Les Echos de La Tribune Par Mohamed Fouad Barrada

28062010

Le grand défi c’est celui  de l’emploi !

C’est une victoire partielle : en se référant  au quotidien de Nouakchott du 27 juin 2010, le pays a bénéficié, d’une partie de la  ‘cagnotte’ demandée auprès des bailleurs de fonds qui est de  l’ordre de  3.2 milliards de dollars, « dans  le meilleur cas de figure la délégation mauritanienne   qui est allée à Bruxelles a tout juste récolté 1,450 milliard de dollars  très loin donc  des  sommes annoncées avec emphase par Moulaye Ould Mohamed Lagadaf ». Un tel montant est  accordé en grande partie  par des  fonds arabes et islamiques, cependant, le  grand défi est celui de l’emploi à travers  la capacité des secteurs économiques à  créer une société de consommation  de masse  tout en absorbant  le taux  du chômage des jeunes mauritaniens qui avoisine officiellement les 31%. Ces  fonds seront, évidement,  orientés vers des secteurs qui ne permettront guère, à mon avis, une vraie  lutte contre le chômage.   

Il est clair, la  croissance moyenne sur la période 2010-2015 (de l’ordre de 5%), ne  conduit, aucunement,  à penser que la reprise  économique par l’emploi sera atteinte sur la période susmentionnée.   

Ceci étant, la  relance monétaire et la  réforme du secteur bancaire, par des mécanismes   de financement  des promoteurs pouvant créer des valeurs ajoutées, demeure selon toute vraisemblance une exigence économique. 

En effet, au moment où « les superpuissances économiques baissent leurs taux d’intérêts pour relancer leurs économies, les pays les moins avancés notamment la Mauritanie  continuent de maintenir des taux excessifs. Le taux directeur de la réserve fédérale américaine varie entre 0 et 0, 25. Celui de la grande Bretagne est en dessous de 2%. Le taux directeur du japon est aussi proche de ce taux. Quant au taux directeur de la banque centrale de l’Union européenne, il avoisine les 2%. En Mauritanie ce taux est de 10%. Et les banques commerciales locales gagnent des marges allant jusqu’à 6 %. C’est-à-dire un taux d’intérêt sur le marché estimé à 16%. Ironie du sort ou découragement de l’investissement interne ? » (Voir les Echos de la Tribune  du 29 décembre 2008).   

Par ailleurs, un nouveau mode de financement favorisant  un  partage de risque déguisé  est en train de se mettre en place chez nous. Il s’agit là,  d’une  finance islamique   guidée par une autre  conventionnelle se basant sur le taux d’intérêt directeur de la Banque centrale. Ce nouveau mode de la finance  semble  négliger  un fondement primordial du système financier islamique tout en contournant intelligemment l’application directe du taux d’intérêt. 

Si l’on admet, dans cette lancée,  qu’une  banque décide  d’accorder  à son client-entrepreneur  ou consommateur   un prêt en ‘nature’ ( achat des matériaux, crédit bail, etc.) ,celui-ci sera   majoré  indirectement d’un montant équivalant à un  taux  d’intérêt directeur de la banque centrale (10%) ajusté, bien sûr,  par  des marges de bénéfice  qui varient  entre 2 points  jusqu’à  6 points  selon les circonstances . C’est ainsi que la transaction entre le banquier et son client sera fondée sur  une vente excessive à paiement différée en versement unique ou échelonné au détriment  d’ une  vente modérée. Précisément, un produit X vendu  au  marché local  à un prix Y  est déterminé  par le biais de la banque  selon  une majoration du prix du marché  incluant  indirectement un taux  d’intérêt pouvant atteindre jusqu’à  16 %. 

De fait, le mécanisme du système financier islamique est classé en deux catégories  notamment  un  processus  entrainant le partage de risque entre les investisseurs et les entrepreneurs et ceux pour lequel un tel partage est exclu. C’est au niveau du premier qu’il faut, tout simplement, agir. 

m_barrada@yahoo.fr

Source : La Tribune n°507 du 28 JUIN 2010




Les Echos de La Tribune Par Mohamed Fouad Barrada

21062010


 
L’inexistence des Parcs  zoologiques  à  Nouakchott 
 
Certes, comparée  à celle des années soixante, l’image de la plus grande  ville du pays  se transforme de plus en plus, néanmoins des  monuments historiques, des parcs de  distraction  sont d’un  ‘rarissime’ inexplicable. La foire nationale en  est une  illustration. Elle abritait,  jadis, un  parc zoologique  d’attraction. Aujourd’hui, il  n’est qu’un ‘’cimetière’’ délaissé à la merci des fantômes. Il est pour ainsi dire  l’ombre d’un passé glorieux.  Ce lieu était  un bien commun  connu des  habitants de la capitale. Il était  vivant   plein d’animaux  et de visiteurs. Nous avons le plein  droit de  se poser  la question cruciale à qui la faute de la destruction du seul parc zoologique des villes mauritaniennes, sachant bien sûr que la capitale Nouakchott est choisie parmi d’autres  comme ville de la culture islamique 2011, sachant également que la Mauritanie est une partie
intégrante de la grande muraille verte du sahel ? 
En fait, l’initiative grande muraille constitue une approche innovante  du développement durable.  Large de 15 kilomètres  couvrant en longueur   plus de 6.5000 Km, elle transvasera  les zones sahélo-sahéliennes notamment la Mauritanie, le Sénégal,  le Mali,  le Niger, etc.   
Une chose est sûre, cependant, l’existence d’un parc zoologique semble une nécessité pour l’éducation  des citoyens et surtout  des enfants en bas âge pour qu’ils  soient sensibles aux exigences de l’écosystème et aux questionnements de la cohabitation entre l’homme et son milieu. Des visites des écoliers et des parents d’élèves à des lieux pareils peuvent orienter les familles vers une éducation civique écologique.  Cette éducation devrait, incontestablement,  intégrer la dimension du changement climatique  pour une meilleure responsabilisation.  
En effet, par son étymologie, la zoologie (zoon, animal ; logos, science)  devrait   dans les zones urbaines  être la base de la diffusion d’un discours environnementaliste. On entend par là,  l’aménagement des parcs zoologiques  ‘souscrivant’ une description réfléchie  de l’importance de l’animal et son milieu. Cela ne peut aucunement  se faire sans l’existence  des centres  d’études universitaires ayant des antennes  spécifiques au niveau des parcs  zoologiques  construits dans des villes urbaines. Le but étant, tout simplement, la conservation d’un équilibre entre l’homme et son environnement.  C’est ainsi que l’aspect décisionnel de la prise en compte  du besoin de  l’animal des parcs et le recrutement des professionnels en la matière  devraient se baser sur la zoologie  à travers l’organisation interne de l’animal,  la composition de ses  organes, son  mode de reproduction, son
développement, sa  croissance, etc. Ce qui   permettra   dans  certaines mesures de   déterminer  l’importance  des  animaux dans notre vie active.  Une fois, cette connaissance approfondie de l’animal  est  acquise, il  faut veiller sur sa  santé  et sa  reproduction ou son  remplacement à travers, certainement,  le renouvellement des  structures de base et l’assainissement  desdits   parcs.

 m_barrada@yahoo.fr 

Source : La Tribune n°506




L’édito de la Tribune Par Mohamed Fall Ould Oumère

21062010

Le microcosme nouakchottois a été secoué par la campagne de recouvrement des impôts. Premier visé, le secteur bancaire. Des avis de redressement ont été envoyés aux banques primaires : 1,8 milliards, 600 millions, 1 milliard… chaque banque a eu pour son compte. 

