Aziz contre l’opposition

15 03 2010

 

 Le dialogue c’est quoi ? 

« Vous entendez souvent cette dernière (l’opposition) parler de dialogue. Je crois que notre conception du dialogue est différente de la sienne. 

Nous, dans la majorité, sommes disposés au dialogue à travers les chaînes de télévision, dans la rue et dans tout lieu qu’ils veulent mais je voudrais me demander ici si la conception qu’ils se font du dialogue est la même que celle qui est connue dans le monde entier où il y a toujours une majorité qui gouverne et une minorité dans l’opposition, conformément au système démocratique en vigueur. » 

C’est en ces termes que Mohamed Ould Abdel Aziz a réagi à la demande au dialogue réitérée plus d’une fois par l’opposition. Celle-ci est montée au créneau depuis quelques mois pour dénoncer ce qu’elle a décrit comme une crise généralisée. 

Il y a eu d’abord  la COD qui a dénoncé une « comédie de changement » n’ayant  eu pour effet qu’une désorganisation et une mauvaise prise en charge des questions comme la lutte contre l’esclavage et le retour des déportés. Cette coalition avait alors saisi  « l’urgence de s’unir pour sauver le pays et de  prouver  qu’il y a un barrage au despotisme ». Histoire de « clarifier la scène politique», sans doute. Mais celle-ci ne se précisera en termes de jeu véritable que lorsque le RFD intervient par la voix de son président à la faveur d’une conférence de presse et que l’UPR réagit juste le lendemain. Ahmed Ould  Daddah  avait exprimé alors ses inquiétudes après le rappel par la Mauritanie  de son ambassadeur à Bamako en réaction à la libération par Al Qaida d’un otage français consécutivement à celle de terroristes emprisonnés au Mali. Il avait critiqué la gestion des problèmes sécuritaires du pays, estimant que celle-ci devait relever d’une action sous régionale concertée. Le chef de file de l’opposition avait déploré son non implication par le chef de l’Etat dans les questions cruciales.    

A quoi le parti au pouvoir va lui répondre que pour être invité au dialogue il faut que le RFD reconnaisse le président de la république dont il a contesté l’élection au lendemain du 18 juillet. 

Autre réaction du pouvoir : quelques semaines plus tard, la CPM est née. Des partis se réclamant de la majorité se sont organisés elles aussi  en coalition des partis de la majorité. Equilibre des forces ou préparation au dialogue ? Toujours est –il que la scène politique s’est animée par les sorties des uns et des autres. 

Toute intervention du pouvoir est matière à critique. Le premier ministre, un certain  1er mars se fait le chantre de l’arabité de la Mauritanie. Un discours commémoratif de la journée de la langue arabe est servi comme pour plaire aux nationalistes arabes du pays. Effet immédiat les ondes publiques se font le relais d’un discours qui appelle désormais à l’arabisation exclusive de l’administration : débats et opinions favorables fusent sur les ondes de la radio te de la télévision nationales. 

Le 8 mars c’est le président de l’Assemblée et préside nt du parti APP qui réagit. Messaoud Ould Boulkheir déclare devant les femmes de son parti : « Nous avons vécu par le passé des problèmes très regrettables et que nous nous sommes attelés à le résoudre Tout récemment il nous a été infligé une nouvelle orientation qui risque de nous diviser à nouveau. On nous dit que la Mauritanie est exclusivement arabe, que seule la langue  arabe doit être employée.  Nous pouvons développer notre arabité sans discriminer ceux parmi nous qui ne sont pas arabes.» 

Même réaction du côté de l’UFP dont le président a dénoncé le 13 mars « certaines manifestations devenues dangereuses du populisme et de la démagogie de Ould Abdel Aziz et de son pouvoir à travers la question de la langue arabe, aujourd’hui imprudemment instrumentalisée pour semer la discorde au sein de nos populations. » Pour Ould Maouloud « autant il est légitime d’œuvrer à promouvoir la langue arabe, autant il est du devoir de tout décideur responsable de reconnaître les mêmes droits aux autres composantes non arabes de notre peuple » 

 

  

Sur un tout autre sujet Messaoud Ould Boulkheir, le président de l’APP qui est en même temps le président en exercice de la COD a dénoncé « la détérioration des relations avec les pays voisins qu’ils soient au Nord ou au Sud allusion sans détour aux derniers développements dans les relations avec le Mali suite à la libération de prisonniers ayant permis la libération par Alqaida d’un otage français. La Mauritanie avait en guise de protestation rappelé son ambassadeur au Mali et signifié par la voix de certaines de ses autorités dont le Premier ministre Ould Laghdaf qu’elle ne négocierait pas avec les terroristes et ne cédera pas au chantage consistant à donner des rançons ou à faire des échanges. 

