Le téléphone mobile

27 04 2010

 

 Mon portable, une partie de mon corps 

L’engouement du téléphone portable ou cellulaire tend à la dépendance. Le Mauritanien aussi semble considérer son portable comme une partie de son corps. Parfois, même, il se met à paniquer s’il ne l’a  pas avec lui, de peur d’être coupé du reste de son environnement. Bien sur que ce téléphone mobile offre des avantages très précieux surtout en cas d’urgence et de nécessité.

En une décennie, les  Mauritaniens ont fait du téléphone mobile leur plus fidèle compagnon. Le portable a séduit dans les villes comme dans les campagnes.

Le succès  a certes de quoi satisfaire les trois opérateurs de téléphonie mobile que sont Mattel fruit de la coopération Mauritano Marocaine, Mauritel créée sur collaboration Mauritano Tunisienne et Chinguitel lancée sur négociations entre le Soudan et quelques hommes d’affaires mauritaniens. Les deux dernières opèrent sur le fixe et le portable. Selon des sources proches de l’autorité de régulation, ces sociétés de téléphonie ont comptabilisé 986 914 clients, s’attribuant 75 pour cent du marché, pour une population estimée à 3.000.000 d’habitants.

Mais le GSM fait avant tout le bonheur d’au moins un Mauritanien sur quatre, toutes catégories sociales confondues.

Les portables tintinnabulent dans les rassemblements aux moments les plus incongrus.

A ceci s’ajoute l’excentricité de certaines sonneries. Du chant de coq strident à l’air de rock endiablé en passant par des chants religieux passionnés, il y en a pour tous les goûts … Outil de communication  ou gadget dernier cri,  dans tous les cas, le mobile est devenu indispensable. Sans lui, tout s’arrête. Ou presque.

Zeinebou Sylla, la quarantaine, est commerçante. Elle vend des vêtements et des accessoires pour enfants au marché de la capitale. Elle n’a pas été longtemps à l’école, mais cela ne l’empêche nullement de manipuler savamment son téléphone pour en tirer le meilleur parti : « grâce à lui, je fais de bonnes affaires.

J’appelle mes clients importants dès que j’ai de nouveaux arrivages de marchandises, et je reçois aussi beaucoup de commandes. » Même si cela représente une dépense importante, elle veille à ce que le service ne soit jamais interrompu : « dès que je dispose d’un peu de liquide, j’achète des cartes de rechargement. Le plus souvent, je choisis celles de 1000um pour chacun de mes trois téléphones. J’ai un mattel, un mauritel et un chinguitel ; c’est pour facilité la tache à mes clients et à mes fournisseurs. Les autres cartes sont peu chères pour moi sur celles de 2000um, 5000um,… dans tous les cas, je mets toujours du crédit, car le téléphone me permet de régler beaucoup de choses sans me déplacer. Je l’ai toujours avec moi. »

Vendeur de grillades ‘méchoui ‘, Mattala, 35ans , a lui aussi toujours son téléphone à portée de main, juste assez de loin de son feu de bois pour qu’il ne l’arrive rien. «Récemment, j’ai acheté un appareil à 30.000um. Non seulement ça me permet de faire marcher mon business, et en plus, ma famille qui est au fin fond du Hodh El Gharbi peut m’appeler quand elle le souhaite. »

Mattala veut être joignable à tout moment par les amateurs de viande de mouton rôtie sur la braise. Même s’il n’est pas encore businessman, Mohamed O.Khattri, 22 ans, étudiant en économie, ne peut pas, non plus, se passer de son téléphone. Il est « accro » aux SMS. Malgré ses maigres moyens, il lui arrive de dépenser 1000um par jour pour envoyer plus de cinquante messages à ses amis à Nouadhibou et à ses correspondants à l’étranger. Pour avoir un modèle dernier cri, il se dit près à mettre jusqu’à 50.000um. « Pour moi, le design, c’est important. Un téléphone, ça doit être beau. J’aime également avoir de nombreuses options, car je surfe et je joue sur le Net de mon mobile. Franchement je suis content de faire partie de cette «génération portable », car ça fait cool et c’est hyper pratique. Je ne peux absolument pas imaginer ma vie sans mon portale »

Le téléphone portable trouve une autre utilité pour Jemila, 24 ans, employée de maison à E.Nord, originaire du Tagant, à environ 1000km à l’est de la capitale. «  Je vis seule à Nouakchott avec ma sœur. Il y a un an, nous avions eu un peu d’argent et nous avons acheté un téléphone d’occasion pour permettre à notre famille de prendre des nouvelles à tout moment. Pour nos parents, c’est plus rassurant. Pour nos employeurs aussi car quand on est en retard  ou qu’on s’absente, ils peuvent nous appeler pour savoir ce qui se passe. Nous avons payé l’appareil 9000um avec un voisin qui travaille à Noghta Sakhine, ce qui représente le ¼ de mon salaire. Mais ça vaut vraiment le coup.  Ma sœur et moi, nous le gardon à tour de role en attendant de pouvoir nous en procurer un autre.» lorsque la téléphonie mobile a été introduite en Mauritanie en 2001 par
la Mattel, seuls quelques officiels, des hommes d’affaires, des cadres et des artistes connus possédaient des portables. Le coût été élevé des abonnements (autour de 6000um) et des communications (environ 90um la minute) limitait considérablement le nombre d’utilisateurs.

Le lancement des cartes prépayées, la liaison avec l’Internet et les campagnes de communications à tarifs réduits de
la Mauritel ont fini par porter leurs fruits : la clientèle s’est diversifiée et les prix ont baissé. Mais l’affaire reste rentable. En 2006, le chiffre d’affaire  de chacune des deux sociétés a progressé (Mattel et Mauritel) selon les services financiers de 24,7 pour cent par rapport à 2005, l’activité de téléphonie mobile était responsable à 87pour cent de cette progression.

Depuis l’arrivée en 2007 de Chinguitel sur le marché national, l’implication d’un troisième opérateur GSM avec un réseau favorable à la communication et à la connexion sur l’Internet a touché à la réputation de ses aînées. Mais n’empêche chacune d’elle continue à tenir le bout du fil et les abonnés se multiplient davantage.

En attendant de nouvelles concurrentes, Mattel Mauritel et Chinguitel multiplient les offensives commerciales (offres, réductions, promotions, campagnes, sponsors, aides sociales, qualités de services…) pour renforcer leurs positions sur le marché.

Aboubecrine Ould Sidi

Source : La Tribune n°498 

  


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Une réponse à “Le téléphone mobile”

  1. 25 06 2010
    voip (10:00:42) :

    Le manque de concurrence reste assez incroyable dans ce domaine… merci pour ces tranches de vie assez représentatives. Et dire qu’il y a quelques décennies nous vivions très bien sans ces gadgets téléphoniques….

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