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Les Echos de la Tribune : Décentralisation

21042010

 

Par  Mohamed Fouad Barrada  

Le gouvernement mauritanien, à travers un comité interministériel  composé du ministre de l’intérieur, ceux des finances, de l’habitat, de l’urbanisme et de l’aménagement du territoire, a élaboré, ‘‘ une Politique de Développement Local’’. Le but étant de  mettre au point des procédures permettant l’exécution, le suivi et l’évaluation des programmes de Décentralisation et un mécanisme d’ordonnance et d’exécution des dépenses des structures ‘‘déconcentrées’’.  

Quelle méthode appropriée pour concrétiser ce travail titanesque ? 

La réponse  ne me semble pas tout à fait évidente dans la mesure où la société mauritanienne est difficilement classable  dans la catégorie des nations ‘contrôlables’.  

Ceci aide à comprendre les soubassements analytiques de ladite reforme :  

«  Dans les sociétés de discipline, on n’arrêtait pas de recommencer (de l’école à la caserne, de la caserne à l’usine), tandis que dans les sociétés de contrôle on n’en finit jamais avec rien, l’entreprise, la formation, le service étant les états métastables et coexistants d’une même modulation, comme d’un déformateur universel. Kafka qui s’installait déjà à la charnière de deux types de société a décrit, dans Le Procès, les formes juridiques les plus redoutables : l’acquittement apparent des sociétés disciplinaires (entre deux enfermements), l’atermoiement illimité des sociétés de contrôle (en variation continue) sont deux modes de vie juridiques très différents, et si notre droit est hésitant, lui-même en crise, c’est parce que nous quittons l’un pour entrer dans l’autre. Les sociétés disciplinaires ont deux pôles : la signature qui indique l’individu, et le nombre ou numéro matricule qui indique sa position dans une masse. C’est que les disciplines n’ont jamais vu d’incompatibilité entre les deux, et c’est en même temps que le pouvoir est massifiant et individuant, c’est-à-dire constitue en corps ceux sur lesquels il s’exerce et moule l’individualité de chaque membre du corps (Foucault voyait l’origine de ce double souci dans le pouvoir pastoral du prêtre – le troupeau et chacune des bêtes – mais le pouvoir civil allait se faire « pasteur » laïc à son tour avec d’autres moyens). Dans les sociétés de contrôle, au contraire, l’essentiel n’est plus une signature ni un nombre, mais un chiffre : le chiffre est un mot de passe, tandis que les sociétés disciplinaires sont réglées par des mots d’ordre (aussi bien du point de vue de l’intégration que de la résistance) » (Post-scriptum sur les sociétés de contrôle, 1993). 

En effet, je me suis permis de  citer longuement Gilles Deleuze qui décortiquait intelligiblement la ‘face’ cachée  des sociétés modernes  et leurs structures organisationnelles réformées et déformées  selon la contrainte. D’autant plus que les meilleures  orientations des réformateurs dans les domaines de la décentralisation se focalisent sur un fonctionnement par rhizome. Ce dernier  n’est  « qu’ un modèle descriptif et épistémologique dans lequel l’organisation des éléments ne suit pas une ligne de subordination hiérarchique —avec une base, ou une racine, prenant origine de plusieurs branchements, selon le modèle bien connu de l’Arbre de Porphyre—, mais où, tout élément peut affecter ou influencer tout autre (Deleuze & Guattari 1972) ».  

 m_barrada@yahoo.fr 

Source : La Tribune N° 497 




Edito de la Tribune Par Mohamed Fall O Oumère

21042010

Pire que tout ce qui a précédé, les propos tenus par le directeur de la police minière sur Al Jazeera, TVM et Radio Mauritanie. Sur la chaîne qatarie, le responsable a répondu à une question technique se rapportant au déversement de déchets par une société étrangère, il a répondu en s’attaquant avec violence à Ahmed Ould Daddah, le président du RFD et chef de file de l’opposition. Ce jeune homme qui, circonstance aggravante, a été délégué par le ministère pour expliquer sa position, n’a eu aucun scrupule à parler de «mensonges» et de «propagande mensongère» de Ahmed Ould Daddah… même pas «esseyid» (monsieur). 

Pourtant, le directeur de la police minière aurait pu répondre en technicien tout en défendant son département et non une société étrangère. Il aurait dû répondre au tout début quand la presse et les parlementaires l’avaient interpellé. Oui le ministère a constaté la faute et diligenté une enquête. Oui le ministère est là pour faire respecter la loi mais il a besoin du concours des citoyens pour être mis au courant des infractions… positiver et récupérer. Mais non, il faut politiser quand on n’a rien à dire… 

Cette bourde du fonctionnaire lambda a fait momentanément oublier l’exploit des médecins spécialistes de l’hôpital et du directeur de cet établissement. En refusant de prendre la place de son collègue, Dr Moulaye Ould Abbass avait donné une leçon. En refusant de démettre Dr Baba Taleb, le directeur de l’hôpital a rappelé que la responsabilité n’est pas à partager… passons. 

A vrai dire, le directeur de la police minière méritait d’être relevé de ses fonctions. Et si c’est son ministre qui lui a dit de parler de la sorte, il mérite une remontrance au moins. 

Mais nous sommes dans un pays où la culture de l’impunité est devenue une méthode de gouvernement. Du coup, ceux qui sont aux affaires ne sont jamais comptables de leurs actes. Ils ne sont pas jugés sur leurs résultats. 

Il en découle une négation du devoir de mémoire. Que connaissent les générations des années 70, 80 et 90 des premières heures de la Mauritanie ? Que savent-elles des premiers heurts ? Que comprennent-elles de la difficile naissance de l’Etat moderne ? et, plus proche de nous, que savent ces générations des événements de 1989, 90 et 91 ? Comment comprennent-elles les premiers échecs de la démocratisation ? et des mouvements politiques clandestins ? et des acteurs politiques qui sont là depuis toujours ? et de l’image que la Mauritanie reflétait à l’extérieur ? et des valeurs du pays ? et de l’ordre social d’avant ? 

Pas grand-chose. La faculté de parler librement retrouvée, la fonction première de l’intellectuel de chez nous aurait dû être de revenir sur tout ça pour le décrire, l’expliquer et le fixer dans le temps. Un exorcisme qui aurait permis de dépasser certains de nos problèmes sans nécessairement leur trouver de solutions. Juste les regarder objectivement pour les empêcher de continuer à être des éléments de blocage. Sinon à continuellement refaire surface, menaçant périodiquement l’existence du pays et la paix sociale. 

Dans cette Mauritanie en transition le pire serait de laisser passer le temps et d’éviter de saisir les opportunités. Chaque dossier devrait être traité sous le saut de l’urgence. Il ne souffrirait donc la perte de temps. Chaque dossier mérite un grand sérieux dans la réflexion et la mise en œuvre, une grande rigueur dans la mise en application. Pas des débats bâclés (s’ils ont lieu) ni la nonchalance. Chaque dossier de réforme demande du courage, de la vision, de l’engagement physique et un certain automatisme dans l’action. 