Puis vint le tour du secteur de la restauration et celui des épiceries. Aujourd’hui ce sont les grosses industries et demain les stations. Tous les secteurs d’activité seront touchés par la campagne… 

Le nouveau directeur des impôts semble vouloir faire le ménage. Il présenterait cela comme une révolution dans un secteur marqué par le laisser-aller et la corruption. D’après nos premières informations, la campagne aurait été lancée sans en référer au ministre des finances. Ce n’est donc pas une volonté politique de tuer ce qui reste de l’économie. Ce n’est que le zèle excessif d’un fonctionnaire nouvellement nommé. 

«Je ne rends compte qu’au Président Ould Abdel Aziz», aurait averti le nouveau directeur des impôts parlant aux commerçants qui étaient venus le voir pour protester contre la campagne. 

Certes le recouvrement des impôts a toujours constitué une occasion de malversations de toutes sortes et de toutes envergures. Certes les opérateurs économiques ont largement contribué à la corruption de l’appareil. Certes, c’est l’Etat mauritanien qui y perd. 

Mais est-ce suffisant pour justifier tant de dérives ? Dans l’avis distribué par la direction des impôts un délai de trois jours est donné. Alors que le délai légal est de huit jours. D’ailleurs, c’est bien écrit sur le papier officiel, en bas de page. 

Aussi faut-il chercher à comprendre comment sur quelles bases les montants ont été fixés. On a vu les agents du fisc se muer en caissiers d’épiceries. Comme s’ils avaient le droit de gérer un bien privé. Une expropriation en bonne et due forme. 

L’incompétence s’exprime en général de diverses manières. Elle peut occasionner le zèle excessif. Elle peut occasionner l’effacement. 

Quand on fait beaucoup de bruits, c’est en général pour se donner un rôle ou cacher une faiblesse. La faiblesse ici, c’est l’incapacité à s’en tenir à ce que dit la loi. A ne pas chercher à créer des problèmes là où il n’y en a pas. De ne pas en rajouter. 

La Mauritanie vit déjà une crise économique, certes inexplicable au vu des potentialités, mais qui est réelle dans la mesure où elle frappe tous les secteurs d’activité. Quel secteur commercial ou industriel se porte bien aujourd’hui ? 

Demandez aux opérateurs. Ils vous diront dans leur ensemble leurs souffrances et leurs problèmes. Vous pouvez les croire ou pas. Mais regardez autour de vous, pour apprécier la situation à sa juste valeur. 

Si, en plus des conditions, les opérateurs doivent souffrir les humeurs de fonctionnaires jaloux de leurs prérogatives, et faire face à des pressions exagérées, il y a lieu de s’inquiéter pour la reprise tant attendue. 

Je ne le dis pas pour prendre la défense des restaurateurs, des banquiers ou des épiciers. J’estime tout simplement qu’il est temps de restaurer les rôles. 

Nous avons besoin d’un Etat qui puisse réguler. D’abord en se faisant respecter. Pour ce faire, ses représentants doivent respecter les règles du jeu, les lois et règlements. Ce ne sont pas les humeurs qui doivent gérer les rapports entre les citoyens ni entre les citoyens et l’Etat. 

En ces temps où l’urgence est de revoir notre système fiscal – financier en général – il est dangereux de confier la direction générale des impôts à quelqu’un qui est étranger au secteur. Sinon le résultat ne peut être que celui-là : un zèle inexpliqué, une menace constante pour l’activité économique et une absence totale de vision pour le futur. 

 

Source : La Tribune n°506




La question de la langue en Mauritanie

21062010

Par Mohamed Ould Abdalhaye* 

·         (Mohamed Ould Abdal Haye est docteur es-lettres, ancien directeur du département des langues et de la traduction de l’université de Nouakchott, il enseigne actuellement à l’université d’Ajman (E.A.U.) des sciences et de la technologie)

 

 

La langue arabe est la langue de la culture islamique. Elle l’a été tout au long de l’histoire de l’Islam. C’est celui-ci qui l’a développée et l’a consacrée en raison du statut spécifique de celle-ci en tant que la langue de la révélation coranique et du corpus prophétique. L’Empire Musulman en a naturellement fait sa langue administrative, le médium de sa production intellectuelle et la langue de son élite dirigeante. Nécessaire pour exercer toute haute fonction au sein de l’Empire, la langue arabe s’est ainsi substituée aux deux grandes langues qui se disputaient jusque là le Proche et le Moyen-Orient antiques : le grec et l’araméo-syriaque. Elle s’est aussi substituée petit à petit au perse. Le processus de propagation de la langue arabe fut cependant graduel, le perse et le grecque ayant même servi au début de l’Empire Musulman de langue cadastrale dans les régions où elles avaient prédominé.

Lorsque, dans les régions restées arabophones du Monde Musulman, des Etats postcoloniaux ont vu le jour, la langue arabe, au travers de ses variantes parlées et de son corpus savant, apparaissait encore dans chacun de ces Etats comme la langue millénaire de la majorité de la population aussi bien sur le plan de la culture que sur celui de la communication. Comment fallait-il tenir compte de cet état de fait ? Plusieurs considérations ont été alors soulignées pour plaider en faveur de l’adoption de l’arabe comme langue officielle au détriment de la langue héritée du Colonisateur. Rappelons-en les plus significatives.     

1-                 La vocation fondamentale de l’Independence est celle de permettre l’affranchissement du joug de la domination. Et l’histoire enseigne que la langue a de tout temps été le plus décisif des instruments de domination après celui de l’occupation militaire.   

2-                 Le développement humain, clef de voûte de tout développement, repose sur une éducation moderne à même de promouvoir l’esprit de création et d’innovation. Il va sans dire que la promotion de cet esprit dépend généralement pour les membres de chaque société de la promotion de leur langue maternelle.  

3-                 Les Etats modernes sont le plus souvent, en raison précisément des deux considérations précédentes, jaloux de leur indépendance linguistique. Même l’inexistence de langue écrite dans l’héritage propre de nombreux Etats dans le monde ne les a pas empêchés d’œuvrer à dispose d’une langue unificatrice qui leur soit propre pour s’émanciper de la dépendance linguistique à l’adresse d’autres pays quand bien même il s’agirait de pays amis. Aussi l’objectif est-il toujours celui de protéger l’indépendance intellectuelle et l’esprit créatif des citoyens d’un Etat donné (les dédales de la bipolarité linguistique et la subordination à une langue étrangère sont considérés comme néfastes pour toute créativité ou productivité intellectuelles). Les exemples de la Norvège,[i] d’Israël[ii] et de Madagascar[iii] sont parmi les plus édifiants en la matière.   

 

Or, dans les pays musulmans dits arabes ou arabophones (c’est-dire ceux des pays musulmans dont la population est formée majoritairement de locuteurs de telle ou telle variante vernaculaire de l’arabe) la culture islamique est diffusée dans et par la langue arabe. Leur histoire est liée à cette langue si importante pour la continuité mémorielle de leurs populations. Il est donc pense-t-on logique dans cet ordre d’idées qu’elle demeure la langue officielle de ces pays. Plusieurs raisons sont alors invoquées.

 

1-                 La langue arabe est une langue suffisamment développée pour relever les défis modernes. Il s’agit une langue à la fois savante et vivante[iv].

