La diversité culturelle n’est pas un handicap

12 04 2010

Suite aux propos récents de notre Premier ministre portant sur l’importance que revêt l’arabe pour notre pays et la nécessite de lui accorder sa place de choix  comme langue officielle, un débat passionné semble se dégager sur la question. Comme toujours, quand il s’agit d’une discussion afférente à un aspect de l’identité linguistique du pays, des réactions étaient attendues. Mais des  propos, a priori anodins, justifiaient-ils, pour autant, un tel déchainement de passions ? 

Jadis dénommée prosaïquement terre des hommes à cause des rigueurs qui y impose la nature au commun des mortels, l’existence dans notre pays, presque un siècle après l’assertion d’Antoine de Saint Exupery, reste encore difficile, pour la plupart d’entre nous, pour en rajouter en souffrances supplémentaires les uns aux autres. La vie au quotidien force déjà, en temps de paix, ses épreuves, sans merci, à la majorité d’entre nous. Y ajouter un fardeau de plus serait, plus qu’une faute de tact, un excès de maladresse. Le faix de la misère ne saurait en effet supporter trop longtemps le poids des tensions identitaires. 

A cheval entre le monde arabe et l’Afrique noire, le pays semble, depuis son accession à l’indépendance,  mal assumer le rôle de trait d’union qu’a voulu lui assigner ses fondateurs dès sa conception. Cette inadéquation entre l’aspiration fondatrice et la réalité d’aujourd’hui prend en fait sa source dans l’histoire, parfois tragique, de la cohabitation ethnique dans notre pays. L’instrumentalisation des identités culturelles à des fins politiciennes explique, en partie, cette tournure à  l’envers de notre projet d’état-nation. Un projet que  les bâtisseurs espéraient  voir évoluer en mosaïque  « arc-en-ciel. D’où le désillusionnement par rapport aux slogans d’unité nationale si chers aux patriotes de la première heure. D’où, évidemment, la déception et la sensibilité à fleur de peau que l’on entrevoit, aujourd’hui, dans  les réactions des uns et des autres. 

Nous allons tenter, dans le présent essai, de sonder l’importance de l’idée d’arabisation pour notre pays  avant de mettre en exergue les bienfaits d’un effort visant à promouvoir les autres langues nationales. Ce faisant, on mettrait l’accent, tout au long de notre réflexion, sur l’importance d’y bâtir un avenir commun sur des bases justes fondées sur l’impératif de justice et le souci d’équité. 

On conclurait notre analyse par un éclairage critique sur  le déviationnisme apparu récemment dans le mode de production d’un nouveau discours sur l’émancipation de certains laissés-pour-compte de  notre société afin de mieux en cerner la portée subjective. 

 Notre but étant, avant tout, d’initier, au travers d’un échange de vues et d’idées, un dialogue intelligent à même de nous permettre d’appréhender, ensemble, la complexité de certains  enjeux importants liés à notre devenir de pays multiethnique et multiculturel. 

  

La Question de l’arabisation 

Si l’utilitarisme de l’apprentissage, ou de l’usage, du français va de soi, pour le moment, en Mauritanie, le monopole de cette langue dans l’administration n’est pas un acquis dont la préservation relève nécessairement de la légitimité de droit. Bien qu’il soit une langue d’ouverture et de communication très utile, le français n’en demeure pas moins une langue étrangère. Par conséquent, le maintien de son statut actuel ne devrait se faire au détriment de l’utilisation de la langue officielle du pays ou de la promotion des autres  langues nationales. 

En effet, si on peut former des experts voire des élites dans une langue étrangère, on ne peut, cependant, éduquer des masses dans un medium qui leur est culturellement  étranger. Outre un outil de communication, une langue est aussi le  véhicule d’une culture et l’expression d’une civilisation. S’en approprier une sans précaution intelligente, c’est faire preuve de beaucoup d’inconscience et d’un manque réel de prudence ; c’est, en d’autres termes, se vouer à l’acculturation en singeant aveuglément les us et coutumes d’un monde différent.  Il va, sans dire, qu’on perdrait notre âme si on empruntait un tel chemin. 

