Quel avenir pour la Mauritanie !

1 03 2010

 

 La Mauritanie est en proie à une série de crises. 

Crise sociale d’abord : problèmes d’indemnités pour les fonctionnaires et agents de l’Etat, suspension de quelques 5000 fonctionnaires et agents de l’Etat ; dont plus de 100à tort ! 

Crise politique ensuite : bruits de bottes et guerre à coups de déclarations  entre le RFD et L’UPR ; avec en toile de fond, les options diplomatiques face à la gestion des problèmes du terrorisme et de l’insécurité. Et puis, la C.O.D qui veut s’organiser… 

Crise économique enfin : hausse vertigineuse des prix, faible pouvoir d’achat du citoyen et tout ce que cela comporte comme conséquences. 

Toute cette réalité permet-elle de parler de développement durable pour ce pays qui depuis cinq ans peine à retrouver une stabilité ? 

La durabilité d’un projet est la condition d’une construction d’idées réfléchies et appliquées dans le respect des prévisions. Un développement durable suppose une progression arithmétique ou géométrique avec des efforts qui durent dans le temps sans altérer la situation de départ, et une attitude responsable chez ceux qui détiennent l’imperium du pouvoir, ainsi que les divers acteurs politiques, économiques et sociaux, car ils sont les principaux acteurs du développement. 

Ça va faire bientôt un demi- siècle depuis son indépendance (déclarée en 1960), pourtant l’économie de ce pays aux énormes potentialités tarde à connaître son décollage. Au même moment, d’aucuns citent l’exemple des pays qui émergent aujourd’hui alors qu’ils n’étaient pas plus dotés en ressources naturelles que ne l’était
la Mauritanie au lendemain des indépendances. Cela pour dire que le «  facteur naturel » peut constituer un avantage économique mais son absence ou insuffisance n’est pas une fatalité. Donc faudrait-il voir les causes du blocage du système économique mauritanien ainsi que ses perspectives de s’extirper du cercle vicieux du sous développement. Le  retard de
la Mauritanie  sur le plan économique s’explique, entre autre, par l’insuffisance de formation professionnelle des  cadres sur les créneaux de développement. Ainsi, sur le territoire national, aucun centre de formation en ingénierie dans aucun domaine n’a vu le jour. 

En plus, les secteurs primaire et secondaire sont désarticulés : c’est-à-dire qu’il n’y a pas d’interdépendance entre eux. L’industrie Mauritanienne malgré les ressources du pays s’approvisionne de l’extérieur. Le secteur tertiaire fait face à  d’énormes difficultés alors que la population active s’en occupe soit les 16,5%. Donc, l’inexistence de système de production consolidé entre ces secteurs entraîne l’absence de débouchés pour les produits agricoles, et par ricochet, rend la pauvreté chronique surtout dans le monde rural comme tel est le cas aujourd’hui. Même si tant de mesures ont été prises aucune d’entre elles n’a permis d’atteindre ni les résultats ni les objectifs escomptés de manière effective.    

L’action des acteurs politiques  s’avère toutefois plus déterminante. En effet, comment parler de « développement durable » dans un contexte d’instabilité permanente, où la plupart des systèmes politiques ignorent superbement le vrai sens de l’appareil de l’Etat : celui d’être au service des administrés, et non une aubaine pour se faire de la fortune et une notoriété. L’Etat doit prévoir l’avenir de ses citoyens à moyen  et à long terme. La frange la plus pauvre constitue, à cet effet, la majeure partie de ces citoyens (ces derniers se trouvent partout dans le pays et non seulement dans le triangle de la pauvreté). C’est cette prévision qui peut finalement se révéler comme plan de développement, et pourquoi pas « durable ». L’absence de ce principe constitue le grand obstacle pour un  développement durable en Mauritanie. 

Ainsi, l’on constate une absence totale de politiques pour un développement apparent, réel et objectif. L’exploitation effrénée des ressources naturelles, notamment du poisson, du fer, du pétrole, du cuivre et des mines d’or,  a toujours rapporté et rapportera certes des devises. Mais à quelle fin ont-elles (été) et seront-elles  utilisées ? 