2-                 Elle a demeuré des siècles durant (du 8ème au 13ème) l’unique « prestige language »[v] dans le monde.

3-                 Elle est restée la seule langue de la communication savante dans toutes les régions islamisées avant de connaître sa période de repli (du 13ème au 19ème). C’est encore une langue assez présente et influente à l’échelle internationale.

4-                 Elle a toujours bénéficié et bénéficie encore d’un statut privilégié auprès de tous les adeptes de la religion musulmane[vi].

5-                 C’est la principale langue liturgique d’un bon nombre d’Eglises chrétiennes dans le Monde Arabe.

6-                 Elle a été la langue d’une partie majeure du corpus religieux et philosophique juif durant les époques médiévales.

7-                 Elle a exercé son influence sur de nombreuses langues anciennes et modernes. De même qu’elle a joué en Afrique et dans une bonne partie de l’Asie[vii] un rôle historique largement analogue à celui que le latin a joué en Europe occidental (transmission des caractères écrits, formation du vocabulaire savant des langues locales, unifications des élites, etc.).    

8-                 C’est la langue du Texte coranique dont procède l’essence spirituelle de chaque musulman, abstraction faite de toues les particularités géohistoriques (Les Etats ayant adopté la langue arabe comme langue officielle sont bien entendu formés majoritairement de musulmans).

9-                 Elle constitue le lien sociopolitique de plus de 20 Etats dans un monde où il n’y a plus de place que pour les grands blocs géostratégiques. Ainsi est-elle une des six langues de travail internationales.

10-             Elle a connu durant les deux derniers siècles (19ème et 20ème) un développement de la production littéraire qui a presque surpassé ce qu’elle a connu durant sa longue histoire.

11-              Elle n’est pas seulement la langue officielle des Etats de
la Ligue Arabe, elle est également langue officielle dans certain nombre d’autres pays limitrophes
[viii].

12-             Elle est enseignée de façon officielle ou para-officielle dans tous les autres pays musulmans.

13-             Elle bénéficie d’une présence non négligeable dans les pays africains et asiatiques limitrophes des pays arabes[ix].

14-             C’est la seule langue vivante qui ait à son actif plus de 14 siècles en tant que langue savante et qui est simultanément une langue vivante (utilisée encore comme langue de travail et de communication), en ce sens que ses locuteurs parviennent à comprendre ses plus anciens textes sans grande difficulté et sans formation spécifique.

15-             Elle occupe une position de premier plan dans la classification des langues internationales au vu des 6 critères par lesquelles se mesure la puissance d’une langue[x].

16-             Elle fait partie des six langues reconnues comme langue de travail de la plus haute instance internationale : L’ONU. Et c’est de la même manière qu’elle est la langue de plusieurs organismes internationaux[xi]. 

17-             Elle occupe la 2ème position parmi les 11 langues les plus parlées au monde[xii].

18-             Au sein de ces dernières, elle fait partie des 8 langues qui tendent à se partager le globe et dont chacune possède une assise géographique solide[xiii].

19-             Elle fait partie des 6 langues internationales dont les populations locutrices se distinguent  par une des expansions démographiques les plus élevées[xiv].

20-             Toutes ces considérations sont suffisantes pour que chacun des Etats où la population est majoritairement arabophone procède à l’officialisation de la langue arabe, qui doit l’emporter ainsi sur la langue de l’ex-puissance étrangère.   

 

Néanmoins, d’autres éléments moins réjouissants sont à prendre en compte. De telles considérations ne peuvent les faire occulter. La langue arabe requiert en effet d’immenses et inlassables efforts pour en parachever la modernisation et la mettre en phase avec un monde en évolution. Ces efforts n’ont pas encore été tout à fait accomplis. L’arabe souffre d’énormes points de faiblesse qui ne pourraient être dissimulés et auxquels il faut indubitablement remédier. 

1-                 Elle est encore privée du statut de « prestige language », statut qui confère à certaines langues étrangères, notamment dans les pays arabes (le français au Maghreb et l’anglais en Orient), de nombreux privilèges sociopolitiques.

2-                 Elle est assiégée dans l’usage populaire quotidien par une diglossie qui désavantage le niveau littéraire au profit des variantes vernaculaires. Elle est aussi assiégée par des langues étrangères qui conservent en partie le monopole de la production intellectuelle modernes notamment dans le domaine technoscientifique (qui va de pair avec la production lexicologique en techno-science). Cette situation est encore renforcée par les insuffisances sur le plan de l’édition lexicographique arabe. La production des académies de la langue arabe, en matière de dictionnaires usuels et a fortiori en matière de dictionnaires etymologiques, est encore marquée par une grande carence éditoriale.

De nombreuses autres difficultés techniques persistent : Les procédés de dérivation doivent être davantage pris en charge pour mieux répondre au besoin de néologismes adéquats ; Des disciplines par pans entiers continuent de payer les frais d’une terminologie anarchique et d’une activité de traduction à la traine (malgré les efforts louables  du Centre de Coordination de l’Arabisation et de l’Institut Arabe de
la Traduction) ;  La mise à profit des méthodes des sciences humaines modernes et notamment de la linguistique général fait en partie défaut
[xv] .

3-                 Ces facteurs et d’autres encore risquent de produire une situation effroyable pour la langue arabe : Il s’agit de la situation que les linguistes appellent la phase du bilinguisme de fait et qu’ils considèrent comme périlleuse pour l’avenir de toute langue. Comme l’enseigne l’historiographie linguistique, le phénomène de la bipolarité idiomatique est un phénomène auquel aucune langue ne peut survivre durablement. Pour les linguistes, lorsqu’une langue perd la primauté sur son propre terrain, elle devient une langue de seconde zone en voie de disparition. 

Aussi plusieurs démarches doivent-elles être entreprises, pour remédier à ces insuffisances, aussi bien au niveau de la l’éduction familiale et scolaire[xvi] qu’au niveau de l’institution éducative[xvii] de façon générale.

Source : La Tribune n°506


[i] En Norvège, le danois a été la langue officielle de 1397 à 1814. Lorsque la décision a été prise d’officialiser le norvégien et que les dispositions nécessaires à cet égard ont été prises, le danois a été complètement écarté de l’usage en Norvège.

[ii] L’hébreu fut une langue quasi morte durant 1700 ans (du 2ème au 19 siècle). Il doit sa renaissance moderne au linguiste Eliézer Ben Yehouda. Celui-ci a réussi avec un travail d’équipe ayant duré quarante ans à redonner vie à cette langue et en faire le médium principale d’une population de 13 millions qui n’en avaient préalablement  aucune véritable connaissance et qui vivaient à l’époque dans 102 pays de langue différente.

[iii] Au Madagascar, le français a demeuré la langue officielle jusqu’en 1972. En nationalisant les secteurs économiques, l’Etat malgache a estimé du même coup devoir mettre un terme à la domination du français considérée par lui comme synonyme de la domination française. Le parlé malgache fut alors standardisé et

institué avec succès langue officielle à la place du français.

[iv] La langue arabe a connu le développement de ses formes écrites bien avant l’Islam. Mais c’est sous la double impulsion de celui-ci et de l’Empire Musulman (en tant que langue de
la Révélation des sciences religieuse, langue administrative etc.) qu’elle a fait l’objet de tant de travaux descriptifs et normatifs sur les différents plans (orthographe, lexicologie, morphosyntaxe, stylistique, phonétique etc.)

