Edito de La Tribune Par Mohamed Fall O Oumère

25 03 2010

Sigmund Freud, le créateur de la psychanalyse, disait quelque chose qui ressemble à : «Le premier homme qui a proféré une insulte à l’encontre de son ennemi au lieu de lui asséner un coup de bâton ou de lui envoyer une flèche, celui-là est le créateur de la civilisation». Je cite de mémoire un truc que j’ai appris en classe terminale. 

Chez nous, nous disons «illsane billsane u layd makrufa» (mot pour mot, la main devrait être retenue), pour promouvoir la culture du dialogue et des rapports «civilisés»… heureusement que nous n’en sommes pas à nous retenir les mains… nous en sommes encore aux mots qui excitent, qui cultivent la haine, qui détruisent les liens et les convivialités… 

Nous sommes dans un pays où certaines valeurs ont été cultivées des siècles durant. Parmi lesquelles l’humilité et la modération. Et, bien sûr, ces valeurs furent altérées comme tout le reste. Il en reste quelques vagues réminiscences. Pas plus. 

D’où la facilité pour nos acteurs à faire des écarts. Preuve pour nous : les derniers développements des échanges d’accusations entre personnalités de la Majorité et de l’Opposition. C’est comme si nos leaders avaient décidé de ne plus avoir de respect pour nous. Oubliant qu’en nous déniant notre droit au respect, ils se dénient ce droit eux-mêmes. 

Une vraie folie, cet échange de vulgarités entre des personnalités – parfois des institutions descendent à leur niveau – qui se prévalent d’être les dépositaires d’une culture ancestrale… des gens qui se prévalent d’une dignité et qui revendique ce fait. 

Un peu de retenue, sommes-nous tentés de crier. Revenons au débat sur l’essentiel. 

A son arrivée au pouvoir le Président Mohamed Ould Abdel Aziz avait promis le changement. Sur le plan institutionnel, la question du rééquilibrage des pouvoirs à travers une réforme constitutionnelle. L’objectif étant de diminuer les pouvoirs présidentiels au profit du Parlement. Pas exactement un régime parlementaire, pas on plus un régime présidentiel comme ceux que nous avons soufferts ces dernières années. Et qui ont justifié tous les changements du pouvoir. 

Deuxième nouveauté institutionnaliser des organisations comme la Haute autorité de la presse et de l’audiovisuel (HAPA) pour lui donner plus de poids. En même temps éliminer des institutions comme le Sénat, le Conseil constitutionnel, le Haut conseil islamique, le Conseil économique et social… pour motif d’inutilité en ces années de néfastes exercices du pouvoir. de 1998 à 2009, onze ans d’existence, quels bilans pour ces institutions ? C’est bien sur la base du constat à faire qu’il va falloir décider ou non de l’élimination de ces «machins» coûteux. 

Sur le plan des refondations nécessaires pour faire le changement, il faut d’abord penser à l’école comme moule d’une personnalité mauritanienne nouvelle. Le Président de la République a promis des états généraux de l’éducation pour bientôt. Cette réflexion durera le temps qu’il faut et verra la participation de tous les acteurs (partis, société civile, parents, enseignants…). C’est tant mieux mais le plus vite sera le plus utile et le plus salvateur. 

Autre refondation vitale, la dépolitisation de l’administration. Et la présence du gouvernement au dernier meeting de la Majorité. Peut-être qu’un retrait des membres du gouvernement par rapport à ces scènes, ce retrait servirait mieux la cause de la Mauritanie nouvelle. Alors que la présence en perturbe la visibilité. 

Et c’est bien de visibilité que la majorité a besoin en ces temps d’atermoiements. Quand on sait où on va, et avec qui on y va, la confiance s’installe et tout le bien peut arriver. Dans le cas contraire, la confiance ne peut s’installer et tout le mal peut arriver. 

Quoi qu’il en soit, le Premier ministre et son gouvernement auraient mieux fait de rester dans leurs bureaux pour mettre en œuvre quelques-unes des directives du Président. Préparer par exemple cette table-ronde de Bruxelles qui semble remise en cause. Pas seulement à cause de l’incapacité du gouvernement ç imaginer des projets à même d’engloutir les ressources prévues de puis l’exercice passé, mais aussi parce que les partenaires émettent des réserves vis-à-vis de l’événement. D’ailleurs, l’événement n’aura plus lieu avant juin prochain. 

Ajouter enfin que le Premier ministre Dr Moulaye Ould Mohamed Laghdaf et son ministre de l’économie et du développement, ne semblent pas faire la différence entre Groupe Consultatif et Table-ronde. Dans le premier cas, il faut présenter une panoplie de projets pour avoir des financements. Dans la seconde, il faut essayer de redorer l’image, de restaurer la confiance des partenaires en leur présentant une vision. Laquelle justement ?    

Source : La Tribune n°493 


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