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Les Echos de La Tribune Assaba : tourisme et sécurité :

25032010

Par Mohamed Fouad Barrada  

Je  vous dévoile , de prime abord,  une discussion que j’ai eu à  ‘déclencher’ ,  au cours d’un voyage,  à l’Assaba  avec  un homme d’affaires  natif de Kiffa,  propriétaire   d’une auberge dénommée la maison des Hôtes, celle-ci  lui coûtant , affirma-t-il, plus de 100 millions d’ouguiyas. Une auberge équipée d’outils modernes pouvant servir efficacement un étranger ou un citoyen lambda voulant connaitre une partie de sa patrie. Il déclara  qu’il a,  durant,  l’une des ses explorations  touristiques  à 80  kilomètres  du Sud  ouest   de la capitale de l’Assaba , pu découvrir l’existence d’une  statuette dans une grotte  où  se trouvent  des écritures bizarres, bizarres ! « Et pourtant, j’avais  averti les services compétents pour qu’ils  tiennent  compte de ce site, sans pour autant que ces derniers  entament  la moindre procédure », renchérit-il avec amertume.   

Subséquemment, suite à d’autres discussions, appuyées par des souvenirs d’enfance,  j’ai pu, aussi,  déduire que dans la  zone d’Assaba, il y a d’autres  sites, d’autres lieux, d’autres rivages …    

Ceci étant, la saison  touristique débutera  bientôt à  la capitale de l’Assaba  Kiffa. Quelle particularité ?    

Troisième grande ville du pays,   600 kilomètres de Nouakchott vers le Sud, un carrefour  entre  quatre  grandes  régions notamment les  deux hodhs via  Tintane, le Brakna , le Tagant   et  le Guidimakha,  kiffa   est  peuplée  d’environ  75000 habitants,  selon le recensement de 2000.  Il  n’en demeure pas moins qu’elle est exclue, à mon avis,  de toute promotion touristique permettant de valoriser  le patrimoine culturel de l’Assaba  qui  regorge,  pourtant, de sites touristiques complètement négligés.   

Avec un aéroport inactif depuis belle  lurette,  neuf auberges dont  deux  offrant des meilleurs services et un hôtel,  le tout peine à décoller malgré  des investissements  souvent   personnels, pourquoi, alors  les autorités ignorent- elles cette zone   au point  que sa jeunesse et ses promoteurs leur  manque  pratiquement tout soutien logistique ou financier  en la matière ?  

Dieu merci, aucun kidnapping dans cette zone : ‘jusque- là’,  l’Assaba  est  suffisamment loin  du triangle dangereux  regroupant une grande partie du Mali où les terroristes et leurs groupements  sont de plus en plus  agressifs   dans un périmètre  désertique  difficilement maitrisable.   

Ainsi, la réunion des pays du sahel et du  Sahara  qui vient d’être tenue  en Algérie  servira-t-elle  pour atténuer la psychose due au rapt des ressortissants européens qui affecte le tourisme local et au-delà, le tourisme  national.   

Une chose est sûre,  au niveau ‘local’  deux  stratégies notamment touristique  et sécuritaire sont interconnectées. Cette dernière est, sans équivoque,  conditionnée par  la mise en place de mini  centres d’analyse et de surveillances spécialisées dans le domaine de la  lutte contre le terrorisme.  

Au niveau national, l’approche sécuritaire simpliste, d’autrefois, semble être fortement critiquée,  dans la mesure  où la  ‘tâche’  sécuritaire taraude des pays plus puissants. Et  d’autant plus que le territoire de la nation s’étend  sur plus de 1 million de Kilomètres, en grande partie,   envahi par des dunes de sable marquant la beauté d’un  paysage difficilement franchissable.     

Il est clair, les dernières mesures permettant d’activer les   35 points de passages  obligatoires, sont,  sans contraste, salutaires.   

Ce qui sous entend que la  récente attaque  de l’armée, à l’issue de laquelle   ont été emprisonnés plusieurs malfaiteurs, constitue une victoire  intéressante, toutefois, elle n’est  pas du tout suffisante aux yeux des étrangers hésitants  et   fortement influencés  par la médiatisation  des récents enlèvements  dans la sous région de ressortissants occidentaux dont deux ont  été libérés, il y a peu.             

m_barrada@yahoo.fr  

Source : La Tribune n°493  




Les Echos de La Tribune : Femmes !!!

25032010

Par Mohamed Fouad Barrada  

Lorsque  j’ai  écrit (voir la Tribune n°491)  que  la liste des  femmes de valeur en Mauritanie, laquelle a été   abordée dans une tentative de rendre hommage à  certaines parmi  elles,  n’est  point  exhaustive, tant s’en faut, et qu’elle reste bel et bien  restreinte et incomplète, une réaction objective  m’a été transmise dont voici les passages  saillants:    

« Quiconque ne saurait lister  les femmes humbles, valeureuses et courageuses qui continuent de bâtir quotidiennement le pays et qui  ne cesseraient guère de faire partie des plus justes de cette nation,…!
- de ma mère, qui dès l’aube et après avoir rempli ses prières, égrenant son chapelet,  s’embarque dans un vieux taxi qui aurait, pratiquement, le même âge qu’elle en direction de la plage des pêcheurs. Là, elle remplit sa grande bassine de poissons que nous aimions bien retrouver au repas de midi. Elle s’installe au carrefour pff!! Pff !, disputant une place avec les mouches, d’autres bestioles et des ânes, pour vendre dignement ses poissons sous l’œil du poulet-de-flic véreux et de l’agent communal vicieux, la menaçant par intermittence au travers des taxes et contraventions fictives et virtuelles …
- de ma sœur qui, à force de gratter la terre, a fini d’enlever de la terre la graine nourricière à l’aide de ses mains calleuses ;
- de toutes ces femmes, qui dans un monde gouverné par l’hypocrisie du genre  masculin et la misogynie, ont su redonner à la femme la place qui lui devait pour nous montrer le chemin de l’honneur…»   

Ainsi, un  deuxième commentaire m’a été  ‘communiqué’, dans la même lancée, sous forme, cette fois-ci,  de chronique  ‘De fil en aiguille’ du Quotidien de Nouakchott, quel beau style, quelle cohérence, en un  mot, je suis ébahi.  Sans compliment, j’avais, tout simplement, raison : Maryam Brodowski-Bâ  attire, incontestablement, l’attention au sens positif du terme.  Lisez seulement ce  qui suit :   

« Souvent j’évoque combien je regrette de ne pas avoir moi-même enfanté…  

Lorsque je rends visite à une famille dont les enfants me connaissent, je n’ai pas de plus grand bonheur que de les voir se précipiter vers moi les bras ouverts et les entendre de joie hurler mon nom… Sentir leurs petits bras autour de mon cou… Me fait l’effet de posséder toute la tendresse du monde…  

Cette réflexion dans ” La Tribune ” me donne l’occasion de rappeler une fois de plus ce qu’est une mère. Où tout au moins telle que je la vois (et heureusement je ne suis pas la seule !) Depuis que le monde existe la mère a une place incomparable dans les différentes sociétés. Elle est le pilier irremplaçable d’un foyer. Celle qui règle la majorité des problèmes, qui soigne, console, écoute, conseille, protège, arrive à prévoir ” l’imprévisible ” … Et peut encore bien d’autres choses car, je suis désolée Messieurs si pour une fois je vous semble ” féministe “, la femme possède une énergie, une force et une disponibilité qui vous font très souvent cruellement défaut(…)  

Ne vous y trompez pas, j’ai, même si c’est sous une autre forme que la majorité de mes semblables, un très grand sentiment féministe et je voudrais que mes consœurs arrêtent de vouloir être des ” hommes ” et à réclamer sans discernement l’égalité des sexes… Croyez moi Mesdames Dieu nous a créé ” inégalables ” et jamais les hommes n’arriveront à notre niveau… Le travail que nous faisons et ferons encore… Nous sommes les seules capables de le faire… Mais nous avons besoin des hommes pour nous aider… Ils ont eux aussi une sensibilité et déjà assez de mal à se retrouver dans le monde actuel, Alors prenons les tels qu’ils sont, agissons avec diplomatie… Ne les bousculons pas trop …»  

   

m_barrada@yahoo.fr 

Source : La Tribune n°492 




Les Echos de La Tribune : De l’imaginaire au réel !

