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Commentaires sur le discours du Premier Ministre et Avenir de la somelec

15 03 2010

 

  

 

En réponse à l’intervention du Premier Ministre sur le secteur de l’énergie, je tiens à apporter les précisions suivantes :

-          La plus grande centrale solaire existante dans le monde et rattachée à un réseau conventionnel se trouve en Espagne dans une localité de l’Andalousie avec une population de 300.000 Habitants. Sa capacité est de 10 MW seulement. Je ne vois pas comment ma ville natale peut disposer d’une centrale de 100 MW dans les 5 ou 10 années à venir. La demande de la ville ne le justifie pas, même si nous tenons compte des besoins de toutes les régions avoisinantes. Ensuite ces 100 MW doivent être injectés sur un réseau conventionnel suffisamment grand pour être capable d’absorber une telle puissance sur la base du taux de pénétration le plus élevé car il s’agit bien d’une énergie aléatoire. Au-delà de ces deux aspects, l’implantation d’une centrale occupera énormément d’espace dont l’entretien et la maintenance demande beaucoup de temps et d’énergie à une main d’œuvre hautement qualifiée. Assurer un nettoyage des plaques solaires dans nos conditions climatiques sur une large superficie de 1 KM² n’est pas garantie pour demain.

L’ensoleillement existe en quantité suffisante mais nos réseaux existants sont un freinage pour le développement d’une telle technologie à grande échelle. Il s’impose de revoir, à la baisse, les chiffres avant qu’on ne les présente à nos partenaires qui se moqueront de nous de toutes les façons.

-          Le parc éolien prévu à Nouadhibou d’une capacité de 100 MW suppose l’existence au préalable d’un réseau conventionnel dont la capacité minimale devrait être de 1000 MW si nous prenons un taux de pénétration très faible de 10 %  de l’énergie éolienne à interconnecter sur un réseau de production classique. Cela n’est pas pour demain, d’autant plus que les trois études jusqu’à présent menées n’ont mentionné que de faibles puissances :

·         ma Thèse Doctorale  soutenue en Février 2001 et qui proposait un parc éolien de 1.6 MW représentant un taux de pénétration de 10% du réseau de
la Sonelec existant à cette date ;

·         l’étude d’Helimax portant sur les données du vent à Nouadhibou et dont les données ont été exploitées par le GEF sans pour autant qu’il nous restitue les conclusions de ses études technico-financière et technico-économique. A ma connaissance
la Puissance dont il était question ne dépassait pas les 10 MW ;

·         L’étude de
la SNIM sur le potentiel éolien de Nouadhibou et dont les conclusions n’ont pas mentionnées la puissance qui sera installée.

            Il va falloir revoir à la baisse nos prévisions en matière de production de l’énergie éolienne et commencer avec des puissances capables d’être supportées par le réseau conventionnel déjà existant.

-          La centrale de gaz de 700 MW est énorme pour notre pays et ne se justifie pas à l’heure actuelle car notre demande à nous seule ne peut pas lui assurer le fonctionnement minimal de rentabilité économique. Compter sur les pays voisins est une solution qui contient beaucoup de risques financiers étant donné l’instabilité de la sous région. Pourrions-nous véritablement compter sur nos voisins immédiats en leur vendant le surplus de notre production ? Et à quel prix ? Toujours est-il que le pétrole Off-shore a été en deçà de nos espérances, devrions-nous croire plus au Gaz qui se trouve dans la même zone ? C’est tout de même une source tarissable sur laquelle il ne faut pas trop compter. La mise en fonctionnement de cette gigantesque centrale nous contraindra à retirer les autres centrales qui seront d’ici là déclassées. L’apparition d’une panne technique imprévue engendrera probablement des nuits obscures pour Nouakchott. L’entretien d’une sécurité pour une telle centrale nous coûtera très chères et demeurera hors de portée de nos moyens jusqu’à là rudimentaires. Ce choix n’est pas éminemment stratégique dans la mesure où nous ne maîtrisons pas nous-mêmes les gisements de Gaz.

-          La centrale de 36 MW, dénommée Anglaise, je ne sais pour quelle raison ? Sauf, si l’on fait allusion à ces types de moteurs, demeure obscure, car le Premier Ministre ne nous a pas éclairé sur sa technologie (Gasoil ou Fuel) ni sur son coût de production. IL serait toujours souhaitable de rechercher à introduire de nouvelles technologies meilleures par rapport à ce qui existe et avec des coûts plus compétitifs. Le citoyen a le droit d’être éclairé.

