduites par Hamady Ould Hamady, ministre de la défense nationale. Les présentations avaient pour thème : « l’approche nationale de lutte contre le terrorisme et le crime organisé« . 

Dans son mot d’introduction, le ministre de la défense a souligné que la tentative de lier le terrorisme à l’Islam est une erreur car contraire à la religion islamique en raison de la propagation de la terreur dans les cœurs des musulmans et des tueries injustes et injustifiées que cela comporte. Sur les causes de la naissance du terrorisme, le ministre a indiqué qu’à l’origine du terrorisme il y a des causes principales dont la pauvreté, la marginalisation et l’exclusion relevant que la pauvreté peut être traitée par des moyens tels que l’égalité et la justice sociale entre toutes les franges de la société. Il a ajouté qu’il s’agit d’une bataille d’idées d’abord. La victoire ne peut être assurée que par la création d’un Etat de droit qui œuvre à propager les libertés publiques, la force de la loi et l’égalité des citoyens. Il a attiré l’attention sur le fait qu’il n’existe pas sur le territoire mauritanien ni cellules éveillées ni camps d’entrainements ni dépôts de munitions pour les terroristes, relevant que « nous n’accepterons en aucun cas l’existence de bases militaires terroristes dans notre pays« .

La présentation de l’Armée a été faite par le colonel Boukhary Ould Ahmedou, chef du troisième Bureau de l’Etat Major. L’officier a fait un diagnostic de la situation militaire actuelle, présentation les choix du moment. Rappelant que l’Armée, longtemps laissé-pour-compte, a d’abord eu à rétablir son autorité sur l’ensemble du territoire national. Le nord et le nord-est échappaient à tout contrôle militaire ou civil officiel. Le poste de AÏN Bentili qui n’a pas été occupé depuis février 1976, a vu l’installation d’un poste ces derniers temps. Optant pour une tactique basée sur la mobilité des troupes, l’Armée nationale a mis sur pieds des unités mobiles capables d’intervenir n’importe où et n’importe quand. Elle a aussi opté pour les frappes préventives qui permettent d’éloigner le danger et de porter la peur dans l’autre camp. Dans cette intervention très appréciée par le public, le colonel Boukhary Ould Ahmedou a fait une lecture très moderne des options préconisées pour la défense de l’intégrité du pays et la sécurisation des biens et des personnes.

La communication de la police sera faite par le Commissaire Divisionnaire Mohamed Lemine Ould Ahmed qui est directeur de la sûreté d’Etat et, par intérim, directeur général adjoint de la sûreté nationale. Cette présentation avait pour thème : « les groupuscules terroristes agissant dans le Sahel africain« . Après avoir passé en revue les opérations des groupes terroristes en Mauritanie, il a expliqué que l’objectif premier fut de ravitailler quelques foyers extérieurs, faisant allusion à l’Algérie où le terrorisme faisait rage jusqu’au début des années 2000. Il a donné plein d’informations sur les méthodes de recrutement et d’action des groupes. Il a rappelé que l’action sécuritaire menée depuis plus de deux ans a permis d’avoir un meilleur contrôle des entrées sur notre territoire et un meilleur suivi des activistes. Affirmant que toutes les cellules ont été démantelées et que tout celui qui vient en Mauritanie avec l’intention de nuire sera arrêté dès son entrée. La voix et le message rassuraient. 

Au troisième jur du débat, le ministre de la défense avait tenu une conférence de presse où il a réitéré le choix de la Mauritanie pour « une stratégie offensive » en renforçant son armée contre Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) et au-delà contre le crime organisé. « Nous avons délibérément opté pour une stratégie offensive et dynamique afin d’empêcher la formation de bases opérationnelles dirigées contre notre pays » par les éléments d’Aqmi basés dans le Nord du Mali, a indiqué Hamady Ould Hamady. « Nous avons pour cela accordé la priorité à nos forces armées et de sécurité, décidé d’améliorer leurs équipements et leur force de frappe car cet enjeu majeur s’impose avant la démocratie et le développement qui ne peuvent être envisagés sans la sécurité », a poursuivi Ould Hamady. Il a fait remarquer que le pays est « prêt à recevoir l’aide des amis et frères » et a, à l’occasion, démenti toute présence militaire française en Mauritanie en dehors du « cadre légal de l’assistance technique comme il en existe pour la santé et l’enseignement notamment ». Affirmant : « Il n’y a pas de base française en Mauritanie, il n’y en aura pas, ni pour la France, ni pour d’autres pays ».

