Les Echos de la Tribune

27042010

Par  Mohamed Fouad Barrada  

 Selon l’économiste en chef à la région Afrique de la BM, Shanta Davarajan, au cours  d’une conférence de presse par vidéo conférence, tenue, tout récemment, à Washington « la Banque mondiale est prête à soutenir la gouvernance sociale de l’actuel pouvoir, à condition, que celui-ci formule la demande », notamment pour promouvoir une politique du logement plus humaine  adaptable et adaptée aux contraintes des couches faiblement rémunérées. 

En effet, présentement, les orientations de la Banque Mondiale se résument par un appui pour la relance des investissements infrastructurels et urbanistiques afin de remettre à niveau les économies des pays africains. Et pour que ces derniers puissent concrétiser les OMD, ils sont amenés d’ici 2015 à réaliser une croissance annuelle d’au moins 7%.  

Dans cette lancée, il est de ‘notoriété’ de  combiner entre deux visions complémentaires : une première socio- économique courte assurant la stabilité des prix (la maîtrise de l’inflation), l’emploi, l’appui salarial, la sécurité, etc.,  quant à la seconde, elle est longue permettant d’injecter des fonds dans les infrastructures de base, l’éduction et la santé. 

 D’ailleurs, les fonds existent, expliquent les experts de la World Bank et ce qu’il faut au pays c’est, tout simplement, de ‘drainer’ des capitaux qui sont actuellement en quête des ‘contrées’ pouvant les absorber. 

Dans cette logique, en Afrique notamment en Mauritanie la ‘carence’ infrastructurelle peut être, en cette période de crise économique mondiale, un champ propice à l’attraction des bailleurs de fonds. Toutefois, la stabilité reste un baromètre incontestable de reprise économique. Et qui dit stabilité, évoque certainement, le renforcement des capacités institutionnelles à travers la bonne gouvernance qui implique, en partie, d’une part, la productivité du travail et, d’autre part, la lutte contre la corruption déguisée. On entend par là, une politique de motivation salariale axée sur le mérite et l’incitation à la performance. 

Ainsi, pour les pays en développement, on peut tabler, d’après les spécialistes des institutions de bretton woods, sur une reprise relativement solide, avec une croissance économique de 5,2% en 2010 et de 5 ,8% en 2011, soit une augmentation de 1,2% par rapport à 2009. 

En réponse à la crise économique mondiale et pour améliorer son efficacité et sa flexibilité, la banque  mondiale déclare « développer divers financements innovants en vue de répondre aux priorités de développement les plus urgents en 2010 et au-delà »[1]. A titre d’illustration, « elle a mobilisé environ 6 milliards de dollars pour soutenir le développement dans les domaines de la gestion forestière, de l’efficacité énergétique et de la technologie » (idem). Elle a également mobilisé 500 millions de dollars avec comme investisseur des fonds souverains et un fonds de pension, par le biais, de sa branche chargée des opérations avec le secteur privé. En outre, « un nouveau programme d’intervention en réponse à la crise alimentaire mondiale dans le cadre duquel a été approuvée une aide de 710 millions de dollars destinés à 21 pays africains » (sic), est en cours de réalisation.  

De fait, les enjeux économiques du pays demeurent fortement liés à la capacité du gouvernement Ould Lagdaf à mobiliser des financements, auprès des bailleurs aux requêtes, souvent, draconiennes. Et cela sur la base des dossiers cohérents  et convaincants défendant une approche socio-économique décentralisée et locale.  

m_barrada@yahoo.fr 

Source : La Tribune n°498
 



[1] Note de la Banque Mondiale à propos des réunions de printemps  24 et 25 avril 2010 à Washington 




L’Edito de La Tribune Par Mohamed Fall O Oumère

27042010

Heureusement que le Président Mohamed Ould Abdel Aziz s’est abstenu de répondre à l’opposition et donc d’ajouter à la tension qui caractérise le moment et qui ne promeut pas la normalisation des rapports entre les acteurs. Ce silence sur la polémique politique nous permet de parler d’autre chose… 

Un journal saoudien vient de publier l’histoire d’une famille mauritanienne résidant en Arabie, terre des Lieux Saints de l’Islam. La mère, âgée de 35 ans, «vendrait» sa fille de 18 ans. Comment ? 

C’est parmi les ressortissants saoudiens, qataris, émiratis ou autres que la dame «chinguittienne» – c’est comme ça qu’on nous appelle là-bas – recrute les «clients». Pour épouser la belle jeune fille, il faut payer une somme de 11000 Riyals (environ 90.000UM) au moment de l’acte, 1000 Riyals (80.000UM) par mois, en plus de 300 Riyals en crédit de téléphone. Au moment de l’acte, il est stipulé que la fille peut décider de se libérer de toute contrainte quand elle juge que l’autre partie n’a pas respecté ses engagements. 

La mère a aménagé une chambre discrète où les époux se rencontrent en toute tranquillité. Seulement pour quelques temps. Car il arrive toujours un moment où l’époux n’est plus le bienvenu. Alors, invoquant le non-respect du contrat initial, il est mis fin au mariage. Toujours après avoir trouvé repreneur. 

Immédiatement après s’être libérée de l’engagement d’avant, la fille passe entre de nouvelles mains… à force de mariages et de remariages, la famille finit par intéresser la police qui l’arrête. Elle fait l’objet actuellement d’une poursuite judiciaire. 

Dans quelques semaines, nous nous retrouverons en train de militer en faveur de cette famille. De prétendre qu’elle est l’objet de persécutions… les nôtres ne sont jamais fautifs… pour nous. Mais là n’est pas la question. 

Il y a moins de quarante ans, la Mauritanie présentait une autre image, plus porteuse, plus sympathique, plus «vertueuse»… grâce notamment au rayonnement culturel de cet espace… Ould Mayaba, Ould Tlamid, El Haj Ba, Ould Khtour, Ould Hamidoune… grace aussi aux prestations diplomatiques de la Mauritanie des deux premières décennies… une Mauritanie entreprenante et humble… 

En moins de quarante ans, nos élites mais aussi la gestion du pays, ont détruit cette image positive. 

La prostitution, les affaires douteuses, le faux et l’usage du faux, le commerce de soi ont remplacé le savoir et l’innocence. L’humilité a disparu devant l’extravagance et la cupidité. 

