Silence on (re) spécule

8 03 2010

A peine s’est-il remis de sa chute qui allait entrainer avec  lui toute l’économie mondiale, que le capitalisme et ses adeptes se remettent à spéculer à cœur joie. En ligne de mire de cette nouvelle mode de spéculation, la dette des pays, notamment de la Grèce dont l’économie agonise actuellement. Il faut dire que depuis une vingtaine d’années déjà, le pays n’a  pas fait preuve d’une rigueur budgétaire. Aux aguets et assoiffés de gains rapides, les spéculateurs capitalistiques ou les fameux patrons de Hedge Funds comme on les appelle communément, ont décelé  dans les dettes d’Etat des failles qui pouvaient être source de spéculation et donc de profit. La Grèce n’est pas le seul pays exposé à cette spéculation : le Portugal, l’Italie ou encore l’Espagne sont des victimes potentielles. L’appât du gain rend créatif et surtout sans scrupules. 

Le capitalisme est en train de devenir ‘nietzscho-machiavélique’ après avoir été keynésien. La morale des forts visant à assujettir les faibles est morte. Mais les forts restent aux commandes. Plus besoin d’assujettir le faible, il n’existe plus. Il meurt à petits feux, il se suicide tous les jours à Total, France Telecom et ailleurs. A bas les conventions collectives, à bas les syndicats, les préavis de grève et tout le lexique ‘moralo-travailliste’ héritée de la défunte période communiste à laquelle on reprochait l’appel au partage et à la planification économique. Vive le profit, les spéculations et, quand même pour montrer qu’on est quelque peu soucieux des autres : vive les plans de sauvetage, les plans d’austérité et la réduction de la dépense publique. Ah oui ! Diminuer encore et encore les dépenses publiques. Ne surtout pas changer de politique fiscale pour qu’elle reste favorable aux entreprises et aux plus riches qui n’ont fait que détruire les acquis sociaux. Et on fait porter le chapeau de toute cette déconfiture financière aux salariés, aux plus pauvres. Enfin il faut toujours trouver un bouc émissaire à toute crise, c’est ce qu’appellerait Freud le transfert. 

Chez nous aussi, il est question de diminution drastique des dépenses publiques. Pour ne pas plagier l’Occident nous avons appelé ca : rationalisation des biens de l’Etat. Ingénieux n’est-ce pas ? Et là, la victime est toujours la même qu’ailleurs : le fonctionnaire. Il se plaint aujourd’hui de toutes ces mesures qui précarisent sa vie : désengagement de l’Etat du logement et du transport en contrepartie d’une indemnité insignifiante. Plus de prise en charge de la consommation d’électricité ni de l’entretien de la voiture de fonction. Sans oublier l’assèchement monétaire qu’on vit actuellement et qui vise, dit-on, à contenir l’inflation et les mauvaises surprises financières, parole d’expert clame-t-on. Pendant ce temps la sauterelle se meurt. 

 

Momme Ducros.Source : La Tribune n°491 


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