[v] La maitrise de l’arabe était requise pour occuper des postes de premier plan. La langue arabe était alors devenue une des langues les plus puissantes à l’échelle mondiale (d’un point de vue politique, militaire, culturel, linguistique, économique comme d’un point de vue démographique).

[vi] En tant que la langue des deux sources principales du droit musulman : le Coran et le corpus prophétique,

comme en tant qu’elle est la langue liturgique de l’islam. 

[vii] Il s’agit du turque, du perse, de l’albanais, du français, de l’anglais, du russe, de l’allemand, de l’italien, de l’espagnol ainsi que de nombreuses langues africaines.

[viii] C’est le cas par exemple du Tchad et de l’Erythrée.

[ix] C’est entre autres le cas du  Nigéria, du Mali, du Sénégal, de l’Iran et de
la Turquie.

[x] Elle occupe 1°/ la deuxième position mondiale du point de vue du nombre de ses locuteurs (critère démographique), 2°/ la troisième position mondiale du point du vue du nombre des pays dont elle est la langue officielle (critère politique). Sa position est plus mitigée quant aux trois critères (culturel, linguistique et militaire). Du point de vue de la production éditoriale globale (critère culturel) elle occupe la 22ème place mondiale. Dans le domaine spécifique de la production scientifique, elle occupe la 42ème position mondiale. Voir notre ouvrage, Le phénomène linguistique : l’origine et le développement (en arabe), Abû Dhabî, 2005.

[xi] Les six langues de l’ONU sont l’anglais, le français,  le chinois, le russe (qui sont les langues des pays membres permanents du CC des ONU) puis l’arabe et l’espagnol qui sont les langues des deux plus grands blocs internationaux. Cf. Le phénomène linguistique, .Ibid..

[xii]  Voir pour les différentes classifications Ethnologue. Voir aussi Le phénomène linguistique, .Ibid..

[xiii] Cf. Le phénomène linguistique, op. cité..

[xiv] -Cette situation d’une langue proclamée officielle sur le plan formel mais qui ne l’est pas sur le plan effectif vide le statut de langue officielle de son sens et produit l’effet inverse. Elle donne l’impression aux jeunes élèves que l’arabe est un fardeau pour eux: Ils sont obligés de consacrer beaucoup de temps à son étude alors qu’ainsi enfermée dans un statut factice il  ne pourra pas les aider à occuper les postes prestigieux auxquels ils aspireraient. Cela ne fait qu’accroitre la paralysie et la marginalisation de l’arabe consacrant l’image d’une langue stérile privée de tout génie créatif et de toute production intellectuelle originale.

[xv] Au Maghreb le français est « le prestige language » à la maitrise duquel toute ascension sociale est suspendue. Il en va de même pour l’anglais en Orient.

[xvi] Les cinq premières années de l’enfance sont caractérisées par d’immenses aptitudes à l’apprentissage linguistique. C’est une opportunité que les parents et les institutions éducatives ne doivent jamais manquer pour permettre aux futurs élèves de dominer l’outil linguistique dont ils auront grandement besoin tout au long de leur apprentissage scolaire. Il est du devoir par exemple de la famille de saisir cette occasion irremplaçable et tenir à ce que ses enfants s’appliquent et s’exercent durant ces années à s’exprimer dans  un arabe correct. L’acquisition d’un arabe correct du point de vue normatif et des bases d‘une ou deux langues étrangères sont à ce stade de l’âge une priorité.

[xvii] – Il appartient aux enseignants 1- de veiller à ce que les élèves aient un usage correct de la langue arabe moderne et contemporaine. Il est nécessaire que ceux-ci s’habituent à s’exprimer dans l’arabe moderne et à éviter les archaïsmes caractéristiques des usages traditionnels vieillis. Il est tout aussi nécessaire de les habituer à éviter l’usage fautif et autres solécismes propres aux niveaux familiers et vernaculaires. Il importe à cet effet d’encourager les élèves y compris dans leur propres conversations et même en dehors des cours réglementaires à utiliser la langue arabe normative. Différents jeux ludiques ou scéniques peuvent être utilisés dans cet objectif.; 2- de focaliser leur enseignement de l’arabe sur l’analyse des textes contemporains pour faire découvrir de façon inductive aux élèves les règles syntaxique et morphologique régissant la langue arabe telles que celles-ci apparaissent réellement dans l’usage normatif actuel. Tous les éléments morphosyntaxiques et grammaticaux qui ne répondent  pas d’une exigence pratique relative à l’usage effectif et actuel de l’arabe normatif ne doivent figurer que dans les programmes universitaires réservés aux futurs spécialistes; 3- de mettre à profit les méthodes descriptives de la linguistique modern et de rénover de la sorte les procédés didactiques destinés notamment aux débutants; 4-  d’opter dans l’enseignement de la littérature pour les textes relevant aussi bien de la langue arabe contemporaine et de la vie contemporaine (dans son rapport au présent comme dans son double rapport au passé et au futur) que des préoccupations et des centres d’intérêts actuels. 5- de promouvoir les méthodologies inductives, descriptives et déductives fondatrices de toute réflexion structurée et de tout esprit critique. 6- d’élaborer de nouveaux outils pour mieux procéder à l’évaluation de l’enseignement des langues. 7- de faire appel aux nouvelles technologies en matière d’apprentissage des langues.




Ahmed Ould Daddah :

21062010

 

 Destin d’opposant 

 

Président de la Coordination de l’opposition démocratique (COD) durant les deux derniers mois, Ahmed Ould Daddah a marqué de son emprunte les positions de ce regroupement qui rassemble à ses côtés l’APP de Messaoud Ould Boulkheir, l’UFP de Mohamed Ould Maouloud, Adil de Yahya Ould Ahmed Waghf et le tout nouveau Wi’am de Boydiel Ould Hoummoid. C’est d’ailleurs à ce dernier que Ould Daddah a passé le témoin. 

Jugé «radical» par certains, Ahmed Ould Daddah se refuse pourtant de rejeter carrément les propositions de dialogue faites par le pouvoir. Mais il pose les conditions et tient le langage qu’il faut pour en éloigner la perspective. C’est à se demander si la relation personnelle avec Ould Abdel Aziz ne pèse pas dans cette position. Ou faudra-t-il revoir le parcours de l’homme pour comprendre son désintérêt vis-à-vis de tout ce qui peut ressembler à un rapprochement – synonyme ici d’une normalisation – du Président Mohamed Ould Abdel Aziz et de son régime ? Oui… il le faut. 

 

Du «mouvement de rectification»… 

 

Le chef de file de l’Opposition, président du RFD, Ahmed Ould Daddah a très tôt «compris» – «soutenu» diront d’autres – le coup d’Etat du 6 août. D’ailleurs la dénomination «mouvement de rectification» a été utilisée pour la première fois par des cadres de son parti. A la veille du 6 août, certains des députés du RFD ont promis, notamment sur Al Jazeera, «le changement qui arrivait inexorablement». Cette position s’expliquait largement par ses relations plutôt mauvaises avec le président élu Sidi Ould Cheikh Abdallahi. 

Les deux hommes ont sensiblement le même cursus. Ils ont été les plus jeunes ministres du gouvernement de Moktar Ould Daddah au milieu des années 70. Technocrates confirmés, ils sont allés à la politique un peu par effraction. Chacun d’eux, à un moment donné, a été «sollicité» pour conquérir un pouvoir qui ne semblait attendre que son entrée en scène. 