25032010

 

 Par Mohamed Fouad Barrada   

 Bizarrement, quelqu’un me suggéra  ceci : Il me disait, implicitement,  avec un jeu de  mots  formidable  si tu arrives   à  supporter  ce que je dis, tu gagneras  un point qui est à la fois réel et imaginaire, sinon tu risques de perdre  la partie. Face à ce jeu du hasard amusant pour les uns,  étrange  pour les autres, je me trouve pourtant  confronté  à  décliner cette offre sans pour autant contrarier  le meneur de ce  jeu qui confond entre  réalité et  fiction . Je m’en ressentais  aussitôt   en situation perplexe : être    ‘assujetti ’ à ce jeu  sans pour autant accepter de le jouer. D’où l’unanimité ou le désaccord qui sous-entend le  puzzle  en question. Il s’agit  bien, si j’ai une bonne interprétation de l’événement, d’un ensemble qui forme, selon mon interlocuteur, un système composé assurant  la maitrise de  soi-même  sous l’ordre, bien sûr, de la complexité de la réalité sociale du maître du jeu. Voici  en gros les questionnements du fameux ‘assommoir’ tels qu’ils sont  avancés : Si quelqu’un,  ou quelqu’une,  vous insulte quel sera  alors votre réaction proactive ?   

Le principe est simple : dans ce jeu, vous êtes  testés pendant une période x en vous créant  des tensions avec des individus connus et inconnus. C’est une sorte de camera cachée pas tout à fait inconnue dont la victime arrive difficilement à  distinguer le vrai d’avec le faux.   

Certes, venant de quelqu’un que vous aimiez ça sera blessant, voire choquant. Néanmoins, s’il s’agit d’un jeu le  mieux  est d’être indifférent.  Et si votre  vie est, dans un moment ‘t’,  soumise à un jeu de hasard, tel que la domination, quelle  sera, dans ce cas délicat,  votre aptitude ?  

 La réponse  me semble évidente :   

Vous avez le choix entre deux options qui ne sont guère agréables, cependant, complémentaires. La première consiste à surpasser la   transmission  des messages aléatoires qui renforce la domination du joueur, quant au second phénomène, ces messages, qui ont une apparence aléatoire tendent vers un seul but : la ‘destruction’ ou la consolidation  de l’intérêt  du dominant  qui est souvent égocentrique. C’est exactement  ce qui se passe en grande partie dans notre vie réelle.   

    m_barrada@yahoo.fr  

Source : La Tribune n°491 




Les Echos de La Tribune : Gentillesse contre stress

25032010

 

 Par Mohamed Fouad Barrada  

Il arrive à l’Homme d’être absorbé par je ne sais quoi, (le travail pour survivre ou plutôt sa soif pour le savoir : la lecture, l’écrit, l’enseignement, etc.). 

Exceptionnellement, il lui arrive, après une journée épouvantable, de penser à la souffrance d’autrui et l’incompréhension de son entourage. Car lui-même n’est guère à l’abri de ce qu’on peut appeler la contrainte qui conditionne l’existence de l’être en tant qu’être libre ou esclave par son inconditionnalité d’exister et de venir du néant selon la conditionnalité du moment et sa pérennité qui n’existe souvent que dans son subconscient, ou sa conscience. 

Je voulais dire par là que chaque personne se démerde dans son coin pour dévoiler ou pour ‘voiler’ sa pensée, sa manière de dire , je voulais ainsi préciser que chacun de nous essaye d’imposer , d’exiger une liberté de penser, une conviction , un obscurantisme, une lumière , une vision ou autre chose qui échappe à la logique de l’être en tant qu’animal voulant la dévalorisation de l’inter -connectivité humaine.  

D’où l’irruption du stress ou plutôt les moyens de lutte contre ses séquelles qu’elles soient fortes ou plus ou moins acceptables selon la contrainte.. J’ai entendu parler des journées pour la lutte contre ces fléaux. D’autres pour la gentillesse. 

J’ai choisi en conséquence de partager avec vous, rétrospectivement, une lecture d’un phénomène mondial influencé par la globalisation de la contrainte humaine sous toute sa forme et qui demeure difficilement maitrisable, jusqu’à, bien sûr, la preuve du contraire. 

En effet, « devant l’inflation de dispositifs censés détecter les risques psycho-sociaux sous forme d’observatoires ou d’indices en tous genres, le diagnostic sur le stress semble quelque peu bâclé. Trois mythes, en particulier, doivent être dissipés » à savoir le management, le stress et la question de son coût. 

Et enfin la corrélation entre l’épanouissement des salariés et la rentabilité de leurs structures organisées, argue en substance le consultant Toussaint, (voir Le monde du 28 février 2010). « On entend souvent dire qu’une entreprise n’est performante que si ses salariés sont heureux. L’expérience indique systématiquement le contraire » (idem) .Quel est alors le remède ? 

Le 1er février 2010, la lutte contre le stress en France a eu sa date anniversaire. « Le ministère du travail enjoint toute entreprise de plus de 1 000 salariés d’entamer des négociations avec les partenaires sociaux sur le sujet avant cette échéance » (sic). 

- Le 13 novembre est célébré désormais par certains comme étant une journée de gentillesse. De cet événement, je vous avance les arguments d’un écrivain de la blogosphère : 

« C’est idiot mais c’est comme ça, c’est aujourd’hui la “journée mondiale de la gentillesse “. Évidemment, les rapports humains et la vie quotidienne seraient tellement plus agréables si tout le monde était gentil avec tout le monde. Soyons prévenants, délivrons les compliments, abstenons-nous des coups tordus et autres égoïsmes. C’est sûr, ça ne peut pas faire de mal (à condition, évidemment, que personne ne soit méchant, soyons optimistes) 

Mais ne lésinons pas, pour autant, sur les gros mots. Jurer à haute voix a en effet de formidables vertus apaisantes. Nous en avons tous fait l’expérience, mais celle-ci est désormais appuyée par une étude menée par des psys britanniques. Celui qui jure après s’être cogné le petit doigt aura moins mal que celui qui se sera retenu. Le juron serait une parade physique contre la douleur. 

En vérité, c’est le simple fait de hurler qui procure cet effet calmant en accélérant le rythme cardiaque, peu importe ce que l’on hurle. Quoiqu’il en soit, vous avez une bonne justification médicale au prochain gros mot qui vous échappe : c’est thérapeutique, pour me soulager physiquement… 

Aujourd’hui donc, si vous souffrez à force d’être trop gentil, balancez quelques gros mots à la tête de votre interlocuteur, il comprendra ». 

m_barrada@yahoo.fr 

Source : La Tribune n°488  




Edito de La Tribune Par Mohamed Fall O Oumère

25032010

Sigmund Freud, le créateur de la psychanalyse, disait quelque chose qui ressemble à : «Le premier homme qui a proféré une insulte à l’encontre de son ennemi au lieu de lui asséner un coup de bâton ou de lui envoyer une flèche, celui-là est le créateur de la civilisation». Je cite de mémoire un truc que j’ai appris en classe terminale. 

Chez nous, nous disons «illsane billsane u layd makrufa» (mot pour mot, la main devrait être retenue), pour promouvoir la culture du dialogue et des rapports «civilisés»… heureusement que nous n’en sommes pas à nous retenir les mains… nous en sommes encore aux mots qui excitent, qui cultivent la haine, qui détruisent les liens et les convivialités… 

Nous sommes dans un pays où certaines valeurs ont été cultivées des siècles durant. Parmi lesquelles l’humilité et la modération. Et, bien sûr, ces valeurs furent altérées comme tout le reste. Il en reste quelques vagues réminiscences. Pas plus. 

