Réalisations du gouvernement :

15 03 2010

Le Président monte au créneau

 

C’est devant une foule nombreuse venue lui dire son attachement à son régime, que le Président Mohamed Ould Abdel Aziz a pris la parole. Il était venu lancer le programme mis en œuvre au profit des populations nouvellement déplacées de la gazra de Arafatt. Il s’agissait de lancer l’ouverture de 38 rues principales dans ce quartier dont la viabilisation complète est prévue pour le proche avenir. En sillonnant les rues déjà tracées, le Président de la République a écouté des explications présentées par les superviseurs de l’opération et s’est informé sur les efforts déployés par la SONIMEX et la SOMAGAZ pour disponibiliser les produits de consommation de base à des prix abordables (produits alimentaires et gaz butane), et par la SOMELEC et la SNDE pour assurer l’accès des populations à l’eau et à l’électricité.
Prenant la parole devant les populations, le Président de la République parlera de la situation générale du pays tout en répondant aux dernières accusations de l’opposition. Notamment en ce qui concerne les réalisations de son pouvoir dès les premiers sept mois de son mandat, la sécurité du pays et le disponibilité au dialogue.

Le Président devait insister sur le choix de la sécurisation des frontières du pays. Allant jusqu’à donner l’exemple de Ain Bintili qui n’a pas été occupée par l’armée mauritanienne depuis 1976. Il en a profité pour expliquer le choix de fixer des points de passage sur toutes les frontières mauritaniennes. «On vit dans un pays et non sous une tente», a-t-il dit. Tout en se posant des questions sur l’attitude de l’opposition concernant cette question. Tout comme son attitude quand les autorités ont pris la décision de rappeler l’ambassadeur au Mali. Et d’ajouter que les partis d’opposition ne sont que des ««fragments des régimes précédents» qui se sont consacrés à critiquer la majeure partie des bonnes décisions prises par le gouvernement rien que pour apparaître comme étant une opposition au pouvoir en place.
Le Président Ould Abdel Aziz accusera l’opposition de soutenir le terrorisme et la gabegie, dans une allusion à son recours devant le Conseil constitutionnel pour contrecarrer la loi sur le terrorisme déjà approuvée par l’Assemblée nationale et le Sénat. «La sécurité est nécessaire pour le pays et nous devons tous renforcer et apporter notre soutien à l’armée quitte à ne dépenser une ouguiya que pour elle», martèlera le président Aziz à l’endroit de l’opposition.
Par ailleurs il notera que ni le gouvernement, ni la Majorité ne refusent le dialogue avec l’opposition, comme cette dernière le prétend, mais que ce dialogue doit être fait sur la base normale d’un rapport Majorité/Opposition. «Il n’est pas question de lui céder une partie du pouvoir ou de l’associer à la gestion des affaires. C’est notre responsabilité nous qui avons été élus pour cela». Mais, dira-t-il «rien ne l’empêche de jouer pleinement le rôle de contrepouvoir et de nous orienter si elle le veut».

Le Président Ould Abdel Aziz précisera qu’il ne fera pas appel à l’opposition pour entrer dans le gouvernement car elle a un rôle à jouer et que «si elle ne sait pas c’est celui de suivre, contrôler l’action du gouvernement et l’orienter et non pas seulement d’organiser des manifestations et les spectacles de soutien aux prévaricateurs».

Cette montée au créneau du Président de la République fait suite à plusieurs déclarations des chefs de l’opposition. Dont la dernière est la sortie de Mohamed Ould Maouloud, président de l’UFP. C’était au cours d’un meeting organisé à El Mina à l’occasion de l’inauguration du siège de son parti. Ould Maouloud s’en est pris aux politiques du gouvernement actuel, estimant qu’elles «fragilisent davantage les populations». Il a dit que «le pays traverse une période périlleuse, du fait des tâtonnements et de l’improvisation qui caractérisent les politiques et pratiques du pouvoir en place». Ajoutant que «le régime de Mohamed Ould Abdel Aziz s’évertue, depuis maintenant près de deux ans, à saboter l’administration en la vidant de tous les cadres compétents et expérimentés, systématiquement remplacés par des néophytes…». Il a également dénoncé ce qu’il a appelé «l’assujettissement de la justice devenue un instrument du pouvoir». Le Président de l’UFP a appelé le gouvernement de Ould Mohamed Laghdhaf à tirer les conséquences «de son incapacité à gérer le pays en démissionnant».