Ahmed Ould Daddah est arrivé en 1991 sur la scène politique. On ne lui connaît aucune position politique avant cela. Il a mal apprécié le rapport de force à l’époque et n’a pas inscrit son action dans la durée. Préférant récuser le résultat de la présidentielle de janvier 92 et prôner le boycottage du reste du processus électoral. Sous l’influence d’activistes politiques qui croyaient à l’imminence de l’effondrement du régime. 

Puis il a conquis la direction du parti Union des Forces démocratiques (UFD) devenant à l’occasion UFD/Ere Nouvelle. Poussé par un entourage fortement manipulé par les renseignements, il choisira la radicalisation dans ses positions vis-à-vis du régime de l’époque. Qui le lui rendra bien. 

L’entreprise de débauchage réussit. Puis le parti éclate. Avant d’être interdit. De ces éclatements naissent : Action pour le Changement interdit et dont les animateurs vont conquérir l’Alliance populaire progressiste (APP) ; l’Union des forces du progrès (UFP) dont les animateurs vont disputer un moment à Ould Daddah le leadership de l’UFD/Ere Nouvelle ; plus tard Tawassoul dont les cadres ont adhéré à l’UFD/EN puis au RFD à sa naissance. 

Ould Daddah supporte toutes les trahisons et tous les retournements. Au moment du coup d’Etat du 3 août 2005, il venait d’accepter de prendre part à un dialogue ouvert entre les différentes composantes politiques mauritaniennes. La mort dans l’âme. Parce qu’il y voyait – et c’était juste – une manière de le marginaliser en le réduisant à sa plus simple expression. Une conspiration nationale qui satisfaisait visiblement tout le monde, du moins les leaders politiques. 

Au lendemain du 3 août, Ould Daddah incarne incontestablement l’image du leader par qui le changement devait nécessairement arriver. L’usure, l’essoufflement et le manque sans doute de perspective amènent la classe politique dans son ensemble à soutenir sans réserve le coup d’Etat. Brusquement, les portes de l’espoir s’ouvrent. L’opposition d’hier est incapable de fédérer et de proposer. Les militaires conçoivent leur transition. Et la mènent. Les politiques suivent. Au début, Ould Daddah paraît être le candidat favori des militaires pour cette image d’incontournable. Mais la candidature de Sidi Ould Cheikh Abdallahi, le compagnon et l’ami d’hier, révèle les vraies intentions des militaires, notamment du chef de la junte, le colonel Eli Ould Mohamed Val. Les autres militaires suivront. 

Ould Daddah accepte d’ignorer cela et va à une élection où toutes les forces traditionnelles sont liguées contre lui. Le compagnon d’hier, cette fois-ci Messaoud Ould Boulkheir lui préfère le candidat des militaires et va le soutenir au deuxième tour. Une onction qui légitime tout le reste. Malgré cela, il s’en sort plutôt grandi avec près de 48% du suffrage exprimé. Surtout quand il reconnaît les résultats de l’élection et accepte de rentrer dans son rôle de chef de file de l’opposition. Même si c’est avec réticence au début. Ses relations avec le Président Ould Cheikh Abdallahi se limitent à des entrevues trimestrielles d’où pas grand-chose ne sort. 

Arrive le temps des manigances. Ses amis de l’opposition inspirent une loi portant redéfinition du statut de leader de l’opposition. Ses prérogatives et ses compétences s’en trouvent limitées. Deux des grands partis du front qu’il avait réussi à fédérer autour de l’institution – UFP et Tawassoul – lui faussent compagnie et vont rejoindre la majorité au pouvoir, majorité essentiellement constituée des animateurs et inspirateurs du régime précédent. La crise éclate. 

 

…A la «dictature du Général» 

 

En connaissance de cause ou non, une partie des apparatchiks du RFD pousse vers l’alliance avec les militaires. Au lieu de s’en tenir loin d’une bataille qui ne concerne pas a priori leur parti. C’était oublier le rôle de plus en plus prépondérant des anciens du PRDS pour lesquel la bataille au sein de l’Appareil d’Etat était une continuation des luttes entre factions du temps d’avant le 3 août. Il fallait donc s’engager et ne pas se retenir. Ce qui fut fait. 

Résultat : engagement politique dont les nuances ne sont pas retenues, bénédiction par Ould Daddah, icône majeure de la politique locale, participation aux Etats généraux de la démocratie, amplification de la fracture avec les constituantes du FNDD… Les réserves du chef de file de l’opposition n’expliquent pas assez son attitude réelle. Entretemps la candidature du Général Mohamed Ould Abdel Aziz devient inévitable. La rupture est alors totale. «Le mouvement rectificatif» devient «un coup d’Etat dangereux». Ould Daddah rejoint le FNDD, poussé par les plus radicaux de son entourage. Nouvelles trahisons. Nouveaux retournements. 

RFD et FNDD, même combat. Cela va vouloir dire que, comme le FNDD, le RFD considère les prisonniers dans l’affaire Air Mauritanie des prisonniers politiques et va exiger donc leur libération. Alors que c’est une bataille qui est loin d’être la sienne. Deuxième écueil : le retour de Sidi Ould Cheikh Abdallahi devient un élément de solution. Absence de plus en plus de nuances dans les positions du RFD et du FNDD. Au moment où toutes les figures mises en avant dans le combat du FNDD ont fait beaucoup de torts au RFD et à Ould Daddah en personne. Entre ceux qui ont servi Ould Taya, Ould Mohamed Val, Ould Abdel Aziz et Ould Cheikh Abdallahi pour détruire l’image de celui qui allait devenir le leader de l’opposition, lui mettre les bâtons dans les roues, l’empêcher finalement d’accéder au pouvoir. Leurs raisons sont toujours là. 

 

Ne pas rester à la traine 

 

Il n’est pas faux de dire que seul Ould Daddah aspire réellement et peut légitimement avoir cette ambition de diriger le pays (vu le résultat obtenu en 2007). Les résultats de 2009 remettent cette affirmation en cause. Arrivé troisième derrière Ould Abdel Aziz et surtout Messaoud Ould Boulkheir (18%), Ould Daddah ne peut se permettre de reconnaitre les résultats d’un tel scrutin. Comme il ne peut s’engager dans un processus prenant en compte ces résultats. L’exigence de référence à l’Accord de Dakar trouve ici tout son sens. Parce que cet Accord a été signé entre «les trois pôles politiques mauritaniens» : le pôle Ould Abdel Aziz, le pôle du RFD et celui du FNDD (APP, UFP, Tawaçoul, Adil…). Elle reconnaît au RFD et à son leader un statut d’acteur majeur. Ce qui reste vrai dans la mesure où Ahmed Ould Daddah est encore le chef de file de l’opposition démocratique parce qu’il dirige le parti le mieux représenté à l’Assemblée nationale. 

Le problème de renouvellement des structures de l’institution de l’opposition est toujours posé. En effet depuis la réforme de la loi la régissant, le bureau de l’institution n’a jamais été mis en place. Alors que c’est le bureau qui est l’interlocuteur de l’autorité et non la seule personne du chef de file. Qui, au sein de la COD, ne veut pas la mise en place du bureau de l’institution de l’Opposition ? Cherche-t-on à substituer la COD – dont la direction est tournante – à l’Institution qui ne peut être présidée que par celui dont le parti a le plus de députés ? Est-ce là une manière de refuser de s’inscrire dans la constitutionnalité et continuer ainsi à récuser les résultats d’une élection entérinée par le Conseil constitutionnel ? 