D’où la facilité pour nos acteurs à faire des écarts. Preuve pour nous : les derniers développements des échanges d’accusations entre personnalités de la Majorité et de l’Opposition. C’est comme si nos leaders avaient décidé de ne plus avoir de respect pour nous. Oubliant qu’en nous déniant notre droit au respect, ils se dénient ce droit eux-mêmes. 

Une vraie folie, cet échange de vulgarités entre des personnalités – parfois des institutions descendent à leur niveau – qui se prévalent d’être les dépositaires d’une culture ancestrale… des gens qui se prévalent d’une dignité et qui revendique ce fait. 

Un peu de retenue, sommes-nous tentés de crier. Revenons au débat sur l’essentiel. 

A son arrivée au pouvoir le Président Mohamed Ould Abdel Aziz avait promis le changement. Sur le plan institutionnel, la question du rééquilibrage des pouvoirs à travers une réforme constitutionnelle. L’objectif étant de diminuer les pouvoirs présidentiels au profit du Parlement. Pas exactement un régime parlementaire, pas on plus un régime présidentiel comme ceux que nous avons soufferts ces dernières années. Et qui ont justifié tous les changements du pouvoir. 

Deuxième nouveauté institutionnaliser des organisations comme la Haute autorité de la presse et de l’audiovisuel (HAPA) pour lui donner plus de poids. En même temps éliminer des institutions comme le Sénat, le Conseil constitutionnel, le Haut conseil islamique, le Conseil économique et social… pour motif d’inutilité en ces années de néfastes exercices du pouvoir. de 1998 à 2009, onze ans d’existence, quels bilans pour ces institutions ? C’est bien sur la base du constat à faire qu’il va falloir décider ou non de l’élimination de ces «machins» coûteux. 

Sur le plan des refondations nécessaires pour faire le changement, il faut d’abord penser à l’école comme moule d’une personnalité mauritanienne nouvelle. Le Président de la République a promis des états généraux de l’éducation pour bientôt. Cette réflexion durera le temps qu’il faut et verra la participation de tous les acteurs (partis, société civile, parents, enseignants…). C’est tant mieux mais le plus vite sera le plus utile et le plus salvateur. 

Autre refondation vitale, la dépolitisation de l’administration. Et la présence du gouvernement au dernier meeting de la Majorité. Peut-être qu’un retrait des membres du gouvernement par rapport à ces scènes, ce retrait servirait mieux la cause de la Mauritanie nouvelle. Alors que la présence en perturbe la visibilité. 

Et c’est bien de visibilité que la majorité a besoin en ces temps d’atermoiements. Quand on sait où on va, et avec qui on y va, la confiance s’installe et tout le bien peut arriver. Dans le cas contraire, la confiance ne peut s’installer et tout le mal peut arriver. 

Quoi qu’il en soit, le Premier ministre et son gouvernement auraient mieux fait de rester dans leurs bureaux pour mettre en œuvre quelques-unes des directives du Président. Préparer par exemple cette table-ronde de Bruxelles qui semble remise en cause. Pas seulement à cause de l’incapacité du gouvernement ç imaginer des projets à même d’engloutir les ressources prévues de puis l’exercice passé, mais aussi parce que les partenaires émettent des réserves vis-à-vis de l’événement. D’ailleurs, l’événement n’aura plus lieu avant juin prochain. 

Ajouter enfin que le Premier ministre Dr Moulaye Ould Mohamed Laghdaf et son ministre de l’économie et du développement, ne semblent pas faire la différence entre Groupe Consultatif et Table-ronde. Dans le premier cas, il faut présenter une panoplie de projets pour avoir des financements. Dans la seconde, il faut essayer de redorer l’image, de restaurer la confiance des partenaires en leur présentant une vision. Laquelle justement ?    

Source : La Tribune n°493 




Dialogue Majorité-Opposition :

25032010

 

 Que reste-t-il de l’Accord de Dakar ? 

 

Il y a un an à peu près, commençaient les tractations visant à trouver une solution à la crise politique ouverte par la fronde des parlementaires qui a abouti au blocage des institutions et, fatalement, au coup d’Etat du 6 août 2008. En face deux camps qui avaient engagé une lutte à mort pour le pouvoir. 

D’un côté les soutiens du Général Mohamed Ould Abdel Aziz. De l’autre ses ennemis rassemblés dans deux pôles : celui du front national pour la défense de la démocratie regroupant les forces politiques ayant appartenu au dernier gouvernement de Sidi Ould Cheikh Abdallahi (Adil-PNDD, parti au pouvoir à l’époque, APP de Messaoud Ould Boulkheir, UFP de Mohamed Ould Maouloud et Tawassoul des islamistes modérés), et celui du Rassemblement des forces démocratiques (RFD) du chef de file de l’Opposition Ahmed Ould Daddah qui avait d’abord béni le changement avant de faire marche arrière quand les intentions du Général sont devenues plus claires. L’occasion de la tenue des Etats généraux de la démocratie auxquels le RFD a participé, a été saisie par les partisans du Général Ould Abdel Aziz pour annoncer sa candidature et faire déjà campagne. 

Devant l’impossibilité pour les acteurs mauritaniens de trouver une solution, la communauté internationale s’en mêle. Et très vite elle prend les choses en main. Grâce à l’entremise du Sénégal, et sous la houlette de l’Union Africaine et des Nations-Unies – les deux principaux négociateurs appartiennent à ces organisations – un schéma de sortie de crise est préparé. S’engageaient alors les pourparlers de Dakar dans un climat de forte tension. 

D’une part le candidat Mohamed Ould Abdel Aziz qui refuse de remettre en cause l’échéance initiale de la présidentielle fixée au 6 juin. En face, les pôles de l’opposition qui entendent le mettre définitivement hors jeu. Grâce aux pressions internationales, l’Accord est signé. Mais qu’en reste-t-il aujourd’hui ? 

C’est certainement la question que se posent tous ceux qui suivent l’actualité politique en Mauritanie. Avec la perspective d’une autre question non moins importante : un dialogue Majorité-Opposition peut-il être fondé sur les termes de l’Accord de Dakar ? 

Plusieurs fois, des leaders de l’Opposition ont demandé l’ouverture du dialogue «en vertu» de cet Accord qui, selon eux, reste en vigueur. En face, on semble estimer que l’Accord ne lie plus depuis que les deux autres pôles signataires «l’ont mis de côté», pour reprendre les termes d’un cadre du parti dirigeant. Pour comprendre les lectures des uns et des autres, un retour en arrière est nécessaire. 

Le 2 juin 2009, était paraphé à Dakar, un texte d’Accord entre les trois pôles politiques mauritaniens : le pôle du pouvoir en place, celui du Général Mohamed Ould Abdel Aziz, le pôle du FNDD et celui du RFD. 

L’article 1 de l’Accord indique : «Les trois grands pôles de la vie politique mauritanienne, signataires de cet ACCORD CADRE, s’accordent sur la nécessité d’une transition organisée de façon consensuelle dans le cadre du présent Accord politique. Ils s’engagent tous, par conséquent, à gérer ensemble la transition en participant aux élections (pour ceux qui le désirent), au Gouvernement Transitoire d’Union Nationale et à la constitution de la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI)». 

Il en découle, selon les termes de l’Accord, «le déplacement du problème vers la transparence des élections en amont comme en aval, c’est-à-dire la fiabilité du fichier électoral, la crédibilisation du scrutin dans son ensemble, l’égalité de traitement des candidats par les médias du service public, la neutralité de l’administration territoriale, l’observation rigoureuse du processus dans son ensemble par la communauté internationale». 

La feuille de route est dégagée. Elle fixe les modalités d’une transition consensuelle qui commence par trois actes : démission du Président élu Sidi Ould Cheikh Abdallahi après avoir signé un décret nommant le gouvernement d’union nationale ayant en charge de gérer la transition, et enfin «la prise en charge des effets de cette décision en termes d’intérim de la présidence de la République par le Président du Sénat». 

