Les Echos de La Tribune : Quelle folie ?

29032010

Par  Mohamed Fouad Barrada   

 

Une frange  de la population mauritanienne est touchée  par la maladie mentale, soit 88.000 (selon l’OMS) dont  5600 personnes sont prises en charge.  

 « Sur l’ensemble du pays, on ne  trouve  que 4 psychiatres  et 10  psychologues pour une population de plus de 3 millions d’habitants. Ainsi, il existe une réelle insuffisance de dépistage, de diagnostic, et de prise en charge de l’adulte (+ de 18 ans) », note  un  récent rapport intitulé   le projet  ‘‘pour une meilleure offre de soins en santé mentale sur la Communauté Urbaine de Nouakchott’’. Et dans le cadre de  certaines prises  en charge,  « des personnels  soignants ayant acquis sur le tas leurs compétences et proposant des soins, soit inadaptés aux besoins des malades, soit   insuffisants car restreints à l’administration de neuroleptiques. Ces dernières ne sont d’ailleurs pas toujours utilisées à bon escient, selon les difficultés d’approvisionnement et d’accessibilité pour les patients » (idem).  

A cela s’ajoute, évidemment,  une carence au niveau du dépistage précoce, du diagnostic et de la  prise en charge  médicale, psychologique et sociale  de l’enfant (0-18). 

L’exode rural, la mondialisation, l’urbanisme incontrôlable, le  brusque changement du mode de vie des mauritaniens,   la défragmentation du tissu social due à la pauvreté, la faiblesse du pouvoir d’achat,  l’appauvrissement des fonctionnaires de l’Etat et la  presque disparition de la classe moyenne   en sont des explications parmi tant d’autres. 

Les  diagnostics sont alarmants et  choquants. Rapprochez  vous du professeur Dia,  le premier psychiatre du pays, il va vous donner, certainement,  des   pronostics  plus pointus, plus élaborés.  À l’époque disait-il, au cours d’une réunion de travail, «  il y avait  des assises  entre les familles de malades mentaux et  des professionnels issus  de différents structures sanitaires de l’Etat ». A l’époque, « on célébrait la journée mondiale de la santé mentale ». 

Présentement, les malades mentaux sont, pratiquement,  exclus de tout accompagnement, de tout soin.  Leur  situation est dramatique pour ne pas dire catastrophique. Ces malades,  qui ignorent, pourtant,  tout sur leurs maladies,  sont  à la merci de la destinée des inconscients-conscients. Etre atteint d’une maladie  mentale  dans cette partie du globe,  c’est être  condamné à vivre  l’état de la domination de l’inconscient  loin de l’œil visible des voisins ou du professionnel,  et si  cet état mène vers  l’agressivité, la solution serait , tout simplement, de  ‘lâcher’ le patient  errer dans la nature ou plutôt dans  les rues et les avenues des grandes villes, après, bien sûr, que les  charlatans en sous- tirent des gros montants  ou quelques  sous  auprès de la famille du ‘sujet’ .  D’autres parents plus inhumains, notamment comme ceux  qui ont  déjà   délaissé, après leur déménagement, leur patient, abandonnent, eux aussi,   vraisemblablement  des   malades  enchainés dans des  maisons sans nourriture, ni boisson  pendant des jours et des jours.  

Subséquemment,  un fait marquant,   fut  signalé, se manifestant par une ‘phénoménologie’ de la  folie  affectant   toute une famille : le père, la mère, les enfants. Tout ce monde est touché, malheureusement,  par un déséquilibre mental. Il s’agit là, d’un arrêt sur une situation bouleversante  voire révoltante interpellant  tout un chacun. 

m_barrada@yahoo.fr     

Source : La Tribune n°494   




Portrait

29032010

 

  

Pr Toka Diagana 

 

Un  mathématicien au service du développement 

 

Le professeur Toka Diagana vient de mettre en place une nouvelle maison d’édition « Mathematical Research Publishers »  (Les Éditions de la Recherche Mathématique). Il s’agit d’une organisation à but non lucratif. A travers cette structure, l’ambition pour ce scientifique mauritanien est  la promotion, la diffusion et la vulgarisation de revues de haut niveau de recherche en mathématiques. L’objectif est clair pour le natif de Kaédi qui a dû relever les multiples défis pour se hisser au sommet de la recherche dans le domaine de la connaissance que les philosophes ont décrit comme modèle des science : « Mon souhait est que cette maison d’édition (Mathematical Research Publishers) puisse avoir des retombées concrètes et positives sur les pays africains en général et la Mauritanie en particulier en matière de recherche,  vecteur de développement et de progrès. » 

Bachelier de la série C en 1988, il s’est envolé pour la Tunisie pour faire à l’époque les Mathématiques fondamentales. Par la suite, l’appétit pour ces sciences pures de l’esprit grandissant, Toka Diagana poursuit son cursus à Lyon en France. Option : Maths pures. Depuis ; le palmarès ne cesse de s’avérer  très fourni. Car  l’illustre mathématicien mauritanien, Toka Diagana se hisse  non sans mérite à la chaire du Howard University. En 2007, Il est promu professeur plein avec la « tenure » à moins de quarante ans ; une rareté dans les universités américaines.  Auparavant il fait ses preuves au Collège Jean Jaurès (Villeurbanne) et au Collège de Thoissey (l’Ain); puis à l’Université Claude Barnard – Lyon 1 comme Attaché Temporaire d’Enseignement et de Recherche (ATER). Par la suite il  est enseignant-chercheur à Howard University à Washington DC, la capitale américaine. 

 

Lauréat en 2006 du prestigieux  PRIX CHINGUITT  décerné en Mauritanie aux scientifiques de renommée, Toka Diagana est l’auteur de trois livres dont « Pseudo Almost Periodic Functions in Banach Spaces » . Nova Science Publisher, New York, 2007. Un ouvrage fournissant au lecteur une introduction complète et accessible aux concepts de presque périodicité et de pseudo presque périodicité ; aussi bien que leurs applications aux équations différentielles abstraites, équations aux dérivées partielles, équations intégrales différentielles et équations fonctionnelles différentielles avec retard dans des espaces de Banach abstraits. 

 

Pr Diagana a jusque-là encadré quatre doctorats en mathématiques (Howard University) et en encadre plusieurs en ce moment. Ses anciens étudiants travaillent maintenant dans les domaines de la Défense, Finance, Marine Marchande (Navy), et l’Enseignement. 