Comprendre pourquoi les partis d’opposition évitent de mettre en place l’institution est l’une des clés de compréhension de la situation actuelle. La deuxième clé est la différence d’approches chez les acteurs. 

Entre ceux de l’UFP qui ont toujours prôné le dialogue – y compris avec Ould Taya avec lequel ils ont opté pour «un compromis historique» – et ceux qui ont marchandé pour participer au premier gouvernement de l’ère Ould Cheikh Abdallahi, en passant par ceux qui n’ont d’autres soucis que d’avoir une part du gâteau, les approches sont multiples. Et nécessairement concurrentes. Au pire contradictoires. 

Les approches de l’un (Ould Daddah) et des autres – même si l’on fait fi des trahisons probables – ne sont forcément pas les mêmes. Chez Ould Daddah, le comportement politique est dicté par la recherche des voies et moyens d’accéder au pouvoir pour l’exercer directement. Chez les autres, c’est plutôt l’influence d’un pouvoir par le soutien d’un clan ou d’un autre. Le système des vases communiquant dans lequel les non aguerris se perdent facilement. 

Pour la plupart des observateurs, le mariage de saison que constitue l’actuel attelage de la COD n’est pas fait pour durer. Les principaux acteurs le savent. Les leaders cherchent chacun une sortie. 

Dans cette atmosphère, la seule porte ouverte devant pour Ould Daddah est l’opposition pure et dure. Reste à savoir comment va-t-il la prendre et surtout avec quels atouts ? 

 

MFO

Source : La Tribune n°506




Interview :

21062010

Mon soutien au Président MOHAMED OULD ABDEL AZIZ ne peut souffrir d’aucune confusion», dixit Hammoud Ould Ely 

 

Ancien ministre, ancien Ambassadeur de Mauritanie dans plusieurs pays, Hammoud Ould Ely a choisi de garder le silence toute cette période. «Le Duc» – c’est comme ça qu’on l’appelle, allusion à son origine aristocratique – juge la période et répond à ses amis. 

 

 

 

Question : Vous acceptez de rompre le silence, pourquoi ? 

Hammoud Ould Ely : J’ai rompu le silence aujourd’hui, à la veille du voyage du Président de la République au Hodh. Parce qu’il me plait de rappeler que cette région du pays qui a soutenu fortement le Président Aziz, est bien sensible aux dernières décisions du gouvernement visant la création prochaine d’une société de commercialisation du bétail à Nema ainsi qu’un grand projet d’usine de lait. 

Outre l’intérêt économique incontestable que suscitent ces deux projets, leurs effets sur nos braves éleveurs et sur la main d’œuvre régionale seront d’une portée certaine. 

Aussi, le projet de Mahmouda qui va être déterré a cette occasion, la pose de la première pierre du département de NBEYKE, ainsi que des axes bitumes de la capital régionale,   constituent a mon sens un motif supplémentaire pour le  soutient du président Aziz. 

J’espère que l’avènement du nouveau département du D’HAR entrainera une révision  du statut administratif de Bousteila et celui d’Aweynat Zbel pour justifier la création de la nouvelle région  de Timbedra. 

Ainsi la décentralisation administrative en faveur des populations pauvres et le souci sécuritaire du gouvernement connaitront sans nul doute un succès éclatant. 

 

Question : On vous reproche votre silence toute cette période de crise. Peut-on comprendre le pourquoi de ce silence ? 

Hammoud Ould Ely : Certains de mes amis politiques au sein de la majorité me reprochent en effet mon silence politique et mon absence aux diverses manifestations organisées par le parti au pouvoir. Je voudrai dans ce cadre apporter certaines précisions. 

Par nature, je donne toujours le temps au temps. Je dois  rappeler aussi que j’ai eu une bonne éducation de base, Dieu merci, qui me dicte chaque fois de ne pas trop m’introduire ou de ne pas chercher à intervenir abusivement dans toute occasion, fut-elle politique, au risque d’apparaitre dérangeant.   

Pourtant mon soutien au Président MOHAMED OULD ABDEL AZIZ ne peut souffrir d’aucune confusion même si je n’apparais pas souvent sur le petit écran dans certaines occasions pendant que d’autres, plus musclés que moi, se bousculent de toutes leurs forces  pour se faire voire. 

Je l’ai soutenu en effet non par hasard mais comme je le lui avais bien dit avant la campagne pour les raisons suivantes : D’abord j’ai remarqué durant la deuxième transition pour ne parler que de celle la, qu’il est allé très tôt vers la Mauritanie d’en bas lui parler pour la première fois le langage qu’elle aimait. 

Il s’en est suivi, très vite, la distribution des terres et des maisons aux populations démunies ainsi que l’eau, l’électricité et l’accès aux soins médicaux dans des conditions convenables. 

La lutte contre la gabegie, un autre volet non moins important était aussi un sujet mobilisateur pour moi. 

Quant à mon action sur le terrain politique à l’intérieur du pays les divers missionnaires ont déjà dit ce qu’ils avaient à dire en leur âme et conscience. J’ai toujours été constant dans ma ligne de conduite une fois définie. C’est comme ça que je veux être et c’est comme ca que je suis. 

 

Question : On ne peut s’empêcher de vous interpeller sur des questions nationales, vous le diplomate et le haut cadre. On parle beaucoup des accords de Dakar et de la réunion de Bruxelles. Que pensez-vous de ce qui se dit çà et là ? 

Hammoud Ould Ely : Les accords de Dakar ont été signés dans une effervescence politique très grande où chacune des parties voulait en finir de cette crise politique qui a fortement secoue le pays. Toujours est-il que ce qui importe maintenant c’est l’intérêt général, la stabilité du pays et l’unité nationale. 

Les élections qui se sont déroulées et auxquelles tout le monde a participé faisaient bien partie des clauses de Dakar et n’ont présenté aucune anomalie jusqu’à la proclamation des résultats. Un grand penseur a dit que la démocratie n’est bonne que quand on gagne. Il a peut-être raison mais les réalités sont têtues et il faut les prendre telles qu’elles sont. 

L’élection de Aziz au suffrage universel fait de lui désormais le Président de tous les mauritaniens, majorité et opposition confondues, c’est du moins ce que nous dictent les règles démocratiques élémentaires en vigueur dans tous les pays dont le Sénégal. 

Le dialogue que prône le Président de la République est aussi je le crois une préoccupation de Dakar et je m’étonne que l’opposition très soucieuse de l’intérêt national le refuse au moment où il devient nécessaire voire indispensable. 

En effet les négociations de Bruxelles vont se tenir bientôt et c’est pourquoi en attendant la future alternance, l’opposition doit permettre au pays de parler d’une seule voix avec la communauté internationale. Elle aura fait preuve de sa bonne foi pour l’intérêt national. 

 

Question : Quel bilan faites-vous de l’action du gouvernement actuel ? 

Hammoud Ould Ely : Il est très tôt à mon avis de juger un gouvernement qui n’a pas fait encore un an d’exercice et qui continue de persévérer dans son action malgré une conjoncture des plus difficiles. 

La campagne agricole qui vient d’être inaugurée le Président de la République augure d’une volonté politique certaine. C’est déjà le plus garant de la réussite pour le futur. 