Certains détails concernant notamment la répartition des postes ministériels sont donnés : «Les portefeuilles de ce gouvernement sont répartis de façon paritaire entre le pôle de la majorité parlementaire actuelle soutenant Monsieur Mohamed Ould ABDELAZIZ d’une part et d’autre part les deux autres pôles du FNDD et du RFD. Le Premier Ministre sera nommé sur proposition du pôle de M. ABDELAZIZ, après consultation des dirigeants des deux autres pôles. Les Ministères de l’Intérieur, des Finances et de la Communication seront attribués à des personnalités proposées par le FNDD et le RFD». La mission de ce gouvernement est définie. Il doit assurer «la continuité de l’état et la gestion des affaires du pays ainsi que la mise en œuvre du présent Accord, en particulier la prise de mesures appropriées pour l’organisation et le bon déroulement de l’élection présidentielle ; étant entendu que l’action et les décisions d’un Gouvernement de transition obéissent aux exigences du fonctionnement normal des institutions, de la stabilité des administrations publiques et de la continuité des relations internationales du pays, et que les institutions et structures de Défense et de Sécurité accomplissent leurs missions dans le cadre de la Constitution et des lois de la République». 

Sur l’élection elle-même, la date est fixée au 18 juillet 2009. Elle doit être précédée par «une révision exceptionnelle de la liste électorale, la vérification du fichier électoral et la validation des dossiers de candidatures». A propos de la CENI et contrairement à toutes les attentes, les parties prenantes optent pour une institution partisane, composée de façon paritaire : «La CENI sera composée de quinze membres, à raison de quatre proposés par chacun des trois grands pôles politiques, le Président, le Vice-Président et un autre membre devant être des représentants de la société civile ayant la compétence nécessaire et ne faisant pas l’objet d’opposition de la part d’aucun des trois pôles politiques». Malgré cette précision, pourtant de taille, les deux premières personnalités de la CENI seront choisis dans le sérail des futurs candidats. 

Pour donner des gages de bonne volonté, les parties s’engagent à apaiser leurs relations durant la période transitoire. Cela doit se traduire par la fin des campagnes de médisance et la libération des prisonniers dans le dossier Air Mauritanie (les leaders du parti ADIL pour l’essentiel). Neutralité de l’administration et de son personnel : «Ces engagements feront l’objet d’un suivi et d’une surveillance dans le cadre des organes et procédures internes ainsi que des mécanismes d’appui mis en place par la Communauté internationale pour le renforcement de la transparence et de la crédibilité du processus électoral». 

Autour de la partie «poursuite du dialogue national inclusif», il est stipulé qu’il y a nécessité de «renforcer la réconciliation nationale et la démocratie». Et de préciser : «DANS LE PROLONGEMENT DE L’ELECTION PRESIDENTIELLE, le dialogue national inclusif sera poursuivi et intensifié entre toutes les forces politiques mauritaniennes». Pour renforcer la démocratie, travailler pour prévenir les changements anticonstitutionnels, promouvoir la bonne gouvernance, l’état de droit, adopter les réformes nécessaires à cet effet… 

Il importe ici de souligner ce «dans le prolongement de l’élection présidentielle». En effet, les forces de l’opposition ont refusé de reconnaitre le résultat de l’élection pourtant organisée en commun. Et c’est bien cette position initiale qui pose problème. La vision des uns et des autres s’exprime à toutes les occasions. 

Lors d’un débat organisé par le Centre africain d’information et de développement vendredi dernier, les deux parties ont demandé chacune l’engagement d’un dialogue. Pour les représentants de la coordination de l’opposition, le pays est en crise. Une crise ouverte, selon eux, depuis août 2008, «et non depuis l’élection présidentielle». Sortir de cette crise, il n’y a que le dialogue qui puisse l’assurer à la Mauritanie. 

Ce à quoi rétorquent les représentants de la Majorité en disant qu’il n’y a que deux voies pour ce faire. La première peut être initiée dans le cadre des rencontres périodiques entre le Président de la République et le chef de file de l’opposition, «ces rencontres sont prévues par la loi». La seconde, par la voie de l’instauration d’un dialogue entre les protagonistes politiques, voire tous les acteurs de la vie active. «Nous sommes disposés à l’une et l’autre des voies à condition d’amener l’autre partie à normaliser ses rapports avec l’autorité issue de l’élection qu’elle a elle-même supervisée». Et de dire que «tant que l’opposition n’a pas dépassé le blocage de l’élection et reconnu ses résultats, on ne voit pas comment le dialogue peut avoir lieu». Aussi, ajoute-t-on ici, l’opposition doit savoir que «le pouvoir ne se partage pas et qu’elle doit jouer le rôle de contre-pouvoir qui est le sien dans toute démocratie». 

«Les demandes de dialogue venant de la Majorité n’ont jamais été sérieuses. Pour un dialogue sérieux, il faut des modalités voire un intermédiaire…» On explique la non participation aux journées de réflexions organisées par la majorité autour de la gouvernance, par la non association à la préparation de l’événement. Le refus d’aller aux débats de la télévision, par l’absence de formalisation de l’événement. Et l’agressivité des propos est présentée comme une réponse adéquate aux propos des porte-parole de la majorité. Et même si l’on exige le retour à l’Accord de Dakar, on n’est pas près de passer pour pertes et profits la défaite de l’opposition à l’élection présidentielle. On en reste donc à contester cette élection et à demander la constitution d’une commission d’enquête pour valider un résultat contesté sans preuve. Car, il faut le rappeler, aucune preuve de malversation n’a été produite en son temps. Ceux qui contestent ont même abandonné l’idée d’une fraude «chimique» que le monde avait trouvée ridicule. Alors à quoi sert de rester au niveau d’une élection qui a été conçue comme voie de sortie de crise et non comme une élection démocratique normale se déroulant dans un pays démocratique normal ? C’est peut-être une carte politique qu’on continue à jouer dans une prolongation qui n’a pas lieu d’être, le match étant terminé dans les temps réglementaires. 

En fait, les acteurs politiques semblent avoir été sonnés par le déroulement des événements. Chaque fois qu’ils ont cru tenir le bout de la logique qui aboutirait à leur arrivée au pouvoir, ils l’ont perdu sans savoir comment. Et ce à plusieurs reprises. 

En 1992, ce sont les forces centrifuges – tribus, groupuscules politiques chauvins, groupes politico-affairistes…- qui allaient cueillir le fruit de l’engagement contre la dictature de l’époque, et faire main basse sur le pouvoir à la faveur de la démocratisation. En 2005 ce sont des officiers de l’armée qui vont tirer la couverture à eux après plusieurs secousses dont le coup du 6 août ne sera qu’une étape. 

A chaque fois, le monde politique traditionnel s’est contenté de suivre, sans jamais prendre l’initiative et sans jamais proposer. Le résultat est là : une transition qui n’en finit pas de ne pas finir, une classe politique groggy, une scène abandonnée à elle-même, un chaos qu’on espère constructeur pour le pays… et qui, en attendant de l’être, paralyse la créativité des acteurs. 

Peut-on encore faire de l’Accord de Dakar une référence, un cadre pour organiser la vie politique dans ce pays ? Ou restera-t-il tout simplement un moment de salut et de sursaut historiques que notre encadrement politique a été incapable de cultiver ? Faut-il réinventer cet Accord ? Ou trouver un cadre nouveau, proprement mauritanien ? Et comment quand on est dans la situation qui est la nôtre ? 

Des questions qui s’ajoutent à toutes celles que l’on se pose et auxquelles on ne semble pas chercher de réponses. Le moment viendra où l’on récoltera les fruits amères de cette insouciance… 

 

Ould Oumeïr

Source ; La Tribune n°493




Résurgence des identités

25032010

« Le meilleur moyen de perdre sa liberté de penser et d’être, c’est d’avoir une image à défendre coute que coute, une image qu’on a chargée d’être notre identité »

A première lecture on pensera que cette citation d’Alain Amselek nous est destinée. Nous qui sommes embarqués depuis quelques temps, malgré nous, dans une entreprise de redéfinition des frontières identitaires. Il y a de ces citations comme celle d’Amselek qui s’applique comme une loi mathématique à toute société et à toute époque. Inutile de la commenter, elle parle d’elle-même. Elle interpelle nos ‘pseudo-défenseurs-d’identités’, elle les pointe du doigt en leur disant : vous êtes en train de perdre ce que vous avez toujours cherché à défendre ou à conquérir.

