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Les Echos de La Tribune : Nouakchott ?

1032010

 

 Par Mohamed Fouad Barrada 

Nouakchott Au Carrefour de la Mauritanie et du Monde, voilà  un titre impressionnant d’un livre   qui vient d’être publié par une ‘chercheuse’ associée au laboratoire PRODIG  dénommée Armelle Choplin, elle  est  de l’hexagone  spécialisée dans les questions socio-urbanistiques du pays et  dont je vous livre quelques passages.   Culturellement, et « contrairement  à toute attente, Nouakchott  est une ville  de  la négociation permanente, ce qui met à mal  la théorie d’Huntington ( la ville produit  de la rupture  mais également  de l’échange  les deux dynamiques  ne  sont pas contradictoires ni incompatibles mais bien inhérentes   au support urbain,  quand bien même les rapports sont déséquilibrés entre  les groupes sociaux).»  

A l’évidence apparente, la question  qui sous-tend  la  réflexion de l’auteur,   est de comprendre comment  se construit  désormais  une métropole  d’un pays  pauvre comme la Mauritanie  dans  un contexte néolibéral  mondialisé affecté par la montée du terrorisme et la violence.  Sous l’aspect socio urbain, la chercheuse nous  décrit  une expérience personnelle   du terrain : « un dimanche  de novembre 2008, alors  que je me rendais dans l’une  de ces lointaines périphéries de Nouakchott pour  y conduire des enquêtes, je tombai de façon fortuite  sur un nouveau quartier qui n’est pas reconnu officiellement. Pourtant, elle porte un nom, donné spontanément  par les habitants : «  le quartier des sans fiche sans photo ». Le quartier s’appelle ainsi car les gens  qui y résident sont  eux-mêmes « sans fiche et sans photo.»  

En effet,  le quartier  est attaché au  6ème  arrondissement ; il ne se situe pas loin du cimetière de Pk 7, juste à 1 kilomètre de la place où nos morts dorment en toute sécurité juste à droite de la route bitumée passant devant le cimetière et  allant vers Rosso. Dans un autre passage   Armelle Choplin  brosse l’historicité  de Nouakchott  en  insistant sur  la caractérologie interraciale de l’espace urbain.   « Des interfaces de  natures différentes se superposent et se reconfigurent à Nouakchott ».  La première est d’ordre politique et liée  au statut que revêt Nouakchott. « En  tant que  capitale et ville, elle est interface entre politique et social, entre le centre et les marges socio-spatiales, l’élite dirigeante et les «résidus».  

La seconde interface est selon l’auteur géopolitique: «Elle est  même physique de prime  abord  puisqu’il s’agit d’un contact entre le Sahara et le Sahel, terme qui vient de l’arabe «sâhil» et qui signifie lui même  rivage».  Quant  à la dernière  interface,  Armelle Choplin la considère  comme étant    d’ordre spatial : «Nouakchott assure la jonction entre local et global et par conséquent entre  hinterland/ extérieur,  on shore / off shore, ce qui suppose l’intense échange, et ce à différentes échelles entre vaste  espace  extérieur et un territoire intérieur  quasi exclusivement rural et peu peuplé (….) Bien que  bâtie  sur l’atlantique , Nouakchott  n’est pas une ville littorale. Initialement  elle tourne  même le dos à la mer. Ce n’est  que récemment  qu’elle  a redécouvert  cette interface  terre/mer et les bénéfices qu’elle pouvait en tirer. »  

Sur la gestion de la cité, l’universitaire   dévoile  la personnification  du pouvoir en Mauritanie à travers le cas de la Capitale bien que jeune, elle regroupe le tiers de la population du pays  :  « ce sont  en effet  trois  échelons  de gestion urbaine qui se supposent et se concurrencent : l’Etat central, les agences  d’exécution de type agence  de développement urbain, directement  en cheville  avec la  Banque Mondiale , et à la Communauté Urbaine de Nouakchott . Plus qu’une décentralisation, il s’agit d’une déconcentration incomplète et imparfaite  des services de l’administration centrale.» A l’appui  de jugement  tantôt objectif, tantôt  subjectif,  la  géographe  française  n’évite guère  de  confirmer ou d’  affirmer  à maintes  reprises   la domination   d’une classe dirigeante, appartenant à un groupement spécifique, sur les autres composantes sociales et ethniques :  

 «Il a été dit au fil des pages combien la capitale est et demeure un espace géopolitique de toute première  importance, relevant du champ politique qui  la manipule  à travers  des projections idéologiques et symboliques (…)Certes, l’Etat  mauritanien est le moteur de Nouakchott mais il ne saurait être  ce deus  ex Machina  car il n’a pas la possibilité , ni même  la capacité de façonner entièrement  à son image. Seuls quelques espaces  sont réellement  sous influence, et en premier  lieu le centre  ville dans    lequel il s’efforce  de soigner la symbolique…»   

m_barrada@yahoo.fr  

La Tribune n°489 




Les Echos de La Tribune : Gentillesse contre stress

1032010

Par Mohamed Fouad Barrada

Il arrive à l’Homme d’être absorbé par je ne sais quoi, (le travail pour survivre ou plutôt sa soif pour le savoir : la lecture, l’écrit, l’enseignement, etc.).

Exceptionnellement, il lui arrive, après une journée épouvantable, de penser à la souffrance d’autrui et l’incompréhension de son entourage. Car lui-même n’est guère à l’abri de ce qu’on peut appeler la contrainte qui conditionne l’existence de l’être en tant qu’être libre ou esclave par son inconditionnalité d’exister et de venir du néant selon la conditionnalité du moment et sa pérennité qui n’existe souvent que dans son subconscient, ou sa conscience.

Je voulais dire par là que chaque personne se démerde dans son coin pour dévoiler ou pour ‘voiler’ sa pensée, sa manière de dire , je voulais ainsi préciser que chacun de nous essaye d’imposer , d’exiger une liberté de penser, une conviction , un obscurantisme, une lumière , une vision ou autre chose qui échappe à la logique de l’être en tant qu’animal voulant la dévalorisation de l’inter -connectivité humaine.

D’où l’irruption du stress ou plutôt les moyens de lutte contre ses séquelles qu’elles soient fortes ou plus ou moins acceptables selon la contrainte.. J’ai entendu parler des journées pour la lutte contre ces fléaux. D’autres pour la gentillesse.

J’ai choisi en conséquence de partager avec vous, rétrospectivement, une lecture d’un phénomène mondial influencé par la globalisation de la contrainte humaine sous toute sa forme et qui demeure difficilement maitrisable, jusqu’à, bien sûr, la preuve du contraire.

En effet, « devant l’inflation de dispositifs censés détecter les risques psycho-sociaux sous forme d’observatoires ou d’indices en tous genres, le diagnostic sur le stress semble quelque peu bâclé. Trois mythes, en particulier, doivent être dissipés » à savoir le management, le stress et la question de son coût.

Et enfin la corrélation entre l’épanouissement des salariés et la rentabilité de leurs structures organisées, argue en substance le consultant Toussaint, (voir Le monde du 28 février 2010). « On entend souvent dire qu’une entreprise n’est performante que si ses salariés sont heureux. L’expérience indique systématiquement le contraire » (idem) .Quel est alors le remède ?

Le 1er février 2010, la lutte contre le stress en France a eu sa date anniversaire. « Le ministère du travail enjoint toute entreprise de plus de 1 000 salariés d’entamer des négociations avec les partenaires sociaux sur le sujet avant cette échéance » (sic).

- Le 13 novembre est célébré désormais par certains comme étant une journée de gentillesse. De cet événement, je vous avance les arguments d’un écrivain de la blogosphère :

« C’est idiot mais c’est comme ça, c’est aujourd’hui la “journée mondiale de la gentillesse “. Évidemment, les rapports humains et la vie quotidienne seraient tellement plus agréables si tout le monde était gentil avec tout le monde. Soyons prévenants, délivrons les compliments, abstenons-nous des coups tordus et autres égoïsmes. C’est sûr, ça ne peut pas faire de mal (à condition, évidemment, que personne ne soit méchant, soyons optimistes)

Mais ne lésinons pas, pour autant, sur les gros mots. Jurer à haute voix a en effet de formidables vertus apaisantes. Nous en avons tous fait l’expérience, mais celle-ci est désormais appuyée par une étude menée par des psys britanniques. Celui qui jure après s’être cogné le petit doigt aura moins mal que celui qui se sera retenu. Le juron serait une parade physique contre la douleur.