-          Les groupes Diesels de 10 MW coûtent énormément chers pour le pays. L’Etat paye d’avance, pour une production de 6 mois, 2 Millions d’Euros tout en assurant le Gasoil et les frais d’entretien. Ainsi le coût de production du KWH dépasse les 100 UM et oblige l’Etat à assurer une subvention de la moitié car il ne nous est facturé à 59 UM pour les abonnés domestiques hors social. Ce n’est pas la bonne solution car le marché est très mal négocié et devrait être revu pour intégrer les coûts liés à la pollution et les coûts indirects en relation avec une création d’emploi juste et durable afin de nous protéger contre les humeurs des producteurs dont l’autorité de régulation devrait suivre de près.

En conclusion l’Etat doit revoir à la baisse ses ambitions et ne compter que sur lui-même pour ce qui concerne les parcs solaires et éoliens. En général les partenaires au développement n’ont financé jusqu’ici que les multipales Américaines, les petits Aérogénérateurs (type 100 W à l’exception de 2500 W à Tiguent), les petits Kits solaires. Ils sont aujourd’hui dans cette même logique par les lignes de crédits accordées à l’ADER et à l’APAUS. Leur chef de file étant
la France, de surcroît s’intéressant très peu aux énergies renouvelables, je vois difficilement leur politique changer de sitôt. Mais cela ne devra pas nous faire baisser les bras car les enjeux sont énormes pour notre futur et notre indépendance énergétique. D’autres voies sont là pour nous permettre de s’autofinancer et gagner plus de souveraineté dans un secteur vital pour le développement de notre pays.

 

Au vu de cette modeste contribution dans l’analyse du Discours du Premier Ministre pour le volet énergétique, je profite ici pour éclairer le citoyen sur sa relation avec son entreprise d’électricité :     


La Somelec est une société qui devrait se situer au cœur de tout développement de

la Mauritanie. Elle devrait en être le moteur. En fait, quand on parle de développement, on sous-entend un niveau de production énergétique. Il revient à elle de l’offrir à notre pays. Malheureusement ce niveau est jusqu’à présent très faible en comparaison à la sous région. La vétusté de son outil de production, la mauvaise gestion de ces dernières années, le manque de professionnalisme de son personnel, le pis-aller de son administration font, qu’aujourd’hui,
la Somelec est au bord de l’abîme après une tumultueuse tentative de privatisation qui a échoué par la faiblesse de l’offre qu’elle a reçue.

Ses pertes techniques et commerciales s’évaluent actuellement entre 30 et 35% pour les calculs les plus optimistes :

 

*Les pertes techniques sont dues essentiellement au non respect des normes dans les modes de branchements tant pour les clients que pour elle-même (les câbles à même le sol, les poteaux surchargées, l’absence d’isolateur, le sous dimensionnement des câbles et de la filerie, le surdimensionnement des abonnements, les déséquilibres chez les clients sont autant de facteurs de nature à créer des conditions susceptibles d’augmenter encore les pertes techniques).

*Les pertes commerciales sont le fruit d’une mauvaise gestion des abonnés souvent surfacturés et emmenés à faire de la fraude, les agents intermédiaires de
la Somelec offrant des facilités aux abonnés, le manque de législation en matière de piraterie, le manque de régulation de la facturation, le non respect de payement de l’Etat qui est le plus gros client, la quasi absence de programmation de l’outil de production, l’incohérence des compteurs par l’absence d’un étalonnage sérieux par une tierce personne autre que
la Somelec qui ne peut pas continuer à être juge et partie, sont autant de facteurs qui ne peuvent que peser lourdement sur son chiffre d’affaires.

