Les Echos de La Tribune : Quelle folie ?

29 03 2010

Par  Mohamed Fouad Barrada   

 

Une frange  de la population mauritanienne est touchée  par la maladie mentale, soit 88.000 (selon l’OMS) dont  5600 personnes sont prises en charge.  

 « Sur l’ensemble du pays, on ne  trouve  que 4 psychiatres  et 10  psychologues pour une population de plus de 3 millions d’habitants. Ainsi, il existe une réelle insuffisance de dépistage, de diagnostic, et de prise en charge de l’adulte (+ de 18 ans) », note  un  récent rapport intitulé   le projet  ‘‘pour une meilleure offre de soins en santé mentale sur la Communauté Urbaine de Nouakchott’’. Et dans le cadre de  certaines prises  en charge,  « des personnels  soignants ayant acquis sur le tas leurs compétences et proposant des soins, soit inadaptés aux besoins des malades, soit   insuffisants car restreints à l’administration de neuroleptiques. Ces dernières ne sont d’ailleurs pas toujours utilisées à bon escient, selon les difficultés d’approvisionnement et d’accessibilité pour les patients » (idem).  

A cela s’ajoute, évidemment,  une carence au niveau du dépistage précoce, du diagnostic et de la  prise en charge  médicale, psychologique et sociale  de l’enfant (0-18). 

L’exode rural, la mondialisation, l’urbanisme incontrôlable, le  brusque changement du mode de vie des mauritaniens,   la défragmentation du tissu social due à la pauvreté, la faiblesse du pouvoir d’achat,  l’appauvrissement des fonctionnaires de l’Etat et la  presque disparition de la classe moyenne   en sont des explications parmi tant d’autres. 

Les  diagnostics sont alarmants et  choquants. Rapprochez  vous du professeur Dia,  le premier psychiatre du pays, il va vous donner, certainement,  des   pronostics  plus pointus, plus élaborés.  À l’époque disait-il, au cours d’une réunion de travail, «  il y avait  des assises  entre les familles de malades mentaux et  des professionnels issus  de différents structures sanitaires de l’Etat ». A l’époque, « on célébrait la journée mondiale de la santé mentale ». 

Présentement, les malades mentaux sont, pratiquement,  exclus de tout accompagnement, de tout soin.  Leur  situation est dramatique pour ne pas dire catastrophique. Ces malades,  qui ignorent, pourtant,  tout sur leurs maladies,  sont  à la merci de la destinée des inconscients-conscients. Etre atteint d’une maladie  mentale  dans cette partie du globe,  c’est être  condamné à vivre  l’état de la domination de l’inconscient  loin de l’œil visible des voisins ou du professionnel,  et si  cet état mène vers  l’agressivité, la solution serait , tout simplement, de  ‘lâcher’ le patient  errer dans la nature ou plutôt dans  les rues et les avenues des grandes villes, après, bien sûr, que les  charlatans en sous- tirent des gros montants  ou quelques  sous  auprès de la famille du ‘sujet’ .  D’autres parents plus inhumains, notamment comme ceux  qui ont  déjà   délaissé, après leur déménagement, leur patient, abandonnent, eux aussi,   vraisemblablement  des   malades  enchainés dans des  maisons sans nourriture, ni boisson  pendant des jours et des jours.  

Subséquemment,  un fait marquant,   fut  signalé, se manifestant par une ‘phénoménologie’ de la  folie  affectant   toute une famille : le père, la mère, les enfants. Tout ce monde est touché, malheureusement,  par un déséquilibre mental. Il s’agit là, d’un arrêt sur une situation bouleversante  voire révoltante interpellant  tout un chacun. 

m_barrada@yahoo.fr     

Source : La Tribune n°494   


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