Vous avez dit malabsorption financière ?

21 04 2010

Monsieur X se trouve quelque part au fond fin de l’Europe de l’Est, par exemple. Il sollicite un financement auprès d’un bailleur de fonds quelconque pour un pays X. Il leur présente un dossier bien ficelé. Rien à dire. L’argent est débloqué, le financement arrive aux mains du gouvernement de ce pays. Après l’expertise présentée par le monsieur, vint le moment de l’élaboration de projets qui seront faits par ce gouvernement pour utiliser les fonds spécifiés pour, par exemple, améliorer la qualité des transports publics. Jusqu’ici on dira que tout se passe bien. Pas de problème à signaler. Le monsieur bienfaiteur se trouve toujours dans son petit coin suivant du coin de l’œil l’avancée de la mise en place des projets. 

 Une saison chasse une autre et toujours rien de concret, les choses n’avancent pas. 

Les bailleurs de fonds commencent à  évaluer les performances du monsieur bienfaiteur. Les fonds qu’il a mobilisés pour le pays X souffrent de ‘malabsorption’ faute de  projets pouvant justifier l’utilisation des fonds. Sa réputation en tant que draineur de fonds, investisseur où appelez-le comme vous le voulez s’en trouve entachée. Rien de pire pour blesser l’orgueil du monsieur, dévaloriser le pays et rendre sceptiques toutes les bonnes volontés financières. Jugez-en vous-même. 

C’est le cas de notre pays. Les fonds n’ont jamais posé de problèmes au gouvernement beaucoup moins, très moins que les coups d’états. L’instabilité politique est source de toutes les déconvenues. J’avais cité une fois une phrase prononcée par Kadhafi lors de sa visite chez nous où il a dit en substance : « à chaque fois qu’on décide de collaborer avec un président mauritanien on nous informe le lendemain qu’il a été renversé ». Une phrase qui résume bien la situation et certainement l’état d’esprit des bailleurs de fonds. 

La récente lettre de l’ambassadeur de l’Union Européenne à Nouakchott adressée au ministre des affaires économiques et du développement avec en ampliation le premier ministre est révélatrice du manque de compétence, de l’incapacité du gouvernement à présenter des dossiers capables d’absorber les fonds drainés à cette fin. Ca ressemble à une mise en garde, à un avertissement. Et pourtant depuis lors les choses ne s’améliorent pas, elles traînent. On compte peut être sur le temps, pour se faire une raison. Mais ce qu’on ne sait pas c’est que le temps est comme l’érosion, il ôte la carapace superficielle pour ne laisser que la réelle avant de la détruire à son tour. 

A cette incapacité des autorités s’ajoute un climat des affaires extrêmement hostile : justice défaillante, corruption répandue, infrastructures ‘primitives’….Le pays occupe une place très reculée dans le classement Doing Business qui est une sorte de boussole des investisseurs étrangers et d’aimant (quand un pays occupe une bonne place). 

Tout ceci pour dire que ce n’est pas parce que le pays a reçu beaucoup de financements qu’on peut crier victoire. Sidi avait réussi à avoir plus de 2 milliards de dollars alors qu’il ne voulait que 700 millions. Un montant que le coup d’état du 6 août est venu geler. 

C’est un travail de fond en comble qu’il faut faire pour assainir un tant soit peu le climat des affaires dans ce pays et améliorer la prestation de nos vaillants ‘faiseurs de projets’. C’est l’un soin à notre problème de malabsorption…financière qui nécessite bien un traitement curatif. 

 Momme Ducros

Source : La Tribune n°497 


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