 

A titre d’exemple, je vous invite à interpréter mes quatre dernières factures depuis qu’on ma installé un  compteur électronique au lieu d’un compteur électromécanique dont la facturation moyenne était de 130.000 UM pour deux mois et qui me faisait déjà souffrir énormément. C’est pourquoi, j’ai demandé qu’on me le change. Le résultat est horrible :

Mai-juin : 286.000 UM, Juillet-Août : 275.000 UM, Septembre-Octobre : 308.000 UM (Mois de  Délestage où la ville de Nouakchott est plongée dans l’obscurité totale),Novembre-Décembre : 126.000 UM. Ces facturations me contraignent à verser le double de ce que je payais, soit 248.000 UM tous les deux Mois au lieu de 130.000 UM. Autrement dit, parce que j’ai demandé un changement de compteur on m’oblige à payer le double de ma facturation qui est de toutes les façons erronées car mes essais l’ont prouvé au moment où l’étalon de
la Somelec dit le contraire. Qui de nous deux à raison ? Pour le moment, je continue de souffrir

 parce que je paye mensuellement à
la Somelec 124.000 UM ce qui est supérieur à la moitié de mon salaire. En se fiant à son compteur
la Somelec perd le visage commercial et montre ses limites techniques et prouve qu’elle est dans l’incapacité de gérer objectivement ses clients qu’elle contraint à la fraude. Je ferme cette parenthèse ici et l’occasion nous est donnée pour vous éclairer plutard.  

 

De toutes les manières
la Somelec est malade parce que l’Etat ne veut plus y investir dans sa forme actuelle qu’elle a hérité depuis quelques années mais encore, et c’est le comble, elle sur utilise son outil de production engendrant d’énormes frais inutiles (Il s’agit d’une augmentation de la production sur la base, soit d’abonnements surdimensionnés, soit d’un faux comptage électronique qui, de toutes les façons reflèteront en réalité une Puissance électrique fictive engendrant un coût plus élevé de consommation en Gasoil et en maintenance).

Il est évident que les populations souffrent cruellement de la maladie de
la Somelec et souhaitent qu’elle soit soignée. Même l’Etat en souffre directement car plusieurs de ses entreprises croulent sous le lourd poids des facturations de

la Somelec. Plus aucune personne, aucune entreprise étatique ou privée, aucun service, ne sont épargnés de l’injustice de cette société. A défaut d’une entité d’arbitrage, et fort de son monopole illégal,
la Somelec continuera à se fier à son faux comptage qui nous tuera tous, inclus elle-même, car les chefs de centres sont tenus de produire leurs recettes sur cette même base. Or, ils savent pertinemment que l’affichage des compteurs de Zones est faux grâce à leurs connaissances de leurs quartiers en matière d’occupation et d’habitat. D’ailleurs les nouveaux modes de prépayé avec leurs compteurs mal tarés poseront les mêmes problèmes aux populations.

 

L’actuelle Direction devra réviser tous ses compteurs, ce qui n’est pas une mince affaire. Mais la justice est plus importante qu’un gain illicite.

Depuis quand les compteurs qu’on nous installe, et qui changent d’un abonné à un autre, n’ont pas été étalonnés ?  Depuis quand les deux étalons de
la Somelec n’ont pas été étalonnés ( le neuf et le vieux)? Depuis quand une société fait elle-même l’étalonnage des compteurs de ses clients et par une seule personne depuis  plus d’une décennie ? Si, elle s’absente ou elle tombe malade, qu’allons-nous faire ?

 


La Somelec, indépendamment des facturations, est injuste vis-à-vis de ces clients pour les raisons suivantes :

 

  1. Elle ne respecte jamais sa police d’abonnement qui stipule qu’elle doit offrir à  ses abonnés une tension simple entre phase et neutre de 220 + ou – 10%, c’est-à-dire au

minimum 198v et au maximum 242v. Tel n’est pas le cas car, suivant des mesures que

nous avons effectué, elle a toujours été en deçà du petit seuil et assez souvent au dessus du grand seuil. Les conséquences résultantes de ces dépassements sont préjudiciables pour le matériel de même, que les sous alimentations qui entraînent

un disfonctionnement des équipements.
La Somelec devrait être placée sous contrôle

d’une vraie autorité de régulation qui ne joue pas avec les intérêts de ses citoyens et qui effectue des contrôles réguliers chez les abonnés et sur demande de ceux-ci.

 

  1. Elle n’avise pas ses clients de ses coupures intempestives, ni des retours de l’électricité qui mettent le plus souvent les équipements hors usage. Une ou plusieurs Sociétés doivent être agréées pour évaluer à chaque fois les dégâts subis par les clients et faire en sorte que
    la Somelec les rembourse sans tarder.
    La Justice devrait faire son travail.