La crise du pays est d’abord morale. Les solutions dépendent  de la prise de conscience de ce fait. 

Comment voulons-nous être ? Comment devons-nous nous présenter ? Comment faire pour recouvrer cette image qui a été une ressource pour notre pays ? 

C’est ce à quoi nos élites doivent répondre aujourd’hui au lieu de tourner en rond autour d’une problématique politique qui ne finit pas d’être résolue. Nous avons été jusque-là occupés à faire de la politique, rien que la politique. Nous avons refusé de produire, de réfléchir, d’envisager l’avenir autrement que dans la situation d’attente. 

Chacun de nous est comptable de l’image qu’il donne de lui-même. Il peut la refléter lui-même en se mettant en avant. Mais il la reflète aussi à travers ceux qu’il choisit comme proches… 

En lisant une traduction de l’ouvrage Limam El Hadrami, «Traité politique ou conseils pour la conduite du pouvoir», je suis tombé sur la partie qui traite des «qualités des secrétaires, des auxiliaires et des chambellans». 

«Les sages anciens ont dit que ton secrétaire est ta langue, ton chambellan est ton visage et ton auxiliaire est ta main. Alors, choisis pour toi un visage, une langue et une main»… qui te conviennent, allais-je compléter. 

«Le secrétaire du roi doit être d’une grandeur d’âme authentique pour qu’il ne lui fasse pas défaut dans les circonstances critiques et les moments difficiles». 

«Le chambellan doit avoir le visage abordable, le naturel doux, les membres du corps sains de toute maladie, connaissant les gens, leurs rangs et leur importance auprès de son chef, jusqu’à que son visage soit le reflet du visage de son chef dans la colère, le mécontentement, l’éloignement, la proximité». 

«Quant à l’auxiliaire, il requiert quatre qualités : la première est la force, la deuxième est la politique, la troisième est l’honnêteté, la quatrième est l’obéissance». 

Où en sommes-nous ? 

Source : La Tribune n° 498 




L’aide nuit gravement…

27042010

 

Des politiques d’ajustements structurels à celles de développement et de lutte contre la pauvreté, les donateurs jonglent sans trouver le remède qu’il faut pour arracher l’Afrique de la misère et le sous-développement. Au contraire la situation économique du continent empire (inflation, baisse de la croissance, chômage…), les foyers de tension demeurent actifs et les passions  toujours aussi déchaînées.

A qui la faute ? Dambisa Moyo et bien avant elle, Peter Bauer, pensent que c’est l’aide qui est la cause de la persistance du sous-développement. Dambisa Moyo, auteur du livre à succès, « l’aide fatale » paru l’année dernière ; zambienne et diplômée des plus prestigieuses universités au monde (elle a fait Oxford et Harvard), expose des chiffres qui fond froid au dos. « Entre 1970 et 1988, quand le flux de l’aide à l’Afrique était à son maximum, le taux de pauvreté des populations s’est accru de façon stupéfiante : il est passé de 11% à 66% ».

Nul doute aujourd’hui que ce taux a encore grimpé. L’aide encourage la corruption, sape l’épargne et consacre la culture de l’assistanat et surtout de la médiocrité.

Larry Diamond, expert universitaire cité par Moyo, « observe que les agences en charges du développement continuent d’assister les Etats africains les plus corrompus et les moins responsables, de surcroît dirigés par des gouvernements dont le despotisme est flagrant. Sa liste inclut le Cameroun, l’Angola, l’Erythrée,
la Guinée et
la Mauritanie »

Plus important encore, « l’aide étrangère court-circuite le lien entre la classe moyenne et le gouvernement ». On peut dire que c’est une règle mathématique qu’on peut directement appliquer à notre pays. J’avais consacré une de mes précédentes chroniques (cf. Classe moyenne : gage de stabilité politique)  à la nécessité d’une classe moyenne forte et indépendante, complètement « désintéressée de ce qui se passe dans les hautes sphères ». A ce propos Peter Bauer dit ceci : « l’aide détourne le peuple de toute activité économique productive et l’oriente vers la vie politique ». C’est la même idée que j’avais développée dans ma chronique précitée. L’absence de volonté politique réelle capable de prôner et de mettre en place une politique économique qui encourage la création de PME, qui assainit le climat des affaires et  qui attrait les investissements ; précarise la situation économique des populations, fait fuir les compétences, décore la médiocrité et offre un terreau fertile à l’instabilité sous toutes ses formes.

Il est communément admis chez nous que le mauritanien lambda à une idée complètement erronée  de l’aide étrangère. Quand il entend que tel organisme a accordé tel montant astronomique à notre pays, il s’en réjouit, s’en frotte les mains et s’en vante même. C’est dire le degré d’insouciance, d’ignorance et de fatalisme de la plupart de ces gens-là.

D’où la nécessité d’ouvrir les yeux, de voir les choses en face. Il est temps de se réveiller, de mettre en place des institutions pérennes, préalable à tout développement réel. Le Singapour,
la Chine, le Brésil l’Afrique du Sud, etc, sont  des exemples à suivre. Faisons en sorte que l’impossible ne soit pas mauritanien.

 

Momme Ducros.

Source : La Tribune n° 498




Faits divers de La Tribune

27042010

Un agent de police envoyé en taule pour avoir insulté et giflé un commissaire 

Mardi 20 Avril dans les locaux de
la DGSN l’agent de police Mahfoudh Ould Lebchir en service au commissariat de police de Tékane, livre une paire de gifles au Commissaire de police Isselmou Ould Mouftah du commissariat Spécial de la police judiciaire. Il y a avait là  quelques éléments de la police.

Mahfoudh O.Lebchir et l’un de ses collègues étaient arrêtés quelques jours plus tôt dans le Trarza, alors qu’ils tentaient d’escroquer un médecin exerçant dans la capitale puis conduits à Nouakchott. A leur arrivée, les deux policiers sont en garde à vue au commissariat de police de Tevragh Zeina I. Là , ils ont  été entendus avant que leur dossier ne soit transmis au CSPJ.

D’après quelques policiers, Mahfoudh O.Lebchir après avoir giflé le Commissaire, l’a insulté en le traitant « de sale esclave ».