Nous ne pouvons qu’être touchés par cette résurgence brusque des identités qui rappelle à mes ainés de très mauvais souvenirs que je n’ai heureusement pas vécu mais dont les séquelles me sont parvenus et continuent de peser sur nos têtes telle une chape de plomb. On ne le dira jamais assez, le mauritanien est amnésique. Toutes les horribles secousses sociales, économiques, politiques, culturelles …, par lesquels il est  passé ne lui ont pas servi de leçon. C’est l’amer constat qu’on peut dresser aujourd’hui, un constat qui donne froid au dos. Nul besoin de dire que c’est inquiétant. On aura sacrifié des années de suspicion, d’affrontement et de rejet identitaire pour ne retenir qu’une seule leçon encrée de perfidie : profiter de la fragilité du tissu social pour se faire des adeptes et bâtir une ‘Fraternité’ au sens mafiosique du terme.

Nul doute que la crise sociale doublée de la quête de repères morale que nous vivons actuellement est un terreau fertile pour les démagogues qui ont un message à faire passer, une fibre identitaire sur laquelle jouer. A tous d’être vigilants. Au pouvoir de savoir se remettre en question et de rester loin des machinations identitaires, la Mauritanie n’est pas seulement arabe, elle est aussi africaine et francophone, n’en déplaise à notre premier ministre. A certains partis politiques et acteurs de la société civile de prêcher autre chose que la discorde. Le débat sur les langues est dépassé, sa ré-exploitation ne fera que réveiller les vieux démons qui n’attendent qu’un signe pour recommencer à hanter le sommeil de ceux et celles qui ont perdu une partie de leur personnalité en 89, qui ont subi une amputation de leur vécu collectif et qui, à faute de cohésion sociale, trouvent du réconfort dans des termes comme identité arabo-berbère, négro-mauritanienne et autres réverbérations  désuètes… mais tenaces et rancunières.

Momme Ducros.




L’INDEPENDANCE ENERGETIQUE POUR LA MAURITANIE

25032010

                 

 


La Mauritanie souffre cruellement d’un manque énergétique tant pour le transport que pour l’électricité et devrait en conséquence développer des stratégies sérieuses qui tiennent compte de ses besoins tout en recherchant à réduire la facture de gasoil pour ces deux secteurs.

 

Le Transport : 

 


La Mauritanie est un Etat très vaste où les étendues entre les villes se comptent par centaine, voir des milliers de Kilomètres très souvent non bitumées d’où une surconsommation notoire par rapport aux pays voisins du Sud et du Nord.

 

Notre population, à majorité d’origine nomade, continue de se déplacer beaucoup entre les villes et à l’intérieur de celles-là engendrant parfois des consommations inutiles et qui relèvent du domaine du gâchis.

 

Le moyen de déplacement étant la voiture au lieu du chameau, les habitudes de maintenance, initialement non existantes, ne sont pas respectées.

 

L’absence de contrôle de l’état des véhicules augmentent dramatiquement le nombre d’automobiles usagées dépassant largement la durée de vie acceptable. En fait, la majorité de notre parc automobile est basée sur des voitures de seconde main, provenant de l’Europe, que nous exploitons jusqu’à leur extinction, multipliant par deux voir trois leur consommation initiale de Gasoil.

 

L’état des routes avec leurs nids de Poule et leurs failles transversales et longitudinales engendre une surconsommation en Gasoil.

 

Les surcharges des véhicules débordant de marchandises sur leurs caisses est également une source de surconsommation, acceptées, malgré nous, par les autorités compétentes.

L’incompétence de la majorité de nos chauffeurs, de surcroit avec permis trafiqués, accentue, par la mauvaise conduite, le phénomène de surconsommation dans nos voitures tant en milieu urbain qu’interurbain.

 

Au vu de ces données la consommation de Gasoil, par tête d’habitant, qui a en moyenne 2 Voitures selon les données de BBC, est énorme et affecte son budget ainsi que celui de l’Etat.

 

Il va falloir imposer dans une première phase une stratégie de sensibilisation qui cherchera à conscientiser les gens intervenant dans le secteur :

Fédérations de Transporteurs, Syndicat des chauffeurs, Policiers, Gendarmes, Administration territoriale, Assureurs, le groupement pétrolier, Le Ministère de L’Energie,
la Direction de

la Société Civile, les représentants des ONGs.

 

Ces derniers seront chargés d’appliquer la sensibilisation conformément au plan retenu lors de journées de concertation qui devront être organisées par
la Direction des transports.

   

Il sera impératif par la suite d’imposer un modèle de contrôle de nature à renouveler le parc automobile, particulièrement pour les véhicules dépassant 15 Ans. Les voitures iraniennes peuvent très bien être vues sous cet angle car elles permettront de renouveler une partie de ce ;

Je salue également la mesure prise à l’encontre des voitures importées qui leur exige une durée de vie inférieure à 8 Ans pour les accepter sur notre marché automobile. Cette mesure est de nature à réduire la facture de Gasoil, mais elle n’est pas suffisante à elle seule. Il serait louable de tenir compte des remarques précédentes.

 

Electricité : 

 

Avant l’été passé, la production d’électricité était basée sur une consommation de Gasoil qui pesait lourdement sur
la Somelec et de surcroît sur les citoyens qui devraient payer le coût du KWH à un prix fort que tous les paniers de ménage ressentaient. Les industriels,

eux ne trouvaient rien à payer.

 

Pendant l’été, quelque chose a changé, et il est devenu inoubliable, car tout le monde l’a ressenti par ce qu’il a engendré sur l’ensemble du Territoire :

-Absence totale d’électricité ;

- Délestage non programmé ;

- Appareillages détériorés sans remboursement ;

- Pertes des aliments congelés ;

- Pertes de production chez les commerçants, les PMEs et chez les industriels ;

- Travail au ralenti dans l’Administration publique et partout ailleurs ;

- Et enfin, le plus grave, c’est l’immobilisation énorme de l’argent que beaucoup de    

   Particuliers ont fait en achetant des Groupes électrogènes augmentant ainsi dramatiquement

   leur consommation de Gasoil. Leur prix de revient du KWH est passé au double

   mais se sont assurés, quand même, de la continuité du service d’électricité.

 

Le discours des pouvoirs publics n’est toujours pas rassurant et ne contient pas la vraie solution de l’été prochain.

 

Imaginons que ceux qui avaient investi dans les groupes puissent les revendre et remettre leur Argent à
la Somelec sous forme d’avance, cela contribuera à offrir à cette entreprise une trésorerie assez intéressante qui pourrait être injectée dans l’acquisition d’un ou deux Groupes  pour la centrale de ARAFAT. Ne comptons pas beaucoup sur la centrale Anglaise en cours de construction et dont les avantages ne sont pas encore clairs.

 

L’idéal est d’ouvrir le Capital de
la Somelec aux Mauritaniens, avec juste le pourcentage, qui lui permettra de s’autofinancer et ne pas compter seulement, sur l’apport de l’Etat, qui ne sait plus où mettre la tête, car les dernières solutions qu’il nous a offertes sont exorbitantes avec un prix de revient du KWH avoisinant les 102 UM (cas des groupes AGRICO), d’où une augmentation de la subvention accordée à cette entreprise.

 

Globalement, la facture de Gasoil s’en trouve augmentée ce qui ne peut que peser lourdement sur notre Budget et en particulier sur nos devises qui se voient de plus en plus absorbées par ce secteur au détriment de nos produits de premières nécessités et de nos autres besoins.