 

Question : Vous avez été impliqués dans la campagne d’implantation de l’UPR, quel jugement faites-vous de l’action du parti ? 

Hammoud Ould Ely : L’union pour la république (UPR) va bientôt tenir les assises de son premier congrès. Il s’agit pour ce Parti d’un événement politique important surtout après une implantation exemplaire marquée par un afflux massif des populations adhérentes. 

Il s’agit aussi d’une occasion qui permettra au Parti de constituer toutes ces instances régulières. Il réfléchira sans doute sur les critères objectifs qui constitueront la base de ses  prochaines investitures ainsi que  pour le choix de ses futurs responsables. 

Parmi ces critères il importe de prendre désormais en considération le niveau intellectuel, l’âge et l’expérience politique pour éviter les écueils du passe. Ce congrès sera un congrès constitutif pour le parti UPR, donc un congrès historique.

Source : La Tribune n°506




Faits divers de la Tribune

21062010

Carrefour des cimetières: Un vieux vendeur de cartes dépouillé 

Riad a renoué avec une série d’attaques et de vols à main armée. Quelques nuits seulement après le cambriolage de la maison d’un homme d’affaires où une importante somme a été emportée par les cambrioleurs qui sont activement  recherchés par
la BRB a-t-on appris de source policière. C’est au tour d’un vieux vendeur de cartes de recharge et  d’abonnements de subir la loi des malfrats dans la nuit du vendredi dernier aux environs de 22 heures passées alors qu’il vient de descendre d’un taxi en provenance de Nokhta Sakhina. Un montant de quatre vingt douze mille ouguiya, un paquet de 80 cartes de recharge toutes confondues et plus de 73 abonnements de toutes sortes ont été emportés par la bande de trois jeunes armés de couteaux, qui ont pris la poudre d’escampette après avoir commis leur forfait en direction de Dar El Baidha a indiqué Mohamed El Hadi, la victime. « Mes agresseurs me suivaient depuis le marché de téléphonie mobile » précise Mohamed El Hadi. Quand nous l’avions visité le vieil homme était encore sous le choc. »C’est la responsabilité de nos forces de sécurité qui attrapent les malfrats notoires et les libèrent sans les sanctionner »a-t-il indiqué. Il a porté plainte et il a l’espoir de retrouver son bien et de voir ses agresseurs punis sévèrement selon ses propos. 

 

Riad: Une discussion qui a mal tourné 

« Punir » son ami d’enfance en lui plantant un poignard dans le dos est la riposte de Y.O.Bah Seiga, qui lorsque sa copine lui a été retirée par un membre du groupe CRIS CROS. Il accuse M.O.D d’être derrière cette affaire. Mais ce dernier, selon ses dires qu’il n’est rien dans tout ce qui s’est passé. Sa « vengeance » risque de lui coûter cher puisqu’il est activement recherché par les limiers du Commissariat de police de Riad I. En plus, le grand frère de sa victime  a clamé haut et fort que « leur sang versé à tort ne part pas comme si rien n’était ». Selon les témoignages de leurs amis, ils s’étaient échangés des propos il y a de cela quelques temps et la page a été vite tournée. Dans la nuit du mercredi dernier, ils se sont croisés à la hauteur du rond point Bamako, et au moment de le dépasser, Y.O.Bah Seiga n’hésite pas de poignarder M.O.D dans le dos, au coté gauche pour l’abandonner sous la douleur dans une flaque de sang. Alertés ses parents se rendent sur le lieu et l’amènent au Commissariat de police. Un policier les accompagne au Commissariat Central où se trouve l’officier de permanence qui lui délivre une réquisition et l’amènent au CHN où il a reçu des soins intenses. D’ailleurs il a fallu une intervention chirurgicale. A en croire que Y.O.Bah Seiga est toujours en cavale après son crime. Il est d’ailleurs le jeune frère du grand caïd  Ould Bah Seiga qui a été tué par Bâ Hameth dans les environs  du 4e robinet à El Mina le 12 janvier dernier vers 10 heures, à la suite d’un partage de butin. En plus Y.O.Bah Seiga avait poignardé il y a de cela quelques semaines un autre jeune et le différend a été résolu à l’amiable. Selon les missions de bons offices, cette fois-ci l’affaire est très tendue. Non seulement qu’elle est entre deux amis, ni deux familles mais entre deux tribus! 

 

Sebkha: Pour une affaire de télé, elle perd ses dents 

Samba O. Y, un fan du ballon rond, mécano de profession avait tôt quitté ce vendredi son garage pour suivre aisément dans son salon, le match d’ouverture de
la Coupe du Monde  qui opposait l’Afrique du Sud et le Mexique. Mais, comme sa bien aimée Néné .M. H et sa fille l’avaient devancé devant le petit écran pour suivre une « pièce théâtrale de Sanekh »  tant bien aimé. Il a voulu que le canal soit changé afin de lui permettre de suivre la rencontre. Face au refus catégorique de son épouse, il la bat à tel point qu’elle a perdu ses deux dents (des incisives). Transportée d’urgence par son frère et sa sœur à l’hôpital où elle a été admise. Après ses soins, un certificat médical attestant une incapacité de travail pour une durée de deux semaines lui a été délivrée. Dans la tourmente, Samba ne sait plus quoi faire et surtout que Néné a juré de porter son cas devant la loi et de bouder définitivement le domicile conjugal quelque soit les conséquences. Quel malheur? Le match a été manqué, Néné ayant perdu ses belles dents et décide de quitter. Le dimanche prochain, Samba sera édifiée sur son sort.

Source : La Tribune n°505 




Actu/régions

21062010

Aioun : les bouchers ont jeté leurs couteaux 

La semaine dernière, le marché d’Aioun était trop dur pour les friands de viande de bœuf ou de chameau Les femmes partent au marché et rentrent bredouilles. Pas de viande de bœuf et de chameau dans le marché. Surtout  pour les pauvres qui n’ont pas les moyens de payer la viande de mouton qui n’est pas à leur portée.  Un kilo de viande de mouton coûte 1000 Um et celui du boeuf et celui du chameau coûtent 800 Um. Se procurer  un quart de kilo à 200 Um, pour avoir au moins le goût et l’odeur de viande leur semble un peu supportable malgré leur faiblesse de pouvoir d’achat.

Le motif  de l’absence du produit au marché ? « Les bêtes coûtent extrêmement cher, le service de la santé animale n’accepte pas qu’on égorge des bêtes maigres et les autorités administratives à leur tour refusent  qu’on majore les prix. En plus nous ne pouvons pas obliger les ravitailleurs de vendre leurs biens à des prix raisonnables. Et alors que faut-il faire. Donc notre seul moyen de lutte s’est de ranger nos couteaux et renoncer à  notre métier de boucher ».

Aux yeux de la population, ceci n’est qu’une tactique pour augmenter une seconde fois les prix, parce que dans les mois derniers le kilo de viande n’était que 700 Um. « Ce n’est pas raisonnable dans cette wilaya qui dispose une deuxième région pastorale  que la viande soit si chère. On devait en aucun pas vendre un kilo au delà de 500 Um ». Proteste un usager du marché.

‘’Il  n’est pas normal que les bouchers fassent leur miel sur les dos des pauvres citoyens qui font face encore à la cherté des  produits de première nécessité importés » A lancé  une passante.

Samedi quelques bouchers ont cédé et repris service avec le même prix.  