Le mercredi, le Commissaire, s’était rendu au Palais de justice pour porter  à l’attention du procureur de
la République l’agression « publique » dont il a été l’objet à
la DGSN , le même jour, l’agent agresseur  a été déféré, entendu, puis retourné  au commissariat pour complément d’enquête. Le jeudi, il a été déféré puis arrêté  en attendant d’être jugé a indiqué une source proche de
la DGSN.

Selon des témoignages concordants, l’agent de police a tenu des propos racistes à l’encontre de son supérieur et il a clamé haut et fort que personne ne peut rien contre lui. L’agent de police, Mahfoudh Ould Lebchir, serait un proche cousin au Général Mohamed Ould Hadi, Directeur général de la sûreté nationale ce dernier est très touché par le geste commis et les propos tenus par son parent ont indiqué des sources de bonne foi.

Les suites de cette agression dont a été victime, le commissaire Isselmou Ould Mouftah de la part de l’agent de police Mahfoudh Ould Lebchir, sont très attendues dans l’opinion publique.

 

Prison de Dar Naim : Fuite de deux condamnés 

Dans la nuit de vendredi à samedi, deux détenus qui purgeaient des peines de prisons lourdes ont réussi à s’évader du pénitencier de Dar Naim malgré le dispositif de sécurité.

Ils n’ont toujours pas été retrouvés en dépit de l’état d’urgence proclamé chez les gardes qui ne comprennent pas la manière avec laquelle les « cavaliers » ont pu sortir de ce centre pénitencier isolé et qu’on croyait super sécurisé.

Les deux fuyards en question seraient Ahmed Salem O.Abdallahi connu dans le milieu de la pègre sous le sobriquet de Nabil, né en 1983 à Nouakchott, condamné par la cour pénale de Nouakchott à 4ans de réclusion. Il a été arrêté puis déferré  au parquet par le commissariat de police de Teyarret I pour vol et menace par une arme blanche contre autrui. Le second et son ami et compère, il s’appelle Mohamed O. Malick, né en 1986 à Rosso, condamné à 5 ans de prison ferme par la même cour suite un vol et escroquerie. Juste après ses opérations, il a été appréhendé par les limiers de
la BR du commissariat de police de Arafat I.

Les autorités judiciaires auraient mené une enquête musclée pour déterminer les circonstances dans lesquelles les deux prisonniers sont parvenus à s’évader de cette prison en parfaite sécurité a-t-on appris de source judiciaire.

Malgré les recherches qui sont menées par certains éléments de la police et de garde qui les connaissent parfaitement, les fugitifs sont toujours en cavale.  

 

 

Enceintée puis abandonnée par son époux : elle se venge en versant de l’huile chaude sur sa co-épouse 

Furieuse d’avoir été abandonnée par son époux et père de ses trois enfants au profit de sa co-épouse une jeune fille qui occupe un important poste dans une grande société de la place, alors qu’elle traîne une grossesse, B.Traoré n’a pas cherché midi à quatorze heures pour se venger.  Et sa cible c’est tout simplement sa co-épouse qu’elle a arrosé avec de l’huile qu’elle avait chauffée. B. Traoré qui avait pris la fuite après son forfait s’est finalement  rendue chez son père à Dar Naim. Heureusement pour N.M.Rachid qui dormait en se couvrant son visage d’un drap, qui a empêché l’huile de le toucher. Selon des personnes proches de cette dernière il y a eu plus de peur que de mal car l’huile ne fût pas tellement chaude. Il était 17 heures, quand son mari fait son entrée et trouve que sa maison refusait du monde, alors sa jeune sœur  lui raconte ce qui s’est passé. Il amène N… dans une clinique et le docteur lui dit que « sa santé n’est pas en danger », et il lui prescrit une pommade à appliquer quand elle sent des brûlures.

Attention, l’acte que B…a commis est punissable par la loi et elle a aussi perdu son mari qui a juré trois fois sur le bon dieu de ne plus l’a considéré comme épouse. Les parents ont voulu porter plainte contre B…mais le mari de leur fille les a dit qu’il est le principal concerné. Et il a réagit à sa manière. Oh, les femmes co-épouses si vous n’etes   pas convaincues, allez demander à cette dame du nom de B.Traoré qui s’est retrouvée au frais après avoir versé de l’huile chaude sur la figure sa co-épouse d’ailleurs très gentille avec elle selon des personnes qui les connaissent. D’ailleurs elles habitent toutes deux dans une même maison. Mais il semblerait que la cohabitation des co-épouses n’est pas aussi facile dans le milieu maure.

Cette scène s’est produite au  ksar  Est, et c’était le mardi 14 Avril en cours.

Elle fuit son mari fou et se remarie ! 

Il y a de cela sept ans jour pour jour que M.Mint Matalla avait quitté son mari et père de ses enfants, devenu fou, pour faire des achats à Nouakchott. A Nouakchott, elle élit domicile et se remarie avec feu A.O.H qui est décédé le 6 mai 2009 suite à une crise cardiaque.

Quelques jours après son mariage avec feu A.O.H, le grand frère de Mint Mattala et l’oncle paternel de ses enfants sont informés de ce qui s’est passé et se rendus d’urgence à Nouakchott pour corriger cette faute qui est contre l’Islam et contactent A.O.H et lui disent que la femme et bien mariée et son mari est déficient mental et elle n’est pas divorcée.Ce dernier l’abandonne. « Je suis partie voir le Cadi d’El Mina et je lui ai expliqué mon cas et il m’a dit d’aller m’occuper mes enfants et j’ai pris cela comme étant un divorce » a-t-elle révélé.

Selon des sources proches de feu A.O.H, il l’a définitivement quitté et l’affaire a passé sous silence. Quelques heures après le décès de A.O.H, M.Mint Mattala, retourne à Rosso où se trouvent ses enfants et son mari malade et y passe deux jours le temps juste de préparer son coup pour fuir dans la nuit avec ses enfants et s’installe éternellement à Nouakchott dans la gazra qui jouxte l’hôpital Cheikh Zaid. Elle contacte la mère des enfants du défunt et lui dit qu’elle va passer la période de viduité alors cette dernière lui dit que cela ne l’a concerne pas. Et comme feu A.O.H, travaillait à
la SOCOGIM, la société a remis un chèque de 227.850um comme arrières de salaires et autres à la mère de ses enfants.  M.M.Matalla trouve l’information et  elle porte son cas devant le Cadi qui convoque H…, la veuve de A.O.H. Après audition, le Cadi demande à chacune d’elle de lui fournir un acte de mariage et des témoins. Ce que H… a fait comme il le faut mais M.M.Mattala, n’a ni acte de mariage ni témoin.