 

L’Etat devra revoir sa politique énergétique en organisant des journées de réflexion sérieuses où toutes les compétences du secteur y participent, sinon le secteur continuera à tourner en rond, en proposant des solutions soient exorbitantes, soient incohérentes ou soient difficilement réalisables.

 

On sent une volonté dans le discours, mais quelque part un manque de réalisme existe et laisse sentir une absence de stratégie claire basée sur des études récemment réalisées et non de l’extrapolation ou des projections très fortes pour notre Pays.   

 

Dr. Khalil Ould Khalifa




L’Afrique pour les droits de la femme : Ratifier et Respecter

25032010

Où en est la Mauritanie ?  


La Mauritanie a ratifié la convention sur l’élimination de toute les formes de discrimination à l’égard des femmes (CEDAW).

Cependant l’Etat mauritanien a émis une réserve  sur certains articles de cette convention arguant leur non-conformité avec la charia (loi islamique) et avec la constitution mauritanienne. Le 8 mars 2010 la campagne «  l’Afrique pour les droits des femmes : Ratifier et Respecter ! » a fêté  son premier anniversaire : un an de campagne, le combat continue !.

Par la même occasion, la coalition de la campagne «  l’Afrique pour les Droits des  Femmes : Ratifier et Respecter ! » a souligné que  la réserve générale émise par
la Mauritanie  viole le droit international, n’étant pas compatible avec l’objet  et le but de la convention.

 

La Mauritanie a ratifié le protocole à
la Charte africaine des Droits de l’Homme et des peuples relatif au droit des Femmes en Afrique (protocole de Maputo), mais n’a pas ratifié le protocole facultatif à
la C EDAW. La coalition est particulièrement préoccupée par la persistance de dispositions législatives discriminatoires. Notamment les pratiques traditionnelles néfastes, telles que  les MGFs, l’esclavage, l’accès limité des femmes à l’éducation, à la santé , au marché du travail et les mariages précoces et forcés. Mais ce la ne veut pas dire qu’il n’y a pas eu des développements positifs relatifs aux droits de la femme au cours des dernières années. En 2007 une loi incriminant et réprimant les pratiques esclavagistes a été adoptée. L’adoption en 2006 d’un décret établissant un quota de 20% de femmes sur les listes des candidats aux élections municipales et parlementaires .Grâce à  laquelle, les femmes représentent 33% des élus dans les municipalités et respectivement 17, 9% et 17% au Sénat et a l’Assemblée nationale.  Une autre adoption relative à la disposition législative rendant l’accès à l’enseignement de base obligatoire pour tous les enfants âgés de 6 à 14 ans. Ce pendant les discriminations et les violences persiste à l’égard des femmes …

Du coté de la loi, la législation mauritanienne «  demeure profondément discriminatoire », notamment dans le domaine de la famille. Parmi les dispositions législatives discriminatoires figurent : Le code du statut personnel adopté en 2001 qui rend la femme une éternelle mineur devant la loi. Bien que l’âge du mariage soit fixé à 18 ans, une mineure peut être marié par son tuteur (weli) « s’il y voit un intérêt évident » (Article 6). De plus si l’Article 5 définit le  consentement comme une condition de validité du mariage, «  le silence de la jeune fille vaut consentement » (Article. 9). Une femme mariée n’a pas le droit de gérer ses biens, ni ceux de ses enfants sans l’accord de son mari. La répudiation de la femme, objet d’un chapitre entier, est autorisée, tout comme la polygamie si la femme ne s y est pas opposée dans son contrat de mariage (Article .28). C’est le cas de la majorité des mariages, car les concernées ignorent  complètement leurs   droits. Dans le cadre d’un divorce pour tord, il n’y a compensation que si la femme est fautive (Article.102) : dans le cas inverse, elle se retrouve démunie. Apres un second mariage, elle perd le droit de garde de ses enfants

En cas de décès de la femme active quel que soit le poste qu’elle occupait, les ayants droits n’ont accès à aucune pension.

Le code de la nationalité  limite le droit de la femme de transmettre sa nationalité à ses enfants. Le code pénal quant à lui par ses articles .293 et 306 entraîne des abus de condamnation considérable à l’égard des femmes.

Par ailleurs l’application effective des lois relatives à la protection des femmes se heurte au poids des traditions et à la conception patriarcale de la société qui maintienne la femme mauritanienne dans une position d’infériorité.

 En effet aucune législation spécifique n’existe sur les violences à l’égard des femmes. Faute de quoi les violences domestiques, les violes et d’autres formes d’abus sexuels demeures largement répandus. La sanction des auteurs de viols est rarement appliquée (Article. 309 et 310  du code pénal), et les femmes victimes sont susceptibles d’être condamnées pour crime d’adultère puni par la charia et le code pénal mauritanien. Le viol conjugal quand a lui n’est pas criminalisé.

 L’excision n’est criminalisée chez les mineurs que lorsqu’il en a résulté un préjudice chez l’enfant : article .12 de l’ordonnance 2005- 0 15 relatif à la  protection pénale de l’enfant. Le gavage,  qui est un engraissement intensif et  forcé des jeunes filles faisant  appel à des moyens de coercition violents sont  très répandus. Mais il n’est ni reconnu ni interdit par la loi.  En 2001, 62 % des femmes gavées avaient été battues et un tiers des femmes avaient subit l’utilisation du zayar. En 2008, l’AFCF a documenté 148 cas de jeunes filles et de femmes victimes de gavage traditionnel et  moderne. 12 cas de décès ont été relevés suite à l’administration de pilules destinées aux oiseaux.

 

 L’esclavage et encore l’esclavage !

 

 

En dépit de la loi de 2007 criminalisant l’esclavage et les pratiques esclavagistes et de l’interdiction du travail forcé par le code du travail, l’esclavage persiste massivement en Mauritanie. C’est surtout sous la forme de l’exploitation dans le cadre  du travail domestique que les femmes sont le plus vulnérables et exposées à toute forme d’abus. Récemment il a été question d’un cas  d’esclavage  : Madame  Oumoulkheyri, 5 enfants, jamais mariée, de mère esclave et elle aussi toujours esclave en 2009. Ressortissante de l’Adrar, cette femme a passé sa vie à changer de maître ! Orpheline elle n’a jamais connu sa mère. Ne sachant faire que l’agriculture et l’élevage, Oumoulkheyri n’a connu que ses soit disant maîtres (ou bourreaux), qui lui infligée très souvent  des châtiments  corporels sans être inquiété par qui que ce soit.   La dégradation des mœurs  dans laquelle elle a sombrée du à l’interdiction de se marier. Ce qui est inadmissible dans une société musulmane ou la conception d’enfants hors mariage est interdit par la charia.  Les abus sexuels dont elle a été victime et dont l’une de ses filles en a souffert. En plus de l’exploitation domestique abusive qu’elle a fait l’objet, et des pressions de toute sorte qui l’on poussé à se révolter et à fuir  de chez son nouveaux maître qui s’est avéré plus cruel que ses prédécesseurs.

C’est pour toutes ces raisons que la coalition de la campagne : « l’Afrique pour les droits de la femme : Ratifier et Respecter ! » à demandé aux autorités de  
la Mauritanie de : réformer ou d’abroger toute les lois discriminatoires.  Renforcer les lois et politiques visant à lutter contre les violences à l’égard des femmes .Mettre en place toutes les mesures nécessaires pour garantir l’accès à l’éducation des filles, améliorer l’accès des femmes aux soins de santé. Mettre en place des programmes de sensibilisation aux droits des femmes, ratifier le protocole facultatif à
la CEDAW et lever la réserve générale émise à
la CEDAW  par la mise en œuvre de toutes les recommandations émises par le comité CEDAW, en mai 2007.               

           

Feinda. Traoré.




Méditations :

25032010

Sommes-nous solubles dans l’eau ?

