Volonté de puissance

3 05 2010

 

« Nous voulons substituer dans notre pays la morale à l’égoïsme, la probité à l’honneur, les principes aux usages, les devoirs aux bienséances, l’empire de la raison à la tyrannie de la mode, le mépris du vice au mépris du malheur,  la fierté à l’insolence, la grandeur d’âme à la vanité, l’amour de la gloire à l’amour de l’argent, les bonnes gens à la bonne compagnie, le mérite à l’intrigue, le génie au bel esprit, la vérité à l’éclat, le charme du bonheur aux ennuis de la volupté, la grandeur de l’homme à la petitesse des grands, un peuple magnanime, puissant, heureux, à un peuple aimable, frivole et misérable, c’est-à-dire, toutes les vertus et tous les miracles de
la République, à tous les vices et à tous les ridicules de la monarchie. »Robespierre.

 

Mots savamment choisis et objectifs minutieusement définis,  Robespierre  exprime à travers cette citation  pleine de sens et d’une profondeur incomparable, son désespoir, son amertume et un certain sentiment d’humiliation trempée dans une flaque de peur. La société française d’avant la révolution est typiquement la même que la notre d’aujourd’hui : règne de la médiocrité, allégeance inconditionnelle  au roi, amour aveugle de l’argent, bourgeoisie arrogante, école religieuse politisée et antre de la soumission… N’importe qui de ce pays se reconnaitrait dans cette citation de Robespierre, intemporelle, serais-je tenté de dire.

 

C’est un cri de lassitude, une volonté de puissance et attachement à une lueur d’espoir dans un ciel assombrit par l’égoïsme, le vice et les usages mondains réfractaires au changement et à l’aspiration au bonheur humain et à l’épanouissement existentiel accessible à tout homme. La bataille pour la liberté a ponctué sa vie, comme elle a ponctué celle de Che Guevara, Gandhi et près de chez nous Nelson Mandela, icône vivante de la lutte mais aussi et surtout du pardon, de l’ascétisme comprenez par cela le désintéressement du pouvoir entre autres valeurs ascétiques.

 

Toutes ces sommités de la lutte continue ont en commun la volonté de puissance chère à Nietzsche. Ils ont refusé le statu quo, ils se sont servis de l’humiliation qu’ils ont vécue à travers leur personne ou de celles d’autres hommes de leurs contrées, asservis par des pouvoirs démagogues, pour renverser la vapeur en faisant triompher l’espoir. Ils ont milité à corps défendant et à leurs risques et périls pour la démocratie et pour la justice.

En lisant ces phrases, j’accorde à mes lecteurs le droit de porter le jugement de valeur qui serait approximativement  le suivant : tout ce que vous dites Monsieur est empreint d’idéalisme. Moi je dirais d’espoir  après que nous ayons  vécu dans l’humiliation totale et dans la peur transfuge. L’humiliation, nos compatriotes l’ont connu en 66, 68, 89, 90, 91. La peur les a amenés  à accepter la déportation, à rester en dehors de chez soi et à lier le nom de leur pays à l’injustice, à la torture, à l’exclusion et à l’expropriation aussi bien matérielle que culturelle. La fracture est toujours là, aussi béante. La méfiance et le rejet demeurent de mise. Pourquoi ? Parce que le pardon ne se fait pas par procuration, parce que l’humiliation et la peur ne disparaisse pas avec un discours aussi conciliant soit-il ou par des mesures aussi alléchantes fussent-elles. Le développement d’un pays ne peu se faire au détriment d’une des composantes de sa société, l’Afrique du Sud nous l’a prouvé.

Seule une réelle volonté de puissance, une aspiration à l’avènement du surhomme mauritanien et un espoir bâti sur les décombres et les expériences de l’humiliation et de la peur, peuvent nous sauver de l’abime qui se profile à l’horizon.

 

Momme Ducros.

Source : La Tribune n°499


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