Même s’il en fut question pendant ces journées de débats, aucune stratégie n’a été formellement élaborée en vue d’éradiquer le phénomène. Et c’est bien ce qui a manqué jusqu’à présent. C’est donc normal qu’on attende aujourd’hui des suites urgentes à ce forum. Elaboration d’une stratégie englobant tous les aspects de la lutte contre le phénomène (sécuritaire, éducatif, politique, socio-culturel…), création d’un centre spécialisé dans le suivi et l’étude du phénomène, coordination avec les pays voisins… une réponse globale à un phénomène global.

 

 (avec Agences)

 

Encadré :

Menaces sur la France…

 

Le chef d’Al-Qaeda, Oussama ben Laden, a affirmé que la France ne connaîtrait la sécurité que si elle se retirait d’Afghanistan et cessait «ses injustices» à l’égard des musulmans, dans un message audio justifiant l’enlèvement de Français au Sahel, et diffusé mercredi sur al-Jazira. De quoi justifier, explique ce soir le ministre de l’Intérieur Brice Hortefeux, le maintien du plan «Vigipirate» rouge.

Dans ce court message sonore adressé «au peuple français», diffusé par la chaîne qatarie basée à Doha, Ben Laden estime en outre qu’il est «du droit» des musulmans de riposter par la violence contre «les envahisseurs français» à l’interdiction du voile intégral.

Le chef d’Al-Qaeda affirme, dans son réquisitoire, vouloir expliquer «les raisons» qui justifient «les menaces contre votre sécurité et la prise en otages de vos fils». Fin septembre-début octobre, les autorités françaises avaient fait état d’une menace «réelle» dans le pays et appelé à la vigilance.

«Le seul moyen de préserver votre sécurité est de mettre un terme à toutes vos injustices à l’égard de notre nation, notamment votre retrait de la maudite guerre de Bush en Afghanistan, et de mettre fin au colonialisme direct et indirect», dit Ben Laden. Environ 3.750 soldats français sont stationnés en Afghanistan. Il se demande comment la France peut «participer à l’occupation de nos pays et aider les Américains à tuer nos enfants et nos femmes», et vouloir en même temps «vivre en sécurité et en paix».

Le chef d’Al-Qaeda accuse en outre la France de «s’ingérer dans les affaires des musulmans, dans le nord et l’ouest de l’Afrique en particulier», justifiant l’enlèvement sur le site d’une mine d’uranium du groupe français Areva à Arlit (nord du Niger) de cinq Français, d’un Togolais et d’un Malgache. «La prise en otages de vos experts au Niger, qui étaient sous la protection de vos agents est intervenue en réaction à l’injustice que vous pratiquez à l’égard de notre nation islamique», dit le chef d’Al-Qaeda. «Tout comme vous tuez, vous êtes tués. Tout comme vous prenez des prisonniers, vous êtes pris en otages. Comme vous menacez notre sécurité, nous menaçons votre sécurité», ajoute-t-il.

Al-Qaeda au Maghreb islamique (Aqmi) a revendiqué le 21 septembre l’enlèvement des cinq Français. Les autorités françaises ont assuré qu’elles étaient prêtes à engager des pourparlers avec Aqmi pour obtenir la libération de ces otages.

Selon des sources maliennes et françaises, les otages sont détenus dans des collines désertiques du Timétrine, dans le nord-est du Mali, à une centaine de kilomètres de l’Algérie.

Parmi ces otages, la Française Françoise Larribe a peu de temps avant son enlèvement, subi une chimiothérapie, selon un de ses proches. Selon des intermédiaires qui ont rencontré ses ravisseurs, elle a un besoin urgent de soigner un cancer.

Evoquant l’interdiction du voile intégral en France, que le Parlement a voté le 14 septembre, et qui sera effective au printemps 2011, Ben Laden s’est par ailleurs demandé: «s’il est du droit de la France d’interdire aux femmes libres de porter le voile, n’est-il pas de notre droit de pousser au départ vos hommes envahisseurs en leur tranchant la tête?»