En vérité, c’est le simple fait de hurler qui procure cet effet calmant en accélérant le rythme cardiaque, peu importe ce que l’on hurle. Quoiqu’il en soit, vous avez une bonne justification médicale au prochain gros mot qui vous échappe : c’est thérapeutique, pour me soulager physiquement…

Aujourd’hui donc, si vous souffrez à force d’être trop gentil, balancez quelques gros mots à la tête de votre interlocuteur, il comprendra ».

m_barrada@yahoo.fr

Source : La Tribune n°488 




L’approvisionnement en eau potable : La CUN fait face.

1032010

D’après l’OMS, environ 1,1 milliard de personnes dans le monde n’ont pas accès à l’eau potable.

A Nouakchott, les points de vente d’eau constituent un mode de distribution alternatif pour les ménages non raccordés au réseau de la Société Nationale de distribution d’eau (SNDE), c’est-à-dire pour près de deux tiers de la population de Nouakchott, soit environ 800 000 habitants.

L’expérience de la Communauté Urbaine de Nouakchott en matière d’accès aux équipements à l’eau se présente ainsi : A la métropole de Nouakchott, le taux d’accès à des sources améliorées d’eau est l’un des plus faibles des grandes agglomérations du pays (31%).

Si l’on prend en considération les charrettes (avec fût), le taux d’accès à une source améliorée à Nouakchott devient 91%. En pratique la situation est très différente, car les aspects considérés comme sources améliorées ne contribuent aucunement à un accès à une eau potable.

De plus, « en période de chaleur, les prix augmentent et les chauffeurs de camions citernes vendent l’eau aux plus offrants et non aux points d’eau prioritaires. Ce sont alors les Consommateurs des quartiers les plus défavorisés qui se retrouvent sans eaux.»

Conscients du problème, la Communauté Urbaine a fait de l’amélioration de la régulation de la filière eaux « hors réseau » de la ville l’une de ses priorités. Le Projet de Gestion Communale de l’Eau de la Communauté Urbaine de Nouakchott (PGCE) est, en conséquence, mis en place.

Le PGCE a permis de disposer d’une filière de distribution d’urgence de l’eau ainsi que d’une équipe d’inspection de l’eau qui veillera au respect de normes sanitaires et tarifaires. Il s’agit d’une police qualifiée en terme de vérification de la qualité d’eau (en imposant la présence de chlore pour la désinfection), il s’agit aussi de verbaliser les vendeurs dépassant le prix de vente fixé par le conseil communal.

D’où un impact socio- économique positif en faveur d’une frange vulnérable regroupant plus de 78% de la population de la Ville de Nouakchott. Une composante élémentaire du PGCE consistait à procéder au financement d’une étude qui évalue la qualité physicochimique et bactériologique de l’eau des différents circuit d’approvisionnement à Nouakchott.

Les résultats montrent que 93% des 150 points d’eau enquêtés sont contaminés par les bactéries. Ce qui démontre l’état de dégradation de la qualité de ces points d’eau au niveau de différentes communes de Nouakchott. L’ampleur de la contamination traduit certains problèmes de santé (maladies diarrhéiques) au niveau des populations s’approvisionnant à partir de ce système.

En fait, un programme d’assainissement et l’installation d’une zone de sécurité autour des points d’eau, ainsi que l’aménagement des bassins en vue d’assurer une bonne étanchéité sont en cours de réalisation. D’autres mesures suivront prochainement notamment en ce qui concerne : la formation des gestionnaires des points d’eau et des transporteurs sur les mesures d’hygiène et le traitement de l’eau ; la mise en place d’un programme de sensibilisation des ménages sur la préservation de la qualité et du traitement de l’eau ; etc.

A Moyen terme, avec l’avènement de l’alimentation de la ville à partir du Fleuve Sénégal, (Aftout ES Saheli), un programme d’extension du réseau d’alimentation doit être mis en œuvre pour les quartiers non raccordés, et pris en compte dans le cadre de l’implantation des nouveaux quartiers. La Communauté urbaine se penche actuellement sur l’élaboration d’un plan d’action d’assainissement qui devra accompagner cette dynamique pour anticiper sur les conséquences environnementales liées au déversement des quantités importantes d’eaux usées.

Le projet Aftout Es Saheli, dont la fin est prévue en septembre 2010, apportera donc un bienfait important pour la population de Nouakchott qui demeure en grande partie mal desservie. Pourtant l’extension du réseau n’étant pas financée pour l’instant, il faudra alors encourager les branchements individuels et sans doute aussi, malheureusement, continuer à compter sur la distribution par camions citernes, avec les frais de maintenance et les tracas que cela suppose, pendant quelques années…

Cependant, le Projet de Gestion Communale de l’Eau de la CUN est un exemple concret de solidarité Nord/ Sud puisqu’il est financé en partie par l’Union Européenne qui a été sensible à l’approche de proximité et de régulation publique que ce projet permet.

Enfin, au mois de mars 2009, lors du 5ème Forum Mondial de l’Eau à Istanbul, la Communauté Urbaine de Nouakchott a pris part au programme des autorités locales tout en présentant son expérience en matière d’amélioration de l’accès à l’eau à des populations vivant avec moins de 15 litres d’eau par jour et par personne. Lors de cette manifestation, un premier contact a été pris avec la Ville de Lausanne et en particulier son service de l’eau ‘‘eauservice’’.

En juillet de la même année, la responsable du projet Solidarité internationale de ‘‘eauservice’’, a effectué une mission à Nouakchott. Des visites de terrain et des séances de travail ont permis de définir conjointement avec la CUN des activités à réaliser à Nouakchott afin d’améliorer l’accès à l’eau des populations défavorisées. Dans cette dynamique, la Ville de Lausanne et la Communauté Urbaine de Nouakchott ont décidé de tisser un partenariat pour la mise en œuvre du projet « Amélioration de l’Accès à l’Eau » PAAE.

Ce projet d’une durée de 15 mois, et qui s’inscrit dans une logique de complémentarité et du renforcement du projet PGCE, a pour objectif:

- l’amélioration des capacités de la Communauté Urbaine et des Communes en matière de distribution d’eau aux populations (acquisition de camions citernes, ces derniers sont déjà à Nouakchott);

- l’extension du réseau d’eau de Riyad et création de 5 bornes fontaines;

- la réhabilitation de bornes fontaines existantes

- la mise en place d’une campagne de sensibilisation des populations aux problèmes de qualité et tarification de l’eau;

M FBarrada 

Source :www.cun.mr 




L’Edito de La Tribune Par Mohamed Fall O Oumère

1032010

La balle est dans le camp du Président Mohamed Ould Abdel Aziz. N’avait-il pas déclaré qu’il prendrait en compte les conclusions du conclave de la majorité autour de la question : quelle gouvernance pour la Mauritanie ? Depuis deux semaines (ou presque), le rapport des journées de réflexion est entre ses mains. La suite, on l’attend… 

Ce que le Président Ould Abdel Aziz nous doit, c’est d’afficher sa pleine conscience de l’urgence de l’action. Et il y a lieu ici de rappeler quelques-uns des termes d’un vieux thème de débat maintes fois repris dans ces pages et qui concerne notre rapport au temps. A force de répéter, peut-être finirons-nous par en saisir tous les contours dramatiques. 

Le Président Ould Abdel Aziz ne doit pas se laisser emprisonner par la vision statique du temps. Comme il ne doit pas en subir la vision cyclique – ou circulaire. 

Dans le premier cas, il doit agir en homme politique moderne : toujours chercher à anticiper… jusque-là, c’est ici qu’il faut chercher l’atout principal de sa réussite. Il a été plus stratège que ses adversaires qui sont restés sur des schémas anciens et de courtes vues. Sera-t-il rattrapé par la «normalité» ? Normalité qui implique le retour à une gestion «traditionnelle»… plutôt «habituelle» des affaires. La fatigue, les pressions, les résistances qui font que tout découle du cours-normal-des-choses, la gestion d’un Etat, d’une société… tout cela contribue à tuer les ardeurs les plus fortes. L’on y ajoute notre propension – presque naturelle – à vouloir faire croire que «…c’est la même chose… tous les gens se valent… il n’ya rien à faire… toute les situations sont les mêmes… wallah yakoun waahid (par Dieu, c’est la même chose)…» Parce que nous avons délibérément choisi, en tant que société que culture, de nous installer dans «un temps qui n’avance pas» (pour reprendre les termes et l’esprit d’un article que j’avais écrit l’année passée sur la relation Espace-Temps). Un temps qui «coule pour lui-même». 