Autant dire que les mathématiques ne sont pas à la portée des profanes. Mais elles n’ont plus aucun mystère pour l’enfant de Kaédi qui sait les manipuler depuis sa plus tendre enfance. Aujourd’hui son ambition est  d’appuyer beaucoup d’étudiants dans leur formation doctorale aux USA et surtout de contribuer directement à la formation, au plus haut niveau, des jeunes dans son pays. Et à l’heure où le souci est à l’encouragement des cerveaux au retour au bercail, le professeur Toka Diagana fait partie des initiateurs d’un document appelant à l’abrogation de la limite d’âge dans le recrutement au sein des institutions de l’enseignement supérieur. Histoire de donner la chance aux intellectuels ayant dépassé la limite d’âge fixée à 45 ans, de pouvoir servir dans leurs pays au sortir de leur cursus et expérience à l’étranger. 

Par ailleurs, le professeur Toka Diagana compte publier une série de livres (« E-Book Séries »)  consacrés à la  recherche de haut niveau en mathématiques. Ces livres seront consultables et téléchargeables gratuitement par tous les chercheurs dans le monde. « Ceci est a mon avis très utile notamment pour les chercheurs qui n’ont pas accès à  des bibliothèques bien fournies comme c’est le cas en Mauritanie. » Précise le mathématicien mauritanien qui note que l’E-Book Series sera dirigé par un collègue et ami australien. 

Mathématicien au service du développement Toka Diagana est membre de l’Académie Africaine des Sciences depuis 2009. Il dirige trois revues essentielles : Journal of Abstract Differential Equations and Applications » (JADEA), « Communications in Mathematical Analysis » (CMA), « The African Diaspora Journal of Mathematics » (ADJM) que publie  désormais le « Mathematical Research Publishers.»

Ce génie des sciences abstraites, c’est ainsi que l’ont décrit certains de ses compatriotes, a été élu membre de l’Académie Africaine des Sciences en  Novembre 2009. Déjà en 2002, il obtenait  le Merit-Based Award (Howard University, 2002-2009), entre autres consécrations.

Kaédien à Washington, ou tout simplement mauritanien aux USA, le Professeur Toka Diagana est sans nul doute un des rares intellectuels africains qui ont encore à cœur l’avenir de leurs pays. Cette conviction se traduit par la priorité à la recherche. La preuve : « Mathematical Research Publishers » accessible sur  http://math-res-pub.org/.

    Kissima

Source : La Tribune n°494




Un Séisme à Douweyrara ?

29032010

 

 

La semaine dernière, les habitants de la ville de Douweyrara, un chef lieu communal , située à 35 km de la capitale régionale du Hodh El Gharbi à l’ouest sur la route de l’Espoir, ont senti de secousses violentes. Selon les témoins oculaires, il s’agit d’un tremblement de terre (séisme) de faible amplitude. Les manifestations sont les claquements de porte, la levée des poussières accompagnées d’un grand bruit. Il pourrait s’agir d’un séisme de l’amplitude trois sur l’échelle de Richter  Les populations ont vécu le même phénomène l’année dernière à la même période. Pourtant les recherches scientifiques avaient prouvé que
la Mauritanie n’est pas une zone sismique. Un professeur de sciences naturelles, géologue de formation, nous a confié qu’il pourrait bien s’agir un séisme ; avançant que même la formation des montagnes dans la région s’explique par des failles de longues dates.

Adama Sy cp Hodh El Gharbi

La Tribune n°494




Rosso: tournée du ministre de l’enseignement secondaire et supérieur

29032010

 

 Le 20 mars  dernier,  M. Ahmed Ould Baya,  ministre de l’enseignement secondaire et supérieur a rencontré à Rosso  le personnel de son département ainsi que des parents d’élèves.  C’était dans la salle de réunion de la Direction régionale de l’éducation nationale (DREN). Le ministre entouré du wali du Trarza, du hakem de Rosso, du directeur régional de la sureté nationale, du commandant de compagnie de gendarmerie, du Dren du Trarza, du directeur des ressources humaines au ministère et du drecteur de l’enseignement secondaire a tenu à rappeler les stratégies développées par son département pour améliorer le système éducatif  dont le rôle primordial n’est pas à démontrer. Il a évoqué les nombreux chantiers ouverts pour assurer un enseignement de qualité et la promotion de l’excellence. Le ministre a également rappelé les grands axes de la politique du gouvernement. Soucieux de faire passer son message, le ministre a pris le soin  de traduire ses propos en français à l’intention de l’auditoire non arabophone. D’emblée il a expliqué que la  visite était programmée et qu’elle n’était pas due au contexte (grève de la mi mars) ; il était question de venir sur place pour connaître les besoins,  et discuter de tous les problèmes avec les professeurs afin d’améliorer le système éducatif. 

Le minisre a décliné les stratégis qu’il entend mettre dans le secondaire : création d’un corps de professeurs chargés d’inspection, de professeurs agrégés et d’écoles péparatoires. Le ministre compte également ouvrir les portes de l’enseignement supérieur aux professeurs du secondaire  ayant les compétences requises. 

Le ministre a également fait un tour d’horizon de la politique générale de l’état en expliquant le gouvernement travaille sans relâche pour assainir la situation déplorable dont il a héritée. 

Pour ce qui est des indemnités de transports,  le ministre a précisé que l’État ne revient pas sur ses décisions. Il a fallu réaliser des économies substantielles en supprimant beaucoup de privilèges accordés précédemment  à certains fonctionnaires. C’est ce qui a permis de redistribuer les ressources de l’État à l’ensemble des fonctionnaires en leur accordant des indemnités susceptibles d’améliorer leur sort. Il a également annoncé que l’augmentation de la primez de craie et l’octroi d’une prime d’équipement étaient en bonne voie. 

M. Ahmed O. Baya qui pour la circonstance s’est départi de la langue de bois propre à nos responsables a insisté sur les carences du système qu’il a trouvé en place et donné les orientations nouvelles de son département. Il a fait une longue disgression pour évoquer le problème de la faculté de médecine fermée par l’Etat avant de donner la parole à l’auditoire. Plusieurs questions ont été posées par les professeurs qui ont entre autres éploré les pressions de toutes sortes exercées par les responsables du ministère pour briser la rève générale de 72 heures décrétées récemmment par plusieurs centrales. Certains ont émis des doutes sur la capacité du ministère à promouvoir l’excellence au moment où il contournait le concours le plus élémentaire de l’éducation avec les matricules distribués à tour de bras à des enfants qui avaient échoué à l’entrée en sixième, ce qui se traduit par exemple au collège 1 de Rosso par des premières années aux effectifs pléthoriques de 98 élèves.  Les professeurs ont également déploré la promptitude des chefs d’établissement à sanctionner  alors que les récompenses aux méritants sont inexistantes. Ils ont aussi fustigé l’arbitraire de chefs d’établissement souvent moins gradés ou moins anciens que les professeurs en service dans leurs écoles. Un responsable de l’association des parents d’élèves, en pur produit des Structures d’éducation des masses et  nostalgique du régime du parti unique, ‘saffaag’ convaincu a demandé que les professeurs non grévistes soient félicités comme si les autres étaient des hors-la-loi. 

