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11052010

Les Echos Par Mohamed Fouad Barrada  

Le droit à l’info ? 

L’accès à l’information, tel est le nouveau créneau de la World Banque à travers ses différentes antennes de par le monde en l’occurrence celle de Nouakchott -Mauritanie. Les documents, les rapports de la Banque Mondiale seront dès juillet prochain accessibles via internet au public notamment la société civile, les journalistes et les chercheurs. Il est question de rendre libre d’accès  à plus de 2 000 statistiques sur les finances, le commerce, la santé, l’économique et le développement. L’ensemble de ces informations seront disponibles sur le site : donnees.banquemondiale.org. En fait, « 330 indicateurs sont d’ores et déjà accessibles en libre accès en français, espagnol et en arabe » (NDLR DE LA BM).  

 Le soubassement de cette démarche est manifeste par un souci de transparence et de lutte contre la corruption. Toutefois, il y a une liste restreinte, laquelle le grand public n’a guère le droit de visualiser.  

« Exemples de documents qui seront désormais publiés 

À l’issue des délibérations du Conseil 

· Procès-verbaux des réunions des comités du Conseil 

· Résumé des réunions du Conseil et des réunions du Comité plénier 

· Résumés des débats 

· Rapports annuels des Comités du Conseil 

À d’autres étapes clés du processus 

· Décisions des réunions d’examen d’idées de projet et des réunions de décision (dans le cadre de l’élaboration de la version initiale et des mises à jour du Document d’information sur le projet). 

· Rapports sur l’état d’avancement et sur les résultats (ISR)  

· Décisions importantes à l’issue des missions de supervision et d’examen à mi-parcours du projet (les aide-mémoires de mission complets peuvent être publiés si la Banque et l’emprunteur y consentent.) 

· Examen de la performance des portefeuilles-pays. 

· Plan de consultation sur les Stratégies d’aide-pays (CAS).  

· Notes conceptuelles et plans de consultation pour les examens de politiques faisant l’objet de consultations externes. » (Sic). 

Pour un rappel, la Banque Mondiale finance une série de projets dans le pays. Ils sont soumis depuis deux ans à des critères d’évaluation et de suivi permettant d’attribuer des points à chaque projet par le biais d’un tableau de portefeuille spécifique.  

Le débat actuel de chez nous devrait, à mon avis, porter sur la ‘présentation’ d’une nouvelle loi en Mauritanie pouvant élargir les champs d’accès aux documents des administrations et le renforcement des outils technologiques indispensables pour un tel labeur. Ce qui sous -entend que le contrôle citoyen de l’action publique demeure un outil voire un mécanisme incontournable dans la mesure du possible. D’où des questionnements relevant de l’interprétation, quant à la liberté d’être informé et la préoccupation sécuritaire qui en découle. 

La réponse est tranchante. Les départements de l’Etat sont amenés, dans certaines circonstances, à rendre accessibles des informations fiables et nécessaires pour orienter les citoyens à distinguer le vrai d’avec le faux. 

Certes, il est clair que ceux qui détiennent l’information utile ou nuisible, détiennent en quelque sorte le pouvoir. Néanmoins, si l’information est instrumentalisée…  

Voici, par ailleurs, des ‘hypothèses’ qui ne font pas l’unanimité, loin s’en faut. 

-faut-il procéder à un redécoupage territorial administratif sur une base historique, démographique, ethnique ou sur une base purement socio-économique ? 

Selon toute vraisemblance, les structures étatiques sont dans l’obligation, comme le disait un observateur, de fournir des indicateurs par région et par localité. Ces indicateurs seront de grande utilité pour une gouvernance  économiquement correcte. A titre d’illustration, quel est le nombre des pauvres par zones géographiques en Mauritanie, s’interrogeait-il. 

m_barrada@yahoo.fr 

Source : La Tribune N° 500




Politique :

11052010

 

 Faites vos jeux, rien ne va plus ! 

 

Vendredi dernier, le jour choisi par
la Coordination de l’opposition démocratique (COD) pour lancer un séminaire de sensibilisation sur la stratégie à mettre en œuvre pour «faire partir le régime de Mohamed Ould Abdel Aziz». Pas «renverser», seulement «faire partir»… C’est que les mots comptent ici. Surtout depuis la dernière sortie de Messaoud Ould Boulkheir comme président de
la COD quand il avait appelé au renversement du pouvoir. Il a été fait immédiatement un lien entre les mots de ce meeting et ceux qu’il avait prononcé moins d’une semaine avant. Quand il disait : «je ne verserai pas une larme s’il y a un coup d’Etat contre Ould Abdel Aziz». Terrible, venant d’un président de l’Assemblée nationale qui plus est un leader du front national pour la défense de la démocratie (FNDD) qui a tenu tête au coup d’Etat d’août 2008. 

Depuis ce fameux meeting où Ould Boulkheir a dit qu’il ne demandait plus le dialogue et où il a appelé au renversement de Ould Abdel Aziz, l’opposition cherche à s’expliquer. Et peut-être à se repositionner… La rencontre de vendredi aurait dû être une occasion… 

 

«Opposition traditionnelle» vs «Opposition nouvelle» 

 

Officiellement, la rencontre de vendredi est le point de départ d’une série de séminaires régionaux pour « sortir le pays de l’impasse », selon son président Ahmed Ould Daddah cité par une dépêche de l’AFP. « Nous allons œuvrer pour aboutir à une lecture commune de la situation afin d’adopter une politique concertée, resserrer nos rangs et entamer une action solidaire pour sortir le pays de l’impasse dans laquelle il se débat », a précisé Ould Daddah qui a la présidence de
la COD.
Selon Idoumou Ould Mohamed Lemine (ADIL), la rencontre qui s’est achevée tard dans la nuit « a examiné toutes les hypothèses démocratiques pour faire partir le pouvoir (du président Mohamed Ould Abdel Aziz) qui constitue un danger réel pour le pays ». 