L’éducation, la santé, l’agriculture, la pêche, le tourisme, la sécurité, l’administration, la justice, l’environnement, la démocratie, les institutions, la formation professionnelle, l’emploi, la promotion sociale, les passifs humanitaires (anciens et récents), la presse, la culture, les traditions, les sports, l’élevage, la diplomatie, l’état civil… 

L’héritage que le Président Mohamed Ould Abdel Aziz a reçu de ses prédécesseurs n’était pas des plus sains. Il le savait. Il en a fait le constat. Publiquement et en privé. Cela a d’ailleurs justifié le premier coup d’Etat, puis le second puis la candidature. La «Mauritanie nouvelle», ce devait être la mise en œuvre d’une vision de rupture et d’action. 

Mais ‘on’ a oublié la capacité de nuisance et de résistance du système d’avant. En maintenant son dispositif issu du coup du 6 août 2008, après l’élection présidentielle, le Président Ould Abdel Aziz a donné toutes les chances à l’inertie. Et nous y sommes. 

Le challenge pour le pouvoir actuel, ce sera de continuer à vouloir rouler à grande vitesse avec des pneus crevés.

Source : La Tribune n°497 




Actu/Régions

21042010

Rosso : Mettre fin à la violence contre les femmes 

C’est le 15 avril que la cérémonie de l’ouverture du Centre de Prévention contre la violence à l’encontre des femmes a eu lieu en présence du wali  mouçaid et du hakem de Rosso, des représentants de plusieurs Ong et de nombreuses femmes.  Il reviendra au coordinateur Hassan Ould Belloul de présenter  l’Ong Femme Aid. Une Ong qui a depuis longtemps, entrepris des actions de lutte contre toutes les formes de violences à l’égard des femmes.  C’est ainsi  qu’elle  a, depuis 2000, inscrit dans ses plans d’action et réalisé des activités de lutte contre les violences. Il s’agit notamment de  la réalisation du film ‘Lumières sur l’excision’, de l’élaboration et de la diffusion de brochures, d’affiches et dépliants sur les MGF, d’une série de formations et de sensibilisation à Nouakchott, en Adrar, au Gorgol et au Trarza  sur les MGF et d’actions de plaidoyer et de lobbying. Le coordinateur précisera que le programme actuel était une concrétisation de la collaboration entre la société civile et  les partenaires techniques et financiers (PTF) de la Mauritanie , notamment l’Union européenne qui intervient à travers son programme «Instrument Européen Pour la Démocratie et les Droits de l’homme (IEDDH) : Prévenir les violences  à l’encontre des femmes ».  

Après la présentation de l’association, de la mission du centre d’écoute  par le coordinateur, Mme  Soultana Mint Mohamed Yahya, présidente de l’Association a pris la parole pour s’adresser à l’assistance. Dans son allocution, Mme Soultana Mint Mohamed Yahya a rappelé que malgré le rôle de première importance que la femme joue dans la société elle continue de subir diverses formes de violences. Ce phénomène a pris une telle ampleur que la situation ne préoccupe plus seulement les femmes et leurs associations, mais aussi les décideurs, les institutions nationales et internationales, la société civile, les experts , les éducateurs, etc. Il est devenu urgent  dira-t-elle de déployer d’énormes efforts pour mettre fin à cette situation. Une femme sur trois dans le mode est victime de violence selon des rapports des Nations Unies rappellera Mme Soultana Mint Mohamed Yahya. Cela constitue une flagrante violation des droits de l’homme. La présidente de l’association rappellera les objectifs et la mission du centre d’écoute de Rosso. Il s’agit notamment de contribuer à la prise en charge psycho médicale des femmes et des filles victimes de violence (viol, MGF,  violence physique, etc.) à travers des prestations gratuites, de créer une base de données sur les violences qui sont souvent passées sous silence et d’offrir une base d’information  pour les besoins scientifiques et de plaidoyer, d’expérimenter le fonctionnement de ces structures en vue de les élargir  au besoin. Le centre d’écoute a pour mission entre autres, de recevoir les femmes et filles victimes de violence, de leur offrir les premiers soins, de référer les  cas nécessitant une prise en charge médicale aux structures  sanitaires compétentes  (dispensaires, hôpitaux)  avec un accompagnement du centre, d’assurer une prise en charge psychologique et une assistance juridique des victimes.  Pour atteindre ces objectifs le centre est doté d’un personnel pluridisciplinaire en mesure d’assurer et de garantir les missions qui lui sont assignés : une sage femme, un conseiller juridique, un assistant social, un coordinateur. 

Mme Soultana Mint Mohamed Yahya a vivement remercié l’Union européenne qui à travers son programme ‘Instrument Européen pour la Démocratie et les Droits de l’Homme’ a appuyé l’ONG Association Femme / Aide pour la réalisation du centre d’écoute de Rosso et de celui d’Atar qui sera inauguré incessamment. 

Après le mot du Wali qui félicitera et encouragera Mme Soultana Mint Mohamed Yahya pour le travail qu’elle accomplit, les autorités avant de prendre congé, ont visité le centre.  Des locaux fonctionnels et bien équipés dans un site approprié au quartier Escale de Rosso.  

Djigo Aboubakry 

 


Tournée de l’Association des diabétiques
 

Du 07 au 16 Avril 2010, une délégation de l’Association des Diabétiques du Nord (ADN), conduite par le Président Issa Mamadou DIOP et le Secrétaire Général Adjoint Mohamed Lemine FALL, a effectué une mission d’information et de sensibilisation sur le diabète dans les Antennes ADN de Nouakchott, Rosso et Boghé transportant dans leurs bagages : 

40 échantillons des brochures sur le diabète élaborées par l’Association et imprimées en Espagne sur financement de CIDEAL en partenariat avec la Coopération Espagnole et SOS Pairs Educateurs de Nouakchott, 30 Fiches en arabe et en français sur l’alimentation du diabétique, 01 Guide sur le diabète en couleurs de 145 pages, 200 Seringues à insuline de 0,5 ml, 100 seringues à insuline d’1 ml, 12 édulcorants en pastilles, 05 édulcorants en poudre, 12 piles de recharge pour lecteurs de glycémie, 03 Lecteurs de glycémie, 03 boites de bandelettes, 03 Autopiqueurs, 03 paquets de lancettes, des Antidiabétiques Oraux (glibenclamide 5mg et Metformine 500 mg exclusivement), 02 pèse personnes électroniques, 01 pèse personne mécanique. 

Partout la délégation a reçu un accueil simple mais chaleureux et enthousiaste.  

Dans chaque localité une réunion de travail a été organisée suivie de la remise de lots de brochures, d’édulcorants, de matériel médical et de médicaments au bureau de chaque Antenne. Des explications détaillées ont été fournies sur l’utilisation de certains appareils. 