Le ministre et sa délégation ont eu la patience d’écouter toutes les interventions. Interventions auxquelles Ahmed Ould Baya a répondu avec un franc parler salué par tous. La rencontre qui a commencé à 9 heures a pris fin vers 16 heures. Le ministre a poursuivi sa tournée vers les autres moughatas de la région. 

D.A.

Source : La Tribune n°494 




Arabes coûte-que-coûte…Nègres vaille-que-vaille

29032010

 

 D’après un article de l’encyclopédie libre Wikipédia, les Arabes constituent un groupe ethnique d’individus anthropologiquement différents les uns des autres.  Ils  s’identifient par des liens linguistiques ou culturels. Ils sont  répartis sur une vaste zone s’étendant d’Oman à la Mauritanie

En cela, nul ne devrait contester que les maures de Mauritanie, parlant le hassaniya, un dialecte très proche de l’arabe classique, comptent parmi les 280 millions de personnes dont l’arabe est la langue maternelle et qui représentent 2% de la population mondiale. 

Autant il serait injustifié  de leur refuser soit d’être descendants d’anciennes tribus d’Arabie, soit d’appartenir aux ethnies arabisées le long des siècles, au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, autant il est aberrant de vouloir plaquer l’arabité comme identité exclusive d’un pays regroupant d’autres groupes ethniques forcément jaloux de leur différence. 

Aussi, la controverse,  née des interventions du Premier ministre et de la ministre des sports de Mauritanie appelant tous les deux à une réhabilitation de la langue arabe sous prétexte que celle-ci est menacée par les dialectes et langues locales, risque-t-elle de mettre le feu aux poudres dans un espace qui a du mal à se stabiliser avant tout pour bien des raisons autres qu’identitaires. 

C’est quoi être arabe 

Pour en revenir à l’article de Wikipedia, nous retiendrons que l’identité arabe peut reposer sur un ou plusieurs critères. 

Le premier est celui de la  généalogie. Est arabe celui qui situe ses ancêtres dans l’une des tribus d’Arabie. Ibn Khaldoun  avait adopté cette définition au Moyen âge. 

Le deuxième critère repose sur la nationalité faisant de tout citoyen ressortissant d’un des 22 pays membres de la Ligue arabe un arabe.  Et dans ce cas précis, environ 350 millions de personnes seront ainsi considérés car  les Coptes, Syriaques, Berbères et même les négro-africains se trouvent être, entre autres, des composantes des populations de pays naturellement ou artificiellement arabes. 

Le troisième critère, le plus évident certainement, est celui de la langue. Et, d’après wikipedia, ce critère se retrouve chez toute personne dont la langue maternelle est l’arabe. « Les parlers locaux, appelés à tort arabe dialectal, ne se comprennent pas entre eux », indique l’article qui explique que cette définition réduit considérablement le nombre d’arabophones. Le linguiste Mohammed Benrabah, cité par wikipedia souligne d’ailleurs que certaines personnes arabophones, notamment au Maroc et en Algérie, ne se reconnaissent pas dans ces définitions et se considèrent comme des Berbères arabisés. 

Faut-il alors se fier à la conception de l’arabité qu’a prescrite Sati al Housri, un des pères du nationalisme arabe ? Pour celui-ci : « est Arabe celui qui parle arabe, qui se veut Arabe et qui se dit Arabe. » 

Au quel cas, la problématique de l’arabité en Mauritanie se fera l’écho de cette volonté d’arabisme et d’arabisation entreprise par certains groupes idéologiques au risque d’entamer la cohésion et l’unité du pays. 

Identité en crise 

Comme si l’histoire était en train de se répéter, il y a eu un mouvement d’humeur d’étudiants consécutif aux propos tenus par le Premier ministre et par la ministre des sports relativement à la perspective d’arabisation intégrale du système éducatif et du reste de l’administration mauritanienne. Conséquence de cette manifestation : des interpellations dans les rangs des étudiants suite à des frictions avec la police. Dans le rapport de l’information, certains sont allés vite en besogne pour dire qu’il y a eu affrontement ethniques. Il n’en était rien. Bien au contraire, les étudiants ont dans leur communiqué daté du 24 mars précisé que leur «  manifestation n’est pas l’affaire d’une communauté ou d’une race mais de tous ceux qui craignent pour le devenir des enfants Mauritaniens dont la langue de formation est le français » et qu’ «  il ne faut pas perdre de vue que l’école Mauritanienne est constituée depuis plus de 20 ans d’une éducation en langue arabe et d’une éducation en langue française (maures et négro confondus). » Une déclaration qui barre ainsi la route à toute implication nationaliste extrémiste de quelque bord qu’il fut car des étudiants arabophones ont rendu visite à leurs camarades francophones appréhendés par la police. Geste d’apaisement ou dictée mystérieusement politicienne ? En attendant que la rentrée de vacances de deuxième trimestre s’avère édifiante, un souvenir, un égrenage à rebours de l’histoire. 

A la recherche d’un moi impossible 

En 1966, quand Moktar Ould Daddah décidait de se retirer de l’organisation commune africaine et malgache (OCAM), le pays était sous la pression des syndicats d’enseignants arabophones issus de la communauté arabe. Leur revendication : officialisation de la langue arabe et son intégration dans le système éducatif. 

Autant on pouvait alors croire que la décision du président de la République d’alors était perçu par certains comme une extraction de l’espace Ouest africain et un éloignement de la France, autant ce choix était l’occasion pour d’autres d’exprimer les velléités nationalistes. Un certain manifeste des 19 dont les signataires sont des négro-africains débouche sur des arrestations sur fond de grève et même de conflits ayant pris une tournure de confrontation interethniques. Selon certains témoignages, le pouvoir en a profité pour incarcérer en même temps des nationalistes arabes. Parmi eux de grandes figures converties aujourd’hui. Il semblerait que ceci a donné l’occasion aux nationalistes des deux bords de se parler. En prison, aussi bien le groupe des 19 que celui des nationalistes arabes ont choisi de créer ensemble un mouvement unioniste. Ce qui donnera naissance à leur sortie au Mouvement Démocratique National (1968) dont les membres deviendront ces fameux Kadihines à partir de 1973 et initiateurs du Mouvement Nationaliste Démocratique. 