Mais la réunion n’a pas été facile. D’abord l’absence de certaines figures dont principalement Mohamed Ould Maouloud, président de l’UFP. La coordination n’aurait pas fonctionné en aval, son président préférant préparer la démarche sans concertation. Rumeurs. 

Elle n’a pas été facile parce que le document de base n’a pas fait l’unanimité. Rien que l’option «active» – pour ne pas dire violente – est refusée par une partie des composantes de la coordination. Notamment Adil qui trouve qu’il y a lieu de revoir la démarche politique pour l’adapter au moment. 

On pense ici que le moment est venu de rompre avec la logique de la confrontation avec le régime pour ouvrir la voie au dialogue, au moins à l’apaisement dans les rapports. C’est le premier couac entre l’opposition «traditionnelle» – pour désigner les partis de l’opposition au régime Ould Taya – et la «nouvelle opposition» – pour désigner ceux qui l’ont rejoint soit en personnalités indépendantes soit en formation comme ADIL. Cette distinction entre les deux groupes a été systématique dans le document de travail et pendant les discussions. Ce qui n’a pas plu à ceux de ADIL qui y ont vu une suspicion malvenue. 

«Nous avons choisi l’opposition en connaissance de cause, après avoir fait le constat que le pays demande une nouvelle vision politique, loin des violences verbales et des perspectives à terme court». Les partenaires politiques ne semblent pas y croire. 

 

Refaire ses rangs 

 

Chacun des pôles de l’opposition a ses problèmes. Chacun est appelé à faire le ménage dans ses rangs. 

Au niveau de
la COD, le passage à la relance à l’Institution de l’Opposition démocratique prend du temps. Comment faire ? Quand on sait que le dialogue commence par là. Pourtant l’APP avait donné son accord, mais comment faire pour désigner le secrétaire général de l’institution, dans la mesure où Sarr Ibrahima doit céder sa place ? Le défi pour l’opposition se situe là. Le jour où les instances seront renouvelées, la loi oblige le Président Mohamed Ould Abdel Aziz à recevoir le chef de file de l’opposition démocratique. S’il refuse, il aura enfreint les lois. Ce qui donnera à l’opposition, un argument supplémentaire. 

Au niveau de ADIL, la fusion avec les partis de Louleid Ould Wedad et Mohamed Yehdhih Ould Mokhtar Hacen entraine quelques secousses. Ould Mokhtar Hacen ne veut pas de Ould Ahmed Waghf comme chef du parti, ADIL nouvelle formule. Alors que celui-ci bénéficie de l’appui de ses pairs. 

Yahya Ould Ahmed Waghf, ancien PM de Ould Cheikh Abdallahi et président de ADIL devra faire face au dossier du «riz avarié». Il a été convoqué par la justice qui a décidé de rouvrir le dossier que l’on croyait définitivement fermé comme celui d’Air Mauritanie. Il est convoqué pour jeudi prochain. L’on craint que ce ne soit pour l’emprisonner à la veille du weekend.

Source : La Tribune n°500 

 




L’Edito de La Tribune Par Mohamed Fall O Oumère

11052010

Quand il prend la parole lors du diner organisé par le ministre de la communication, Mohamed Yehdhih Ould Breidelleil confirme : il s’agit bien là d’un intellectuel au sens moderne du terme. C’est-à-dire qu’il y a là l’épaisseur culturelle et encyclopédique, l’intelligence critique et la maîtrise de la synthèse. En quelques mots, Ould Breidelleil nous rappelle là où se situe le débat : la bataille entre l’ancien et le moderne. 

La démocratie n’est qu’un pan de cette modernité qui a eu quelques vecteurs dont essentiellement une école laïque et obligatoire, des enseignants libérés et une presse dynamique et libérale. C’est à peu près ce qu’il a dit. 

La Mauritanie a, tant que ce débat était posé en ces termes, quelque peu avancé. Aux premières heures de l’indépendance, ce fut le face à face entre la vieille garde aristocratique refusant l’indépendance et ne croyant pas à la viabilité d’un pays, et celle des jeunes cadres pour la plupart formés dans les écoles coloniales et qui croyaient que l’aventure était jouable, et même prometteuse. 

Puis il y a eu la confrontation entre une élite devenue rapidement une «nomenklatura» du parti unique, et une jeunesse de plus en plus ouverte sur le monde et de plus en plus avide de liberté et d’égalité. 

Chacune des étapes s’est traduite par une série d’avancées dont la plus importante est sans doute l’accession à l’indépendance, le choix de la capitale, de l’hymne, du drapeau… le lancement du projet Mauritanie. Avec ses fondations premières. 

Puis vint l’ère des grandes réformes qui devait consacrer l’indépendance réelle ou complète du pays. Indépendance politique avec la révision des accords militaires avec la France et la prise en charge de soi de plus en plus évidente. Indépendance économique avec la nationalisation et la reprise en main des richesses nationales. Indépendance culturelle avec l’arabisation progressive et la revalorisation du patrimoine national dans toute sa diversité. 

La guerre du Sahara aura pour conséquence l’arrivée des militaires au pouvoir en juillet 1978. La catastrophe pour le pays. Le reflux à tous les niveaux. Trente ans de tergiversations, de navigation à vue, d’approximations et de mal gouvernance. Assez pour mettre le pays à genoux… et pour justifier instabilité et dysfonctionnements. 

La problématique de la modernité est restée entièrement posée. Surtout que la ruralité a fini par rattraper l’élite du pays. 

Sur le plan politique, le retour à la tribu, à l’ethnie et à la région comme référentiels d’action et d’organisation, a accentué le reflux des regroupements politiques, d’abord les groupuscules ensuite les partis. Favorisant du coup l’atomisation de la société déjà fragilisée par les agressions multiples (sécheresse, aliénation, détérioration des termes de l’échange…). 

Sur le plan économique, la déstructuration du tissu économique traditionnel a donné naissance à un système informel hybride et bâtard. Les cultures traditionnelles ont cédé la place à d’autres, plus coûteuses et fatalement moins rentables (le riz à la place du mil, le blé à la place du sorgho…). Malversations, corruption, visions erronées, accords catastrophiques pour le pays, libéralisation chaotique… un système de production qui se limite à «l’économie de cueillette» avec l’exploitation irrationnelle des ressources. 