A Tounguène, dans la commune de Rosso, un lecteur de glycémie a été mis à la disposition du Centre de Santé pour une opération gratuite de contrôle de glycémie et une boite de médicaments a été offerte à une patiente qui avait arrêté son traitement pour des raisons financières. 

Le président de l’ADN a rappelé que le diabète, « Epidémie du XXIe siècle », pose un problème majeur de santé publique aussi bien dans les pays pauvres que dans les pays nantis.  

« Ce que le Sida a été sur les 20 dernières années du XXe siècle, le diabète le sera sur les 20 premières années de ce siècle » a déclaré Paul Zimmet président d’International Diabetes Institute dont le siège se trouve à Melbourne (Australie). 

L’OMS de son côté estime que le nombre de décès au niveau mondial imputable au diabète se situe autour de 4 Millions/an…..bien plus que le VIH-SIDA ! ! ! et qu’en 2025 le diabète sera probablement la première cause d’incapacité et de décès dans le monde. 

Monsieur DIOP a déclaré qu’il n’était pas du tout étonné que dans notre pays la maladie continue à être ignorée par les pouvoirs publics car les diabétiques ne sont toujours pas parvenus à mettre sur pied une structure dynamique et crédible au niveau national. 

Il a réaffirmé que l’ADN souhaite que les Antennes qu’elle a implantées à Nouakchott, Rosso, Boghé et Ndiago, se transforment dès que possible en Associations à part entière tout en portant à un niveau supérieur les solides et loyales relations qui les lient. 

Il a beaucoup insisté sur la nécessité pour tous les diabétiques de s’organiser dans des associations locales et de se mobiliser au niveau national pour la mise en œuvre, le plus rapidement possible, d’un Programme de Prévention et de Contrôle du diabète et des maladies associées conformément à la Résolution  61/225 du 20 décembre 2006 des Nations Unies et à l’« Appel à l’Action de Maurice » lancé le 14 Novembre 2009 par l’OMS avec plusieurs partenaires internationaux dont la Fédération Internationale du Diabète.  

Dans tous les pays limitrophes (Maroc, Sénégal, Algérie, Mali), sous la pression des associations de diabétiques, les gouvernements ont fini par prendre conscience de l’ampleur du fléau et de son impact désastreux sur leurs politiques de développement socio-économique. 

Ils appliquent depuis plusieurs années déjà,  avec plus ou moins de réussite, des programmes de lutte contre le diabète. 

Chez nous, compte tenu de la vitesse à laquelle la maladie progresse, de son coût financier par rapport aux revenus dérisoires de plus de 80% des patients, de l’absence d’une couverture médicale pour plus de 90% de la population, de l’inexistence de structures d’accueil appropriées ; du taux élevé d’analphabètes ;  et si l’on estime que plus de 45% des diabétiques ignorent qu’ils sont atteints ; il faudra alors s’attendre à une véritable hécatombe sous peu de temps si l’Etat s’obstine à ne rien faire. 

  

Le président a enfin révélé que son séjour en Espagne en mars 2010 lui avait permis de contacter Mme Sylvia Blanco, présidente de l’Association des Diabétiques de Gran Canaria (ADIGRAN), Dr Ricardo Redondas président de l’ONG Salud para Todos , partenaire de l’ADN depuis 2006 et Dra Lourdes Gonzales diabétologue très connue à Nouadhibou. 

Tous lui ont fait part de leur totale disponibilité à soutenir les diabétiques de la Mauritanie. 

  

La délégation accompagnée du responsable de l’Antenne de Nouakchott s’est rendue à l’OMS pour y rencontrer Dr Amadou Racine KANE avec qui elle a fait un tour d’horizon de l’actualité des associations des diabétiques chez nous et dans le monde. 

La mission achevée la délégation a regagné Nouadhibou dans la nuit du 16 avril 2O10. 

  

Communication ADN 

Nouadhibou 




Mauritanie/arabisation

21042010

 

 La guerre des identités n’aura pas lieu 

 

Sept syndicats d’étudiants de l’université de Nouakchott ont annoncé samedi dans un communiqué conjoint « la fin » des manifestations au sujet de l’arabisation en Mauritanie. Ils ont en outre décidé de créer une coordination pour condamner toutes les formes de violences au sein de l’université » et « rejeter toutes les tentatives de politisation » de leurs revendications. 

Par cette décision, les étudiants coupent court à toute tentative de récupération de leurs causes et refusent l’instrumentalisation. 

De violentes émeutes avaient éclaté mercredi dernier  dans l’enceinte de l’université de Nouakchott entre étudiants arabisants et étudiants francophones. D’autres manifestations avaient eu lieu quelques semaines plus tôt consécutivement à la perspective d’arabisation du système éducatif et de l’administration mauritanienne. A la veille des vacances du second trimestre la police anti-émeute avait eu à en découdre avec des étudiants francophones négro-africains. Bilan : sept blessés et plusieurs arrestations. 

Cette semaine, c’est une tentative de marche musclée d’étudiants arabisants qui est avortée par l’anti-émeute. 

De quoi réveiller les souvenir de crises passées relativement aux  options arabe et française  qui ont sévi en 1966. 

Toute la polémique actuelle autour des clivages arabe français a été ravivée non par les discours de commémoration de la journée de la langue arabe, mais par la réaction du PM face à un journaliste francophone qui a sollicité un résumé de son exposé au cours d’une conférence de presse. Il s’en est suivi des débats très soutenus. Puis des manifestions étudiantes. Celles-ci ont été suivies de l’intervention du Ministre de l’enseignement supérieur et secondaire. Celui-ci, pour apaiser les tensions, s’était rendu à l’université pour présenter ses excuses aux étudiants négro-africains tourmentés suite aux propos du premier ministre. Ould Bahya, avait souligné que l’arabe n’est pas la langue de l’administration. Colère et frustration dans le milieu des étudiants arabisants qui se sont mobilisés en masse à leur tour pour se faire entendre tout en exigeant eux aussi des excuses de la part du gouvernement.
Suffisant pour que le campus de l’université de Nouakchott devienne une sorte de  champ de bataille où s’affrontent non plus des langues mais des identités diverses. 

Les idéologies récupératrices des causes n’ont pas tardé à mettre leur empreinte. Des partis politiques comme le Sawab et le Hatem réclament la tête du ministre ; coupable à leurs yeux d’avoir humilié l’arabité et d’avoir porté atteinte à leur arabité. D’un autre côté le Tawassoul se préoccupe d’apaiser les esprits et appelle  plus de sagesse. Pour ce faire, le parti de Jemil Ould Mansour lance une campagne pour l’unité Nationale. Des débats permettent à plusieurs points de vue de s’exprimer. 