Du reste, l’expérience sociologique et les recherches dans le domaine du développement ont prouvé, de par le monde, que l’essor d’une nation ne peut, durablement, prendre pied sans un affermissement de son indépendance culturelle et de sa personnalité identitaire. Or, il se trouve, au cœur de cette identité, un pilier de base : la langue. Sans un développement conséquent de ce socle identitaire, fondation première de toute culture, aucun épanouissement n’est possible. Mieux, aucune politique de développement ne peut réussir en en faisant fi. La préservation de l’héritage d’une nation et la promotion de ses cultures participent indéniablement de la logique de son développement intégré.  Outil d’expression identitaire par excellence, la langue demeure, si elle est conséquemment mise en valeur, une arme de choix dans le dispositif de toute politique de développement durable. 

Aucun exemple de développement réussi, que ce soit celui des tigres asiatiques ou avant eux celui du Japon, ou bien celui de la Chine, n’a pu se réaliser sans l’intégration, dans la stratégie de développement, de la dimension culturelle du progrès où le facteur de la langue joue un rôle essentiel. C’est à partir de cette base que s’effectue, sur l’entrefaite, le décollage de pays émergents comme le Vietnam, la Turquie, le Brésil  ou l’Iran. D’autres nations y ont investi un trésor d’énergies. 

En posant les bases de leur projet sioniste, les Ashkénazes ou  Juifs d’Europe, étaient particulièrement conscients de l’importance de cet aspect des choses dans leur projet de colonisation de la Palestine. D’où la mise sur pied, à cet effet, de l’Université Hébraïque de Jérusalem.  L’avènement  de cette institution académique, avant même la création de l’état d’Israël, démontrait l’importance que revêt aux yeux des pionniers du sionisme, la dimension culturelle de leur dessein. Leur effort participait, ainsi, de la revivification de la culture et de la civilisation judaïques ; d’où la décision, dés le départ, d’enseigner dans cette langue toutes les disciplines et à tous les niveaux. Le résultat est impressionnant : la renaissance d’une langue et d’une culture quasi-mortes il y a un siècle. 

L’émergence de l’arabe comme la langue de prédilection et d’instruction de millions de locuteurs participe de la même logique de renaissance culturelle et de réaffirmation identitaire. Son potentiel d’expansion qui chevauche les continents est, aujourd’hui, une preuve irréfutable de sa centralité géostratégique et de sa vitalité linguistique. 

Prétendre, donc, que l’Arabe ne peut pas servir d’outil de communication moderne et d’instrument d’acquisition du savoir c’est faire preuve d’une étroitesse d’esprit n’ayant d’égal que la morgue raciste de ceux qui ne voient pas d’utilité dans la promotion des autres langues nationales. C’est aussi faire preuve d’iniquité quand on sait qu’une majorité de nos compatriotes sont formés dans cette langue nationale qui plus est officielle. 

Comment peut-il en être autrement si on leur refuse l’opportunité de donner toute la mesure de leur potentiel dans leur langue de formation? Certains avanceront des arguments spécieux comme quoi les arabisants sont, par essence, médiocres et partant ne méritent que l’exclusion, le bannissement ou la condamnation à  la subalternité fonctionnelle. La vérité est que la médiocrité frappe sans partage des deux côtés. Ce qu’il convient d’évaluer objectivement, ici, ce n’est pas tant, comme le font insidieusement certains, la nature d’une langue donnée mais plutôt  la qualité du contenu appris dans cette langue. Le reste n’est que bluff. 

En vérité, l’avantage que confère  l’apprentissage de l’arabe n’est pas une chose qui prête, désormais, à équivoque tant la richesse  idiosyncratique de cette langue, ses qualités éclectiques et  l’immensité de son fond d’érudition ne sont plus une matière à polémique ou un sujet à prouver. Hormis les  inconditionnels d’un orientalisme révolu, personne ne se hasarde à ânonner, au sujet de cette langue, les  absurdités que répètent encore, chez nous, les adeptes d’une francophonie exclusive et étroite. 