Sur le plan social, les fractures sont énormes. Valeurs et structures anciennes survivent dans le pire de leurs aspects : société inégalitaire, système de domination perpétué par une classe dominante de plus en plus réduite et de moins en moins «éclairée», couches défavorisées de plus en plus pauvres et ignorantes… Politisation extrême des rapports sociaux et instrumentalisation des appareils institutionnels pour arriver à des fins sectaires parfois égoïstes.   

Par où commencer ? L’héritage est si lourd. L’urgence est si nécessaire. 

C’est par l’école qu’il faut commencer. L’école doit devenir le moule de formation des générations futures. Réhabiliter l’enseignement. Dans sa forme et dans son contenu. Réhabiliter les savoirs. Par la promotion du mérite et de la compétence. 

Réhabiliter l’enseignement de la philosophie dans les lycées, revaloriser l’enseignement des matières techniques et scientifiques dès le primaire, introduire un service national à la fin du cycle universitaire… 

Dans l’édition du 12 au 19 décembre 2004 de La Tribune, numéro 237, j’écrivais en guise d’introduction à un dossier intitulé : «12/12/1984-12/12/2004 : Qu’avons-nous fait de ces vingt années ?» : 

«20 ans cette semaine que Moawiya Ould Sid’Ahmed Taya est au pouvoir. Nous avons délibérément choisi d’éviter deux choses tentantes en pareille circonstance : faire une chronologie des événements et juger sans appel cette époque. 

Par contre, nous croyons qu’il convient de retracer le parcours depuis 1984 de l’homme qui a fini par être le seul maître à bord. Ensuite de camper les choix qui continuent de peser et qui pèseront à notre avis sur l’avenir de la Mauritanie. Enfin de fixer les pires et les meilleurs moments de ce long règne. 

Dans ce mot d’introduction, nous nous contenterons de caractériser l’époque en la faisant éclater. En remarquant cependant que «l’esprit 12/12» n’a finalement pas existé. Il y a eu «l’esprit PPM», caractérisé par une approche alliant l’ambition d’instaurer un centralisme étatique, de créer une administration de développement et l’obligation de composer avec les forces traditionnelles (1961-1978). Puis «l’esprit 10 juillet» qui fut un mélange de revanche d’une Mauritanie réfractaire au centralisme, de retour à l’ordre Hassane, de conquête par la Mauritanie profonde, de refus de la guerre du Sahara, d’un rééquilibrage au profit de régions s’estimant lésées jusque-là (1978-1980)… Et enfin «l’esprit des SEM» qui s’exprimait à travers le Volontariat national et qui n’est qu’une mauvaise copie de l’embrigadement nord-coréen (1980-1984). Mais pour le 12/12 il n’y a pas vraiment eu d’esprit ou d’idéologie dominante. Ould Taya a gouverné selon les besoins du moment, s’alliant avec telle force pour frapper telle autre. Nous aboutissons à cette pâle image d’un Atatürk qui n’a pas eu les moyens de ses ambitions parfois mal exprimées : un modernisme débridé, une révolution sociale avortée, un libéralisme compromis, un nationalisme chauvin, un traditionalisme superficiel, un islamisme sectaire, une ouverture fausse…»

Source : La Tribune n°500




Souvenir… ; souvenir

11052010

Ceci est un article publié au lendemain du vote de la loi criminalisant les pratiques esclavagistes en Mauritanie. Vote effectué dans une assemblée qui donnait à l’époque l’air d’être la plus démocratique de l’histoire de
la Mauritanie…

 

 

‘Une esclave est la première à donner sa vie pour l’Islam !’

 

 

« Je suis fier, monsieur le Président, d’être député dans une assemblée présidée par vous. » Ces paroles de Me Sidi Mohamed Ould Maham, député d’Atar, expriment à elles seules la dynamique du changement dans laquelle se trouve
la Mauritanie. Le président de la commission justice, intérieur et défense de l’assemblée nationale, qui avait eu à examiner, plusieurs semaines durant, la loi sur l’esclavage, s’adressait à Messaoud Ould Boulkheir, président de l’Assemblée nationale.

 

 

Le leader harratine et militant des tous premiers débuts du mouvement El horr a été élu à la tête de la chambre basse du parlement mauritanien après avoir contribué avec son parti l’APP à faire peser la balance en faveur de Sidi Ould Cheikh Abdallahi au second tour de la présidentielle de mars 2007.

 

 

C’est toute une histoire qui se réécrit. On est loin de l’époque où, député de Action pour le Changement, Messaoud Ould Boulkheir, avec Sarr Ibrahima, son ancien camarade de lutte, tenait tête à un Premier ministre à l’Assemblée nationale de l’ère Ould Taya. Au point que son parti en fut interdit.

 

Autre temps…

 

 

On est mercredi 8 août 2007. 21 heures. A quelques minutes de l’adoption à l’unanimité de la loi incriminant et réprimant les pratiques esclavagistes en Mauritanie. Il a fallu deux jours de débats en plénière pour faire le tour du sujet. Non parce qu’un malentendu se profilait mais plutôt parce que plusieurs dizaines d’élus tenaient à s’exprimer le plus positivement sur une question assez sensible qui avait buté par le passé, et dans la même assemblée, sur l’incompréhension et à la réticence du gouvernement et de ses alliés parmi les parlementaires. Pour l’histoire, il y a lieu de rappeler, comme l’a fait Sy Samba, député UFP de Boghé, que dans la même salle de l’assemblée nationale, il s’est trouvé des députés qui, durant le mandat précédent, celle de l’ère Taya, avaient soutenu opiniâtrement qu’il n’y avait pas d’esclavagisme en Mauritanie.