Le risque, dans le deuxième des cas, est de voir naitre une attitude passive et attentiste des effets d’un «temps qui n’avance pas» mais qui tourne sur lui-même, nous ramenant constamment sur le tronçon de route que nous croyions avoir dépassé. Le «cours du temps» devient pour nous un renouvellement constant du temps présent. De là découle entre autres, ce caractère fondamental de notre culture, la tendance à ne pas envisager le devenir. Cela se traduit aussi par une négation de l’Histoire. Je le résumais dans l’article cité plus haut comme suit : «Cette conscience (du temps) est faite de négation du progrès (le temps n’avance pas), de refus du changement (le temps est la répétition du présent), et d’«annulation» de l’Histoire (le temps ne permet pas l’accumulation des expériences humaines)». 

La préoccupation essentielle devenant : comment «tuer le temps». Soubassement d’une idéologie, d’une pensée dominante et d’une attitude collective, cette perception freine toute avancée, tout progrès… Elle est à l’origine de tous les mauvais choix économiques (négociations, programmes de développement…), politiques (exclusion des acteurs, culture des particularismes…) et culturels (avortement de toute rénovation, marginalisation de l’intelligence…). 

«En l’absence de notion de progrès, de changement et d’Histoire, la dynamique sociale est annihilée. Ne nous étonnons point de voir que l’espace est occupé par les mêmes personnes depuis plus d’un demi-siècle. Que ces personnes n’entendent pas se démettre. Que l’alternance est donc impossible. Nous dirons toujours que la demande sociale de changement n’existe pas parce qu’elle commence par l’exigence de renouvellement des acteurs (alternance), par la rénovation dans les lois du jeu (égalité, équité, transparence) et par la capitalisation effective de nos expériences passées» (article Espace-Temps). 

C’est en cherchant un jour, la meilleure définition du concept «temps», que je suis tombé sur l’expression «réponse aporétique». Et la plus belle définition de cette expression est l’illustration suivante : un élève qui demande à son professeur : «Est-ce que la lumière est une onde ou une particule ?» et le professeur qui répond : «Oui». N’est-ce pas là toutes nos réponses à toutes nos questions ? y compris les plus simples, celles dont les réponses sont les plus évidentes. 

Du plus compliqué au plus simple : «Le changement est-il une demande social ou une exigence démagogique de l’élite ?» Réponse : «absolument» ; «Le responsable est-il jugé pour ce qu’il a fait ou pour ce qu’il n’a pas fait ?» Réponse : «Non» ; «Le secteur éducatif est-il une priorité ou un souci secondaire pour les décideurs d’aujourd’hui ?» Réponse : «certainement pas» ; «Le bien-être des populations est-il une préoccupation des autorités ou pas ?» Réponse : «Peut-être»… 

En ces jours de doutes… 

Que ceux de la Majorité le veuillent ou non, la «Mauritanie nouvelle» tarde à faire ses marques. Au moment où l’héritage pèse avec acuité. Sur le plan sécuritaire, sur celui de l’économie, sur le politique… Les nouveaux choix – défendables pour la plupart – sont mal présentés, mal engagés… ce qui fait pointer à l’horizon des risques de crises sociales… 

A un moment où nous avons besoin d’un front intérieur face aux menaces extérieures (AQMI) et défis intérieurs (refondations de l’Etat et sauvetage de l’économie). 

«Qui a le temps et attend le temps perd son temps», disait je ne sais quel sage de ce monde. 

 

La Tribune n°490




1032010

Otages : 

Quoi après la libération de Pierre Camatte ? 

 

La France a finalement obtenu la libération de son ressortissant retenu en otage par un groupe de AQMI (Al Qaeda au Maghreb Islamique) depuis le 26 novembre dernier. Enlevé au Mali, Pierre Camatte a été échangé contre quatre combattants de l‘organisation arrêtés en avril 2009 par une patrouille malienne dans le nord du pays. Après on simulacre de procès, les quatre combattants – deux algériens, un mauritanien et un burkinabé – ont été condamnés à six mois de prison, peine qu’ils ont déjà purgée. Ils ont été immédiatement libérés et acheminés vers le nord du Mali, là où l’organisation terroriste a ses bases. 

La libération de l’otage français a été le prétexte pour le Président Nicolas Sarkozy de faire un crochet à Bamako dans sa route entre Libreville (Gabon) et… Kigali (Rwanda). Le temps de s’afficher aux côtés de l’otage libéré et de prendre la parole pour dire l’engagement de la France dans la lutte contre le terrorisme… et comment ! 

Cette libération est le couronnement d’énormes pressions exercées par la France sur le Mali pour l’amener à libérer les combattants réclamés par AQMI et dont la libération ne plait pas du tout aux deux voisins, la Mauritanie et l’Algérie. Chacun des deux pays a rappelé son ambassadeur à Bamako en signe de protestation. Différemment appréciée, l’attitude des deux voisins du Mali est largement explicable par ce qui peut s’apparenter à un laisser-aller, au mieux une faiblesse face à la menace terroriste. 

Les deux algériens libérés par le Mali sont activement recherchés par les services de leur pays. L’un d’eux, Ahmed Ben Ali, est accusé d’avoir commis des crimes chez lui. Le mauritanien, Bobbe Ould Navé, a été cité pour la première fois parmi un groupe de kamikazes dont Moussa Ould Beina Ould Zeidane qui s’était fait exploser à côté de l’Ambassade de France en août 2009. Attentat visant deux gendarmes français finalement grièvement blessés. 

La libération du groupe de combattants a été décidée sans concertation avec leurs pays d’origine. Ce qui a contribué un peu plus à exaspérer les autorités mauritaniennes et algériennes. Surtout que, dans le cas de la Mauritanie, ce n’est pas la première fois. En effet, pour sauver les otages autrichiens, le Mali a relâché deux combattants mauritaniens activement recherchés par la police. Tiyib Ould Sidi Ali et Hamada Ould Mohamed Khairou, au lieu d’être extradés vers la Mauritanie, ont été remis à leurs compagnons en février 2009. 

La Mauritanie qui semble être la cible privilégiée de la mouvance AQMI, a été victime plusieurs fois d’attaques revendiquées par cette organisation. Le 5 juin 2005 à Lemghayti, le 24 et le 27 décembre 2007 à Aleg et Ghallawiya, février-mars-avril 2008 à Nouakchott, septembre 2008 à Tourine, juin et août 2009 à Nouakchott… avec finalement deux rapts réussis : trois humanitaires espagnols le 29 novembre 2009 et deux touristes italiens deux semaines plus tard sur la frontière avec le Mali. C’est la vie de ces derniers qui est aujourd’hui en jeu parce que l’ultimatum de AQMI arrive à expiration ce soir, lundi 1er mars à minuit. Comment la Mauritanie va-t-elle faire ? 

Dans un document audio, Sergio Cicala, retenu en otage depuis décembre avec sa femme d’origine burkinabée, a appelé son gouvernement à faire des « concessions » pour obtenir leur libération, dans un message mis en ligne par AQMI. « Ma liberté et celle de ma femme dépendent des concessions que le gouvernement est disposé à faire », a affirmé l’otage dans le message audio rapporté par le centre de surveillance des sites islamistes SITE, selon une dépêche de l’AFP. Le message est accompagné d’une image fixe montrant un homme présenté comme étant Sergio Cicala, se tenant à genoux et sous la garde de six hommes cagoulés et en armes. Sergio Cicala, 65 ans, et sa femme Philomène Kabouree, 39 ans, sont aux mains d’Aqmi depuis leur enlèvement le 18 décembre en Mauritanie. 

« J’espère que le plus tôt possible le gouvernement va s’intéresser à notre situation et en conséquence à nos vies. Nous attendons avec confiance que toute cette situation puisse se résoudre de la meilleure façon possible. Bien sûr, je veux dire ma libération et celle de ma femme », ajoute-t-il. « Le président (du conseil italien) Berlusconi a toujours été renommé pour sa grande générosité, j’espère qu’il pourra nous aider ma femme et moi », ajoute l’homme, dont la voix ne trahit aucune émotion et qui semble lire un texte. Daté du 24 février et intitulé « Appel de l’otage italien au gouvernement de Berlusconi », le message en italien est d’un peu plus d’une minute. 