En fait, Il ne s’agit vraiment que d’une frange minoritaire au sein de l’élite francophone qui perçoit, à tort, l’ascension de l’arabe comme une menace sans précédent et un danger existentiel qu’il faudrait combattre coûte que coûte. Prisonniers de leur déracinement, sans âme propre ni fierté identitaire, confondant inconsciemment leurs illusions d’avec l’intérêt général, ces aliénés culturels demeurent, en permanence, séparés de leurs base populaire et des aspirations réelles de leur peuple. 

Toutefois, l’aliénation n’est pas, faut-il le souligner, le propre d’une classe ou l’apanage d’une ethnie. C’est un fléau qui afflige une bonne partie des élites du tiers-monde et inhibent les possibilités de développement endogène de bien de nations sur notre continent. Son danger réside dans l’écart qu’elle crée entre les besoins d’émancipation des masses et les calculs opportunistes ou inconscients de certaines élites urbaines déconnectées, à  jamais, de la réalité de leur terroir. 

Par ailleurs, il est difficile d’être convaincu par l’argumentaire avancé par ceux qui ne rechignent pas à choisir, volontiers, comme d’expression vernaculaire la version « créolisée » d’un français bas de gamme tout en refusant, systématiquement, d’apprendre la langue véhiculaire des préceptes sacro-saints de leur religion. Mieux, en choisissant comme unique mode d’instruction une langue d’emprunt étrangère à  leurs réalités sociologiques, ils peineront  à convaincre du bien-fondé de l’argument selon lequel l’idée à la base d’une telle décision prend source dans le refus, somme toute légitime, d’assimilation culturelle. 

Des les toutes façons ils n’en feront qu’à  leur têtes s’ils continuent de rejeter l’apprentissage d’une langue dont la connaissance, plutôt que de les appauvrir, les enrichirait infiniment. 

Autant il est inexcusable pour certains Mauritaniens de continuer à rejeter systématiquement  l’apprentissage de l’arabe, sous des prétextes fallacieux, autant il est inadmissible de vouloir le leur imposer sans leur consentement. Mieux, s’il est judicieux de défendre la légitimité de l’usage de l’arabe comme langue de travail et la nécessité de sa promotion, étant donné son statut officiel, il est tout aussi équitable de lutter pour la préservation des droits légitimes de ceux de nos citoyens dont la langue de formation est le français.    

On ne peut, en effet, escompter une unité nationale en  cultivant l’exclusion ni bâtir une nation forte sur des bases d’iniquité. Une politique de promotion fondée sur l’exclusion porterait préjudice à  l’arabe plus qu’elle ne lui bénéficierait. Pour pouvoir s’inscrire dans la durée et prêter à conséquence, la promotion d’une langue nationale ne doit pas s’accomplir dans une logique hégémonique ni se réaliser aux dépens des autres. 

Si l’arabe, vu son ancienneté, les circonstances historiques de son évolution et l’étendue de l’aire géographique où il est parlé, jouit naturellement d’une longueur d’avance sur les autres langues nationales, ce n’est pas une raison pour ne pas induire un effort sérieux pour la promotion et le développement de celles-ci. Plus qu’un impératif d’équité la promotion des autres langues du pays constitue une nécessité. 

Mais avant qu’elle ne soit réalité,  c’est-à-dire avant la standardisation de l’enseignement des autres langues nationales et leur mise aux normes académiques requises, la solution la plus équitable demeure, à  mes yeux, la culture d’un bilinguisme de qualité arabe -français où la part du lion reviendrait à  la langue officielle. Car le monolinguisme à sens unique est une nouvelle forme d’illettrisme. Mieux, l’apprentissage du français peut nous ouvrir  à d’autres horizons et nous permettre un meilleur accès à la connaissance des sciences et de la technologie. 

Le multilinguisme n’est, donc, pas un handicap mais un atout majeur. D’où l’intérêt d’un apprentissage sérieux du français et d’une valorisation de notre patrimoine multiculturel et multilinguistique. 

 La nécessité de promouvoir les autres langues nationales 

Si le développement d’une langue constitue une tâche de longue haleine, la décision d’en promouvoir une relève, elle, de la volonté du leadership politique. Si la détermination de ce dernier est acquise dans ce domaine, il y a des mesures pratiques qui peuvent être prises à cet effet. Insuffler la vie, par exemple, à l’institut désigné pour la promotion des langues nationales peut constituer, en ce sens, un premier pas  important. 