Le souci des acteurs de ce mouvement était la prise en compte et la reconnaissance de la diversité culturelle de la Mauritanie . ceux qui se souviennent de cette époque citent Ahmedou Ould Abdel Kader, Me Ichidou, Moustapha Ould Bedredine, Bâ Mahmoud, entre autres acteurs d’une vision unitaire d’une Mauritanie multiculturelle. 

Mais était-ce sans compter avec la pression de la revendication d’arabisation qui a commencé au début des années 70. Le Cours d’Initiation à l’Arabe consacre la première réforme du système éducatif.  L’enseignement de la langue arabe était donc intégré dès la première année du primaire. L’option était qu’au bout de 8 années, l’école mauritanienne soit à base arabe où les matières scientifiques étaient enseignées en français. Le coup d’Etat du 10 juillet 78 bouleversera cette lancée. Et, en 1979, le ministre de l’éducation d’alors décide par la fameuse circulaire 02, de faire augmenter les coefficients de l’arabe et de l’IMCR au baccalauréat. Réaction : des grèves se traduisent par des affrontements ethniques. Et ce peu avant la dispartution d’Ould Bouceif.   

Ould Haidalla, arrivé aux affaires, met en place une commission dont les membres passent aux yeux de certains pour être l’incarnation des extrémismes de tous bords. Cette commission est chargée de penser la seconde réforme. Résultat : une école bicamérale ; avec unes série arabe et une série bilingue. Comme si seuls les enfants des négro-africains devaient être les seuls à subir la filière bilingue à dominante francophone, à la rentrée 1979-1980, les directeurs d’écoles reçoivent instruction de ne pas accepter les enfants issu de l’élément arabe dans la filière bilingue. L’école mauritanienne était partie alors pour refléter deux mauritanies qui se regardent en chien de faïence. Les autorités, presque les mêmes toujours, Ould Taya ayant fait partie du CMRN, du CMSN qui ont dirigé le pays, mettront vingt ans à réaliser l’ampleur des dégâts. En 1999, réalisme oblige, on passe à la troisième réforme. Cette fois-ci, l’arabe est la langue d’enseignement de toutes les matières littéraires et culturelles tandis que le français est réservé pour les matières scientifiques.  Dans la balance, cela correspondait à quatre contre trois. Cette réforme avait pour avantage de remettre tous les mauritaniens dans les mêms classes et ses défenseurs  était encore ceux qui avaient été là plusieurs décennies auparavant. Des responsables nassériens ont tenu des discours très laudatifs à l’égard du président de la République Ould Taya pour lui signifier « la pertinence de ses orientations en matière de système éducatif ». 

Au moins trois réformes ont été connues par le système éducatif. Mais celui-ci, en cinquante ans n’a fait que dégringoler. Miné par les idéologies il n’est finalement pas parvenu à produire le modèle de citoyenneté et de patriotisme escompté. On le sait, un institut des langues nationales fut mis en place. Option promouvoir le soninké, le pular et le wolof à travers des écoles expérimentales pour former les  enfants dans leurs langues dites maternelles. Ceci s’est soldé par un échec cuisant dont n’auront pas été victimes les enfants des ‘bourgeois’ parmi les initiateurs de cette option. A l’image d’ailleurs de l’éducation nationale laissée, voire abandonnée, aux seuls pauvres pendant que les enfants des décideurs sont formés pour la plupart dans des écoles ni l’arabe, ni le programme mauritanien n’ont pas de présence si infime soit-elle. 

Arabité ou négritude, ni à manger ni à boire 

Si le multipartisme né à partir des années 90 peut avoir contribué à atténuer les tendances nationalistes qui quelques années plus tôt furent à l’origine d’exactions (1986, 1987, 1989, 1991), force est de reconnaitre que les volontés politiques successives ont échoué à trouver la bonne formule pour promouvoir l’unité nationale. On l’a vu, en 2005, le président du CMJD avait refusé d’aborder ou de prendre en charge cette question. Le président élu à l’issue de cette transition a prononcé un discours et organisé les journées de concertation qui ont débouché sur un retour organisé des réfugiés victimes des événements de 1989. Et comme il fallait s’y attendre, les nationalistes arabes essayent de saper cette dynamique. Sous prétexte que le pays risque de recevoir des étrangers sur son sol, toutes les questions sont posées. Le pouvoir de Sidi Ould Cheikh Abdellahi fait long feu. Mais son tombeur, cherchant peut-être à rassurer l’élément négro-africain, engage une nouvelle formule de solution du passif humanitaire. Un discours à Kaédi consacre une sorte de pardon par procuration et le retour des réfugiés se poursuit au grand dam des organisations de droits de l’homme opposées au coup d’Etat. 

Quand arrive l’élection présidentielle rendue possible par les accords de Dakar, la crise politique prend la forme d’une revendication de dialogue. Et l’opposition, sans donner l’impression de faire feu de tout bois, ne rate plus une occasion pour dénoncer les agissements du pouvoir : l’affaire BCM/hommes d’affaires, l’affaire Hanefi, les prix, le coût de la vie, les indemnités, etc. mais aussi les options diplomatiques avec en toile de fond la gestion des problèmes de sécurité, sont autant d’ingrédients pouvant servir une opposition à la recherche de la faille chez ‘l’ennemi’. Arrive alors ce fameux discours commémoratif de la journée de la langue arabe du PM et celui de sa ministre de la culture et des sports. Des discours saisi au vol par des nationalistes arabes qui, il y a au moins cinq mois s’étaient réjoui et sentis revigorés par la visite d’un certain Abdellahi Alahmar Vice SG du parti Baath syrien. On se rappelle à l’époque que celui-ci avait été reçu en haut lieu et par de grandes figures de l’opposition. 

Qu’à cela ne tienne, tandis que les effets négatifs du discours du PM sont vécus en Mauritanie, il s’est trouvé des responsables de partis politiques dont Saleh Ould Hanna, Khalil Ould Tiyyib, Ethmane Aboul Maali pour aller faire allégeance à un certain Mouammar Khaddafi, lui signifiant leur volonté de s’unir par sa volonté autour de l’essentiel : leur arabité. Au-delà du caractère anticonstitutionnel de pareil comportement de personnalités qui ont eu à briguer la magistrature suprême du pays, quelle signification peut-on donner à ce pas vers le roi des rois d’Afrique dans un contexte de controverse identitaire servi à des populations en proie aux menaces de toute sorte : famine, insécurité, terrorisme, etc. 