Résultat : les étudiants choisissent de cesser toute manifestation. Même si des trouble-fête font passer des communiqués signés par des syndicats fictifs appelant à la haine, aucune violence n’a été enregistrée en début de semaine 

 

La guerre des identités n’aura donc pas lieu en Mauritanie. Du moins c’est ce que semble promettre la sortie samedi de la Coordination de l’Opposition Démocratique. Les discours sur la question ne font pas de cadeau aux autorités : « les manières dont le gouvernement gère ce dossier de langues risquent de le compliquer et de produire davantage des difficultés pour le résoudre ». 

Aboubecrine O.Sidy

Source : La Tribune 




Khessal

21042010

« La beauté » du « diable »…

 

Pourquoi les femmes noires en général et les hommes, dans certains pays, notamment en Mauritanie éprouvent-ils le besoin de s’éclaircir la peau ?

Triste portait d’un idéal virtuel et éphémère ? Pour des raisons parfois difficiles à expliquer certaines personnes s’adonnent au « Khéssal » qui est un mot wolof qui veut dire blanchiment de la peau. Pour des raisons psychologiques, esthétiques, ou par manque d’information des hommes et des femmes se rtrouvnt dans un véritable casse-tête : devenir « blanc » !

Ces adeptes de la dépigmentation se retrouvent malgré eux dans une course folle, pour s’éclaircir la peau à tout prix dans un délai record et en même temps débourser une manne financière considérable.

Les causes de cette dépigmentation ont des origines historiques, sociologiques et psychologiques. La colonisation et l’esclavage ont joué un rôle prépondérant dans cet acte « se blanchir la peau ».L’africain (précisément les noirs) à toujours eu un complexe d’infériorité par rapport aux Européens .L’homme et la femme occidentaux  représentaient un modèle auquel l’africain devait s’identifier. Il en était de même aux Etats-Unis durant l’esclavage et par la suite durant la ségrégation raciale. La femme noire était souvent caricaturée et dévalorisée dans les publicités, la femme à la couleur café représentait toujours ceci : très noire, nez épaté, grosse lèvres et toujours dans le rôle de la bonne femme de ménage ou de la cuisinière !

Cette image peu enviable de la femme noire fut renforcée  exagérément par l’influence des médias, ou la femme claire ou métisse est mise en avant (magazine de mode, publicité, cinéma).

 Dans le milieu professionnel aussi, certaines entreprises  préfèrent les femmes blanches aux femmes noires, prétendent certains.

Revenons un peu à la question de la dépigmentation : qu’est ce que c’est ? Et en quoi elle consiste ? Quelles sont ses conséquences ?

La dépigmentation c’est une opération qui consiste à s’éclaircir la peau, par différents procédés. L’objectif est de se débarrasser du pigment : une substance qui colorie la peau des noirs. En général, pour se blanchir la peau les individus utilisent les produits cosmétiques à base d’hydroquinone.

L’hydroquinone ! Voila qui est intéressant, pourquoi dans les produits cosmétiques on cherche toujours ce composé ? En utilisant les produits de beauté à base de cette « toxine »,  pourquoi, l’éclaircissement est incontestablement au rendez vous ? Pourquoi, tant de points d’interrogation, au tour de cette substance : est ce vraiment une formule magique ou une véritable arme de destruction « massive » pour la peau.

 L’hydroquinone aussi appelée benzène -1,4-diol, est un composé organique aromatique apparenté au phénol, de formule suivante C6H4 (OH) 2 et qui se présente sous une poudre solide dans les conditions normales de pression et de température. En solution aqueuse, l’hydroquinone à de nombreuse utilisation principalement en raison de son action comme agent réducteur. C’est l’un des composant majeur dans le développement photographique ou, en présence de métal ou de phénol, elle réduit les sels d’argent exposés, invisibles, en argent métallique. Pour se transformer, où plutôt se doter d’un teint superficiel, ces complexés procèdent par différente manière. Il y’en a qui se concoctent des cocktails à base d’eau de javel, de champoing, d’eau oxygénée, de mélange de tubes de pommades ou de gels dermatologiques portés a ébullition. Il y’a d’autres qui utilisent toute sortes de produits, peu importe leur provenance (Afrique, Europe ou Asie), l’essentiel qu’ils contiennent de l’hydroquinone et qu’il soit mentionner sur leur étiquette éclaircissant. Et d’autres qui se font injecté des injections de quinacores (comme le cas de Michael Jackson), produit qui à l’origine était utilisé pour soigner le rhumatisme. Ou pire encore de se blanchir la peau en prenant soins de s’enduire de « Niaral » autre terme spécifique aux amateurs du Khéssal: mixture à base de produits chimique de toute sorte pour s’arracher la peau après sa pourriture suite à son  utilisation. Par ailleurs l’usage des  produits à base d’hydroquinone son interdit dans certains pays comme
la Gambie ou dans toute la zone européenne depuis février 2001. Ceci par crainte d’effets cancérigène et des « complication » graves.

Les crèmes ou produit de beauté (Movate, néoprosonne gel, clovate, etc.), que l’on retrouvent sur le marché sont en grande parti remplis de corticoïde et d’autre substances nocifs en plus de l’hydroquinone. Ces produits ont des effets malheureusement irréversibles, car ce n’est pas seulement la peau qui est touchée. Ils s’introduisent dans le sang avec des conséquences très dangereuses sur la santé : acné, kystes, pustules, taches brunes, peau claire avec des zones plus foncés au tempes, atrophie cutanée, vergetures, rupture des fibres élastique de la peau, problèmes de cicatrisation, complication lors des opérations, hyperpilosité, accentuation des virus, mycoses et parasites (herpès, gale, rougeurs). En plus de ça, l’augmentation du diabète et de son aggravation, de l’hypertension, augmentation des risques cardiovasculaires et l’ulcère. A quoi sa sert de s’autodétruire, de se défigurer à jamais ou à se rendre malade, pour alimenter un marché (des produits éclaircissants) hyper fructueux, car il draine chaque année plus de 500 million de dollars !!!

La semaine dernière le Centre National Hospitalier de Nouakchott (C N H), a reçu plusieurs cas de complications graves, présentant des symptômes  alarmants et se manifestant par des pathologies diverses inconnues de nos services de dermatologie. Des cas, qui après des examens approfondis se sont avéré être  des dermatoses aggravées par la présence d’hydroquinone en grande quantité dans leurs organismes. Attention, même si on n’en parle pas il y a beaucoup de décès dus au cancer de la peau.

 

 

Feinda. Traoré.   

Source : La Tribune




Tiris : Implantation de l’UPR malgré quelques embûches

21042010

 

  

La campagne d’implantation et d’adhésion du parti au pouvoir couvrant l’étendue du territoire national fait son  bonhomme de chemin au Tiris Zemmour. 

A cet effet, la commission régionale d’implantation et d’adhésion présidée par le député d’Atar Sidi Mohamed Ould Maham est entrée de plain-pied dans la sensibilisation et des rencontres avec les populations en vue d’une adhésion massive à l’U.P.R.. 