Et elle procède à la transhumance dans la ville de Nouakchott et à chaque fois, elle dépose son cas devant un Cadi et actuellement l’affaire et entre les mains du Cadi de Toujounine.

Ce dernier devait tenir une assisse avec H… qui a toujours répondu à ses convocations et la plaignante n’a pas répondue à l’appel a indiqué une source judiciaire.

D’ailleurs, elle est partie jusqu’à prendre un avocat pour avoir une part de cet héritage qui est bloqué depuis presque deux ans. L’argent est versé dans un compte et les biens sont toujours immobilisés  en attendant que cette affaire soit réglée définitivement.

Par Aboubekrine Ould Sidi

Source : La Tribune n°498




Langues locales ou dialectes de l’arabe, la mise au point de la ministre

27042010

 

  

« Le Pulaar, le Soninké ou le Wolof ne sont pas des dialectes mais des langues, mon Dieu ! Malheureusement il n’y a pas d’intellectuels en Mauritanie », a déclaré à La Tribune  Mme Cissé Mint Boïde.

Ce mercredi 21 avril 2010, la  ministre de
la Culture, de
la Jeunesse et des Sports
était en colère quand elle nous confie ces propos. Pour elle, des gens malintentionnés manipulent certaines personnes pour les pousser à la révolte. Personne n’a rien compris, selon elle. La ministre de
la Culture avait déclaré : « le plus grand défi auquel fait face la langue arabe est la propagation des langues locales et dialectes qui la suppléent et la langue de travail ainsi que sa mise à l’écart en tant que vecteur de sciences (médecine, mathématiques, ingénierie et nouvelles technologies), relevant que le défi de l’Internet et la marge réduite laissée à l’arabe est une exemple qui montre l’ampleur des défis. ».

Depuis beaucoup de salives ont coulé en Mauritanie. Les communautés Pulaar, Soninké et Wolof se sentent visées par ces propos qu’elles qualifient de graves. Alors les partisans de l’arabisation complète de l’administration et ceux du français, essentiellement les négro- africains se sont affrontés au niveau de l’Université de Nouakchott. Madame Cissé pense que le gouvernement dont l’une des priorités est l’unité de tous ses citoyens ne peut en aucun cas œuvrer pour leur désunion. Selon elle, il existe une nuance entre dialecte et langue. « Le dialecte en Mauritanie, c’est le Hassaniya puisqu’il dérive de l’Arabe et il ne s’écrit pas. Dans certains pays, l’Arabe est en voie de disparition.  C’est dans ce contexte que la journée internationale de la langue Arabe est placée. Mais le Pulaar, le Soninké ou le Wolof ne sont pas des dialectes mais ce sont des langues, mon Dieu.  Malheureusement il n’y a pas d’intellectuels en Mauritanie », a-t-elle martelé.

Langue et dialecte, quelle différence ?

Certains linguistes estiment que la distinction entre dialecte et langue n’est pas pertinente d’un point de vue linguistique. Pour les autres, la différence peut être justifiée par des facteurs historiques variés. Dans le cadre politique une langue serait un dialecte ayant obtenu un statut officiel. Socialement, une langue serait un dialecte ayant obtenu un prestige social et culturel. Une langue peut en particulier se différencier d’un dialecte par un important usage en littérature; on parle alors fréquemment de « langue de culture » ou de « langue littéraire ». Démographiquement, une langue serait un dialecte parlé par un nombre étendu de personnes. Sur le plan linguistique, la distinction entre langue et dialecte serait basée sur la possibilité d’une compréhension mutuelle. Les locuteurs de dialectes différents se comprenant mutuellement parleraient des dialectes de la même langue. Les locuteurs qui ne se comprennent pas parleraient des langues différentes ou des dialectes de langues différentes. Ce point de vue est critiqué car il est relatif. La revendication pour un idiome du statut de langue ou, au contraire, son maintien au statut de dialecte a souvent une connotation politique. La ministre de
la Culture avait bien dit : « le plus grand défi auquel fait face la langue arabe est la propagation des langues locales et dialectes… ». Après le tollé que de tels propos ont suscité, voilà que la ministre rappelle que dans son entendement il ne s’agit pas des langues nationales non arabes de la Mauritanie. 

 Sy Mamadou

Source : La Tribune n°498




Politique :

27042010

 

 Le nouveau Adil est arrivé 

 

C’est à l’hôtel Emira Palace que la cérémonie a eu lieu. Il y avait là deux anciens secrétaires généraux du parti républicain démocratique et social (PRDS) et plus de quarante anciens ministres, en plus de nombreux anciens hauts responsables ou dignitaires de l’ère PRDS. Sur le plateau, il y avait là, autour de Boydiel Ould Hoummoid, premier vice-président de Adil, Yahya Ould Ahmed Waghf, président de Adil, Mohamed Yehdhih Ould Mokhtar el Hacen, président de l’Alternative, Louleid Ould Wedad, président du Rassemblement  du peuple mauritanien (RDPM) et Lemrabott Ould Bennahi qui se trouve être le porte-parole d’un groupe de cadres ayant mené les négociations avec les autres formations. Tous ont apposé leurs signatures sur l’acte de fusion décidé au nom de leurs formations respectives. 

«D’habitude, ce sot les partis qui éclatent, s’atomisant sans cesse. Nous proposons aujourd’hui un processus contraire, celui de l’union des forces». C’est sur ce que Louleid Ould Wedad, l’ancien puissant directeur de cabinet de Ould Taya, va insister. Ajoutant qu’ils sortiront «d’ici en tout humilité, avec le sentiment d’être des militants d’une cause qui doit servir la Mauritanie. Nous sommes désormais à la disposition de la nouvelle formation qui pourra nous employer dans ce qu’elle jugera utile». 

