L’aide nuit gravement…

27 04 2010

 

Des politiques d’ajustements structurels à celles de développement et de lutte contre la pauvreté, les donateurs jonglent sans trouver le remède qu’il faut pour arracher l’Afrique de la misère et le sous-développement. Au contraire la situation économique du continent empire (inflation, baisse de la croissance, chômage…), les foyers de tension demeurent actifs et les passions  toujours aussi déchaînées.

A qui la faute ? Dambisa Moyo et bien avant elle, Peter Bauer, pensent que c’est l’aide qui est la cause de la persistance du sous-développement. Dambisa Moyo, auteur du livre à succès, « l’aide fatale » paru l’année dernière ; zambienne et diplômée des plus prestigieuses universités au monde (elle a fait Oxford et Harvard), expose des chiffres qui fond froid au dos. « Entre 1970 et 1988, quand le flux de l’aide à l’Afrique était à son maximum, le taux de pauvreté des populations s’est accru de façon stupéfiante : il est passé de 11% à 66% ».

Nul doute aujourd’hui que ce taux a encore grimpé. L’aide encourage la corruption, sape l’épargne et consacre la culture de l’assistanat et surtout de la médiocrité.

Larry Diamond, expert universitaire cité par Moyo, « observe que les agences en charges du développement continuent d’assister les Etats africains les plus corrompus et les moins responsables, de surcroît dirigés par des gouvernements dont le despotisme est flagrant. Sa liste inclut le Cameroun, l’Angola, l’Erythrée,
la Guinée et
la Mauritanie »

Plus important encore, « l’aide étrangère court-circuite le lien entre la classe moyenne et le gouvernement ». On peut dire que c’est une règle mathématique qu’on peut directement appliquer à notre pays. J’avais consacré une de mes précédentes chroniques (cf. Classe moyenne : gage de stabilité politique)  à la nécessité d’une classe moyenne forte et indépendante, complètement « désintéressée de ce qui se passe dans les hautes sphères ». A ce propos Peter Bauer dit ceci : « l’aide détourne le peuple de toute activité économique productive et l’oriente vers la vie politique ». C’est la même idée que j’avais développée dans ma chronique précitée. L’absence de volonté politique réelle capable de prôner et de mettre en place une politique économique qui encourage la création de PME, qui assainit le climat des affaires et  qui attrait les investissements ; précarise la situation économique des populations, fait fuir les compétences, décore la médiocrité et offre un terreau fertile à l’instabilité sous toutes ses formes.

Il est communément admis chez nous que le mauritanien lambda à une idée complètement erronée  de l’aide étrangère. Quand il entend que tel organisme a accordé tel montant astronomique à notre pays, il s’en réjouit, s’en frotte les mains et s’en vante même. C’est dire le degré d’insouciance, d’ignorance et de fatalisme de la plupart de ces gens-là.

D’où la nécessité d’ouvrir les yeux, de voir les choses en face. Il est temps de se réveiller, de mettre en place des institutions pérennes, préalable à tout développement réel. Le Singapour,
la Chine, le Brésil l’Afrique du Sud, etc, sont  des exemples à suivre. Faisons en sorte que l’impossible ne soit pas mauritanien.

 

Momme Ducros.

Source : La Tribune n° 498


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