Ni à manger ni à boire, arabité ou négritude… Laquelle de ces deux remplit le mieux la marmite du Mauritanien ? 

Kissima

Source : La Tribune n°494

 

Source : La Tribune n°494 




Pétrole :

29032010

 

 Pour 9000 barils seulement 

 

C’est au cours d’une émission télévisée que le ministre du pétrole et de l’énergie s’est exprimé pour la première fois devant la presse sur la situation du secteur en Mauritanie. L’émission est nouvelle dans sa forme mais pas dans son esprit. Qu’elle s’appelle «wajhan liwajh» (face à face) ou «elhoukouma vil miizaane» (le gouvernement dans la balance) ou encore «elhoukouma amaama il mouwatin» (le gouvernement face au citoyen), l’émission a pour objectif d’évaluer l’action du gouvernement, secteur par secteur. Aujourd’hui, l’émission est perçue comme l’un des signes d’ouverture du pouvoir. 

En réalité, elle comble le déficit énorme de manque de communication du gouvernement de Ould Mohamed Laghdaf. Devant les critiques multiples qui vont de l’«incapacité du gouvernement» à la «paresse du gouvernement du Docteur Moulaye Ould Mohamed Laghdaf». 

Ces critiques ont été plusieurs fois reprises par le Président de la République en plein Conseil des ministres. C’est ce qui a justifié les sorties multipliées des responsables de l’Exécutif. 

Après la prestation, plutôt de faible effet, du Premier ministre, c’est autour des ministres de s’exprimer et de donner leurs bilans. TVM a commencé par le ministre du pétrole et de l’énergie, Ahmed Ould Moulaye Ahmed. 

Personnage atypique pour sa méconnaissance de la langue de bois, Ould Moulaye Ahmed bénéficie d’un préjugé favorable dans l’opinion publique nationale. Pour sa droiture et sa compétence unanimement reconnues. Au ministère du pétrole où el est arrivé au lendemain de l’élection présidentielle, il a dû d’abord perdre beaucoup de temps et d’énergie dans l’effort de réorganisation et de reprise en main. Il ne le cache pas, reconnaissant volontiers que malgré tout ce qui a été fait, cela restera invisible, tellement la situation était chaotique. 

Quand on lui pose la question de savoir s’il reste encore quelque chose de la ressource, Ould Moulaye Ahmed reste catégorique : «le secteur pétrolier est un pilier de nos ressources et les espoirs de voir la Mauritanie devenir un pays pétrolier sont là». Et de citer les champs qui n’ont pas été développés. «Sur les 8 champs découverts en off shore, un seul a été exploité, celui de Chinguitti». Les réserves de ce champ sont estimées à un peu plus de 50 millions barils, seulement 24 millions ont été extraits selon les données du ministère. 

«Thiof devenu Walata découvert en 2003 est 4 à 6 fois plus que Chinguitti. Il n’a pas encore été exploité. Banda découvert en 2004 contient du pétrole mais surtout des quantités de gaz qui peuvent aller jusqu’à 4 milliards m3. Thévet, Faucon, Abeidna… L’espoir de trouver du pétrole en quantités suffisantes, rien que dans l’off shore est toujours très fort». Ce qui a visiblement changé, c’est que pendant longtemps la ressource et les possibilités d’y accéder ont fait l’objet d’instrumentalisations politiques, «aujourd’hui, nous voulons imposer le sérieux et la transparence dans le secteur». 

Alors pourquoi y a-t-il des problèmes avec les compagnies ? «Il n’y a aucun problème. La chinoise CNPC est partie pour des raisons liées au développement d’un redéploiement stratégique qui fait qu’elle doit donner priorité à l’exploitation de ses champs en Irak, Iran etc. Avec Dana, les relations sont très bonnes. D’ailleurs on a signé récemment un avenant pour lui permettre le développement de ses blocs. Elle a bénéficié d’un délai d’un an et a dû verser un bonus de deux millions dollars et s’engager à augmenter les ressources allouées à la formation à notre profit. Pour Petronas, l’avenant est en cours de finalisation. Nous voulons mettre toutes les chances de notre côté pour commencer à exploiter des gisements nouveaux avant juillet prochain». 

Quand il parle de l’on shore, le ministre est moins catégorique. Moins confiant aussi quand il veut justifier l’existence d’une société comme la Société mauritanienne des hydrocarbures (SMH). Combien coûte-t-elle à la Mauritanie ? Que rapporte-t-elle en contrepartie ? Pourquoi ne vend-elle pas déjà le produit mauritanien ? «C’est le bras technique du ministère. Elle a acquis une expérience et une expertise certaines, donc elle peut aujourd’hui jouer pleinement son rôle». Est-ce qu’une affaire comme celle de Sterling est encore faisable ? «Heureusement que la perturbation de la production pétrolière a diminué les effets d’une telle affaire. Mais je peux vous assurer que la ressource mauritanienne sera désormais protégée de toutes les combines qui viseront à la dilapider ou à la mal gérer». Le ministre n’ira pas plus loin. Comme dans l’affaire de l’approvisionnement du pays en hydrocarbures. Même s’il explique le montage qu’il venait de réaliser entre la SNIM et la SOMIR, comme étant la réponse adéquate à la fragilité du système d’approvisionnement. «La SNIM va investir 7 milliards d’ouguiyas dont deux seront consacrés aux travaux de réfection d’urgence des installations de l’ancienne raffinerie de pétrole. La nouvelle société aura à gérer les infrastructures de stockage dans le pays». Même ceux de Nouakchott ? «On verra». 

Jusque-là c’est la MEPP (mauritanienne d’exploitation des produits pétroliers), société appartenant aux privés, qui a géré ces installations. Comme s’il s’agissait d’un patrimoine propre. Sans pour autant se soucier de leur entretien, encore moins de leur mise à niveau. Et ce malgré les énormes rentes générées par cette gestion. Rien que le droit de passage et celui du stockage étaient facturés à 6 dollars la tonne. Si l’on considère que la Mauritanie consomme 500000 tonnes par an, on arrive facilement à 3 millions dollars l’an. Si l’on considère que le contrat court depuis 2002, on est à 24 millions dollars… Selon la dernière étude faite par un bureau canadien, la réfection de la partie stockage de la raffinerie et sa remise à niveau (y compris l’appontement) reviendrait à 25 millions dollars. C’est à peu près la somme que la SNIM devra injecter prochainement. Mais de tout cela le ministre ne dira rien, reconnaissant quand même que «rien n’a été fait pendant des années pour entretenir les installations». 