Après la mise en place des commissions d’appui à la commission régionale d’implantation, les différents responsables de la campagne ne cachent pas leur optimisme quant au succès de  l’implantation dans la région. 

Ils ont rencontré des ensembles tribaux, des regroupements féminins ainsi que des associations de jeunes. Lors de ces rencontres, les populations n’ont pas manqué d’évoquer les difficultés auxquelles elles sont confrontées et de montrer du doigt des chefs de service régionaux qui ne s’acquittent pas de leur devoir envers elles. Le responsable régional du C.S.A. a ainsi été pointé du doigt pour sa gestion des vivres et des reliquats de produits alimentaires. 

 

 Renouveler ou faire du surplace 

 

EN effet,  pour arriver à une implantation réussie, les missionnaires du parti devront mouiller le maillot et aller au charbon dans une région où les barons  politiques locaux n’hésitent pas à tourner la veste au moment opportun. A cet effet, ils devront œuvrer à rassembler les politiques locaux pour surmonter les divergences entre les différentes tendances du parti et surtout éviter d’être embobiné par des ensembles tribaux. Ces mêmes leaders politiques locaux ont intérêt à  se surpasser pour resserrer les rangs et sceller l’unité. Le terrain politique zouératois est en bouillonnement, chacun cherche à se placer ou placer un proche. Mais, le parti au pouvoir a intérêt de ne pas marcher sur le chemin du défunt PRDS-R. La grande majorité  Des leaders politiques locaux qui ont fait la pluie et le beau temps dans les rangs de ce parti cherchent à se frayer du chemin et faire ainsi main basse sur les prochaines structures régionales du parti. Certains militants n’hésitent pas à grogner à l’idée de voir les mêmes figures politiques qui multiplient le nomadisme. 

A signaler que des chefs  de services régionaux ne s’impliquent pas beaucoup dans la politique locale ainsi que la majorité des cadres de
la SNIM laissant ainsi le champ libre à des politiciens souvent au crépuscule de leur carrière. Cet effacement pourrait être préjudiciable au Parti qui s’implante. 

Même si les dirigeants de l’U.P.R. prônent la rupture d’avec les pratiques du passé, cela se traduit pas sur le terrain politique, la méthodologie de la chasse aux voix n’a pas évolué : rencontre avec des ensembles tribaux, des familles, des clans, ainsi, les réalités politiques tribales et régionales sont encore vivaces. Si le Président Mohamed Ould Abdelaziz  a la volonté de débarrasser
la Mauritanie de ces pratiques, il devrait bénéficier des coudées franches de ses soutiens politiques. A son actif, le soutien des populations qui adhèrent à ses idéaux et lui renouvellent sa confiance. Les 65% que le Président OULD Abdelaziz a engrangés dans le département de Zouerate lors de l’élection présidentielle seront-ils recueillis à l’issue de la campagne d’implantation de l’U.P.R. Un défi de taille pour les responsables régionaux de l’implantation, idem pour les leaders politiques locaux. 

  A cette occasion
La Tribune  a rencontré
le chargé de
la Communication pour
la Commission régionale d’adhésion et d’implantation des structures du Parti de l’Union pour
la République dans
la Wilaya de Tiris Zemour, Dr Sidi Ould Aloueimine.
 

 


La Tribune : Dr Sidi Ould Aloueimine, pourriez-vous nous dire un mot sur le déroulement de
la Campagne d’adhésion et d’implantation des structures du Parti de l’Union pour
la République dans
la Wilaya de Tiris Zemour ?
 

 

SOA : Je tiens tout d’abord, au nom du Coordinateur Régional, le Député Sidi Mohamed Ould Maham et au nom de toute
la Commission de sensibilisation, d’adhésion et d’implantation des structures du Parti de l’Union pour
la République (UPR)dans
la Wilaya de Tiris Zemour, à vous remercier de m’avoir donné cette occasion pour partager avec l’ensemble des sympathisants du Parti, à travers le pays, l’excellente impression que j’ai eue quant à l’orientation générale des populations vers l’adhésion massive, volontaire et inconditionnelle à notre Parti. 

Par rapport au déroulement de la campagne, elle se passe dans d’excellentes conditions d’organisations et de transparence qui doit guider toute l’opération. Nous venons de lancer la phase d’adhésion, après une semaine d’information et de sensibilisation marquée par la participation volontaire des acteurs politiques locaux, des cadres et des jeunes de
la Wilaya, qu’ils soient structurées en groupes ou organisations, toutes composantes confondues, ou de manière individuelle. 

 


La Tribune : Dr, quelles sont, selon vous, les raisons de cette orientation générale vers votre Parti et particulièrement à Zouerate ? 

 

SOA : Plusieurs facteurs ont concouru à cela. Tout d’abord ceci est la suite logique de l’élan d’adhésion au Programme électoral  du Président de
la République, manifesté par la majorité des populations du pays, que cette ville de Zouerate réincarne parfaitement aussi bien du point de vue ethnique que du point de vue régional. Les citoyens ainsi, particulièrement enthousiastes et motivés par ce Programme, tiennent à participer dans l’édification de la base de ce Parti contribuant ainsi à la  réalisation de ce Programme. Ceci est d’autant plus important que le discours du Parti, que nous transmettons aujourd’hui, représente, pour ces populations, une réelle volonté de rompre avec les pratiques du passé en vue de construire un Parti citoyen, dans lequel l’adhérent à la base se sentira un acteur actif dans la construction et le développement du pays. 

 


La Tribune : Dr, vous avez parlé de ruptures avec les pratiques du passé, mais sur le terrain, il semble que la méthodologie d’approcher les populations n’ait pas changé, avez-vous cette impression ? 

 

SOA : Vous savez que le parti est contre cet état de fait, ce sont des pratiques révolues, mais les populations viennent à notre contact en groupes structurés par associations, par clans ou par tribus, de ce fait mous ne pouvons pas les rejeter, nous les recevons tout en faisant passer le message du parti, nous souhaitons que l’adhésion se fasse de façon individuelle, volontaire et surtout avec conviction. 

 


La Tribune : Dr, comment avez-vous procédé sur le terrain concernant le découpage de la ville et l’opération d’adhésion ? 

 

SOA : Afin de faciliter cette opération, qui est réellement celle la plus importante du processus, nous avons procédé à un zonage géographique qui a permis  de diviser tout d’abord la ville en deux grands lots puis en secteurs et en sous-secteurs ou unités de bases. Les opérations d’adhésion, qui ont débuté hier, sont conduites par des équipes de trois à 5 volontaires sympathisants du Parti, sous la supervision de
la Commission Départementale. Pour garantir le maximum d’efficacité et de transparence nous avons tenu à ce que ces volontaires soient choisis parmi les cadres responsables de manière à refléter toutes les composantes et sensibilités dans la ville. 