 

Sang d’esclave pour l’Islam

 

 

« La première personne à avoir perdu la vie pour cette religion est une esclave, monsieur le président. » A dit encore Ould Maham. Ce jeune avocat a puisé dans l’histoire pour rappeler que Soumayya, appartenant à la famille de Yassir était la première à mourir sous la torture pour avoir embrassé l’islam. On sait par ailleurs qu’il s’agit de la famille à laquelle le prophète (PSL) a recommandé la patience, lui garantissant que ses membres se retrouveront au paradis.  

L’Islam ne peut donc fonder l’esclavagisme, plaide Ould Maham. A l’actif des députés, le rappel d’un épisode de la vie de Bilal l’Abyssin qui avait été traité de fils d’esclave (ou de fils de noire, selon une autre version) par un des compagnons du prophète, en la personne de Abou Zharr? L’envoyé d’Allah s’étant indigné, ce compagnon s’était mis à terre pour demander à Bilal de mettre son pied sur sa joue. Ce qui bien sûr n’a pas été fait!  

 

Les députés ont par ailleurs loué l’effort des mouvements dont c’est la lutte qui, selon eux, est à l’origine du couronnement du combat pour la liberté. Ainsi, d’aucuns ont rendu hommage aux mouvements El Horr, Kadihine, entre autres combattants pour l’égalité. Tout comme certains ont salué le courage de Boubacar Ould Messaoud de SOS esclave et de Jemal Ould Yessa « dont les ancêtres sont des maîtres » mais « qui a résisté pour que soit éradiquée l’esclavage. » (Dixit un député). 

 

L’argument le plus dégainé par les députés est donc resté l’islam. Même si comme Jemil Mansour certains ont voulu noter qu’il y a deux écoles qui conçoivent différemment la question de l’esclavagisme, la balance a beaucoup plus pesé du côté des défenseurs de l’idée d’un islam antiesclavagiste : « Quand est-ce que vous avez réduit les hommes en esclavage alors qu’il ont été enfantés libres par leurs mères », a-t-on martelé pour rappeler les propos de Oumar Ould Khatab, le khalife.

 

 

Esprit des lois

 

 

 

Côté amendements on retiendra que le premier intervenant à la plénière, Khalil Ould Tayyib de l’APP a proposé que l’on apporte une modification lexicale au titre de la loi avant son adoption. Du moins dans sa version arabe.

 

La commission justice, intérieur et défense de l’assemblée a apporté des amendements sur neuf des seize articles du projet. Selon le président de la commission, Me Sidi Mohamed Ould Maham, il s’agit de relever la peine qui sanctionne le crime d’enlèvement d’enfants en vue de les asservir. Le terme de crime a été enlevé de l’article 4 tandis que dans l’article 9 on a utilisé le terme de délit et l’on a ajouté la double dot pour celui qui consomme le mariage d’une esclave au lieu de la dot normale proposée dans le projet du gouvernement. Les organisations des droits de l’homme ont également le droit de solidarité en faveur des victimes et de prendre part aux enquêtes judiciaires. En plus de cette clause exigée par la commission, il y a l’exigence de juger les questions de cet ordre en référé ainsi que la garantie de l’assistance judiciaire gratuite au profit des victimes de préjudice. 

 

A l’article 10 de la loi il est stipulé après amendement que « l’auteur de la production culturelle ou artistique faisant l’apologie de l’esclavage est puni d’un emprisonnement de six mois à deux ans et d’une amende de cinquante mille ouguiyas à deux cents mille ouguiyas ou de l’une des deux peines. » Sans compter qu le produit sera confisqué et détruit et que l’amende sera port cinq millions d’ouguiyas s’il est réalisé ou diffusé par une personne morale. Autant dire que les traditions orales exposent toutes les communautés à la sanction, sachant que les répertoires de musique et de danse traditionnelles ont des contenus identifiants de la catégorie sociale. 

 

L’amendement de l’article 12, ouvre quant à lui la possibilité de faire punir tout représentant de l’administration, allant du wali à l’officier ou agent de police judiciaire qui ne donnent pas suite aux dénonciations de pratiques esclavagistes portées à leurs connaissance. La peine peut être de deux à cinq ans d’emprisonnement et de deux cent à cinq cent mille ouguiyas. 

 

Cette loi que d’aucuns ont retenue comme le couronnement d’une série de textes et de procédures depuis l’indépendance de
la Mauritanie doit être accompagnée selon la plupart des députés de mesures d’accompagnements efficaces. Censées dédommager une frange de la population longtemps victime. D’aucuns, à l’instar de Saleh Ould Hannana, ont préconisé le principe de discrimination positive. Donner un quota à « ces gens pour leur permettre de franchir des pas importants dans la distance qui les sépare des autres », ont recommandé certains députés. Excès de zèle ou solennité passionnelle du moment ? La pauvreté en Mauritanie ne connaît pas de différence entre esclaves et ‘nobles’. La richesse non lus.

 

 

La loi jette néanmoins des fondements juridiques clairs rompant avec un passé dont les traces ou les survivances ont toujours fait l’objet de controverses. Au moment où les militants de SOS-esclaves s’employaient à convaincre que l’esclavagisme est encore pratiqué en Mauritanie, les autorités parlaient de séquelles lorsqu’elles ne pouvaient plus esquiver la question. Vont-elles, en plus des mécanismes juridiques interdisant ou sanctionnant les pratiques de l’esclavage, consentir à mettre en place des projets économiques, sociaux et culturels pour tirer la frange qui souffre de l’esclavage et de ses séquelles vers une situation digne. Une grande majorité de harratines, descendants d’esclaves noirs de la communauté arabe de Mauritanie vivent les séquelles de l’esclavage.

 

Le président de l’assemblée nationale Messaoud Ould Boulkhier, leader harratine et opposant radical au système déchu de Ould Taya, avait au cours de la plénière du lundi 6 août eu un échange nerveux avec un député qui s’employait à soutenir que l’esclavage en Mauritanie était moins sévère que celui qui avait cours aux Etats-Unis ou en Afrique du Sud. « Toi tu n’es pas esclave. Moi j’en suis un qu’on bat et qu’on compare aux bêtes. » Propos qu’il acceptera de retirer, deux jours après, à la demande du député Abderrahmane Ould Mini.