La question de Winfield, la fameuse raffinerie pour laquelle des investisseurs canadiens ont eu un agrément dans des conditions occultes en février 2008. Nous étions alors au beau milieu du mandat civil qui s’est tout de suite caractérisé par une guerre des clans. Le Premier ministre d’alors, Zeine Ould Zeidane, a été surpris par les remerciements adressés par un groupe d’investisseurs canadiens qu’il recevait dans son bureau. 

«Monsieur le Premier ministre, nous tenons à vous remercier pour la célérité avec laquelle nous avons eu l’agrément pour la raffinerie…» Ould Zeidane est d’autant plus surpris que les semaines précédentes, la Mauritanie avait reçu des demandes similaires d’investisseurs saoudiens et brésiliens. Un comité interministériel avait alors statué sur la question : pas question d’octroyer un agrément tant que la raffinerie de Nouadhibou n’avait pas trouvé acquéreur. Décision irrévocable. Pourtant… Les canadiens du nom de Wienfield resources s’engageaient à faire un investissement de près de quatre milliards dollars, de créer pour plus de 3000 emplois et de construire une usine de dessalement des eaux de mer. Cela fait trois ans maintenant, et rien n’arrive… Le temps ne permettra pas au ministre de faire le point… tant pis. 

Il parlera d’électricité et promettra de résoudre le problème de l’approvisionnement de Nouakchott avant l’été prochain. Avec la perspective de la construction d’une centrale à gaz, avec notamment Petronas et Gaz de France, la Mauritanie pourrait envisager d’exporter vers les pays voisins. 

Pour le reste, le ministre n’aura pas le temps. Défaillance physique ? Peut-être. En tout cas, s’il y a défaillance, elle n’était pas «technique» ce soir-là. Le ministre répondait avec aisance et sans détour. Réussissant même à faire oublier aux journalistes présents de poser la seule question qui vaille : pourquoi créer un ministère du pétrole, une société des hydrocarbures, mobiliser tant de ressources, dépenser autant… pour une production de moins de dix mille barils par jour ? Il est vrai que la réponse a été donnée par le ministre dans ses premières phrases quand il expliquait qu’au début de l’aventure pétrolière, il y avait de la démagogie et de l’instrumentalisation. Nous avions raison de comprendre comme cela les propos du ministre. 

 

Ould Oumeir 




Edito de la Tribune Par Mohamed Fall Ould Oumère

29032010

Ces pseudo-intellectuels qui alignent des mots pour dire leur mépris de l’autre, pour cracher leur racisme, déverser leur haine. Sous prétexte tantôt de défendre l’identité culturelle mauritanienne, tantôt de vouloir sauver une frange du joug exercée par une autre. 

Les mêmes discours ont préparé février 1966, avril 1989… ont justifié les affres qui s’en sont suivis. Que nous préparent les présentes campagnes ?» 

C’est la question que nous nous posions il y a deux semaines dans ces pages. Nous avons la réponse en partie. D’une part, il y a cet affrontement de l’université qui rappelle les douloureux événements de février 1966. Qui avaient aussi commencé dans le milieu scolaire. Heureusement que nous ne sommes pas en 1966. Ni d’ailleurs en 1989. 

Nous avons aujourd’hui un espace de débats qui empêche l’intoxication et la rumeur. Eléments à la base de la culture de la haine qui a alimenté ces deux dates. 

«Ceux qui ne peuvent se rappeler le passé sont condamnés à le répéter» (George Santayana). C’est ce qui nous arrive pour avoir ignorer le devoir de mémoire. Pour avoir voulu faire l’économie de pans entiers de l’histoire récente du pays. Nous avons voulu faire semblant d’oublier au moment où on ne faisait que reporter sine die. De dépasser alors que nous ne faisions que contourner… 

On en est à nous retrouver cycliquement confrontés aux mêmes problèmes. Y compris celui des langues. Constamment (ré)animé par les mêmes groupes politiques qui en font un fonds de commerce et un moyen de pression… heureusement que les démagogues n’ont plus l’influence qu’ils avaient… ils n’ont plus que la parole… une parole en l’air… même si elles font revenir le débat en arrière… et le pays avec. 

Espérons que ces tentatives fassent partie des derniers soubresauts des forces centrifuges qui ont empêché ce pays d’avancer. Et de régler certains de ses problèmes. 

Tout comme l’allégeance de certaines figures politiques au guide la révolution libyenne. Elle fait partie de ces manifestations qui ajoutent à la confusion et à la peur qu’on veut entretenir pour remettre à plus tard le changement promis. 

On a vu des chefs de partis et deux députés au moins prêter allégeance publiquement au chef de la révolution arabe version libyenne. Les discours des «sujets» sont clairs. Nonobstant ce qu’ils peuvent représenter, ces acteurs ont posé problème au pays par leur acte d’allégeance. Comment faut-il réagir ? 

Il y a ceux qui préconisent une forte réaction du pouvoir, «l’application de la Constitution pour sévir». Ceux qui disent que les pôles politiques doivent réagir d’abord. On a vu la réaction de la coordination de l’opposition (COD), mais pas celle de la majorité. Certains observateurs demandent aux deux pôles d’exclure ceux parmi leurs alliés qui ont participé à l’acte d’allégeance. 

Quoi qu’on en dise, cette allégeance refait sortir la problématique de la relation avec l’étranger. Quelle relation entretenaient les Baaths avec l’Irak de Saddam Hussein ? ceux de l’Alliance pour une Mauritanie démocratique (AMD) avec le Maroc ? ceux du Front de libération des africains de Mauritanie (FLAM) avec le Sénégal et la France ? ceux des Islamistes avec l’Arabie Saoudite ? et surtout jusqu’où peut-on aller dans des relations avec l’extérieur ? 

Dans un pays comme le nôtre – longtemps contesté dans ses frontières, relations extérieures déterminées par les rapports internes, politique du ventre dominante dans les prises de position… – dans un pays comme celui-là ne devrait-on pas être plus regardant, plus prudent, plus modéré… ? 