 

  1. Les sociétés de monopole ont disparu, laissant place à la concurrence dans un marché tourné vers le libéralisme organisé et régulé. C’est le cas de
    la Sonimex (n’importe quel commerçant peut emmener  le produit qu’il veut parmi ceux de première nécessité), le Gaz (
    la Somagaz, Gaz de Mauritanie, Rimgaz, Etc …), Aviation (Air Mauritanie, Airways et d’autres petites compagnies), Les Télécoms (
    La Mauripost,  Mauritel, Mattel, Chinguittel ). Même le secteur de l’eau n’est pas épargné avec la multiplication des Sociétés étatiques (SNDE, ANEPA, APAUS, toutes intervenant dans le secteur Eau, les deux dernières assurant la Maintenance et une partie de
    la Gestion des AEPs en milieu rural et semi-urbain ) et privées (Nombre en croissance de petites unités d’embouteillages d’eau minérale auxquelles s’ajoutent les Fontaines et les Charretiers). Rien ne justifie plus ce monopole de
    la Somelec (l’ADER et l’APAUS n’intervenant qu’ en milieu rural). Effectivement, l’Etat avait suspendu le projet de privatisation, à un moment donné, pensant que les recettes de pétrole pouvaient nous éviter de brader notre Société qui n’arrivait pas à trouver un bon acquéreur.

 

      Les recettes  tardant à venir et le rêve d’être Pétrolier pour le Pays s’est envolé, il

      S’impose au pouvoir public, aujourd’hui ou demain, de repenser notre politique 

      énergétique de manière à être cohérent avec tous les Secteurs.          

                                            


  1. La Somelec est en porte à faux avec le Code d’électricité qui est une Loi disponible

depuis 2001 et qui n’arrive pas à être appliquée par le manque de volonté des dirigeants de cette Société. Un certain nombre de décrets devraient être adoptés en l’absence même d’une privatisation. C’est le cas de ceux portant sur la tarification, la production et le transport.

Récemment,
la Somelec a pris l’option d’associer l’Autorité de Régulation dans l’élaboration de sa tarification malgré l’absence de son décret d’application ce qui fragilise cette dernière institution dans ses prises de position par le manque de cadre légal.

En dehors d’une privatisation,
la Somelec devrait inviter d’autres producteurs à s’intéresser à notre marché en mettant en place le décret d’application du Code d’électricité relatif à la production. Autrement dit,
la Somelec devrait préparer le futur centre de Dispatching auquel, tous les producteurs seront affilés notamment
la SOGEM qui, aujourd’hui opère, dans un cadre entaché d’irrégularité par l’absence d’un cadre légal qui lui impose son niveau de production, sa qualité de service et sa continuité. Il est vrai, quand même, que cette Société est liée à
la Mauritanie par une convention fixant les niveaux de Puissance et d’Energie à fournir à notre Pays, mais ce n’est pas suffisant pour les besoins de contrôle.

 

Après la régulation de la production, le monopole du transport peut être levé graduellement suivant la nature des nouveaux intervenants dans le secteur électricité qui prendront part dans la distribution de l’énergie afin d’améliorer les types de branchements aux poteaux et d’installations internes chez les clients. La création de nouvelles Sociétés de contrôle s’impose car ils devront délivrer des attestations de conformités avec nos normes que l’Etat cherchera à actualiser.

 

Deux options s’offrent devant nous :

 

-          Premièrement, accepter que l’équipe actuelle est saturée et la recycler dans son mode de gestion en lui fixant un objectif clair et précis qui devra engendrer une dynamique, au sein de la boîte, basée sur le développement d’une haute performance alliant qualité de services et normes des installations et équipements. C’est une solution interne, doublée d’une volonté politique solide et déterminée, peut donner d’excellents résultats. Elle sera onéreuse sur le Budget de l’Etat mais elle nous permettra de continuer à gérer un secteur de souveraineté.

-          La deuxième solution, contiendra plusieurs scénarios de libéralisation dont on retiendra celle de  moindre mal pour la société mais surtout pour le pays qui doit tenir compte des besoins de ses populations fragiles et pauvres. D’ailleurs, toutes les politiques menées ces dernières années par nos différents Gouvernements ont accordé une importance particulière à cette frange de la population qui ne peut que disposer d’un service de base vital pour l’amélioration de ses conditions de vie.

Cette solution offre l’avantage de maintenir un cap de stabilité pour
la Société et permet de réduire les charges supportées par l’Etat tout en garantissant un cadre légal plus sain et plus homogène.

 

Source : La Tribune n°492

Dr Khalil Ould Khalifa


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