 

Cette loi n’est pas faite pour vous monsieur le président. Vous ne devez pas retourner le mot contre vous. Vous êtes le président de l’assemblée nationale. Avait dit en substance l’auteur de la tentative de putsch du 8 juin 2003 et ancien prisonnier du régime d’Ould Taya. « Araani Saaheb Yiik il kelima ala khlaagak… » Lui avait répondu Ould Boulkheir. Autrement dit je retire mon propos pour te faire plaisir.

 

 

 

Kissima-Tocka

 

 

 


La Tribune N°632 du 14/08/07




Actu/Région

11052010

Du matériel contre la migration illégale


Un général mauritanien, un autre espagnol, un ambassadeur (celui du royaume d’Espagne) , plusieurs colonels de la gendarmerie nationale, des officiers supérieurs de
la Giardia Civil espagnol, des dizaines de véhicules, tout un bataillon de la gendarmerie et une escouade de policiers ibériques. Du lourd pour réceptionner deux véhicules de type Nissan, ll est vrai flambant neuf.
Le général Ndiaga Dieng, chef d’état major de la gendarmerie nationale était à Nouadhibou ce 08 mai pour réceptionner ce matériel destiné à renforcer la lutte contre la migration illégale, le terrorisme, les trafics et la criminalité organisée. C’est selon la terminologie officielle. Mais, on ne peut s’en douter, l’Espagne et l’Europe en général sont plus intéressés par la fermeture de leurs frontières – forteresses que par la sécurité de notre pays.
Les deux véhicules équipés de caméras et de jumelles à visée nocturne viennent en renfort au dispositif déployé par l’Europe pour se murer .En effet le dispositif FRONTEX a  ‘exigé de
la Mauritanie de faire du chiffre ‘ selon un membre d’une  organisation de défense  des droits de l’homme.
La chasse aux éventuels clandestins pourrait s’amplifier et l’on craint que de simples travailleurs ouest africains ne soient arrêtés et refoulés accusés de tenter de joindre les Canaries.
Le chef d’état major a lancé aussi le coup d’envoi de la cession de formation à la surveillance des côtes .Ce cours, initié par
la Guardia Civil, est destiné à la gendarmerie maritime.

Athié Youssouf
CP.Nouadhibou

 

L’UPR s’implante dans le Brakna!

L’UPR implante quelques unes de ses structures (Unités de base, sous-sections et sections).

Au début du mois de mai 2010, aux forceps dans
la Wilaya du Brakna. L’implantation s’est faite sur fonds de combines et d’alliances parfois contre-nature. Il faut signaler que certaines clauses de l’implantation ne sont pas été respectées dans la grande majorité des localités. La présence physique n’a pas été, les adhésions ont été faites sur la simple présentation des cartes d’identité. Il faut signaler que c’est au sud de
la Wilaya que la lutte politique a été plus fratricide. Il a fallu des pressions et des négociations parfois très longues et des coups de fil à partir de Nouakchott pour qu’un consensus puisse être obtenu.

Boghé la rebelle a été la dernière à être implantée car les militants de l’UPR se sont fait tirer les oreilles pour adhérer et particulièrement ceux de Boghé ville. C’est au petit matin de ce 4 mai 2010 qu’un consensus a été obtenu. Les délégués au congrès ont choisi à la tête de la section, un homme aux plusieurs bonnets (chef de village de Touldé, vice président du comité local du Croissant rouge, trésorier de la ligue de Basket-ball etc.) en la personne de Bâ Alassane Adama.

Il faut signaler que la majorité des Haratines ont boudé la réunion sous prétexte que les Halpulars ont brisé cet accord tacite qui existerait entre eux depuis l’ancien PRDS que la section leur revient de droit. Il faut noter que la plupart des délégués au congrès fédéral et national ont été raflés par les cadres de Nouakchott et la base s’est retrouvée avec des miettes (Kelly Oumar, cadre au MAED, Mohamed Hady Macina, SG MID, Wagne Abdoulaye Idrissa, ex-ministre, Bouyagui Touré, le jeune loup qui cherche une place au soleil).

 

En ce qui concerne Mbagne, l’implantation a été plus ou moins aisée pour cause, le retour du renard politique qui renaît de ses cendres, Bâ Bocar Soulé. Il faut rappeler que Bocar avait quitté le mouvement qui avait soutenu Mohamed O. Abdel Aziz lors des présidentielles pour un autre parti, à l’époque, il avait remporté haut la main la majorité de l’électorat. Après son retour à sa famille originelle et ramène ses troupes, l’ancien ministre Bocar a mis en marche son rouleau compresseur et a mis tous ses hommes au niveau de la grande majorité des unités de base, de la sous-section et à la section en la personne de l’instituteur à la retraite Diagne Ibrahima malgré le combat que l’actuel maire Sy Abdoulaye et ses amis ont opposé. En ce qui concerne le congrès, tous seront de la tendance de Bocar et une seule place a été octroyée d’une manière polie à l’actuel maire.

 

Pour ce qui est de l’implantation au niveau de Bababé, là les choses se sont corsées : deux camps se sont opposés : un dirigé par Wane Chouïbou soutenu par Bâ Abdoulaye (maire de Bababé) et Dieng Diombar, inspecteur général d’Etat) et l’autre camp dirigé par Ndiaye Oumar soutenu par le maire de la commune de Aéré Mbar. Après plusieurs discussions et tractations et avec l’appui des délégués de la commune d’El Vora que Wane Chouïbou a été hissé à la tête de la section.

 

Il faut reconnaître le courage, le tac et l’honnêteté dont a fait preuve le superviseur régional, Ould Alade lors de ces implantations.

On a constaté tous les cadres qui se réclament du parti et qui sont à Nouakchott sont redescendus dans leurs localités pour supplier la base de les choisir comme délégués au congrès. Certains militants se posent la question : qu’est-ce qui fait courir ces cadres pour être délégués au congrès. Un fait à noter que massivement la population a adhéré au parti pourvu que cette majorité se reflète demain dans les urnes.