Dans un ultimatum diffusé début février, l’Aqmi avait donné jusqu’au 1er mars au gouvernement italien pour répondre à ses exigences. Les ravisseurs demandaient non seulement la remise en liberté de quatre islamistes détenus au Mali, qui ont depuis été relâchés, mais aussi la sortie de prison de combattants détenus en Mauritanie, avait indiqué une source proche du dossier. 

Dans un bref communiqué accompagnant le message de l’otage, la branche maghrébine d’Al-Qaïda appelle les Italiens à faire pression sur leur gouvernement pour sauver la vie du couple italien. « Nous répétons notre appel aux familles des otages et à l’opinion publique italienne: si vous voulez la sécurité des otages, faites pression sur votre gouvernement offensant et demandez-lui de satisfaire les demandes légitimes des moudjahidine », affirme AQMI. 

Si à Rome on se refuse à commenter ce fait, en France on attend de voir comment la Mauritanie va réagir. La France a fait pression sur la Mauritanie, par le passé, pour ne pas se plier aux exigences des ravisseurs des humanitaires espagnols et des italiens. Alors que, s’agissant de son ressortissant, elle faisait pression sur le Mali pour le libérer. D’où l’exaspération mauritanienne. 

Dans une déclaration faite à la presse au lendemain de sa libération, Pierre Camatte a lancé un défi aux pays ayant été ‘outrés’ par les conditions de sa libération : «L’Algérie et la Mauritanie se plaignent de ma libération. Mais la seconde va être placée face à la même décision. Des otages italiens pris sur leur sol font l’objet d’un ultimatum pour relâcher des prisonniers. On verra ce qu’ils feront. On voit toujours la paille qu’il y a dans l’œil du voisin et pas la poutre qu’il y a dans le nôtre.» Se refusant de mettre en perspective les conséquences de la libération d’un jeune homme comme Ould Navé qui pourrait un jour servir de kamikaze dans l’un des restaurants fréquentés de Nouakchott. Doit-on se demander dès aujourd’hui combien de français risqueraient leurs vies ce jour-là ? Le moins qu’on puisse dire concernant le processus de libération de Pierre Camatte, c’est qu’il a été dicté par une courte vue. Qu’il n’a pas pris en compte toutes les donnes de la question du traitement du terrorisme. Sauf si l’on vient à croire les informations selon lesquelles Pierre Camatte ne serait pas l’humanitaire que l’on croit mais agent des services. On comprendrait alors l’engagement du gouvernement français, mais aussi tous les propos tenus par l’ancien otage depuis sa libération. La plupart des observateurs ont tout de suite relevé que Pierre Camatte n’est pas forcément l’humanitaire ou le technicien d’ONG qu’on présente. D’ailleurs ses propos après sa libération étaient trop bien dosés pour tenir compte des préoccupations de l’opinion publique française au moment des régionales. On n’a pas attendu les révélations de Bakchich info sur les propos du chef des renseignements français devant l’Assemblée nationale, pour savoir que le cas Camatte n’était pas un simple cas de prise d’otage. Pris au sens premier, les propos incriminés remontent à janvier 2010. Un député pose la question au chef des renseignements : «Quelles informations pourriez-vous nous transmettre sur les agents de nos services retenus en otage, leur nombre, leur situation ? Quelles sont les perspectives les concernant ?» Et Bernard Bajolet, chef des renseignements de répondre : «Nous avons actuellement huit otages. Un au Mali, Pierre Camatte, quatre au Soudan, un en Somalie et deux en Afghanistan». A-t-il voulu parler des otages français qui devraient être libérés par ses services ou a-t-il répondu strictement à la question ? Pourquoi a-t-il précisé seulement l’identité de Pierre Camatte ? Mystère et boule de gomme… 

Toujours est-il que selon le site Bakchich, Pierre Camatte «travaillait sous couverture, pour mieux surveiller les mouvements dans ce qui est devenu l’une des bases arrières des terroristes algériens de l’ex-GIA enrôlés aujourd’hui sous la bannière de Ben Laden». «C’est une fausse information», disent les officiels français. 

Le Président Sarkozy prend le ton normal pour dire : «Nous ne laisserons tomber aucun de nos compatriotes pris par des terroristes. Nous ne laisserons tomber aucun Français, quelles que soient par ailleurs les erreurs qu’ils aient pu faire, qui se trouve dans l’épreuve.»  Ce à quoi rétorquent certains éditorialistes : «On ne peut pas lutter contre le terrorisme et exiger la libération de terroristes pour sauver un otage.» 

Est-ce que la France a payé ? Mystère encore. Mais même sans verser de rançon, la France paye déjà un coût énorme pour libérer ses otages de l’extérieur. Le chef d’état-major des armées le général Jean-Louis Georgelin déclarait récemment : «Nous faisons ce que nous devons faire pour les faire libérer. J’ajoute d’ailleurs qu’à l’heure actuelle, nous avons déjà dépensé plus de 10 millions d’euros pour nous occuper de cette affaire. Je pense que dans la facture des opérations extérieures nous avons, en gros, 870 millions d’euros par an de facture d’opérations extérieures, ce qui est considérable pour un pays comme la France. Nous l’alourdissons.» Pour le cas de Pierre Camatte, on note au moins deux voyages de Bernard Kouchner, le ministre français des affaires étrangères, qu’est-ce qu’il avait dans ses valises ? Encore mystère. 

Au-delà des polémiques suscitées par la libération des quatre combattants de AQMI, on peut se demander quel sort sera réservé aux autres otages occidentaux. Pour ce qui est des italiens, l’ultimatum arrive à expiration donc ce soir. La Mauritanie ne semble pas du tout prête à se plier aux exigences des terroristes. Pour ce qui est des humanitaires espagnols, la rançon de cinq millions dollars est en train d’être payé par leur gouvernement. En fait, le risque politique est très grand pour le gouvernement socialiste espagnol s’il arrivait malheur aux otages espagnols. 

L’engagement de la Mauritanie dans la lutte contre le terrorisme est désormais une priorité. Pour les autorités actuelles, la priorité est à la maitrise du territoire national. En plus du renforcement des bases de Chegatt, de Lemghayti et de Ghallawiya, l’Etat Major national a mis sur pied trois unités spécialement conçues pour lutter contre la criminalité dans la zone. L’Armée mauritanienne compte réoccuper le poste de Ain Bintili à l’extrême nord du pays. L’option de reprendre le contrôle de ces contrées est effectivement une nécessité pour la Mauritanie qui elle veut réussir sa résistance devant la nébuleuse du crime organisé. Trafic de drogue, terrorisme, trafic de cigarettes, traite d’immigrés clandestins… tout verse dans la même direction. Et c’est aux pays concernés à coordonner pour arriver à bout de ce qui, à terme, constitue une menace pour la stabilité et la sécurité de la zone sahélo-saharienne, et, au-delà, de l’Europe. 

 

MFO 

 

 

Accrochage à Lemzereb 

 

Dans la nuit de jeudi à vendredi derniers, deux éléments de l’Armée nationale, l’un arrivant de Ain Bentili, l’autre de Lemghayti, ont convergé vers Lemzereb, un lieu situé à une quarantaine de kilomètres de Chegatt. Le renseignement était arrivé la veille sur le mouvement d’un important convoi armé. Au total six voitures en plus d’un camion MAN chargé d’on ne sait quoi. A bord, une vingtaine de personnes armées. 

C’est vers le petit matin que les deux éléments sont passés à l’action. profitant de l’effet surprise, les Mauritaniens ont soutenu un tir intense, détruisant dès les premiers instants de l’attaque la seule arme lourde du groupe. Malgré la vigoureuse riposte des trafiquants, l’accrochage ne durera pas plus d’une heure. Bilan : 3 morts et 15 prisonniers. 

Grande opération qui fait suite au renforcement des moyens de l’Armée et de la mise en œuvre d’une nouvelle approche sécuritaire qui consiste pour la Mauritanie à reprendre l’initiative en reprenant le contrôle du territoire national. Ce qui n’est jamais arrivé en dehors de la parenthèse de la guerre du Sahara (1975-1978). 

