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Il était une fois à Nouakchott.

25032010

 

 C’est le sous-titre de ce roman de notre compatriote Aichetou Mint Ahmedou. C’est l’histoire d’une vie et ses péripéties dans une société tiraillée entre son passé et les exigences de son devenir. Un roman qui ne laissera pas indifférents ceux qui ont connu le Nouakchott d’autrefois. Chacun y découvrira, aussi, la richesse d’une nation et les subtilités socioculturelles de sa société. Tout cela à travers une narration si vivante que les personnages en deviennent si vrais. Un roman repère dans une société qui en cherche. A lire. 




Ahmed, Métier : veilleur de nuit à Tevragh Zeina

25032010

La nuit : moment privilégié, moment du repos mérité après une journée de travail. La nuit : moment unique où se dévoile tout ce qui est caché, moment de passage de témoin  entre un monde qui s’endort et un autre qui s’éveille. Il y en aurait, de belles choses à vivre la nuit ! Et pourtant nous sommes ailleurs. Mais d’autres (chanceux) vivent ces choses. Ils ont l’air de rien, ils cachent bien leur jeu, mais trimbalent, dans leur mémoire des souvenirs d’aventures nocturnes bien riches. Eux, ce sont nos chers gardiens de nuit, de véritables chauves-souris. Rien ou presque ne leur échappe, et surtout pas les gaffes des résidants du quartier hupé de la capitale. Des gaffes qui sont, il faut le reconnaitre, assez nombreuses et qui menacent parfois la quiétude et le calme nocturne de Tevragh Zeina.

Quand nous lui avons demandé comment était la vie nocturne à Tevragh Zeina, Ahmed la quarantaine à peine, nous répondit le sourire aux lèvres, en nous disant d’un Hassaniya quelques peu brouillé « vous savez, c’est un quartier où n’habite que la bourgeoisie alors vous pouvez imaginer un peu le calme qui prévaut le soir après le coucher du soleil même si certaines gaffes de jeunes viennent très souvent perturber cette quiétude. On ne peut pas en vouloir à ces jeunes fougueux.» L’humour d’Ahmed est loin d’être gratuit, cela fait une dizaine d’années qu’il est gardiens de nuit à Tevragh Zeina, les gaffes et les dérapages, parfois mortels ,il en a vu de toutes les couleurs. Son souvenir le plus mémorable est sans doute cette altercation qui avait mal tournée  et qui  avait coûté la vie à un boutiquier. Les deux jeunes auteurs de cette forfaiture s’enfuirent avec leur butin, le boutiquier lui, succombera à ses blessures quelque temps après, à l’hôpital. Ironie du sort, l’un des responsables de ce braquage mourra un peu plus tard dans un accident de la route et son ami se retrouvera avec sa victime au service des urgences. Cette expérience tragique, Ahmed s’en souviendra sans doute toute sa vie et depuis lors, il ne peut s’empêcher de mettre en garde chaque « oiseau de nuit » qu’il croise, avant que celui-ci n’aille faire sa ronde. « J’ai des enfants moi aussi ;  ce qui est arrivé à ce jeune-homme aurait pu arriver à n’importe lequel de mes enfants alors je me mets un peu à la place du parent et je leur demande juste de faire attention. Les jeunes ne pensent qu’à  s’amuser, ils ne sont pas assez prudents… Cette envie de se distraire, les emmènent souvent à commettre des actes criminels », confie  Ahmed avec des airs paternalistes. Mais de ses nuits de veilleur, Ahmed ne garde pas que des souvenirs amers, et on s’en doute bien. Les meilleures nuits, il les a vécues les soirs de saint valentin, à l’heure où les tourtereaux se retrouvent pour partager un peu d’intimité. « C’est très distrayant de voir tous ces jeunes…  c’est amusant de voir comme ils sont romantiques des fois. » c’est alors que de son chapeau, Ahmed nous sort une belle anecdote : « l’année dernière, un jeune couple se disputait ; le garçon se sentait coupable. Ne sachant que faire il est allé, a cueilli tout ce qu’il pouvait trouver comme fleur des arbres qui se trouvent dans les maisons environnantes, et en a fait un bouquet qu’il a offert à la fille. Peut-être parce qu’elle était prise au dépourvu, ou alors que les phrases qui ont suivi ont racheté la faute du ‘coupable’, la fille a accepté le cadeau et tout allait mieux après ». Ahmed était le témoin privilégié de cette scène, comme il l’a été, malgré lui, pour tant d’autres évènements moins romantiques et surtout, plus tristes, et qui ont vu, des fois, le prince charmant se prendre une gifle à la place  du traditionnel bisou entre amoureux. Tout ce temps, notre Ahmed riait dans son coin, mais faisait semblant de dormir. Vieille ruse de gardien.

Momme DUCROS







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