   Quand on suit l’émission d’Al Jazeera sur les coups d’Etat en Mauritanie, on est frappé par l’irresponsabilité des acteurs, la désinvolture… Ould Mohamed Salek qui refuse de faire le constat de la prise de pouvoir par l’Armée. Ould Haidalla qui refuse d’avoir un mot de regret vis-à-vis de ceux qui ont souffert des effets néfastes des premières années de braise qui correspondent à ses années de règne. Ould Hanenna qui oublie que «sa» rébellion a provoqué la mort de 17 personnes dont le chef d’Etat Major de l’époque, unanimement apprécié… 

Un peu d’humilité aurait été salutaire à nos putschistes qui nous ont causé tant de torts. Qui nous en causent encore en refusant d’avoir une pensée pour nos morts, nos blessés, nos symboles… en refusant aussi de reconnaitre le rôle qu’ils ont eu dans le déraillement du projet Mauritanie. 

En les regardant, je me disais que le pays a bénéficié d’une baraka. La situation aurait été pire. Heureusement pour le pays que la première génération de ces officiers n’a duré que le temps qu’elle a duré. C’est déjà assez pour déstructurer. Heureusement que les jeunes n’avaient pas pris le pouvoir. on sait aujourd’hui ce qui nous attendait. Finalement on s’en tire à bon compte.

Source : La Tribune n°494 




Faits divers de la Tribune

29032010

MOSQUEE MAROCAINE : Une marchande soupçonnée de vol de légumes 

Longtemps soupçonnée d’être à l’origine de nombreux vols de légumes au préjudice du grand commerçant de la place, la célèbre marchande Youma qui s’est vite enrichie de ses opérations, vient d’être clouée par celui qu’elle a appauvrit. C’est grâce au nouveau gardien qu’il a récemment engagé que la voleuse qui venait dès l’aube monter ses affaires est tombée dans le piège au grand bonheur du commerçant. Cette dernière déposée dès les premières heures de la matinée de ce samedi 13 mars 2010 au commissariat de police où elle a subit un interrogatoire. Youma, reconnaît qu’elle a volé en maintes reprises et c’est par nécessité qu’elle a commencé à voler. Suite aux questions qui lui sont posées par le Chef de la section PJ, Youma  a reconnu ses faits. Elle est même partie jusqu’à dire qu’elle a connu les légumes de Cheikh Salem en février 2008. Pour la victime, elle estime à plus d’un million d’ouguiya les légumes que Youma a volés. Selon nos sources, chaque jour il constatait une suite de deux à trois sacs toutes sortes confondues (de carottes, choux, betteraves, navets pommes de terre). Les fils et parents de la voleuse se sont réunis avec la victime et tentent de régler l’affaire avant que leur mère ne soit déférée le lundi. 

ZONE CINEMA SAADA : Une jeune fille ligotée puis violée par quatre multirécidivistes ! 

Les populations du quartier cinéma saada sont toujours sous le choc. Leur quiétude a été dérangée, avant-hier dans la nuit, par une véritable ignominie. Des malfrats- au nombre de quatre, armés jusqu’aux dents de couteaux- ont attaqué une jeune fille qui revenait d’un anniversaire, qu’ils ont « sauvagement » violé. Au moment d’attaquer la jeune fille un chauffeur de taxi a intervenu mais il a fini par prendre la fuite quand les bandits ont voulu le découper. Abandonnée dans une mare de sang. S.B, ni vivante ni morte suffoquée. Ses agresseurs se sont fondus dans la nature en direction de l’hôpital Sabah quand ils ont vu une voiture de la police venir. 

Selon nos informations, la police a été informée par le chauffeur. Transportée d’urgence à l’hôpital, S.B est toujours dans un coma profond alors que les présumés violeurs sont toujours en cavale.    

 Riad : Quand les malfrats surgissent ! 

Cela fait une semaine que
la Moughataa de Riad a renoué avec une bande de voleurs qui ratissent en plein jour. C’est un groupe spécialisé dans le vol de récepteurs et de bonbonnes de gaz butane. Ils font le gros morceau de la gamme qui a bénéficié  tout dernièrement de la grâce présidentielle. Mardi  dernier, vers 17 heures passées, deux membres de la bande ont pénétré dans la maison d’Ould Boibou, un chauffeur de taxi, en passant par le mur. Une fois à l’intérieur, ils ont cassé les cadenas et les serrures pour balayer les chambres et la cuisine. Dah et Zeine, qui avaient monté l’opération, ont pu emporter trois bouteilles de gaz, deux récepteurs, un boubou neuf et une somme de 45.000UM a indiqué une jeune fille qui les a vu partir avec le butin. Selon nos informations, ils sont repartis comme ils sont revenus. Ils n’ont pas été inquiétés : il semble que ces  caïds  mènent leurs opérations avec beaucoup de patience. On peut compter parmi ce groupe deux frères, Ely Cheikh et Yacoub, qui sont très connus par les habitants de Riad. Rare sont les portes qu’ils n’ont pas secouées. 

A savoir que la maison de Ould Boibou, a reçu la visite du même groupe à trois reprises et à chaque fois c’est aux environs de 17heures. La maison se situe  entre deux autres. Les limiers du commissariat de police de Riad I n’ont pas encore pu déloger ces malfrats qui continuent à semer la terreur dans ce coin de Nouakchott a indiqué une source policière. A quand la fin de cette cavale ? 

Riad : Vol chez un Brigadier de la police 

Dans la nuit du dimanche dernier, deux voleurs ont  passé chez le Brigadier de la police T…pour monter une opération. Une fois à l’intérieur de la maison, ils ont démonté la porte de la cuisine, pour bien dîner et ensuite emporter la bouteille de gaz. 

Selon la victime, ils avaient tenté de défoncer la porte d’accès aux chambres mais ils n’ont pas pu ; comme qu’elle est  très légère et elle fait beaucoup de bruit. Pour dire que feront les civils du fait que les hommes de sécurité ne sont plus ignorés. Il y a de cela quelques jours la maison d’un agent de police a été cambriolée en plein jour à Khandahar et avant cela de quelques jours c’est la maison du commissaire de police d’El Mina II qui a été secouée par une bande de voleurs qui a été épinglé par les limiers du CSPJ. 

Garza de Mellah : Un incendie qui a fait des ravages 

La gazra de Mellah qui se situe entre Arafat et secteur 1 de Mellah, a pris feu il y a de cela une semaine. C’est la baraque de B… qui est la première à prendre feu, suite  à un fourneau que l’une de ses filles allumait pour faire du thé. 

Faute de moyens pour limiter les dégâts, le feu a ravagé plus de trente baraques sans compter les hangars et les abris de fortune. Les sapeurs pompiers qui sont venus avec un grand retard n’ont trouvé que cendre. Les autorités administratives de
la Moughataa se sont sur le lieu du drame pour évaluer les dégâts et savoir les causes de cet incendie. 