Le dernier message du chef d’Al-Qaeda avait été diffusé début octobre. Il s’inquiétait alors du changement climatique et lançait un appel à l’aideen faveur des victimes des inondations dévastatrices au Pakistan. (Source AFP)

 

 

Encadré : 

…Et sur l’Amérique 

 

Au surlendemain de la découverte de deux colis piégés visant les Etats-Unis, les enquêteurs soupçonnent un Saoudien spécialiste des explosifs et réputé proche d’Al Qaïda dans la péninsule arabique (Aqpa), a-t-on appris samedi soir auprès d’un responsable américain. 

Ibrahim Hassan al-Asiri, en tête de la liste des personnes recherchées pour terrorisme par l’Arabie Saoudite, est le frère de l’auteur d’un attentat suicide raté l’an dernier contre le responsable de l’antiterrorisme saoudien. 

Du PETN (tétranitrate de pentaérythritol) avait été utilisé dans cet attentat comme dans celui, également manqué, du vol Amsterdam-Détroit à Noël 2009. Cette substance hautement explosive semble avoir la préférence d’Aqpa, la branche d’Al Qaeda au Yémen. Au moins l’un des deux colis interceptés vendredi contenait du PETN dissimulé dans des imprimantes. 

Un responsable américain, parlant à Reuters sous le sceau de l’anonymat, a dit qu’Asiri était surveillé de près par les services de sécurité en raison de son habileté avec les explosifs. 

Plusieurs indices laissent à penser qu’il avait déjà confectionné les bombes des deux attentats ratés l’an dernier. 

L’Arabie Saoudite, dont la Maison blanche a salué le « rôle crucial » dans l’identification de la menace déjouée vendredi, l’a placé en haut de sa liste du terrorisme en 2009. L’enquête sur les colis piégés interceptés à l’étranger avant d’atteindre leur destination, deux lieux de culte juifs de Chicago, a connu une première avancée samedi. Les forces de sécurité yéménites ont arrêté à Sanaa, la capitale, une femme soupçonnée d’être impliquée dans l’envoi des colis. 

Il s’agit d’une étudiante en médecine âgée d’une vingtaine d’années. Les enquêteurs ont remonté sa piste grâce au numéro de téléphone qu’elle a communiqué à une société de transports mais son avocat redoute un détournement d’identité. 

Un colis a été trouvé à bord d’un avion cargo d’UPS à l’aéroport britannique d’East Midlands, au nord de Londres, l’autre dans un hangar de FedEx à Dubaï. Celui intercepté à Dubaï utilisait un système de détonation fonctionnant avec une carte sim de téléphone portable, et celui trouvé en Angleterre un minuteur. 

Le colis piégé découvert au nord de Londres était « actif » et aurait pu détruire l’appareil s’il avait explosé, a déclaré samedi la ministre britannique de l’Intérieur, Theresa May. (Reuters)

 

Encadré 3 : 

 

 

Abou Zeid ne serait pas celui qu’on croit 

 

Le journaliste algérien Mohamed Mokeddem, alias Anis Rahmani, affirme dans un livre sorti à l’occasion du XVe Salon du livre à Alger que tout le monde se trompe sur la véritable identité d’Abdelhamid Abou Zeid. 

Le journaliste et directeur du quotidien algérien arabophone Ennahar, Mohamed Mokeddem (plus connu sous son nom de plume, Anis Rahmani), est réputé pour ses informations sécuritaires. Il révèle dans un ouvrage paru aujourd’hui à l’occasion de la Foire du livre d’Alger (Al-Qaïda au Maghreb islamique, contrebande au nom de l’islam, Éditions Casbah)  qu’Abdelhamid Abou Zeid, chef du commando d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) n’est pas … Abou Zeid. Ou plutôt, n’est pas celui qu’on croyait être depuis plusieurs années.

Selon Mokeddem, il s’appellerait en réalité Mohamed Ghadir, et non Abid Hamadou, comme l’atteste le mandat de recherche émis par Interpol, en 2006. Cette affirmation contredit également les documents établis jusqu’à maintenant par le FBI et par la CIA, ainsi que les éléments anthropométriques figurant sur la liste rouge des individus recherchés, établie par les services des Nations unies.