 

C’est une question que m’a posée l’autre jour l’un de ces éminents esprits méconnus et mal connus. Il en existe chez nous de ces génies et moins que ça, des compétences mal utilisées, peu appréciées… Je ne pouvais répondre parce que je ne savais pas où cet esprit voulait mener. Je ne le sais toujours pas. Toujours est-il que, dans mes relectures de vieux – et de moins vieux – textes du journal, je suis tombé sur une sorte de pérégrination dont mon expérience d’une journée a été le prétexte. J’ai eu envie de la relire avec vous. Sans y changer un mot.

 

 

Il m’arrive de bien commencer une journée, rarement mais cela arrive. Le réveil matinal quotidien ne me dérangeant plus, Dieu merci, ce sont les premiers actes qui sont pour moi les prémisses du reste. Avec le temps, j’ai appris à prendre plaisir en faisant une corvée qu’il n’est pas donnée à n’importe qui d’accomplir chaque matin : réveiller deux charmantes jumelles de huit ans – quelqu’un ajoutera ‘chacune’.
Le matin, la vie commence par la routine : prière à l’aube, réveil à partir de 7 heures des plus jeunes, Al Jazeera puis Medi1sat… Justement, l’un de ces jours ‘fastes’, la station satellitaire émettant depuis Tanger recevait un éminent poète mauritanien : Dy Ould Adouba. Pour parler de ses recherches sur la poésie andalouse, particulièrement ce genre appelé «Maqamaat». Une sorte de révolution en son époque par rapport à la métrique traditionnelle qui impose une composition quasi-mathématique à la poésie.
De tout temps s’est imposé aux hommes le débat sur la métrique. Doit-on assujettir l’expression du sentiment au respect de la règle ? Doit-on la libérer de toutes les pesanteurs ? Autrement dit, la parole doit-elle rester prisonnière d’un système métrique créé pour dompter – justement – la spontanéité et l’émotivité ?
Même chez nous, en milieu Bidhâne, pourtant très conservateur sur ces questions, le débat a été ouvert. Il a donné une chose de très peu élaborée comme ce que quelqu’un a appelé «tfeytfiit», un mélange de «seje’» (prose rimée et/ou rythmée). Une école, celle de feu Mohamed Ould Bagah, un génie de notre temps, avait cependant trouvé la parade en introduisant la notion de la ponctuation dans la poésie. Si bien qu’on a d’abord l’impression que quelqu’un parle en rimant de temps en temps. C’est devenu une colle pour les débutants : il fallait ‘réorganiser’ les vers, hémistiche par hémistiche (tvelwi).
Maloumaa Mint el Meydah a introduit elle la suprématie de la composition musicale. Elle compose la musique de la chanson, fait la distribution tout en ayant déjà l’idée du thème. Les mots n’arriveront que pour épouser le rythme qu’elle s’est choisie.
Aujourd’hui, un jeune poète, qui perce incontestablement, innove en faisant la synthèse de tout cela. Sans toutefois tomber dans le piège de l’abandon de la métrique à proprement parlé. Vous avez certainement suivi ce jeune du nom d’Ahmed Ould Waled qui a introduit la mise en scène dans la déclamation poétique. Ce qui n’est pas peu. Professeur de mathématiques de son état, Ould Waled est à la poésie hassaniya – certains diront populaire – ce que Mohamed Ould Taleb est à la poésie classique arabe de chez nous : une sorte de nouveau souffle, un renouveau certain.
En parlant de Ould Taleb justement, on ne peut que revenir sur la performance de ce jeune poète. Arrivé deuxième dans un concours international, il a eu le temps tout au long du processus de faire revenir la Mauritanie sur une scène qu’elle a désertée depuis très longtemps. Je l’ai vu récemment sur Al Jazeera parler de la poésie au Maghreb face aux souffrances du Machreq. Il était tout simplement épatant. Il expliquait les relations entre les deux parties du monde arabe. Les répliques des uns aux autres : ‘el ‘iqd el variid’ à ‘kitaab el aghany’, ‘Ziryab’ à ‘El Mawçili’, ‘Ruçavat al Andalus’ à ‘Ruçavat Baghdad’…
Dans son entretien avec Médi1sat, Ould Adouba avait dit que la production culturelle de la période andalouse faste a été occultée par les chercheurs de l’est musulman. En fait, le Machreq a toujours regardé le Maghreb avec beaucoup de condescendance. Le comportement normal du centre par rapport à la périphérie, expliquera Ould Taleb.
Pour en revenir à cette matinée, je peux dire qu’elle ne pouvait pas mieux commencer. Avec Dy Ould Adouba, côté intellect mais aussi côté ‘administration de l’invisible’ – terminologie utilisée par le sociologue Abdel Wedoud Ould Cheikh, ce grand nom que la Mauritanie n’a pas su retenir, et qui désigne ainsi tous les attributs du pan ‘maraboutique’ de la société maure (lehjaab, ettazouba et tout le reste).
Autre bon présage : quelqu’un avait glissé une vieille cassette dans la voiture et laissé l’appareil en marche. Pour une vieille cassette, c’en était une. Il s’agit d’un résidu d’un enregistrement fait au début des années 50 sur une bande et qui avait été transféré sur cassette. Personne ne sait qui est l’auteur de l’enregistrement. De fins connaisseurs m’avaient dit qu’il pourrait s’agir de ‘Aale Ould Dendenni, peut-être l’oncle du grand Sidi Ould Dendenni, encore vivant. Depuis que je l’écoute, je rêve d’écrire un truc genre ‘le monde vu par ‘Aale Ould Dendenni’.
Quand il parle des Awlad M’Barek, cette tribu guerrière qui a fini par fonder une mythologie Hassane dans l’espace Bidhâne, le vieux griot donne l’impression de vivre avec eux, de goûter aux plaisirs de leur quotidien, de partager leur courage. Il se prend pour le témoin direct des événements qu’il ressasse. Il précise lui-même, «nous les Hsasne, nous sommes les griots de Ehl Bouceif Ould Ahmed, les Ehl Agmoutal sont ceux d’Ehl Bohdel…» Il n’y a que deux grandes familles de ce point de vue. Le griot est là pour en chanter les gestes, perpétuer l’histoire et conserver le patrimoine.
«Un jour, dit-il, Khattri, Sultâne Awlad M’Barek, s’adressa à Eli Nbeyt Ould Hayballa, son griot attitré en ces termes : «Boyt – c’est comme ça qu’il l’appelait – tu es en train de casser la fougue de ton beau cheval, allez, accepte de le vendre, voilà venir à toi l’opportunité de faire de belles affaires. Prends ma jument, Kreykiba, et vas au-devant du bétail, choisis deux troupeaux de moutons et de chèvres. Si tu acceptes, laisse le cheval ici et va prendre ton bien».
Sentant la bonne affaire, Eli Nbeyt n’hésite pas. Il s’en va récupérer ses nouveaux biens. Les esclaves, bergers surveillant les troupeaux, ont les bras pleins de petites bêtes qui n’ont pas encore la force de marcher aux côtés de leurs mères. De partout fusent les bêlements. La belle ambiance pour les nomades du désert. Mais Eli Nbeyt n’est pas heureux. Il rebrousse chemin.
Le voyant venir, Khattri comprit. Il dit à son entourage : «voyez-vous, Boyt revient pour demander l’annulation du marché…» «Il ne peut pas, lui répondit-on en cœur» «Par Allah, Boyt qui revient là va demander la résiliation de l’accord, on ne perd rien à attendre».
Quand Eli Nbeyt arrive, l’assistance retient son souffle. «Khattri bouya, je me suis rappelé deux choses : brebis et chèvres ont toutes mis bas, je vais salir les palanquins de mes filles qui serviront à transporter cabris et agneaux ; je me suis rappelé ensuite que la jument Kreykiba va mettre bas bientôt, libérée de son fardeau elle sera toujours prête à aller à l’avant-garde de l’attaque croyant que c’est toi son cavalier… je ne suis pas habitué à aller là où Kreykiba sait aller… je ne peux pas Khattri bouya…»