Contrairement aux apôtres d’un arabisme hégémonique aux relents  négationnistes, les autres langues nationales disposent, elles aussi, d’un potentiel réel qui mérite d’être mis en valeur. Ce ne sont pas simplement des mediums vernaculaires mais des langues, à part entière, qui méritent, par conséquent, d’être développées et promues à un meilleur statut. Il y va de la cohésion et de l’avenir de notre pays. 

Concomitamment  à  la propagation de l’arabe et la généralisation de son usage dans l’administration, une batterie de mesures, simples mais efficaces, peuvent être prises en vue de l’élévation académique des autres langues nationales puis leur promotion subséquente. 

L’adoption d’un plan  de développement stratégique dans ce sens revêt, à notre avis, une importance critique. Pour produire les résultats escomptés, celui-ci doit être axé sur un ensemble de mesures concrètes suivant un schéma réaliste d’évolution processuelle et de mise en œuvre graduelle. On peut, entre autres, citer comme actions à prendre en vue de la réalisation de ce projet de promotion de nos langues : 

·         La formation d’un personnel enseignant qualifié. 

·         Le choix obligatoire pour les étudiants universitaires de l’apprentissage d’une langue autre que leur langue maternelle  pour l’achèvement de leur cursus de licence ou de maitrise.  Par exemple, pour compléter sa licence en droit un étudiant maure doit, au préalable, avoir complété un niveau intermédiaire ou avancé dans l’une des trois langues nationales restantes avec la possibilité de choisir parmi elles etc. 

·         L’entreprise, en collaboration avec les pays de la sous-région concernés, d’un effort soutenu et collectif de traduction d’ouvrages didactiques (linguistique, histoire, géographie, informatique…) et de leur vulgarisation. 

·         L’introduction de ces langues dans les programmes d’alphabétisation des adultes. 

·         L’augmentation du nombre d’horaires dévolus  à  ces langues dans les medias publics. 

·         La création d’une version en langues nationales du Journal Chaab et du site électronique  de l’AMI 

·         L’introduction d’un service civique obligatoire pour les jeunes diplômés à  effectuer en dehors de leur lieu de naissance ou région d’origine pour encourager le brassage linguistique et l’apprentissage culturel réciproque. 

·         La création d’un prix national pour encourager et honorer un travail de traduction accompli dans une langue nationale. 

·         Mettre à profit la contribution matérielle et technique de partenaires au développement comme l’USAID, les agences canadienne et  française de coopération et de développement, l’Unesco etc. 

·         S’impliquer plus activement dans des initiatives régionales comme le colloque tenu récemment  à Dakar pour la promotion de la langue Pulaar. 

·         Elaborer un plan cohérent assorti d’objectifs spécifiques à  accomplir en vue de l’officialisation  à terme de ces langues. 

Ces propositions sont, certes, succinctes et partielles et  doivent, par conséquent, être intelligemment  discutées et approfondies avant de constituer une source d’analyse ou de réflexion. Toutefois, il importe de savoir que l’esprit qui les sous-tend n’est pas le produit d’une vision naïve d’un égalitarisme utopique. Il est l’expression objective d’une conviction : la Mauritanie n’est pas la propriété privée d’une ethnie ou d’une race.  C’est un pays qui appartient, à parts égales, à toutes ses composantes. 

Pour pouvoir y construire un devenir commun prometteur, il importe d’y cultiver un sens de la justice et de l’équité. Pour ce faire, les ressources du pays doivent profiter à tout le monde sans discrimination aucune. 

Mais, hélas, la carence des uns n’a d’égal que l’extrémisme des autres. A l’étroitesse d’esprit d’une frange de notre classe politique répond l’irréalisme d’une autre. Doit-on rappeler, sans cesse, aux uns que ni l’Iraq de Saddam ni le Soudan d’El Bachir ne sont des modèles dignes d’émulation tout en faisant comprendre aux autres que la Mauritanie ne peut, en aucun cas, aspirer à   un sort culturel semblable à  celui du Gabon ou du Congo Brazzaville. 