Cette méprise, selon Mohamed Mokeddem, s’explique par le fait que les deux hommes « ont la même histoire : tous deux étaient à l’origine des contrebandiers qui ont rejoint le Front Islamique du Salut (FIS – matrice politique des groupes islamiques armés algériens) de leurs communes respectives ». Ils ont « le même profil : un frère et deux cousins qui se sont alliés à eux et ont rejoint les groupes armés », ajoute le journaliste. Pour argumenter sa thèse, Mokeddem affirme que Mohamed Ghadir est blanc, né dans la région de Debdeb, non loin de la frontière libyenne, tandis qu’Abid Hamadou, né à Touggourt dans le département de Ouargla (à 800 km au sud d’Alger), était noir. Ce dernier aurait été tué par l’armée dans le Sahara dans les années 1990, sans que son décès ait été enregistré.

Pour les besoins de son enquête, l’auteur affirme avoir recouru aux témoignages de membres de la famille des deux hommes. Il a confronté leurs photos auprès de leurs mères, ainsi qu’auprès de « repentis » (anciens combattants islamistes radicaux amnistiés par le chef de l’État, Abdelaziz Bouteflika). Il a également fait appel au témoignage de l’ancien otage français, Pierre Camatte, enlevé le 25 novembre 2009 et détenu par Abou Zeid jusqu’en février 2010.

Autre révélation de Mohamed Mokeddem : l’otage Français Michel Germaneau, enlevé le 19 avril, et dont Aqmi avaitannoncé l’exécution, en juillet, en représailles de l’opération militaire franco-mauritanienne contre une base des salafistes dans le Nord Mali, serait mort en réalité « d’une crise cardiaque début juillet ». Ses sources sont des « commerçants algériens qui ont des liens au Mali », où l’otage était détenu et des « sources liées à la situation sécuritaire dans la région du Sahel ».

Abou Zeid est apparu dans les réseaux terroristes en 2003 comme adjoint d’Abderazak le Para, lors de l’enlèvement de 32 touristes européens. Il est considéré comme responsable d’une série de rapts, dont celui du Britannique Edwin Dyer exécuté en juin 2009 et, plus récemment, de cinq Français, un Malgache et un Togolais, le 16 septembre, dansle nord du Niger.

Mohamed Mokeddem assure que le business du rapt fait vivre l’Aqmi. « Les rançons sont transférées pour l’achat de munitions et d’armements. Ce marché est très important au Mali et au Niger », où des militaires et d’anciens rebelles touaregs cèdent leur matériel. Une partie des fonds, assure-t-il, est blanchi notamment « dans le fast-food et le transport ».

Le troisième scoop de Mohamed Mokeddem, fin connaisseur des réseaux djihadistes, n’est pas le moins inquiétant. Il affirme que présence d’Aqmi dans le Nord Mali n’est qu’une étape dans sa stratégie qui vise à une implantation au Nigeria. Pour étayer son propos, il cite l’apparition de Boko Haram, une secte qui a provoqué ces deux dernières années des centaines de morts après des affrontements contre la minorité chrétienne et contre les forces de l’ordre dans les Etats du Nord-Nigéria. «L’avenir de l’Aqmi, conclue Mohamed Mokeddem, est au Nigeria, pas au Sahel.» (avec AFP)

 




Actualités

3112010

Le wali du Tiris Zemmour s’enquiert de l’état du barrage de protection de F’Dérick

 

(AMI) – Le wali du Tiris Zemmour, colonel Ahmedou Bamba Ould Baya a effectué jeudi une visite d’information à F’Dérick à l’effet de s’enquérir sur l’état du barrage de protection de La ville de F’Dérick. Cette Infrastructure, dont les travaux de réhabilitation sont en cours, est financée par le commissariat à la sécurité alimentaire (CSA) pour une enveloppe financière de l’ordre de 20 millions d’ouguiya.

 

Le wali a suivi des explications détaillées présentées par les techniciens sur l’avancement des travaux de réhabilitation de ce projet et a exhorté ceux-ci à accélérer son rythme pour l’achever pour éviter à la ville de faire face à des inondations éventuelles.