 

Encadré : 

Repères chronologiques 

16 septembre 1998. Le Groupe Salafiste de Prédication et de Combat (GSPC) annonce sa création (par le ralliement sous ce nouveau sigle de quelques groupes rescapés du GIA) et la désignation de Hassan Hattab (alias Abou Hamza), jusque-là émir de la «zone 2» du GIA (Kabylie et partie Est d’Alger) comme émir intérimaire du nouveau groupe. Outre Hattab lui-même, le communiqué est signé par Nabil Sahraoui (alias Abou Ibrahim Mustapha, émir de la «zone 5», dans l’est du pays), Abou Omar Abd Al-Birr (responsable de la communication) et Abdelaziz Abbi (alias Abou Al-Hammam Okacha, alias Okacha El-Para, conseiller militaire).

24 avril 1999. Communiqué dit «Le groupe de la miséricorde», formalisant la création du GSPC, qui se démarque des GIA, identifié aux dérives de At-Takfir wa Al-Hijra (Exil et Excommunication, groupe islamiste algérien actif au début des années 1990). Est annoncée la nomination comme émir national d’Abou Mosaâb Abdelmadjid, remplaçant Hassan Hattab. À cette occasion, est publié le «pacte» (mithaq), document-programme auquel se réfèrera le GSPC au cours des années suivantes.

11 juin 1999. Le GSPC annonce dans un communiqué la mort de son émir Abou Mosaâb, et son remplacement par Hassan Hattab. Apparaît pour la première fois Abderrezak El-Para (Amari Saïfi, alias Abou Haïdara), présenté comme émir de la zone 5 à la place de Nabil Sahraoui, lui-même relégué au poste de «personnalité importante du groupe». La presse algérienne affirme que la mort d’Abou Mosaâb serait due à un règlement de comptes entre ses partisans et ceux de Hattab.

13 juillet 1999. Promulgation de la loi dite de la «concorde civile» (elle prévoit une exonération ou réduction de peines pour les membres des groupes armés qui se rendront, pour autant qu’ils n’aient pas commis de crimes de sang ou de viols) fixant le 13 janvier 2000 comme date butoir pour bénéficier des mesures de clémence (elle sera validée par référendum le 16 septembre suivant, avec 99 % de «oui»).

21 août 1999. Le quotidien El-Watan affirme qu’Hassan Hattab a été tué par ses pairs et remplacé par Okacha El-Para.

2 janvier 2000. Le quotidien Liberté annonce une nouvelle fois la mort d’Hassan Hattab. Puis, le 13 janvier 2000, la radio nationale annonce qu’il s’apprêterait à se rendre dans le cadre de la politique de «concorde civile». 

16 février (ou 12 septembre) 2002. C’est la date à laquelle, selon la presse algérienne, un émissaire yéménite d’Al-Qaida du nom de Mohamed Alwan Abdelwahid, alias Abou Mohamed El-Yamani, venu en Algérie en 2001 pour concrétiser la coopération entre Al-Qaida et le GSPC, aurait été abattu par l’armée algérienne.

19 mai 2002. Le Quotidien d’Oran écrit que les services secrets français auraient annoncé la «fin prochaine du GSPC» ; «les dissensions qui ont affaibli la pyramide de commandement au sein du groupe de Hattab, ainsi que les défections enregistrées après les récentes opérations de l’armée algérienne» expliqueraient cette «prochaine éradication».

4 janvier 2003. À la veille de l’arrivée d’une délégation militaire américaine, venue notamment discuter d’une reprise des ventes d’armes à l’Algérie dans le cadre de la lutte antiterroriste, la presse algérienne fait état d’une attaque du GSPC, conduite par Abderrezak El-Para, d’un convoi militaire près de Batna. Bilan : quarante-trois soldats tués.

22 février-23 mars 2003. Six groupes de touristes européens (trente-deux personnes au total, dont seize Allemands) sont enlevés avec leurs véhicules dans le Sahara, près d’Illizi. Fin avril, la presse algérienne indiquera que les ravisseurs sont des « terroristes » du GSPC, conduits par Abderrezak El-Para.

13 mai 2003. Les dix-sept otages enlevés à la mi-mars sont libérés dans le Sahara, à l’issue du paiement d’une rançon.

16 août 2003. Un communiqué du GSPC annonce le remplacement, comme émir national de l’organisation, de Hassan Hattab par Nabil Sahraoui (le GSPC précisera, dans un communiqué du 16 août 2005, qu’il aurait alors «démissionné»). Le 11 mai 2004, le quotidien L’Expression annoncera à nouveau qu’il aurait alors été tué par les «militaires» du GSPC.

18 août 2003. Libération au Mali des quinze otages européens enlevés à la mi-février, à l’issue d’obscures tractations (selon la presse algérienne, le gouvernement allemand aurait versé une rançon de 4,6 millions d’euros au groupe d’El-Para).

11 septembre 2003.–Un communiqué du GSPC signé par Nabil Sahraoui annonce que l’organisation retire son «communiqué n° 16» daté du 19 septembre 2001 relatif aux attentats de New York et Washington (communiqué non rendu public à l’époque), au motif qu’il comporterait des «erreurs» (selon la presse algérienne, le GSPC de Hassan Hattab avait alors estimé que les attentats ne pouvaient être considérés comme «légitimes» d’un point de vue islamique). Le communiqué affirme la «loyauté» (wala’) du GSPC «à tout musulman qui fait profession de foi, à tout combattant qui brandit l’étendard du djihad en Palestine, en Afghanistan sous l’émirat de Mulla Omar, en Tchétchénie, aux Philippines et à l’organisation Al-Qaida sous l’émirat d’Oussama Ben Laden, et à tout détenu dans les prisons des tyrans ; [le GSPC] appelle tous les moudjahiddines – chacun à sa place – à l’union dans la parole et à serrer les rangs».

31 janvier 2004. La presse algérienne annonce que l’armée a détruit, dans le sud du Sahara, une colonne de véhicules du GSPC qui convoyaient vers le Nord des armes (achetées avec la rançon des otages européens) ; cette opération aurait été conduite grâce aux informations fournies par l’armée américaine.

16 mars 2004. Dans le désert du Tibesti, au nord du Tchad, Abderrezak El-Para et ses hommes sont faits prisonniers par les rebelles du Mouvement pour la démocratie et la justice au Tchad (MDJT). Pendant plusieurs mois, ce mouvement tentera en vain de remettre El-Para aux autorités des pays qui disent le rechercher (Algérie, États-Unis, Allemagne), mais qui ne semblent pas vouloir courir le risque de faire juger publiquement ce mystérieux personnage (en fait agent du DRS algérien).

Avril 2004. Publication sur le Web du premier numéro de la revue du GSPC, Al-Jamaâ, comportant une interview de l’émir national du GSPC Nabil Sahraoui (datée de décembre 2003) où il félicite Oussama Ben Laden, saluant le rôle qu’il a joué dans la lutte des Afghans contre l’armée soviétique et son soutien aux combattants arabes en Afghanistan.

17 juin 2004. Un communiqué du GSPC annonce la mort au combat de son émir national, Nabil Sahraoui. Selon la presse algérienne, trois de ses plus proches compagnons auraient été tués en même temps que lui : Okacha El-Para («conseiller militaire» du GSPC), Mourad Khattab, alias Abou Omar Abd Al Birr, et Abdelmalek Droukdel, alias Abou Mossaâb Abdelouadoud.

21 juin 2004. Un attentat à la voiture piégée frappe la centrale électrique d’El-Hamma. Il est revendiqué par le GSPC.

6 août 2004. Un communiqué du GSPC annonce la nomination comme émir national d’Abdelmalek Droukdel.

27 octobre 2004. Suite à d’obscures tractations entre le MDJT et les services libyens, ces derniers remettent El-Para aux autorités algériennes, qui, officiellement, le placent en détention.

4 juin 2005. À l’aube, un groupe de cent à cent cinquante hommes lourdement armés, circulant à bord d’une douzaine de véhicules, attaque une caserne de l’armée mauritanienne située au nord-est du pays, à Lemghayti, près des frontières algérienne et malienne. L’attaque se solde par dix-huit morts et vingt blessés parmi les soldats mauritaniens, tandis que cinq des assaillants sont tués. Le 5 juin, le GSPC revendique l’opération sur son site Web, évoquant une «revanche pour nos frères arrêtés dans la dernière série d’interpellations en Mauritanie» et une «riposte au projet Flintlock» de l’armée américaine. C’est l’émir de la «zone 9» du GSPC (Sahara), Mokhtar Belmokhtar, qui aurait conduit l’opération à laquelle ont participé des combattants mauritaniens aux côtés du GSPC.