Cette leçon d’humilité – feinte ou réelle – de l’homme le plus puissant de la République de l’ère de Ould Taya, sonnera comme une leçon d’histoire, comme une invite à la méditation sur l’humaine condition. Le discours est très élaboré. La suite dans les idées fait oublier le reste… 

A l’ouverture de la cérémonie, c’est naturellement Boydiel Ould Hoummoid qui fera l’économie du processus de fusion. En tant que président de la commission technique chargée de préparer l’événement. Seul le groupe de Me Mahfoudh Ould Bettah manquera à l’appel. «Pourtant, explique Ould Hoummoid, nous avons été d’accord sur l’analyse de la situation, sur la conduite à tenir et même sur le choix du camp de l’opposition. Mais ils ont voulu explorer une autre forme d’organisation qui n’est pas la fusion». 

On apprendra par d’autres sources que le groupe qu’on dit proche de l’ancien président du CMJD, le colonel Eli Ould Mohamed Val, a préféré investir (ou créer) une formation politique propre (à eux). D’ailleurs, Ould Bettah avait été présenté au meeting de l’opposition où il a pris la parole comme représentant d’un groupe appelé Forum démocratique. 

L’ancien syndicaliste Ould Hoummoid devait donner quelques détails sur l’objet de l’accord qui devrait être entériné par le congrès extraordinaire du parti Adil, lequel congrès devrait se tenir le mois prochain. Il a notamment indiqué que l’accord politique tourne autour de huit points : refondation d’un système politique moderne ouvrant la voie à l’alternance pacifique ; raffermissement des valeurs traditionnelles inspirées en l’Islam comme ciment d’unité pour ce peuple riche de sa diversité (Arabe, Pulaar, Soninké et Wolof) ; refondation de l’Etat sur la base d’un Etat de droit au vrai sens du terme ; l’appui sur la jeunesse comme garante de l’avenir ; mise en œuvre de la promotion d’une société égalitaire et libre où la participation et la responsabilité sont les caractéristiques ; renforcement du progrès social ; construction d’une économie où la concurrence est maîtrisée permettant de promouvoir la liberté d’initiative ; et lancement d’une politique diplomatique intelligente et saine. 

Après Ould Hoummoid, ce sera autour de Lemrabott Ould Bennahi, l’ancien ministre, ancien directeur de l’ENER ; fervent soutien de l’aile militaire du pouvoir de Sidi Ould Cheikh Abdallahi. Il exprimera sa satisfaction quant au couronnement du processus de fusion. Suivra donc Louleid Ould Wedad qui reviendra sur la portée de cette fusion. «Tout nous unit : les principes et le parcours». Allant plus loin : «En voyant ces figures et en pensant à celles qui animent les autres formations de l’opposition, on peut se demander ce qui reste de la Mauritanie». Et poussant l’analyse «on devrait avoir peur pour son pouvoir en ayant tout ce monde contre soi»… 

Pour sa part, Yahya Ould Ahmed Waghf, président de Adil, ancien Premier ministre de Ould Cheikh Abdallahi, insistera sur les objectifs du nouveau parti dont sa volonté d’arriver au pouvoir. Comme s’il n’avait pas été au pouvoir sous toutes les formes et pendant longtemps. «D’arriver au pouvoir par les moyens démocratiques». Une manière peut-être de prendre ses distances par rapport aux récentes déclarations des leaders de la coordination dont les propos ont été compris comme un appel du pied à un renversement du pouvoir actuel. 

Quant à Mohamed Yehdhih Ould Mokhtar el Hacen, il devait à son tour se féliciter d’un tel acte qui répond à une prise de conscience aigu de la situation préoccupante de la Mauritanie. «Le pouvoir de Ould Abdel Aziz a développé un terrain propice aux divisions et aux confrontations au lieu de développer les potentialités économiques au profit des populations qui souffrent les slogans creux». Ould Mokhtar el Hacen devait insister sur «la mauvaise passe que traverse la Mauritanie, avec notamment «la détérioration des relations avec les voisins et l’entrée du pays dans un cercle fait de risques». 

«Soucieux de contribuer : – à la satisfaction des besoins stratégiques du Pays en matière de démocratie et de développement ; – à la consolidation de l’unité et de la cohésion de notre peuple ; – à relever les défis complexes et variés, internes et externes qui se posent au Pays ; * Inspirés par les enseignements de notre sainte religion et attachés aux idéaux de justice, de fraternité, d’égalité et de liberté ; * Rompant avec la logique d’atomisation de la scène politique qui constitue un obstacle à la réalisation de ces objectifs ; *Inscrivant leur action dans la légalité et le respect de la constitution et des lois de la République ; Décidons, à travers la refondation du Parti « ADIL » de se ‘’fondre’’ en une seule et nouvelle formation politique, ouverte et s’affirmant comme force porteuse d’une dynamique de rénovation et de progrès». Tels étaient les termes du communiqué rendu public à l’occasion par les partis concernés. 

Notons que cette fusion renforce la place de Adil sur l’échiquier. Avec sept députés et un sénateur. Mais aussi avec un potentiel considérable de moyens humains et matériels. L’expérience des hommes dans l’exercice de la politique ces vingt dernières années, sera un atout pour eux. Surtout que l’on semble revenir aux vieilles méthodes. 

 

Bechirou 

 Source : La Tribune n° 498




27042010

A 66 ANS, Baham nous quitte 

 

La mort, ce phénomène naturel et qui doit être reçu comme tel parce qu’inéluctable, laisse pourtant une impression diffuse de grand vide, surtout quand l’être disparu est ce que l’on qualifie généralement de Grand Homme. 

Ce vide, je l’ai ressenti bien avant la disparition de mon ami et frère Baham. J’ai commencé à le ressentir quand il avait cessé  de nous recevoir dans le salon d’en bas, au rez-de-chaussée, pour se retirer dans les appartements de l’étage, ce « harem » où la maladie l’obligeait à rester, et à attendre, sans faiblir, la mort. 

Se sachant atteint d’une maladie incurable et donc forcément mortelle, il a gardé, jusqu’au dernier moment, ce moral et cette force de caractère qu’on lui a toujours connus. 

Continuant à nous recevoir, malgré tout, il nous forçait à penser que ce sont nous, en apparence saints et saufs, qui sommes mourants ! Pas lui. 

 C’est là, en plus de cette force de caractère, une force morale  qui faisait de Baham cet homme  résistant et imperturbable : La mort ne pourra emporter avec elle cette image de sérénité, cette stature de « Zaim » (le Chef incontesté et incontestable) qui a toujours été la sienne, quand il s’agissait de se singulariser des autres. Animateur infatigable de nos discussions, malgré les contraintes de la maladie, sans aucune pensée ou signe de faiblesse, Baham, de son vrai nom Mohamed El Hafedh, en imposait à tout le monde. 

