Politique :

11 05 2010

 

 Faites vos jeux, rien ne va plus ! 

 

Vendredi dernier, le jour choisi par
la Coordination de l’opposition démocratique (COD) pour lancer un séminaire de sensibilisation sur la stratégie à mettre en œuvre pour «faire partir le régime de Mohamed Ould Abdel Aziz». Pas «renverser», seulement «faire partir»… C’est que les mots comptent ici. Surtout depuis la dernière sortie de Messaoud Ould Boulkheir comme président de
la COD quand il avait appelé au renversement du pouvoir. Il a été fait immédiatement un lien entre les mots de ce meeting et ceux qu’il avait prononcé moins d’une semaine avant. Quand il disait : «je ne verserai pas une larme s’il y a un coup d’Etat contre Ould Abdel Aziz». Terrible, venant d’un président de l’Assemblée nationale qui plus est un leader du front national pour la défense de la démocratie (FNDD) qui a tenu tête au coup d’Etat d’août 2008. 

Depuis ce fameux meeting où Ould Boulkheir a dit qu’il ne demandait plus le dialogue et où il a appelé au renversement de Ould Abdel Aziz, l’opposition cherche à s’expliquer. Et peut-être à se repositionner… La rencontre de vendredi aurait dû être une occasion… 

 

«Opposition traditionnelle» vs «Opposition nouvelle» 

 

Officiellement, la rencontre de vendredi est le point de départ d’une série de séminaires régionaux pour « sortir le pays de l’impasse », selon son président Ahmed Ould Daddah cité par une dépêche de l’AFP. « Nous allons œuvrer pour aboutir à une lecture commune de la situation afin d’adopter une politique concertée, resserrer nos rangs et entamer une action solidaire pour sortir le pays de l’impasse dans laquelle il se débat », a précisé Ould Daddah qui a la présidence de
la COD.
Selon Idoumou Ould Mohamed Lemine (ADIL), la rencontre qui s’est achevée tard dans la nuit « a examiné toutes les hypothèses démocratiques pour faire partir le pouvoir (du président Mohamed Ould Abdel Aziz) qui constitue un danger réel pour le pays ». 

Mais la réunion n’a pas été facile. D’abord l’absence de certaines figures dont principalement Mohamed Ould Maouloud, président de l’UFP. La coordination n’aurait pas fonctionné en aval, son président préférant préparer la démarche sans concertation. Rumeurs. 

Elle n’a pas été facile parce que le document de base n’a pas fait l’unanimité. Rien que l’option «active» – pour ne pas dire violente – est refusée par une partie des composantes de la coordination. Notamment Adil qui trouve qu’il y a lieu de revoir la démarche politique pour l’adapter au moment. 

On pense ici que le moment est venu de rompre avec la logique de la confrontation avec le régime pour ouvrir la voie au dialogue, au moins à l’apaisement dans les rapports. C’est le premier couac entre l’opposition «traditionnelle» – pour désigner les partis de l’opposition au régime Ould Taya – et la «nouvelle opposition» – pour désigner ceux qui l’ont rejoint soit en personnalités indépendantes soit en formation comme ADIL. Cette distinction entre les deux groupes a été systématique dans le document de travail et pendant les discussions. Ce qui n’a pas plu à ceux de ADIL qui y ont vu une suspicion malvenue. 

«Nous avons choisi l’opposition en connaissance de cause, après avoir fait le constat que le pays demande une nouvelle vision politique, loin des violences verbales et des perspectives à terme court». Les partenaires politiques ne semblent pas y croire. 

 

Refaire ses rangs 

 

Chacun des pôles de l’opposition a ses problèmes. Chacun est appelé à faire le ménage dans ses rangs. 

Au niveau de
la COD, le passage à la relance à l’Institution de l’Opposition démocratique prend du temps. Comment faire ? Quand on sait que le dialogue commence par là. Pourtant l’APP avait donné son accord, mais comment faire pour désigner le secrétaire général de l’institution, dans la mesure où Sarr Ibrahima doit céder sa place ? Le défi pour l’opposition se situe là. Le jour où les instances seront renouvelées, la loi oblige le Président Mohamed Ould Abdel Aziz à recevoir le chef de file de l’opposition démocratique. S’il refuse, il aura enfreint les lois. Ce qui donnera à l’opposition, un argument supplémentaire. 

Au niveau de ADIL, la fusion avec les partis de Louleid Ould Wedad et Mohamed Yehdhih Ould Mokhtar Hacen entraine quelques secousses. Ould Mokhtar Hacen ne veut pas de Ould Ahmed Waghf comme chef du parti, ADIL nouvelle formule. Alors que celui-ci bénéficie de l’appui de ses pairs. 

Yahya Ould Ahmed Waghf, ancien PM de Ould Cheikh Abdallahi et président de ADIL devra faire face au dossier du «riz avarié». Il a été convoqué par la justice qui a décidé de rouvrir le dossier que l’on croyait définitivement fermé comme celui d’Air Mauritanie. Il est convoqué pour jeudi prochain. L’on craint que ce ne soit pour l’emprisonner à la veille du weekend.

Source : La Tribune n°500 

 


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