Dialogue politique :

21 06 2010

 

 Entre qui est qui ? 

 

Il a suffi que le Président Mohamed Ould Abdel Aziz se décide à recevoir Yahya Ould Ahmed Waghf, ancien Premier ministre de Sidi Ould Cheikh Abdallahi et président de Adil, et de le charger d’un message exprimant sa disponibilité à ouvrir le dialogue avec l’opposition, pour que la scène politique s’excite. Retour sur l’événement. 

 

Quand il sort de chez le Président, le premier réflexe de Ould Ahmed Waghf est de rendre compte à ses pairs, Ahmed Ould Daddah, Mohamed Ould Maouloud et Messaoud Ould Boulkheir. D’abord à Ould Daddah qui dirige présentement la Coordination de l’opposition démocratique (COD) à laquelle sont affiliés les partis UFD, RFD, APP, ADIL notamment. 

«Pourquoi s’adresse-t-il à vous précisément ?», aurait rétorqué Ould Daddah à Ould Ahmed Waghf. Le sous-entendu est clair pour celui-ci. N’empêche… 

Même séance de «transmission» chez Ould Maouloud, puis chez Ould Boulkheir. Ould Ahmed Waghf et Yahya Ould Sid’El Mostaph qui avait été reçu en même temps que lui, décident de rendre compte à la direction de leur parti, Adil. La séance est plus houleuse et plus directe qu’avec les leaders de la COD. Si ceux-ci se limitent aux allusions quant à la proximité de Adil du pouvoir, ceux de Adil demandent des explications. La majorité se dégage cependant pour le dialogue. Quelques-uns sont viscéralement opposés. Ils invoquent «les difficultés de Ould Abdel Aziz tant au plan intérieur qu’extérieur». Tantôt les risques d’échec de la table-ronde de Bruxelles, tantôt «l’appauvrissement des populations et les risques d’explosion en interne». 

Pendant ce temps, Ahmed Ould Daddah fait une déclaration qui a été largement reprise par les agences de presse dont l’ANI qui en cite le passage suivant : «La Coordination de l’opposition s’est réunie aujourd’hui (mardi dernier) au niveau des présidents. Ils ont entendu le compte-rendu de la rencontre qui a eu lieu entre l’un de ses membres et le pouvoir. Je rappelle à l’occasion que l’opposition a été la première à appeler à l’adoption du dialogue comme méthode politique démocratique. C’est elle aussi qui y a appelé constamment. Que c’est l’autorité officielle et particulièrement le général Mohamed Ould Abdel Aziz qui a refusé le dialogue et accusé l’opposition d’y chercher la satisfaction de desseins personnels ou partisans. Il a continué à le rejeter et a même renié les Accords de Dakar comme référentiel commun pour les pôles politiques mauritaniens. Je rappelle aussi que c’est l’opposition qui s’est toujours préoccupée de l’intérêt du pays et de sa stabilité, de la paix civile sur la base des valeurs démocratiques. Je dis que s’il y a là une volonté sincère de la part du pouvoir pour ouvrir un dialogue avec l’opposition et s’il ne s’agit pas d’une manœuvre saisonnière à la veille de telle ou telle réunion en vue des financements, les autorités doivent le déclarer publiquement et prendre à témoin l’opinion publique» 

Suffisant pour jeter le froid au sein de la COD. Ould Maouloud – le pompier de la Coordination, facilitateur en son sein – convainc Ahmed Ould Daddah de se rendre chez Ould Ahmed Waghf à Adil. C’est la dernière rencontre de jeudi qui a permis de «faire le point» sur les appréhensions des uns et des autres vis-à-vis des uns et des autres. 

Ceux de Adil reprochent à Ould Daddah et à ses soutiens de faire comme s’ils n’existaient pas. Et s’ils arrivaient d’en parler, c’est toujours en termes de mépris et d’accusations. Pour eux, il s’agit là d’un rassemblement de «parvenus» incapables de concevoir la politique autrement qu’à l’ombre du pouvoir. 

Ceux de Adil pensent que l’opposition au coup d’Etat a été de leur fait à eux. «Le RFD ayant choisi de soutenir et de justifier le renversement du régime démocratique, il n’a rejoint les troupes opposantes que beaucoup plus tard». 

Quoi qu’il en soit, la question du dialogue divise l’opposition. D’une part les irréductibles qui croient que le pouvoir de Ould Abdel Aziz est au bord de l’effondrement. De l’autre ceux qui veulent pousser vers un rapprochement avec le pouvoir. Plusieurs nuances caractérisent chacun des groupes. 

Alors ? Les ennemis du dialogue, ceux qui tirent profit de la situation actuelle, feront tout pour dynamiter le processus. Ses promoteurs seront-ils assez vigilants pour aller jusqu’au bout ? 

MFO

Source : La Tribune n°505 


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