Politique :

27 04 2010

 

 Le nouveau Adil est arrivé 

 

C’est à l’hôtel Emira Palace que la cérémonie a eu lieu. Il y avait là deux anciens secrétaires généraux du parti républicain démocratique et social (PRDS) et plus de quarante anciens ministres, en plus de nombreux anciens hauts responsables ou dignitaires de l’ère PRDS. Sur le plateau, il y avait là, autour de Boydiel Ould Hoummoid, premier vice-président de Adil, Yahya Ould Ahmed Waghf, président de Adil, Mohamed Yehdhih Ould Mokhtar el Hacen, président de l’Alternative, Louleid Ould Wedad, président du Rassemblement  du peuple mauritanien (RDPM) et Lemrabott Ould Bennahi qui se trouve être le porte-parole d’un groupe de cadres ayant mené les négociations avec les autres formations. Tous ont apposé leurs signatures sur l’acte de fusion décidé au nom de leurs formations respectives. 

«D’habitude, ce sot les partis qui éclatent, s’atomisant sans cesse. Nous proposons aujourd’hui un processus contraire, celui de l’union des forces». C’est sur ce que Louleid Ould Wedad, l’ancien puissant directeur de cabinet de Ould Taya, va insister. Ajoutant qu’ils sortiront «d’ici en tout humilité, avec le sentiment d’être des militants d’une cause qui doit servir la Mauritanie. Nous sommes désormais à la disposition de la nouvelle formation qui pourra nous employer dans ce qu’elle jugera utile». 

Cette leçon d’humilité – feinte ou réelle – de l’homme le plus puissant de la République de l’ère de Ould Taya, sonnera comme une leçon d’histoire, comme une invite à la méditation sur l’humaine condition. Le discours est très élaboré. La suite dans les idées fait oublier le reste… 

A l’ouverture de la cérémonie, c’est naturellement Boydiel Ould Hoummoid qui fera l’économie du processus de fusion. En tant que président de la commission technique chargée de préparer l’événement. Seul le groupe de Me Mahfoudh Ould Bettah manquera à l’appel. «Pourtant, explique Ould Hoummoid, nous avons été d’accord sur l’analyse de la situation, sur la conduite à tenir et même sur le choix du camp de l’opposition. Mais ils ont voulu explorer une autre forme d’organisation qui n’est pas la fusion». 

On apprendra par d’autres sources que le groupe qu’on dit proche de l’ancien président du CMJD, le colonel Eli Ould Mohamed Val, a préféré investir (ou créer) une formation politique propre (à eux). D’ailleurs, Ould Bettah avait été présenté au meeting de l’opposition où il a pris la parole comme représentant d’un groupe appelé Forum démocratique. 

L’ancien syndicaliste Ould Hoummoid devait donner quelques détails sur l’objet de l’accord qui devrait être entériné par le congrès extraordinaire du parti Adil, lequel congrès devrait se tenir le mois prochain. Il a notamment indiqué que l’accord politique tourne autour de huit points : refondation d’un système politique moderne ouvrant la voie à l’alternance pacifique ; raffermissement des valeurs traditionnelles inspirées en l’Islam comme ciment d’unité pour ce peuple riche de sa diversité (Arabe, Pulaar, Soninké et Wolof) ; refondation de l’Etat sur la base d’un Etat de droit au vrai sens du terme ; l’appui sur la jeunesse comme garante de l’avenir ; mise en œuvre de la promotion d’une société égalitaire et libre où la participation et la responsabilité sont les caractéristiques ; renforcement du progrès social ; construction d’une économie où la concurrence est maîtrisée permettant de promouvoir la liberté d’initiative ; et lancement d’une politique diplomatique intelligente et saine. 

Après Ould Hoummoid, ce sera autour de Lemrabott Ould Bennahi, l’ancien ministre, ancien directeur de l’ENER ; fervent soutien de l’aile militaire du pouvoir de Sidi Ould Cheikh Abdallahi. Il exprimera sa satisfaction quant au couronnement du processus de fusion. Suivra donc Louleid Ould Wedad qui reviendra sur la portée de cette fusion. «Tout nous unit : les principes et le parcours». Allant plus loin : «En voyant ces figures et en pensant à celles qui animent les autres formations de l’opposition, on peut se demander ce qui reste de la Mauritanie». Et poussant l’analyse «on devrait avoir peur pour son pouvoir en ayant tout ce monde contre soi»… 

Pour sa part, Yahya Ould Ahmed Waghf, président de Adil, ancien Premier ministre de Ould Cheikh Abdallahi, insistera sur les objectifs du nouveau parti dont sa volonté d’arriver au pouvoir. Comme s’il n’avait pas été au pouvoir sous toutes les formes et pendant longtemps. «D’arriver au pouvoir par les moyens démocratiques». Une manière peut-être de prendre ses distances par rapport aux récentes déclarations des leaders de la coordination dont les propos ont été compris comme un appel du pied à un renversement du pouvoir actuel. 

Quant à Mohamed Yehdhih Ould Mokhtar el Hacen, il devait à son tour se féliciter d’un tel acte qui répond à une prise de conscience aigu de la situation préoccupante de la Mauritanie. «Le pouvoir de Ould Abdel Aziz a développé un terrain propice aux divisions et aux confrontations au lieu de développer les potentialités économiques au profit des populations qui souffrent les slogans creux». Ould Mokhtar el Hacen devait insister sur «la mauvaise passe que traverse la Mauritanie, avec notamment «la détérioration des relations avec les voisins et l’entrée du pays dans un cercle fait de risques». 

«Soucieux de contribuer : – à la satisfaction des besoins stratégiques du Pays en matière de démocratie et de développement ; – à la consolidation de l’unité et de la cohésion de notre peuple ; – à relever les défis complexes et variés, internes et externes qui se posent au Pays ; * Inspirés par les enseignements de notre sainte religion et attachés aux idéaux de justice, de fraternité, d’égalité et de liberté ; * Rompant avec la logique d’atomisation de la scène politique qui constitue un obstacle à la réalisation de ces objectifs ; *Inscrivant leur action dans la légalité et le respect de la constitution et des lois de la République ; Décidons, à travers la refondation du Parti « ADIL » de se ‘’fondre’’ en une seule et nouvelle formation politique, ouverte et s’affirmant comme force porteuse d’une dynamique de rénovation et de progrès». Tels étaient les termes du communiqué rendu public à l’occasion par les partis concernés. 

Notons que cette fusion renforce la place de Adil sur l’échiquier. Avec sept députés et un sénateur. Mais aussi avec un potentiel considérable de moyens humains et matériels. L’expérience des hommes dans l’exercice de la politique ces vingt dernières années, sera un atout pour eux. Surtout que l’on semble revenir aux vieilles méthodes. 

 

Bechirou 

 Source : La Tribune n° 498


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