S’il est hors de question d’y initier une assimilation culturelle par la contrainte, il serait également absurde d’y officialiser une langue étrangère quelle que soit, par ailleurs, son utilité pratique. Il y va de notre authenticité nationale et de notre fierté culturelle. 

Sans une consolidation de nos identités, on ne peut escompter ni évolution ni progrès. Une nation sans personnalité est une entité sans fondation. Or un corps, sans structures, ne peut ni s’élever ni s’épanouir. Tout comme le corps humain, une collectivité sociale a besoin,  pour  bien fonctionner, de veiller à  la santé de tous ses membres. Sans quoi elle tombera malade. Par conséquent, notre diversité ne doit pas constituer un handicap à  notre progrès ni être une source de conflits. Si on méditait l’histoire récente de notre continent, on pourra tirer bien des leçons sur l’absurdité de certains de nos raisonnements actuels. 

On a bien vu, par exemple, que ni l’homogénéité ethnique de la Somalie ni l’uniformité linguistique du Rwanda n’ont empêché ces deux nations de sombrer dans l’enfer des guerres fratricides et de la haine génocidaire. 

Par ailleurs, on ne peut pas, du fait du comportement de certains, vilipender toute une culture ou une cultiver une haine sans mesure de l’autre. Ce serait aller contre-voie de l’idéal d’émancipation poursuivi que d’emprunter un tel chemin. 

L’effet contre-productif et néfaste d’une révolte fondée sur la hargne 

La stupidité est la pire ennemie des causes justes. L’ampleur de l’ignorance de certains esprits n’a d’égal que le poids écrasant de leurs complexes et la vacuité de leurs préjugés. Outre la puanteur raciste et la haine viscérale de l’autre qui s’en dégagent, le prurit de la hargne dégoulinant de certaines langues, aujourd’hui, démontre à quel point la déraison peut, profondément, nuire à la défense d’une cause humaine d’essence juste et noble : la liberté.  

On a vu , en effet, récemment comment, en voulant défendre les droits légitimes  d’émancipation d’une communauté longtemps opprimée, certains usent et abusent, délibérément, du langage ethno-fasciste le plus réactionnaire. La dénonciation, sans nuance,  de toute une communauté humaine ne peut, en aucun cas, servir de catalyseur légitime à la libération d’une autre quel que soit son degré d’oppression. 

Vouer aux gémonies un groupe ethnique tout entier, tourner en dérision, sans souci de précaution, l’entièreté du corpus doctrinaire lui tenant de référence spirituelle, assigner à  sa culture toutes les tares possibles, remettre en question l’authenticité de ses repères linguistiques et civilisationnels, mettre publiquement en cause la probité de tous ses représentants politiques et guides religieux, sans exception aucune, voilà  le genre d’intolérance raciste qui frise le summum de l’absurdité subjective et négationniste. 

Si, pour acquérir un pouvoir et le préserver, le seul impératif requis était le nombre, les Hutu n’auraient jamais perdu le contrôle du Rwanda. Au-delà de l’exigence de la quantité en la matière, il y a cet autre impératif, de qualité celui-là, que constitue, pour l’espèce humaine, la raison. On peut, grâce une majorité de voix, conquérir le droit d’exercer une prérogative légitime, on ne peut, cependant, maintenir l’exercice de ce droit quand on fait preuve d’un manque cruel d’intelligence. 

Le genre de propos provocateurs auxquels nous faisons allusion peuvent, au mieux, exaspérer des  tensions raciales latentes, au pire, convaincre les éléments les plus réactionnaires du groupe exerçant la réalité du pouvoir de chercher à perpétuer leur domination, par tous les moyens, étant  convaincus qu’ils  perdraient tout s’ils faisaient preuve de la moindre concession. 

La provocation insensée et les mauvais calculs peuvent conduire, comme on l’a vu au Darfour, à  l’exact contraire de l’effet escompté avec pour résultat des conséquences désastreuses pour les plus vulnérables. 

La noblesse d’une cause, donc, ou la justesse d’une finalité ne justifient, en aucun cas, l’emploi de tous les moyens pour y accéder. Seuls des esprits, à la fois  bêtes et méchants, peuvent y croire. 

Mohamed El Mokhtar Ould Sidi Haiba 


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