 


La Tribune: Les résultats de la  présidentielle en juillet dernier ont donné au Président Mohamed Ould Abdel Aziz plus de 60 % des voix à Zouerate. Pensez-vous que le taux d’adhésion des populations atteindra ce taux sachant que si les candidats pour occuper des postes dans les structures du Parti ici à Zouerate seront les mêmes anciennes figures, ceci peut affecter la participation ? 

SOA : Je saisis cette occasion pour remercier nos concitoyens membres des autres Partis de
la Majorité pour leur soutien, au cours de la présidentielle de juillet 2009, et pour leur apport dans le score réalisé à Zouerate. 

Par ailleurs, il y a lieu de distinguer entre l’adhésion au Parti, qui est une opération toute à part, et l’élection d’une ancienne figure politique qui n’est pas nécessairement décommandée dans cette opération de mise en place des structures de base du Parti. Le choix revient aux adhérents qui en assumeront l’entière responsabilité dans le futur. 

Conformément aux principes fondamentaux qui guident  la présente campagne d’adhésion et d’implantation, je rappelle que l’adhésion est individuelle et volontaire et nous demandons à tous nos sympathisants de confirmer leur appartenance au Parti par une adhésion officielle dans leur lieu de résidence actuelle. Compte tenu de la mobilisation des populations que nous avons observée tout au long de la phase de sensibilisation pour soutenir le Parti, il me semble que le taux d’adhésion à Zouerate sera parmi les plus importants dans le pays. 

Quant au choix des individus qui occuperont des postes dans les structures du Parti, il est important de rappeler que ce choix est celui des populations elles-mêmes et le Parti ne peut intervenir ni dans la méthodologie déjà adoptée dans ce choix qui est déjà définie dans les guides du Parti. Toutefois,
la Commission pourrait intervenir lorsque dans l’unique cas pour une discrimination positive les femmes et les jeunes ne sont pas suffisamment représentés comme le stipulent les directives du Parti. 

                                   

    Propos recueillis par Djibril Amadou SY CP/ Zouerate

Source : La Tribune n°497




L’opposition fait peur

21042010

 

Des milliers de militants étaient au rendez-vous au meeting de la coordination de l’opposition samedi dernier. Malgré trois meetings de l’Union pour la République (UPR) au pouvoir. Plus de militants que la dernière fois quand la coordination manifestait pour les hommes d’affaires. Thème choisi : «Echecs et Duperies du Régime». L’occasion de formulaires de sévères critiques à l’encontre du pouvoir en place et à son chef le Président Mohamed Ould Abdel Aziz. En dénonçant ce qui paraît pour eux comme «dérives dictatoriales» et «incapacité à gérer le pays». Ce qui, pour eux, «a entrainé le pays dans une crise qui sévit à tous les niveaux».

«Mohamed Ould Abdel Aziz et son gouvernement n’ont pas de vision pour la Mauritanie, la preuve, ils veulent mettre en péril ce que nous avons de meilleur actuellement: l’unité nationale. De nos jours, il est inopportun de susciter un problème entre les différentes communautés du pays», dira Bâ Mamadou Alassane, président du PLEJ.

Intervention remarquée, celle de Me Mahfoudh Ould Bettah, ancien ministre de la justice de la transition et porte-parole du groupe qu’on dit proche de l’ancien président du CMJD, le colonel Eli Ould Mohamed Val, candidat malheureux à l’élection présidentielle du 18 juillet dernier. Me Ould Bettah, après avoir annoncé le ralliement au camp de l’opposition de son groupe, s’en est violemment pris au pouvoir qu’il a décrit comme étant «une dictature», affirmant qu’il «méprise aussi bien ses partisans que ses adversaires, et qu’il adopte des politiques fondées sur la démagogie et les règlements de comptes», ajoutant que «la Mauritanie vit actuellement une menace sans précédent pour son unité et son intégrité».

Le groupe de Me Ould Bettah a d’abord essayé de coordonner avec l’Alternative de Mohamed Yehdhih Ould Mokhtar el Hacen et le PR de Louleid Ould Weddad en vue de créer une structure commune. Puis les négociations ont été élargies au PNDD (Adil) de Yahya Ould Ahmed Waghf, ancien Premier ministre de Sidi Ould Cheikh Abdallahi. Si les négociations avaient abouti, le parti qui aurait pu être créé à la suite de la fusion serait devenu le premier parti d’opposition du point de vue de la représentation au Parlement. Ce qui aurait pu entraîner quelques «dérangements» dans l’équilibre actuel.

Dans un communiqué rendu public par le RFD, il est dit que son président, Ahmed Ould Daddah a reçu en audience un groupe de cadres dirigé par Me Mahfoudh Ould Betah et que les deux parties on évoqué, lors de l’entretien, la situation actuelle du pays ainsi que les défis majeurs auxquels il fait face, en particulier sur le plan politique et économique. Et le communiqué de préciser: «Les deux parties ont exprimé également leur disponibilité à poursuivre ce dialogue en vue de contribuer à une sortie de la crise actuelle par le renforcement d’une démocratie réelle, à même de garantir au Peuple mauritanien la réalisation des ses aspirations quant à une bonne gouvernance qui prenne en compte ses attentes, et de préserver la stabilité du pays et son unité, loin de toute dérive unilatérale et dictatoriale. Le Groupe a exprimé sa ferme détermination à coordonner son action avec la Coordination de l’Opposition Démocratique». Processus à suivre.

«En Mauritanie, il n’y a pas de crise identitaire, mais plutôt une crise politique depuis le renversement du président Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi. A un moment donné, Ould Abdel Aziz s’est fait appeler le  »président des pauvres », seulement, vous conviendrez avec moi que la situation des pauvres n’a guère amélioré. C’est parce que Mohamed Ould Abdel Aziz ne fait rien dans le sens de l’amélioration des conditions de nos populations les plus démunies. Il ne se soucie même pas de leur vie, ni celle de leurs enfants. J’en veux pour preuve le déménagement des populations d’Arafat et Hay-Saken, en pleine année scolaire. N’est-ce pas une manière de troubler la scolarité de leurs enfants?» a déclaré Mohamed Ould Maouloud, président de l’UFP. Lui a comparé le Président Ould Abdel Aziz aux «jeunes cascadeurs de notre époque et qui nous font peur». Et si le problème pour l’opposition était de suivre le rythme de Ould Abdel Aziz ?

Pour sa part, le président du parti Adil, Yahya Ould Ahmed Waghf a déclaré que la COD, par ce meeting, envoie au pouvoir un avertissement pour amorcer le dialogue avec elle, tel que stipulé dans l’Accord de Dakar pour l’après élections présidentielles.
Intervenant, à son tour, le président du RFD Ahmed Ould Daddah dira: «La Mauritanie n’a besoin que du changement au niveau de l’exécutif et rien d’autre. Ce qui se passe actuellement au sein de l’université de Nouakchott n’est pas digne d’un gouvernement qui se préoccupe de la cohésion nationale entre les différentes composantes de sa populations».