6-26 juin 2005. Au nord du Mali et du Niger, exercices militaires conjoints baptisés «Flintlock 2005», organisés dans le cadre de la «Trans-Saharian Counter-Terrorism Initiative» de l’administration Bush : coordonnées par le commandement des forces américaines basé en Europe, ces manœuvres, mobilisent 3 000 soldats de huit pays africains, dont l’Algérie et la Mauritanie, et 700 hommes des forces spéciales américaines.

25 juin 2005. Le tribunal criminel de la cour d’Alger condamne El-Para à la réclusion à vie pour «création d’un groupe terroriste armé» ; mais ce jugement est prononcé… par contumace, car, selon la justice algérienne, El-Para – pourtant toujours officiellement détenu par le DRS – serait toujours «en fuite»…

Juillet 2005.  Deux communiqués du GSPC, datés des 23 et 28 juillet, saluent l’enlèvement et l’assassinat de deux diplomates algériens à Bagdad qui seront mis sur le compte de la branche d’Al-Qaida en Irak sous la direction d’Al-Zarkaoui – lequel aurait pourtant démenti avoir kidnappé ces personnes et les avoir tuées. Cette prise de position est justifiée par le soutien qu’apporte l’État algérien à l’occupation depuis 2003 de l’Irak par l’armée américaine et l’installation d’un gouvernement «illégitime».

15 octobre 2005.– Hassan Hattab accorde une interview au journal londonien Ach-Chark el-Awsat, dans laquelle il appelle ses compagnons du GSPC à déposer les armes.

11 septembre 2006. Ayman Al-Zawahiri, présenté comme le numéro deux d’Al-Qaeda, annonce dans un message vidéo le ralliement du GSPC à Al-Qaeda, appelant le groupe algérien à «devenir une épine dans la gorge des croisés américains, français et de leurs alliés». Deux jours plus tard, le 13 septembre, le GSPC publie sur son site Web un communiqué dans lequel il confirme l’information : «Nous prêtons allégeance à cheikh Oussama Ben Laden. […] Nous poursuivrons notre djihad en Algérie. Nos soldats sont à ses ordres pour qu’il frappe par notre entremise qui il voudra et partout où il voudra.»

10 décembre 2006. Un attentat, à Bouchaoui (dans une zone ultra-sécurisée proche d’Alger), vise un bus transportant des salariés de la société algéro-américaine Brown & Root-Condor (BRC), faisant deux morts (un Algérien et un Libanais) et plusieurs blessés (dont un Américain et quatre Britanniques) ; il est immédiatement revendiqué sur son site par le GSPC.

24 janvier 2007. Dans un communiqué signé par Droukdel, le GSPC annonce qu’il change de nom, devenant «Al-Qaeda au pays du Maghreb islamique» (AQMI) : «Après le ralliement du GSPC à l’organisation d’Al-Qaida et après avoir prêté allégeance au lion de l’islam […] Oussama Ben Laden, que Dieu le garde, le groupe devait changer de nom pour montrer la véracité de la liaison […] entre les moudjahiddines en Algérie et leurs frères d’Al-Qaida. Nous étions soucieux de changer de nom dès le premier jour de notre ralliement, mais nous n’avons pu le faire avant de consulter cheikh Oussama Ben Laden.»

3 mars 2007. Dans la wilaya d’Aïn-Defla (au lieudit Hayoun), un attentat à la bombe contre un bus transportant des travailleurs russes de la compagnie Stroitransgaz fait quatre morts, dont un Russe : il est revendiqué deux jours plus tard par le GSPC-AQMI.

11 avril 2007. Trois attentats à la voiture piégée particulièrement meurtriers frappent le Palais du gouvernement à Alger et le siège de la «Division est» de la Police à Bab-Ezzouar, faisant trente morts et plus de deux cents blessés ; présentés par la presse comme des attentats suicides, ils sont revendiqués le jour même par le GSPC-AQMI, par un appel téléphonique à la chaîne télévisée arabe Al-Jazeera. Deux jours après, le ministre de l’Intérieur Yazid Zerhouni déclare qu’«il ne faut pas exclure qu’il y ait d’autres intérêts ne voulant pas voir l’État algérien se ressaisir, se restructurer et fonctionner de manière plus efficace».

11 juillet 2007. L’explosion d’un camion piégé dans une caserne militaire de Lakhdaria, à l’est d’Alger, fait au moins dix morts ; il s’agirait d’une opération kamikaze, mais le ministre Zerhouni émet des doutes à ce sujet. Deux jours plus tard, le GSPC-AQMI revendique l’attentat par un communiqué à Al-Djazira.

8 septembre 2007. À Dellys (ville portuaire de Kabylie), un attentat kamikaze au camion piégé frappe une caserne des garde-côtes, faisant trente-quatre morts et plus d’une soixante de blessés. Le lendemain, le GSPC-AQMI revendique, par un communiqué à Al-Jazeera, cet attentat et celui de Dellys.

13 septembre 2007. Selon le quotidien Liberté, Hassan Hattab menacerait de rejoindre à nouveau le GSPC, au motif que les dispositions de Charte n’auraient pas été appliquées à sa famille qui n’a pas été indemnisée alors qu’elle compte plusieurs membres tués au maquis.

17 septembre 2007.–Selon Le Soir d’Algérie la direction du GSPC de l’émir Droukdel serait contestée en raison de ces attentats suicides et une rencontre nationale aurait eu lieu dans la seconde semaine de septembre dans les monts de Lakhdaria pour désigner un nouvel émir.

18 septembre 2007. La presse algérienne rapporte que Droukdel aurait été destitué et pourrait être remplacé par Hassan Hattab à la tête du GSPC-AQMI.

21 septembre 2007. Près de Lakhdaria, un attentat suicide contre un bus transportant des employés du groupe français de travaux publics Razel fait neuf blessés (dont deux Français et un Italien). Il est immédiatement revendiqué par le GSPC-AQMI.

24 décembre 2007. Assassinat à Aleg de quatre touristes français par un groupe de trois combattants qui ont fait leur entrainement dans le désert malien. L’opération n’est cependant pas revendiquée par AQMI.

27 décembre 2007. Attaque armée à Ghallawiya, bilan trois morts dans les rangs de l’Armée mauritanienne.

14 septembre 2008. Attaque de Tourine, bilan : 12 tués côté mauritanien et 3 côté adverse. Revendiquée par AQMI.

23 juin 2009. Assassinat d’un citoyen américain en plein Nouakchott. Opération revendiquée par AQMI.

29 novembre 2009. Enlèvement de trois humanitaires espagnols sur la route reliant Nouakchott à Nouadhibou. Ils sont encore aux mains de AQMI qui veut les relâcher en contrepartie d’une rançon de 5 millions dollars.

17 décembre 2009. Enlèvement de deux italiens près de Kobeni, non loin de la frontière avec le Mali. L’ultimatum pour ces otages expire le 1er mars.

Source : La Tribune n°490




RFD contre UPR

1032010

 

 Quand le pouvoir choisit son adversaire principal 

Le parti de l’Union pour la République (UPR) a organisé une conférence de presse, mercredi, après midi, à son siège. Au cours de cette rencontre avec les journalistes, le parti a apporté sa réponse aux critiques adressées au pouvoir, mardi, par le président du RFD.   

Mohamed Yahya Ould Horma secrétaire permanent aux affaires politique de l’UPR a lu en arabe un communiqué accusant le leader du RFD d’avoir « déversé sa colère sur le président (Ould Abdel Aziz, ndlr.) et sur le gouvernement tout en maudissant les choses et semant de façon flagrante la confusion au sein de l’opinion nationale.» 

En réponse au tableau négatif de la situation du pays, dressé par le chef de file de l’opposition, le parti au pouvoir estime que celui-ci « ferme les yeux sur tout sauf sur le quart vide de la nation alors qu’il ne comprend pas que la réalité des gigantesques réalisations, la logique politique et les réalités sur le terrain démentent ses allégations dans les détails ». 