Un grief qui ne laissera pas indifférent  Mohalmed Ould Abdel Aziz :  « La république islamique de Mauritanie, gouvernement et président confondus, a décidé, après ce qui est intervenu avec un pays frère et voisin, de rappeler son ambassadeur pour les intérêts supérieurs de la nation. L’opposition, ou une partie de celle-ci a dénoncé cette décision et défendu les intérêts d’autrui ; cela est contre les orientations des oppositions connues dans le monde entier.» A-t-il dit devant les populations d’Arafat samedi. 

« Une partie de l’opposition » ? Est-ce à dire qu’Ould Abdel Aziz écarte du rang de ses fustigateurs un certain  Jemil Ould Mansour ? 

Le président du Tawassoul a dans une conférence de presse organisée mercredi donné sa conception du dialogue et sa lecture des choix diplomatique set sécuritaires du pouvoir.    

Au sujet du dialogue, Ould Mansour estime que « pour avoir un dialogue sérieux il faut que la majorité qui soutient le président Ould Abdel Aziz sache qu’il est impossible de gérer la Mauritanie de la même manière qu’une autre époque et que l’ouverture est inévitables et qu’il faut reconnaitre les autres pour que ceux-ci vous reconnaissent et nous avons dit que nos amis mais de l’opposition démocratiques sachent  qu’il est impossible de gérer les relations politiques avec les partenaires de la même manière qu’avant le 18 juillet. Maintenant nous avons une autre situation, nous avons président élu, une situation démocratique normale et il faut comprendre que l’acceptation de cette situation nous aide au dialogue sérieux car la volonté est plus importante. » 

Une position que d’aucuns ont perçue comme clin d’œil au pouvoir. Toujours est-il que désormais dans le discours du président de la Mauriatnie, la nuance est notoire.  De quoi se souvenir de la fameuse notion d’ « opposition responsable » employée du temps d’Ould Taya à l’endroit de ceux -comme l’UFP à l’époque- s’étaient disposés à dialoguer avec son pouvoir et s’étaient  montrés moins virulents. 

Autre temps autre époque. Et  Ould Abdel Aziz de dire : « s’agissant du dialogue, nous considérons que nous gouvernons conformément à la volonté du peuple mauritanien et nous n’allons pas partager le pouvoir avec qui que ce soit et nous n’allons céder sur rien à ce sujet car la responsabilité pèse sur nous en tant que majorité. Et si, au niveau de l’opposition, ils n’ont pas de programme ou de vision politique claire, ce n’est pas notre affaire. (…) » 

Mépris ou désir d’écraser ses adversaires devant le peuple ? Aziz n’hésite pas à se radicaliser dans le discours. Si ses adversaires avaient consenti de participer au scrutin qui va le porter au pouvoir sous réserve que soient respectés les accords de Dakar stipulant un dialogue inclusif, le tombeur de Sidi Ould Cheikh Abdellahi déclare : « si l’opposition entend par dialogue ce qu’ils appellent l’accord de Dakar, nous, nous n’opérons pas sur la base de considérations qui ne nous concernent pas. » 

Pas du tout concerné par cet accord de sortie de crise devant les partenaires internationaux ? 

En attendant de savoir ce qu’une telle déclaration  va donner comme conséquence, celui qui se veut le président des pauvres  martèle : «  ce qui nous importe c’est l’amélioration des conditions de vie des citoyens de manière honnête, transparente et qui serve toutes les franges du peuple mauritanien et garantisse la répartition équitable des ressources nationales et c’est précisément ce auquel nous sommes disposé et s’ils ont la volonté de dialogue sur cette base, nous sommes ouvert sur ce plan. » 

Pour le moment les prix grimpent, le quotidien se faut de plus en plus hostile. Une équation dont il a peut-être la solution. Mais le pessimisme est grand du côté de l’opposition.   

« Le pouvoir conduit la Mauritanie vers le chaos par les multiples errements du gouvernement sur les plans politique, économique, social  et sécuritaire », dira Mohamed Ould Maouloud devant les populations de Sebkha samedi 13 mars. 

Action réaction, la sortie d’Ould Abdel Aziz a Arafat peut certainement donner l’occasion à la polémique en attendant que le dialogue soit véritablement ouvert. Le ministe de la santé Ould Horma a déclaré que Ould Abdel Aziz est « une ligne rouge » et que les leaders de l’opposition sont en train de « trembler dans la ville ». Mohamed Ould Maouloud  cité par www.saharamedia.net au sujet de cette intervention du ministre dans le quotidien  Chaab a simplement dit : Dieu lui pardonne

Source : La Tribune n°492


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