 

Abou Boubou Fall 

Cp. Brakna 

Club de santé scolaire à Aioun 

Les locaux de
la DREN d’Aioun ont abrité une rencontre, ce samedi 08 mai 2010. L’objectif de la rencontre est la mise en place d’un club de santé scolaire à Aioun autrement dit Club d’éducation aux Droits de l’Homme, à
la Citoyenneté, à
la Prévention et à la gestion des conflits, de l’éducation en matière de Population, de Santé Scolaire et de Prévention du VIH/SIDA.  Ont participé à cette assise trois inspecteurs et missionnaires du ministère  l’enseignement secondaire et supérieur, le DREN, les directeurs des établissements secondaires d’Aioun, des professeurs et des élèves. Le club fixe comme objectif de sensibiliser les populations dans les domaines de la santé de la reproduction, des doits humains, de la citoyenneté, de la prévention et la gestion des conflits, de la prévention  des Infections Sexuellement Transmissibles et du VIH/SIDA, de l’émancipation de la femme, de l’excision, de la scolarité des filles, des problèmes d’environnement et des problèmes sociaux.

Après avoir expliqué le statut et le règlement intérieur, l’assemblé a passé par l’élection d’un bureau de12 membres dont les 2/3 et les postes clés (Coordinateur, secrétaire général, trésorier général) sont occupés par les élèves comme prévu par le statut.

La mise en en place de cette structure a suscité un grand enthousiasme de la part des élèves et des professeurs qui ont affirmé qu’ils ne ménageront aucun effort pour sa réussite

Il faut  noter que la création de ce club est l’initiative du Ministère épaulé par l’UNICEF. Pour la bonne marche d l’unité, Monsieur Abdallâh Ould Ahmedou, chef de mission a affirmé que le renforcement des capacités des membres du bureau sera organisé  dans un bref délai et aussi un appui logistique et financier est prévu. Après Aioun c’est le lycée de Tintane qui sera l’hôte de la mission. Une fois que les projets pilotes réussissent, d’autres établissements seront servis

AS cp Hodh El Gharbi.    

Source : La Tribune n°500




Le Président de la CUN se dit « frustré »

11052010

 

Le président de
la Communauté urbaine de Nouakchott, Ahmed Ould Hamza a tenu dimanche une conférence de presse pour exposer devant les journalistes le bilan annuel de son action ; occasion pour lui d’exprimer sa « frustration » devant une situation  caractérisé par « un recul de la décentralisation ». Selon Ould Hamza, la communauté urbaine n’arrive pas à exercer pleinement ses prérogatives à cause de l’ingérence de l’Etat dans les domaines qui auraient dû relever exclusivement de ses compétences. Et pour cause : « dans les ouvrages on voit marqué : maître d’ouvrage : Communauté urbaine de Nouakchott, Maître d’ouvrage délégué : ministère de l’équipement », déplore celui qui s’est présenté comme le premier citoyen de la ville du fait de son statut d’élu des populations. Pour Ahmed hamza,
la CUN devait s’occuper des brands projets en vertu des options de décentralisations et dans un objectif de développement. « Mais les prérogatives des maires ne sont pas effectives à cause des enjeux que cela comporte pour le pouvoir. »

Côté finance par exemple, Ould Hamza indique que sur un budget global de 300 milliards d’ouguiyas seul 2 milliards sont consentis pour les 216 communes que compte

la Mauritanie. Du coup, il y a impossibilité pour les mairies de réaliser quelque ouvrage que ce soit.

Comme argument, il rappelle qu’avec 16 millions d’ouguiyas du fonds régional destiné à la gestion et à l’équipement, la commune de Sélibaby est forcément confrontée à une difficulté, voire une impossibilité, à travailler.  « Seize millions, ce n’est même pas le prix d’une bonne voiture tous-terrains. » lance-t-il.

« Jamais l’Etat ne s’est réuni avec nous pour les problèmes nous concernant, affirme encore Ould hamza avant d’ajouter : « 
la Banque mondiale a donné 30 millions à

la Mauritanie. Dans les normes 70% de ce fonds devait revenir à la ville de Nouakchott. Mais l’Etat en a décidé autrement, préférant que les 70% soient réservés à l’intérieur et les 30% à Nouakchott mais spécifiquement pour

la SOMELEC. Ce que j’ai refusé de cautionner par ma signature. » Déclare le président de
la CUN qui explique que ce serait injuste de doter un établissement comme
la SOMELEC qui va prendre des intérêts sur les citoyens alors que la « Communauté urbaine elle ne bénéficie que de la patente et de l’impôt sur le foncier. » Là encore indique Ould hamza, l’impôt sur le foncier deviendra dérisoire quand en juin les contrats de location entre les propriétaires fonciers et l’état seront résiliés.

Tels sont entre autres, les expressions du raz le bol exprimé par Ahmed Ould hamza élu du RFD qui s’est retrouvé à la tête de la communauté urbaine de Nouakchott il y a bientôt deux ans. Ave un peu moins de deux milliards d’ouguiyas dans ses comptes au 30 avril 2010, Ould Hamza déclare n’avoir jamais rien reçu de l’Etat pour exercer ses compétences. Celles-ci sont de plusieurs ordres et ne sont visiblement pas des moindres. C’est du moins ce qui ressort de cette indication publiée sur le site de
la CUN : « 
La Communauté urbaine de Nouakchott exerce de plein droit, aux lieux et places des communes membres, les compétences dévolues à celles-ci aux termes de l’Ordonnance 87.289 du 20 octobre 1987 ». Aussi, ses domaines d’intervention sont le développement économique et social de l’espace communautaire. D’où ; l’aménagement, l’entretien, la gestion des zones d’activités industrielles, commerciales, tertiaire, artisanale ou touristique d’intérêt communautaire en plus de la

construction, l’entretien, la gestion et l’animation d’équipements, de réseaux d’équipements et d’établissements culturels, socioculturels, socio-éducatifs, sportifs, lorsqu’ils sont d’intérêt communautaire…

c’est donc autant de charges auxquelles il faut ajouter la réalisation du schéma directeur d’aménagement urbain, le plan d’occupation des sols, le lotissement et autres documents généraux d’urbanisme ;  réserves foncières d’intérêt communautaire,  organisation du transport urbain, création, aménagement ou entretien de voirie, signalisation, parcs de stationnement et adressage, etc.

mais Ahmed Ould Hamza  qui n’est pas très content dit avoir porté plainte contre l’Etat qu’il accuse de l’avoir « dépouillé de ses terrains et espaces comme le parc du 5 mars, la gare routière, la fourrière, etc. Cette « plainte pour abus de pouvoir », Ould Hamza entend l’inscrire dans la logique  d’une volonté à faire respecter les formes administratives. 