D’emblée, il convient de redynamiser tout le secteur primaire (l’agriculture, la pêche, l’élevage, le maraîchage, l’artisanat…) pour véritablement booster l’économie du pays. 

Regardons notre environnement aussi pauvre qu’il ne l’est. Nos parcs sont nus. Absence totale d’espaces verts. Aucun jardin public dans nos grandes villes. Où est le parc de L’OMVS ? Nos ceintures vertes oubliées. La menace vient de l’autre coté de la capitale et nous faisons semblant comme si rien ne se dessine sur nos yeux.   

Cependant, le non reboisement des espaces ainsi dénudés dans les grandes villes telles que Nouakchott, Nouadhibou et Zouératt va entraîner une modification sérieuse de l’écosystème du pays. Sans doute, des projets de reboisement ont toujours été initiés mais à des rythmes non prometteurs.  Aussi, l’agriculture demeure à faible rentabilité pour la plupart des cas même si d’importants moyens financiers et matériels ont toujours été mobilisés. La grande campagne agricole de SIDIOCA est là comme preuve. Les agronomes et les géologues n’ont jamais été associés dans les travaux agricoles. Les paysans se débrouillent avec leurs connaissances routinières. Faute de techniques appropriées pour une bonne gestion de leurs terres, ils exploitent leurs champs après une ou deux rotations de cultures, étant donné l’appauvrissement des terres. Le risque d’un épuisement pur et simple de ces terres ne semble pas non plus les préoccuper. Il revient donc au gouvernement de prévoir l’avenir de toutes ces populations qui sont abandonnées sur leur faim. 

Nous pouvons, en Mauritanie, entreprendre le développement socioéconomique tout en protégeant l’environnement  et en conservant les ressources naturelles. La gestion de nos ressources halieutiques, la bonne surveillance de nos cotes en période de repos biologique et un contrôle sérieux sur l’exportation de nos produits de pêche et de l’entrée des devises sont des principes qui permettent un essor économique du pays. 

L’Etat doit réduire la course à la recherche des devises avec uniquement l’exploitation des ressources naturelles et autres minières. Il faudra plutôt orienter les énergies vers les activités de production telle que l’agriculture et l’élevage. Quand bien même l’exportation de ses produits serait hypothétique. Le problème crucial de l’autosuffisance alimentaire sera totalement ou en partie résolu ! 

Le développement durable en Mauritanie dans le contexte de la mondialisation est une véritable problématique. Même si
la Mauritanie est victime d’une période  de mauvais systèmes de gestions, de détournements, et de laisser aller, il reste beaucoup à faire pour atteint un redressement économique considérable. Cependant, il est en effet difficile de mettre sur pied une politique de développement indépendamment du rythme de développement atteint par les autres pays de la sous région dont
la Mauritanie est plus riche. 

Les principaux secteurs du pays à savoir la santé, l’éducation et la sécurité sont confrontés à d’énormes difficultés. L’accès au soin reste le souci majeur des plus pauvres, les produits de notre système éducatif sont des plus médiocres depuis plus d’une décennie et l’insécurité fait défaut que ça  soit entre nos murs qu’au niveau de nos frontières. Allons voir avec la nouvelle stratégie ! 

Le développement durable est une garantie pour l’avenir du pays. Une classe politique éveillée (qui accepte pour le dialogue), une société civile soudée présente au chevet d’une population au tissu social fragile, une jeunesse citoyenne loin de l’extrémisme  et un gouvernement «  de l’homme qu’il faut à la place qu’il … » constituent cet avenir. Il y a donc urgence quant à l’implication de tous dans toute action visant à préparer un développement qui soit réellement durable et pourquoi  pas continu ? 

Avec une absence totale de crises politiques, sociales et économiques en Mauritanie, nous serons sur le chemin de la croissance économique et du développement. 

 Sidaty O.Sidi 


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