 L’inéluctabilité de la mort passait à l’arrière plan pour ne laisser apparaître que ce qu’était Baham : un homme solide et vivace, par sa forte personnalité, sa présence d’esprit,  son autorité. 

 Là où il était, là où il passait, il était le Chef. Une image qui restera gravée dans les esprits, même après sa disparition. Agent de police, il avait l’allure non feinte de l’Inspecteur ou même du Commissaire. Représentant de
la SNIM à Nouakchott, on le confondait avec cette institution jusqu’à le prendre pour le Boss. Ce qu’il était en réalité,
la SNIM devant en fait beaucoup de son prestige médiatique au travail et à la qualité des relations publiques et personnelles  de Baham. Au Patronat, c’était lui le vrai patron. 

Dans la société adraroise, il faisait figure de notable influent et écouté. Une image de l’Homme Baham que l’on retrouve là où il a servi. A Akjoujt, Nouadhibou, Nouakchott, il ne laissait jamais indifférent.  Craint ou aimé, il obtenait ce qu’il recherchait : le respect sans lequel la personne vit toujours avec l’impression de manquer cette plénitude si nécessaire pour l’équilibre de l’être humain. Elle lui donnait la capacité de sortir du lot, d’être différent, sans arrogance ni volonté de déranger les  autres. Sauf en cas exceptionnel de force majeure. 

 Il aidait, conseillait, aimait bien ses amis, qu’il accueillait chaleureusement chez lui, sans restriction, sans préavis.  Moments de joie, de taquineries et de partage. Moments de communion, d’intimité, de sympathie et de fraternité qui donnent aux compagnons que nous étions l’impression d’être des privilégiés, partageant la vie d’un ami, de notre « Zaim » à nous, qui sait être dur quand il le fallait,  souple au besoin, mais toujours en incarnant cette image qui résistera aux dures épreuves :  Personnalité aimable mais indomptable. 

 

J’ai tenté, sans grand succès, parce qu’il restera toujours quelque chose à dire sur les qualités de l’homme, un mini-portrait de mon ami Baham, pour évoquer ce vide qu’il laisse aujourd’hui derrière lui. Un vide intimement lié à la notion d’être. L’absence d’Etre. Le vide compris dans ses deux significations essentielles : »Absence complète d’un type de personnes… » « Sentiment pénible d’absence, de privations…  ». 

 Baham était cet être qui refusait le vide. Aujourd’hui qu’il n’est plus, le vide reprend son droit plein et entier  comme une entité en soi, comme une absence. Une absence cruellement ressentie par ceux qui connaissaient  Baham – ils sont légion- et qui se rappelleront, jusqu’au jour de leur mort, que cet homme a vécu comme savent- et doivent- vivre les Hommes. 

Ce vide sera ressenti tragiquement par son épouse Mariem, appelée intimement Mreyem, la femme courageuse, la vaillante mère de famille ; par ses fils Haiba et Sidi Mohamed  pour le bien desquels il s’est tant dépensé ; par ses filles : Vatimetou la rebelle et la gentille Savia dite Hweyou qui regrettent, toutes les deux, de ne pas avoir eu la chance de croiser son dernier regard, retenues qu’elles étaient au Maroc pour des raisons de santé, ainsi que la sympathique Meylem, la fille intime du foyer demeurée aux cotés de sa mère, l’assistant, jusqu’au dernier soupir de son père. 

Ce vide sera ressenti douloureusement par ses frères : le très respecté Mohamed Salem toujours plein d’humour et Mohamed Mahmoud dit Meyloud, l’homme jovial au sourire constant ; par ses sœurs du coté de son  père ; par ses sœurs du coté de sa mère ; toutes confondues dont il s’occupait  sans calcul. 

Ce vide sera ressenti énergiquement par ses oncles maternels avec lesquels ils partagent des relations excellentes : Haiba  le porte-étendard de la célèbre famille Hommody, Mohamed Said l’intellectuel éclairé, Mohamed Mahmoud l’homme d’Atar, Mohamed Laghdaf sous-contrôle médical-hélas !- à Paris depuis des années, Mohamed l’oncle discret et Ahmed Salem dit Isselmou l’intime du défunt et son homme de confiance ; par ses tentes maternelles encore vivantes : Meylem, Mariem et Rabia qui l’aimaient et le respectaient et qu’il savait entretenir  avec beaucoup d’égards. 

Ce vide sera tout autant ressenti par ses éternels amis intimes, les membres du « Club » : Mohamed Lemine Ould Hamoud dit Elemine le proche cousin et le grand frère très respecté, Mohamed Lemine Ould Cheiguer dit Guemmine ou « Chriv » de nature gai et détendu, Mohamed Ould Bdebba que l’on surnomme «ER Raiss »tout le temps accueillant et disponible, Nezahi Ould Nati l’intime parmi les intimes  qu’il ne cessait de taquiner, Hmeimed le cousin, Baba l’ami distingué et son ancien directeur général, Sidi Mohamed Ould Nemine le cousin, le gendre, le familier parmi les familiers….et j’en oublie, tellement ses amis se recrutaient parmi toutes les couches, toutes les catégories, toutes les régions, toutes les tribus. Il en avait de tous les bords, de tout acabit. 

Que dire de nous autres, habitués de la demeure, abonnés assidus et réguliers, invités à toutes les festivités organisées en permanence, de jour comme de nuit : Mohamed Ould Limam le plus calme et le plus sage, Louah provocateur et plein de bonté, Ammar le compagnon fidèle à la SNIM, moi-même et bien d’autres, peut-être moins réguliers, mais toujours bien accueillis et se sentant confortablement chez eux. 

Que dire aussi des vétérans, Mohamed Lemine Ould Babbe  proche cousin très aimé et admiré, Mohamed Ould Ejiwen le neveu, le spécialise de l’actualité, Babbah le cousin de Méderdra et Werzig le vrai fils de la maison, l’homme des protocoles. 

Que dire enfin des neveux, des nièces, des proches parents ; des  cousins en Adrar, au Tagant, au Trarza, en Assaba. 

Que dire pour terminer, sauf cette expression, la seule qui sied en pareille circonstance : »INNA LILLAHI WA INNA ILEIHI RAJIOUNE ». Tirée du Saint Coran, elle est substantiellement intraduisible.   