 

Le maire de la commune de F’Dérick, M. Mohamed Salem Ould Bolla a précisé que ce barrage va permettre à la ville de disposer d’une protection permanente prévenant ainsi les risques d’inondations, en raison notamment de la qualité des matériaux utilisés dans sa réhabilitation et des efforts de l’Etat consentis à cet effet.

 

Le wali était accompagné au cours de cette visite par le hakem de F’Dérick, le maire de sa commune, le commandant du groupement régional de la garde nationale, le directeur régional de la sûreté en plus du coordonnateur du CSA au niveau de la wilaya.

 

Biodiversité: « un accord historique, un très grand moment » (Jouanno)

 

(ANI) L’accord international obtenu vendredi à Nagoya, au Japon, sur la protection de la biodiversité est « un accord historique, un très grand moment », a déclaré à l’AFP la secrétaire d’Etat française à l’Ecologie, Chantal Jouanno.

 

« C’est historique, c’est un très, très grand moment. On a montré que la communauté internationale pouvait fonctionner et prendre des décisions difficiles », a-t-elle déclaré. « Il n’y a pas eu d’accord de cette ampleur depuis Kyoto », a-t-elle ajouté en évoquant le protocole de Kyoto sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre conclu en décembre 1997.

 

« C’est le Kyoto de la biodiversité », a-t-elle poursuivi. « C’est un beau pied de nez à tous ceux qui ne croient plus à l’environnement. »

 

Plus de 190 pays ont adopté vendredi un accord visant à protéger les espèces et les écosystèmes de la planète et à en partager plus équitablement les bénéfices. Ils ont en particulier adopté un « plan stratégique » en 20 points pour 2020 visant à freiner le rythme alarmant de disparition des espèces.

 

 


La Ministre des Affaires sociales, représente, l’épouse du Président de
la République au 3ème sommet de l’OFA

(ANI) La capitale tunisienne a abrité jeudi les travaux du troisième sommet de l’Organisation de
la Femme Arabe (OFA) en présence de Mme Moulaty Mint El Moktar, Ministre des Affaires sociales, de l’enfance et de la famille, représentant l’épouse du Président de la république, Mme Tekber Mint Ahmed.

 

Les travaux du sommet ont été ouverts par Mme Leila Ben Ali, épouse du Chef de l’Etat tunisien qui préside cette session en présence des premières Dames du Koweit, de l’Egypte, du Bahrein, des Emirats Arabes Unis, du Soudan, du Liban, de Palestine ainsi que des chefs de délégations des pays membres de l’OFA.

 

La conférence, qui se tient sous le thème de « La femme partenaire efficace et fondamental dans l’œuvre de développement durable » discutera de « feuilles de route scientifiques ayant trait à la femme: la femme et la dimension pédagogique et culturelle du développement durable; la femme et la dimension économique; la femme et la dimension politique; la femme et la dimension environnementale; la femme et la dimension sociale; la femme et la dimension sanitaire de ce développement durable et la femme et la participation politique et civile.

 

Une des séances de ce sommet de trois jours sera consacrée à la contribution de la jeunesse arabe dans les questions ayant trait à la femme.

 

L’ouverture de cette conférence s’est déroulée en présence de M. Amr Moussa, secrétaire général de
la Ligue des Etats Arabes et de M. Abderrahmane Touejri, Sécretaire général de l’Oorganisation de
la Conférence Islamique.

 

 

Gazra : les autorités affirment que l’opération de recensement touche à sa fin

 

(saharamedias) Les autorités mauritaniennes ont indiqué que les opérations de recensement entreprises depuis quelques semaines dans les gazra de Nouakchott, touchent à leur fin.

Sidi Mohamed Ould Sid’Amar a indiqué, à ce sujet que les opérations se déroulent conformément à l’agenda établi et pourraient même prendre fin avant le délai fixé.

 

Suspension d’Al-Jazira au Maroc: Quand le professionnalisme irrite

 

 

 

 

L’ONG ‘Actions’ lance une offensive contre l’excision.

 

 (TempsForts) L’ONG « Actions » a organisé les 29 et 30 octobre 2010 des ateliers de formation sur les mutilations génitales féminines. Les travaux se sont déroulés à l’hôtel Koumbi Saleh de Basra.