Enfin, le président en exercice de la COD, président de l’Assemblée nationale et président de l’APP, Messaoud Ould Boulkheir prendra la parole pour dire: «Si Ould Abdel Aziz était le ‘’président des pauvres’’ comme il aime se faire appeler, la situation des pauvres allait aujourd’hui trouver une solution. L’identité de notre peuple est islamique, arabe et africaine. Nous avons des Arabes, des Poulars, des Soninkés, des Wolofs et des Bambaras. C’est malheureux d’assister à ce qui se passe actuellement au sein de notre seule et unique université. Si Mohamed Ould Abdel Aziz est incapable de faire le bonheur des populations mauritaniennes qu’il s’en aille de la présidence de la république. Lui et son gouvernement ne cessent de montrer leur incapacité de gouverner». Il y a moins de deux semaines, le même Ould Boulkheir déclarait que, même s’il n’était pas pour les coups d’Etat, il ne verserait aucune larme si demain il y avait un coup d’Etat contre Ould Abdel Aziz. Nous en sommes là.

(avec agences)

Source : La Tribune n°497




A Son Excellence, Monsieur le Ministre de la Communication et des Relations avec le Parlement

21042010

      

 

 

Monsieur le Ministre, je ne vous connais pas personnellement. J’ai entendu dire que vous êtes de Nouadhibou et que vous fûtes même maire de cette cité chère à tous les mauritaniens. Nos contemporains  racontent que cette ville était une destination prisée de nos voyageurs qui partaient à l’aventure à cause de sa prospérité. On y trouvé aisément du travail et on pouvait envoyer de l’argent aux siens restés dans le campement ou dans le village. De retour chez soi on pouvait rapporter une « Zarbiya », une « Egusse » ou une montre seiko- objets qui confèrent à leur propriétaire une certaine respectabilité dans
la Mauritanie profonde. Mais que les habitants (de souche) de Nouadhibou se rassurent. Même si de nos jours Nouadhibou, n’est plus ce bout du monde, jadis havre de fraîcheur et de prospérité économique, elle continue néanmoins d’occuper une place de choix dans le cœur de chaque mauritanien.

 

 

Cette parenthèse faite, je reviens Monsieur le Ministre à ma lettre. Excellence vous disposerez désormais d’une voiture de service avec une bande verte. Vous disposerez également d’un bureau spacieux et d’un personnel immédiat composé d’un secrétaire particulier, d’un garde (national) de corps, et de deux à trois plantons. Le garde vous collera à la peau et les plantons vous gaveront de thé à longueur de journées.

 

 

En plus des chargés de mission,  de nombreux conseillers,  des inspecteurs,  des directeurs centraux, des chefs de service,  et autres employés du Ministère vous aurez également (en théorie)  sous vos ordres trois établissements publics :l’Agence Mauritanienne d’Information (A M I ), Radio Mauritanie  ( R M ) et
la Télévision de Mauritanie ( T V M ). Il cependant de notoriété publique que les directeurs généraux de ces trois établissements négligent souvent et courtoisement le  Ministère de la communication. Et si d’aventure, vous envisagiez d’exercer un brin de vos compétences (que vous confère d’ailleurs votre statut de Ministre de Tutelle) sur ces établissements ils vous ignoreront. Cependant, vous serez toujours exposé à être éjecté en cas de boudes de ces bêtisiers de la presse officielle. Le Ministre de la communication est ainsi un maillon faible de la chaîne gouvernementale.

 

Monsieur le Ministre, le portefeuille de la communication et aussi l’un des plus des ingrats du gouvernement. N’ayant qu’une autorité de façade sur ses subordonnés (A M I, R M, T V M) ; épié en permanence par une presse indépendante attentive, interface entre des gouvernements souvent décriés et une opinion publique jamais satisfaite, c’est le Ministre de
la Communication qu’on envoie sur les charbons ardents. Quant il y a des problèmes entre le pouvoir et l’opposition c’est le Ministre de
la Communication qui monte aux créneaux. Cas de torture avéré ou non  dans le pays, cas d’esclavage avéré ou non, rumeurs entachant la crédibilité du pays avéré ou non etc.… c’est toujours le Ministre de
la Communication qui parle et par conséquent qui s’expose à la vindicte (passive) de l’opposition.

 

Excellence vous recevrez continuellement dans votre bureau et aussi dans votre domicile des vagues de visiteurs. Certains vous diront qu’ils sont indispensables et qu’ils veulent vous donner un coup de main. D’autres vous diront qu’ils sont bardés de diplômes et qu’ils sont prêts aussi à vous donner un coup de main. Les uns et les autres ont un seul dénominateurs commun : la perspective d’une nomination. Monsieur le Ministre, faîtes comprendre à vos parents et amis que vous êtes tout simplement une sentinelle de la république –sentinelle assise dans un bureau. Ne prenez pas ça Monsieur le Ministre comme une offense. C’est hélas l’image que nous ont laissé jusque la vos prédécesseurs au Ministère de
la Communication, à moins que la république ne rétablisse le Ministre de
la Communication dans ses prérogatives comme les autres Ministres.

 

 

1-      Lui permettre de nommer et de congédier.

2-      Lui permettre de restaurer son autorité sur les établissements publics théoriquement relevant de son département (AMI, RM, TVM).

3-      Le laisser assainir ces mêmes établissements sur le plan des ressources humaines en l’autorisant à les débarrasser du personnel recruté par complaisance.

4-      Le laisser penser une véritable politique nationale de communication qui rompt avec l’information de la « jahiliya ».

-          L’information du culte de la personnalité.

-          L’information qui glorifie de façon outrancière et mensongère les pouvoirs publics (Essouloutate El Oumoumiye).

-          L’information du tabou et du silence sur les préoccupations du citoyen.                                                                                                                                               

 

Monsieur le Ministre, cette pratique d’une information partisane, tâtonne, orientée et censurée à la mode chez nous depuis le PPM (parti du peuple Mauritanien de Ould Daddah) est cultivé et entretenue par une génération de journalistes en complicité avec toutes les administrations qui ont dirigé ce pays (régimes civils et militaires confondus) à l’exception du pouvoir actuel.

  

 

Celui-ci a à plusieurs reprises en privé comme en public (visite récente de Mohamed O / Abdel Aziz à
la TVM) demandé aux responsables des organes de presse officielle de faire de leur établissements des instruments de communication au service du développement. Les organes de la presse officielles doivent insiste le pouvoir actuel refléter les préoccupations et les attentes des citoyens mauritaniens. Il est donc temps que les recettes journalistiques qui ont érigé une mythologie (non méritée) des pouvoirs publics et mystifié (avec mépris) les citoyens prennent fin.