AS cp Hodh El Gharbi 

 

 

Lycée d’Aioun : La remise des prix 

Ce jeudi 10 juin, la salle des professeurs du Lycée d’Aioun a abrité une cérémonie de  remise  des prix aux meilleurs élèves et au meilleur professeur pour l’année scolaire. Ont participé a cette cérémonie, le wali, le Hakem, le commissaire de police,le commandant de la brigade de gendarmerie,le DREN,les professeurs des,le président de

la Coordination Régionale de l’Association des Parents d’Elèves et autres.

Dans son allocution, Mohamed Mahmoud Ould Mohamed Lemine, le directeur de l’établissement a fait un rappel historique du Lycée. Il a affirmé que le lycée d’Aioun c’est un établissement historique créé en 1958 qui accueillait 5 régions de
la Mauritanie  et 25 directeurs ont dirigé cet établissement. Avant de procéder à la remise le directeur a remercié l’ensemble de son personnel de l’assuétude et de  l’effort  consentis.

Ainsi des  prix ont été attribués aux  5 meilleurs élèves dont trois filles et le prix de professeurs est revenu à un professeur de physique chimie.

Après la remise des prix les invités ont pris parole et chacun a remercié le directeur du lycée, le corps professoral et le personnel d’encadrement

As cp Hodh El Gharbi

Source : La Tribune n°505 




Nouadhibou

21062010

Mission médicale espagnole

Du 11 au 20 juin courant, une mission médicale des Iles Canaries séjourne à Nouadhibou pour consulter et prodiguer des soins.

Composée de 17 spécialistes, la mission médicale pluridisciplinaire du rotary club Arucas des Iles canaries a entamé ce samedi des opérations de consultation et de soins. Notamment en, ophtalmologie, endocrinologie, stomatologie, pédiatrie, dermatologie, pneumologie, etc. Les équipes se sont reparties à travers les 04 centres municipaux de santé de la Moughataa. Mais les cas nécessitant des interventions sont traités au centre N1 de Nouadhibou qui dispose des équipements adéquats. Les centres de santé sont littéralement pris d’assaut par des patients et des accompagnateurs.  Cette mission fait suite à une invitation de la commune  et du rotary club de Nouadhibou. Pour le maire de Nouadhibou, M. Mohamed vadel Ould Aboubekrine, en plus de l’aspect médical, cette mission ‘ démontre que notre pays est une destination sûre contrairement à une rumeur répandue par des opposants en mal d’inspiration.  C’est la douzième fois  qu’une telle mission arrive à Nouadhibou. A ce jour elle a effectué 40.000 consultations et réalisé 1000 opérations des yeux.  Le tout gratuitement au grand bonheur des habitants de la wilaya.

Athié Youssouf CP.Nouadhibou 




Dialogue politique :

21062010

 

 Entre qui est qui ? 

 

Il a suffi que le Président Mohamed Ould Abdel Aziz se décide à recevoir Yahya Ould Ahmed Waghf, ancien Premier ministre de Sidi Ould Cheikh Abdallahi et président de Adil, et de le charger d’un message exprimant sa disponibilité à ouvrir le dialogue avec l’opposition, pour que la scène politique s’excite. Retour sur l’événement. 

 

Quand il sort de chez le Président, le premier réflexe de Ould Ahmed Waghf est de rendre compte à ses pairs, Ahmed Ould Daddah, Mohamed Ould Maouloud et Messaoud Ould Boulkheir. D’abord à Ould Daddah qui dirige présentement la Coordination de l’opposition démocratique (COD) à laquelle sont affiliés les partis UFD, RFD, APP, ADIL notamment. 

«Pourquoi s’adresse-t-il à vous précisément ?», aurait rétorqué Ould Daddah à Ould Ahmed Waghf. Le sous-entendu est clair pour celui-ci. N’empêche… 

Même séance de «transmission» chez Ould Maouloud, puis chez Ould Boulkheir. Ould Ahmed Waghf et Yahya Ould Sid’El Mostaph qui avait été reçu en même temps que lui, décident de rendre compte à la direction de leur parti, Adil. La séance est plus houleuse et plus directe qu’avec les leaders de la COD. Si ceux-ci se limitent aux allusions quant à la proximité de Adil du pouvoir, ceux de Adil demandent des explications. La majorité se dégage cependant pour le dialogue. Quelques-uns sont viscéralement opposés. Ils invoquent «les difficultés de Ould Abdel Aziz tant au plan intérieur qu’extérieur». Tantôt les risques d’échec de la table-ronde de Bruxelles, tantôt «l’appauvrissement des populations et les risques d’explosion en interne». 

Pendant ce temps, Ahmed Ould Daddah fait une déclaration qui a été largement reprise par les agences de presse dont l’ANI qui en cite le passage suivant : «La Coordination de l’opposition s’est réunie aujourd’hui (mardi dernier) au niveau des présidents. Ils ont entendu le compte-rendu de la rencontre qui a eu lieu entre l’un de ses membres et le pouvoir. Je rappelle à l’occasion que l’opposition a été la première à appeler à l’adoption du dialogue comme méthode politique démocratique. C’est elle aussi qui y a appelé constamment. Que c’est l’autorité officielle et particulièrement le général Mohamed Ould Abdel Aziz qui a refusé le dialogue et accusé l’opposition d’y chercher la satisfaction de desseins personnels ou partisans. Il a continué à le rejeter et a même renié les Accords de Dakar comme référentiel commun pour les pôles politiques mauritaniens. Je rappelle aussi que c’est l’opposition qui s’est toujours préoccupée de l’intérêt du pays et de sa stabilité, de la paix civile sur la base des valeurs démocratiques. Je dis que s’il y a là une volonté sincère de la part du pouvoir pour ouvrir un dialogue avec l’opposition et s’il ne s’agit pas d’une manœuvre saisonnière à la veille de telle ou telle réunion en vue des financements, les autorités doivent le déclarer publiquement et prendre à témoin l’opinion publique» 

Suffisant pour jeter le froid au sein de la COD. Ould Maouloud – le pompier de la Coordination, facilitateur en son sein – convainc Ahmed Ould Daddah de se rendre chez Ould Ahmed Waghf à Adil. C’est la dernière rencontre de jeudi qui a permis de «faire le point» sur les appréhensions des uns et des autres vis-à-vis des uns et des autres. 

Ceux de Adil reprochent à Ould Daddah et à ses soutiens de faire comme s’ils n’existaient pas. Et s’ils arrivaient d’en parler, c’est toujours en termes de mépris et d’accusations. Pour eux, il s’agit là d’un rassemblement de «parvenus» incapables de concevoir la politique autrement qu’à l’ombre du pouvoir. 

Ceux de Adil pensent que l’opposition au coup d’Etat a été de leur fait à eux. «Le RFD ayant choisi de soutenir et de justifier le renversement du régime démocratique, il n’a rejoint les troupes opposantes que beaucoup plus tard». 

Quoi qu’il en soit, la question du dialogue divise l’opposition. D’une part les irréductibles qui croient que le pouvoir de Ould Abdel Aziz est au bord de l’effondrement. De l’autre ceux qui veulent pousser vers un rapprochement avec le pouvoir. Plusieurs nuances caractérisent chacun des groupes. 

Alors ? Les ennemis du dialogue, ceux qui tirent profit de la situation actuelle, feront tout pour dynamiter le processus. Ses promoteurs seront-ils assez vigilants pour aller jusqu’au bout ? 

MFO

Source : La Tribune n°505 







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