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Langues locales ou dialectes de l’arabe, la mise au point de la ministre

27 04 2010

 

  

« Le Pulaar, le Soninké ou le Wolof ne sont pas des dialectes mais des langues, mon Dieu ! Malheureusement il n’y a pas d’intellectuels en Mauritanie », a déclaré à La Tribune  Mme Cissé Mint Boïde.

Ce mercredi 21 avril 2010, la  ministre de
la Culture, de
la Jeunesse et des Sports
était en colère quand elle nous confie ces propos. Pour elle, des gens malintentionnés manipulent certaines personnes pour les pousser à la révolte. Personne n’a rien compris, selon elle. La ministre de
la Culture avait déclaré : « le plus grand défi auquel fait face la langue arabe est la propagation des langues locales et dialectes qui la suppléent et la langue de travail ainsi que sa mise à l’écart en tant que vecteur de sciences (médecine, mathématiques, ingénierie et nouvelles technologies), relevant que le défi de l’Internet et la marge réduite laissée à l’arabe est une exemple qui montre l’ampleur des défis. ».

Depuis beaucoup de salives ont coulé en Mauritanie. Les communautés Pulaar, Soninké et Wolof se sentent visées par ces propos qu’elles qualifient de graves. Alors les partisans de l’arabisation complète de l’administration et ceux du français, essentiellement les négro- africains se sont affrontés au niveau de l’Université de Nouakchott. Madame Cissé pense que le gouvernement dont l’une des priorités est l’unité de tous ses citoyens ne peut en aucun cas œuvrer pour leur désunion. Selon elle, il existe une nuance entre dialecte et langue. « Le dialecte en Mauritanie, c’est le Hassaniya puisqu’il dérive de l’Arabe et il ne s’écrit pas. Dans certains pays, l’Arabe est en voie de disparition.  C’est dans ce contexte que la journée internationale de la langue Arabe est placée. Mais le Pulaar, le Soninké ou le Wolof ne sont pas des dialectes mais ce sont des langues, mon Dieu.  Malheureusement il n’y a pas d’intellectuels en Mauritanie », a-t-elle martelé.

Langue et dialecte, quelle différence ?

Certains linguistes estiment que la distinction entre dialecte et langue n’est pas pertinente d’un point de vue linguistique. Pour les autres, la différence peut être justifiée par des facteurs historiques variés. Dans le cadre politique une langue serait un dialecte ayant obtenu un statut officiel. Socialement, une langue serait un dialecte ayant obtenu un prestige social et culturel. Une langue peut en particulier se différencier d’un dialecte par un important usage en littérature; on parle alors fréquemment de « langue de culture » ou de « langue littéraire ». Démographiquement, une langue serait un dialecte parlé par un nombre étendu de personnes. Sur le plan linguistique, la distinction entre langue et dialecte serait basée sur la possibilité d’une compréhension mutuelle. Les locuteurs de dialectes différents se comprenant mutuellement parleraient des dialectes de la même langue. Les locuteurs qui ne se comprennent pas parleraient des langues différentes ou des dialectes de langues différentes. Ce point de vue est critiqué car il est relatif. La revendication pour un idiome du statut de langue ou, au contraire, son maintien au statut de dialecte a souvent une connotation politique. La ministre de
la Culture avait bien dit : « le plus grand défi auquel fait face la langue arabe est la propagation des langues locales et dialectes… ». Après le tollé que de tels propos ont suscité, voilà que la ministre rappelle que dans son entendement il ne s’agit pas des langues nationales non arabes de la Mauritanie. 

 Sy Mamadou

Source : La Tribune n°498


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