Que Dieu, le Miséricordieux, accueille Baham, de son vrai nom Mohamed El Hafedh Ould Ahmedou  Ould Cheikh Ould Ejiwen dans son paradis. 

 

Mohamed Abdellahi BELLIL 

 

Source : La Tribune n°498




Nouadhibou

27042010

 

 Assainissement 

Tout le monde s’accorde à dire, et le maire en tête, que Nouadhibou la capitale économique offre le triste spectacle d’une cité croulant sous les ordures. 

La commune à qui est dévolue le nettoyage de la ville a donné le cri d’alarme : Elle ne peut plus à elle seule assurer la collecte des objets. 

Par manque de moyens d’abord. Longtemps la mairie a vécu au rythme de retards de salaires et d’absence de budget. Maintenant les choses semblent au point. Après la mesure impopulaire de réduction du personnel (départ volontaire ou départs ciblés ou même chasse aux sorcières, selon les pro et les anti), la commune veut de nouveau assurer sa mission. 

Mis la tâche de nettoyer les écuries d’Augias semble difficile voire impossible. 

La ville produit quotidiennement 150 tonnes d’ordures et la mairie n’a, semble t-il les moyens que d’en collecter 20. 

Résultat : Partout des tas d’immondices, une odeur pestilentielle. Des cadavres d’animaux à même les trottoirs, de la ferraille partout, des ordures ménagères jetées ça et là. 

Le maire, M.Vadel Ould Aboubekrine, reconnaît l’impuissance de ses services ‘ tant que les populations n’auront pas changé de mentalité’. 

‘ il y a manque de civisme de la part de nos concitoyens qui continuent à exporter en ville les mentalités villageoises’. 

En effet, le constat est là .Beaucoup déversent indifféremment leurs ordures n’importe oû. 

La paupérisation fait qu’il y a des familles entières qui ne vivent que dans les poubelles à la recherche de nourriture. 

L’autre cause pourrait être cherché dans le fait que la ville ne dispose plus d’espace pour les ordures, plus aucun parc, aucune place publique pour déposer un bac à ordures. 

‘ Tout a été vendu ou transformé en mosquée ou gazrée’ confie un responsable à la mairie. 

Mais la commune n’est pas pour autant irréprochable. Ses équipes démotivées pour cause de 7 mois d’arriérés de salaires sont vaincues par les immondices qui, elles n’ont pas ralenti. 

La commune a été terrassée par la saleté. 

C’est à partir de ce constat que le maire a appelé à la rescousse l’administration. 

Une commission chargée de l’assainissement, présidée par le wali, a été mise sur pied. 

Après deux mois de travaux elle a rendu son rapport : Seule une campagne régionale de grande envergure sauverait la ville des …ordures. 

D’après une source proche de la commission, sur les 45 millions d’ouguiyas jugés nécessaires à la lutte contre l’insalubrité, 18 millions ont été collectés. 


La SNIM , les deux ports et les hommes d’affaires de la ville ont mis la main à la poche. 

Les autorités avaient promis que la campagne se déroulerait en toute transparence. 

A son début (dans la phase préparatoire du moins) la presse siégeait. Puis depuis quelques temps cette dernière n’est plus au courant de rien. 

Un confrère pense que rien n’est transparent dans l’opération. Le  24 avril, le coup d’envoi de la campagne dans sa partie pratique, a été donné par le wali en grande pompe. Curieusement tous les participants (administration, élus, société civile …) étaient en grande tenue: jolis boubous blancs et bleus. 

Parmi ce beau monde aucun n’a donné un coup de pelle dans le tas d’ordures situé au quartier des abattoirs.Il fallait donner l’exemple. 

Les riverains n’ont pas été associés. Aucune explication. Aucune indication. 

La population a observé de loin .Bulldozers, pelleteuses et bennes vrombissaient. 

Athié Youssouf 

CP.Nouadhibou

Source : La Tribune n°498 




Diop Issa Mamadou nous a quittés

27042010

Le 11 avril dernier vers 9 heures, je recevais un coup de fil. ‘C’est Diop Issa. Je suis à Rosso pour accompagner mes enfants qui vont à l’université de Saint-Louis. On se verra plus tard’. Quand je l’ai rappelé un peu après midi, il me dit qu’il était à Tounguène avec un ami venu de Nouadhibou avec lui et qu’il avait une réunion  à 17 heures à
la Maison des femmes. C’est là que je l’ai trouvé ce jour là. Il avait bonne mine et m’avait même dit que j’avais maigri. A la fin de la réunion, je l’invitais à passer chez moi. ‘Tu vas m’excuser mon cher, car je dois me rendre demain à Boghé et de là-bas je vais à Nouakchott puis à Nouadhibou. Mais je te promets qu’au mois de mai je serai là, incha Allah et je passerai à la maison’. C’est ainsi qu’on s’était séparé. Je ne devais plus le revoir : la nouvelle est tombée samedi 24 avril. Diop Issa Mamadou, président de l’ADN (Association des Diabétiques du Nord) est décédé samedi à 17 heures à Nouadhibou. Professeur de son état M. Diop Issa a servi au lycée de Nouadhibou depuis le début des années 80 avant de devenir conseiller muniipal. Un homme affable, sympathique et ouvert qui avait de bonnes relations avec tout son entourage. Ces dernières années, quand il s’est aperçu qu’il était diabétique, il a consacré le reste de sa vie a la lutte contre cette maladie. C’est ainsi qu’il a contribué à mettre en place l’ADN (Association des Diabétique du Nord) et s’est attelé à créer des antennes dans toutes les régions du pays. Le 11 avril dernier, c’est-à-dire il y a eux semaines, il était à Rosso où il a présidé la réunion de l’antenne locale, l’ADR (Association des Diabétiques de Rosso). Une réunion à l’issue de laquelle, un lot de matériel a été remis aux membres de l’association. Le 12 avril, M. Diop Issa s’est rendu à Boghé pour les mêmes raisons avant de retourner à Nouadhibou.