«Va prendre ton cheval, prends avec la jument et les troupeaux. Mais je te jure par la mémoire de mon frère Khou, qu’on ne fera plus d’affaires ensemble». C’est alors qu’il déclama son célèbre ‘bet’ : ‘essultâne elghâly/hadha illi wassali/gassi wughliidh uzayn…’»
En entendant ce griot, on comprend aisément pourquoi cette tribu a été tant consacrée par la littérature populaire largement inspirée par la lecture des griots, véritables mémoires des groupements humains de l’espace bidhâne.
La culture de la geste est une symbiose entre les héritages, sanhajien, mandingue et hilalien. L’assimilation a été si forte que l’héritage hilalien a plus ou moins disparu. Si bien qu’au lieu de reprendre à son compte la célèbre Geste Hilalienne, la culture Hassane, née de la rencontre berbère, négro-africaine et arabe sur cet espace de convergence, a préféré puiser chez les Mandingues. Si bien qu’aujourd’hui, on peut aisément confondre les épopées de part et d’autre. Il est quand même utile de voir ‘la parenté’ évidente entre Soundiata Keita et n’importe lequel des chefs Awlad M’Bareck. Les noms des différents modes de la musique bidhâne portent souvent les noms des lieutenants du célèbre chef mandingue, fondateur de l’Empire du Mali.
La force de cette peuplade qu’on appelle ‘bidhâne’, c’est d’avoir su créer une identité qui n’a d’autre référentiel que celui de vibrer aux mêmes sonorités, de cultiver les mêmes valeurs et de parler le même dialecte. Rien de vraiment ‘génétique’. C’est essentiellement pourquoi la mobilité sociale est un trait de caractère fondamental de cette société. La ‘généalogie’ est ‘libéralisée’ – comme disent nos sociologues – parce qu’elle n’a jamais déterminé l’appartenance au groupe en général. La tribalisation excessive qu’on voit aujourd’hui est un prétexte de saison, une sorte d’instrumentalisation de la structure sociale par l’appareil politique en mal d’idéal et de projet.
Si je suis bien réveillé par un matin pareil, je vais nécessairement mal dormir. A Nouakchott on ne peut jamais être tranquille 24 heures durant. C’est la particularité de cette mégalopole qui n’arrive pas à être une ville au vrai sens du terme. Ses habitants n’arrivent pas à être autre chose que des ‘visiteurs’ temporaires d’un lieu qui a reproduit la ruralité par plusieurs de ses aspects.
TVM reçoit ce soir-là Mohamed Ould Bowbe Jidou, un virtuose de la tidinitt, héritier d’une école dont son père, Ahmed, a été l’incarnation vivante. Cosmopolitisme, précision et génie. Mais tout, en ce qui concerne l’art, dépend de l’interlocuteur… Chez moi TVM est sur le canal 1, le 2 c’est le Maroc, le 3 Al Jazeera… Donc il était tentant de changer de chaîne.
La chaîne marocaine émettait déjà à partir de son antenne régionale de Laayoune. Comme chaque soir à partir de 21 heures. Ce soir-là, il y avait aussi sur cette chaîne une émission spécialisée dans la musique et la poésie Hassane. Ici, c’est un griot du nom de Abba Ould Badou qui jouait une très belle tidinitt. Ici, présentateur et intervenants parlaient hassaniya. ‘El Hawl’, ‘azawane’, ‘leshwaar’, ‘el vet’h’… pas de ‘el mussiqa’, ‘aalit ittidiniit’, ‘el ma’zouf’, ‘el ‘azf’… Pas d’ordinateur non plus, pas de cachet ‘moderne’ qui enlève toute spiritualité à l’atmosphère d’un ‘majliss bidhâne’ – comme dirait la grande Khadi Mint Cheikhna. Et parce que je parle d’elle, je voudrai saluer ici d’abord son rôle dans la réussite de l’édition 2008 du festival des musiques nomades, ensuite sa prestation à la nouvelle – et déjà réussie – émission de TVM, ‘El Bedaa’ (le créateur – dans sa dimension artistique). C’est une émission qui est dans sa deuxième semaine et qui fait déjà des émules. Mint Cheikhna a parlé du ‘majliss il bidhâne’ – assemblée des bidhânes – et de sa disparition comme signe de la décadence de la culture de ce peuple. Cette première édition de l’émission produite et réalisée par Intaaj Production (Isselmou Ould Tajedine), présentée par le jeune talent Mohamed Ould Haye, a vu aussi la participation de ténors comme Mohamed Ould Hadar qui a présenté une joute poétique qui l’avait opposée à son ami Hassane Ould Sid Brahim, fils de feu Mohameden connu au-delà de l’espace bidhâne, Brahim Ould Kleib, grand poète qui en a profité pour rappeler que la poésie n’a jamais été une spécialité de caste, Brahim Ould Abdallahi, incarnation vivante du génie, était là aussi…
El Bedaa’ a, en deux émissions, révélé de grands talents. Bien sûr, il y a ce jeune Ddou Ould Begnoug, élément central de la commission d’évaluation. Avec lui et Ould Mou’alla – autorité en matière de création poétique – on sent la naissance de la première école critique formelle dans notre espace. L’émission a aussi permis de redécouvrir la splendeur du ‘Fetaa’ de notre société traditionnelle. La finesse et la pertinence de Ahmed Baba Ould Ahmed Miské dans son intervention au cours de la deuxième édition, en ont été l’incarnation. Il a rappelé que les attributs de l’humain dans notre entendement sont d’abord ceux-là : sa capacité à traduire le monde qui l’entoure, à dire sa souffrance tout en l’acceptant, son plaisir sans extravagance, à composer, à réciter, à rester humble… La personnalité de l’auteur de «na’raf ba’daane khaaça/’an bidhâni bidhâni/hayatu diima naaqça/yakuun evmuritâni», nous oblige à revenir sur la notion du Fetaa dans notre culture. Cette notion d’el fetaa correspond à celle de ‘l’honnête gentilhomme’ de l’époque médiévale avec cette différence près : il devait allier la vivacité, la tête bien pleine et l’opportunisme dans l’occupation du terrain. Cela nécessite maîtrise de la langue, connaissance des préceptes de l’Islam, compétence dans la prise de parole, art de manier le Verbe, connaissance encyclopédique des Ulum (sciences : religion, rhétorique, astronomie…), connaissance poussée de la musique… On n’avait pas besoin de faire une université particulière, les campements étaient pour la plupart des écoles de savoirs ambulantes. C’est ce qui distingue d’ailleurs les nomades que nous sommes de tous les autres nomades : ici l’écriture occupe la première place.
Nous avons bien sûr perdu ces notions de fetaa qui sont remplacées par les vertus du ‘sou’louk’, cette espèce d’anti-héros qui possède certains attributs de la grandeur mais qui reste un guerrier ne croyant que la violence comme mode d’expression et voie de règlement de ses problèmes. Mais le sou’louk de nos temps doit acquérir les attributs du fourbe. Il doit être capable de batailler, tromper, tricher… Gazra et thiebthiib sont ses maîtres-mots. L’échelle de contre-valeurs est ainsi fixée : ‘etfegrish’ pour dire ‘vol’, ‘ed’ayv’ pour désigner l’honnête. La société avançant les pieds en haut. La puissance s’exprime avec vulgarité évidente : imposantes bâtisses mobilisant béton armé et porte d’aluminium, rutilants 4×4 aux moteurs vrombissant, grands boubous raidis par la gomme… oubliées finesse et humilité jusque-là valeurs cardinales d’une société simple et fière.
J’ai toujours cru que l’entreprise du changement – si elle est réellement le souhait de la majorité – commence par là : la remise sur pieds de l’échelle des valeurs. C’est elle qui inspirait la conduite des affaires de l’Etat, la Mauritanie devenant l’incarnation d’une âme qui reflétait cette société dans sa diversité, son humilité, son enracinement…
La journée qui avait commencé plutôt bien, se termine dans la morosité. Me voilà gagné par l’insomnie due aux questionnements sur l’état d’une société à laquelle je reste attaché malgré tout. Qui s’occupe de cet aspect des choses ?

Ould Oumeïr

(Source : La Tribune n°402, février 2007)

 







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