 

Excellence, c’était là quelques remarques assemblées après plusieurs années d’observation du Ministère de
la Communication et de son champ compétence. J’ai jugé utile de les  porter à votre attention au moment où on vous confie ce département.

 

Tout en vous exprimant ma très haute considération je vous souhaite Monsieur le Ministre bonne chance.




Lettre ouverte à Monsieur le président de la république

21042010

                                    

 

 

Monsieur le président,

 

Deux raisons font que je vous écrive aujourd’hui au sujet de la raffinerie de pétrole de Nouadhibou dans l’espoir d’être lu et entendu.

 

La première,  parce que je suis témoin depuis l’avènement du 18 juillet 2009 du fait que la Mauritanie est devenu un grand chantier au bénéfice du citoyen mauritanien. Je profite ici de cette occasion pour vous en féliciter assez vivement et annoncer mon adhésion complète à  la réalisation de votre programme politique.

 

La deuxième, étant liée à mon cursus. Ayant été chef de production avec Naftal (société algérienne) pendant plus d’une décennie et gérant de l’activité du stockage et du port pétrolier  pour une durée de cinq ans avec la MEPP, aujourd’hui à la SOMIR, j’ai en charge la centrale électrique de la Raffinerie qui approvisionne la ville de Nouadhibou au profit de la SOMELEC après avoir supervisé sa réhabilitation en 2007.

 

Tout d’abord, il faut reconnaître que la raffinerie a été victime pendant long temps d’une grande campagne d’intoxication ayant pour objet de “la jeter à la mer“.

 

Cette raffinerie qui a été construite pour raffiner un pétrole léger a pu approvisionner le marché national avec Naftal pour une période de 15 ans. Cela a eu lieu malgré que cette société tenait à la faire fonctionner uniquement avec le pétrole algérien.

 

La différence de son procédé de fabrication assez remarquable par rapport à celui des raffineries algériennes lui permet de traiter d’autres types de pétrole légers, moins chers et ayant un rendement en gasoil assez élevé répondant parfaitement bien à notre marché national contrairement au pétrole algérien assez riche en essence.

 

Cette question, en plus des problèmes techniques de la raffinerie, ont fait l’objet de la lettre ouverte que j’ai adressé au président de la république en 2002 et à celle adressée au comité militaire en 2005.

 

Le personnel de cette raffinerie composé d’ingénieurs et de techniciens hautement qualifiés n’a jamais été consulté à ce sujet. Il aurait pu pourtant aider à la recherche de la solution la plus juste à ce problème.

 

En plus, compte tenu de sa position géographique, de sa grande capacité de stockage et de l’importance de son port pétrolier, plusieurs sociétés étrangères ont manifesté leur volonté de participer dans le cadre d’un partenariat à sa réhabilitation mais ont été toutes refoulées.

 

La dernière étude faite en 2008 par le bureau d’étude canadien “Cima-Optec“ à laquelle j’ai participé personnellement en tant qu’expert de raffinage a montré que le coût de réhabilitation de la raffinerie est de 30 millions $ US alors que la construction d’une nouvelle raffinerie coûterait 715 millions $ US.

 

Se trouvant dans une situation de corrosion très avancée par manque d’entretien, ses équipements essentiels sont encore fonctionnels selon cette étude.

 

Je tiens à préciser ici que cette étude, assez riche, reste encore incomplète.

 

En plus, pour une question de souveraineté, il serait indispensable pour notre pays de faire fonctionner cette raffinerie au moins pour les besoins de notre marché intérieur avec notre propre pétrole d’une part et d’assurer notre indépendance vis-à-vis de l’extérieur d’autre part. Le coût des modifications à apporter sur les installations pour lui permettre de traiter le brut de chinguitti est de 10 millions de dollar US.

 

Pour l’anecdote, lors du coup d’état de 2003, je n’ai pas pu avoir l’autorisation d’un armateur pour faire décharger la cargaison de son bateau d’importation suite à ces troubles. La situation aurait pu être catastrophique si les évènements avaient duré longtemps créant inévitablement une crise en produits raffinés sans précédent sur tout le territoire national.

 

Aujourd’hui, avec la future réhabilitation du port et du parc de stockage uniquement, la raffinerie est plus que jamais mise dans une situation d’oubli devant conduire inévitablement à sa dégradation totale au moment où on s’attendait à une solution globale.

 

En attendant une solution définitive à ce problème, la raffinerie doit être mise en conservation. Cela permettra d’éviter sa détérioration. Quant à son personnel, il est nécessaire de l’orienter dans d’autres raffineries et de lui assurer des recyclages dans le domaine du raffinage comme ce fût le cas en 1979.

 

Monsieur Le Président, j’ai tenu donc à vous faire part de cette situation dans l’espoir que cette raffinerie soit sauvée pour qu’elle puisse accompagner notre progrès économique.

 

En espérant que le vent du changement que connaît le pays puisse enfin arriver chez nous, je vous prie d’agréer, Monsieur le Président de la République, l’expression de ma très haute considération.

 

 

 

El Hadj OULD SIDI BRAHIM

Ingénieur d’Etat en  Raffinage-Petrochimie

Raffinerie de Nouadhibou




21042010

La TVM… toujours incapable de s’ouvrir !

L’émission Club de la Presse du samedi 17 avril prévue à 22H juste après le JT de 2H30 a été purement et simplement annulée. Prétexte avancé au présentateur de l’émission par ses supérieurs : sur un journal posé sur la table on voyait la photo du président déchu Maouya Ould Sid’Ahmed Taya.

Ça ne tient pas la route : à la TVM on camoufle facilement ce que l’on ne veut pas montrer.

Deuxième prétexte : il fallait censurer des propos tenus par l’un des invités, moi, pour que l’émission puisse être diffusée !

Le présentateur n’est pas pour ce principe : tout se tient dans cette émission. La charcuter, c’est lui faire perdre sa valeur.

Rien à faire. Samedi, au lieu d voir à l’écran à l’heure prévue Cheikh Zeine Lessem et ses invités, les spectateurs se voient servir un autre plateau avec tout autre chose que ‘Club de la Presse’. Surprise générale : la TVM a encore une fois montré ses limites : incapacité à s’ouvrir.

Enregistrée jeudi, l’émission avait pour sujets essentiels : la polémique autour des déchets toxique ou polluants, l’électrification la veille d’un quartier de Riyad et naturellement le débat sur la langue arabe et la question identitaire. Rien de grave normalement. Mais à la TVM on a peur de ceux qui sont libres. Pourtant il y a quelques semaines, Ould Abdel Aziz leur avait dit, du moins c’est ce qui a été rapporté, de s’adapter s’ils ne veulent pas disparaitre et de cesser leur flagornerie….

Par cette annulation de l’émission, la TVM a porté atteinte à la liberté d’expression.

Que peut faire la HAPA dans ces conditions ?

Kissima

Source : La Tribune n°497







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