Les griefs développés par les chefs des partis d’opposition s’accompagnent d’une demande pressante de dialogue. Et à chaque fois en référence à l’Accord de Dakar qui a effectivement préconisé le maintien d’un dialogue inclusif dans l’après élection du 18 juillet. Mais y a-t-il un après de ces élections ? Les différents pôles politiques ont-ils dépassé cette échéance ? Ou sont-ils restés dans l’esprit d’avant ? Et, surtout, à qui la faute ?

Face aux différentes accusations de l’opposition, la Majorité au pouvoir ne semble pas avoir trouvé la formule. Sinon comment expliquer la montée au créneau du Président de la République lui-même ?

Il y a quelque temps, l’Union pour la République (UPR) avait tenté une réponse qui n’a visiblement suffi. Puis ce fut autour du Premier ministre Moulaye Ould Mohamed Laghdaf de s’essayer, non sans mal, à l’exercice de la communication. Et puis une partie des ministres.
Le Président Mohamed Ould Abdel Aziz a dû insister : le gouvernement ne communique pas assez, sinon comment comprendre le mécontentement populaire. Ce fut l’occasion donnée jeudi dernier à trois ministres. Prétexte : deux projets de loi, l’un concernant la loi foncière, l’autre les indemnités de logement allouées aux fonctionnaires.

Au plan du foncier, le conseil a adopté un projet de décret abrogeant et remplaçant le décret n°2000/89 du 17 juillet 2000 portant application de l’Ordonnance 83-127 du 05 juin 1983 portant réorganisation foncière et domaniale.
Le projet de décret vise à remédier aux insuffisances constatées dans la réglementation domaniale en vue de mettre fin à l’incohérence et à l’anarchie qui caractérisent la gestion d’espace rural et la zone d’habitat évolutif. Et, plus simplement, l’attribution des terres est désormais du seul ressort du ministre des finances. Finie l’époque où l’administration distribuait à tour de bras. 

Le conseil a adopté aussi un projet de décret portant indemnité de non logement.
Le projet de décret traduit la nouvelle politique de l’Etat en matière de gestion des avantages accordés aux fonctionnaires et prévoit l’octroi et la généralisation d’indemnités de logement. Ces indemnités toucheront l’ensemble des fonctionnaires et agents de l’Etat et sont allouées, pour la première fois, de manière transparente, juste et équitable. 

Le conseil a adopté un autre projet de décret portant création d’un établissement public à caractère administratif dénommé Ecole Nationale d’Administration, du Journalisme et de Magistrature (ENAJM). La création de cette école répond à l’expression d’un besoin national en personnels administratifs et judiciaires hautement qualifiés pour résorber le déficit dont souffre notre administration a cause à l’absence au cours des dernières décennies de toute politique de relève entreprise par les pouvoirs publics en la matière.
Elle permettra également de revaloriser notre administration, d’une part, à travers une plus grande maitrise des plans de carrières des personnels de l’Etat et, d’autre part, par la mise en places de formations ciblées au profit des diplômés des filières non professionnelles de l’enseignement supérieur, ce qui devrait leur permettre d’intégrer la fonction publique. 

Il a aussi adopté un projet de décret portant création de la Société Nationale d’aménagement de terrains, de développement de l’habitat et de promotion et de gestion immobilières (ISKAN). La création de cette société s’inscrit dans le cadre de la priorité accordée par le Gouvernement à l’amélioration des conditions de vie des populations, à travers notamment l’accès à un habita décent. La Société ISKAN absorbera l’Agence Nationale d’Aménagement des Terrains (ANAT) et la SOCOGIM par voie de fusion, conformément aux dispositions de la loi n° 2000- 05 du 18 janvier 2000, portant code de commerce. 

Ce sont ces projets qui ont fait l’objet d’explications par les ministres des finances, Kane Ousmane, de l’urbanisation, Ismail Ould Bodde, et de l’emploi, Mohamed Ould Khouna. En face d’eux pour les interroger un groupe de journalistes dont des confrères de la presse indépendante. Une manière nouvelle pour TVM de faire l’actualité. 

Le parti puis le gouvernement – de différentes manières – et enfin le Président de la République. Quelles conclusions en tirer ? 

 

(Avec agences)

Source : La Tribune n°492 


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