KD

Source : La Tribune n°500




C’était dans La Tribune….

11052010

La Tribune a 500 numéros ! 500 numéros ce n’est pas 500 ans ! Mais c’est comme si… 

500 fois, 500 semaines à vous entretenir de ce qui se passe, à être à votre écoute pour vous informer, pour vous accompagner dans votre revendication de démocratie et de liberté… 500 fois à mettre chaque goutte de nos encres au servir de cette liberté d’expression qui ne se mendie pas mais se mérite… 

Longue vie à
La Tribune, votre tribune !

 

 C’était dans La Tribune….

Ce qui est évident s’impose à l’esprit, résiste au doute… 

« 
La Mauritanie est souvent présentée comme un pays biculturel, avec un pied au Nord et l’autre au Sud…
  

« La Mauritanie est arabe, africaine et islamique. Cela signifie que notre dimension africaine doit absolument être préservée et développée. L’identité arabe elle, est plus évidente. Si nous réussissons la symbiose de ces trois éléments,
la Mauritanie se portera bien. » (Extrait de l’interview accordée à Marwane Ben Yahmed de Jeune Afrique par Ahmed Ould Daddah, candidat à l’élection présidentielle du 11 mars 2007.
)

Ce qui est déplorable en cette période de campagne électorale, c’est cette absence de débat contradictoire sur le statut qu’il faut donner une fois pour toutes à cette pauvre Mauritanie. Durant sa période d’exception, celle où la violence politique et culturelle était orientée sur une seule race, Ould Taya n’hésitait pas à dire que la Mauritanie était un pays arabe. Maintenant qu’il n’est pas là, il revient à ses héritiers  -et c’est ainsi qu’il convient d’appeler ses anciens contestataires qui cherchent à présent la même chose (le pouvoir) que lui a possédée vingt ans durant- de se montrer beaucoup moins allusifs dans la manière d’inscrire dans la géopolitique le pays que l’un d’eux risque d’avoir la responsabilité de diriger un jour. 

« Arabe, africaine et islamique ». Rien qu’à travers l’ordre de disposition de ces adjectifs, on peut percevoir une classification, inconsciente peut-être, qui relègue l’Islam au troisième et, donc, dernier plan du statut de ce pays que Mokhtar Ould Daddah, paix à son âme, avait voulu trait d’union entre deux espaces géographique et culturel dans une Afrique, à peine sortie des griffes du colon, confrontée aux défis pour sa survie. Quelques jours après le décès du député Cheikh Saadbouh Kane, paix à son âme, quelqu’un lui avait rendu hommage pour rappeler qu’à l’indépendance, d’aucuns voulaient que ce pays s’appelât République Arabe de Mauritanie et que certains tenaient à l’appeler République Africaine de Mauritanie. L’auteur de l’hommage a rappelé que ce fut ce grand homme d’Etat qui a tranché en proposant que l’on appelle tout simplement ce pays biculturel République Islamique de Mauritanie. 

Par delà le caractère trop tardif d’untel témoignage qui aurait été à sa place s’il avait été fait au moment où le peuple était déchiré par le chauvinisme entre 1989 et 1991, il faut retenir que le plus grand souci des premiers hommes qui ont veillé sur ce pays  fut cette Unité Nationale que beaucoup parmi ceux qui leur ont succédé ne parviennent plus à comprendre tout simplement. C’est à se demander si n’est pas par faiblesse ou par crainte de toucher au sentiment idéologique de certains que nos hommes politiques se croient obligés de faire des jeux de mots. « L‘identité arabe elle, dit Ahmed Ould Daddah est plus évidente. » Soit. Est-elle alors plus évidente que l’identité islamique si elle peut être comprise dans ce sens comme plus évidente que l’identité africaine au moment où le pays est clairement disposé dans le continent africain juste à l’endroit où il est caressé par l’océan Atlantique ? En tout cas l’évidence est ce qui résiste au doute et s’impose à l’esprit. Ce qui reste après que tout a été réfuté. Descartes a eu besoin de cogiter scrupuleusement pour s’en rendre compte même si cela sautait aux yeux tout de suite. Quant à l’identité, elle n’est pas comme la dimension.  Du point de vue de la logique, l’identité implique un rapport entre deux objets faisant que l’un est l’autre. Mathématiquement, l’identité est aussi significative de l’égalité entre deux êtres…Et Le Robert de préciser qu’il s’agit d’une « égalité qui demeure vraie quelles que soient les valeurs attribuées aux termes qui la constituent. » Alors cela signifie-t-il aussi que cette identité arabe induit nécessairement une commutativité entre
la Mauritanie et l’arabité ? 

La dimension elle, est encore plus polysémique. Aussi faut-il hésiter à se cramponner à un seul sens. Cependant, compris comme  grandeur mesurable, le mot laisse penser qu’il y a des limites à l’africanité du pays. C’est d’ailleurs ce qui rendrait nécessaire sa préservation et son développement… 

Si par ailleurs l’absoluité de la préservation et le développement de la dimension africaine sont une condition pour réussir la symbiose, à quoi sert-il de classer les éléments de cette symbiose selon un ordre d’importance qui ne contribuerait en réalité qu’à disjoindre les composantes dans l’intérêt desquelles le mutualisme ou le commensalisme sont recherchés ? 