Allusion tacite à la zone Est du pays en proie aux problèmes de sécurité. Ahmed Ould Daddah avait au cours de sa conférence de presse du mardi déclaré que « la situation sécuritaire est inquiétante à cause de l’absence d’un dialogue national qui renforcerait le front intérieur et d’une coopération régionale pour assurer une gestion plus adéquate de la situation ». Cette déclaration intervenait au lendemain de la décision des  autorités mauritaniennes de rappeler leur ambassadeur au Mali en réaction à la libération par ce pays de prisonniers d’Alqaida en contrepartie de la libération d’un otage français. 

Un geste inconcevable aux yeux du chef de file de l’opposition pour qui, « les voisins sont comme les proches parents avec lesquels on est obligé de composer » et qu’il ne faut nullement compromettre les relations  fraternelles pour des options maladroites au plan diplomatique. Du côté de l’UPR, on se dit plutôt satisfait de la réaction du pouvoir face à la « conduite surprenante de la République sœur du Mali » et l’on valorise le rappel du diplomate mauritanien au pays. En plus le parti au pouvoir accuse le leader du RFD de tentative de diversion de l’opinion car concernant la situation économique, Ahmed Ould Daddah n’aurait pas apporté de preuves du bilan négatif qu’il établit. « Un milliard de dollars a été investi par l’Etat dans le secteur des mines et dans des  projets. Ce qui augmente à 30% la production de la SNIM qui devra atteindre 15 millions de tonnes par an. » A déclaré Ould  Horma qui affirme que 500 millions de dollars ont été injecté dans le secteur des infrastructures de base. 

Le principal grief du président du RFD contre le pouvoir ? « Un blocage notoire dû à un manque manifeste de dialogue de la part du pouvoir ». Selon Ould Daddah, « malgré les dispositions de la loi régissant les rapports entre pouvoir et l’Opposition, prévoyant une rencontre tous les trois mois au minimum entre le Chef de l’Etat et le Leader de l’Opposition » aucune consultation ni rencontre ne lui ont été adressés du côté du pouvoir. 

Réaction de l’UPR : le président du RFD doit d’abord reconnaitre le pouvoir issu des élections du 18 juillet. Chose curieuse car au lendemain de l’élection de Mohamed Ould Abdel Aziz l’opposition avait pris acte à la suite de la proclamation par le conseil constitutionnel des résultats qu’elle avait d’abord contesté et pour lesquels elle avait fait un recours.    

 




Quel avenir pour la Mauritanie !

1032010

 

 La Mauritanie est en proie à une série de crises. 

Crise sociale d’abord : problèmes d’indemnités pour les fonctionnaires et agents de l’Etat, suspension de quelques 5000 fonctionnaires et agents de l’Etat ; dont plus de 100à tort ! 

Crise politique ensuite : bruits de bottes et guerre à coups de déclarations  entre le RFD et L’UPR ; avec en toile de fond, les options diplomatiques face à la gestion des problèmes du terrorisme et de l’insécurité. Et puis, la C.O.D qui veut s’organiser… 

Crise économique enfin : hausse vertigineuse des prix, faible pouvoir d’achat du citoyen et tout ce que cela comporte comme conséquences. 

Toute cette réalité permet-elle de parler de développement durable pour ce pays qui depuis cinq ans peine à retrouver une stabilité ? 

La durabilité d’un projet est la condition d’une construction d’idées réfléchies et appliquées dans le respect des prévisions. Un développement durable suppose une progression arithmétique ou géométrique avec des efforts qui durent dans le temps sans altérer la situation de départ, et une attitude responsable chez ceux qui détiennent l’imperium du pouvoir, ainsi que les divers acteurs politiques, économiques et sociaux, car ils sont les principaux acteurs du développement. 

Ça va faire bientôt un demi- siècle depuis son indépendance (déclarée en 1960), pourtant l’économie de ce pays aux énormes potentialités tarde à connaître son décollage. Au même moment, d’aucuns citent l’exemple des pays qui émergent aujourd’hui alors qu’ils n’étaient pas plus dotés en ressources naturelles que ne l’était
la Mauritanie au lendemain des indépendances. Cela pour dire que le «  facteur naturel » peut constituer un avantage économique mais son absence ou insuffisance n’est pas une fatalité. Donc faudrait-il voir les causes du blocage du système économique mauritanien ainsi que ses perspectives de s’extirper du cercle vicieux du sous développement. Le  retard de
la Mauritanie  sur le plan économique s’explique, entre autre, par l’insuffisance de formation professionnelle des  cadres sur les créneaux de développement. Ainsi, sur le territoire national, aucun centre de formation en ingénierie dans aucun domaine n’a vu le jour. 

En plus, les secteurs primaire et secondaire sont désarticulés : c’est-à-dire qu’il n’y a pas d’interdépendance entre eux. L’industrie Mauritanienne malgré les ressources du pays s’approvisionne de l’extérieur. Le secteur tertiaire fait face à  d’énormes difficultés alors que la population active s’en occupe soit les 16,5%. Donc, l’inexistence de système de production consolidé entre ces secteurs entraîne l’absence de débouchés pour les produits agricoles, et par ricochet, rend la pauvreté chronique surtout dans le monde rural comme tel est le cas aujourd’hui. Même si tant de mesures ont été prises aucune d’entre elles n’a permis d’atteindre ni les résultats ni les objectifs escomptés de manière effective.    

L’action des acteurs politiques  s’avère toutefois plus déterminante. En effet, comment parler de « développement durable » dans un contexte d’instabilité permanente, où la plupart des systèmes politiques ignorent superbement le vrai sens de l’appareil de l’Etat : celui d’être au service des administrés, et non une aubaine pour se faire de la fortune et une notoriété. L’Etat doit prévoir l’avenir de ses citoyens à moyen  et à long terme. La frange la plus pauvre constitue, à cet effet, la majeure partie de ces citoyens (ces derniers se trouvent partout dans le pays et non seulement dans le triangle de la pauvreté). C’est cette prévision qui peut finalement se révéler comme plan de développement, et pourquoi pas « durable ». L’absence de ce principe constitue le grand obstacle pour un  développement durable en Mauritanie. 

Ainsi, l’on constate une absence totale de politiques pour un développement apparent, réel et objectif. L’exploitation effrénée des ressources naturelles, notamment du poisson, du fer, du pétrole, du cuivre et des mines d’or,  a toujours rapporté et rapportera certes des devises. Mais à quelle fin ont-elles (été) et seront-elles  utilisées ? 

D’emblée, il convient de redynamiser tout le secteur primaire (l’agriculture, la pêche, l’élevage, le maraîchage, l’artisanat…) pour véritablement booster l’économie du pays. 

Regardons notre environnement aussi pauvre qu’il ne l’est. Nos parcs sont nus. Absence totale d’espaces verts. Aucun jardin public dans nos grandes villes. Où est le parc de L’OMVS ? Nos ceintures vertes oubliées. La menace vient de l’autre coté de la capitale et nous faisons semblant comme si rien ne se dessine sur nos yeux.   

Cependant, le non reboisement des espaces ainsi dénudés dans les grandes villes telles que Nouakchott, Nouadhibou et Zouératt va entraîner une modification sérieuse de l’écosystème du pays. Sans doute, des projets de reboisement ont toujours été initiés mais à des rythmes non prometteurs.  Aussi, l’agriculture demeure à faible rentabilité pour la plupart des cas même si d’importants moyens financiers et matériels ont toujours été mobilisés. La grande campagne agricole de SIDIOCA est là comme preuve. Les agronomes et les géologues n’ont jamais été associés dans les travaux agricoles. Les paysans se débrouillent avec leurs connaissances routinières. Faute de techniques appropriées pour une bonne gestion de leurs terres, ils exploitent leurs champs après une ou deux rotations de cultures, étant donné l’appauvrissement des terres. Le risque d’un épuisement pur et simple de ces terres ne semble pas non plus les préoccuper. Il revient donc au gouvernement de prévoir l’avenir de toutes ces populations qui sont abandonnées sur leur faim. 

Nous pouvons, en Mauritanie, entreprendre le développement socioéconomique tout en protégeant l’environnement  et en conservant les ressources naturelles. La gestion de nos ressources halieutiques, la bonne surveillance de nos cotes en période de repos biologique et un contrôle sérieux sur l’exportation de nos produits de pêche et de l’entrée des devises sont des principes qui permettent un essor économique du pays. 