Djigo Aboubakry

Source : La Tribune n°498




Le téléphone mobile

27042010

 

 Mon portable, une partie de mon corps 

L’engouement du téléphone portable ou cellulaire tend à la dépendance. Le Mauritanien aussi semble considérer son portable comme une partie de son corps. Parfois, même, il se met à paniquer s’il ne l’a  pas avec lui, de peur d’être coupé du reste de son environnement. Bien sur que ce téléphone mobile offre des avantages très précieux surtout en cas d’urgence et de nécessité.

En une décennie, les  Mauritaniens ont fait du téléphone mobile leur plus fidèle compagnon. Le portable a séduit dans les villes comme dans les campagnes.

Le succès  a certes de quoi satisfaire les trois opérateurs de téléphonie mobile que sont Mattel fruit de la coopération Mauritano Marocaine, Mauritel créée sur collaboration Mauritano Tunisienne et Chinguitel lancée sur négociations entre le Soudan et quelques hommes d’affaires mauritaniens. Les deux dernières opèrent sur le fixe et le portable. Selon des sources proches de l’autorité de régulation, ces sociétés de téléphonie ont comptabilisé 986 914 clients, s’attribuant 75 pour cent du marché, pour une population estimée à 3.000.000 d’habitants.

Mais le GSM fait avant tout le bonheur d’au moins un Mauritanien sur quatre, toutes catégories sociales confondues.

Les portables tintinnabulent dans les rassemblements aux moments les plus incongrus.

A ceci s’ajoute l’excentricité de certaines sonneries. Du chant de coq strident à l’air de rock endiablé en passant par des chants religieux passionnés, il y en a pour tous les goûts … Outil de communication  ou gadget dernier cri,  dans tous les cas, le mobile est devenu indispensable. Sans lui, tout s’arrête. Ou presque.

Zeinebou Sylla, la quarantaine, est commerçante. Elle vend des vêtements et des accessoires pour enfants au marché de la capitale. Elle n’a pas été longtemps à l’école, mais cela ne l’empêche nullement de manipuler savamment son téléphone pour en tirer le meilleur parti : « grâce à lui, je fais de bonnes affaires.

J’appelle mes clients importants dès que j’ai de nouveaux arrivages de marchandises, et je reçois aussi beaucoup de commandes. » Même si cela représente une dépense importante, elle veille à ce que le service ne soit jamais interrompu : « dès que je dispose d’un peu de liquide, j’achète des cartes de rechargement. Le plus souvent, je choisis celles de 1000um pour chacun de mes trois téléphones. J’ai un mattel, un mauritel et un chinguitel ; c’est pour facilité la tache à mes clients et à mes fournisseurs. Les autres cartes sont peu chères pour moi sur celles de 2000um, 5000um,… dans tous les cas, je mets toujours du crédit, car le téléphone me permet de régler beaucoup de choses sans me déplacer. Je l’ai toujours avec moi. »

Vendeur de grillades ‘méchoui ‘, Mattala, 35ans , a lui aussi toujours son téléphone à portée de main, juste assez de loin de son feu de bois pour qu’il ne l’arrive rien. «Récemment, j’ai acheté un appareil à 30.000um. Non seulement ça me permet de faire marcher mon business, et en plus, ma famille qui est au fin fond du Hodh El Gharbi peut m’appeler quand elle le souhaite. »

Mattala veut être joignable à tout moment par les amateurs de viande de mouton rôtie sur la braise. Même s’il n’est pas encore businessman, Mohamed O.Khattri, 22 ans, étudiant en économie, ne peut pas, non plus, se passer de son téléphone. Il est « accro » aux SMS. Malgré ses maigres moyens, il lui arrive de dépenser 1000um par jour pour envoyer plus de cinquante messages à ses amis à Nouadhibou et à ses correspondants à l’étranger. Pour avoir un modèle dernier cri, il se dit près à mettre jusqu’à 50.000um. « Pour moi, le design, c’est important. Un téléphone, ça doit être beau. J’aime également avoir de nombreuses options, car je surfe et je joue sur le Net de mon mobile. Franchement je suis content de faire partie de cette «génération portable », car ça fait cool et c’est hyper pratique. Je ne peux absolument pas imaginer ma vie sans mon portale »

Le téléphone portable trouve une autre utilité pour Jemila, 24 ans, employée de maison à E.Nord, originaire du Tagant, à environ 1000km à l’est de la capitale. «  Je vis seule à Nouakchott avec ma sœur. Il y a un an, nous avions eu un peu d’argent et nous avons acheté un téléphone d’occasion pour permettre à notre famille de prendre des nouvelles à tout moment. Pour nos parents, c’est plus rassurant. Pour nos employeurs aussi car quand on est en retard  ou qu’on s’absente, ils peuvent nous appeler pour savoir ce qui se passe. Nous avons payé l’appareil 9000um avec un voisin qui travaille à Noghta Sakhine, ce qui représente le ¼ de mon salaire. Mais ça vaut vraiment le coup.  Ma sœur et moi, nous le gardon à tour de role en attendant de pouvoir nous en procurer un autre.» lorsque la téléphonie mobile a été introduite en Mauritanie en 2001 par
la Mattel, seuls quelques officiels, des hommes d’affaires, des cadres et des artistes connus possédaient des portables. Le coût été élevé des abonnements (autour de 6000um) et des communications (environ 90um la minute) limitait considérablement le nombre d’utilisateurs.

Le lancement des cartes prépayées, la liaison avec l’Internet et les campagnes de communications à tarifs réduits de
la Mauritel ont fini par porter leurs fruits : la clientèle s’est diversifiée et les prix ont baissé. Mais l’affaire reste rentable. En 2006, le chiffre d’affaire  de chacune des deux sociétés a progressé (Mattel et Mauritel) selon les services financiers de 24,7 pour cent par rapport à 2005, l’activité de téléphonie mobile était responsable à 87pour cent de cette progression.

Depuis l’arrivée en 2007 de Chinguitel sur le marché national, l’implication d’un troisième opérateur GSM avec un réseau favorable à la communication et à la connexion sur l’Internet a touché à la réputation de ses aînées. Mais n’empêche chacune d’elle continue à tenir le bout du fil et les abonnés se multiplient davantage.

En attendant de nouvelles concurrentes, Mattel Mauritel et Chinguitel multiplient les offensives commerciales (offres, réductions, promotions, campagnes, sponsors, aides sociales, qualités de services…) pour renforcer leurs positions sur le marché.

Aboubecrine Ould Sidi

Source : La Tribune n°498 

  







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