 

Il s’agissait d’une formation de pères éducateurs sur l’excision mais qui concerne, cette fois-ci, les établissements scolaires de la périphérie en l’occurrence Sebkha, El Mina, Ksar et les Socogim. Des élèves destinés à devenir des formateurs doivent servir de relais pour créer des clubs au sein de leurs écoles.

 

Ces pères éducateurs devront , informer leurs camarades sur les conséquences néfastes de l’excision et ce, à travers des sketchs et des messages.

 

Selon la secrétaire générale de cette ONG, Yakharé Soumaré, Ces ateliers s’inscrivent dans les objectifs de la coordination nationale pour l’excision qui, depuis la « Fatwa » contre la pratique, a acquis une légitimité.

 

Il faut rappeler que c’est en 2002 que l’ONG « Action » a lancé une campagne en faveur de l’abandon volontaire de la pratique de l’excision à l’intérieur du pays et plus précisément au Gorgol et au Guidimakha. Mais l’excision demeure une une pratique difficile à éradiquer parce qu’elle est issue d’ un héritage traditionnel perpétuée à travers des générations .

 

Pour Yakharé Soumaré, c’est d’autant difficile que les mutilations sont pratiquées à 70% , au moins, dans toutes les communautés du pays sauf chez les Wolof où elle reste faible .Cette année , l’ONG compte cibler les établissements scolaires pour informer les futures mères que sont les filles , sur les conséquences de l’excision dans la vie de la femme .

 

L’ ONG « Action » était en partenariat avec la coordination nationale pour l’excision, le ministère des affaires sociales, de l’enfance et de la famille mais aussi de l’ ONG Italienne « Paz y Dezarrollo » : ( paix dans le développement ).

Tierno Ali Guèye

 

Rama Yade : « L’homme africain est le premier à être entré dans l’histoire »

 

(Afrik.com) Interrogée sur le discours polémique que Nicolas Sarkozy a tenu à Dakar en 2007, la secrétaire d’Etat aux Sports a désavoué le chef de l’Etat, en affirmant : « L’homme africain est le premier à être entré dans l’histoire ». Ces propos ont été tenus lors de l’enregistrement de l’émission de « En Sol Majeur » sur RFI, qui doit être diffusée lundi 1er novembre.

 

Le Forum économique mondial se penche sur les infrastructures dans
la MENA

 

(Magharebia) Les pays de
la MENA doivent améliorer leurs infrastructures pour renforcer la compétitivité et attirer les investissements étrangers, ont souligné les chefs d’entreprises mercredi 27 octobre à Marrakech lors du Forum économique mondial sur le Moyen Orient et l’Afrique du Nord.

Le ministre marocain des Transports Karim Ghellab a déclaré que son pays dépenserait 11 milliards d’euros pour les infrastructures de transport d’ici 2012. « Les infrastructures ne concernent pas seulement la pose de béton », a déclaré le ministre, des propos repris par l’agence ANSA.

Mercredi par ailleurs, le ministre des Travaux publics Amar Ghoul a déclaré que l’Algérie envisage d’investir 150 milliards de dinars (1,47 milliard d’euros) en travaux de réfection du réseau routier durant les quatre prochaines années.

Les syndicats marocains menacent d’une grève

 

(Magharebia) Les plus grands syndicats marocains ont menacé d’organiser une grève générale le mois prochain, a fait savoir Le Matin dans son édition du mercredi 27 octobre. L’Union nationale des employés et des travailleurs (USF-UMT ),
la Fédération démocratique du travail (FDT), l’Union nationale des travailleurs marocains (UNTM) et l’Union générale des travailleurs marocains (UGTM) souhaitent reprendre les entretiens concernant les salaires et les prestations sociales, mais affirment que le gouvernement se contente de reporter les négociations sans but apparent.

 

Rencontre des lauréats du Nobel à Fez

 

(Magharebia) Le Maroc accueillera la « Conférence des prix Nobel », a fait savoir l’agence MAP mercredi 27 octobre. Les lauréats des prix Nobel et quelque 300 responsables politiques, économistes et scientifiques devraient participer à cette rencontre du 1er au 3 mai à Fez.







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