L’Etat doit réduire la course à la recherche des devises avec uniquement l’exploitation des ressources naturelles et autres minières. Il faudra plutôt orienter les énergies vers les activités de production telle que l’agriculture et l’élevage. Quand bien même l’exportation de ses produits serait hypothétique. Le problème crucial de l’autosuffisance alimentaire sera totalement ou en partie résolu ! 

Le développement durable en Mauritanie dans le contexte de la mondialisation est une véritable problématique. Même si
la Mauritanie est victime d’une période  de mauvais systèmes de gestions, de détournements, et de laisser aller, il reste beaucoup à faire pour atteint un redressement économique considérable. Cependant, il est en effet difficile de mettre sur pied une politique de développement indépendamment du rythme de développement atteint par les autres pays de la sous région dont
la Mauritanie est plus riche. 

Les principaux secteurs du pays à savoir la santé, l’éducation et la sécurité sont confrontés à d’énormes difficultés. L’accès au soin reste le souci majeur des plus pauvres, les produits de notre système éducatif sont des plus médiocres depuis plus d’une décennie et l’insécurité fait défaut que ça  soit entre nos murs qu’au niveau de nos frontières. Allons voir avec la nouvelle stratégie ! 

Le développement durable est une garantie pour l’avenir du pays. Une classe politique éveillée (qui accepte pour le dialogue), une société civile soudée présente au chevet d’une population au tissu social fragile, une jeunesse citoyenne loin de l’extrémisme  et un gouvernement «  de l’homme qu’il faut à la place qu’il … » constituent cet avenir. Il y a donc urgence quant à l’implication de tous dans toute action visant à préparer un développement qui soit réellement durable et pourquoi  pas continu ? 

Avec une absence totale de crises politiques, sociales et économiques en Mauritanie, nous serons sur le chemin de la croissance économique et du développement. 

 Sidaty O.Sidi 




Faits divers de La Tribune

1032010

ARAFAT : 

Saleck, de laveur à voleur de véhicules ! 

Saleck,  jeune laveur de voitures au Poteau 6 du quartier Arafat avait habitué ses clients à des sourires inspirant confiance. Il s’acquittait de son travail correctement.  Il n’avait pas de fréquentations douteuses. Ce qui le mettait au dessus de tout soupçon. Ne connaissant que son boulot  et gérant modestement sa vie, il gagnait entre 3000 et 5000UM par jour. De quoi satisfaire ses obligations quotidiennes et faire des économies. 

Trois mois après son mariage avec une jeune fille, Saleck commence à se métamorphoser. Il se fait des amis qui viennent régulièrement  prendre du thé dans son lieu de travail à son domicile. Sa jeune épouse constate chez lui un comportement nouveau. Elle en fait la remarque à son mari. Ce que celui-ci  balaie d’un revers de la main. Il finit par  intégrer un groupe qui est spécialisé dans le vol de véhicules. Ses clients constatent aussi le changement négatif sur lui. Certains lui ont conseillé de se ressaisir mais le virus que Saleck a contracté était puissant. Il devient irrégulier au travail. 

Mercredi dernier vers 23heures passées, une Mercedes 200 est volée devant une maison à la hauteur de l’épicerie Gaza  à Arafat. Elle appartenait à un commerçant. Le lendemain au soir,  au nord de Nouakchott, Saleck est arrêté avec son groupe, indique une source policière. 

Selon le commissariat, Saleck et ses amis sont entendus  sur le vol du véhicule avant d’être déféré au parquet. 

Sa femme se rend chez le Cadi et demande le divorce. «  Je  n’accepterai jamais d’être l’épouse d’un voleur » a-t-elle rétorqué devant une grande assistance qui l’a vivement soutenue. 

 

Ghandahar : Vol chez un policier 

Il était midi ce jeudi  quand un groupe de voleurs a effectué une descente dans la maison de l’agent de police J.O.ML en passant par la fenêtre de la chambre à coucher. 

Pour y accéder, ils ont coupé la grille de la fenêtre avec une scie à métaux sans attirer l’attention des voisins qui suivaient un feuilleton à la télévision. 

Une fois à l’intérieur les malfrats sont tombé sur un important matériel  qu’ils ont emporté : un lecteur DVD, un récepteur, des habits neufs, des bijoux en or et garantie et une importante somme d’argent. 

Selon des sources proches de la victime, les malfrats sont partis sans être vus. 

Heureusement pour le policier que son arme (un PA) qui se trouvait sous son lit n’est pas parti dans le lot ont indiqué les mêmes sources. 

Le vol est effectué alors que le policier et son épouse étaient au travail. 

SEBKHA : Un multirécidiviste épinglé ! 

Ch.O.D, jeune ex-soldat reconverti en malfrat et drogué a été arrêté par une patrouille de la police aux abords du marché Tieb-Tieb le mercredi dernier. 

En le fouillant les limiers ont trouvé sur lui une quantité de chanvre indien et quatre paquets de comprimés Valium qu’il devait vendre à des drogués. Ces derniers ont pris la poudre d’escampette quand ils ont vu le caïd entre les mains des policiers. 

Dans les locaux de
la  BRB, le malfrat a été entendu puis déféré, nous a indiqué  une source sécuritaire. 

TEVRAGH -ZEINA : Une bande de malfrats écrasés !  

Au courant de la semaine passée,

la Brigade Recherche du Commissariat de Police de T.Z.1 a délogé une bande spécialisée dans le vol d’ordinateurs et de téléphones portables, de sacs de femmes et d’argent. Cette bande alimentait différents  réseaux en drogue et chanvre indien. 

Quelques ballots en jute de chanvre indien, pesant environ 200kgs  ont été trouvés dans leur demeure ainsi qu’un impressionnant matériel pour défoncer les portes et des séries de clés de voitures. 

Ces caïds qui sont au nombre de cinq et opèrent dans tous les domaines et dans toutes Moughataa de la capitale. Au commissariat de police de TZ1, ils ont été entendus avant d’être déférés au parquet de
la République. 

Selon une source policière le gang a été présenté dans l’émission télévisée « la police au service du peuple », la semaine dernière. 

TEYARET : Viol sur mineure suivi de grossesse : la victime indexe son beau-frère et son oncle 

L’affaire de viol sur la mineure, Soukeina B…, âgée seulement de 14ans, présentée au courant de la semaine passée à la brigade des mineures risque de passer au tribunal des flagrants délits, car elle a des allures d’inceste. Les personnes citées dans l’affaire par la jeune fille qui est enceinte ne sont autres que Baba C…, mari de la grande sœur de la plaignante, et Idi D…, petit frère de la mère de la victime. Mais seul le beau-frère s’est présenté à la brigade des mineures, l’oncle s’est fondu dans la nature et il est activement recherché par la police. Au cours de l’interrogatoire, la fille a précisé que son beau-frère avait abusé d’elle, alors qu’elle attendait auprès de ses enfants sa sœur partie à Sebkha pour un mariage. « Baba m’a réveillé et on a eu des rapports intimes », a confié la fillette sans préciser s’il  l’a forcée ou non. 

Quant à son oncle Idi, il l’avait invité dans sa chambre pour lui donner de l’argent pour faire ses préparatifs pour la fête. « Là, il abusé de moi en me menaçant avec une arme blanche », a-t-elle indiqué. 

Marché de
la Capitale : Un voleur de plaisir entre les mains de la police 

A. O est un vendeur de voiles style Tampon. Vêtu d’une bermuda et d’un tee-shirt, il avait souillé ses habits en pleine opération de vente au contact d’une dame. Il a été arrêté par une patrouille de la police dans le marché au moment où des jeunes voulaient le lyncher.   

Au commissariat, face au chef de la section PJ, l’obsédé sexuel, très détendu, a expliqué dans les détails son forfait. «Quand je me suis frotté contre ma cliente, ça m’a excité et je me suis laissé aller, pris par je ne sais quoi », déclare-t-il audacieusement. Il poursuit en confiant s’être rendu coupable. Ceci s’est produit mercredi dernier au marché de la capitale aux environs de 11heures. Le jeune obsédé a été libéré dans la journée du jeudi a-t-on appris de sources bien informées.

 Par Aboubekrine Ould Sidi

Source : La Tribune n°490







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