A savoir que le drame du Ksar qui a duré plus de deux jours, n’a pas servit de leçons pour les Nouakchottois, car les incendies, les masses au niveau des niches électriques et la vente du gaz butane dans les boutiques et les échoppes près d’un feu pour un thé ou un repas n’arrivent pas à s’effacer de nos mentalités.   




La ministre de l’enfance participe à la 5ème rencontre des femmes espagnoles et africaines à valence

29032010

 

  

 La ministre des affaires sociales  et  de l’enfance  Madame Moulaty Minit  El Mouktar  a participé  à la 5ème  rencontre des femmes espagnoles et africaines  tenue le  27 et 28 mars à Valence. 

 

Madame la Ministre dans une allocution  a déclaré l’importance de la coopération mauritano-espagnole  tout en précisant   l’évolution  constatée dans le domaine de la promotion féminine  et les défis auxquels  font face les femmes  africaines et espagnoles. 

 Les femmes  africaines  et espagnoles se sont mises d’accord sur  un plan d’action étalé sur 4 ans ( 2010-2013) dans lequel sera élaborée une approche  mettant en exergue le rôle des femmes  africaines  dans le développement . 

En effet,   la cérémonie de clôture  a été  présidée  par le premier ministre espagnol José Rodriguez Zapatero , qui a prononcé à cette occasion  une allocution, dans laquelle a  été appréciée l’intérêt de ladite rencontre     et le renouvèlement  de  la promesse de son gouvernement  à appuyer  le plan d’action  issu de cette dernière .    

Rappelons  que la cérémonie d’ouverture  officielle  de   la 5ème  rencontre des femmes espagnoles et africaines  a été présidée par la reine d’Espagne Sophie en la présence  des participants dont des   ministres espagnols , 43  autres ministres de différents pays  africains,  des représentants d’organismes  régionaux et internationaux et des instances de la société Civile. 

Ainsi, la Ministre des affaires sociales de l’enfance et de la  famille était accompagnée par  Mamdame Maïmouna  Mint Etaky directrice de la promotion féminine et du genre au sein de MASEF.           

Source :www.barrada.unblag.fr 




Les Echos de La Tribune Assaba : tourisme et sécurité :

25032010

Par Mohamed Fouad Barrada  

Je  vous dévoile , de prime abord,  une discussion que j’ai eu à  ‘déclencher’ ,  au cours d’un voyage,  à l’Assaba  avec  un homme d’affaires  natif de Kiffa,  propriétaire   d’une auberge dénommée la maison des Hôtes, celle-ci  lui coûtant , affirma-t-il, plus de 100 millions d’ouguiyas. Une auberge équipée d’outils modernes pouvant servir efficacement un étranger ou un citoyen lambda voulant connaitre une partie de sa patrie. Il déclara  qu’il a,  durant,  l’une des ses explorations  touristiques  à 80  kilomètres  du Sud  ouest   de la capitale de l’Assaba , pu découvrir l’existence d’une  statuette dans une grotte  où  se trouvent  des écritures bizarres, bizarres ! « Et pourtant, j’avais  averti les services compétents pour qu’ils  tiennent  compte de ce site, sans pour autant que ces derniers  entament  la moindre procédure », renchérit-il avec amertume.   

Subséquemment, suite à d’autres discussions, appuyées par des souvenirs d’enfance,  j’ai pu, aussi,  déduire que dans la  zone d’Assaba, il y a d’autres  sites, d’autres lieux, d’autres rivages …    

Ceci étant, la saison  touristique débutera  bientôt à  la capitale de l’Assaba  Kiffa. Quelle particularité ?    

Troisième grande ville du pays,   600 kilomètres de Nouakchott vers le Sud, un carrefour  entre  quatre  grandes  régions notamment les  deux hodhs via  Tintane, le Brakna , le Tagant   et  le Guidimakha,  kiffa   est  peuplée  d’environ  75000 habitants,  selon le recensement de 2000.  Il  n’en demeure pas moins qu’elle est exclue, à mon avis,  de toute promotion touristique permettant de valoriser  le patrimoine culturel de l’Assaba  qui  regorge,  pourtant, de sites touristiques complètement négligés.   

Avec un aéroport inactif depuis belle  lurette,  neuf auberges dont  deux  offrant des meilleurs services et un hôtel,  le tout peine à décoller malgré  des investissements  souvent   personnels, pourquoi, alors  les autorités ignorent- elles cette zone   au point  que sa jeunesse et ses promoteurs leur  manque  pratiquement tout soutien logistique ou financier  en la matière ?  

Dieu merci, aucun kidnapping dans cette zone : ‘jusque- là’,  l’Assaba  est  suffisamment loin  du triangle dangereux  regroupant une grande partie du Mali où les terroristes et leurs groupements  sont de plus en plus  agressifs   dans un périmètre  désertique  difficilement maitrisable.   

Ainsi, la réunion des pays du sahel et du  Sahara  qui vient d’être tenue  en Algérie  servira-t-elle  pour atténuer la psychose due au rapt des ressortissants européens qui affecte le tourisme local et au-delà, le tourisme  national.   

Une chose est sûre,  au niveau ‘local’  deux  stratégies notamment touristique  et sécuritaire sont interconnectées. Cette dernière est, sans équivoque,  conditionnée par  la mise en place de mini  centres d’analyse et de surveillances spécialisées dans le domaine de la  lutte contre le terrorisme.  

Au niveau national, l’approche sécuritaire simpliste, d’autrefois, semble être fortement critiquée,  dans la mesure  où la  ‘tâche’  sécuritaire taraude des pays plus puissants. Et  d’autant plus que le territoire de la nation s’étend  sur plus de 1 million de Kilomètres, en grande partie,   envahi par des dunes de sable marquant la beauté d’un  paysage difficilement franchissable.     

Il est clair, les dernières mesures permettant d’activer les   35 points de passages  obligatoires, sont,  sans contraste, salutaires.   

Ce qui sous entend que la  récente attaque  de l’armée, à l’issue de laquelle   ont été emprisonnés plusieurs malfaiteurs, constitue une victoire  intéressante, toutefois, elle n’est  pas du tout suffisante aux yeux des étrangers hésitants  et   fortement influencés  par la médiatisation  des récents enlèvements  dans la sous région de ressortissants occidentaux dont deux ont  été libérés, il y a peu.             

m_barrada@yahoo.fr  

Source : La Tribune n°493  







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