Il ressort par ailleurs des propos du candidat Ould Daddah que « Si nous devenons un important pays pétrolier, par exemple, nous devrons préserver nos intérêts et nos frontières. » 

Nous avons été un important pays poissonnier et nous somme un important pays producteur de fer. Cela n’a pas pour autant menacé nos intérêts et nos frontières. Du moins pas du côté de nos frères ouest africains. Il donc voir si ce ne sont pas les grandes puissances et les institutions partenaires et prédatrices qui nous piègent avec tous les accords que nous consentons avec eux. Le scandale des avenants ! Pourtant, ceux qui étaient impliqués dans cette histoire honteuse sont très loin de nos frontières. 

Alors messieurs les candidats, voilà des choses sur lesquelles nous voulons vous voir débattre en toute vérité. Ce n’est pas la peine de continuer à faire des campagnes parallèles en tirant sur un cadavre (le régime déchu !) et en faisant tous les mêmes promesses (rupture avec Israël, retour à la CEDEAO !). Passez à la vitesse supérieure. Surveillez-vous les uns les autres. On veut vous entendre dans une compétition franche. Ne croisez pas le fer mais vos idées. Et ne donnez pas l’impression de vous être entendus sur TOUT ! 

kissimousman@yahoo.fr 

 

 Coup de Plume,

La Tribune N°338 du 27 février 2007 




Faits divers de La Tribune

11052010

Un accident spectaculaire! 

Dans la nuit du vendredi 7 Mai 2010, à 4 heures du matin, tout le quartier du carrefour Bamako a été réveillé par un bruit assourdissant. Quelques personnes sont sorties dans la rue pour savoir de quoi il s’agit. Mais comme elles n’ont pas vu personne et elles n’ont pas entendu de bruit, elles ont retourné dans leurs demeures. 

Il s’agit d’un véhicule Land Cruiser de type VX V8 flambant neuf de couleur grise qui a heurté le mur de la grande cour qui se trouve à droite du carrefour Bamako en venant de Rosso. Selon l’ampleur du choc le véhicule roulait apparemment en vive allure. Vers 7 heures toute la zone grouillait de monde. Des personnes ont déclarées « Nous sommes arrivées sur les lieux très vite. Là, nous n’avons trouvé personne dans la voiture. Nous avons vu des médicaments, un paquet de lait, des biscuits, un chargeur de téléphone et une photo individuelle d’un jeune homme. Il n’y avait de trace de sang dans la voiture, ce qui laisse à dire que la personne qui la conduisait n’est pas blessée. » 10 heures précises une patrouille de
la PM qui sillonnait les rues de Riad a passée à coté et elle a vu la situation. Deux éléments sont partis informer la police. Quelques instants plus tard, le patron de la voie public et celui de Riad I sont vite rendus sur le lieu et ils ont constaté les dégâts. Des appels téléphoniques ont été passés! Un policier de la brigade des constats et venu faire le constat en présence du propriétaire de la cour. Après cela, un agent de la police est resté sur le lieu pour garder de la voiture. Il est resté là-bas de11 heures passées jusqu’à 21 heures. Selon des témoins oculaires à 11heures, un parent de celui qui conduisait le véhicule est venu prendre les médicaments, la photo et le chargeur de téléphone pour revenir à midi avec une grue pour retirer la voiture et l’amener. L’agent de police informe le Commissaire de police de Riad I, celui-ci  se présente et il lui dit qu’elle ne peut pas partir comme ça. Et il lui demande de le suivre au commissariat. Là, il a été entendu parce qu’il fallait à la police de trouver des informations claires sur celui qui conduisait le véhicule et sur le véhicule qui est sans planques d’immatriculation et ses pièces n’ont été trouvées. De retour du commissariat de police, le parent de celui qui conduisait a demandé au chauffeur de a grue de partir. Le commissaire et deux de ses éléments (un brigadier et un agent) sont restés sur les lieux. A 13 heures, un homme répondant au nom de G.O.C se présente et déclare haut et fort qu’il est parmi les premiers à se présenter sur le lieu et il a vu dans la malle arrière de la voiture deux balles  pour un pistolet de calibre 20mm. Le commissaire, lui demande de venir avec lui au commissariat. Il a été entendu sur les balles. Comment elles sont? Où sont-elles? Qui les a emportées? Ses propos et son contact ont été enregistrés et il a été libéré à 15 heures sur une intervention; a-t-on appris de sources policières. 

A 21heures, le parent du propriétaire du véhicule a amené deux hommes qui ont passé la nuit dans le véhicule afin de le garder. Non loin d’eux, il y avait une patrouille motorisée de la garde nationale. C’est le samedi à 9heures, qu’il revenu avec une grue et il a récupéré la voiture. Sur la question des plaques d’immatriculation de la voiture, « elles ont été démontées par celui qui la conduisait du fait qu’il tient un établissement de vente de véhicules et de ce fait il compte la réparer et la revendre » ont indiqué des sources concordantes. 

Pour un client il fracasse la tête de son ami 

A. Bâ, chauffeur de taxi, fait comme tous ses collèges, stationne au milieu de la route à la hauteur de la mosquée Marocaine, pour prendre un client qui lui a fait signe. Ce qui a énervé son proche ami qui le suivait. O. Diallo qui comptait le prendre, s’arrête et tire une crique de sa voiture et se dirige vers son ami. Il l’insulte et le traite de traître. Amadou sort de son véhicule et lui donne un coup de tête. Là, O. lui assène un violent coup avec la crique et il s’écoule. Il tente de lui donner un autre coup, alors un passant intervient. 

Le policier qui est au carrefour se précipite sur le lieu et arrête Oumar et demande à ce que Amadou soit transporté d’urgence à l’hôpital où il reçu des soins intenses. Selon des sources médicales, il se trouvait dans une situation critique, mais son état commence à s’améliorer. Quant à Oumar, il a été acheminé au commissariat de police. Un parent à A. été informé par téléphone et il est venu prendre sa voiture. Ce drame a eu lieu le samedi vers 16 heures passées non loin de la mosquée Marocaine. 

 Source : La Tribune n°500







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